GQ, un nouveau mensuel en pleine crise de la presse magazine

Où va la presse magazine? GQ (pour "Gentlemen's Quaterly"), c'est encore un titre nouveau, mi-people, mi-mode, une importation d’un titre américain du groupe Condé Nast (Vogue, Architectural Digest, The New Yorker, etc.). Quelques chiffres permettent de prendre la mesure de la prise de risque que constitue le lancement d’un titre nouveau dans un univers plutôt saturé.

L’édition de livres, de journaux, de revues et de périodiques en Europe atteint un chiffre d’affaires de 118 milliards d’euros en 2004. Sur cette somme, bien plus d’un tiers (45,5 milliards) correspond aux journaux, un tiers correspond aux revues et magazines (40 milliards), et le reste, 32,5 milliards, constitue le chiffre d’affaires de l’édition de livres.

Si l’on se penche sur deux pays assez proches, la France et le Royaume-Uni, mais dont les pratiques de lecture sont très contrastées, que voit-on? Le chiffre d’affaires de l’édition de livres est plus élevé chez nos voisins britanniques; et celui des revues et périodiques y est presque le double de celui des livres. Il est légèrement supérieur à celui des journaux.

En France en revanche, les journaux font à peine mieux que le livre. Les revues, magazines et périodiques atteignent un chiffre d’affaires une fois et demie supérieur à celui des journaux. Mais ce chiffre d’affaires demeure plus petit que celui des revues, magazines et périodiques britanniques. Bref, à une France qui ne lit pas assez, dont les bibliothèques, malgré un effort important, restent encore assez pauvres, correspondent des industries de l’écrit très faibles en regard de celles d’un pays aux niveaux de richesse et de culture pourtant similaires.

Et les journaux quotidiens se sortent particulièrement mal de la comparaison: 9,6 milliards de chiffre d’affaires au Royaume Uni, 5,3 en France. Certes, la presse trash occupe une place de choix au Royaume Uni, mais cela ne suffit pas à expliquer le fossé entre les deux pays.

Les temps sont durs pour la presse magazine, longtemps notre point fort

N’est ce pas d’ailleurs la Direction des médias qui titrait son dernier rapport "Presse écrite: la crise perdure"? On y lit que "tous les secteurs de la presse payante connaissent une baisse de leur chiffre d’affaires en termes réels en 2006. La moins touchée est la presse technique professionnelle (-1,7%), la grande perdante est la presse magazine (-3,1%)".

Les temps sont donc durs pour la presse magazine qui fut pourtant considérée comme notre point fort autour du groupe Hachette, premier producteur de magazines dans le monde, avec des titres phares qui se déclinent partout, comme Elle.

Les temps sont durs, mais les éditeurs de la presse magazine continuent de sortir de nouveaux titres. Comme la demande ne suit pas, le résultat ne se fait guère attendre: la concurrence se durcit, et les difficultés de distribution s’accumulent.

La presse télévision est la plus touchée

Tout le scénario de la crise est en marche: moins de lecteurs, moins de publicité, une double concurrence interne au secteur et venant des autres médias, une gestion de la crise par la fuite en avant (plus de titres, moins de publicité).

Il conviendrait toutefois de nuancer ce tableau: les difficultés de la presse magazine concernent surtout les titres de télévision, concurrencés par Internet et par les suppléments télé des hebdomadaires. Certains ont mis en oeuvre une nouvelle stratégie: proposer les programmes sur quinze jours. Le passage de l’hebdo au quinzomadaire fait mécaniquement baisser le volume des ventes.

Il reste peut-être des places à prendre, mais pour un lectorat plus stable qu’en croissance; en d’autres termes, c’est l’éviction des uns au profit des autres plus que le cumul des titres et l’accroissement des achats qui se profile. Lancer un titre nouveau, c’est aujourd’hui un pari pour le moins risqué pour le groupe qui le décide comme pour l’ensemble du secteur. Il faut alors composer avec le besoin supposé de nouveautés et la saturation du marché. Exercice d’équilibriste.

GQ magazine mensuel - 3,40€.


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13H02 06/04/2008

journal ciblé homme UMP!
Gagner plus ...
analyse tb faite ds charlie Hebdo

 
13H25 06/04/2008

ce n'est pas si vrai. L'air de rien c'est pas si mal écrit, on y rit parfois au détour d'une phrase, c'est pas toujours trop con. Non si l'UMP ressemblait à ça ça serait mieux. Or non. L'ump ne ressemble pas à ça.

et j'ajouterais que Charlie donnant des leçons c'est limite en ce moment. Val au Medef c'était quoi, de l'engagement militant ?

 
14H23 06/04/2008

je n'aime pas du tt Val... mais l'analyse faite par (j'ai oublié) était excellente.
J'aimerais tellement un vrai gd quotidien.
Nous sommes en manque d'infos.
Voilà pourquoi je lis bcp la presse étrangère et la presse fse au coup par coup (le parisien pour les faits de sté, Libé sur un titrage, l'huma pour les conflits sociaux, les echos pour le factuel de l'économie et plus jamais ou presque (ou 10 fois l'an) le monde.

On lance des titres comme des savonettes!
QQ s'est-il inscrit à Mediapart?
Moi pas ... j'aimerais avoir des opinions... Plenel je fais gaffe... trop de retournements de veste!

La réf. papier c'est tellement plus agréable que le web.
Le canard indispensable ...même si son écriture m'ennuie.
Charlie pour la chronique de Pelloux et d'oncle bernard.

 
14H36 06/04/2008

franchement je préfère alter eco à oncle bernard qui tourne un peu en rond depuis qu'il doit faire ami ami avec JMS le vendredi.

 
jeanrene | étudiant en médecine
12H20 09/04/2008

Mediapart franchement j'avais aussi une grande réticensse quant au format web mais la présentation est très bien faite on croirait presque lire un vrai journal.
Le contenu me satisfait amplement en plus il est possible de communiquer avec les journalistes par exemple pour avoir des compléments d'info.
Je te conseille les derniers articles sur EADS par martine Orange ils sont vraiment passionnants

Bref une réussite à mon goût

 
13H08 06/04/2008

je pensais à un truc. En France les médias passent leur temps à se demander pourquoi on ne les aime pas. Pourquoi leur lecteurs (ces abrutis, parce que, soyons clair, c'est ainsi qu'ils nous voient souvent, et ne s'en cachent pas) pourquoi, donc, leur lecteurs n'ont pas confiance etc.
Et puis simplement je me suis dit que la réponse n'était pas dans l'analyse des médias mais dans le constat : les médias en France disent tous la même chose. On y entend les même personnes, on y entend les mêmes mots. BHL peut dire des énormités scandaleuse sans y être jamais inquiété. Redecker y a accès au Monde, Mougeotte passe de TF1 au Figaro Val est partout, Apathie est là où il reste de la place, Duhamel fait parti des meubles, On entend toujours les mêmes, nous dire toujours les mêmes choses, sans se soucier le moins du monde de rigueur ou de méthode, on les a tous pris en flagrant délit de tromperie, d'approximation voire de mensonge, mais ça ne gène personne. Ils font la leçon à leur lecteurs (Val, Joffrin, Apathie et Barbier sont les meilleurs pour ça), ils se montrent dans une connivence qui apparaitrait indécente partout ailleurs avec le pouvoir. Mais non. ils font semblant de ne pas comprendre pourquoi plus personne n'a envie de les acheter.

C'est peut être simplement qu'écouter la radio une journée c'est déjà entendre tous leurs éditoriaux, leurs "analyses", leurs interviews.

Tout simplement.

J'aimerais vraiment qu'on me dise s'il y a un seul pays developpé qui a ainsi une tribu médiatique (Adler, Apathie, Fourest, Domenach, Duhamel A & O, Barbier ...) qui bouffe à tous les rateliers, qui recycle aussi éhontément ses pauvres raisonnement d'une radio à un journal quelconque... La situation est elle la même aux USA, en GB, en Allemagne, en Espagne ?

 
19H20 06/04/2008

Elle est la même et cela m'a tout de même étonné au Vietnam et au Cambodge les JT sont exactement les mêmes que nos JT des médias TV. Même recettes même infos de complaisance et stérile.

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
13H20 06/04/2008

L' editeur Condenast publiait déja "GOGUE FEMME", "GOGUE HOMME", il leurs manquait le "PQ"..

La presse magazine news : titres de la semaine
Le Point ( ou L'Express, on ne sait plus ):
L' immobilier en Ile de France
Le Nouvel Obs :
L' immobilier en Ile de france
Le Figaro magazine :
Special immobilier .

Et ils se demandent pourquoi ça ne marche plus ..

Le seul lancement de magazine original ces derniers mois : "XXI", qui s'est bien vendu en ...librairie !

Il n' y a pas que la crise de la pub, il y a les contenus ..

 
GASTAUD | photographe
14H38 06/04/2008

Si la presse francaise se porte, c'est tout simplement parce qu'elle est mauvaise. Aucune imagination, les memes discours toujours dans le meme sens, les memes tetes, les memes sujets, une maquette qui ressemble aux autres titres, etc... Un peu d'air frais serait plus que necessaire!!!

 
Blaise11 | halte au libéralisme à la sauce stalinie...
15H03 06/04/2008

Si vous voulez un bon mensuel d'actualité, nouveau depuis 1 an, sans pub, bien écrit, je me permets un peu de pub pas imméritée du tout au vue de la qualité et de la diversité de son contenu: Le Tigre.

 
19H32 06/04/2008

Si les magazines se vendent mal, c'est aussi parce que les directeurs des rédactions et les propriétaires des magazines sont des incompétents qui n'y connaissent rien à rien à la presse, qui ne savent pas que derrière un magazine il y a une équipe et que c'est cette équipe qui fait la valeur ajoutée. Mais non, ils préfèrent réduire les coûts et faire de la merde. Un DA digne de ce nom? pas la peine. Des personnes qui savent écrire et connaissent leur sujet, pas la peine. Une équipe pub pour trouver des sous, pas la peine. Et j'en passe... Ils prennent leurs propres lecteurs pour des cons. Alors forcément (ce n'est pas la seule raison certes), les canards ne se vendent pas. Ils vendent des canards qui sont bénéficiaires, mettent des gens au chômage, ces mêmes gens qui après auront moins de thunes pour acheter de la presse écrite. Je caricature à peine. Pas étonnant que la presse écrite aille mal dans ces conditions

 
ada
12H07 07/04/2008

Lancer un nouveau magazine est aussi une tactique : encombrer un segment déjà bien occupé afin de capter une partie des recettes publicitaires dont, du coup, les concurrents ne profiteront pas... Au final, moins d'argent pour tout le monde, certes : mais souvent, il s'agissait juste d'affaiblir le concurrent, et le magazine n'avait été lancé que pour ça. Il ferme quand la mission est accomplie.
Il ne faut pas être naïf: les grands éditeurs de presse magazine connaissent les chiffres aussi bien que vous, s'ils s'y risquent quand même, ils ont une raison, qui n'est pas le simple amour de la presse...