
Etats-Unis : la crise touche aussi la politique culturelle des campus
La crise affecte durement les universités américaines, dont la plupart vivent sans aide ou avec peu d'aide de l'Etat central, et avec des subventions des Etats qui ne représentent qu'une très faible part de leur budget. Les universités comptent sur les dons, les legs, et sur les revenus de leurs placements.
Des deux côtés, c'est un moment difficile : les dons sont plus rares, et les placements rapportent moins, lorsqu'ils rapportent encore quelque argent. En moyenne, entre juillet et décembre 2008, les dépréciations des fonds des institutions nord-américaines se seraient élevées à 22,5% de leur capital.
L'université de Yale reconnaît qu'elle a perdu 5,9 milliards de dollars sur le second semestre de 2008. Sur un budget de 22,5 milliards de dollars environ, c'est une perte considérable.
Certes, en France, le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche se monte à 25 milliards d'euros, et l'on se dit que même appauvries, les universités américaines sont encore bien dotées, mais la France est loin d'être dans le peloton de tête des universités les mieux financées.
A UCLA, les frais d'inscription ont été multipliés par quatre en vingt ans
Les étudiants doivent quant à eux regarder à plusieurs fois avant de choisir un établissement. Certains réajustent leurs plans face à la crise qui leur interdit les petits boulots et fait fondre les placements que leurs parents avaient effectués, parfois dès l'annonce de la grossesse, afin de financer leurs études.
Dans nombre de cas, les économies amassées ne suffisent pas, et il faut contracter un emprunt, dont le remboursement sera facilité par des rémunérations plus avantageuses. En vingt ans, entre 1976 et 1995, les frais d'inscription ont été multipliés par quatre à l'université de Californie-Los Angeles. Les bourses ne couvrant que 40% environ de ces frais, les plus pauvres ont bien du mal à intégrer les établissements.
Avec la crise, la rareté du crédit octroyé par des banques qui ne veulent plus prendre de risques rend ce mode de financement plus que difficile. Il est vrai que les frais d'inscription peuvent être abyssaux : une scolarité à Princeton revient à quelques 27 000 euros par an !
Les universités américaines, ce ne sont pas seulement des lieux où l'on étudie et fait de la recherche. Ce sont aussi des lieux de culture qui abritent des bibliothèques, bien sûr, qui peuvent recéler des fonds rares et précieux, mais aussi des musées, des salles de spectacle.
La crise atteint aussi les institutions financées par le mécénat
On compte plus de 700 musées sur les différents campus du pays. La vie culturelle américaine se joue en partie sur ces campus, et en particulier sur les plus célèbres d'entre eux. Un dommage collatéral de la crise réside dans la nécessité pour les universités de reconsidérer leurs plans de développement, de réviser leurs projets culturels.
La crise signifie aussi que la recherche de mécénat va plus que jamais se renforcer, s'ouvrant sur une triple concurrence : entre les établissements culturels d'un même pays, entre la culture et d'autres actions, qu'elles soient sociales ou humanitaires, et entre établissements analogues mais de pays différents.
Il y a quelques années, Philippe de Montebello, alors à la tête du Metropolitan Museum de New York, était venu en Europe pour chercher des mécènes. Nul ne s'en était ému. De même, le Louvre ou le Mnam ont créé des associations d'amis donateurs américains.
Que vont devenir ces mécénats transnationaux ? Nul ne le sait encore, mais les temps risquent d'être durablement difficiles, et le mythe de l'argent privé comme alternative au financement public des universités et de la culture a quelque chance de s'écorner devant la réalité des années à venir.
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De déluge
menuisier | 12H56 | 23/03/2009 |
C'est interressant la description du système de financement des étudiants.
Ils contractent des empruints gagés en quelque sorte sur leurs futurs (hauts) revenus.
En fait la même mécanique vicieuse que pour les subprimes gagées sur la hausse continue des prix de l'immobilier.
Où l'on voit les mérites comparés de notre propre système prétendument ringard.
De Olif _archipolak
varsolidaire a la bonne cause | 10H50 | 24/03/2009 |
Quand on prend consience dans vos lignes du fonctionnement des universités aux etats-unis, on voit plusieurs choses :
- que ces universites on beaucoup plus d'argent qu'en France,
- que leur financements essentiellement prive les rend plus vulnerables aux aleas du marche,
- que les frais d'inscription prohibitifs les rendent hermetiques aux populations defavorisees…
…et malgré ce fait evident de volonté de creuser l'ecart entre classe « riche » et classe « pauvre » (le fameux Gap) je ne peux m'empecher de penser qu'une politique en marche en France tend a se calquer sur ce meme systeme made in USA !
C'est d'un manque de lucidité evident quand on sait que la culture de la connaissance et de la recherche en France n'est pas du tout adaptée a ce genre de fonctionnement… Il suffit de se tourner vers les indicateurs de financements prives pour la recherche en France… nos idees n'ont pas de creanciers.
Dans notre systeme, toute la population a acces a l'education de maniere quasi-egalitaire (du moins sans commune mesure aux US dans le superieur) et c'est un systeme de beaucoup de vertu qu'il faut preserver plutot que de le saborder sur l'autel du capitalisme (qui nous a bien prouvé ses limites).
Pourquoi ces gens « qui se disent grands » croient que tous le monde a pour but d'etre « chef », d'avoir une rolex avant 50 ans, ou de rouler en rolls ? C'est presomptueux et condescendant, des tas de gens capables cherchent juste une qualité de vie, du respect, pouvoir faire confiance a ses decideurs(aye)… et si le voisin a un plus gros 4x4, ca le regarde…