Référendum sur le minitraité européen : que voterait la France ?

Ça devait arriver. Maintenant ils ont l'air malin, tiens. Deux sondages qui paraissent le même jour (dimanche), faits en même temps, sur la même question : que voteraient les Français si le traité de l'Union européenne était soumis à référendum ?

Eh bien figurez-vous que le sondage de CSA pour le Parisien dit oui à 56%, celui de l'Ifop pour Sud-Ouest dit non à 53%.

Ricanons d'abord un bon coup sur ces instituts qui tiennent le haut du pavé et se prennent les pieds dans le tapis, puis rigolons encore un moment sur ces journaux en ligne et sites d'information (Parisien, AFP, France Info, etc) qui titrent chacun péremptoirement sur le oui ou sur le non sans voir que le voisin dit le contraire. La palme revenant au Figaro.fr qui titre » France/traité : le non gagnerait encore » samedi matin, et » Les Français diraient oui à 56% » le soir même, sans s'étonner de la contradiction. Et saluons au passage le JDD qui titre d'emblée sur » des sondages contradictoires » .

Et maintenant passons aux choses sérieuses. D'abord, un sondage sur cette question est une chose sérieuse. En l'absence de référendum, et en présence du non de nos voisins Irlandais qui sont les seuls à avoir voté, demander aux Français ce qu'ils pensent de la question est incontestablement intéressant. Je dirais même que c'est précisément le genre de situations pour lesquelles l'invention des sondages il y a quelques décennies fut un progrès démocratique : un cinquième pouvoir, la possibilité de court-circuiter le filtre de la presse en lui donnant à entendre l'opinion, tout en lui fournissant de la matière à analyser en retour.

Les parasites qui brouillent la fiabilité

Mais justement, un sondage sur cette question n'est intéressant que s'il est fiable. On croyait que ça allait de soi, mais il faut croire que non. Alors qu'est-ce qui grignote la fiabilité des sondages ? Le premier réflexe -et c'est bien naturel- est de penser qu'un échantillon de mille personnes, ça ne fait pas bien lourd pour représenter soixante millions de Français. Justement, ça a aussi été le premier réflexe des statisticiens, c'est pour ça que les calculs de marge d'erreur assez savants permettent de mesurer pas trop mal cette incertitude-là. Et finalement, c'est magique mais la marge est étonnamment faible (les lecteurs de Rue89 férus de stats sont les bienvenus pour nous en dire plus là-dessus).

Ainsi, la probabilité pour qu'il y ait, juste par hasard, un tel écart entre les résultats de deux sondages existe, mais elle est infime. Du moins si le sondage est fait dans les règles de l'art.

En fait, si on parle des sondages en général, il y a une multitude de parasites qui viennent en polluer la qualité et la représentativité : les modes de recueil, les redressements, les bases de répondants réelles, le bidonnage, etc. Et le phénomène tend à s'aggraver. On aura amplement l'occasion d'en parler. Mais pour l'heure, soyons charitables. Faisons fi des parasites et supposons que les deux sondages sont faits dans les règles de l'art. Alors pourquoi tant de différence ? Posons-nous -une fois de plus- la question de… la question.

La manie de la question influencée

En regardant ces deux sondages d'un peu plus près, on trouve en effet largement en eux-mêmes de quoi expliquer cette apparente incohérence. D'abord, la question n'est pas du tout posée de la même façon. Je ne sais pas pourquoi les sondeurs ont la manie (déjà relevée dans mon post du 4 juin sur la grève des transports) de donner au sondé, juste avant de poser leur question, une information non anodine sous la forme » vous savez que… » . Genre : vous le savez, mais je vous le dis quand même, des fois que vous ne voyiez pas les choses comme ça.

Et visiblement CSA et l'Ifop ne voient pas les choses sous le même angle. CSA tend à pointer le consensus des vingt-sept pays en faveur de l'Europe, quand l'Ifop met en avant le non irlandais.

Question CSA : vous savez que les vingt-sept pays européens ont signé à la fin de l'année 2007 un traité simplifié, le traité de Lisbonne, sur les institutions de l'Union européenne. Si ce traité simplifié était soumis à un référendum en France, comme ce fut le cas en Irlande la semaine dernière, voteriez-vous oui ou non ? Question IFOP : Vous savez que les Irlandais viennent de voter non au lors du référendum sur l'adoption du traité européen de Lisbonne. Si un tel référendum était organisé en France…
- vous voteriez « oui » ? - vous voteriez « non » ? - Vous vous abstiendriez ? Si je caricature, ça donne : CSA : » tes camarades de classe se sont tous mis d'accord pour faire un cadeau à la maîtresse, tu veux contribuer ? » Euh… ch'ais pas, faut voir…
IFOP : » Les cousins d'Astérix le Gaulois de l'autre côté de la Manche résistent encore et toujours à l'Europe. Et toi qu'en penses-tu ? » Trop forts les Irlandais ! Le premier résultat vraiment intéressant, c'est que CSA a obtenu 46% d'abstention, pourtant sans même suggérer cette réponse, alors que l'IFOP n'en obtient que 33%. Le non irlandais, ça décomplexe, on dirait ! Le jeu de bascule entre le non et l'abstention

Le deuxième résultat très intéressant est malheureusement masqué par le goût immodéré des instituts pour le jeu de la prédiction (dont ils se défendent pourtant à cors et à cris. Tout le monde connaît le fameux avertissement » c'est une photographie de l'opinion à l'instant T, pas une prévision » ). Pour faire un match bien simple et bien binaire qui simule un vrai référendum, ils mettent tous deux en avant les pourcents de réponses en enlevant les abstentions, ainsi que les gens qui ne se prononcent pas (dont on ne sait d'ailleurs pas si chaque institut les écarte du décompte ou les compte parmi les abstentionnistes).

Donc les fameux 56% de oui chez l'un, 53% de non chez l'autre, ne sont pas basés sur l'ensemble de l'échantillon, mais forment un zoom sur les seules personnes qui répondent soit oui, soit non. Ça change quand même un peu la donne. Et ça agrandit encore un petit peu la marge d'erreur.

Or, si on regarde les réponses sur la base de la question d'origine (c'est-à-dire en pourcentage du total des sondés), on se retrouve avec les résultats suivants :

    CSA IFOP
    Oui 30 % 31 %
    Non 24 % 36 %
    Abstention 46 % 33 %

Autrement dit, le oui a l'air assez stable, quel que soit l'institut. On peut raisonnablement avancer l'hypothèse que le traité de Lisbonne peut compter sur l'appui d'un peu moins d'un tiers des Français. En revanche, il y a, dans des proportions importantes, un jeu de bascule entre l'abstention et le non d'un institut à l'autre.

Ces quelque 70% de la population sont-ils moins sûrs de leur opinion ? Le non est-il une réponse politiquement moins assumable ? Les abstentionnistes seraient-ils plus enclins à pencher pour le non que pour le oui si une campagne nourrie devait venir radicaliser les opinions ? Ces quelques pistes de réflexion devant lesquelles nous placent les résultats de ces deux sondages sont passées à la trappe en raison du bête concours de prédiction que se livrent les instituts. C'est quand même dommage, oui ou non ?

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à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De Compte supprimé 16

supprimé | 17H32 | 25/06/2008 | Permalien

Bonjour,

Oui en effet, le « non » d'hier, et celui d'aujourd'hui, ne doivent pas pour autant constituer des points d'arrêts définitifs de la mise en place d'un nouveau traité constitutionnel.

Mais de la même manière, la mise en place d'un « traité » ne saurait se justifier de par sa seule existence. Il est peut être curieux que l'on ne pense pas souvent à ceux qui ont dit « oui », pour autant il ne me semble pas que le traité « simplifié » ait pris en compte ceux qui, majoritairement en France et aux Pays Bas au moins, avaient dit « non ».

En toute honnêteté, sur le fond, qu'on s'échine à vouloir faire accepter par 400M de personnes des traités constitutionnels de plus de 800 pages TTC me semble tout bonnement stupide. Une constitution se doit de mettre en avant les principes fondateurs de l'Europe, pas les détails de son fonctionnement.

Qu'on commence par là, qu'on commence par coucher sur papier ce qui est susceptible de rassembler les nations et les peuples européens. Que l'on fédère, autour d'un socle de valeurs communes. Et que cette constitution soit entérinées, par voie référendaire, et pourquoi pas au niveau européen (encore que je pense que juridiquement, ce ne soit pas complètement possible, mais pourquoi pas), plutôt qu'individuellement par pays.

Et qu'ensuite, l'assemblée européenne, élue, se charge de développer et faire fonctionner « la machine » européenne. Ne serait-ce pas plus simple, et surtout, finalement, plus efficace ?

Cordialement,

Portrait de Claude PELLETIER

à Compte supprimé 16 Portrait de Compte supprimé 16 De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 21H00 | 25/06/2008 | Permalien

Je suis une peu ennuyé car si je déclare que votre contribution me satisfait vous risquez de vous faire vilipender, replier … Alors je vais essayer une petite critique.

Quand on regarde le scrutin, ce qu'il nous apprend tient en une phrase. En 2005, les Français ont dit non à 53 % au référendum sur la ratification du TCE.

Dès que l'on en dit plus, on plus sur le même terrain.
Aucun moyen de connaître objectivement les raisons de ce choix majoritaire.

Les observateurs tentent des analyses, étudient des sondages mais ces enquêtes n'ont pas de caractère officiel. Peut-être qu'un jour on essaiera le scrutin avec un questionnaire ……

Je n'ai pas retrouvé d'analyses de 2005. De mémoire, il me semble que les raisons du Non majoritaire étaient multiples —et pour ce qui nous intéresse, partiellement contradictoires— puisque des souverainistes voulant moins d'Europe et des nonistes en voulant plus avaient influencé les électeurs …

Dites-moi comment faire pour régler ce différend ? Comment modifier le texte constituant pour plaire « à tout le monde et son père » ?

Les Ouis, comme les Nons sont rarement homogènes, et le Non français n'étaient pas le non hollandais.

Portrait de jojo1er

à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De jojo1er

07H54 | 26/06/2008 | Permalien

Voilà un français qui avoue ne pas comprendre les raisons du non français et qui conclue son intervention par :
« le Non français n'étaient pas le non hollandais »

Et le non irlandais n'était ni le non français, ni le non hollandais… ?

Pas la peine de répondre…

Jojo1er, …ah ces experts en « démocratie »…

Portrait de citoyensly

De citoyensly

09H33 | 24/06/2008 | Permalien

Deux instituts de sondage au résultat diamétralement opposés !
Deux résultats aux conséquences totalement differentes : le csa fait la part belle au pouvoir en confirmant le choix du président !
l ifop quant à lui révele un vrai malaise des francais quant à l evolution de la contsruction europeenne !
dex sondeurs , deux strategies , deux organismes aux influences differentes ! !
des infos sans influence a retrouver sur http://vigicitoyen.canalblog.com/

Portrait de k-leb

De k-leb

enseignant | 09H52 | 24/06/2008 | Permalien

Je ne suis par passionné par les stats mais pour comprendre les marges d'erreur et ces concepts d'instituts de sondage, il existe un petit livre très facile à lire car il s'adresse aux petits (collection « Les petites pommes du savoir ») :

Peut-on croire les sondages ? par Gilles Dowek, édité par Le Pommier

Portrait de nipivime

à k-leb Portrait de k-leb De nipivime

;- | 09H59 | 24/06/2008 | Permalien

Merci pour la source. Sinon, on peut lire aussi (pour aller plus loin, comme on dit dans certains cercles) :

« L'ivresse des sondages », d'Alain Garrigou, éditions La Découverte,

un petit livre qui démonte et démontre plein de choses sur les sondages, abord simple (pas besoin d'être un statisticien pour comprendre), ton polémique de bonne tenue, exercice salutaire en cette république férue de sondages

Portrait de all

De all

10H13 | 24/06/2008 | Permalien

Le conformisme est provoqué par le fait de savoir si la majorité qui a proposé le oui ou le non est unanime ou pas.*
L'unanimité est présentée dans la question du CSA, tandis que dans la question de l'IFOP le conformisme retombe car une minorité a osé s'opposer à la majorité.

* Allen et Levine 1971 « Social Support and Conformity : The Role of independent Assessment of Reality »

Conclusion :
Les instituts de sondage emploient des psychologues scientifiques
Le sondage est un bel instrument de manipulation
Le référendum est pour la démocratie ce que la preuve sociale est à la raison.

Portrait de Claude PELLETIER

à all Portrait de all De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 13H48 | 24/06/2008 | Permalien

Pas convaincu. Les ressorts sollicités pas ces deux questions sont différents mais de là à dire que l'un manipule PLUS que l'autre ? ! je ne pense pas.

Pratiquement personne ne cherche à être complètement seul, isolé.
L'adolescent qui envoie foutre les adultes aime se retrouver dans une identité nouvelle et même si elle présente les dehors de la rebellion, il s'agit d'un autre conformisme. Celui d'un sous-groupe de jeunes, un autre conformisme.

Le citoyen qui voit naître dans son esprit l'existence d'un triomphe « minoritaire » le reçoit aussi comme un autre standard possible.

Enfin, dernier point, le référendum n'est pas une plus-value pour la démocratie. La démocratie représentative [ on élit des candidats que l'on pourra sanctionner à la fin d'un mandat ] n'est pas parfaite mais elle n'est pas de qualité inférieure au référendum.

•Formellement, la supériorité du référendum sur la démocratie représentative n'apparaît pas dans notre Constitution …
•Et dans la pratique, cette procédure lancée par C. de Gaulle, est un vrai bâton … tordu car une frange importante d'électeurs, du moins en France et depuis 1969 [je parle de mon expérience], votent en dépit du bon sens électoral puisqu'ils répondent à une autre question.
•Combien de gens sont embarrassés par un référendum et se décident au dernier moment et presque sur un coup de dé. Cet embarras légitme, eu égard à la complexité des documents à posséder, doit aussi faire réfléchir. En 2005 c'était mon cas, je me suis décidé deux jours avant le scrutin et il aurait suffi d'un coup d'aile de papillon pour que vote autrement. Depuis, j'essaie de savoir de quoi on parle, je me documente et j'évite d'écouter le même son de cloche …… Voilà de quoi refroidir votre enthousiasme pour le référendum. Combien ne sont pas PRÊTS au vote ?
•Pourquoi une SEULE question alors que les choses sont complexes ? Est-ce à cause de l'illettrisme ? À quand un questionnaire avec autant de questions que nécessaire ?
•Pourquoi ne milite-t-on pas pour que le référendum soit à sa véritable échelle. Savoir si l'on peut implanter telle usine dans telle commune, cela devrait donner une consultation communale. Savoir si on approuve un traité européen devrait être un référendum européen. Non ? Alors pourquoi ne lit-on presque jamais ce point de vue ?

Portrait de all

à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De all

15H21 | 24/06/2008 | Permalien

Malheureusement personne ne répond sur le traité, mais chacun forge son jugement en fonction de l'appréciation portée par les « autres » sur la question. Et les « autres » font de même avec mon opinion, ce qui est d'autant plus facile que le choix est binaire donc sans nuance.
Et les questions sont clairement posées pour affirmer a priori au sondé quel est l'évaluation du groupe : le biais cognitif est tel que la réponse est induite par la question, ce qui me fait parler de manipulation.
On pourrait relever également un biais heuristique dans la présentation des résultats chiffrés, mais les stats ne sont pas ma spécialité.

Portrait de Gringo

De Gringo

| 10H11 | 24/06/2008 | Permalien

Bonjour Docteur,

Encore une fois, un article très intéressant, et même un peu rigolo ; mais, il reste quelque chose qui me chatouille ou qui me gratouille, je ne sais pas trop…

Qu'est ce donc qu'un vote de paille ?

Plus vous tarderez à nous l'expliquer, plus la question nous aura taraudé longtemps et plus votre article aura intérêt à être « bon'… Enfin, je dis ça…

Sur ce, bonne continuation.

Portrait de Docteur Panel

à Gringo Portrait de Gringo De Docteur Panel (auteur)

Sondologue | 11H32 | 24/06/2008 | Permalien

J'allais m'y attaquer quand sont sortis ces deux sondages contradictoires, le sujet valait le détour, non ?
Le vote de paille est toujours en haut de ma liste. Patience Gringo ! Et merci de votre fidélité, comme ils disent à la radio…

Portrait de Docteur Panel

à Gringo Portrait de Gringo De Docteur Panel (auteur)

Sondologue | 12H16 | 01/07/2008 | Permalien

Voilà voilà, patient Gringo, vous êtes exaucé : le vote de paille est en ligne. Après je ne garantis pas que l'article est « bon », mais bonne lecture quand même !

Portrait de oui ben non

De oui ben non

10H17 | 24/06/2008 | Permalien

Pour qu'un sondage sur ce genre de question soit valable, il faudrait dire aux gens qu'il y a des problèmes « nationaux » et des problèmes « européens ».
Nombre de problèmes qui provoquent la « grogne » des français ne dépendent pas de l'Europe. C'est vrai pour l'Irlande, qui a répondu non, parce que les choses n'étaient pas claires. Il suffirait d'apporter des garanties à l'Irlande (sur la possibilité notamment d'être « en dehors » de l'Europe sur certains points , comme l'Angleterre), pour que les Irlandais disent oui.

Le Président Français demande aux parlementaires de voter à l'encontre de ce qu'ils avaient voté,réunis en congrès à Versailles, il y a trois ans, à propos de l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Le Sénat, à juste titre, a désavoué le gouvernement.Comment voulez-vous que le peuple s'y retrouve ?
Il n'y a pas de ligne claire sur la politique menée par la France.Moi, qui suis européen convaincu, si on me reposait la question aujourd'hui, je répondrais encore non ! Car j'estime ne pas avoir l'information suffisante pour engager mon pays dans une aventure à 27.
Les responsables mélangent les genres, pour se dédouaner de leurs erreurs ! Si on ne règle pas les problèmes qui relèvent de la responsabilité de la France, en France,il y a de fortes chances pour que le « Machin » le fasse à notre place, mais à notre détriment. Cela je n'en veux pas !

Portrait de Seccotine

De Seccotine

10H15 | 24/06/2008 | Permalien

C'était quel organisme qui avait fait le sondage (article du Canard Enchaîné) sur les trois postulantes au mariage/amour/communication : Bruni, Ferrari, Bouquet ?
Je suis extrêmement dubitative sur le Oui des français. Le contexte est pire qu'au moment du référendum. Déjà, tous les pêcheurs de thon rouge n'auraient certainement pas voté Oui, quant aux autres….

Portrait de kawouede

De kawouede

10H18 | 24/06/2008 | Permalien

Ce qu'il faut c'est, comme disent les Verts, un référendum européen
http://www.europeangreens.org/cms/default/dok/238/238313.irish_no_vote_s…

Portrait de Jonas2

De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 10H30 | 24/06/2008 | Permalien

Les sondages peuvent être utilisés comme de redoutables armes de propagande en amenant le sondé à répondre par la « bonne » réponse que la « bonne » question suggère ou induit, en l'aidant à se faire « sa propre opinion » en fonction de la pression de conformité qu'exercent les résultats, en l'amenant à prendre pour argent comptant les commentaires des analystes qui, comme chacun le sait, sont tous parfaitement neutres et objectifs.
Il serait pourtant facile de disqualifier complètement ces pratiques en faisant semblant de se prêter au jeu mais en répondant le contraire de ce que l'on pense vraiment.
Il n'y a pas besoin d'être nombreux pour que cette résistance porte ses fruits en rendant les résultats des sondages inexploitables.
Si vous êtes sondés empressez-vous d'accepter de répondre, mais à votre manière.

Portrait de jojo1er

à Jonas2 Portrait de Jonas2 De jojo1er

14H31 | 25/06/2008 | Permalien

En fait certains pratiquent déjà ce jeu…ça ne fait qu'introduire un biais de plus dans une démarche déjà pas très scientifique, ce biais entraine des « corrections » supplémentaires et les résultats des sondages sont toujours ceux que le « chercheur » souhaitait trouver.

Même si ce serait aussi contestable nos politiques/journalistes feraient mieux de se payer des cartomanciennes que des sondages…c'est moins cher.

Jojo1er, …

Portrait de Coldo

De Coldo

pas là | 10H41 | 24/06/2008 | Permalien

Bon alors il se trouve que faire des sondages, c'est mon métier. Pas dans la politique, dans l'industrie, mais les principes sont les mêmes…
Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que dans un sondage bien fait, chaque chiffre fait l'objet d'une page de commentaires, de précautions, de nuances.
Ce dont vous pouvez être sûrs, c'est que lorsqu'un journal vous sort un simple pourcentage du genre « X% des français sont pour », « Y% sont contre », c'est des bobards.
Chaque résultat de sondage doit être pris avec précaution et toute analyse doit tenir compte du mode de recueil (échantillon sondé, libellé exact de la question… même l'heure à laquelle est réalisé le sondage a son importance).
Malheureusement, ceci est souvent trop compliqué pour des journalistes qui n'y connaissent rien en stats et se contentent de vous balancer un chiffre sans contexte ni analyse.
Qu'on ne s'y trompe pas, 98% des erreurs commises par « les sondages » proviennent en réalité des journalistes qui en parlent sans les avoir compris.

Portrait de Docteur Panel

De Docteur Panel (auteur)

Sondologue | 11H45 | 24/06/2008 | Permalien

cher Coldo,
c'est ce que j'ai longtemps pensé mais il faut se rendre à l'évidence que la simplification à outrance commence largement chez l'institut : si vous regardez les sondages d'origine mentionnés dans cet article, vous verrez que :
1/les instituts ne donnent pas les vraies bases, mais seulement la taille de l'échantillon de départ,
2/ ce sont eux qui ont pris le parti de présenter l'info comme une simulation de référendum en exprimant d'emblée le oui et le non sur base hors abstentions, (celui de CSA ne fournit même pas la réponse détaillée à la question - j'ai dû recalculer les 30 % de oui et 24% de non).
3/Et qu'enfin les libellés des questions sont tous deux incontestablement tendancieux.
…Je crois qu'il y a un coup de balai à passer devant la porte des journaux et des instituts… dans des proportions qui frisent plus le 50-50 que le 98%-2% ! ; -)

Portrait de Coldo

à Docteur Panel Portrait de Docteur Panel De Coldo

pas là | 13H22 | 24/06/2008 | Permalien

Il faudrait savoir dans quelle mesure les questions posées ont été décidées par les instituts ou bien par les journaux ayant commandé ces sondages.

De plus, j'imagine que les instituts (s'ils ont fait correctement leur boulot) ont donné aux journaux les résultats complets du sondage, et que ce sont donc ces derniers qui ont choisi de ne présenter qu'une partie des données.

Après tout, l'institut fonctionne avec un client, et c'est normalement le client qui décide de la question qu'on pose.

Portrait de Gargamel

à Coldo Portrait de Coldo De Gargamel

02H17 | 25/06/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord avec Coldo.
Je ne sais pas comment fonctionne la relation journal/institut de sondage, mais si les questions du sondage sont posées de manière orientée, alors le journaliste devrait être capable de déterminer que le sondage ne comporte aucune information pertinente et refuser d'en publier les résultats.
D'ailleurs, une information intéressante à ce sujet serait de savoir si les écoles de journalisme ont des cours d'interprétation de sondage.

Portrait de jojo1er

à Gargamel Portrait de Gargamel De jojo1er

14H34 | 25/06/2008 | Permalien

« Je ne sais pas comment fonctionne la relation journal/institut de sondage »

Pourquoi ? Ce ne sont pas les mêmes qui possèdent les deux ?

Jojo1er, …

Portrait de Un compte supprime

De Un compte supprime

nc | 10H59 | 24/06/2008 | Permalien

Dans une democratie qui se respecte, il faudrait organiser davantage d'elections et de referendums et publier moins de sondages.

Portrait de Naradamuni

De Naradamuni

sans | 11H05 | 24/06/2008 | Permalien

Sortez de la maniaco-manipulation sondagière : Le Collectif Sondons les Sondages ! lance un appel à destination de toutes celles et ceux qui refusent l'hégémonie du sondage d'opinion sur notre démocratie : devenez « objecteur de sondages » !
http://www.legrandsoir.info/ ? page=rubrique-91&id_article=6832

Portrait de Louis Crandell

à Naradamuni Portrait de Naradamuni De Louis Crandell

14H59 | 24/06/2008 | Permalien

C'est vrai qu'à travers les sondages, c'est encore et encore du matraquage médiatique.
De toute façons sondages bidons ou pas, la question est réglée car notre belle « démocratie » refuse que le peuple se prononce et si le résultat ne leur convient pas ils passerons outre.

Portrait de Alexad

De Alexad

11H24 | 24/06/2008 | Permalien

En fait, à quoi servent les sondages et l'acharnement de nos politiques à vouloir faire voter en faveur de ce traité, puisque, lorsque l'UE prend une décision telle que l'arrêt de la pêche au thon rouge, notre Ministre de la pêche s'empresse de contester avec véhémence (limite grossièreté) la décision de Bruxelles.

Donc , une fois c'est la faute des peuples (nous sommes vraiment trop bêtes) si rien n'avance, une autre fois ce n'est pas de LEUR faute, c'est celle de Bruxelles…Pratique ! !

Portrait de Claude PELLETIER

à Alexad Portrait de Alexad De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 14H04 | 24/06/2008 | Permalien

Cet article est passionnant et n'aborde pas les processus de construction d'une opinion. Est-ce que des spécialistes ont essayé de voir ce qui se passe avant le sondage ? Sans doute trop vaste ou trop complexe.

Votre exemple de la pêche au thon montre bien plusieurs éléments de manipulation.
Que retient-on de ce brassage d'informations ?

— Que le thon est rare et qu'il faut le laisser tranquille pour pouvoir continuer à s'en nourrir dans le futur ?
— Ou que les pêcheurs ont la vie dure.
— Ou qu'ils ont la vie dure à cause des vilains technocrates bruxellois.

Pourquoi les journalistes ne rappellent-ils pas quelles sont les règles du jeu qui produisent la décision d'interdiction ? Car cela devrait être également dans l'esprit des futurs électeurs.

Pourquoi ne rappelle-t-on pas que la France s'y est prise autrement que la plupart des pays de pêche pour accompagner les aléas de cette profession ?

Portrait de Alexad

à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De Alexad

14H55 | 24/06/2008 | Permalien

En effet !

Portrait de Kurt

De Kurt

11H33 | 24/06/2008 | Permalien

À noter tout de même : Si il y a 46% d'abstention sur 824 personnes interrogées, l'échantillon des personnes qui s'expriment sur la question n'est plus que d'environ 380 personnes. De plus, il est fort probable que les quotas sur cet échantillon ne soient absolument plus respectés… La fiabilité du sondage devient donc extrêmement aléatoire si tant est qu'on puisse encore parler de « fiabilité ».

Ici, on essaye de faire dire beaucoup de chose à très peu d'information. D'une part : Il y a près de la moitié des français qui s'abstiendraient si on faisait un référendum (ça a priori, ça doit être proche de la réalité) et d'autres part, sur un échantillon minuscule, qui tient très certainement de l'aléatoire, 56% voteraient oui (ici donc, 212 personnes) et 44% voteraient non (168 personnes) soit un écart de 44 personnes. Et les types ont le culot de vouloir conclure quelque chose avec ça ? ? ? ?

Si on ajoute à ça la formulation de la question…

À ce niveau là, ce n'est plus de l'incompétence, c'est de la malhonnêteté de la part de CSA qui vend des chiffres aussi fiables que s'ils les avaient tirés aux dés !
(Essayez donc : tirez 380 fois un dé et faites la moyenne des résultats en les ramenant sur 100, vous aussi vous pourrez vendre des résultats de sondage tout aussi fiables que ces conneries ! )

Portrait de Coldo

à Kurt Portrait de Kurt De Coldo

pas là | 13H26 | 24/06/2008 | Permalien

Un sondage réalisé sur 380 personnes donne des résultats fiables à + ou - 4% environ.
C'est pas génial quand le chiffre tourne autour de 50%, mais ça n'est pas n'importe quoi non plus.

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