
Va-t-on vers la disparition de la blogosphère ?
Et la folie des blogs, où en est-elle ? C'est un peu une mise en abyme que je vous propose, à propos de la blogosphère. Si le nombre de ceux qui postent quotidiennement (ou plus occasionnellement) leurs états d'âme et de pensée dans l'espoir peut-être dérisoire d'entamer une belle conservation numérique, bien des contributeurs préfèrent le rythme et la visibilité rassurante des médias imprimés. Du papier, encore du papier, tant pis pour les écolos et pour les adeptes de l'immédiateté que les réseaux nous ont ouverte.
A dire vrai, peut-être y a-t-il quelque raison de se méfier de la blogosphère. C'est un blog qui nous le dit : la blogosphère, c'est fini ! Le blog, c'est celui de Nicholas Carr, intitulé Rough Type. Le 7 novembre dernier, il n'hésitait pas à titrer : « Who killed the blogosphere ? ».
Pour l'auteur, les blogs sont entrés dans une crise de maturité. La blogosphère, cette vaste sphère autonome, où tout un chacun pouvait converser avec un autre, livrer ses observations, ses pensées, ses obsessions, en dehors des médias traditionnels, cette blogosphère s'est aujourd'hui banalisée ; y participer relève au mieux de la nostalgie, au pire de l'automystification. Ses pionniers sont morts.
Parmi les signaux de la banalisation, on relève l'évolution des pages d'accueil, pleines d'images, faisant des blogs de simples sites parmi d'autres. Nombre de blogs ressemblent à des magazines on line. La majeure partie des blogs est d'ailleurs abandonnée. Selon une étude toute récente menée par un organisme nommé Pingdom, grâce au moteur de recherche Technorati, 94 % des 133 millions de blogs qui auraient démarré en 2002 sont des blogs dormants : le site existe, mais plus rien n'y est posté ; seuls 7,4 millions de blogs auraient proposé quelque chose dans les 120 derniers jours, et 1,5 millions depuis une semaine.
Nicholas Carr compare ce qui se passe à ce qu'il advint en son temps de l'explosion des radios d'amateurs, pour lesquelles, après un développement spectaculaire, on observa un reflux tout aussi important et leur remplacement par des radios dominées par un petit nombre de groupes de médias.
Si les blogs ne sont pas morts pour autant, ils se sont souvent arrimés à des journaux web avec lesquels ils tissent des complémentarités (preuve en est…). Quant aux blogs autonomes, qui vivent leur vie en dehors des médias, certains ont acquis une place véritable, une notoriété incontestable. Certains ont choisi de fermer. Ceux qui restent coexistent avec les blogs des politiques, les blogs des amateurs et les amateurs de blogs, dans un désordre joyeux.
Enfin joyeux ? Je n'en suis pas si sûre. Ecoutez donc la complainte du blogger malheureux, celle du blogger Kent Newsome, celui qui se demandait : qui donc sont les lecteurs de nos blogs ? Il répondait alors : « le nombre de bloggers en compétition pour capter l'attention des internautes fait ressembler la blogosphère à un lieu tout à la fois gigantesque et chaotique (…) Quand les gens refusent de converser avec moi, ça me blesse un peu. (…) Quelquefois je me sens vaguement dépressif lorsque j'écris quelque chose, le poste et attend impatiemment que quelqu'un me poste sa réponse ».
Dure dure, la vie du blogger de fond. On comprend que certains fassent preuve de quelque pusillanimité. Rien ne vaut un bon journal traditionnel, papier ou virtuel, dans lequel les rôles sont distribués, où le lecteur reste sagement à sa place. A moins que le monde n'ait déjà trop changé, et qu'il faille faire de la place, vaille que vaille, à ces écrivains qui n'en sont pas tout à fait, à ces journalistes qui embrassent ces formes d'écriture immédiates, parfois un peu sèches, que le blog appelle.
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De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 16H39 | 03/12/2008 |
- Très juste, la comparaison avec le feu de paille des radios dites libres. Pour en avoir été, j'ai vite vu que le plus dur n'était pas de se lancer, mais de continuer. J'ai tenu cinq ans.
- Je n'ai pas créé de blogue. Un peu pour ne pas avoir à chanter la complainte de Kent Lonesome (non, Newsome). Un peu aussi parce que je n'ai pas assez à dire qui soit original pour ça. Et beaucoup par flemme !
à compte supprimé 22
De merlinbreizh
Redacteur Communicant | 18H08 | 03/12/2008 |
Il y a une énorme différence entre l'époque des radios libres et celle des blogs : le tarif, la thune, les pépettes !
Diffuser sur les ondes une radio libre coûtait et coûte toujours très très cher, le nombre de fréquences disponibles à l'époque était réduit et jalousement protégé par l'Etat qui craignait beaucoup l'apparition de ces radios.
Diffuser un blog sur la toile ne coûte rien hormis un simple abonnement internet et un peu de temps !
à merlinbreizh
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 21H04 | 03/12/2008 |
exact merlin, mais il y a aussi le contenu, pour faire ceci :
http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2008/12/rachida-dati-co.htm…
par exemple, que je n'ai pas trouvé aux agences de presse à l'heure où je mettais en ligne, alors que le JO est disponible tôt le matin et que j'étais absent une grosse partie de la journée.
De Infovite
Plébéien. | 17H01 | 03/12/2008 |
Si la blogosphère devient un espace de résistance démocratique en se faisant l'écho d'une réelle lutte sociale dans la réalité alors la disparition n'est pas pour demain !
http://info-espress.over-blog.com/
à Infovite
De Jambalaya
Le contenu de ce champ apparaît ent... | 17H49 | 03/12/2008 |
Sous les pixels, la plage.
à Jambalaya
De Infovite
Plébéien. | 19H35 | 03/12/2008 |
Pas d'écran pour la lutte !
De sup. à la demande du riverain 29 juin
bye bye ... | 17H08 | 03/12/2008 |
Il y a peu Hugues Serraf écrivait ici : « Notre presse papier ne va pas très bien. Notre presse Internet n'est pas en superforme non plus. »
Et maintenant les blogs…
Quoi d'étonnant dans tout cela ?
80% des blogs ou de la « presse internet » ont voulu copier la « presse papier » sans se poser de questions.
Mêmes causes, mêmes effets. Quand une recette ne fonctionne pas, changer de support ne l'améliore en rien.
De Le Yéti
yetiblog.org | 23H46 | 03/12/2008 |
« Va-t-on vers la disparition de la blogosphère ? »
Sans vouloir vous vexer, chère Françoise Benhamou, ça, c'est vraiment le genre d'enquête micro-trottoirs, avec l'interview ou le bouquin forcément éclairé du spécialiste de service, une sorte de « poulet » un petit peu rapidement jeté en pâture sans précaution.
Les blogs en voie de disparition ? Je vous conseille de prendre votre manteau et de sortir un peu voir du côté des lycées, des collèges. Je vous conseille de mettre dans vos favoris Rezo.net et l'Autre Réseau, des portails qui, même loin d'être parfaits, reprennent quantité d'infos émanant des blogs engagés. Pour ce qui est de leur influence, je vous conseille de voir leur rôle dans la toute dernière affaire de ces chiens sniffeurs dans les établissements scolaires. Je vous conseille de vous renseigner auprès de dotclear, de wordpress et de tous ces supports de blogs à la disposition des internautes…
De Eric citoyen
"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 17H44 | 03/12/2008 |
@ Françoise Benhamou
Bonjour,
Je pense que c'est tout l'inverse qui se produit (sans doute mon coté optimiste).
Nous arrivons dans une phase de maturité … c'est le potentiel de la qualité qui se révèle, il reste des défauts mais concrètement, les choses s'améliorent.
Ce qui prédisent la fin de la blogosphère sont très très souvent les mêmes qui mettent en avant d'autres systèmes ou d'autres réseaux sociaux « faceboock, myspace, twitter,), dans cette démarche, j'y vois plus un conflit d'intérêts !
Alors finalement, les choses ne meurent pas , elles se transforment … en pensant de cette façon nous sommes déjà plus dans le vrai.
Mais ce n'est que mon piètre avis de piètre bloggeur “pas encore mort” mais en pleine adaptation.
Cordialement.
Eric Bloggeur
http://monmulhouse.canalblog.com/
à Eric citoyen
De PATRICK62ANS
RETRAITE | 11H16 | 06/12/2008 |
je profite de cet article pour vous dire ,étant un blogueur moi meme que ce style de communication n'est pas prés de s'arreter,d'ailleurs les grands acteurs et médias cherchent à s'approprier ceux ci.
Une fronde des blogueurs s'installe sur WINDOWS SPACE LIVE.
MICROSOFT a décidé unilatéralement de modifier la présentation des espaces personnels et maintenat la vie privée de chacun s'affiche directement.
Vous voir que riton 59 à fait coucou à lion malin,etc.
MICROSOFT ne respectant pas les clauses de confidentialité qu'il a demandé à ces « clients » de signer.
SI RUE 89 pouvait se pencher sur ce cas qui annonce le flicage de tous.
à Eric citoyen
De benzitoune
réveillez moi! | 17H12 | 10/12/2008 |
Oui allons-y à fond sur les blogs !
Pas pour raconter nos petites histoires sur nos petites vies sans importance, mais si pour utiliser cette diversité de points de vue incroyablement riche et connectée !
On peut tous être connectés, on peut tous être au courant, je crois sincèrement que les thêmes les plus sérieux intéressent les gens.
C'est pour ça que la grande majorité des blogs sont dormants, les cultes à l'égo n'intéressent pas grand monde (j'ose le croire).
Il suffit de lire les commentaires aprés un article sur Rue89 pour comprendre que cette diversité de points de vue aide à forger une opinion plus sûre !
Vive la liberté d'expression que ne nuit pas à celle d'autrui !
De skalpa
actif et militant ? | 17H42 | 03/12/2008 |
NON !
http://kprodukt.blogspot.com
De Jambalaya
Le contenu de ce champ apparaît ent... | 17H52 | 03/12/2008 |
Fut un temps où les blogs on appelait ça les cafés du commerce, et à part quelques brèves de comptoir, personne n'osait rendre publiques les élucubrations des habitués et du tenancier !
De merlinbreizh
Redacteur Communicant | 18H10 | 03/12/2008 |
J'avoue ne pas bien cerner l'intention de cet article. Où voulez-vous en venir en fait ?
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 18H28 | 03/12/2008 |
les blogs c'est pour les filles
De vol19
awash | 19H30 | 03/12/2008 |
la blogosphère en recomposition ?
Il y aurait pire, un journal de vulgarisation scientifique pose un porblème plus grave : « la saturation et la crise de l'architecture internet ». créé au départ par une communauté d'universitaires ou règnait davantage la confiance, le système n'a jamais pris en compte la sécurité des communications, ce qui aurait du être intégré à la base dans l'architecture. Faut-il tout refaire à la base ?
Il semble que le web, comme le système de liens entre les hommes aujourd'hui connaissent de sérieux problèmes de re-organisation… Sans doute allons nous voire merger toutes sortes de tendances, d'unification/diversification…
De Pictulo 23785
19H36 | 03/12/2008 |
L'article est intéressant, il pointe un phénomène qui était nouveau il y a cinq ans, et serait dépassé aujourd'hui.
J'avoue ne pas savoir ce qu'est la blogosphère. Quand je me connecte, je navigue indifféremment d'un site d'infos à un blog d'humeur, sans me dire « je rentre dans la blogosphère ».
Pour les ados, le blog est matière à diffuser ses états d'âmes, ses photos, à engranger du commentaire souvent complaisant, parfois insultant : c'est le mix d'un journal intime exposé dans une cour de récré.
Le blog a cette caractéristique d'être unipersonnel, on peut ainsi suivre les périgrinations cervelesques du blogger, mais on demeure dans l'univers confiné de sa personnalité, avec ses obsessions, ses émotions…
Alors que l'internet brasse des milliards de sources diverses, le blog reste egocentré. C'est peut-être ça qui fait qu'on s'en détourne au bout d'un moment.
De nord.mand
Prof Seine Maritime | 20H21 | 03/12/2008 |
www.profencampagne.com
3 ans de vie
Mis à jour tous les jours
A voir (Les commentaires sont fermés en revanche)
De ysengrimus
22H03 | 03/12/2008 |
Noter un trait crucial de la blogosphère qui devra trouver une solution ou une autre, un jour : le cyber-anonymat…
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/11/29/le-cyber-anonymat-symptome-pu…
Problème sensible, en cours d'évolution…
Paul Laurendeau
De MiLaure
comédienne et auteure | 00H33 | 04/12/2008 |
Je tiens un blog depuis deux ans et je m'en sers en tant qu'artiste et citoyenne. Je trouve que c'est un espace d'échange et de liberté formidable et qu'il serait vraiment dommage de s'en priver. La visite des blogs dans leur diversité donne une photo de notre société.
De Matthieu33
00H40 | 04/12/2008 |
Qu'est-ce que la blogosphere ?
Quelle est la pertinence des données de Technorati ?
Comme leur modèle économique ne fonctionne pas, il faut savoir que Technorati est en train de changer de métier : ils deviennent une régie pub pour les blogs américains. Leur index n'est plus fréquemment mis à jour et ils sont centrés sur les blogs américains.
Un exemple : Technorati annonce 900 000 billets/jour sur l'ensemble des blogs, tandis que la plateforme Skyblog annonce à elle seule plus de 993 000 billets/jour (http://www.ouinon.net/index.php ? 2008/11/12/379-etude-state-of-the-blogos…)
Aussi, le Top100 Technorati est trusté par les « blogs » professionnels : techcrunch, huffington post… Ils empruntent la forme de blogs, mais ce n'est plus vraiment des blogs. Ils ajoutent des images etc rendant leurs pages d'accueil proche d'un magazine.
Mais je crois que la très grande majorité des blogs ne part pas de ce coté là ! Et que de nombreux blogs passionnants naissent, s'adressant à de petites communautés
Pour plus d'informations, les commentaires sous l'article de narvic sont excellents : http://novovision.fr/ ? Qui-a-tue-la-blogosphere
Ainsi que l'article d'enikao ( http://enikao.wordpress.com/2008/11/02/de-little-big-horn-a-wounded-knee…) dont je ne résiste pas à citer un passage :
» […] La blogosphère, c'est l'ensemble des nations amérindiennes. Des nations qui ont trouvé un équilibre à force de guerroyer, qui parlent plusieurs langues, qui ont des échanges ou des haines, des points de contacts, qui ont leurs sang-mêlés. […] Les nouveaux arrivants, les colons blancs, ce sont les médias. Ils ont eu vent il y a un petit bout de temps de ce nouveau monde. […] «
à Matthieu33
De Jean-Baptiste
Projets entre marketing, éditorial ... | 01H40 | 04/12/2008 |
Extrait de http://www.ouinon.net/index.php ? 2008/11/12/379-etude-state-of-the-blogos…
Étude « State of the blogosphère » : une incohérence de chiffres ?
[Contenu d'origine supprimé le jeudi 13 à 00 h 10, en raison d'un mauvais raisonnement de ma part (niveau CP…) — Pour ceux qui avaient suivi, voir le commentaire de Matthieu pour explication. Toutes mes excuses. Honte sur moi ! En « lot de consolation », je laisse quand même le dernier paragraphe ci dessous, qui a été complété, du coup, histoire de justifier un minimum le titre et les commentaires ; -) ]
Technorati annonce 900 000 billets/jour sur l'ensemble des blogs, tandis que la plateforme Skyblog annonce à elle seule plus de 993 000 billets publiés dans la journée d'hier. On se doutait que Technorati ne référence pas les Skyblogs mais il est tout de même surprenant que la plateforme française produise plus de billets que le reste du monde…
9 Par Matthieu, le 12/11/08, 22 : 55
Je tente ma chance…
En basant les calculs sur la semaine, les résultats sont cohérents : -)
1 500 000 ont publié au moins un billet ces 7 derniers jours
900 000 x 7 = 6 300 000 billets postés en 7 jours
Et donc 6 300 000 ÷ 1 500 000 = 4,2 billets postés PAR SEMAINE en moyenne
Ce qui parait beaucoup moins crevant pour nos amis blogueurs américains : -)
à Jean-Baptiste
De Matthieu33
02H23 | 04/12/2008 |
Oui, c'est moi matthieu : -)
Il reste à trouver des explications à skyblog > technorati : probablement une grosse sous évaluation du nombre de billets/jour par technorati ?
De doutagogo
06H20 | 04/12/2008 |
Bonjour,
le phénomène risque de se stabiliser, obligatoirement, comme tout phénomène émergent. Le blogueur ou la blogueuse se lance, tâtonne, hésite, persévère, s'acharne ou renonce. Autant de blogueurs, autant de comportements… L'idée du « journal en ligne » n'est pas morte pour autant, même si le nombre de blogs diminue.
Amicalement
Agnès
http://doutagogo.com
De michel1580
formateur | 09H38 | 04/12/2008 |
Je ne comprends pas bien le propos de l'article. Certes, il existe 133 millions de blogs, mais ils sont si différents les uns des autres par leurs intentions et leurs fonctions, et surtout du point de vue de leur qualité informative ou intellectuelle, que de les traiter tous de la même manière n'aide pas l'analyse et la réflexionj. Quoi de commun entre l » « espace perso » avec photos de son chien et de ses anniversaires et des blogs d'écrivains ou d'associations ? Entre satisfaire son plaisir d'écrire ou de se montrer, et chercher à susciter le débat, à instruire, à informer ou à dénoncer et résister ? Et d'ailleurs chacun sait qu'on peut posséder plusieurs blogs selon justement les fonctions qu'on leur donne.
Si maintenant la blogosphère se comprend comme une communauté de débat et de pensée, ma foi, que chacune des 133 millions de personnes qui ouvrent un blog s'aperçoit au bout d'un moment qu'elle n'a pas à nous faire des révélations d'importance ni à révolutionner chaque esprit par une pensée neuve, cela me paraît une évidence. On peut comprendre la lassitude qu'il y a au bout d'un moment à lire les mêmes réactions ou à les proférer soi-même. Une fois passée la réconfortante sensation du « d'autres pensent comme moi », so what ?
Le pouvoir de trouver et d'exprimer par ses mots des idées neuves ne s'acquiert pas avec la mise à disposition d'un (relatif) mégaphone ou d'un dispositif de commentaires et de dialogue. Si la « blogosphère » permet des échanges et des débats, c'est peut-être encore dans les livres ou du moins dans les réflexions longuement forgées « à part » que les pensées véritablement neuves (et non pas les opinions communes universellement relayées et véhiculées) se créeront - bien qu'elles s'exercent par le dialogue et le débat (Platon, Montaigne).
Personnellement, je suis rassuré à l'idée que 133 millions de blogs n'offrent pas 133 millions de nouvelles neuves et passionnantes pour l'esprit à lire. Et j'avoue que je n'en suis pas étonné.
Quant au parallélisme entre les radios libres et la blogosphère, il me semble au bas mot très inopérant, pour ne pas dire inepte, si l'on veut rendre compte du phénomène des blogs. Une approche de type sociologique serait plus probante et adéquate, et satisfaisante pour l'esprit.
De michel1580
formateur | 09H42 | 04/12/2008 |
Pour le dire en fait plus simplement : la quantité ne fait pas forcément la qualité, je crois, sauf en cas de pétitions, ou de désir de ne pas se sentir seul, ou de relais d'informations importantes, ou de nécessaire débat (et encore, sur ce dernier point… ça dépend de l'ordre du jour et de l'organisation de la réunion et du débat).
De michel1580
formateur | 09H56 | 04/12/2008 |
« Dure, dure la vie du blogger de fond » est-il écrit dans l'article. Voilà l'exemple typique de la formule du prêt-à-penser : qu'entendez-vous par « blogger de fond » ? Il faut creuser l'analyse plutôt que d'emprunter les « transports en commun » du langage.
De Annie Sétoualé
lesblogueries.net | 09H57 | 04/12/2008 |
Lorsque je suis arrivée à La Réunion, j'ai créé un groupe de discussion pour rester en contact avec mes amis de Métropole. Ca a tenu quelques années.
Je me suis créée aussi mon site personnel, toujours en ligne (http://pagesperso-orange.fr/annie.dumont/), mais abandonné depuis longtemps. Un site, c'est un peu lourd à gérer.
Aussi, lorsque sont apparus les blogs, j'ai été tentée.
J'avais toujours envie de garder contact avec ceux que je connaissais dans l'hémisphère Nord, et l'outil m'a paru bien plus pratique et beaucoup plus interactif qu'un simple site web.
Je dois dire que dans les premiers temps, je me suis éclatée ! Ce blog (http://www.lesblogueries.net) m'a permis de faire la connaissance d'une communauté de bloggueurs avec lesquels j'ai gardé des liens jusqu'à aujourd'hui. C'était l'époque de la découverte. C'était vraiment sympa.
Mais à un moment, j'ai eu la nette sensation que mon blog m'échappait. Pour plaire et avoir des visiteurs, j'en étais venue à faire ce qu'ils attendaient de moi : de la photo, beaucoup de photos et peu de textes.
Alors que ce qui m'avait amené au blog c'était l'écriture, l'envie de partager des sensations, des expériences.
J'ai constaté très vite que dès qu'il y avait des photos il y avait des visiteurs et des commentaires, et le commentaire c'est avant tout ce qu'on recherche.
Les textes, les humeurs, les avis ? De jolies zéros pointés, et quand les sujets vous tiennent à coeur, ça fait mal !
Le visiteur, ça finit par devenir une obsession : on en veut toujours et encore plus. Alors pour atteindre cet objectif, moi, j'ai monté la barre un peu plus haut : j'ai cherché à faire plus pro par exemple pour les descriptions de randonnées, de donner des temps, des indications pratiques pour ceux qui se lanceraient sur les mêmes sentiers. Au bout du compte, ça n'a pas duré longtemps : ça prenait un temps fou, et hop, exit les randonnées.
A vouloir trop bien faire, j'avais abandonné le coté spontané qui m'avait tant plu dans ce mode de communication. Mon activité bloguesque s'en est trouvée fortement diminuée.
Je me suis surprise à ne pas écrire certains billets d'humeur alors qu'il n'y a pas si longtemps que ça, je n'aurai pas hésité un instant : mais à quoi bon ?
L'envie d'écrire m'a quitté au fur et à mesure que la certitude d'écrire dans le vide se précisait.
Au départ, franchement, je m'en fichais : dix visiteurs, vingt ou deux cents : j'écrivais pour moi, avant tout pour moi. Peu m'importait combien de gens venaient voir mon blog. Mais voilà, au fur et à mesure qu'on se prend au jeu, les visiteurs, on les guète, on les attend, on les souhaite, on les veut !
Mais enfin quoi, je ne suis qu'un quidam au fin fond de l'Océan Indien. Je ne suis ni leader d'opinion, ni expert faisant partager ses compétences, ni journaliste, rien de tout ça. Je suis lambda, et lambda doit bien se rendre compte, qu'au final il n'intéresse pas grand monde. D'ailleurs, c'est un peu normal.
Lambda au final se sent écrasé par les blogs qui marchent, ceux où l'on discute vraiment, ceux où il se passe quelque chose. Et lambda finit par être consommateur de ces blogs, voire y participe, et laisse le sien en friche.
Le temps n'est pas extensible. Et il est consommé, en ce qui me concerne aussi en grande partie par les sites d'information.
Nous sommes dans un monde où l'information accessible au plus grand nombre est tellement verrouillée, tellement uniforme, que la quête - via le web - de sources alternatives multiples me semble être absolument indispensable.
L'urgence pour moi aujourd'hui est bien d'être mieux informée, moins de bavarder avec une infime fraction du « monde entier ».
Cependant, je n'ai pas encore abandonné mon blog. Je suis en train de réfléchir à comment le faire vivre en y consacrant un minimum de temps. Je veux y réinjecter de la spontanéité, ne plus chercher à plaire, quitte à perdre le peu de visiteurs qu'il me reste encore. Mon blog, ça va être mon défouloir, ma soupape de sécurité, ma thérapie à pas cher. Il faut que je réussisse à y écrire quand j'en ai envie, ce qui n'est actuellement plus le cas (je repousse, je repousse, et je ne fais pas …)
Aussi, même si je suis au bord de l'abandon, je ne suis pas encore prête à baisser les armes. Je pense ne pas être la seule dans ce cas - en être un peu revenu, sans toutefois vouloir laisser tomber.
La blogosphère est loin d'être morte. A mon avis, elle va simplement évoluer …
à Annie Sétoualé
De michel1580
formateur | 10H29 | 04/12/2008 |
Merci pour ce long texte. J'ai aussi un blog, et je ne cherche pas les lecteurs pour l'instant. Je cherche à y compiler un certain nombre de citations d'auteurs que j'aime afin de les avoir plus vite sous la main, et de les faire partager à qui veut. Des analyses aussi d'œuvres ou de scènes de films qui m'ont marqué. Et puis des écrits plus réflexifs sur le langage. De la poésie aussi. Bref, c'est plutôt un lieu d'élaborations diverses. Lieu d'exutoire aussi, notamment de mes souffrances disons « politiques » en ce moment, ou sociétales, ou linguistiques (les formules toutes faites, les emporte-pensée m'exaspèrent).
C'est l'intérêt de ces lieux mouvants, mi-personnels, mi-publics. Ils permettent de rencontrer par l'esprit des personnes de passage, ce qui n'est pas souvent donné autrement. De retrouver des amis, de s'en faire de nouveaux, selon des degrés divers d'amitié et de possibilité.
Évidemment, il faut éviter le fantasme de la toute-puissance (fantasme infantile et si commun via toutes les Star Ac et autres « Un jour moi aussi je serais Président de la République et ce jour-là je couche avec un top-model malgré ma petite taille »). Bref, éviter de se vouloir trop de lecteurs.
D'ailleurs, Paul Valéry ne disait-il pas qu'un livre qui a plus de cent lecteur est un livre dont la qualité est suspecte ? Comme le dirait l'homme à l'oreillette greffée à la place du cerveau, « ça se discute », mais c'est bon à se remémorer.
Merci pour votre témoignage dont la lecture m'a apporté aujourd'hui.
De egide
Littéral | 23H30 | 04/12/2008 |
Je suis lecteur de blog depuis quelques années. Je crois que ce qui a toujours manqué aux blogger, ce sont des lecteurs.
J'ai remarqué que personne ne faisait état de ses lectures numériques.
Les seuls outils qui sélectionnent les blogs sont les moteurs de recherches et les sites d'agrégateurs des textes et des commentaires de blogs, qui fournissent des ratios de fréquentations (technorati, wikio, etc…)
Évidemment l'offre de blogs est gigantesque par rapport à la demande de lecture.
Mais y-a-t-il seulement une véritable demande ?
Un site web « critique » de blog serait-il tenable, c'est à dire pourrait-il survivre à l'absence d'intérêt ?
Sur quelle légitimité les « critiques » de blog fonderaient-ils leurs jugements ?
Une veille effectuée par d'éditeurs en recherche d'auteurs à succès a permis à certain(e)s l'occasion de publier. le phénomène est très restreint.
La complexité de mise en œuvre des techniques qui permettent à n'importe quelle, page web d'être bien référencée, donc extractible facilement dans la première page de résultat de la recherche, empêche la très grande majorité des auteurs de blog de se faire connaitre faute de la qualification précise du contenu qu'ils proposent.
De plus, le référencement des pages web et des billets de blogs est le fait d'un tout petit nombre d'acteurs d'internet. Et ces prestataires de services (dont google) avantagent la notoriété et la fréquence de renouvellement du contenu sur tout autre critère caractérisant le contenu.
Néanmoins l'attente et la demande de contenu et d'information est très importante.
Si l'offre caractérise les productions singulières de textes, d'images, de sons, de vidéos, sur internet, il n'y a pas d'instances d'expertises qui qualifient la valeur de ces contenus.
Sans reconnaissance autrement que l'extrême spécialisation du contenu, à condition qu'il soit explicitement indexé pour apparaitre en tête des résultats de recherche de ce type d'information précis ou bien de profiter d'une notoriété mesurable, il y a très peu de chance d'être lu.
Quand aux experts, aux artistes et aux écrivains, rien ne les motivent trop à éditer sur internet. Pour quel profit ?