
Sondage sur les SDF : à question simple, réponse simpliste

73% des Français sont favorables à l'hébergement obligatoire des SDF par temps de grand froid, contre 25% qui s'y opposent, nous apprend le Nouvel Obs grâce à un sondage de l'institut LH2.
Ce sont plutôt les jeunes, pauvres, de droite qui sont les plus prompts à flanquer les SDF dans les foyers, à coup de Boutin s'il le faut. Tandis que les cadres sup, « middle aged », de gauche sont plus respectueux de leur liberté. Ou peut-être l'image du groupe convivial de clochards se chauffant les mains, avec un bon feu dans un gros bidon, sous les ponts parisiens face à Notre-Dame, ne leur déplaît-elle pas, dans le fond.
Bref chacun est à sa place, avec ses représentations, son imagerie… Et c'est bien là le problème, avec les sondages.
LH2 ne pose qu'une question :
« personnellement, êtres-vous favorable ou opposé à l'hébergement obligatoire des sans-abris en cas de grand froid ? »
Elle est simple, elle n'a pas de biais identifiable, et devant une majorité aussi nette on ne peut que s'incliner. Mais alors, pourquoi un tel fossé entre les avis des associations qui se préoccupent des SDF, et l'opinion publique ?
Cette question donne à réfléchir sur trois grand problèmes, d'ordre linguistique, que posent les sondages : la réduction d'un problème complexe à quelques représentations très limitées, contenues dans le vocabulaire de la question posée ; la pression morale induite par la question ; l'effet pernicieux du présupposé linguistique.
La réduction outrancière des questions complexes
Avec une seule question, composée de quelques mots, ce sondage fait le tour d'un problème aussi énorme que le logement des sans-abris. Les quelques mots employés pour poser la question, avec ce qu'on appelle leur champ sémantique, sont les portes à travers lesquelles les répondants convoquent en une fraction de seconde tout ce qu'ils savent rationnellement ou intuitivement, tout ce qu'ils ont accumulé et sédimenté inconsciemment de leur culture familiale, de leurs discussions de comptoir et des informations et images auxquelles ils ont été exposés, sur le sujet.
Sur les sans-abris, ce que nous savons tous, c'est déjà qu'ils n'ont pas d'abri. Quoi de plus naturel que de leur en donner un ? Et puis qu'ils meurent de « grand froid » et de solitude. Et qu'on est attristé, et dégoûté aussi, de les voir. Que donc si on les voyait moins, on serait moins triste et moins dégoûté. Disparus les SDF, disparu le mal-logement… non ? Ah bon ça ne marche pas comme ça ?
Sur le mot « hébergement », nous nous représentons quelque chose de modeste, une solution de fortune, mais somme toute assez sympathique. On s'est tous déjà fait « héberger » par des amis lors d'un trajet sur la route des vacances. « Hébergement » fait aussi un peu penser à « auberge de jeunesse ». L'aventure, quoi.
Or le remarquable éditorial intitulé « Le despotisme compassionnel » de Thibault Gajdos, dans le supplément Economie du Monde du 9 décembre souligne que l'alternative « rue ou hébergement » ne plaide pas de façon si évidente en faveur des centres aux conditions indécentes, dangereuses et déshumanisantes.
Quant au « grand » froid, il désigne une situation extrême. Un état d'exception. Tellement grave qu'il vaut bien qu'on suspende par « pragmatisme », les valeurs de libertés valables dans les conditions habituelles.
Le problème ainsi nommé, la solution de Christine Boutin apparaît lumineuse : « héberger » des « sans-abris » par « grand froid », fût-ce de force, ne peut être qu'une bonne chose ! Donner un domicile fixe à des sans-domicile-fixe serait une autre paire de manches…
La pression morale induite par la question
L'autre problème, c'est la question de la valeur morale des réponses possibles. La question propose d'être pour ou contre une mesure qui a été manifestement pensée pour le bien-être des sans-abris. Elle ne propose pas une alternative entre être pour cette idée positive, ou pour une autre proposition qui, positive elle aussi, serait toutefois inspirée par des conceptions opposées du bien-être des SDF.
Or, pour le commun des mortels comme pour les ministres, il n'est pas facile d'imaginer instantanément une contre-proposition qui tienne la route. Du coup, dans l'esprit du répondant, l'alternative énoncée par le sondage se résume en quelque sorte (en caricaturant) à : « es-tu d'accord pour faire quelque chose pour ces malheureux, ou les laisseras-tu crever de froid sans rien faire ? » Résultat : 73% de bonnes âmes, contre 25% de salauds assumés…
L'effet pernicieux du présupposé linguistique
Enfin, toujours dans le domaine de l'influence des mots sur les pensées et les actions, voyons maintenant l'effet pernicieux du présupposé linguistique. Précisons qu'en l'espèce le présupposé vient de la proposition de Boutin, que le sondage ne fait que relayer.
Ce qui est discutable, ce n'est pas sa conformité déontologique, c'est le fait qu'il serve la soupe de la ministre au lieu de mettre ses choix à l'épreuve de l'opinion.
Le présupposé linguistique, c'est ce qu'on ne dit pas, mais qui est sous-entendu dans la question. Par exemple, si un type qui veut vous vendre un service vous dit au téléphone « préférez-vous me recevoir lundi à 15 heures ou mardi à 17 heures », il présuppose que vous voulez bien le recevoir. Du coup, vous acceptez le rendez-vous bien plus facilement que s'il vous dit « puis-je venir vous voir pour vous présenter mes services ? ».
Ici la formulation de la question vient relayer le présupposé de Christine Boutin qui sous-tend son projet. En effet, proposer d'obliger les SDF à s'abriter, revient à dire qu'ils meurent avant tout parce qu'ils ne veulent pas s'abriter, et non parce qu'ils ne le peuvent pas.
Bien sûr quelques-uns ont-ils sans doute refusé des propositions d'hébergement, et peut-être même pour de mauvaises raisons, et certains en sont morts. Mais en faire le cœur du débat, c'est renvoyer la balle dans le camp des SDF eux-mêmes. Quel soulagement de la conscience ! S'ils meurent, c'est de leur faute, mais comme nous sommes tellement humains, nous voulons les sauver malgré eux.
Voilà comment, à l'aide du présupposé linguistique, le sondeur aide la ministre à vendre sa loi cache-misère, et à clore un débat important, tant il est vrai que rien ne cloue le bec avec autant de force qu'un chiffre. Heureusement qu'il reste des gens qui débattent et qui réfléchissent.
Photo : un sans-abri à Paris en 2007 (Benoit Tessier/Reuters).
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De mauser
17H29 | 10/12/2008 |
Et si l'on interdisait de force au besoin de fabriquer des SDF les locaux vides et décents ne manquent pas en sarkoland et ce n'est pas la seule principauté du royaume.
Avant de vous pencher une fois par an le ventre bien plein et les pieds bien au chaud sur les miséreux essayez de comprendre une fois pourquoi ils sont arrivé là et empécher que cella recommence.
De Ceiss
Anonyme | 17H35 | 10/12/2008 |
Il fût une époque où mendier était puni par la loi. Cela obligeait les clochards (SDF comme on dit aujourd'hui) à « organiser » un semblant d'activité en se transformant en vendeur d'allumettes ou en homme sandwich pour éviter la prison. Pour s'en prémunir, le soir venu, ils se réfugiaient dans les dortoirs insalubres de l'armée du salut, ou d'asiles publics qui distribuaient un thé et deux tartines… Pourtant, il eut semblé que la prison fût un lieu confortable où on est logé, nourri et blanchi. Alors, oui, pourquoi donc refuser d'y être enfermés ? Les risques de vol, de viol, de maladies contagieuses, etc. D'une « obligation » ont finit par faire loi… Surtout, effectivement, lorsqu'elle bouscule la moralité de ces messieurs charitables qui distribuent du pain en échange de prières et de remerciements. Rien de plus humiliant pour un vagabond que de se voir enfermé, et de devoir en plus s'en montrer reconnaissant. La nécessité d'un homme qui a faim et froid se situe bien au delà d'être mis à l'abri (des regards), elle est dans celle de se libérer de la misère de sa condition, de retrouver une vie sociale normale. C'est là qu'est la responsabilité de la Société. Alors, lorsqu'un clochard veut rester dehors même lorsqu'il fait froid, c'est pour préserver ce qu'il possède encore : sa liberté et sa dignité.
A lire absolument pour comprendre :
- Les naufragés, de Patrick Declerck
- Dans la dêche à Paris et à Londres, de Georges Orwell
- La route, les vagabonds du rail, de Jack London.
Bonnes lectures.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H45 | 10/12/2008 |
C'est sûr qu'à la question « êtes-vous favorable à l'hébergement obligatoire des sans-abris en cas de grand froid ? », sans connaître le contexte, je réponds oui.
Car par « obligatoire », j'y entend « obligation faite à l'état de fournir un hébergement » (parce que mes impôts ne servent pas qu'à filer un peu de chaleur aux profs et aux militaires : D).
Mais en connaissant le contexte, je répondrais sans aucune gêne « non ». Car je me méfie de cette engeance angélique qu'est Boutin (sous couvert d'humanité, son but est clairement de dégager les clochards), car je suis contre le fait d'obliger les gens à faire quelque chose, et que je ne vois pas l'intérêt d'utiliser la force (tant qu'il ne fait pas chier) lorsque le type refuse toujours après qu'on lui ait offert un coin au chaud, un peu de bouffe et pas plus d'insécurité que sur son trottoir (s'il a trouvé une meilleure planque, le Samu social ne le trouvera pas).
Enfin c'est une vaste question. C'est un peu comme enfermé les fous, pour leur propre bien et pour celui de la société. A quel moment, à quel niveau de folie doit-on passer outre son avis et le forcer à aller là on où veut le mettre ?
Ou autre exemple qui me parle beaucoup plus, à quel moment doit on priver un camé du droit de se tuer doucement au prétexte qu'il est un problème pour lui et surtout pour son entourage ?
De Emma Indoril
Nérévarine | 17H53 | 10/12/2008 |
Merci Docteur Panel !
De Camille
Mauvais genre | 18H11 | 10/12/2008 |
Quel talent ce Dr Panel… ! Bravo pour votre article
De Tita
oiseau | 18H21 | 10/12/2008 |
J'aime beaucoup la démonstration et je rencontre ce soucis assez souvent dans mon job.
Dans le métier de la recherche, on pose ainsi souvent des questions, mais on fait trop souvent cela avec deux supposés :
- que les répondants savent tout ce qu'on sait sur le sujet
- qu'ils n'en savent pas plus.
Dans les faits, on pose des questions simples afin qu'elles soient comprises. Mais de simples à simplismes il n'y a qu'un pas. Il arrive ainsi que nos répondants nous disent leur embarras pour une question puisque selon un cas ou un autre leur réponse est toute différente. De fait, il convient alors de décliner la question dans les différents contextes pour permettre aucune ambiguïté.
Je me souviens aussi d'une étude sur l'euthanasie. Un gros pourcentage d'étudiants y étaient favorables. Mais si on leur disait que lorsqu'une personne demande l'euthanasie et qu'elle est placée dans un centre de soins palliatifs, elle ne le demande plus ; alors le pourcentage chutait.
Bref, les gens ont une opinion, mais elle existe en fonction de ce qu'ils en savent (ou se représentent savoir). C'est ce qui explique la différence entre ce pourcentage de 73% d'avis favorable à l'internement d'office pour les SDF et l'opinion des associations.
De DOMINIQUE ALVES
RESP IMP EXP | 18H40 | 10/12/2008 |
LE DÉBAT EST COMPLÈTEMENT À CÔTÉ DE LA PLAQUE SELON MOI.
DE QUOI ON PARLE ? DE GENS QUI SONT DANS LA RUE COMME DES ANIMAUX.
ET POURQUOI ILS SE TROUVENT DANS LA RUE ? ET DANS UN DES PAYS LES PLUS RICHES DU MONDE…
C'EST PEUT ÊTRE LE MOMENT DE REMETTRE EN CAUSE LE MODÈLE DE SOCIÉTÉ BASÉ SUR LE PROFIT, LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE, NON ?
QUI A MIS EN PLACE LA NOTION DE PROPRIÉTÉ PRIVÉE DU SOL, DE L'EAU ? ? DE LÀ VIENT LE PROBLÈME QUI POURRIT LE MONDE AUJOURD'HUI.
à DOMINIQUE ALVES
De Guillemette Faure
Eco89 | 19H00 | 10/12/2008 |
Et si vous passiez aux minuscules ?
à Guillemette Faure
De pomme53
Médiation | 09H40 | 11/12/2008 |
minuscule toi-même !
à Guillemette Faure
De DOMINIQUE ALVES
RESP IMP EXP | 18H15 | 12/12/2008 |
BRAVO POUR ENRICHIR LE DÉBAT ! ! ! !
De crock_
retraité | 18H45 | 10/12/2008 |
BONSOIR.
JE SUIS RETRAITÉ BENEVOLE POUR LE DALL
LA LOI DALO EST PASSÉE TOUT LES SANS ABRITS DOIVE ÊTRE RELOGÉS TOUT LES LOGEMENTS VIDES DOIVE ÊTRE OUVERT À TOUS
MOYENNEMENT LOUÉ EAU CHAUFAGE ELECTRICITÉ : : : : C'EST LE GOUVERNEMENT QUI
EST RESPONSABLE NOUS NE SOMMES PAS DU TANT
DE L'ESCLAVAGE : : : : PARDON POUR LES FAUTES : :
QUAND ON VOIT QUE SARKOSY SE DÉMÉNNE
POUR AVOIR DE L'ARGENT POUR LE CAPITALISTE
LES FAMILLES DÉMUNIS PEUVE DORMIR SUR LE
TROTOIRE AVEC LEUR ENFANTS POUR NOEL
QUELLE BEAU PAYS LA FRANCE : : : :
De crock_
retraité | 18H54 | 10/12/2008 |
IL FAUT BOUGER PETITE RÉVOLUTION
POUR FAIRE PEUR AU GOUVERNEMENT SE SON
DES GENS COMME NOUS TOUTE CETTE
POLITIQUE DE DROITE COMME DE GAUCHE
CELA FAIT 40 ANS Q'IL NOUS GOUVERNE
SANS JAMAIS BOUGER LE PETIT DOIGT
ALORS BASTA SA SUFFIT
De seth delab hue
. | 19H45 | 10/12/2008 |
De DOMINIQUE ALVES
RESP IMP EXP | 19H05 | 10/12/2008 |
SELON MOI, LA NOTION DE PROPRIÉTÉ PRIVÉE A COMMENCÉ EN EUROPE AVEC LES ROIS ET LE CLERGÉ. ET CETTE PRATIQUE DE PRIVATISER LES CHOSES EST DEVENU COMMUN ET NORMAL DANS L'ESPRIT DES CITOYENS.
PERSONNE NE SE SCANDALISE PLUS DU FAIT DE VOIR QUE L'EAU EST DEVENU UNE MARCHANDISE, QUE LE SOL AUSSI, PRESQUE TOUT À VRAIE DIRE.
EST-CE ENCORE DE LA FAUTE DES FORCES OBSCURES VENANT DES SOCIÉTÉS SECRÈTES AVEC SES TAS D'ÉGOISTES MAÇONS ?
à DOMINIQUE ALVES
De jean.pierre
20H18 | 10/12/2008 |
il y avait pas de curé ni de roi dans les grottes de lascaux. il y avait des types en peau de bete qui se gelaient les glaouis et qui ont trouvé refuge dans un endroit bien abrité. ceux la , la bise étant venue se sont foutu sur la gueule avec des droles qui voulaient leur piquer la place……..
« moi avoir trouvé grotte en premier, toi aller se faire voir……. »
jean.pierre( à silex )
à DOMINIQUE ALVES
De Louve Bleue
en survie | 15H24 | 11/12/2008 |
Bien sur que si ! Y'a plein de gens comme moi qui sont scandalisés !
Et pour commencer les amérindiens quand on les a mis de force dans les réserves (enfin , les survivants des massacres) pour leur « piquer » leurs territoires…Un de ces jours il faudra payer pour respirer ( quoique cela existe déjà dans des villes très polluées avec des cabine à oxygène)
Ou payer pour « baiser » ? Oui ! on paye déjà les préservatifs ! ! !
Quoi de gratuit ?
De DOMINIQUE ALVES
RESP IMP EXP | 19H07 | 10/12/2008 |
QUI VEUT RECEVOIR LE DOCUMENT QUE J'AI À CE SUJET, ÉCRIRE AU MAIL SUIVANT : RF.DOMINIQUE@RFTEL.COM.BR
De bifteack
pierreux | 19H24 | 10/12/2008 |
C'est gens sont coupables , coupable d'etre pauvres , coupable d'etre des perdants, coupable de nous renvoyer a l'image de ce qu'il pourrait nous advenir à tous un chacun, coupable d'etre les épouvantails du coté négatif de nos société fondée sur « écrasé ou etre écrasé “ pour cela ils son condamné à vivre dans la honte, la misère moral et financière, en paria comme lépreux du système, ils n'on pas leurs mots à dire, si l'on doit user de la force pour leurs otez , l'un des derniers droit de libre arbitre qu'ils possèdent en nous donnant bonne conscience car nous savons mieux qu'eux ce qui et bon pour eux . Sans etre cadre sup” je trouve cet volonté à leur retiré le peut de choix qu'il on sur leur vies immonde .
à bifteack
De Louve Bleue
en survie | 15H26 | 11/12/2008 |
Je pense à peu près comme toi. Bisous.
De fablyrr
| 19H46 | 10/12/2008 |
si je ne me trompe pas, quand un roi gouvernait encore la France la politique était en effet d'enfermer les sans abris. Ce qui est nul dans ce sondage est la simplicité de la question et de la réponse. Le détail qui est a mettre serait surtout 73% des français sondés… j'en ai marre des faux sondages tout de même. Et au lieu de les mettre de force au chaud on pourtrait peut etre dépenser cet énergie a les aider, a ne pas créer des sans abris aussi. tirer les gens vers le haut plutot que vers le bas c'st bien aussi des fois.
à fablyrr
De jean.pierre
19H56 | 10/12/2008 |
pour etre tiré vers le haut monsieur, il faut retrouver une dignité. cette dignité passe par un ventre bien rempli et un toit et un minimum d'hygiene. c'est apres que l'on peut avoir les idées un peu plus clair. D'abord le minimum vital au sens propre de l'expression.
le probleme est : doit on obliger ceux qui refusent ?
De pascal kanibal
20H23 | 10/12/2008 |
Un détail qu'il ne faut jamais oublier : les SDF sont les clients des associations qui ont besoins d'eux dans les rues pour vivre et leurs chefs médiatiques pour exister. Rentrer d'office les SDF dans des abris est une solution radicalement exclue par les associations car elles perdraient leurs subventions…..et sans morts dans les rues, les média oublient vite de parler du sujet. Ceci explique cela.
à pascal kanibal
De jean.pierre
20H50 | 10/12/2008 |
ceci explique « peut être » cela.
j'espere que vous avez tord.
De rich31
23H59 | 10/12/2008 |
C'est très bien de décortiquer les termes, mais il me semble que ça masque en partie le fond du problème :
quelle que soit la manière dont on pose la question, dans les faits, 73% des sondés se disent favorables à l'incarcération de force des SDF quand c'est pour leur bien.
Dit comme ça, évidemment, ça fait plus flipper… Surtout si on se demande pour le bien de qui (des SDF ou des sondés ? )…
Le problème, c'est pas tellement l'hiver, qui est en effet très froid, ni même les SDF, qui sont, il faut bien le dire, un peu irresponsables - de grands enfants, fainéants mais toujours joviaux, avec le rythme dans la peau…
Le problème, c'est la propension des sondés (vous avez déjà été sondés, vous ? moi une fois, pour des cigarettes, sinon j'ai toujours envoyé paître) à faire confiance à la police pour régler les questions annexes.
Plutôt qu'un sondage SUR les SDF, à quand un sondage PARMI les SDF ?
De variable
| 00H16 | 11/12/2008 |
Les « politiques » gouvernent en fonction des sondages, c'est-à-dire des opinions.
Dans une démocratie, ce n'est pas l'opinion qui commande, c'est le débat public. S'il n'y a pas de débat, l'opinion reflète les préjugés, l'ignorance, les croyances ou le savoir du plus grand nombre.
La « démocratie » d'opinion ne vaut guère mieux que le régime poutinien de la Russie Impériale parce que la presse est peut-être libre mais réduite à l'impuissance face aux « stratégies de communication » de ceux qui confisquent le pouvoir de la parole politique et anticipent les mouvements d'opinion.
En réalité, la source réelle de légitimité du pouvoir n'est pas l'opinion (ni le suffrage) mais, pour l'heure, le carrosse de l'Hyper et de sa Princesse. L'opinion, c'est juste le moyen, ce que le pouvoir manipule.
De yan
loin | 00H45 | 11/12/2008 |
et si je dis aux flics que je suis SDF, ils m'embarquent ?
De Panca
raleur qui aime les débats | 01H14 | 11/12/2008 |
Effectivement les réponses sont dans les questions.
Par exemple certains sans abri ne souhaitent pas rentrer dans les abris organisés :
Parce que parfois il y éclate des bagarres dont ils peuvent
être victimes.
Parce qu'ils souhaitent y rentrer avec leur chien.
Faut il au nom de la compassion les y faire rentrer ? Amener vers un bonheur qu'on ne souhaite pas, est ce amener au bonheur ou à moins de malheur ?
Autre question mal posée et sans rapport avec les sans abris : poser la question de quel religion êtes vous et oublier dans les réponses athée, agnostique, apostat…
De manière générale toute question d'un sondage devrait laisser quelques lignes à remplir si aucune réponse proposée n'est satisfaisante pour le sondé et que celui-ci a quelque chose à dire de différent que les non-choix qu'on peut lui laisser.
De Brogol
développeur & designer web | 01H43 | 11/12/2008 |
De Val_VD
Indépendant | 02H06 | 11/12/2008 |
73% des Français se croient tellement meilleurs que les SDF qu'ils se croient permis de diriger leurs vie. Ce complexe de supériorité a existé de tout temps sous diverses formes : racisme paternaliste, sexisme, etc. Le temps changent mais les gens restent pareils : perchés sur leur impression de supérioté morale, à la recherche de toute occasion d'user de leur pouvoir.
à Val_VD
De Louve Bleue
en survie | 15H16 | 11/12/2008 |
Tu sais, il faut dire que répondre à un sondage ne laisse pas le temps minimum pour réfléchir. Et je suppose que ces 73% n'ont pas réfléchi et qu'après discussion ils auraient répondu pour la liberté.Les sondages sont basés sur des systèmes « duels » et le monde ne tourne pas de façon duelle, loin de là…