"Iron Man" cartonne. Mais faut-il vraiment produire "Iron Man 2"?

L’année a été dure. Rappelez- vous. Des mois de grève des scénaristes avaient paralysé la production. A peine la grève achevée, les artistes et comédiens menaçaient à leur tour de bloquer les tournages si les producteurs n’acceptaient pas qu’ils soient payés pour la diffusion des films sur Internet. Les entrées ont diminué cette année, dans un climat de difficultés économiques et de montée des prix.

Et puis voilà… un blockbuster est enfin arrivé. Iron Man est un héros de bande dessinée créé en 1963 par Stan Lee pour Marvel Comics. Le film “Iron Man” de Jon Favreau a atteint les 100,8 millions de dollars de recettes en un seul week-end aux Etats-Unis, et 201 millions de dollars dans le reste du monde.

Pour un film dont le budget est de 135 millions de dollars, la moisson est bonne. Il est vrai que la période est celle qui rassemble le plus d’entrées aux Etats-Unis. Il faut aussi rappeler que le film a été dopé par une campagne intensive de promotion de la Paramount.

Un film est un « bien prototypique » pour les économistes, donc au succès aléatoire

Le succès est assez grand pour que les pourparlers soient déjà avancés pour le tournage d’un Iron Man 2. Elle est étonnante, cette croyance presque religieuse dans les sequels, les suites des films à succès, celles qui devraient remplir les salles parce que le public du premier épisode ne saurait résister à celui qui suit.

Comme si grâce au tournage de cet autre qui demeure un peu le même, on allait enfin se débarrasser de la malédiction qu’est la propriété du « on ne sait jamais ». Cette propriété signifie comme le rappelle l’économiste américain Richard Caves, que dès lors que des biens sont prototypiques, quels que soient les efforts pour produire un succès, celui-ci n’est pas nécessairement au rendez-vous.

Or les suites ne sont pas des assurances tous risques. Telle est la conclusion d’une des études les plus sérieuses qui ait été menée sur l’industrie du cinéma. On la doit à Arthur de Vany. Une suite permet en moyenne de générer des revenus au box office plus élevés qu’un film original ; en revanche, elle ne constitue pas une garantie de succès.

L’étude montre aussi qu’une suite a droit à sa sortie, en moyenne, à deux fois plus d’écrans que les autres films, et que cet avantage continue de courir sur quelques semaines. On peut alors se demander si c’est le fait d’être une suite qui permet de rassembler plus d’entrées, ou bien si c’est le fait d’avoir bénéficié d’un nombre élevé de copies qui explique la fréquentation.

Sortir sur beaucoup d'écrans, c'est facile. Y rester un peu moins

De Vany oppose ce qu’il appelle l’opening power et le staying power. Le premier, c’est le pouvoir de pousser les distributeurs à proposer le film sur un grand nombre d’écrans, le second désigne le pouvoir de rester sur les écrans un certain nombre de semaines.

L’étude montre que le fait de proposer une suite, de même que le fait d’employer des vedettes, constitue un élément en faveur de l’opening power. En revanche, le staying power dépend de la qualité, de l’accueil du public et de la critique, comme du bouche à oreille, de la formation de ce que les économistes désignent par des cascades informationnelles. On entend par là les situations en vertu desquelles les individus suivent le comportement des autres sans tenir compte de leurs propres informations.

Il y a quelques années, deux économistes avaient montré que la probabilité d’acheter un disque dépendait du nombre de ceux qui avaient déjà acheté le même disque. De même la probabilité de voir un film serait corrélée au nombre de ceux qui l’ont déjà vu. C’est là une grille de lecture, certes partielle du succès d’ »Iron Man, ou de celui des Ch’tis.


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lamorille | montlu
21H45 18/05/2008

il me semble qu’il y a quelques années, wes craven avait du s’engager à tourner au moins une séquelle à son « scream » si ce dernier marchait…
commentaire hs : je cherche désespérément quelqu’un qui pourrait m’aiguiller sur une marque de projo à l’ancienne que j’ai récupéré (DEBRIE 16- type mb15),car j’ai des bandes qui vont avec : des pubs haribo…bof, et un énigmatique « uppercut man » qui me fait saliver…bien plus qu’iron man…

 
mick69
23H49 18/05/2008

« L’économie de la culture », où l’on parle de culture uniquement en termes de pognon, de millions de dollars et de spectateurs, c’est tout le contraire de la culture.

C’est une des voies qu’a choisi la direction de France Culture depuis quelques années pour ne plus jamais cultiver les gens.

 
Dave Feng | voyageur
16H24 19/05/2008

1/ On peut parler d’économie de la culture en deux sens, soit en termes strictement économiques, soit en termes plus proches de la « sociologie de la culture » - s’interroger sur pourquoi les gens lisent tel livre en regardant leur position sociale et leurs pratiques culturelles n’est pas sans intérêt.

2/ Ensuite, parler de l’économie de la culture en termes strictement économiques a un intérêt. Il y a des arts où la production d’une oeuvre est chose coûteuse. Savoir quelles sont les effets esthétiques de contraintes économiques n’est pas sans intérêt. Refuser les termes « d’économie de la culture », c’est se limiter à considérer que seule la poésie est un art.

3/ Enfin, on pourrait affiner en comparant « art » et « culture ». Tout ce qui est art n’est pas du grand art - et tout ce qui est culture n’est pas de la grande culture. Mais « Iron Man », même si c’est de la culture populaire, cela reste de la culture. Sinon, donnez une autre définition de cet objet (bon courage!).

4/ Quant à ce qui se passe à France Culture, cela n’a pas grand rapport.

 
ELCHEKATZO | La Revolte des Crabes
01H27 19/05/2008

Un Ami (P.Z.) me disait « les américains font souvent des films mais pas de cinéma ». (il parlait des 3/4 de leur cinéma et non de cassavetes, Hal Hartley…)
En l’occurence c’est bien le cas vous nous parlez en tout cas ici d’autre chose que de cinéma, c’est un simple produit manufacturé.
A quand des articles qui oublient de nous parler des mauvais films ?

 
clark kent
13H02 19/05/2008

OUI OUI OUI il faut le tourner avec la meme equipe du film. En sachant que les studios marvel ont pour la premiere fois produit ce film.
Certes c’est un blockbuster mais il n’y pas eu une promotion enorme en france car le personnage n’est pas aussi populaire que spiderman ou batman. D’ailleurs il doit etre quasi-inconnu du grand public. Ensuite qu’il cartonne c’est que le film n’est pas mauvais non plus. Pour les chtis (film que je refuse de voir) c’est different, la france connait les chtis et les chtis sont en france et la promo a été incroyable (arthur, canal plus…).
Rregardez indiana jones, j’ai lu dans un mag que c’etait le « film le plus attendu de l’année » oki je veux bien le croire mais pour combien de personnes?

PEACE

PS : diary of the day de romero en juin, the dark knight en aout, hellboy II en octobre, james bond en novembre…entre autres.

 
zoblugubre
13H54 19/05/2008

Mon petit frère a vu et adoré Iron Man. Il attend avec impatience le 2. On s’en fiche de savoir si l’intérêt économique d’une suite est surestimé ou pas..

 
Dave Feng | voyageur
16H09 19/05/2008

Vous prenez en compte les entrées en salles. Toutefois, il me semble que l’effet « sequel » n’est pas un mythe complet, même si je suis d’accord avec vous sur ce qui est le ressort de l’industrialisation de la culture (passer d’une économie ou un produit marche et efface les pertes de neuf autres à une économie où la plupart des objets, non plus prototypiques mais standardisés, marchent).

Si on prend en compte la vente de DVDs (qui, aux EU commence plus près de la diffusion en salles, profitant ainsi un peu des effets de la promotion presse et télé du film), le pay-per-view, les diffusions télés, la sequel est moins risqué économiquement qu’un film entièrement nouveau.

Une suite n’est pas assurée de marcher, mais, si elle échoue, son échec sera moins grand que l’échec d’un film original. Il y a une rationalité de la suite (même si, d’un simple point de vue esthétique, cette manie de la suite est navrante, les étés se ressemblant de plus en plus…).

 
Lemmy_Nothor | tecnichien cinema
16H46 19/05/2008

Le sujet etant l’économie de la culture, je vais essayer de rester dans le sujet.
Que ce soit au cinéma, ou dans le domaine musical, et je parle pour les Etats Unis, je ne connais pas assez le milieu en France, il y a deux grandes periodes.
Des débuts du cinéma, jusqu’aux années soixantes, les producteurs prenaient des chances sur des scénarios qu’ils ne comprennaient pas. En musique aussi, c’est pareil. Ils avaient le fric et le pouvoir de faire avancer un projet, et si un truc un peu bizarre atterrissait sur leur bureau, ils prenaient un risque.
Aujourd’hui ça n’existe plus. Avant de penser écrire un scénario, on fait faire une étude de marché, et on dresse vite une liste de produit que l’on pourra « plugger » dans le film. Ce qui ne signifie pas non plus que le film sera une merde. Un réalisateur de talent, réusira toujours a faire « son » film.
La machine Hollywood ne fait pas que dans les navets, ni aujourd’hui, ni hier. Soyons partiel, il y a des trucs qui valent la peine un peu partout, même à Hollywood. Le problème n’est pas le manque de films, c’est la distribution et le manque flagrant de salles qui sont hors circuits des grands réseaux,soit Américains, soit Européens.

Et les trucs a gros budgets, c’est un leurre. Un film de 100 millions ? Au moins trente ou quarante pour les acteurs principaux, reste, le salaire de la ribambelle de producteurs ci , producteurs ça, le salaire du réal, de l’auteur, de l’équipe de marketing, les effets spéciaux……en bout de ligne, il reste 100 000 euros pour le département artistique, et demmerdez vous avec ça !

Ceci dit, ce film est surtout interessant parce qu’il annonce le retour de Robert Downey.

 
Tyller | Artiste frustré
20H49 19/05/2008

Je suis toujours aussi estomaqué de voir ce que ce genre de navet cinématographique puisse être considéré comme bon, ou en fait, ce qui est plus réaliste, c’est qu’on nous a tellement habitué à de la merde, que le film qui nous surprendra un minimum avec un truc auquel nous nous attendions point serra marqué « bon film ».

Alors que quoi, ils sont ou ces films intéressant et originaux? depuis combien de temps on nous à pas pondus un bon film auquel on s’attend pas? Dans le genre Seven, ou l’armée des 12 singes… même si je dis « Bienvenue à Gattaca » c’est moins connue que le seigneur des anneaux, qui a mon gout, est juste minable… c’est si facile de faire un film sur un univers déjà créé et la technologie aide, mais au final tous ces Marvels sont tous aussi à chier les uns que les autres.

Vous allez me dire qu’on en a eu des films originaux.. oui, certes quelques-un dans la masse.. perdu, et j’en compte pas loin d’un par an qui est vraiment bien, les autres des navets profonds commerciales… même Matrix qui m’avais surpris et étonné il y’a quelques années n’est maintenant pour moi qu’une pâle inspiration de GITS et de Avalon..

Alors certes, je m’égare, completement du sujet d’ailleurs, mais je suis juste completement dégouté de ce qu’on nous pond pour nous faire croire que c’est bien (Tiens… ya Indiana John 4 qui sort) et au moindre succès, on à le droit a une suite, c’est devenu une règle implacable du cinéma. Apres tous si la recette marche pourquoi ce faire chier à en trouver une nouvelle.

Cinéma: n.m, Art de faire le plus de profits possible, en touchant le plus grand nombre.

 
lamorille | montlu
23H17 20/05/2008

rien de nouveau…roger corman et sa filmographie (cinéaste et producteur)sévissait déjà dans les 50’s…des nanars…des pépites…moi je prends !

 
le pillier du 59 | ( pillier actif et gourmand)
19H32 19/05/2008

un jour on parlera des eventuelles suites des films en terme de scénario talents et idées et non de profits. les films sont la pour l’émotion et non le pognon
Imaginez si on avez consacré l’argent des suites des navets à des projets d’ auteurs … Oh doux rêves

avec la liberté de celui que la culture n’a pas entièrement englouti, le vagabond de la musique ramasse le morceau de verre qu’il trouve sur la route et le tend vers le soleil pour en faire jaillir mille couleurs.
[ ]

 
lamorille | montlu
22H52 19/05/2008

comme woody pour rallumer la mèche de buzz l’éclair et retrouver le gentil andy après avoir été vers l’infini et au-delà ?

 
déluge | menuisier
13H40 20/05/2008

C’est une bouse insensée. R Downey Jr y est mauvais comme seul Ben Affleck était parvennu à être.
C’est la seule performance de cette objet commercial.

Et je suis amateur du genre, c’est pas une question de chapelle.

 
lamorille | montlu
21H01 20/05/2008

yes n’est pas sam raimi qui veut…evil dead !!!

 
Oivier E. Giron-Cadoux
16H50 21/05/2008

Je voudrais ajouter pele mele deux points:
On a tendance à oublier dans le circuit américain le role incroyable et puissant des avocats qui mettent en place des contrats d’un cynisme redoutable. Ainsi les acteurs d’Ironman ont vu dans leur contrat des obligations de tourner une suite si la profitabilité etait au rendez-vous. On peut donner egalement comme exemple les contrats d’indiana jones 4 stupilant aux membres de l’equipe de se taire pour eviter les fuites.Tout contrevenant se voyait exposer à de très sèvères punitions.
Pour rebondir, faire une suite est economiquement tentant lorsque le succès est au rendez-vous.cloverfield (meilleur ratio de profitabilité pour 2008 pour le moment avec $24M investis pour un retour de $170M) a lui-même été pris dans l’engrenage et JJ abrams annonce une prequel pour 2009. C’est une logique (limitée je vous l’accorde)dirigée par des studios et des productions de plus en plus couteuses mais qui etonnament rencontre de ci dela un certain succès soit en terme artistique (Le Parrain 2,L’empire contre attaque), soit en terme financier (Xmen 2).
I faut ajouter que la pauvreté de la création américaine aujourd’hui pousse à cette méthode ou à celle..du remake de succès etrangers ou de titres glorieux du passé(on annonce notamment le remake de l’echelle de jacob qui date de 1990)