
Sondage sur les SDF : à question simple, réponse simpliste

73% des Français sont favorables à l'hébergement obligatoire des SDF par temps de grand froid, contre 25% qui s'y opposent, nous apprend le Nouvel Obs grâce à un sondage de l'institut LH2.
Ce sont plutôt les jeunes, pauvres, de droite qui sont les plus prompts à flanquer les SDF dans les foyers, à coup de Boutin s'il le faut. Tandis que les cadres sup, « middle aged », de gauche sont plus respectueux de leur liberté. Ou peut-être l'image du groupe convivial de clochards se chauffant les mains, avec un bon feu dans un gros bidon, sous les ponts parisiens face à Notre-Dame, ne leur déplaît-elle pas, dans le fond.
Bref chacun est à sa place, avec ses représentations, son imagerie… Et c'est bien là le problème, avec les sondages.
LH2 ne pose qu'une question :
« personnellement, êtres-vous favorable ou opposé à l'hébergement obligatoire des sans-abris en cas de grand froid ? »
Elle est simple, elle n'a pas de biais identifiable, et devant une majorité aussi nette on ne peut que s'incliner. Mais alors, pourquoi un tel fossé entre les avis des associations qui se préoccupent des SDF, et l'opinion publique ?
Cette question donne à réfléchir sur trois grand problèmes, d'ordre linguistique, que posent les sondages : la réduction d'un problème complexe à quelques représentations très limitées, contenues dans le vocabulaire de la question posée ; la pression morale induite par la question ; l'effet pernicieux du présupposé linguistique.
La réduction outrancière des questions complexes
Avec une seule question, composée de quelques mots, ce sondage fait le tour d'un problème aussi énorme que le logement des sans-abris. Les quelques mots employés pour poser la question, avec ce qu'on appelle leur champ sémantique, sont les portes à travers lesquelles les répondants convoquent en une fraction de seconde tout ce qu'ils savent rationnellement ou intuitivement, tout ce qu'ils ont accumulé et sédimenté inconsciemment de leur culture familiale, de leurs discussions de comptoir et des informations et images auxquelles ils ont été exposés, sur le sujet.
Sur les sans-abris, ce que nous savons tous, c'est déjà qu'ils n'ont pas d'abri. Quoi de plus naturel que de leur en donner un ? Et puis qu'ils meurent de « grand froid » et de solitude. Et qu'on est attristé, et dégoûté aussi, de les voir. Que donc si on les voyait moins, on serait moins triste et moins dégoûté. Disparus les SDF, disparu le mal-logement… non ? Ah bon ça ne marche pas comme ça ?
Sur le mot « hébergement », nous nous représentons quelque chose de modeste, une solution de fortune, mais somme toute assez sympathique. On s'est tous déjà fait « héberger » par des amis lors d'un trajet sur la route des vacances. « Hébergement » fait aussi un peu penser à « auberge de jeunesse ». L'aventure, quoi.
Or le remarquable éditorial intitulé « Le despotisme compassionnel » de Thibault Gajdos, dans le supplément Economie du Monde du 9 décembre souligne que l'alternative « rue ou hébergement » ne plaide pas de façon si évidente en faveur des centres aux conditions indécentes, dangereuses et déshumanisantes.
Quant au « grand » froid, il désigne une situation extrême. Un état d'exception. Tellement grave qu'il vaut bien qu'on suspende par « pragmatisme », les valeurs de libertés valables dans les conditions habituelles.
Le problème ainsi nommé, la solution de Christine Boutin apparaît lumineuse : « héberger » des « sans-abris » par « grand froid », fût-ce de force, ne peut être qu'une bonne chose ! Donner un domicile fixe à des sans-domicile-fixe serait une autre paire de manches…
La pression morale induite par la question
L'autre problème, c'est la question de la valeur morale des réponses possibles. La question propose d'être pour ou contre une mesure qui a été manifestement pensée pour le bien-être des sans-abris. Elle ne propose pas une alternative entre être pour cette idée positive, ou pour une autre proposition qui, positive elle aussi, serait toutefois inspirée par des conceptions opposées du bien-être des SDF.
Or, pour le commun des mortels comme pour les ministres, il n'est pas facile d'imaginer instantanément une contre-proposition qui tienne la route. Du coup, dans l'esprit du répondant, l'alternative énoncée par le sondage se résume en quelque sorte (en caricaturant) à : « es-tu d'accord pour faire quelque chose pour ces malheureux, ou les laisseras-tu crever de froid sans rien faire ? » Résultat : 73% de bonnes âmes, contre 25% de salauds assumés…
L'effet pernicieux du présupposé linguistique
Enfin, toujours dans le domaine de l'influence des mots sur les pensées et les actions, voyons maintenant l'effet pernicieux du présupposé linguistique. Précisons qu'en l'espèce le présupposé vient de la proposition de Boutin, que le sondage ne fait que relayer.
Ce qui est discutable, ce n'est pas sa conformité déontologique, c'est le fait qu'il serve la soupe de la ministre au lieu de mettre ses choix à l'épreuve de l'opinion.
Le présupposé linguistique, c'est ce qu'on ne dit pas, mais qui est sous-entendu dans la question. Par exemple, si un type qui veut vous vendre un service vous dit au téléphone « préférez-vous me recevoir lundi à 15 heures ou mardi à 17 heures », il présuppose que vous voulez bien le recevoir. Du coup, vous acceptez le rendez-vous bien plus facilement que s'il vous dit « puis-je venir vous voir pour vous présenter mes services ? ».
Ici la formulation de la question vient relayer le présupposé de Christine Boutin qui sous-tend son projet. En effet, proposer d'obliger les SDF à s'abriter, revient à dire qu'ils meurent avant tout parce qu'ils ne veulent pas s'abriter, et non parce qu'ils ne le peuvent pas.
Bien sûr quelques-uns ont-ils sans doute refusé des propositions d'hébergement, et peut-être même pour de mauvaises raisons, et certains en sont morts. Mais en faire le cœur du débat, c'est renvoyer la balle dans le camp des SDF eux-mêmes. Quel soulagement de la conscience ! S'ils meurent, c'est de leur faute, mais comme nous sommes tellement humains, nous voulons les sauver malgré eux.
Voilà comment, à l'aide du présupposé linguistique, le sondeur aide la ministre à vendre sa loi cache-misère, et à clore un débat important, tant il est vrai que rien ne cloue le bec avec autant de force qu'un chiffre. Heureusement qu'il reste des gens qui débattent et qui réfléchissent.
Photo : un sans-abri à Paris en 2007 (Benoit Tessier/Reuters).
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De Docteur Panel (auteur)
Sondologue | 16H51 | 10/12/2008 |
L'énoncé de la question est noté dans l'article ci-dessus, le voici : « personnellement, êtres-vous favorable ou opposé à l'hébergement obligatoire des sans-abris en cas de grand froid ? »
à Docteur Panel
De crock_
retraité | 19H01 | 10/12/2008 |
JE SUIS FAVORABLE PAS SEULEMENT
PAR GRAND FROID POUR TOUT LE TEMT POUR SE RÉINSÉRER TROUVER UN TRAVAILLE LES
ENFANTS À L'ECOLE
à doutagogo
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 22H54 | 10/12/2008 |
La question demeure : peut-on « ré-insérer » des gens de force ?
Dans toute la population - et pas que chez les SDFs, bien que la proportion soit, pour des raisons peut-être trop évidentes pour être vraies, plus grande chez eux - il y a des gens qui refusent « l'insertion ».
Qu'est-ce que cela signifie d'être « inséré » ? « exclu » ? Y a-t-il des gens « insérés et exclus » ? ou l'inverse ?
Faut-il « désinsérer » les gens de force ?
Sur toutes ces questions, et sur ce qu'une personne « insérée » peut penser d'un « centre d'accueil » pour SDFs après y avoir passé plusieurs nuits, y a un très bon bouquin collection « Terres humaines » (ouais, celle des explorateurs et tout et tout), Naufragés de Patrick Declerck.
Ca fait réfléchir sur l'évidence de la « ré-insertion »…
De Ryuu
Informaticien parisien | 15H02 | 10/12/2008 |
Effectivement, le décorticage de la question permet immédiatement de voir de quel coté les gens sont tentés de répondre.
Mais, face à la brutale immédiateté de cette question, certaines personnes répondent non. Pourquoi ? Sont-ce des salauds ? Ou, au contraire, sont-ce des gens qui ont réfléchis à la question préalablement, et qui pensent qu'il existe de meilleures solutions ?
En d'autres termes, les cadres, plutôt de gauche, qui ont répondu non, ne serait-ils pas les mieux informés sur le sujet et ceux qui y ont consacré, au moins, quelques pensées ?
à Ryuu
De shillom
19H41 | 10/12/2008 |
Pour moi, le mot « forcer » est clairement exprimé. J'espère que les gens qui ont répondu oui l'ont fait par charité, et que ceux qui ont dit non l'ont fait pour défendre les libertés, mais ça ferait bien trop de gens bien tout ça… faut pas rêver, dans les « oui » comme dans les « non », il y a de tout, comme l'a analysé l'auteur.
à Ryuu
De Docteur Panel
(auteur)
Sondologue | 00H31 | 12/12/2008 |
»En d'autres termes, les cadres, plutôt de gauche, qui ont répondu non, ne serait-ils pas les mieux informés sur le sujet et ceux qui y ont consacré, au moins, quelques pensées ? »
Hum, justement, le problème avec les sondages c'est qu'on ne sait jamais pourquoi les gens répondent ce qu'ils répondent. Souhaitons que c'est la réflexion réelle qui motive le choix du non chez les cadres, plus âgés, de gauche, et pas l'indifférence ou une certaine négation de la gravité de la situation des sans-abri…
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 15H07 | 10/12/2008 |
Peut- forcer quelqu'un qui le refuse ? ? ?
Quand j'habitais au Canada, ceux qui desiraient rester dehors, pouvaient. Il y avait même des organismes qui distribuait des sacs de couchages gratuitement. A noter que je parle de temperature de -30, -35º……il y en a qui dorment dehors ! !
De battuta
adorateur de la lune | 15H08 | 10/12/2008 |
simplification des questions complexes ? … de la part d'un président qui prone une politique de civilisation… qui a donc lu Morin et qui donc comprend son dicours sur le besoin de compléxité… béééé non… français : question simple, réponse ya ka… et ça, ça fait une civilisation.
ps : dans le genre simple on a eu aussi les tests ADN, la loie sur la récidive, la réforme de l'audiovisuel public…. ce que je sais que c'est c'est que simplement la France renoue avec sa plus belle et sa seule vraie tradition : la tyrannie…
De Juan Pablo de Tagéna - bloqué
15H26 | 10/12/2008 |
Vous venez parler de Morin, malheureux, quelqu'un qui s'est toujours trompé et qui continue imperturbablement, avec la même assurance à venir nous servir des prêts-à-penser ! Désolé, ce n'est pas ma tasse de thé…
à Juan Pablo de Tagéna - bloqué
De pointilleur des lilas
17H58 | 10/12/2008 |
Mais malheureux, désolé, avec la même assurance que toi qui te trompe toujours avec ton prêt-à-penser, d'oser parler de Morin, et là n'est pas la question, puisqu'on ne t'a pas demandé ton avis, ni sur lui, ni sur ta tasse de thé…..
De Kurt
15H32 | 10/12/2008 |
Très bon article à l'exception de ces deux critiques faciles mais tellement classiques :
« Que donc si on les voyait moins, on serait moins triste et moins dégoûté. Disparus les SDF, disparu le mal-logement… non ? Ah bon ça ne marche pas comme ça ? »
« Quel soulagement de la conscience ! S'ils meurent, c'est de leur faute, mais comme nous sommes tellement humains, nous voulons les sauver malgré eux. »
Qui sont donc ces « on » et ces « nous » ? Certainement pas l'auteur de l'article puisqu'il démontre toute la complexité de la question dans l'article même. Ses lecteurs ? Sûrement pas… J'ai l'impression que ce sont toujours les mêmes. Ces « on » et ces « nous » doivent être aussi ceux qui fraudent le fisc (dans des paradis fiscaux) ou le RMI (dans des banlieues), ceux qui prennent des médicaments à tire larigot et qui vont voir 10 médecins dans la journée ou encore ces types qui votent contre Chirac au lieu de répondre aux questions des référendums. Enfin bref, cette masse de salauds dont on est entourés et qu'étrangement on ne croise que très rarement…
Bon, ma remarque est peut-être un peu dure, mais c'est une constante dans le discours de la presque totalité des français (c'est beaucoup plus rare chez les anglo-saxons par exemple). Cet espèce de fantasme de l'existence d'une masse de salopards décérébrés, faibles, égoïstes et aveugles au monde qui mles entoure revient constamment dans les débats.
L'analyse plutôt fine de cet article me conduit à penser que l'auteur pourrait sûrement faire un excellent travail sur ce phénomène étrange auquel il n'échappe pas (comme tout le monde par ailleurs… Ça m'arrive également. Ça doit être culturel…).
Qui sont ces « on » et ces « nous » ces « gens » dont tout le monde parle même sans en avoir rencontré ?
Il faudrait faire un sondage : « Connaissez-vous personnellement des salauds égoïstes qui ne veulent pas voir les SDF ou qui passent leurs journées chez le médecin ou qui pensent que Cauet c'est mieux que Pivot ou qui votent aux référendums sans répondre à la question posée ? »
Si oui, qui sont-ils ?
Si non, pensez-vous que ces gens de la pire espèce sont nombreux ? Majoritaires ?
(Encore une fois, mis à part ces deux points, j'ai beaucoup aimé l'article. Je ne voudrais pas vexer l'auteur…)
à Kurt
De Docteur Panel
(auteur)
Sondologue | 17H57 | 10/12/2008 |
Vous ne me vexez pas, cher Kurt, et je trouve même fort délicat de votre part de vous en préoccuper et de me rassurer sur la qualité de mon article.
Mais bien sûr votre remarque me pique au vif, et je la trouve d'autant plus juste que je suis moi-même à mes heures pourfendeur de ceux qui pourfendent les « beaufs » et les « péquins moyens » à l'aide du « on » et du « nous “génériques.
Sur ces deux phrases que vous relevez, je vais donc tout de même tenter de me défendre et de me justifier :
1- D'abord en assumant la première pour mon propre compte ‘ Que donc si on les voyait moins, on serait moins triste et moins dégoûté. Disparus les SDF, disparu le mal-logement… non ? Ah bon ça ne marche pas comme ça ? ’
Oui je suis personnellement triste et vaguement dégoûté quand je vois des SDF, je me fais violence pour sortir une pièce de temps en temps, et encore parfois je le fais de bon coeur, mais parfois je ne le fais que parce qu'il m'est encore plus pénible de refuser sans me sentir honteusement radin devant tout le monde. Et oui j'aimerais bien ne pas les voir et oublier qu'ils existent. Et je crains qu'effectivement, si le gouvernement les fait disparaître de ma vue, si personne ne m'informe je finirais pas ne plus y penser, et donc par croire que le problème a disparu. Voilà pourquoi je salue le travail des associations et des journalistes qui se tapent la tâche ingrate de me rappeler qu'ils existent. Si je n'étais pas tombé sur l'article du Monde que je mentionne, je pense que je n'aurais pas écrit celui-ci, faute de prendre la mesure du problème.
2- ‘ Quel soulagement de la conscience ! S'ils meurent, c'est de leur faute, mais comme nous sommes tellement humains, nous voulons les sauver malgré eux. ’ Contrairement à la première, dans la seconde le ‘nous’ ne recouvre pas la ‘masse de salopards décérébrés’ (dans laquelle je m'inclus, vous l'aurez compris, s'agissant de la phrase ci-dessus ), mais je me mets là dans la peau des initiateurs du projet dont je ‘traduis’ le message tel que je l'entends. Autrement dit, ici c'est bien Boutin qui prétend ainsi sauver les SDF malgré eux.
Pour finir, j'adore votre idée d'étudier l'usage du ‘on’ générique en français à des fins de condescendance vis-à-vis de ses propres concitoyens, ça mériterait une thèse universitaire en socio ou en linguistique ! Ohé ! Quelque étudiant riverain de Rue89 veut-il s'y coller ?
à Docteur Panel
De DrTom
Citoyen | 14H45 | 12/12/2008 |
A propos de l'usage du « on » :
Heidegger a écrit un texte sur l'usage du « on » et son rapport à la pression sociale, à l'intériorisation des normes sociales.
Voilà deux extraits lisibles (Heidegger est imbouffable pour des novices) :
En usant des transports en commun ou des services d'information (des journaux par exemple), chacun est semblable à tout autre. Cet être-en-commun dissout complétement I'être-là qui est mien dans le mode d'être d » « autrui », en telle sorte que les autres n'en disparaissent que davantage en ce qu'ils ont de distinct et d'expressément particulier. Cette situation d'indifférence et d'indistinction permet au « On “ de développer sa dictature caractéristique. Nous nous amusons, nous nous distrayons, comme on s'amuse ; nous lisons, nous voyons, nous jugeons de la littérature et de l'art, comme on voit et comme on juge : et même nous nous écartons des ‘ grandes foules comme on s'en écarte ; nous trouvons scandaleux ce que l'on trouve scandaleux. Le On qui n'est personne de déterminé et qui est tout le monde, bien qu'il ne soit pas la somme de tous, prescrit à la réalité quotidienne son mode d'être. […]
Le On se mêle de tout, mais en réussissant toujours à se dérober si l'être-Ià est acculé à quelque décision. Cependant, comme il suggère en toute occasion le jugement à énoncer et la décision à prendre, il retire à I'être-Ià toute responsabilité concrète. Le 0n ne court aucun risque à permettre qu'en toute circonstance on ait recours à lui. Il peut aisément porter n'importe quelle responsabilité, puisque à travers lui personne jamais ne peut être interpellé. On peut toujours dire : on l'a voulu, mais on dira aussi bien que personne n'a rien voulu.’
Le texte complet se trouve dans :
Heidegger, L'être et le temps, (1927) Gallimard pp. 156-160
[merci à PhiloNet]
De monisme
clm | 15H34 | 10/12/2008 |
« 73% des Français sont favorables à l'hébergement obligatoire des SDF par temps de grand froid ».
Le % de français favorables à ne pas être dérangés dans leur petit confort mental ne peut qu'aller en empirant.
Question de pratique sondagière ou sociologique : parmi le nombre de français interrogés, y'a-t-il des SDF ? SDF français ?
Enfin bon. Le Nouvel Obs c'est le journal des Daniel-Joffrin qui titrait en couverture 2002 : « Chirac peut-il encore être élu ? ».Tu parles d'une prescience.Le Nouvel Obs doit-il être encore lu ?
De lalejand
Freelance multimédia à San Sebastia... | 15H39 | 10/12/2008 |
Il faudrait, dans tous les sondages, rendre obligatoire parmi les options de réponses la mention « je pense que la question est mal posée » ou « le problème abordé ne peut pas se réduire à cette question » ou quelque chose de cet acabit.
Actuellement, pour ne pas répondre à la question on n'a seulement « ne se prononce pas ». Trop large. Il serait intéressant de savoir pourquoi les gens ne se prononcent pas.
De fâché.com
perdu | 15H44 | 10/12/2008 |
Nouveau sondage : êtes-vous pour ou contre la mise à disposition du Ministère de l'Intérieur des stades olympiques et vélodromes d'hiver ? Répondez par oui ou par non (sans poser la question de l'usage qui en sera fait)
Merci
De benzitoune
réveillez moi! | 16H05 | 10/12/2008 |
L'article me paraît vraiment trés intéressant car il présente concrètement un problème démocratique flagrant dans notre société, et pas seulement malheureusement, cest un problème de presse en général.
Il montre comme il est aisé de manipuler une opinion publique à longueur de temps, et ce de la manière la plus insidieuse, discrète, et surtout antidémocratique possible. C'est un exemple concret, relativement simple, mais terriblement efficace, qui permet à couvert d'entretenir l'ignorance et le désintérêt général…
Qui va venir pinailler aprés ces présupposés linguistiques, ces bonnes intentions bien déguisées, alors que l'enquête, le roi sondage tout puissant est arrêté sur sa décision ? Chacun y va de son : « Le peuple à moi m'a dit que… »
À mon sens, les décisions et opinions politiques se forment à partir des informations que nous avons à notre disposition, certains cherchent les informations, se méfient, et une grosse majorité se borne (et ce n'est pas une critique) à un seul média, de nos jours la télévision, média bien populiste, et pour les chaînes les plus populo, une information bien plus que pauvre(et vous croyez que cela s'arrangera avec le remaniement de la télévision « publique »)
Enfin, mais quelle est donc la légitimité démocratique des sondages ? Et au nom de quel droit ces procédés plus que subjectifs peuvent-ils intervenir dans notre vie d'une manière aussi dévastatrice et ce en toute impunité ? ! !
Et je ne parle même pas des mensonges politiques, ceux formulés par ceux qui prétendent nous faire la morale, et nous embrigader dans leurs « croisades » ?
Le droit à l'information juste ne devrait-il pas appartenir aux fondamentaux des droits de l'homme ?
Si l'on questionne et surveille l'honnêteté des politiques, pourquoi ne réglemente t'on pas le droit à la parole publique, et ce en surveillant particulièrement que l'objectivité des propos ne soit pas contestable ?
Evidemment, la « sainte » objectivité est à la sauce de chacun, pourtant certains manquements graves s'exposent régulièrement dans les médias et peu s'en inquiètent. Rien n'est tout noir ni tout blanc me direz-vous, et donc nous sommes bien d'accord, tous les chats sont gris, donc méfions-nous bien de ces chats tout blanc, ou tout noir, ça craint je vous le confirme !
L'éducation commence dès l'enfance, mais s'entretient aussi toute notre vie, et s'abreuver de potions abrutissantes n'aide pas à faire progresser les gens.
A bon entendeur…
De Phil2922
Retraite invalidité | 16H06 | 10/12/2008 |
Si des SDF refusent les propositions d'hébergement d'urgence qui leur sont faites, c'est principalement qu'il y des rackets, des bagarres, des viols dans ceux-ci. Dès l'aube, ils sont remis dehors et les animaux sont interdits dans les Centres.
Nous avons besoin d'une personne charismatique, telle l'Abbé Pierre, pour lancer, cete fois, un appel à la réquisition des logements vides (et ils sont nombreux dans les grandes villes) et les offrir aux sans abri afin qu'ils puissent se relever de l'impasse où ils se trouvent et puissent se réinsérer dignement, la tête haute… !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De seth delab hue
. | 17H06 | 10/12/2008 |
bonjour phil, je crains que les « personnes charismatiques » n'aient plus beaucoup d'influence de nos jours..
l'abbe pierre a gueule pour les pauvres et tous les politiques l'on ecoute l'ont ils entendus ? ..
et coluche ? a t'il ete entendus lui aussi ? ? il y a toujours plus de repas distribues chaque annees par les retos…
les pauvres le pouvoir les utilises pour regner,en esperant en secret qu'ils petent les plombs pour nous coller toujours plus de flics…..
De Sot-crate
chomeur satisfait | 16H21 | 10/12/2008 |
moi aussi je suis pour les camps de concentration pour les pauvres !
La vue de ces salauds gâche la digestion de mon foie gras ! ! !
De Docteur Albert
parasite ingénieur d'étude | 17H08 | 10/12/2008 |
Un sondage bien instructif qui nous amène à nous demander comment éradiquer les SDF ?
Vous me direz que c'est déjà ce que nous sommes entrain de faire. Bon, c'est vrai que le système est perfectible mais les résultats sont quand même là puisqu'en quelques semaines, on en a déjà éradiqué quelques uns. Le problème c'est que l'on ne pourra pas passer à une véritable politique d'éradication tant que nous resterons dans cette hypocrisie ambiante : Comme pour les prostituées dans d'autres bois et en d'autres temps, ce qui nous dérange réellement, ce n'est pas le fait que les SDF existent mais plutôt le fait de les voir, de se retrouver confronter à ce que notre conscience fait tout pour oublier. Combien passent devant un SDF dans la rue sans y prêter la moindre attention ? Combien baissent les yeux dans le train quand l'un d'entres-eux vient faire la manche et ne sont même pas capable de dire simplement bonjour ? Combien attendent l'hiver pour se choquer des conditions de vie de ces gens ? Combien se posent la stupide question de savoir si l'on doit forcer ces gens à aller dormir dans des centres alors que la vraie question est de savoir si l'on peut accepter que ces gens soient dehors toute l'année et se meurent à petit feu dans l'indifférence générale ? Une fois de plus, il faudrait être logique et un peu moins hypocrite : Si les SDF nous dérangent, s'ils sont irrécupérables, si nous n'avons pas les moyens de les aider, pourquoi ne pas les abattre ? Ce serait peut-être plus humain que de les laisser dans cette situation de détresse sans rien faire. Donner un toit n'est pas tout, de nombreuses personnes de la rue ont de gros problèmes psychologiques. Pas de problèmes d'alcool ou de drogue, car ces derniers sont uniquement les conséquences de ces problèmes psychologiques, du rejet et de la marginalisation. Non, nous ne sommes pas prêts à aider ces gens. Il faut dire que nous n'en avons pas tous le temps et qu'il est de plus en plus difficile pour certains de ne pas justement se retrouver à la rue, alors aider les autres… Non, cette tache valorisante est réservée aux stars qui se mobilisent contre cet état de fait et qui vont alerter les médias sur des situations de détresses afin de nous faire réagir… Mais qu'ils donnent leur argent ces personnes aussi bien pensantes que portantes, plutôt que de venir nous faire la morale. Ils en donnent de l'argent, suffisamment pour avoir le droit à des réductions d'impôts conséquentes ou pour avoir une couverture médiatique mettant en avant leur sensibilité et leurs bons sentiments. C'est pareil pour l'écologie, c'est toujours au peuple à qui on demande des efforts. Les vrais responsables eux, peuvent continuer à polluer et à s'en mettre plein les poches. Ce sont des décideurs, des grands patrons et c'est grâce à eux que nous vivons. Hors de question de s'attaquer à eux ! Mais revenons plutôt à nos moutons galleux qui nous posent des problèmes de conscience comme à chaque hiver… Une chose est sure, c'est qu'ils ne sont pas comme nous, du moins comme moi. Comment pensez-vous que vous réagiriez si vous étiez dans leur situation ? La plupart n'ont pas de haine envers ceux qui, comme nous, les laissent dans le caniveau. L'énergie que certains mettent à s'autodétruire pourrait être utilisée pour nous détruire. Mais ce n'est pas le cas, rares sont les agressions par des SDF. Pourtant, ils n'ont plus rien à perdre. Ils sont admirables et méritent d'être aidé. Nous sommes bien capables de nous mobiliser pour défendre nos emplois, notre système éducatif ou notre capital. Qu'attendons-nous pour nous mobiliser pour retrouver notre dignité en leur redonnant la leur. Si nous sommes incapables de le faire, le moyen le plus humain pour éradiquer cette misère est d'abréger leur souffrance et de les abattre.
à Docteur Albert
De Docteur Panel
(auteur)
Sondologue | 19H37 | 10/12/2008 |
»Une chose est sure, c'est qu'ils ne sont pas comme nous, du moins comme moi. Comment pensez-vous que vous réagiriez si vous étiez dans leur situation ? La plupart n'ont pas de haine envers ceux qui, comme nous, les laissent dans le caniveau. L'énergie que certains mettent à s'autodétruire pourrait être utilisée pour nous détruire. Mais ce n'est pas le cas, rares sont les agressions par des SDF. Pourtant, ils n'ont plus rien à perdre. »
Ce que vous dites dans le passage ci-dessus sur l'autodestruction de gens qui pourraient pourtant utiliser leur énergie à se venger de ceux qui les laissent pour compte me frappe beaucoup. Je me suis récemment dit exactement la même chose, non pas à propos des SDF, mais à propos des habitants des pays les plus pauvres d'Afrique noire. Peut-être qu'il faut tout de même un minimum d'estime de soi pour juger qu'on mérite d'être « vengé », et l'ultime horreur de cette situation est que les laissés pour compte ne s'aiment même plus assez pour haïr leurs bourreaux.
à Docteur Panel
De Docteur Albert
parasite ingénieur d'étude | 21H00 | 10/12/2008 |
Vous avez raison, il faut peut être un minimum d'estime de soi pour juger que l'on mérite d'être vengé. Alors que faire ? Les laisser dans cette situation en espérant qu'ils disparaissent tout seul et surtout qu'ils ne puissent pas avoir la moindre estime d'eux-mêmes pour notre propre sécurité ? Ou enfin ouvrir les yeux et faire en sorte que ces hommes puissent enfin être en mesure de juger, de redevenir des hommes et d'être traité comme tel ?
à Docteur Albert
De shillom
19H54 | 10/12/2008 |
« Nous sommes bien capables de nous mobiliser pour défendre nos emplois, notre système éducatif ou notre capital. »
Personnellement j'ai des doutes. Ne se mobilisent que les principaux concernés, regardez les manifestations enseignantes, et ce qu'en disent les gens autour de vous. Qui défend les enseignants ? Qui se plaint de devoir prendre un RTT (tiens, merci les 35h) pour pouvoir garder son enfant ? Et enfin, qui va manifester avec son môme et les profs pour montrer son mécontentement ? Pas grand monde pour la dernière question… Et pourtant j'aimerais tant que vous ayez raison. Et pourtant j'étais la seule personne de mon service en grève lors des dernières réformes… 1/30, c'est beau non ?
à shillom
De Docteur Albert
parasite ingénieur d'étude | 21H08 | 10/12/2008 |
J'ai également des doutes… La passivité ambiante est de plus en plus effrayante quel que soit le domaine. Mais un jour ou l'autre il est de plus en plus évident que nous ne pourrons plus nous voiler la face et qu'il faudra assumer la violence qui en découlera.
De Jacques BOLO
Auteur-Editeur | 17H14 | 10/12/2008 |
Scolastique
Certes, le problème est l'obligation ou non et l'état des foyers. Mais, par pitié, le problème n'est pas la façon dont est posée la question. On peut être un intello sans se poser exclusivement des questions sur les questions.
Au moins, il n'y a pas si longtemps, les intellos étaient marxistes et se posaient des questions en terme d'action (même s'ils étaient trop bavards). Aujourd'hui, sous prétexte de méthodologie, il semble que les intellos soient redevenus des théologiens.
Si vous voulez faire quelque chose pour les SDF, faites le, mais arrêtez de vous poser des questions sur les questions, surtout en vous croyant meilleurs que les autres. Vous savez, il suffit d'envoyer un petit sou à une association, certains seront mieux logés. C'est pas si compliqué.
De pete sampras
étudiant | 17H19 | 10/12/2008 |
et si tout simplement les francais n'étaient pas d'accord avec les associations…
http://carpediempolitique.hautetfort.com/
De ledan
17H20 | 10/12/2008 |
« jeunes, pauvres, de droite, » jeune et pauvre je comprends, mais jeune pauvre et de droite…à moins que pauvre ne signifie pauvre d'esprit je ne vois pas…
à ledan
De shillom
19H56 | 10/12/2008 |
Sarkozy n'a pas été élu qu'avec les voix des riches, ouvrez les yeux : (
à shillom
De ledan
16H20 | 11/12/2008 |
non ! avec les voix d'une majorité de riches, d'une majorité de vieux, de certains pauvres et d'une minorité de jeunes pauvres merci shillom mais j'ai les yeux bien ouverts, ainsi qu'un minimum d'humour. PS vous devriez tirer dessus et vous détendre un peu… : -)