La crise boursière entraînera-t-elle celle du marché de l'art?

Plus d’une fois, le marché de l’art s’est trouvé dans la tourmente. C’est Zola, qui dans « L’Œuvre », écrivait :

« C’était fatal, les temps prédits arrivaient, la hausse exagérée sur les tableaux aboutissait à une catastrophe. Depuis que la panique s’était mise chez les amateurs, pris de l’affolement des gens de Bourse sous le vent de la baisse, les prix s’effondraient de jour en jour, on ne vendait plus rien. »

Quand la Bourse s’affole que se passe-t-il du côté de l’art ? Nombre d’économistes ont tenté de prendre la mesure des liens qui unissent les deux marchés, d’observer les évolutions des indices boursiers et les variations des prix des œuvres d’art. Tous concluent que les désordres de la Bourse affectent le marché de l’art, et en particulier ses segments les plus spéculatifs, avec un décalage qui peut aller de quelques semaines à quelques mois. Pourtant, les placements boursiers et les placements en œuvres d’art se distinguent de bien des points de vue.

► Tout d’abord, les transactions sont peu fréquentes pour une même œuvre d’art : la plupart, une fois achetées, demeurent chez leurs propriétaires. En revanche, la Bourse est le lieu des échanges quotidiens des actions et des obligations parfois acquises quelques heures auparavant.

► En second lieu, sur le marché de l’art, chaque œuvre est distincte des autres, tandis que deux actions d’une même entreprise sont rigoureusement identiques.

► Troisièmement, on peut vendre ou acquérir en Bourse une part seulement du capital de telle société ; mais il est rare de vendre une œuvre d’art en pièces détachées.

► Quatrièmement, si la possession d’actions donne lieu au versement de dividendes (du moins faut-il l’espérer…), celle de l’œuvre d’art ne se traduit que par le simple bonheur du collectionneur, sauf plus-value en cas de revente.

Comment expliquer alors la corrélation généralement observée entre les fluctuations qui peuvent affecter les actifs boursiers et celles qui concernent les marchés de l’art ? Au-delà de la question des disponibilités financières, qui sont moindres quand la Bourse va mal, joue l’inquiétude, la perte de confiance, qui affecte surtout les segments spéculatifs du marché, l’art contemporain en premier lieu.

La société Artprice a voulu mesurer le poids de la confiance sur le marché de l’art. Elle publie un indice, l'Art Market Confidence Index, réalisé en temps réel. Premier constat : l’indice a chuté avec la baisse récente du Dow jones américain, du CAC40 français, du DAX allemand et du Footsie anglais.

Mais lorsque la Federal reserve américaine a décidé de baisser son taux directeur, la confiance s’est nettement rétablie, à la Bourse comme sur le marché de l’art. A l’inverse, la rigidité des taux européens décidée par la Banque centrale européenne, avant tout attentive à juguler les tensions inflationnistes, a accentué le pessimisme des collectionneurs du Vieux continent.

L’inquiétude sur la conjoncture économique affecte ainsi les intentions d’achats d’œuvre d’art. L’art peut être un élément d’une stratégie de diversification en matière de placements ; mais l’art n’est pas à proprement parler une valeur refuge.

Les collectionneurs le savent bien : mieux vaut acheter des œuvres d’art pour le bonheur de les posséder que pour les plus values qu’elles permettent. Comme le note l’économiste William Grampp :

« L’amateur prudent –celui qui n’est pas un preneur de risque-, achète des œuvres d’art pour le plaisir de les posséder. Il investit ou spécule sur d’autres actifs. »

Titre modifié le 09/02/2008 à 14h04 suite aux remarques d'internautes trouvant, à juste titre, que le mot krach était inapproprié pour décrire la situation actuelle.


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thierry reboud
14H25 09/02/2008

A ce qu’il me semble, le marché de l’art possède une autre singularité : par nature, il est une bulle spéculative (que la spéculation porte sur la valeur vénale ou artistique de l’oeuvre).
L’acheteur d’art n’acquiert une oeuvre que parce qu’il croit qu’elle vaut le prix qu’il en paye.

 
geubeul1 | edité sur fils2prof.over-blog.com
16H15 09/02/2008

la vraie question nest elle pas qui remboursera le déficit de rémunération des actionnaires??
ha oui c’est vraie le français par ses impots comme pour l’affaire tapis / le crédit lyonnias…

http://fils2prof.over-blog.com/article-16471894.html

 
Tophee
14H34 09/02/2008

Dite moi, J’ai du louper quelques chose. Si la bourse ne se porte pas terrible en se moment, je ne voit pas de crack boursier du tout….

Une crise du credit oui, les marches bousier sont plus « bearish » que « bullish », mais pas de crack boursier pour le moment..

 
Arnaud Aubron | Rue89
15H07 09/02/2008

Vous n’avez pas tort. Mea culpa. Ce titre n’était pas celui de Françoise Benhamou. Et comme j’entends vos arguments, je l’ai changé. Merci de votre vigilance. Quant à moi, je serai fouetté en place publique jusqu’au prochain, vrai, krach.

 
TARPON | chat de gouttiere
14H39 09/02/2008

C’est effectivement un sujet qui empeche tous les français de dormir .Toutes nos valeurs foutent le camp:il y a même des soldes chez ALDI ,alors imaginez dans quel etat se trouve le marché de l’Art dont les acteurs sont les mêmes .

 
art
14H50 09/02/2008

En ce qui me concerne je pense que la corrérlation entre le marché de l’art et les cours de la bourse prouve qu’on n’est pas égaux là non plus(lol).
Sur les marchés financiers que tout le monde s’accorde aujourd’hui à die qu’ils sont devenus irationnels, il y a les « avertis » et les « affranchis ».
Le marché de l’art c’est comme les cours de l’or. Un endroit que seuls les « vieux riches » savent exploiter à bon escient.

 
riverain désinscrit
14H58 09/02/2008

la première des différences entre actions et art : les premières sont dématérialisées.

Quant au krach, je suis comme Tophee je guette…

Je n’ai pas le souvenir que le krach boursier de 1636 en Hollande sur le bulbe des tulipes, affecta durablement la peinture de Rembrandt qui travaillait essentiellement pour les bourgeois.

 
brogilo | in angulo
16H56 10/02/2008

Petite digression à l’adresse d’Alan Smithee :

Que penses-tu du travail d’un Raymond Mason, sculpteur anglais dont l’un des haut-reliefs colorés, intitulé « Départ des fruits et légumes du coeur de Paris », orne une chapelle latérale-nord de l’Eglise St-Eustache?

Il me semble qu’il y a une certaine convergence de vues entre sa pensée et la tienne sur la question d’un Paris jadis aimé, aujourd’hui disparu.

Dis-moi, s’il te plaît, si je me gourre.

 
la rousse de poche
14H59 09/02/2008

On peut aussi lire « l’argent » de Zola…
C’est aujourd’hui d’actualité..

 
survivant
15H01 09/02/2008

Alors petits bourgeois et grandes fortunes lorsque le fric virtuel est ébranlé vous savez ce qu’il vous reste à faire. Vous achetez une oeuvres d’art que vous accrochez au mur si au pire un conflit devait éclater vous prenez votre bout de papier sous le bras et vous partez en Suisse.

 
pikasso02
17H24 09/02/2008

L’art n’ayant rien à voir avec l’argent, c’est mon point de vue! nous n’avons pas à nous en faire! Crise boursière, troisième guerre mondiale, millions de morts, les oeuvres d’art qui le méritent subsisteront. C’est alors que nous pourrons peut-être nous demander si le mot art signifie quelque chose. Et quoi? Pour moi c’est la quête spirituelle humaine, inchangée depuis les origines impossibles à définir. Alors pourquoi se poser de telles questions sinon pour perturber un peu plus le peu que nous savons. Celui qui achète une oeuvre qui lui plait, ne l’achète pas pour la posséder comme écrit Françoise Benhamou, mais pour la placer entre son regard et ceux de ses amis. Posséder! Quel vilain verbe!

 
brogilo | in angulo
19H08 09/02/2008

@ pikasso02

Tu dis : « Crise boursière, troisième guerre mondiale, millions de morts, les oeuvres d’art qui le méritent subsisteront. »

Permets-moi d’aller au bout de ton raisonnement : « Les casseurs de pierre » de Gustave Courbet, oeuvre détruite lors des bombardements alliés sur la ville de Dresde ne méritait-elle pas de subsister?…

 
pikasso02
23H15 09/02/2008

Bonsoir brogilo
je me suis mal exprimé! Les oeuvres qui sont détruites ne sont pour rien dans la c…humaine.
Ce que je veux dire, c’est que ce besoin de s’exprimer ne peut être détruit même à grande échelle.
Libre à toi d’interpréter mes mots. Je les manie fort mal. Ce n’est pas une excuse! je sais! Je ferais mieux de me taire! Plus à l’aise avec les images!A+

http://pikasso02.skyrock.com/

 
brogilo | in angulo
00H09 10/02/2008

Non-non, tu t’exprimes très bien, j’ai eu l’occasion de te le dire récemment. T’en souvient-il?
Je te chicanais, voilà tout.
Les oeuvres sont comme les gens, fragiles et il arrive qu’elles meurent bêtement.
Cela fait mal rien que d’y penser.

Tu ne t’exprimes pas en littérateur, et alors? N’est-ce pas le prix à payer lorsqu’on est atteint, comme toi, d’hyper-sensibilité?…
Picasso n’était pas un littérateur et pourtant son élan vital explosait à la moindre notule.

Tu ne triches pas et j’aime te lire.
J’aimerais que tu reviennes souvent par-ici car les sensibles à l’art ne sont pas si nombreux.

 
parousnik
17H36 09/02/2008

5e Le marché de l’art permet de blanchir des milliards d’euros etc… issu de toutes sortes de trafics illégaux.

 
ras-la-patience
19H38 09/02/2008

le comble du paradoxe étant que certains achètent un ou des tableaux qu’ils s’empressent d’enfermer dans un coffre fort.

 
brogilo | in angulo
20H39 09/02/2008

On en a même vu enfermer une « superposition » de Bertrand Lavier (réfrigérateur sur coffre-fort) dans un coffre-fort, c’est pour dire…

 
maryssan
10H51 10/02/2008

Mais, qu’ils plongent tous, mare de ces gens qui font de l’argent sur le dos des autres en se tournant les pouces. Derrière chaque oeuvre il y a un artiste, créateur de beauté, combien d’entre eux ont pu profiter du fruit de leur travail ? Combien leur à t-on payé ces oeuvres que l’on revend de véritable petite fortune ? Combien d’artistes vivent aujourd’hui grassement de leurs créations ? C’est toujours pareil, le petit fait le plus gros du boulot, et le plus grand récolte l’argent.
Vu que l’art contemporain va trinquer j’en profite pour glisser le mien
http://neriage.mary.free.fr

 
cassino | Auteur
11H14 10/02/2008

Bourse et marché de l’Art sont très liés car tous les 2 reposent sur du vent. L’Art n’a rien à voir avec le marché de l’Art. Quand l’œuvre d’Art se réduit au marché, ce n’est plus l’œuvre qui est prise en considération mais sa valeur spéculative, on n’achète pas un tableau mais un nom. Un nom comme un titre ça peut être ballayé du jour au lendemain. La côte d’un artiste est donnée arbitrairement par les tenants du marché et non d’après celle rencontrée auprès du grand public. D’ailleurs le grand public a-t-il seulement accès à la visibilité de cet Art du marché ?

 
Le Yéti | yetiblog.org
15H37 10/02/2008

Une des choses les plus débectantes qui soit, c’est ce « marché de l’art ». L’art, cette création d’œuvres visant par définition « à susciter une appréciation esthétique positive, c’est-à-dire à plaire et à toucher la sensibilité par leur seule forme, par leur seule apparence » (Wikipedia) transformée en vulgaire machin spéculatif à fabriquer du pognon, à réserver les oeuvres d’art pour les coffres-forts ou les « fondations » privées de quelques privilégiés, berk berk ! Alors que le marché de l’art s’écroule, on s’en fout. Au contraire, ça nettoiera un peu les écuries d’Augias.

@ tophee
Pas de krach boursier, dis-tu ? Je te conseille cette dépêche de l’agence Reuters. On y apprend que les places boursières, tous pays confondus et surtout, tous marchés confondus (comme en foot, il n’y a pas que la 1ère division CAC 40, Dow Jones ou autre Nikkei) a perdu la bagatelle de 3.500 milliards d’euros dans le seul mois de janvier 2008. (Pour comparer, le « dramatique » trou annuel de notre sécu s’élève à 13 milliards.)
50 des 52 places boursières mondiales ont fini en baisse, la moitié ont reculé de plus de 10%. La Chine de 21,40% (diminue donc ton revenu de 21,40% en un mois, pour voir si ce n’est pas un krach !)
Le pire enfin, c’est que même les puissants conviennent maintenant que nous ne sommes qu’au tout début de la descente (cf. ceci ou cela).

 
meg
16H11 10/02/2008

« On y apprend que les places boursières, tous pays confondus et surtout, tous marchés confondus (..) a perdu la bagatelle de 3.500 milliards d’euros dans le seul mois de janvier 2005. »

Je ne comprend vraiment rien à la bourse, comment 3.5000 milliards d’euros peuvent-ils se volatilisé ainsi? Si ils sont perdu pour les uns, la logique voudrais qu’ils soient gagner par d’autres, or ça n’a pas l’air d’être le cas.
 ——————

« L’art, (…) transformée en vulgaire machin spéculatif à fabriquer du pognon, à réserver les oeuvres d’art pour les coffres-forts ou les « fondations » privées de quelques privilégiés, berk berk ! »

L’art est a mon avis, entre autre, un enjeu de pouvoir, et une marque d’appartenance à une caste. L’esthétique, la spiritualité et tout cela est très bien mais il n’y a pas que cela dans l’art (heureusement ET malheureusement). Quant le pouvoir est aux religieux, l’art est religieux, quant le pouvoir est royaliste, l’art travaille à l’image des monarques, dans les pays « communistes » l’art est instrumentalisé pour confirmer l’idéologie dominante, les nazis en ont aussi joué avec « l’art dégénéré » et « l’art aryen », pareil pour tout sorte de pouvoir, l’art colle à son temps, à son espace, à sa culture. Le pouvoir aujourd’hui c’est l’argent et ceux qui en ont, il n’y a rien d’étonnant à cette débauche d’euros et d’art élitiste, notre époque est obcène, l’art officiel l’est necessairement. Je voie plutot ca comme une symptome de notre époque, qui révèle la présence flagrante de « castes » et c’est ca qui est « berk, berk » l’art ne fait que le rendre visible, nous jetter à la face le monde que nous fabriquons. Aujourd’hui qui achète l’art officiel et qui spécule sur « marché de l’art » ? les grands industriels, pernaud-ricard, cartier, LVMH, pinaud… et ils ne s’interessent qu’a une forme d’art qui les valorise et qui flatte ou affirme leur propre pouvoir et qu’ils sont les seuls à pouvoir comprendre. C’est normal que ceux qui ne sont pas de cette « caste » ne comprennent pas cet art puisqu’ils ne s’adresse pas à eux et cherche même à les en exclure. Après il y a plein de jeunes artistes pas cher qui galère et ne serons jamais admis dans ce « marché de l’art officiel », parcequ’ils sont trop trash, trop rebelles, trop furieux, trop populaire, trop critique contre notre société, si on veut que l’art contemporain ne soit pas réduit à de la branlette néo-conceptuel incomprehensible et innacessible au commun des mortels, il faudrait s’interesser aux jeunes talents qui crève la dalle qui sont la grande majorité des artistes et réformer en grand notre société pour retirer le pouvoir aux pinaud, pernaud-ricard, cartier, LVMH et l’art suivra, il n’est que le symptôme purulent de la maladie qui affecte notre temps.

En passant je pense aussi aux superettes « d’art » populaire qui se develloppent et doivent aussi brasser pas mal d’argent, par exemple chez Ikéa l’on vend des « oeuvres », barbouiller à la chaine en Chine ou en Pologne, en faisant croire aux gens que l’art c’est de la déco pour faire joli dans son salon. Ca me semble etre une autre manifestation des « castes » que fabrique notre société. Un art vidé de substance pour les « intouchables » comme les spéculation seraient une manifestation de l’art réservé aux seuls « bramanes ».

 
Le Yéti | yetiblog.org
16H18 10/02/2008

« comment 3.500 (pas 3.5000 !!!) milliards d’euros peuvent-ils se volatilisé ainsi? »

Vous êtes propriétaire d’une maison. Vous l’avez achetée 200.000 euros. Pour une raison ou pour une autre, vous décidez de la revendre. Mais le prix maxi qu’on vous en propose et que vous êtes contraint d’accepter est de 170.000 euros. Vous avez donc perdu 30.000 euros. C’est aussi simple.

En bourse pareil, les paquets d’actions qui au total valaient tant au 1er janvier, ont été revendus (dans la panique) 3.500 milliards d’euros de moins un mois plus tard. Vertigineux, n’est-ce pas ?

 
meg
16H38 10/02/2008

oui vertigineux ! 3.500 milliards d’euros, sincèrement, je n’ai aucune notion de ce que ça représente. Merci pour vos explications très claires.

 
brogilo | in angulo
19H49 10/02/2008

@ Meg

Tout d’abord bravo pour votre post de 15h11, voilà qui est dit bel et bien, sans fioritures.

Comme vous, je ne connais rien à la spéculation boursière et je trouve les explications du Yéti très éclairantes à ce sujet. Ce qu’il dit du différentiel entre maison achetée et maison revendue n’est pas sans rappeler certaines pratiques fort courantes dans le milieu de l’Art et que, sans doute, vous devez connaître :

Ainsi, il n’est pas rare de rencontrer des peintres relativement âgés, ayant bénéficié par le passé, sur un cours laps de temps, des avantages sonnants et trébuchants d’une période de pics et d’euphorie du marché, avec à la clef une production écoulée en un temps records et une cote qui n’en finit plus de grimper.
Et puis un jour la tendance s’inverse, la menace pèse de perdre un train de vie chèrement acquis.
La panique pointe.
L’on voit alors les plus « prévoyants » d’entre-eux qui, grâce aux profits engrangés, ont pu acquérir en deux ou trois saisons quelques très belles pièces d’Art Ancien, les proposer à la revente avec une forte marge à la clef.
On en voit même s’improviser courtiers.

L’argent dégagé permet ensuite, entre autres choses, de hanter les salles de vente, style Drouot, avec l’idée d’y racheter au prix fort TOUTES ses propres oeuvres dont la cote, sans cela, risquerait de plonger.

(je ne sais pas si je suis clair, cela n’étant pas mon monde, je n’ai fait que le frôler…)

 
meg
21H55 10/02/2008

Je connais quelques artistes qui ont connu le succès à une époque de leur carrière, mais ils n’ont pas été prévoyants et ne se sont pas improvisé courtier mais plutôt RMIste ou ont due changer de métier.

Votre histoire me fait pensé à la vente qu’avait organisé Jean-Pierre Raynaud, j’ai trouvé cet article qui me semble bien l’expliquer : http://www.lesechos.fr/patrimoine/famille/300100029.htm

Ces artistes « déchu » dont vous parlez, j’ai comme l’impression que c’est une sorte de tri qui est fait par les tenants du pouvoir. Ne survivent dans ce « marché de l’art » que les artistes qui savent « gérer » leur cotation (sans parler du tri fait aussi par le systhème de resaux ; galeries, institutions, acheteurs.. auquel on a pas deja accès facilement), ce qui est quant même un critère fort éloigné de préoccupation esthétique ou spirituelle qu’on prète généralement aux artistes.

 
Jean Robert
17H35 10/02/2008

Il ne faut pas s’affoler sur la chute actuelle des cours de bourse (du moins pris en eux-mêmes). Regardez l’allure des courbes du Dow Jones,du Cac ou de l’Euro Stox depuis 2002 et vous verrez qu’on était jusqu’à l’été dernier sur une pente haussière de 15 % l’an. C’était beaucoup trop rapide, donc intenable. Tracez la pente à 10 % depuis 2002 et vous verrez que la correction actuelle n’est pas si terrible… Sauf évidemment si vous avez de l’argent en bourse que vous auriez besoin de réaliser.
Pas drôle du tout en revanche est la crise de confiance bancaire et le ralentissement de l’activité des services qu’on vient d’enregistrer aux USA.

 
Le Yéti | yetiblog.org
18H22 10/02/2008

CORRECTION

On se rassure comme on peut, bien sûr. Mais il ne s’agit en aucun cas de la correction d’une hausse trop rapide. Ni même d’un accident conjoncturelle (comme la crise de 2001), mais de l’enraiement durable d’un système.

Un système basé sur la croissance exponentielle, donc sur la consommation effrénée, enfin sur le crédit pour soutenir cette consommation. D’où un état de surendettement général (les subprimes), une grave crise de consommation, et à terme la récession. Or récession = maladie mortelle du système. D’où la panique des milieux boursiers, d’où les très grosses inquiétudes des « milieux autorisés » (G7 and co).

Plus dramatique et inédit, la crise du système économique se double d’une véritable catastrophe écologique qui remet en cause notre modèle de développement. Faut-il rappeler que les précédentes crises similaires ont abouti au chaos (crise de 29 débouchant sur la 2nde guerre mondiale) ?

Alors, simple correction, vous êtes sûr ? Tout dépend dans quel sens on entend la « correction » qui nous est infligée (par nous-mêmes !)

 
Jean Robert
19H41 10/02/2008

Je voulais juste dire que l’actuelle baisse de la bourse n’est pas un indicateur qui justifie à lui seul de s’affoler.

Je ne partage pas non plus votre catastrophisme sur les aspects plus inquiétants de la crise. Du moins si on se projette à moyen terme. J’aurais de surcroît tendance à me méfier d’une notion hyperbolique comme « système ». Des secteurs entiers de l’économie, comme la recherche et les applications en biologie et en médecine, ne reposent pas sur la consommation.

Mais nous verrons bien, n’est-ce pas ?

 
Le Yéti | yetiblog.org
20H40 10/02/2008

Vous auriez raison concernant la bourse… si la bourse était autonome et ne préfigurait pas la situation économique mondiale.

Ce n’est pas moi qui multiplie les réactions alarmantes (cf. liens dans mon commentaire de 14h37), ce n’est pas moi qui de jour en jour invente les mauvais indicateurs économiques qui affolent les marchés financiers.

Mais comme vous le dites justement, « nous verrons bien » (je parie avant fin 2008, juin 2009 au plus tard). ;-)

 
Flashbill | pacsé
14H16 13/02/2008

Visiblement, vu les derniers résultats des grandes ventes d’art moderne, les valeurs sûres se vendent toujours plutôt bien. Mais il s’agit de tableaux exceptionnels et le marché commence à avoir du mal à tous les digérer.

Le « ticket d’entrée » sur le marché de l’art est aujourd’hui inaccessible pour la majorité des collectionneurs.

Le marché de l’art est de toute façon assez opaque pour que l’on puisse savoir vraiment ce qui s’y passe.

Certaines galeries rachètent leurs artistes, certains artistes se font racheter eux-mêmes.

Rien de mieux qu’une œuvre d’art pour blanchir de l’argent, également. Autre nom moins connu du marché de l’art : « La Grande Lessiveuse » !