
Les ventes de CD s'effondrent, l'offre musicale aussi
On le savait, et ça se confirme. Le disque poursuit son inexorable dégringolade. L'Observatoire de la musique vient de publier les données de juillet. Premier constat : le disque n'a pas disparu, loin s'en faut. En France, au mois de juillet 2008, le marché du CD audio totalise 4,8 millions d'unités vendues pour un chiffre d'affaires de 57,5 millions d'euros. Mais le disque va mal : le nombre d'unités vendues et le chiffre d'affaires ont baissé de plus de 22% par rapport à juillet 2007.
Les comportements d'achats sont-ils en train de migrer définitivement vers le commerce électronique ? Les ventes dans les hyper et les supermarchés (qui représentent environ 37% du marché de la musique enregistrée) continuent de s'effondrer. Même constat pour les grandes surfaces spécialisées (Fnac et Virgin), qui représentent néanmoins la moitié du marché. Seules les ventes sur Internet (celles qui transitent par les sites de vente en ligne tels Abeille Musique, Fnac, Alapage, etc.) s'accroissent. Mais l'augmentation ainsi dégagée ne suffit pas à compenser la baisse du CA sur les autres canaux de vente.
Phénomène tout aussi inquiétant, on relève une baisse de la diversité culturelle : le SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique) fait en effet état d'une chute que je trouve plutôt spectaculaire du nombre des albums commercialisés en France. Depuis 2003 (un bon cru il est vrai), nous sommes passés de 3.314 nouveaux albums à 1.231 cette année. Soit une baisse de 60%, qui se passe de commentaires.

La question est alors de savoir si le marché de la musique numérisée est capable de soutenir les artistes et de contribuer au développement de la diversité culturelle. Que n'a-t-on entendu au sujet des communautés de partage, qui prendraient le relai d'une industrie à bout de souffle incapable de proposer une offre légale assez attrayante pour qu'elle prenne enfin le pas sur la tentation du piratage !
Le SNEP indique que le chiffre d'affaires du numérique représente 34.6 millions d'euros. Certes, il est en hausse (+8 %), mais cela reste maigre si l'on pense qu'il doit à terme compenser la baisse du marché des ventes physiques.
Sur ce marché, les revenus des sonneries se réduisent (c'est un peu le degré zéro de l'écoute musicale) au profit des téléchargements. Il n'en demeure pas moins que la vente à l'unité peine à s'imposer, que l'abonnement semble un peu plus attrayant, montrant, s'il en était encore besoin, que la transposition des modèles de consommation qui prévalent dans le monde physique est peu adaptée aux modèles du monde numérique.
Les réponses se font en désordre. On en prend la mesure en observant les acteurs économiques qui prennent l'initiative de tenter de nouvelles aventures. Tantôt ce sont les majors, d'autres fois les labels, d'autre fois les artistes directement, qui mettent leur musique en ligne pour créer des buzz et lancer le bouche à oreille. Le désordre est aussi manifeste du côté des entreprises en jeu : certaines viennent de la culture, d'autres des télécom ou de l'informatique.
Quant aux modèles, ils combinent tous les possibles : gratuité et financement par la publicité, financement indirect par le merchandising et la valorisation de la notoriété, réactivation de toutes formes de spectacle vivant, modèles du gratuit ou payant au choix du consommateur, etc.
Là aussi la question importante est de se demander si la diversité et la qualité sont nourries par ces nouveaux modèles. Nul ne saurait dire. Variété des modèles, conformisme de l'écoute et écrasement de la variété offerte par excès et difficulté à cheminer dans le foisonnement des titres qui circulent : on peut craindre que le tableau ne soit finalement fait que de cela.
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De fatalyst
23H13 | 06/09/2008 |
NON ! ! ! , le disque n'est pas au fond du trou c'est grâce à Carlita et son nouvel album, NA ! ! !
Vous voyez tout en noir. Moi, quelqu'un m'a dit qu'au JDD, notre nouvelle Barbara fumeuse de plus de cinq paquets de gauloise sans filtre, nous promettra des jours meilleurs dans… 4 ans ! ! !
à fatalyst
De Lechat
esprit critique | 12H35 | 08/09/2008 |
Le disque de CARLA BRUNI
Carla Bruni : L'arnaque avouée
Dimanche 7 septembre 2008
http://www.reveil-des-marmottes.net/News/1680_Carla_Bruni_arnaque.htm
La première dame vers le bac à soldes
http://www.liberation.fr/culture/350459.FR.php
Il ne suffit pas de minauder,de se pavaner en robe longue sur le toit de l'Elysée, de distribuer ses disques aux ministres…..
Il faut avoir du talent cela ne s'achète pas
à Lechat
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 15H34 | 08/09/2008 |
Le chiffre de 80 000 est, à ma connaissance, celui de lundi (il y a une semaine), correspondant à un tiers de ce qui était annoncé par Naïve. Hier, il y a eeu Druckker, qui sait ?
Peut-être que cette émission fera remonter les ventes de Thierry Desseux, qui avait sorti, en 2003, « Comme si de rien n'était » ?
http://profile.myspace.com/index.cfm ? fuseaction=user.viewprofile&friendI…
Toujours est-il que « Témoignages », de Nicolas Sarkozy, s'est vendu, lui, à 210 000 sur les 450 000 annoncés par l'éditeur… et l'auteur.
De mrleon
Chanteur Country | 23H38 | 06/09/2008 |
Et encore, le compte ne fait pas le tri entre les bons et les mauvais disques…
C'est vrai que les temps son dur, mais il y a de nos jours d'autre moyens d'exister. Pas sûr que ça marche à long terme, mais en attendant : www.chucksrecords.com
De albin
journaliste, écrivain & éditeur | 23H51 | 06/09/2008 |
Cette analyse ne prend pas en compte les ventes de disque sur un marché parallèle de plus en plus animé. Les CD en vente directe sur des plus petits sites que alapage et fnac, ou même durant les concerts ne sont pas comptabilisés non plus…
à albin
De Tyb
(par ici, par là) | 10H39 | 08/09/2008 |
Voilà j'allais le dire, n'importe quelle personne s'intéressant assez à la musique, cad en recherchant des choses à écouter par elle-même, en suivant des blogs, webzines, forums situés hors du cercle institutionnel des vendeurs de soupes, s'aperçoit bien rapidement que ce chiffre de 1200 sorties et quelques ne correspond ben… strictement à rien ! Tout au plus ça donne une petite image de la sclérose du marché en France, puisque de nombreux disques ne deviennent disponibles qu'en import, mais bon quand on compare les prix de la Fnac avec les disquaires du net, on a vite compris pourquoi les ventes de musique baissent…
Accessoirement le sorties d'albums, ça ne veut strictement rien dire pour de nombreux genres musicaux où le format de référence est le maxi deux titres, voire le titre lui même….
Bref du point de vue artistique la musique se porte bien, et de mieux en mieux au fur et à mesure que le net se force à la purger de ses parasites qui l'infectaient depuis de trop nombreuses années.
Et à somme constantes, le marché de la musique est resté au même niveau, l'argent perdu par des maisons de disques dépasssées s'est reporté sur les concerts, le merchandising, et les ventes directes d'artiste à auditeur…
Vive le futur !
à Tyb
De Perez
ingé & zikos | 12H38 | 08/09/2008 |
« Bref du point de vue artistique la musique se porte bien, et de mieux en mieux au fur et à mesure que le net se force à la purger de ses parasites qui l'infectaient depuis de trop nombreuses années. »
heu je modererai ces propos : en regardant les sites comme myspace, on peut decouvrir de belles choses certes…mais au bout de combien de daube faites par un quelconque type qui avec un PC peut faire de la soit disant « musique » ?
Le net est loin d'avoir « purgé » ses parasites, d'ailleurs s'il en etait ainsi tout le monde se plaindrai de la censure…
Tout est relatif…
à Perez
De Tyb
(par ici, par là) | 12H49 | 08/09/2008 |
« heu je modererai ces propos : en regardant les sites comme myspace, on peut decouvrir de belles choses certes…mais au bout de combien de daube faites par un quelconque type qui avec un PC peut faire de la soit disant “ musique ” ? »
et en écoutant la radio ?
par ailleurs je suis un grand fan de beaucoup de « soit disant musique » faite par des types quelconques avec un PC.
à Tyb
De Perez
ingé & zikos | 13H59 | 08/09/2008 |
? franchement je suis bien desolé si on ne s'est pas compris : je suis sur que l'on ne parle pas de la meme chose…
je critique le fait que tout le monde (ce qui inclue des amateurs qui franchement n'ont aucun talent) puisse faire ecouter ses « creations »
sur la radio il a un travail la plupart du temps derriere (que l'on aime ou non), deja le fait d'aller en studio permet d'avoir un vrai « son ».
Ensuite je ne critique pas la musique electronique, j'en ecoute egalement mais la aussi il y a les bons (a mon gout et aux gouts de bcp) et les amateurs qui, excusez moi, feraient mieux de reprendre des cours de MAO.
ce n'est que mon avis !
à Perez
De Tyb
(par ici, par là) | 14H22 | 08/09/2008 |
tout le monde peut faire écouter ses créations mais personne n'est obligé de les écouter non plus non ?
et là encore les prescripteurs de tendance restent suffisamment nombreux pour au moins aider à séparer le bon grain de l'ivraie
De egide
Littéral | 23H59 | 06/09/2008 |
la transposition des modèles de consommation qui prévalent dans le monde physique est peu adaptée aux modèles du monde numérique.
Je crois qu'il faudrait inverser la logique de la proposition :
Les modèles numériques sont très mal adaptés au commerce de biens culturels, qu'ils soient ou non dématérialisés.
Aussi bien d'ailleurs les modèles de consommation dans la grande distribution dans le monde concret ne correspondent pas du tout à ce marché si particulier. Je pense que les statistiques devraient montrer que la baisse régulière des ventes a commencé avant les trocs massifs sur Internet des fichiers musicaux numériques. A partir du moment où les grands distributeurs ont dominé ce marché, les prix de ventes ne sont plus redescendus, au contraire.
Déjà, la tentative de répondre à une supposée demande pour vendre avec plus de marge. a réduit considérablement les financements de la production d'oeuvres au risque de diminuer la diversité de l'offre, et a conduit à investir massivement dans la promotion publicitaire. Quelque soit le canal de vente, la marchandisation de la musique comme un produit de grande consommation a enlevé tout attrait à une offre de plus en plus maigre, de plus en plus formatée pour plaire d'emblée, et privé du soutien des prescripteurs vraiment influents par défaut de goût et d'originalité.
Les producteurs de biens culturels auraient dû prendre exemple sur les fabricants des produits de luxe. Ceux-ci ont parfaitement su prendre le virage de la consommation de masse. D'une part en continuant de fournir des produits de qualité, ce qui les rend attrayant malgré qu'ils ne soient plus si rares ni inabordables du moins pour la plus grande partie. Ils ont continué à financer à perte des gammes de produits élitistes qui conviennent parfaitement aux prescripteurs influents que sont les personnalités populaires. De ces gammes dériveront des produits moins chers qui en reprendront le principal de l'esthétique et qui se vendent très bien.
Surtout, les producteurs de biens culturels ont fait l'erreur, quasi-définitive, de ne pas se garder l'exclusivité de la distribution. En permettant à des distributeurs géants bien plus puissant qu'eux financièrement, ils se sont mis à la merci d'intermédiaires intraitables imposant des conditions drastiques d'achat seulement pour figurer dans leurs catalogues.
Ils se trouvent que ces revendeurs ont montré leur incompétence à distribuer ce type si spécifique de produit qui décidément ne se plie pas à la loi de la demande.
Est-il encore possible de reconstituer une offre diversifiée ? Les modes actuels de distribution sont-ils réformables ?
A moins que les géants de la distribution ne délaissent ce type de produits, il n'y a pas de raison pour que les ventes ne continuent de diminuer.
à egide
De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 20H31 | 07/09/2008 |
Les modèles numériques sont très mal adaptés au commerce de biens culturels, qu'ils soient ou non dématérialisés.
Ce genre de phrases m'énerve, car vous continuez à croire que la culture a vocation à être un bien marchand commercialisé.
Voilà comment je vois les choses, on peut en discuter. La culture et toutes ses composantes ne sont que de l'information. C'est à dire que contrairement aux biens marchants, son usage n'en prive pas les autres. La culture pourrait ne pas être différente, dans le concept, disons, des résultats de la recherche publique : une fois créé, c'est pour le bien de l'humanité, on va pas faire payer des droits à un éditeur pour l'écriture d'une équation sur un bouquin.
Mais il faut financer la culture, tout comme la recherche est financée. Oui, la culture a un coût, il faut assurer aux auteurs des conditions de vie décentes et payer des moyens de production de qualité (studios, etc).
Alors on s'est débrouillé pour faire coller la culture aux schémas marchands traditionnels, via deux astuces : la propriété intellectuelle (droit d'auteur) et l'association avec un support matériel.
Plus tard, quand on a voulu diffuser la culture autrement que via un support matériel, c'est à dire via la télé et la radio, on a feinté : on a gardé la propriété intellectuelle, mais ce qu'on a vendu a été du temps de cerveau disponible d'auditeur, pour de la publicité. Hop, voilà nos créateurs rémunérés via des organismes de collecte des revenus de la pub (SACEM en France).
Et puis, à un moment, ça a été la merde, parce que les gens se sont habitués à la gratuité, et n'ont pas compris la différence entre écouter un morceau à la radio sans payer ou l'écouter sur leur baladeur mp3 sans payer non plus. Ils ont compris instinctivement la différence entre un bien marchand privatif et de l'information, car ils ne se considèrent pas comme des voleurs, à juste titre.
Donc voilà, du coup je pense qu'on en est à un moment où il faut peut-être reconsidérer la propriété intellectuelle. Un truc créé, il est créé, maintenant tout le monde peut en profiter, tant que la paternité de l'oeuvre est citée. On ne fait payer au « consommateur » que les supports éventuels, les frais de diffusion, etc.
Mais, d'accord, c'est la merde, parce qu'il faut trouver des modèles économiques pour financer la création, si possible d'ailleurs en fonction de la qualité ou du succès. Et, malheur de l'époque, dès qu'on imagine des solutions étatiques on se fait taxer de communisme ou je ne sais quoi. N'empêche, je pense que, vu l'importance d'avoir une culture en bonne santé, faudrait peut-être considérer l'option que l'état rémunère directement les auteurs. On finance ça via une taxe culture aux particuliers ou entreprises. Eh, c'est pas si illusoire que ça, on va bien avoir une télé publique sans pub, c'est de la création financée par l'état.
Sinon, si on ne fait pas cela, la création va continuer à s'écrouler jusqu'à un niveau d'équilibre bien trop bas. Ne me faites pas croire que la pub, les performances en live et autres produits dérivés arriveront à compenser le manque à gagner. Ni qu'on enrayera le retour naturel de la culture à son statut d'information, après le boom du numérique et d'Internet.
à VinceDeg
De Teez-teez
Back in the USSR | 11H49 | 08/09/2008 |
je suis assez d'accord avec l'idée qu'il faut modifier les modes de rémunération des artistes ; et après tout, pourquoi pas des artistes payés par l'Etat, Leonard de Vinci était bien entretenu par François 1er… seulement, des artistes au service du pouvoir, ça a toujours un côté dérangeant. Et puis, sur quels critères définir qui on finance ? ou alors, il faudrait faire des appels d'offre, avec un cahier des charges bien précis auquel les artistes devraient se plier…
et vive la liberté d'expression !
à Teez-teez
De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 16H20 | 08/09/2008 |
[grrr troisième fois que j'édite ce post]
Je ne propose pas des artistes fonctionnaires. Non, la création doit rester indépendante.
Seulement, au lieu de facturer directement l'écoute/visionnage où la payer via de la pub, on compte le nombre d'écoutes/visionnages (par exemple estimé via le nombre de téléchargements d'une oeuvre). Puis une caisse reverse à l'artiste une somme fonction de son succès.
En résumé, l'artiste crée et est rémunéré en fonction du succès de son oeuvre, ce n'est pas sur commande, ou pas réservé à des artistes choisis. Vive la liberté d'expression !
Points à discuter : le financement du machin (un « impôt culture » ? taxe sur les entreprises ? ). Le barême de rémunération - (total fixe ou variable ? proportionnel au succès ou dégressif ? ). Ce qui est inclut dedans : disques, films, séries, livres, journaux ? - attention, rappellez vous que j'ai dit que tout ne doit pas être gratuit, le support physique est payant. - Ainsi que les modalités techniques pour évaluer ce qui est consommé sans tomber dans le bigbrotherisme.
à VinceDeg
De Teez-teez
Back in the USSR | 12H00 | 09/09/2008 |
why not… je suis d'accord, faudrait voir les modalités pratiques : comment comptabiliser les téléchargements si tout le monde peut tout mettre en ligne ? parce que si on exclut le bigbrotherisme (et je suis pour : )tu aurais quelques plates-formes où tu peux télécharger ? mais tu risques de revenir à la situation actuelle…
bon, et puis l'autre problème (mais ça, on s'en sortira jamais je le crains), c'est celui de l'accès au marché, et de ceux des artistes qui auraient les moyens de se faire leur pub… et d'inciter les gens à télécharger (surtout si c'est gratuit, le téléchargement), ce qui leur permettrait d'avoir des revenus toujours aussi confortables que maintenant. Je sais pas si c'est très clair ce que je dis, mais tu vois le truc à peu près ? le risque de perversion du système ?
à Teez-teez
De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 14H29 | 09/09/2008 |
Uhu.
Le comptage. Pour le téléchargement, que ce soit sur des gros serveurs gratuits ou via du p2p tu peux déjà savoir : p2p, t'as accès aux répertoires partagés des gens, pour les serveurs c'est encore plus facile.
Le problème, c'est que c'est plutôt le nombre d'écoutes qui est pertinent : j'ai plein de merdes sur mon dd que j'écoute jamais. Pour ça, on peut récupérer le système Médiamétrie qui existe déjà pour la télé et la radio et installer des spywares sur un échantillon représentatif et volontaire.
La perversion du système. Je vois pas ce qui change par rapport à aujourd'hui. Les gros artistes peuvent déjà se permettre de faire de la pub et de proposer leurs disques à prix optimal (gros au début puis grosse réduction). La soluce : réglementer extrêmement la publicité sur les produits culturels (ce qui est déjà le cas), faire plutôt confiance aux critiques de journalistes et au libre choix des rédactions de radio.
De BrunoC
( ° ) ( ° ) | 00H06 | 07/09/2008 |
« Le SNEP indique que le chiffre d'affaires du numérique représente 34.6 millions d'euros. Certes, il est en hausse (+8 %), mais cela reste maigre si l'on pense qu'il doit à terme compenser la baisse du marché des ventes physiques. »
Erreur. Ce qui devrait être compensé, ce n'est pas le chiffre d'affaire, mais la marge… Dans la mesure où vendre de la musique à l'ère numérique ne consistera plus à presser du plastique, le transporter et le distribuer, le chiffre d'affaires sera mécaniquement plus faible, à supposer que la loi du marché ouvert s'applique le prix s'alignera sur le coût de production. Quand on sait que le cout marginal d'un titre sur internet est ridicule, les mêmes marges que dans l'industrie du disque seront atteintes avec des volumes beaucoup plus faibles.
Alors certes, le marché s'ouvre à de nouveaux acteurs du fait de cette facilité, c'est peut être ce que vous considérez comme un désordre, mais il me semble préférable au diktats des majors.
De el Chiquito
en promenade | 00H25 | 07/09/2008 |
Internet va obliger les producteurs à changer leurs méthodes de vente, ce n'est pas moi qui le dit, voir ce très bon article :
http://www.alternatives-economiques.fr/internet-reinvente-le-commerce_fr…
J'ai entendu parler d'un groupe de Rock Brésilien qui donne ses CD à ceux qui le souhaient, c'est leur support de pub, ils gagnent l'argent avec leurs concerts (et apparemment beaucoup). Il semblerait, mais cela reste à confirmer, que le film le plus piraté en France est « bienvenue chez les ch'tis », ce qui ne l'a pas empêché de battre un record des entrée.
De mass0
athée et citoyen du monde | 09H01 | 07/09/2008 |
La musique (dans tout sa diversité) existait avant les disques et les « Majors », elle n'aura aucun mal à survivre aux vendeurs de soupe commercial.
Je pense au contraire que c'est un bien pour la milieu musicale cette baisse des ventes de disques. On verra peut être moins de disques purement markéting sans intérêt, les chanteurs avec du talent n'ont pas en s'en faire, ils pourront toujours remplir les salles et enfin vivre de leurs prestations plutôt que d'un plan markéting bien goupillé.
De Milarepa-voyageurdanslespace
retraité | 10H13 | 07/09/2008 |
C'est normal, la crise est la, et les bénéfices fabuleux des maisons de disques et autres chanteurs sont disproportionnés ; c'est vrai qu'on les entends se plaindre contre le piratage, mais le problème est plus profond, il y a maintenant d'autres priorités. Mais je trouve quand même que c'est une bonne chose, tous les matins il y a de nouveaux (elles) chanteurs (ses), et on a du mal a les reconnaitre. Personnelement, je boycotte tous ces chanteurs et acteurs pleins de fric, qui s'affichent avec sarko, qui s'expatrient pour ne pas payer d'impôts et qui narguent les pauvres gens.
De global
dirigeant | 09H22 | 07/09/2008 |
« Phénomène tout aussi inquiétant, on relève une baisse de la diversité culturelle : le SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique) fait en effet état d'une chute que je trouve plutôt spectaculaire du nombre des albums commercialisés en France. Depuis 2003 (un bon cru il est vrai), nous sommes passés de 3.314 nouveaux albums à 1.231 cette année. Soit une baisse de 60%, qui se passe de commentaires. »
Qu'est que vous appelez « diversite culturelle » ? ? ? ? deja cela voudrait dire que vos « stars » de variete + le rap + le son de la TV realite chantee ….c'est de la culture ? ?
Rassurez moi…en france …vous appelez cela de la culture ?
Au dela votre vision « economique » est assez fragile…vos « elites » ont ete incapable de proposer un nouveau business model concernant les industries du divertissement et culturelles. Pendant que que vous faites des commissions avec un dirigeant de magasin…et oui I Tunes a vendu plusieurs milliard de titres et regenere le marche de la musique ! ! ! ! ! Et depuis combien d'annees …quelle manque de reactivite et de creativite economique…voila le probleme !
à global
De Stéphane Dartailh
10H11 | 07/09/2008 |
Ce que vous appelez variété, rap, son de de la tv réalité, cela fait fait partie de la culture au sens anthropologique. Le problème que vous posez reléve, selon moi, davantage d'une hiérarchisation des pratiques. Le rap est autant de la culture que l'opéra, et pourtant je ne suis ni fan de rap, ni fan d'opéra mais cela dépend des goûts. Ce qui pose problème dans le manque de diversité culturelle, c'est justement cette polyphonie de l'expérience musicale. Si nous écoutions que du « divertissement musical », pour ne pas être plus méchant, la musique serait très homogène et nos goûts avec. Et cela conduirait à un certain ennui de ma part, je vous l'accorde. Même sur du divertissement, les personnes construisent du social, du lien avec d'autres individus. Dans le milieu du livre, certaines lectrices des romans Arlequins percevaient les récits comme une certaine émancipation de la femme. Ce qu'on aurait pu douter à première vue.
Quant au « business model », comme vous dites, je ne pense pas que ce soit à « l'élite » de le construire m^me si les institutions publiques doivent certainement participer à leurs définitions et leur organisation (y en t-il un seul, ce n'est pas sûr du tout). Le problème d'Itunes est intéressant mais je ne pense pas qu'il régénère le marché de la musique à lui tout seul, sans compter le problème du possible monopole à plus ou moins long terme. Ce que je constate, c'est la prééminence de l'industrie informatique américaine.
à Stéphane Dartailh
De global
dirigeant | 13H13 | 07/09/2008 |
merci de vos remarques..je n'adhere pas a tout ..mais vos arguments sont recevables.
« Le rap est autant de la culture que l'opéra » non …pas par gout mais par realite historique…le role de l'opera dans l'histoire des societes et civilisation en fait un element essentiel de la culture (identite invisible des peuples et societes). La musique et le pouvoir …principalement en Europe sont tres lies depuis des siecles…meme si desormais l'indigence culturelle des gouvernants et,soyons courageux, des peuples font que l'ignorance a remplacee une certaine conscience culturelle !
» Quant au « business model », comme vous dites, je ne pense pas que ce soit à « l'élite » de le construire «
bien sur que non je suis bien d'accord avec vous…mais je parlais en VF… c'est a dire que chez vous en france ou a part le fonctionnaire en chef, enarque, vous ne semblez etre dans l'impossibilite d'etre authorise a “invente” … !
“Ce que je constate, c'est la prééminence de l'industrie informatique américaine.”
He oui mais regardez l'age des gens qui ici sont » authorises a inventer, creer et pour qui creer ne s'oppose pas a economie ! yahoo, amazon, apple, microsoft….il suffit de voir et d'entendre le pdg de france telecom et Steve Job pour comprendre le gap !
« 'Itunes est intéressant mais je ne pense pas qu'il régénère le marché de la musique à lui tout seul, »
N'allez pas dire cela au gens des labels ici…c'est ce qu'ils pensent et vivent ….et ils sont mieux places que nous non ? ? Et…+ de 2 milliards de titres vendus …. !
à global
De jpbe
19H40 | 07/09/2008 |
très intéressant comme avis et il me plaît simplement parce qu'il montre bien la différence entres les anglo-saxons et les européens : ces derniers veulent formater le marché et les anglo-saxons s'adaptent ! Et vouloir formater un marché ça n'a jamais marché : Microsoft ne va pas disparaître mais ils vont se prendre une sacré claque à cause de ça ; ils restent ancrés ( à coups de milliards de dollars) sur un modéle qui a permis leur réussite et donc ils n'arrivent pas à comprendre qu'un autre modèle puisse les aider à continuer leur réussite. C'est courant chez tous les dirigeants du monde y compris les minuscules entreprises : puisque j'ai réussi comme ça il n'y a aucune raison que ça change ! Et oui ce n'est pas parce qu'on a un titre pompeux de chef d'entreprise qu'on a nécessairement du bon sens voire de l'intelligence !
Et plus que l'innovation le maître mot, pour moi, c'est l'adaptation à la demande du client mais beaucoup de dirigeants semblent avoir oublié cette évidence ! il suffit de discuter de n'importe quel produit avec un acheteur pour s'apercevoir que très souvent ça ne correspond pas à ce qu'il attendait : trop compliqué, trop cher, pas fiable, pas pratique, publicité trompeuse, etc. Le gouffre se creuse terriblement entre les annonces marketing et les attentes des consommateurs.
à global
De Tyb
(par ici, par là) | 10H50 | 08/09/2008 |
« non …pas par gout mais par realite historique…le role de l'opera dans l'histoire des societes et civilisation en fait un element essentiel de la culture (identite invisible des peuples et societes). La musique et le pouvoir …principalement en Europe sont tres lies depuis des siecles…meme si desormais l'indigence culturelle des gouvernants et,soyons courageux, des peuples font que l'ignorance a remplacee une certaine conscience culturelle ! »
Excusez moi mais je crois que vous racontez sérieusement n'importe quoi, du point de vue sociologique le rap a touché depuis le peu de temps qu'il existe surement autant que l'opéra depuis la naissance de celui ci
Le rôle de l'opéra dans l'histoire des sociétés et des civilisations, très sérieusement il est quasiment négligeable si l'on regarde plus près
Enfin bo nje suis bien conscient que ça semble être un argument déguisé pour défendre la supériorité esthétique de l'un par rapport à l'autre.
Et au vu de la réalité d'aujourd'hui, quoique vous en pensiez, lier la musique « importante » au pouvoir semble un grotesque non sens, quand on pense que tout ce qui existe aujourd'hui ou presque, se divise en deux clans : une musique classique qui fondamentalement n'évoluera plus, totalement liée aux classes supérieures et qui n'est plus écouté ou presque que par celle ci, et de l'autre coté des centaines de sous-genres qui touchent nettement plus de monde, ayant tous pour racine commune des chants d'esclaves d'obscures plantations… dont les maitres écoutaient surement de l'opéra en se gargarisant de leur supériorité intellectuelle et esthétique.
à Tyb
De Teez-teez
Back in the USSR | 12H11 | 08/09/2008 |
« une musique classique qui fondamentalement n'évoluera plus, totalement liée aux classes supérieures et qui n'est plus écouté ou presque que par celle ci, et de l'autre coté des centaines de sous-genres qui touchent nettement plus de monde »
si tu savais le nombre de titres de rap qui reprennent des airs de musique classique…
Les airs de Mozart étaient fredonnés par tout Vienne ; la Flûte enchantée, cet opéra classique, a connu à l'époque un succès digne de « Bienvenue chez les Chtis » pour prendre un exemple, euh, disons, récent.
certes, les oeuvres qui ont été écrites il y a 300 ans n'évolueront sans doute plus, suite à la disparition de leurs auteurs ; mais il y a une création contemporaine « classique » (ou « savante », c'est le terme consacré, n'y vois pas de jugement de valeur) qui elle est en perpétuelle évolution et n'a que peu de choses à voir avec les opéras de Verdi…
alors, de tout cela je déduis que non, malheureusement, la musique classique n'est pas valorisée par les classes supérieures, en tout cas pas par la classe politique : ce qu'il faut de nos jours, c'est faire populaire - souviens toi de Raffarin qui citait Lorie. Sarkie s'affiche rarement avec des chanteurs d'opéra : il préfère ses potes Johnny et consorts (Ah, qu'on sort ! bon, elle était nulle celle-là). Le modèle qui passe, c'est la bouillie prédigérée type popstaracadémy…
opposer le rap et la musique classique, considérer l'un comme la musique des maîtres et l'autre comme celle des opprimés, c'est faire fi de l'immense richesse et variété de la Musique avec un grand M, c'est réduire un art (peut-être le plus ancien qu'ait inventé l'humanité) à des clichés à deux balles.
à Teez-teez
De Perez
ingé & zikos | 12H44 | 08/09/2008 |
exact et d'ailleurs nombre d'instrumentations « rap » sont en fait des remixes de grands airs classiques. L'un n'est pas incompatible avec l'autre, ca serait vraiment dommage autrement non ?
à Teez-teez
De Tyb
(par ici, par là) | 12H56 | 08/09/2008 |
« si tu savais le nombre de titres de rap qui reprennent des airs de musique classique… »
un certain pourcentage et donc ? à coté de ceux qui samplent des titres de funk ou de soul ou qui utilisent des instrus entièrement originales, les samplings de classiques sont plutot minoritaires surtout aujourd'hui, ce qui n'était pas le cas dans les 90…
« Les airs de Mozart étaient fredonnés par tout Vienne ; la Flûte enchantée, cet opéra classique, a connu à l'époque un succès digne de “ Bienvenue chez les Chtis ” pour prendre un exemple, euh, disons, récent. »
ah oui ? à une époque où aucun moyen de reproduction sonore n'existait on laissait rentrer les gueux dans les salles d'opéras et les salons ? c'est nouveau ça, c'est vrai que ça parait ultra logique qu'à l'époque le galérien, l'ouvrier, le paysan, l'artisan ait eu accès à des choses réservées à un certain public et bien au dessus de leur moyen, jusqu'à être capable de fredonner la flute enchantée…
« opposer le rap et la musique classique, considérer l'un comme la musique des maîtres et l'autre comme celle des opprimés, c'est faire fi de l'immense richesse et variété de la Musique avec un grand M, c'est réduire un art (peut-être le plus ancien qu'ait inventé l'humanité) à des clichés à deux balles. »
je n'ai pas parlé d'opprimé hein…. plutôt de succès populaire pour tempérer le coté « influence historique » de l'opéra auquel je ne crois pas du tout
bref ce que je critiquais dans le message original, c'est plutôt cette énième vision de la musique moderne qui se contente de mettre le classique sur un piédestal et de dire que le reste ne vaut rien.
à Tyb
De Perez
ingé & zikos | 13H44 | 08/09/2008 |
« cette énième vision de la musique moderne qui se contente de mettre le classique sur un piédestal et de dire que le reste ne vaut rien. »
disons que tous les gouts sont dans la nature, cela ne se discute pas…
le fait que la musique classique soit bcp plus complexe que bon nombre de compositeurs modernes, il n'y a pas foto non plus…apres on aime ou pas…
à Perez
De Tyb
(par ici, par là) | 14H19 | 08/09/2008 |
le débat complexité technique comme synonyme de qualité esthétique est dépassé depuis longtemps tout de même…