
Etats généraux : pourquoi il faut continuer à aider la presse
Les Etats généraux de la presse se déroulent en ce moment. Peu d'informations filtrent des premiers débats. Bertrand Pecquerie, directeur du World Editors Forum a publié une tribune dans Le Monde pour dénoncer une « mise en scène ».
Quant au journal en ligne Mediapart, fondé et présidé par Edwy Plenel, il se révolte contre ce qu'il considère comme une absence de transparence et un « marché de dupes », mais annonce qu'il s'y rendra tout de même.
Je voudrais me pencher aujourd'hui sur un aspect du sujet, celui de la concomitance entre la privatisation de La Poste et la tenue de ces Etats généraux. Les aides à la presse sont importantes dans notre pays. Les aides directes à la diffusion comprennent les réductions tarifaires de la SNCF, les aides à l'impression des quotidiens et à la modernisation des diffuseurs, les aides à la distribution et à la promotion de la presse à l'étranger, l'aide au portage et à la distribution.
Il faut ajouter à cela les aides concourant au maintien du pluralisme : le fonds d'aide aux quotidiens nationaux d'information politique et générale à faibles ressources publicitaires, un fonds du même type pour les quotidiens régionaux, départementaux et locaux, et l'aide aux publications hebdomadaires régionales et locales.
Des aides pour que le journal soit disponible sur tout le territoire
Et ce n'est pas fini. On a créé des aides à la modernisation et à la diversification vers le multimédia, un fonds d'aide au développement des services en ligne, et un fonds d'aide à la modernisation de la presse quotidienne d'information politique et générale.
Et puis il y a les aides indirectes : taux réduit de TVA, exonération de la taxe professionnelle, avantages sociaux pour les vendeurs, les journalistes et les correspondants locaux.
La presse bénéficie enfin de tarifs postaux préférentiels. C'est l'aide principale, qui transite par le budget de la poste. C'est celle qui permet que le journal soit disponible en tout point du territoire à un prix abordable. En vue de la privatisation de la poste, un accord conduit à ce que la presse se trouve dotée de 242 millions d'euros de moins à partir de 2011.
Certes, les Pays-Bas (notamment) ont eux aussi privatisé leur poste et supprimé cette forme d'aide. Et la presse n'est pas morte. Mais le pays est bien plus dense et petit que le nôtre, grand comme trois fois et demie l'Ile-de-France, et on ne s'y pose pas la question de la distribution de la presse dans le Finistère ou dans la Creuse ! Ajoutons que l'essentiel de la distribution s'y fait par portage, alors que celui-ci demeure marginal dans notre pays.
On nous promet des aides nouvelles. Mais quelles seront-elles ? Et pour quel montant ?
On pourrait objecter à mon inquiétude que la migration du journal papier vers le numérique est bien avancée, et que la question de la distribution physique des journaux est déjà dépassée. Mais il reste assez de temps avant que cette migration soit totale, si tant est qu'elle doive le devenir, pour que l'on puisse s'attendre à de sérieuses difficultés pour l'avenir proche.
On a déjà beaucoup souffert en France du dogme du champion national
On nous assène que le vrai problème, c'est l'insuffisance de la concentration et l'absence de champion national. C'est aller vite en besogne et centrer le diagnostic de telle sorte qu'il serve certains des intérêts en présence.
Le rapport remis à Nicolas Sarkozy par la secrétaire nationale de l'UMP, Danièle Giazzi, a livré 34 recommandations. Parmi celles-ci figure la proposition de faire sauter les seuils anti-concentration. Soyons prudents : on a déjà beaucoup souffert dans notre pays du dogme du champion national, qui fit rêver nos capitaines d'industrie et les poussa à promouvoir Jean-Marie Messier en sauveur des groupes de médias et de la diversité culturelle.
Le second diagnostic est tout aussi insuffisant : nous traverserions une crise de la demande, les Français étant peu enclins à lire des journaux (du moins quotidiens). Mais la crise est aussi celle de l'offre, de l'insuffisante innovation, de la faible réactivité de journaux qui se sont beaucoup épuisés à couper les coûts, au risque de ne plus disposer des forces vives indispensables à la qualité des journaux.
► Lire aussi : Italie : menaces bugétaires sur la presse indépendante
- 2761 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque






















34
(Pour réagir, connectez-vous)
De compte désactivé 2
10H12 | 21/10/2008 |
Je ne vois pas pourquoi l'Etat subventionnerait la Presse avec l'argent des contribuables. La Presse française est à forte majorité de gauche, bien que les journalistes hypocrites prétendent le contraire. Je ne vois pas pourquoi, moi, contribuable de droite, je payerai pour toutes ces rédactions de gauche. Quand j'écoute le matin France Inter ou France Culture, j'ai l'impression d'écouter radio PS. Pourquoi serais je obligé de payer une redevance pour engrzisser mes adversaires. C'est pareil pour Fr3 !
à compte désactivé 2
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 10H23 | 21/10/2008 |
Pauvres gens de droite . Vous nous faites bien de la peine ..
à compte désactivé 2
De Jana
bretonne en Normandie | 10H27 | 21/10/2008 |
@ Gaêtan
Bonjour.
Par cette matinée de pluie.. un billet « rigolo » ça fait du bien.
Et vive la liberté d'expression.
à compte désactivé 2
De déluge
menuisier | 10H32 | 21/10/2008 |
C'est vrai qu'il est drôle gaétan.
Pas très interressant, mais drôle.
à compte désactivé 2
De Ouko
Citoyen réinformateur ..... | 11H10 | 21/10/2008 |
réponse à Gaëtan…
mais voyons , ça tellement plus agréable quand ça tombe du ciel …
Des profs d'économies qui veulent donner des leçons alors qu'ils n'ont jamais pris de risques en créant leurs propres entreprises ..
C'est vrai que lorsqu'on est patron d'entreprise on travaille plus de 20 heures par semaine qu'à la FAC.
Comment peut on accorder du crédit à ces gens là ? ? ? ! ! …
Ouko citoyen qui se marre..
à Ouko
De compte désactivé 2
11H17 | 21/10/2008 |
Oui, c'est vrai, en France ce sont tous ces gens-là qui font la Loi : sociologues et autres charlatans, qui viennent sans cesse pérororer et faire leur propagande sur les medi ; historiens d'extrême-gauche, qui viennent nous imposer ce que l'on doit penser de Louis IX, de la Révolution ou du colonialisme ; économistes arrogants qui se trompent toujours mmais qui ont réponse à tout ! Tous ces gens inutiles mais qui sont grassement payés par le cochon de contribuable !
à compte désactivé 2
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H43 | 21/10/2008 |
Vous avez raison . La presse , l » histoire , la culture , les universités ,les radios sans pub pour Darty , c'est inutile …
On serait tellement moins emmerdés avec juste des écoles de commerces et d » ingenieurs de l » armenent …
Et c'est vos députés de droite qui font la loi , au cas ou vous ne l » auriez pas remarqué , cher cochon de contribuable …
à compte désactivé 2
De Luca
là | 16H15 | 21/10/2008 |
On se croirait du temps des sophistes, mais sortez un peu regardez le monde comme il est, braves gens. Heureusement que les gens de droite ne sont pas tous comme ça, j'en connais des très bien…
à compte désactivé 2
De kiki21120
sans emploi | 01H53 | 22/10/2008 |
@ Gaétan
si la presse régionale est à gauche c'est que vous ne la lisez pas. Les éditos sont souvent écrits par de dangereux gauchistes tel Alain Duhamel.
à compte désactivé 2
De abcd
retraitée | 07H57 | 22/10/2008 |
pourquoi moi contribuable de gauche je paierai par exemple pour vos ordures ménagères de droite..on peut conjuguer longtemps sur ce thème idiot.
De Bon Scott
13H26 | 21/10/2008 |
« Etats généraux : pourquoi il faut continuer à aider la presse » Est-ce que la presse soutient le combat de Denis Robert ? !
De Coldo
pas là | 13H33 | 21/10/2008 |
Ce qui est remarquable, c'est que l'auteure de ce billet n'envisage pas une seconde que la « crise » de la presse soit due à la nullité des journaux…
Journaux qui oscillent entre les ragots people, les informations approximatives voire carrément mensongères, et le journalisme d'opinion.
Rem : quand on rajoute « d'opinion » derrière le mot « journalisme », c'est juste pour dire que ça n'est plus du journalisme. C'est juste un gars qui donne son avis, généralement sur un sujet qu'il ne connait pas.
Et on s'étonne vraiment de la baisse des ventes ? …
De regi
luthier à Bratislava | 13H38 | 21/10/2008 |
Et la TVA est à combien sur le journal ? 2,1% non ?
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H40 | 21/10/2008 |
Si tant est que les états généraux (qu'on devrait plutôt appeler états « particuliers ») débouchent sur une plus grande concentration de la presse (on sait au profit de qui), on pourra parler d'une « berlusconisation » des médias, puisqu'un même projet de suppression des aides à la presse est pratiquement à l'état de loi en Italie. Il n'y a pas de quoi se réjouir.
Une question sur le portage : la généralisation du portage chaque fois que possible ne permettrait-elle pas de remettre la presse nationale au coeur de la cité, ainsi que de créer des emplois (au moins à temps partiel) sur le territoire ? Dans l'affirmative, quel serait le coût estimé d'une telle politique ?
De Adelyne sur le sable
Si je savais | 14H29 | 21/10/2008 |
Monsieur Jaycib a parfaitement résumé le problème de ces soit disant états généraux qui ne se veulent pas généreux, puisque les véritables intéressés (les journalistes) sont très peu représentés.
Par contre, je vois qu'il manque des trolls pour donner leur avis sur cette question.
Oui, il en manque.
Où êtes vous les « ML », Pier+, czar, et autres trolls, qui s'égaillent de commentaires débiles tous les fils de la Rue.
Aller déchainez vous les « trolls ».
Mdr (comme l'octave ouko chose), quand je lis leur « prose » :
« moi, contribuable de droite, je payerai pour toutes ces rédactions de gauche. »
« payer une redevance pour engrzisser mes adversaires. »
« Ouko citoyen qui se marre.. »
Celui là, il nous en donne pour notre « peine » à jouir de ses « élucubrations ».
Se prend pour Delon et se cause à la troisième personne.
Allez y, qu'on se marre.
Nous on vous voit apparaitre, et on naze, comme vous qui êtes nazes, « inbitables », incultes, innocents aux mains pleines de sarcasmes et dégouts de l'autre, qui respirez la haine, la sueur de la « bête immonde » (bertold Bretch).
Venez vous répandre sur ce site, qui a besoin de vous pour faire du « buzz », car sans vous sous prétexte de « pluralité », ce serait selon vos propos un repaire de « gauchistes ».
Nazes, mille fois nazes, incultes et sectaires vous êtes, et resterez.
Mais continuez, puisqu'on vous y invite.
à Adelyne sur le sable
De Coldo
pas là | 15H42 | 21/10/2008 |
Et ce sont les autres que vous appelez des trolls ? …
De compte supprimé16
révolté | 21H08 | 21/10/2008 |
Ce que je retiens de votre article, c'est que le manque de moyens financiers est en grande partie responsable de la perte de qualité de la presse quotidienne (PQ). En tant que lecteur assidu, je ne peux que la constater.
Mon autre constat est qu'un changement de support avec l'arrivée d'internet ne permet pas de redresser la barre car la question des moyens indispensables pour avoir une presse de qualité demeurent. Les gains de l'innovation technique ne compensent pas suffisamment le manque d'argent.
Il faut donc aller au-delà pour expliquer le défaut de qualité de la PQ. Je suggère quelques pistes :
-le format : quotidien, voire maintenant instantané avec internet, il est préjudiciable à la qualité des contenus. Faute de temps, vérification/recherche/ croisement d'informations sont expédiés (pour la presse sur internet, on suppose trop facilement que l'intervention d'internautes-experts joue un rôle sur le contenu et l'améliore).
-la dépendance des médias vis à vis du pouvoir économique qui pèse sur les lignes éditoriales.
-l'absence de culture d'indépendance des journalistes, voire même parfois la soumission au pouvoir politique (les dérives de hiérarques des rédactions… et aussi de quelques petites plumes). Cela va de pair avec le manque de solidarité au sein même de la presse pour défendre les principes de base d'une presse libre et indépendante.
-l'uniformisation des profils des journalistes formatés dans les mêmes écoles.
-l'émergence d'un relativisme culturel qui tend à mettre tous les sujets sur un même pied d'égalité d'intérêt et de traitement.
Il y en a sans doute d'autres…
Certains, peut-être Mme Benhamou est-elle de ceux-là, affirment que la méfiance et même la défiance des Français pour leur presse ne datent pas d'hier. On se demande bien pourquoi, mais Jean Ciseaudoux ne peut pas en constituer la raison à lui tout seul.
De compte supprimé16
révolté | 17H10 | 21/10/2008 |
« Peu d'informations filtrent des premiers débats. »
On nage en plein paradoxe ! Ce machin est plein de journalistes ! Mais que font-ils ? ? ? ? ? ? ? ? ? Y » a même Rue 89 !
« Bertrand Pecquerie, directeur du World Editors Forum a publié une tribune dans Le Monde pour dénoncer une “ mise en scène ”.
Quant au journal en ligne Mediapart, fondé et présidé par Edwy Plenel, il se révolte contre ce qu'il considère comme une absence de transparence et un “ marché de dupes ”, mais annonce qu'il s'y rendra tout de même. »
Ce n'est ni plus ni moins la position de Pierre Haski au nom de Rue 89.
L'objectif majeur de ces états généraux est de servir les intérêts communs du pouvoir actuel et des groupes industriels qui possèdent la presse française. La méthode du grand rassemblement est un leurre pour parvenir aux objectifs fixés, dont une concentration plus grande de la presse. C'est encore (et toujours depuis 18 mois) de la stratégie politique visant à affaiblir la partie adverse en donnant l'illusion du consensus. Je me demande comment un (ancien ? ? ? ) gauchiste comme Plenel ne se rend pas compte qu'il se tire dans la main (celle avec laquelle il écrit, la gauche sans doute) en y allant !
La presse avait aussi des éléments et des arguments valables pour refuser de participer à cette initiative : l'indigence du rapport Giazzi, le choix d'E. Mignon comme organisatrice, la méthode et les raisons de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, ce que le chef de l'état a montré de son rapport aux médias, l'évolution du Grenelle de l'environnement…
Avec ou sans la presse, les objectifs souhaités par Sarkozy seront atteints et la presse n'en sortira pas grandie mais plus affaiblie, plus discréditée car elle aura participé à son propre dévoiement.
De Tita
oiseau | 19H55 | 21/10/2008 |
Puisqu'on est sur un site d'information généraliste, puis-je me permettre quelques interrogations probablement dues à ma terrible ignorance. Mais d'aucuns ici auront peut-être l'amabilité de me la combler.
En fait, je ne comprends pas le papier de Madame Françoise Benhamou. Au début, il y est annoncé un sujet sur la concomitance entre la privatisation de La Poste et la tenue des Etats généraux de la presse. Tiens me suis-je dit, le choix des deux évènements ensemble serait-il politique plus que anecdotique ? Que cela cache-t-il ? Hélas le sujet n'est par la suite pas abordé. Puis, ce papier fait un fort long listing des aides à la presse sans que je perçoive le lien avec les Etats généraux en soit, ni la concomitance avec la privatisation de La Poste. Enfin, le dit papier termine par la dénonciation (à juste titre je pense) de l'envie gouvernementale de faire un champion national de la presse mais qui me parait toujours sans liens explicites avec le long listing des aides ou sur la concomitance.
Il y a sans doute des liens implicites qui m'échappent. Après tout, quand on est expert dans une profession, on a tendance à oublier d'expliquer certains liens tant ils nous paraissent évidents. Mais n'étant nullement expert, je regrette fort l'absence d'explicites qui m'eussent aidés à comprendre le fond de cet article.
à Tita
De Houvaton nouveau compte
20H44 | 21/10/2008 |
Ben c'est « com' » 95% des autres articles de Rue89. Ce n'est pas du journalisme au sens de ce qu'en attend le lecteur. Sauf bien sûr si tu es encarté PS et/ou fan béat d'Haski et Riché ou simplement bien formaté. Ce qui explique pourquoi la plupart des articles sont jugés « pertinents ». Je les trouve pour la plupart en-dessous de « naze » (oui, je sais celui qui tue par l'épée perit par l'épée mais il y a aussi « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire » qui est, par anticipation, un message aux nazeurs).
Seuls m'intéresse la lecture de quelques commentaires dont les tiens Tita. Je les trouve très souvent « top ».
En fait, ce sont les commentaires qui m'apprennent des tas de choses, rarement les articles Rue89 qui n'est que le prolongement sur internet de la propagande d'Etat. Qu'on m'explique en quoi les journalistes de Rue89 sont différents des autres, non-formatés pour désinformer comme les autres à coups d'écrans de fumée et de faux scoops … Ceci est mon espace, j'ai le droit d'écrire ce que je veux. Et si ça se trouve, une part de mes impôts finance directement ou indirectement la soupe empoisonnée des articles de Rue89.
à Houvaton nouveau compte
De Tita
oiseau | 00H31 | 22/10/2008 |
Chèr(e) Houvaton
Je vous remercie des compliments que vous adressez à mes commentaires. Cela est fort flatteur et je puis vous affirmer qu'ils en rougissent de plaisir.
Et puisqu'on en est aux confidences, permettez-moi de réagir à vos propos car ce n'est pas la première fois que je vous lis.
Au risque de vous surprendre, dans le fond, je suis d'accord avec vous : la liberté de la presse est toute relative et cette presse tend à s'ériger en instrument de propagande et de formatage des consciences. Le fait qu'on me parle d'un champion de la presse ne m'engage alors que bien peu (sans parler que ce genre de concentration a visiblement tendance à libérer du capital humain -- c'est à dire, à faire des chômeurs. Madame la professeur me détrompera si je m'égare).
Par contre, je mettrais plus de modération que vous dans la manière d'exprimer ce constat et d'en accuser les journalistes de base car je les pense plus victimes du système que coupables. Certes, il y a de l'autocensure mais il y a aussi le fait qu'ils sont eux-mêmes formatés. Un journaliste déjà formaté ne va pas faire de révolution et des investigations dérangeantes, ou même affirmer une « vérité » à laquelle il ne croit pas lui-même. Cela pousse bien au conformisme. Enfin, ce conformisme est d'autant plus grand qu'il y a aussi le limogeage par les grands patrons de ceux qui ne pensent pas « comme il faut ».
A ce propos, j'avais lu à quelque part qu'à ses débuts, le Figaro était un journal de gauche. Cependant, il fut racheté. Au début, on y aurait rien changé, puis quelques temps plus tard en remplaçant les directeurs (qui eux mêmes remplacèrent leurs subordonnés ou les influencèrent), tout cela transforma petit à petit ce journal en un siècle en un journal très conservateur. Je ne pense pas que cela venait d'un plan prémédité, mais plutôt de processus psychologiques d'identification plus inconscients (et donc plus difficile à éviter). Un patron prendra des gens qui lui ressemble (donc politiquement aussi) car il les croit en cela compétents. C'est humain.
Quant à rue89, je vous trouve bien sévère. Il est clair que rue89 n'est pas un journal favorable à la droite et que sa ligne éditoriale est plutôt PS. Cependant, il n'y a pas un seul journal (même parmi ceux qui se disent « neutre ») qui n'ait pas une ligne éditoriale. Le propre d'une communication (ou d'un article), c'est de proposer une interprétation d'un même fait et ces interprétations se font nécessairement en fonction des idées des journalistes. La rencontre Bush-Sarkozy vu par le figaro d'un côté et par l'Humanité de l'autre ne donnera pas la même chose. Pourtant, c'est le même évènement et les mêmes faits. Rue89 n'échappe pas à cette règle. Si on sait cela, les articles ne sont pas si mauvais que vous le prétendez. Il faut juste aller de temps à autre ailleurs car aucun journal n'a le monopole de la vérité et que certaines informations passent ici mais pas ailleurs et inversement. Cela évite aussi d'être formaté d'une manière un peu trop étroite, mais en guise de réflexion, peut-on imaginer ne pas être formaté puisque le « formatage », cela s'appelle aussi la socialisation, qui est le ciment de la société ?
Sur cette réflexion, il est bien tard et le sommeil m'appelle. Au plaisir…
à Tita
De Houvaton nouveau compte
12H11 | 22/10/2008 |
OK mais je vais faire plus court :
NOUS SOMMES LES JOURNALISTES ! ! ! !
http://www.rue89.com/campagnes-damerique/2008/10/22/a-washington-le-comb…
à Tita
De compte supprimé16
révolté | 20H31 | 21/10/2008 |
L'article est un peu bâclé, je suis d'accord. Il demande au lecteur de faire lui-même les rapprochements et part un peu en diagonale, comme si l'introduction ignorait un peu le développement et la conclusion.
à compte supprimé16
De Tita
oiseau | 23H17 | 21/10/2008 |
Je comprends bien que l'article est un peu étrange dans le sens où chaque partie qui le compose semble indépendante les unes des autres. Et je comprends bien qu'il faille que le lecteur fasse lui-même le rapprochement.
Cependant, l'auteur est « professeur d'université » ce qui signifie en France qu'elle a non seulement un doctorat, mais aussi une habilitation à diriger des recherches (des thésards), qu'elle a donc moult fois publié dans des revues spécialisées et qu'elle est fort experte dans son domaine d'application. Aussi, m'attendais-je (peut-être à tort) que derrière les descriptions factuelles qu'on trouve dans son article, (qu'un simple étudiant peut faire), il y aurait des interprétations et des explications profondes, explications qui fassent des liens (autres que ceux qu'on imagine sans doute naïvement) entre les partis de ce même texte.
à Tita
De compte supprimé16
révolté | 01H12 | 22/10/2008 |
La vulgarisation dans un format quotidien quand on a pas fait d'atelier d'écriture journalistique au CFJ, c'est difficile ! Un peu…
à compte supprimé16
De Tita
oiseau | 09H12 | 22/10/2008 |
J'ai déjà lu des vulgarisations fort claires dont les auteurs n'était pas journalistes.
Par ailleurs, quand on publie dans des revues spécialisées (et je pense qu'en économie, il en va ainsi aussi), on est fortement poussé à être le plus précis possible. Cela sous-entend qu'on ne laisse pas le lecteur faire les transitions à sa place car il pourrait les faire dans un sens qui ne soit pas celui de l'auteur.
Enfin, quand on enseigne, on fait de la vulgarisation, surtout pour les premières années de Licence.
C'est pourquoi je ne me range pas à votre argument et que je m'interroge toujours sur ce texte.
à Tita
De compte supprimé16
révolté | 12H18 | 23/10/2008 |
Allons, tout cela n'est pas si grave car nous avons une preuve de plus en ce moment que l'économie n'est pas une science. La très grande majorité des économistes nous montre une fois encore qu'elle est aussi douée qu'Elizabeth Teissier, docteur en sociologie, pour prédire l'avenir économique du monde. Et les cours de la bourse s'avèrent tout aussi fiables comme matériel prédictif que les astres.
Au passage, Mme Pécheresse… pardon Péqueresse a tellement de respect pour la science et la recherche qu'elle vient de nommer, grace à un tour de passe-passe procédural, le directeur de thèse de Mme Teissier, M Maffesoli, à l'Institut Universitaire de France.
à compte supprimé16
De Tita
oiseau | 16H01 | 24/10/2008 |
Comme vous y allez !
J'ai en tête un professeur d'université, brillant et intelligent. Il a fait moult théories. Il a révolutionné l'approche de certains problèmes, mais il lui est arrivé d'écrire d'ineptes fadaises. Donc, l'article ci-dessus ne préjuge pas de la compétence de son auteur. Comme vous le dites, ce n'est pas si grave. C'est juste dommage pour les lecteurs.
Par contre, vous allez bien plus loin que moi. Vous dites :
- ce texte n'est pas bon.
- ce n'est pas grave
- « car » (notion causale)
- son auteur est une économiste
- Et comme « l'économie n'est pas un science » j'en déduis alors la conclusion logique de ce raisonnement qu'à vos yeux l'auteur est une bonimentrice, ce qui explique que finalement le texte soit mauvais.
Pour finir et pour preuve de cette haute théorie, vous me parlez de Mme Tessier…
Au lieu de faire bien des circonvolutions, vous auriez été plus rapide à dire que toutes les sciences molles ne sont que d'ineptes bavardages, mais non des sciences.
J'espère juste que vous ne serez jamais malade, parce que finalement, la médecine, ce n'est pas une science. Les médecins savent qu'en gros, tel ou tel médicament fonctionne (quand ils le savent), mais ils ne savent pas toujours comment, et puis ça n'empêche pas les crises, pardon, les morts.
J'espère aussi que vous ne ferez pas de mathématique parce que finalement, faire tout un tas de théorèmes sur la base de quelques postulats (euclidiens ou autres), ça ne fait pas sérieux… Alors qu'est-ce qu'une science ?
Quant à moi, je n'ai pas lu la thèse de Madame Tessier, je ne jugerais donc pas son contenu sur la base de la personne qui l'a écrite car je ne vaudrait pas mieux que celui qui juge négativement le travail d'un noir parce qu'il est noir. Pour les mêmes raisons, je ne peux pas juger, non plus, du travail de son directeur en tant que pédagogue ou en tant que chercheur avec ses travaux que je n'ai pas plus lu. Enfin, n'étant pas docteur en sociologie, je serais bien en peine d'avoir les compétences de juger d'une thèse ou d'articles spécialisés comme on peut se le permettre pour un article de vulgarisation.
à Tita
De compte supprimé16
révolté | 00H00 | 28/10/2008 |
En résumé, vous ne jugez pas mais interprétez et déduisez souvent et concluez beaucoup. Mouais… Donc vous ne choisissez pas entre un noir et un astrologue ? Moi si, en admettant que je me livre à des comparaisons aussi périlleuses.
De Houvaton nouveau compte
19H42 | 21/10/2008 |
Et moi je voudrais me pencher aujourd'hui sur un aspect du sujet, celui de la connivence entre les 37000 journalistes français et le pouvoir qu'il soit de droite ou de gauche. En réalité, au niveau des grandes mairies ou des mandats ministériels voire simplement parlementaire, la notion droite/gauche est largemement dépassée pour ne former qu'une seule oligarchie mafieuse mais si bien lissée par nos chers journalistes. Sans oublier les liens matrimoniaux, le plus connu étant Kouchner Okrent, entre « journalistes » ou « experts en com' » et monde politique de politique politicienne. Même Besancenot n'échappe pas à la règle puisque marié à Stéphanie Chevrier, éditrice chez Flammarion, acoquinée en sus à une des entreprises de Frédéric Beigbeder.
Sans oublier que, sorti tout droit de Science-Po aujourd'hui, si tu deviens pas arnaqueur professionnel ou énarque (ce qui revient au même), tu deviens journaliste …
Que dire de l'article ? Que l'auteure oublie de parler de la niche fiscale accordée aux journalistes français : 7650 euros d'abattement chaque année. Une broutille en comparaison de tous les cadeaux que reçoivent les hommes et femmes du « 4ème pouvoir » (en principe pour contrer les 3 premiers, ben voyons ! ) s'ils savent bient lécher, mais alors vraiment bien et ça se bouscule au portillon.
Elle oublie aussi de dire que le journalisme d'investigation (terme qui devrait être un pléonasme) n'existe pas en France. Pas la peine de sortir l'article pipeau people d'un soit-disant journalisme indépendant (je me marre) en Italie. Sarko Berlu même combat, propagandes et moyens identiques.