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Professeur d’économie à Paris-XIII

La grande misère des bibliothèques françaises

1 771 000 entrées à la Bibliothèque publique d'information du centre Georges Pompidou, à Paris, en 2005 ; il est vrai que la fréquentation y avait culminé à 4 252 000 personnes en 1985. Cela représente aujourd'hui 5730 personnes qui chaque jour espèrent ou parviennent à entrer dans cet espace de lecture de 10000 m². Or la Bpi n'offre jamais que 2000 places auxquelles il faut certes ajouter 370 postes multimédias en consultation.

2370 places pour 5730 lecteurs ; si certains ont la mauvaise idée de s'attarder à leur table, mécaniquement, la queue se forme, et ce sont des heures d'attente, des heures perdues, que les lecteurs doivent subir. Le Centre n'a jamais mis en place d'autre système d'entrée que l'ordre d'arrivée ; à l'heure de l'Internet, on en reste étonné. Des principes de fonctionnement hérités de longue date ne doivent-ils pas être repensés, lorsque le bien-être de tous aurait tout à y gagner ? L'effort en faveur des bibliothèques est en effet indispensable ; une bibliothèque n'est pas seulement un lieu de lecture. On y mène des recherches et il n'est pas de bonne recherche qui se passe d'une documentation de qualité, que l'accès à internet ne saurait remplacer mais seulement compléter. Une bibliothèque, c'est aussi un lieu de socialisation.

Si la Bpi se trouve ainsi engorgée, c'est parce que notre offre de bibliothèques ne suffit pas à répondre aux besoins. Dans le fond, à la grande misère de nos universités, répondent les insuffisances de notre offre en bibliothèques. Parmi les profondes défaillances de cette offre, se pose la question des horaires d'ouverture. L'attente à la Bpi, mais aussi à la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris, et aussi dans les bibliothèques en région, pourraient être pour partie limitées grâce à un accroissement des plages horaires de fonctionnement de l'ensemble des bibliothèques. Faut-il en effet mentionner les fermetures de l'été, celles des dimanches, bref, celles des moments disponibles pour la recherche ? Christine Albanel a annoncé, dans le cadre d'un plan plus vaste en faveur du livre et de la lecture, un plan en faveur de l'ouverture des bibliothèques, élément essentiel de l'amélioration de la condition étudiante. Il s'agirait d'élargir les plages horaires existantes en employant des étudiants dans le cadre du monitorat. L'objectif est donc double : amplifier l'ouverture au public tout en créant des emplois (il faut savoir que près de 50% des étudiants exercent une activité salariée, qui peut aller de la garde d'enfants à des emplois d'encadrement, leçons particulières, emplois dans la restauration rapide, activités d'animation, d'enquête, de surveillance ou d'enseignement). Le plan s'inspire des expériences qui existent déjà. A Toulouse par exemple, des étudiants prêtent main forte au personnel habituel ; à Bordeaux de même l'ouverture a pu passer de 36 à 47 heures hebdomadaires grâce au monitorat, dont il faut espérer que les rémunérations sont correctes.

Il y a fort à faire : pour comparaison, la bibliothèque publique de New-York ouvre 49 heures par semaine. Nous sommes surtout bien loin des horaires d'ouverture des bibliothèques universitaires américaines ; à Berkeley, la bibliothèque est ouverte non stop de 9 heures du matin à 9 heures du soir du mardi au samedi. Il faut ajouter à cela 7 heures le lundi, 8 le samedi, et 6 le dimanche. Un total de 69 heures.

Bref, le projet du ministère est une bonne nouvelle, même si l'on sent bien que dans la pénurie d'argent public et les priorités jusqu'ici affichées, le plan d'ouverture reste à finaliser. Il passe notamment par une meilleure concertation entre les deux ministères plus souvent frères ennemis que bons camarades, celui de l'éducation, et celui de la culture.

Retrouvez la chronique de Françoise Benhamou sur France Culture, chaque samedi dans l'émission Masse Critique, à 8 heures.

47 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de leconcombrevert

De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 15H59 | 08/12/2007 | Permalien

Merci pour cette tribune.

Pour une fois - qui n'est pas coutume, on le sait - une bonne initiative de la part d'une ministre qui, ajoutons le, resemble fort au modèles du « gagnant - gagnant » pour lesquel Ségolène Royal auvait fait campagne.

Pas necessaire derrieurs, de traverser l'atlantique pour trouver des heures d'ouverture plus généreuses :

Par example, la bibliothèque publique et universitaire de Brême, en Allemagne, reste ouverte du lundi au vendredi de 9 : 00 - 22 : 00 h ; le samedi de 10 : 00 - 18 : 00 h.
http://www.suub.uni-bremen.de/benutzung/zeiten/index.html
Ces heures de fonctionnement sont assurés grace à des contrats avec des étudiants qui trouvent de cette façon un boulot qui leur permet à la fois de gagner un peu d'argent et d'utiliser à leur guise la bibliothèque pendant les heures creuses.

Portrait de Courageux anonyme

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De

16H32 | 08/12/2007 | Permalien

à Aix en Provence, ville qui a les moyens s'il en est, je passe devant la bibliothèque Méjannes un matin de cette semaine, vers 9h30 et je me dis « tiens, si je refaisais ma carte de lecteur qui date de 2003 ? »
Plusieurs personnes s'affairent à l'accueil. je formule ma demande et j'entends « revenez à midi, la bibliothèque ouvre à midi aujourd'hui… » S'ensuit un listing d'horaires décousus, et en tout cas, jamais après 18h.
La mémoire m'est alors revenue : les horaires sont tellement étriqués,10h-18h au mieux, et surtout jamais les mêmes, que j'avais renoncé à fréquenter cette bibliothèque.
Quel gâchis.

Portrait de Courageux anonyme

De

18H23 | 08/12/2007 | Permalien

Entièrement d'accord, la bibliothèque municipale d'Aix accumule toutes les tares possibles. Le paradoxe est qu'elle pourrait être une excellence au regard des critères mis en évidence par Françoise Benhamou. Non seulement on y trouve des fonds d'une qualité remarquable, il y a des projections régulièrement qui pourraient attirer encore plus de monde et créer une vie au quotidien dans un site de surcroît trés agréable ! Et je passe sur le petit café qui mériterait d'être mieux tenu… Mais la catastrophe commence avec les horaires indamissibles de cette bibliothèque ! Universitaires ou municipales, les bibliothèques devraient êtres ouvertes de 8h à minuit.

Portrait de joanici

De joanici

20H11 | 08/12/2007 | Permalien

« Universitaires ou municipales, les bibliothèques devraient êtres ouvertes de 8h à minuit. »

Il serait plus viable de prendre en compte le public désservi : dans la très grande majorité des villes, une bibliothèque municipale sera pratiquement vide passés 22h. Je ne parle même pas des territoires ruraux qui sont bien souvent totalement privés de bibliothèques (les tournées de bibliobus mises à part). L'équipement et les heures d'ouverture d'une bibliothèque ne dépendent que de l'importance que la municipalité va lui accorder (à elle ou à son potentiel électoral). Or les politiques se moquent globalement de la culture, tout comme une bonne partie de leurs électeurs…

Portrait de Courageux anonyme

à joanici Portrait de joanici De

00H19 | 09/12/2007 | Permalien

Bonsoir,
Si les bibliothèques municipales des villes grandes ou moyennes (disons : les villes où il y a une préfecture, ou une sous-préfecture) étaient ouvertes jusqu'à 22 heures, j'y prendrais un plaisir extrême, et je ne crois pas qu'elles resteraient vides. Le fait de voir des gens investir un espace public gratuit, confortable et plutôt calme comme une bibliothèque municipale peut donner des idées, même à des heures indues - tard le soir, à la mode espagnole, ou le dimanche comme les gares. Un automobiliste forcené, qui ne voit pas comment on peut se rendre au boulot à vélo, ne comprend pas comment son collègue, qui est aussi son voisin, fait le trajet à vélo : « ça donne des idées ».
Ce que j'aime dans les bibliothèques, c'est que tout le monde peut y trouver son bonheur - été comme hiver, qu'il fasse beau qu'il fasse laid - et qu'on n'est pas obligé de consommer. C'est rare, on y fait des rencontres rares : avec des livres, des revues, des documents altermédias parfois (dévédéthèque, discothèque, logithèque, artothèque, etc.) Et de plus en plus, une borne WIFI y est installée : on voit des étudiants venus de loin sortir leur machine, se connecter, pianoter sur le clavier, à l'abri du vent, de la pluie et des intempéries, des gens assoupis aussi, des rêveurs, des belles filles, des vieilles dames, etc. Je trouve ces nouveaux usages finalement très conviviaux et aussi dépaysants qu'une salle des pas perdus.
Aussi, le problème est évidemment de politique publique. Ouvrir davantage les bibliothèques, c'est agrandir le budget… au détriment du reste, ou plutôt en fonction d'un arbitrage public. Ce sont des choix (où prélever l'argent, à qui, comment ? ), et des orientations.
Mais le président de l'arrêt public se contre-fiche de ces choses-là, et ainsi de sa clique d'affaireux : les affaires sont les affaires, et jamais une bibliothèque municipale n'aura la rentabilité juteuse d'une machine à sous. Pas bon pour la Croissance !

Portrait de joanici

De joanici

00H36 | 09/12/2007 | Permalien

Pas bon pour la croissance en effet, encore qu'une étude américaine récente ait évalué l'impact financier largement positif des bibliothèques. Pour ce qui est de la fréquentation d'une médiathèque en nocturne, tout dépendrait une fois encore du lieu concerné ; pour travailler dans un établissement parfois ouvert jusqu'à 22 heures, je constate que l'affluence y est très réduite. Mais n'est-ce pas précisément une démarche de service public que d'ouvrir une bibliothèque sans se focaliser sur sa rentabilité en terme de fréquentation horaire ? Sans doute. Hélas même dans ce milieu les statistiques sont souvent considérées comme la panacée.

Le monde des bibliothèques n'hésite pas à se remettre en question mais les mutations profondes sont lentes. En partie par la rigidité de certains professionnels, mais surtout pour des raisons hiérarchiques (convaincre successivement responsable de secteur, directeur/trice adjoint(e), directeur/trice, élu(e) à la culture voire maire demande une sacrée énergie) et bien évidemment financières.

Au passage, merci pour ce commentaire.

Portrait de Courageux anonyme

De

10H59 | 10/12/2007 | Permalien

Que voilà un job que j'aimerais faire. Tenir la petite bibliothèque près de chez moi, le soir et le dimanche. Et veiller sur le calme des lycéens étudiant loin de la télé du foyer. Justement, je suis au chômage. Mon ancien job de secrétaire m'a familiarisée avec internet et l'utilisation des logiciels informatique, Je n'ai plus d'obligations familiales…
et cela ne couterait qu'1/2 smig à la collectivité, puisque j'ai déjà l'ASS.
Oui, mais voilà, les budgets sont différents. Et au chômage depuis 6 ans, je serais considérée comme « loin de l'emploi » - je n'aurais même pas la chance de bénéficier des mesures RSA « Hirsch ». Je suis hors sujet ? oui oui je sais, mais voilà, on ne parle que de ce qu'on connait…

Euh : et si on installait quelques machines à sous dans l'entrée de la bibliothèque ? (non, je rigole ! ).

Portrait de uneetoilefilante

De uneetoilefilante

12H57 | 09/12/2007 | Permalien

j'ai bien l'intention de poser la question des heures d'ouverture à plusieurs candidats aux élections municipales de 2008.
La prochaine réunion publique ayant lieu le 13 décembre, si on pouvait être plusieurs, ce serait bien.
D'autre part, ne soyons pas plus royaliste que le roi, embaucher des étudiants me semble une excellente alternative à la fermeture pure et simple , car, pour les demandes très pointues, il suffit qu'un seul expert soit là.

Portrait de Sexus Empiricus

à uneetoilefilante Portrait de uneetoilefilante De Sexus Empiricus

14H06 | 09/12/2007 | Permalien

Ah ! si j'étais un heureux habitant de la bonne ville d'Aix (ou environs), je serais venu avec plaisir à cette réunion publique, car ces parties de campagne électorale sont des occasions à saisir, « par le col » si j'ose dire (il y a longtemps que nos élus ont les cheveux courts et les idées guère plus longues), pour que chaque racoleur de voix se prononce en public sur des questions de ce type - tout ce qu'il y a de plus pra(gma)tique : des horaires et des moyens. Autrement, le loup ne sort jamais de son bois, ni la langue non plus, - et le service public finalement se réduit à la portion congrue de 10-18 ou 11-19 du mardi au samedi.
Je souscris en tout cas à votre parti de recourir à la main d'oeuvre des étudiants… sous condition de ressources, pour étendre le domaine de la lutte. Ce dont nous, usagers des bibliothèques, avons besoin le soir ou le dimanche, ce n'est pas tant d'experts, que de personnes à même de renseigner, d'orienter, d'opérer des transactions de documents (entrée/sortie).
Les « experts », finalement, on ne s'en sert pas 24h/24, même dans une bibliothèque aussi réputée que celle d'Aix.

Portrait de leconcombrevert

à Sexus Empiricus Portrait de Sexus Empiricus De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 15H50 | 09/12/2007 | Permalien

À quand une tribune de Sexus Empiricus ! Refaites nous ça plus souvent.

Portrait de Courageux anonyme

à Sexus Empiricus Portrait de Sexus Empiricus De

10H02 | 10/12/2007 | Permalien

« Je souscris en tout cas à votre parti de recourir à la main d'oeuvre des étudiants… sous condition de ressources, pour étendre le domaine de la lutte. Ce dont nous, usagers des bibliothèques, avons besoin le soir ou le dimanche, ce n'est pas tant d'experts, que de personnes à même de renseigner, d'orienter

-le travail d'un bibliothécaire donc. Faut-il rappeler que bibliothécaire, c'est un métier ? C'est par exemple connaître les fonds et avoir lu peut-être quelques livres pour lesquels le public aime à être conseillé. D'autre part des expèriences d'ouvertures telles ont eu lieu dans certaines bibliothèques et il semblerait que le recrutement d'étudiants (donc non formés au métier) pose des problème d'accueil justement. C'est là qu'à lieu le véritable travail de médiation avec les lecteurs. Et bon, ….

Et puis zut … On a qu'à remplacer tous les bibliothécaires par des étudiants.
Les bibliothèques seront ouvertes 24h/24h. Contents ?
, d'opérer des transactions de documents (entrée/sortie). »
-pour ça on a résolu le problème avec des robots.

« Les “experts”, finalement, on ne s'en sert pas 24h/24, même dans une bibliothèque aussi réputée que celle d'Aix. »
Pas si sûre.

Tristement sans rancune

Portrait de Sexus Empiricus

De Sexus Empiricus

20H42 | 13/12/2007 | Permalien

Bonsoir,

Est-ce encore la peine de vous répondre ?

Et qu'est-ce qui vous rend triste ? Certainement pas ce que j'ai écrit, et qui me semble au contraire très respectueux du travail des bibliothécaires, et en particulier des personnes qualifiées - bref, c'est un métier à part entière.
Ou plutôt, c'est plusieurs métiers, sinon je ne vois pas l'intérêt de mettre des grades catégoriels : A, B, C font-ils le même travail ? Voilà la question.

Je suis un farouche défenseur de tout le personnel des bibliothèques : je regrette qu'il n'y en ait pas plus. Pas au rabais, mais pas plus, - et aussi compétent.
Lorsque vous prenez l'exemple de l'expérience décevante avec des étudiants. Qu'est-ce que cela prouve d'après vous ?

À mon avis, je crois simplement que bien recrutés… et formés en doublure pendant une durée à définir avec les gens de métier justement, il y a des centaines d'étudiants qui feraient l'affaire.
« Conseiller » : si tout le travail d'amont, si le fond est bon, que la cotation est bien faite, ce n'est pas la mer à boire de conseiller, si ?
Il ne s'agit pas de casser le métier, il s'agit d'ouvrir. Vous n'allez pas me faire croire qu'ouvrir davantage les bibilothèques est absurde. À condition de s'en donner les moyens, - politiquement. En clair : un budget !

Bien à vous Madame.

Portrait de joanici

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De joanici

20H05 | 08/12/2007 | Permalien

Si le fait de remplacer progressivement le personnel formé par des étudiants-vacataires jetables est un progrès, alors oui cette initiative est excellente. Car là est la méthode de nos ministres et maires : ouvrir plus longtemps sans embaucher de personnel. Outre la « vacatisation » de la profession, on remarque que la formation initiale des lauréats de concours de bibliothécaires (cadres A) est désormais réduite à 5 jours. Grande classe.

Pour plus de détails, voir ici :
http://discobloguons.blogspot.com/search/label/politique

Portrait de leconcombrevert

à joanici Portrait de joanici De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 20H17 | 08/12/2007 | Permalien

Il ne s'agit pas de cautionner le remplacement le personnel formé par des vacataires. Nous sommes bien d'accord sur ce point.

Par contre, que l'accueil des usagers soit assuré par des étudiants pendant les heures creuses (après 18 : 00 h et le samedi), n'a rien a voire avec cette tendance !

Portrait de joanici

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De joanici

20H24 | 08/12/2007 | Permalien

Nous sommes d'accord, mais le souci est qu'en pratique c'est exactement ce qu'il se produit.
Pour ce qui est de la réforme Pecresse, un amendement avait été précisément déposé pour stipuler que ce recrutement de vacataires ne devait pas être utiliser pour remplacer un personnel formé. L'amendement a été… rejeté.

Je suis d'accord sur le fait qu'un recours aux vacataires est souvent nécessaire. Mais ce procédé est actuellement perverti par de nombreuses municipalités, avec des conséquences clairement négatives.

Enfin, je ne voudrais pas d'un système ou l'accueil soit assuré par les seuls vacataires à certaines heures. Un responsable d'acquisition connait son fond et est le mieux à même de guider un usager dans sa recherche, sauf à considérer la bibliothèque comme un espace de travail où les ressources documentaires sont facultatives (ce qui est d'ailleurs le cas pour bon nombre d'étudiants). Mais dans ce cas, l'ouverture de salles de cours à entrée libre ferait aussi bien l'affaire.

Portrait de leconcombrevert

à joanici Portrait de joanici De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 23H44 | 08/12/2007 | Permalien

Mais il ne s'agit aucunement pour moi de reduire le temps de présence et le nombre actuel des documentalistes qualifiés.

Par contre je peu conçevoir que ce personel n'ai pas forcement envie de travailler en soirée et les samedis.

Alors, les bibliothèques ferment tôt. Pourquoi ne pas y remedier au profit des étudiants et des personnes qui n'ont pas le temps de se rendre à la bibliothèque pendant les heures d'ouverture normales à cause de leur travail ?

Pourquoi ne pas permettre à des étudiants qui autrement doivent travailler dans des bistrot etc. au détriment de leurs études de bosser à la bibliothèque (accueil, rangement, étiquetage etc.)

Portrait de Sexus Empiricus

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De Sexus Empiricus

11H34 | 09/12/2007 | Permalien

Bonjour,
J'entends bien votre argument pour ouvrir davantage les bibliothèques, c'est-à-dire pour élargir les durées d'ouverture en soirée, au petit matin ou le dimanche. À cet égard, je me sens très espagnol (on me dit qu'en Espagne, les bibliothèques ferment tard et sont ouvertes le dimanche).
Pourquoi en effet interrompre un service public d'accès à la culture ? La réponse est simple : là où il y a une volonté publique, il y a un chemin - qui s'appelle « budget ». On n'a rien sans rien, et les magasiniers (est-ce ainsi qu'on appelle les charmantes personnes dont le travail avec les codes-barres ressemble parfois à celui des caissières de supermarché ? ), il faut les payer, - et tant qu'à faire, pas à coup de lance-pierre. À cet égard, je me sens très suédois (on me dit qu'en Suède, où la démocratie est forte, le poids de l'impôt est considérable - mais la collectivité jouit aussi de services publics à la hauteur).
Donc, espagnol et suédois à la fois, je rêve qu'il y ait toujours plus d'étudiantes à l'accueil et au rangement des bibliothèques publiques (universitaires et municipales). Mais à condition qu'elles soient rémunérées de façon juste (sorte de bourse améliorée qui serait réservée sous condition de ressources) et qu'elles jouissent des droits du travail.
Ah ! dire que c'est dimanche, qu'il pleut, et que les bibliothèques sont fermées ! Musée ? Télé ? Route ? Qu'est-ce que vous me conseillez comme espace public aujourd'hui ?

Portrait de joanici

à Sexus Empiricus Portrait de Sexus Empiricus De joanici

13H25 | 09/12/2007 | Permalien

Dans la mesure où le personnel titulaire est souvent embauché à un grade et à un salaire inférieur à celui de son activité véritable, les vacataires ne peuvent qu'être moins lotis…

Portrait de Courageux anonyme

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De

09H33 | 10/12/2007 | Permalien

Les heures creuses du samedi ? ! C'est le samedi que la fréquentation et le nombre de prêts sont les plus importants ! A moins que vous ne travailliez en BU ?
yann

Portrait de Courageux anonyme

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De

09H33 | 10/12/2007 | Permalien

Les heures creuses du samedi ? ! C'est le samedi que la fréquentation et le nombre de prêts sont les plus importants ! A moins que vous ne travailliez en BU ?
yann

Portrait de Kara

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De Kara

Itinérante | 12H08 | 10/12/2007 | Permalien

Je suis assez sceptique sur ce projet. Je suis bibliothécaire, et il est vrai que nous avons beaucoup de retard sur les structures et les offres en matières de culture au public.
Il faut savoir que dans la plupart des villes de France, la bibliothèque n'est pas la priorité des élus. Les effectifs sont diminués car les postes le sont aussi. Engager un étudiant peut être une solution pour « dépanner » et lui faire faire du prêt. Qu'en est-il du travail de fond qui s'éffectue en amont ? ? ?

Car oui chers lecteurs de Rue89, sachez qu'un(e) bibliothécaire ne passe pas sa journée à faire du prêt ou de l'accueil de public ou à lire(ce qui n'est pas le cas du tout, on a pas le temps ! ! ! ! ).
Pour sélectionner, cataloguer et équiper les documents, des étudiants devraient être formés au métier de bibliothécaire. Autant embaucher une personne qualifiée pour ce poste.
De plus, il est nécessaire de former ces personnes à nos logiciels, à nos collections etc…
Là ou je travaille, nous sommes en sous effectifs et ce n'est pas un étudiant qui pourra venir nous aider, nous avons besoin de personnel spécialisé.

Portrait de personne

De personne

15H59 | 08/12/2007 | Permalien

faire travailler des étudiants le dimanche, c'est pour mieux les préparer à se faire entuber dans leur vie professionnelle ?

« Le Centre n'a jamais mis en place d'autre système d'entrée que l'ordre d'arrivée »

Est ce à dire qu'on ne vous reconnaît pas dans votre dignité de membre de la caste supérieur des enseignants et qu'on ne vous accorde pas les privilèges du à votre rang ? Salon privé, machine à expresso gratuite et boy pour les photocopie ?

Portrait de Network 23

à personne Portrait de personne De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 11H00 | 10/12/2007 | Permalien

Plutôt d'accord avec ce commentaire critique & agressif…

L'idéal d'une ville ouverte 24h/24 est, à mon sens, dangereux. On peut se féliciter, en France et en Europe, de n'avoir pas cédé à cette rétrogradation des droits sociaux - jusqu'à aujourd'hui, bien entendu (ouverture les dimanches, etc.)… Si certains ont les moyens de consommer 24h/24, les autres, en attendant, triment nuit & jour…

La question de l'ordre d'entrée, notamment à la BPI de Beaubourg, est, elle aussi, bien spécifique. L'avantage de cette bibliothèque est précisément son ouverture au public. En outre, si elle convient pour la plupart des lectures, pour faire des recherches, ne vaut-il pas mieux aller à la BNF ?

J'avoue que le fait qu'un certain nombre de livres, pourtant loin d'être « rares », ne soient pas en accès libre à la BNF, est plutôt désagréable. Il y a, plus grave que les horaires d'ouverture, un problème concernant essentiellement l'approvisionnement en livres et en revues…

Quant à dire que les bibliothèques sont des « lieux de socialisation », on aimerait vous croire… mais ni la BPI ni la BNF ne sont, à mon sens, des lieux très agréables (je sais bien que certain-e-s ne viennent exprès pour ça, m'enfin cela reste essentiellement des lieux de travail, qui plus est assez solitaires…)

Portrait de Courageux anonyme

De

16H32 | 08/12/2007 | Permalien

 ». Le Centre n'a jamais mis en place d'autre système d'entrée que l'ordre d'arrivée ; à l'heure de l'Internet, on en reste étonné. »

Il me semble que c'est bien là l'un des grands mérites de la BPI qui permet littéralement à tout le monde de venir y travailler sans considération de classe sociale. Des SDF viennent s'y réfugier en hiver et lire. En tant qu'amoureux des livres, je suis heureux de savoir que même dans la misère la plus noire, il restera toujours au gens cette possibilité là.

Pour le reste vous soulignez un vrai problème. Il est étonnant que les BU aient des horaires aussi peu pratiques pour les étudiants. Ouvrir jusqu'à 22 heure voire toute la nuit aurait permis aux étudiants qui sortent de cours d'enchainer directement à la BU plutôt que de rentrer.

@Personne : Ce n'est pas parce que la dame demande un système plus rationnel qu'elle se considère membre d'une caste supérieure. Il faut arrêter les procès d'intention gratuits. On peut ne pas être d'accord sans s'insulter !

Portrait de personne

De personne

00H14 | 09/12/2007 | Permalien

Alors dites moi quel est donc ce système « rationnel » qui serait plus juste que le système hautement égalitaire du premier arrivé premier servi ?

Portrait de Courageux anonyme

à personne Portrait de personne De

08H34 | 10/12/2007 | Permalien

Je ne dis pas que la dame à raison. En fait, je ne suis pas d'accord avec elle. Je dis juste que le fait qu'elle se trompe à mon avis sur ce point n'en fait pas pour autant une horrible aristo des bibliothèques esssayant obstinément de préserver son statut !

Portrait de Courageux anonyme

De

16H33 | 08/12/2007 | Permalien

zavez jeté un oeil sur les sites de biblio : US ? tout est numérisé avec amour.

En France la bnf vient de revoir son site Gallica : c'est GENIAL !

http://gallica2.bnf.fr/

internet au secours des bibliothèques !

Portrait de Tinhinane

De Tinhinane

Médiatrice scientifique | 19H53 | 08/12/2007 | Permalien

C'est le texte exact de votre rubrique dans l'émission, Masse critique, de ce samedi 8 décembre 2007 sur France culture.

Je voulais vous - Françoise Benhamou - laisser un message sur le forum de Masse critique et attirer votre attention sur les deux points suivant :

1) Paris va jusqu'au 19ème arrondissement et là, il y a une bibliothèque, la médiathèque de la Cité des sciences qui est ouverte du mardi au samedi de 12 h à 18 h 45 et le dimanche de 12h à 19h 45. Elle est ouverte pendant les vacances et les jours fériés, sauf à de très rares exceptions. Ses fonds sont principalement dédiés aux sciences et techniques mais elle offre des services : accompagnement à l'initiation et appropriations des technologies de l'information et de la communication (ateliers gratuits) et plus de 500 didacticiels sur de 36 postes informations. Elle possède également un fonds exceptionnels pour les enfants à qui il est très régulièrement proposé de nombreuses animations. La partie histoire des sciences est un fabuleux gisement pour tous les étudiants et les chercheurs. On y trouve entre autres un riche fonds anciens accessible sur commande. Les ressources vidéo de la médiathèque ainsi que sa programmation cinéma, particulièrement pour les plus jeunes et leurs familles, dans la salle Shadocks sont également à signaler.
Dans la médiathèque on trouve aussi deux grands secteurs qui offrent des ressources documentaires et des services exceptionnels. Dans ces deux espaces on trouve non seulement des ressources documentaires « traditionnelles », des ouvrages et revues papiers, mais également des sélections de sites, des ressources vidéos, des films, etc. mais y trouve aussi des professionnels avec qui on peut, si on le souhaite, aborder des questions, et ou problèmes de santé, pour la Cité de la santé, ou des sujets ayant à la vie professionnelle : orientation, recherche d'emploi, orientation, recherche de formation, VAE, création d'entreprise etc. Toutes ces ressources et ces services (entretiens, animations, rencontres, ateliers) sans accessibles gratuitement. Il y a même un accompagnement de très grande qualité aux mal et non-voyants, etc.

2) Pour ce qui concerne les horaires d'ouvertures la question majeure n'est pas que celle de la dissension entre deux ministères. Ouvrir un établissement public ou privé sur des amplitudes horaires importantes nécessite d'examiner les possibles en termes de ressources humaines et économiques. De même il faut prendre en compte les réalités objectives et fonctionnelles des services de bibliothéconomie. Ouvrir les bibliothèques de 8h à 22h suppose d'importantes ressources humaines. Il faut à minima deux équipes de bibliothécaires, qui se relayent sachant qu'à partir de 19h c'est le tarif de nuit. Par ailleurs, les bibliothèques ne sont pas des espaces virtuels autonettoyants dans lesquels les ressources regagnent les étagères et autres supports de rangement par l'opération du Saint-Esprit. Donc, il faut du personnel qui remettent les livres et autres médias en lace entre l'heure de la fermeture et l'heure d'ouverture. Il faut également assurer le nettoyage des espaces, donc là encore du personnel qui travaille en heure de nuit puisqu'il faut le faire avant l'ouverture ou après la fermeture. A tout ce personnel incontournable, il faut ajouter le personnel qui s'occupe du prêt, du personnel administratif et de celui de sécurité. Si les deux ministères sont d'accord pour embaucher ces diverses catégories de professionnels qui se font de plus en plus rare dans les bibliothèques et autre établissement assimilé alors Banco ! Si nos gouvernants ont réellement la volonté de tout (moyens humains et matériels) mettre en œuvre pour ne pas éteindre la culture je serais comme des milliers d'autres personnes ravie. Je suis malheureusement sceptique. Il n'y a plus que des effets d'annonces, des chimères. Ils ne font pas de l'économie culturelle mais l'économie sur la culture. Le champ du savoir, de l'éducation, de la santé, de la recherche ne produisent pas de billets de banques mais des biens immatériels qui sont inestimables. Une arithmétique qui échappe aux politiciens qui ont malheureusement le pouvoir de décision.

Portrait de Kara

à Tinhinane Portrait de Tinhinane De Kara

Itinérante | 12H21 | 10/12/2007 | Permalien

Très bon commentaire.

Portrait de joanici

De joanici

20H18 | 08/12/2007 | Permalien

« à Bordeaux de même l'ouverture a pu passer de 36 à 47 heures hebdomadaires grâce au monitorat, dont il faut espérer que les rémunérations sont correctes »

Navré de doucher vos espoirs mais la rémunération d'un vacataire frole le Smic, avec une particularité appétissante : vous pouvez être vacataire 20h par semaine pendant 3 ans, non seulement votre rémunération n'augmentera pas, non seulement vous serez toujours licenciable d'un claquement de doigt, mais en prime vous ne toucherez pas la moindre indemnité des Assedics.

Pour ce prix, vous pourrez même être amené à former d'autres vacataires quand les titulaires ne sont plus assez nombreux pour cela. Je vois cela régulièrement dans ma structure…

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