
La crise financière menace-t-elle Hollywood ?
La fréquentation du cinéma n'a pas faibli aux Etats-Unis. Du moins en 2007 : on a compté 1,47 milliards d'entrées. Les 12-24 ans représentent 38% du total : Internet n'a pas encore tué le cinéma en salles, même auprès des jeunes. Il faudra en revanche suivre de près les réactions à la crise. Chacun s'accorde en effet sur les risques de récession et de repli des consommations culturelles, qui apparaissent comme des variables d'ajustement lorsque le pouvoir d'achat se réduit et que l'inquiétude monte.
Pour les studios comme pour les autres entreprises, la crise financière rendra le crédit plus rare et plus cher. Comme le déclarait un avocat américain spécialiste du cinéma, il faudra présenter des projets plus convaincants pour obtenir les sommes nécessaires à la production.
Un exemple : on apprend que Steven Spielberg, le patron de DreamWorks, a négocié un apport de 500 millions de dollars auprès d'un conglomérat indien nommé Reliance. Mais l'accord est soumis à une condition qui n'aurait pas fait problème il y a quelques mois et qui aujourd'hui est plus difficile à remplir : trouver plusieurs millions de dollars additionnels auprès des banques pour éponger les dettes de la compagnie.
Les relations entre Wall Street et le cinéma ont eu des hauts et des bas
Du temps du muet, on se méfiait de cette industrie à risque dans laquelle certains avaient perdu des sommes impressionnantes. Mais en 2004, des banques comme Merrill Lynch, JPMorgan et Goldman Sachs ont investi dans des studios, dans l'attente d'un joli taux de rendement. Cela a permis le tournage d'un bon nombre de films. Selon le Time, Merrill Lynch a investi en avril 2007 plus d'un milliard de dollars dans Summit Entertainment, ainsi que 500 millions dans des productions du studio MGM. Cet engouement des banquiers pour le cinéma n'a pas faibli, du moins jusqu'aux premiers signes de crise des subprimes.
Depuis une année en effet, les banques ont commencé à se retirer discrètement, et celles qui sont restées se font de plus en plus exigeantes. On peut s'attendre à ce que les studios se tournent vers des investisseurs indiens ou vers Abou Dhabi, faute d'argent frais du côté des investisseurs américains.
Ce ne sont pas forcément les moins bons scenarii qui seront écartés
Des studios, grands ou petits, risquent donc de perdre le soutien des « hedge funds » et de certains investisseurs de Wall Street, réduisant ainsi le nombre de films, ce qui, au fond pourrait assainir un secteur qui conserve une certaine propension à la surproduction. A cela près que ce ne seront pas nécessairement les moins bons scenarii qui seront écartés par les investisseurs.
Il y a d'autres incidences imprévues de la crise financière qui ne manquent pas d'intérêt. Le plan de 700 milliards de dollars destiné à sauver les banques américaines pourrait profiter à Hollywood. En effet, des réductions d'impôts de plus de 470 millions de dollars sont prévues sur une dizaine d'années, pour les producteurs de cinéma et de télévision dont les tournages se feront aux Etats-Unis. Le Los Angeles Time, qui nous apprend la nouvelle, reconnaît que la somme n'est pas considérable, si on la compare au coût moyen d'un film de cinéma aux Etats-Unis : 106,6 millions de dollars, mais cela conduira certainement des productions à petit budget (du moins à l'échelle américaine) à localiser leurs tournages dans le pays, et à sauver ainsi des emplois locaux.
Ajoutons que le léger repli du cinéma américain, s'il se produisait, pourrait avoir un autre effet inattendu : laisser un peu de place aux autres cinématographies, trop souvent écartées par une polarisation de la programmation des salles européennes entre films américains et films européens.
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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H27 | 04/10/2008 |
Il me semble que pendant les grandes crises ( années 30 et seconde guerre mondiale ) , les studios hollywoodiens avaient compris que les spectateurs avaient d » autant plus besoin de rêve et ont reçu des commandes de propagande optimiste .Et beaucoup de très grands réalisateurs ont fait de ces films de propagande des chefs d » œuvres .
Si l » histoire se répète , il reste a espérer que les réalisateurs américains actuels seront capable de faire autre chose que du rêve complètement niais et de la propagande de daube, évidemment. C'est pas gagné .
Je laisse modifier ce commentaire par des cinephiles qui en savent beaucoup plus que moi .
à Numerosix
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 12H48 | 05/10/2008 |
Bien évidemment non, pas de modif ! mais un ajout qui appuie ce raisonnement.
Une profonde étude (pardon lecteurs, je n'en ai plus de trace ! ) réalisée dans les années 70-80, sur le décalage ressenti par le spectateur américain entre la niaiserie d'une fin idéale à la Hollywood, et la réalité toute autre de la vie, a montré l'existence d'une souffrance irrationnelle (cette étude était initiée par des psychiatres) que provoquait un tel décalage.
Les nouveaux scénarios d'aujourd'hui les emmènent souvent dans l'espace : doit-on prévoir une déception cataclysmique quant aux toutes premières performances à venir des moteurs de fusée ? Je me pose la question.
De ericj
20H19 | 04/10/2008 |
La crise financière va tuer Hollywood ? Ha, enfin une bonne nouvelle !
à ericj
De BrunoC
( ° ) ( ° ) | 12H43 | 06/10/2008 |
Pourquoi ce serait une bonne nouvelle ?
De Alex Engwete
Consultant | 23H09 | 04/10/2008 |
à Alex Engwete
De ericj
12H06 | 05/10/2008 |
C'est quoi cette horreur ?
Un portrait ressemblant, c'était pas possible ?
De Alexad
23H36 | 04/10/2008 |
J'espère qu'ils ne nous referont pas « Autant en emporte le vent », compte tenu de sa date de réalisation …
De Alexad
10H32 | 05/10/2008 |
.
De moulinette
Peintrice Illustrateuse | 10H06 | 05/10/2008 |
« Ils » ne referont sûrement pas « Autant en emporte le vent », mais ce serait bien si « ils » refaisaient « Les raisins de la colère » ou « La vie est belle »… Mais, hélas, John Ford et Franck Capra ne sont plus.
Ah, le noir et blanc…
à moulinette
De ledzepforever
curieux | 17H32 | 05/10/2008 |
Dans le genre Capra, Be Kind Rewind (soyez sympa, rembobinez) d'un réalisateur français, comme à l'époque où les grands réalisateurs européens ont immigré (Lubitch, Wilder, Lang, etc).
De ledzepforever
curieux | 13H19 | 05/10/2008 |
Les banques et les financiers s'intéressent au cinéma parce que cela permet de sécuriser des revenus quasi garantis de 15% par film (taux assez standard des investisseurs financiers). Comment ? Le financement d'un film se fait à l'échelle internationale. Les distributeurs des marchés solvables (USA, France, UK, Allemagne, Italie, Japon, Espagne) font des offres en fonction de leurs espérances de recettes sur leurs marchés. Les financiers n'interviennent que sur les projets pour lesquels les engagements des distributeurs internationaux sont supérieurs au budget du film d'au moins 15% des sommes empruntés. Cette méthode permet d'une part aux producteurs de conserver le contrôle artistique du projet et des parts sur les recettes et aux financiers d'investir de manière très sûres. La crise économique actuelle peut certes tarir les sources d'argent, elle peut également avoir un impact négatif sur les dépenses culturelles surtout pour celles financées par la publicité (les préachats des chaînes de télévision).
Enfin, ce mode de financement touche les films du monde entier et n'est pas une prérogative exclusivement américaine. C'est également une chance pour le cinéma français. La clé créative de ce système, c'est de produire moins cher que ce que les distributeurs sont prêts à payer.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 16H06 | 05/10/2008 |
De parti
punishment park | 19H41 | 05/10/2008 |
c'est le boulevard du crépuscule ?
à parti
De parti
punishment park | 21H15 | 05/10/2008 |
au nazeur…vous ne l'emporterez pas avec vous…ben quoi ? moi aussi j'ai des références en noir et blanc !
De Julien83
chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 01H09 | 06/10/2008 |
Aucune inquiétude à avoir Mme Benhamou. Tout va bien à Hollywood ! Vu les recettes du Dark Knight durant l'été et plus (tant au niveau USA, que Worldwide) , vu les recettes incroyable du Iron Man ou encore de l'Incroyable Hulk … tout va bien ! Même avec la crise Spielberg & Peter Jackson ont pu trouver via la Paramount, 130 millions de dollars pour la trilogie de Tintin - décors filmés réel, et personnages en 3D, avec la technique CGSI - motion capture … du gros du lourd !
TOut va bien ! The Spirit de Frank Miller va faire un malheur au box office pour noêl, et encore tout aussi bien France, la Marvel va nous réchauffer avec un nouveau volet du « Punisher“(war zone), et un peu plus tard X-Men Origins : Wolwerine … et puis surtout les superhéros vont sauver Hollywood ! ! ! Rien que la programmation de la MARVEL : THOR (2010), Captain America (2011), The Avengers (2011), et Spiderman 4 (2011) et 5( ? ) qui seront tournés dans la même foulée.
Et par ailleurs, Superman aussi va faire son retour, après remaniement du scénario .. il va devenir aussi sombre que Bat-Man dans ‘The Dark Knight’…et il y aura même de l'indépendant chez MARVEL, après Iron Man (financé 100% Marvel), l'adaptation (et en court de tournage) de KICK ASS ! l'histoire d'un type qui croit avoir en lui des superpouvoirs après une grosse digestions de comics ! (avec Nicholas Cage)
Quand la Warner aura pillé la Fox dans un gros procès de droits … WATCHMEN sortira en date dite et ça va cartonner ! Et tant pis si Alan Moore ne le verra pas, ni le soutiendra…de mon côté j'irai applaudir le talent de Zach Snyder !
Le cinéma hollywoodien se porte bien grâce à ses superhéros ! ! !