Sondage sur les SDF : à question simple, réponse simpliste

Un sans-abri à Paris en 2007 (Benoit Tessier/Reuters).

73% des Français sont favorables à l'hébergement obligatoire des SDF par temps de grand froid, contre 25% qui s'y opposent, nous apprend le Nouvel Obs grâce à un sondage de l'institut LH2.

Ce sont plutôt les jeunes, pauvres, de droite qui sont les plus prompts à flanquer les SDF dans les foyers, à coup de Boutin s'il le faut. Tandis que les cadres sup, « middle aged », de gauche sont plus respectueux de leur liberté. Ou peut-être l'image du groupe convivial de clochards se chauffant les mains, avec un bon feu dans un gros bidon, sous les ponts parisiens face à Notre-Dame, ne leur déplaît-elle pas, dans le fond.

Bref chacun est à sa place, avec ses représentations, son imagerie… Et c'est bien là le problème, avec les sondages.

LH2 ne pose qu'une question :

« personnellement, êtres-vous favorable ou opposé à l'hébergement obligatoire des sans-abris en cas de grand froid ? »

Elle est simple, elle n'a pas de biais identifiable, et devant une majorité aussi nette on ne peut que s'incliner. Mais alors, pourquoi un tel fossé entre les avis des associations qui se préoccupent des SDF, et l'opinion publique ?

Cette question donne à réfléchir sur trois grand problèmes, d'ordre linguistique, que posent les sondages : la réduction d'un problème complexe à quelques représentations très limitées, contenues dans le vocabulaire de la question posée ; la pression morale induite par la question ; l'effet pernicieux du présupposé linguistique.

La réduction outrancière des questions complexes

Avec une seule question, composée de quelques mots, ce sondage fait le tour d'un problème aussi énorme que le logement des sans-abris. Les quelques mots employés pour poser la question, avec ce qu'on appelle leur champ sémantique, sont les portes à travers lesquelles les répondants convoquent en une fraction de seconde tout ce qu'ils savent rationnellement ou intuitivement, tout ce qu'ils ont accumulé et sédimenté inconsciemment de leur culture familiale, de leurs discussions de comptoir et des informations et images auxquelles ils ont été exposés, sur le sujet.

Sur les sans-abris, ce que nous savons tous, c'est déjà qu'ils n'ont pas d'abri. Quoi de plus naturel que de leur en donner un ? Et puis qu'ils meurent de « grand froid » et de solitude. Et qu'on est attristé, et dégoûté aussi, de les voir. Que donc si on les voyait moins, on serait moins triste et moins dégoûté. Disparus les SDF, disparu le mal-logement… non ? Ah bon ça ne marche pas comme ça ?

Sur le mot « hébergement », nous nous représentons quelque chose de modeste, une solution de fortune, mais somme toute assez sympathique. On s'est tous déjà fait « héberger » par des amis lors d'un trajet sur la route des vacances. « Hébergement » fait aussi un peu penser à « auberge de jeunesse ». L'aventure, quoi.

Or le remarquable éditorial intitulé « Le despotisme compassionnel » de Thibault Gajdos, dans le supplément Economie du Monde du 9 décembre souligne que l'alternative « rue ou hébergement » ne plaide pas de façon si évidente en faveur des centres aux conditions indécentes, dangereuses et déshumanisantes.

Quant au « grand » froid, il désigne une situation extrême. Un état d'exception. Tellement grave qu'il vaut bien qu'on suspende par « pragmatisme », les valeurs de libertés valables dans les conditions habituelles.

Le problème ainsi nommé, la solution de Christine Boutin apparaît lumineuse : « héberger » des « sans-abris » par « grand froid », fût-ce de force, ne peut être qu'une bonne chose ! Donner un domicile fixe à des sans-domicile-fixe serait une autre paire de manches…

La pression morale induite par la question

L'autre problème, c'est la question de la valeur morale des réponses possibles. La question propose d'être pour ou contre une mesure qui a été manifestement pensée pour le bien-être des sans-abris. Elle ne propose pas une alternative entre être pour cette idée positive, ou pour une autre proposition qui, positive elle aussi, serait toutefois inspirée par des conceptions opposées du bien-être des SDF.

Or, pour le commun des mortels comme pour les ministres, il n'est pas facile d'imaginer instantanément une contre-proposition qui tienne la route. Du coup, dans l'esprit du répondant, l'alternative énoncée par le sondage se résume en quelque sorte (en caricaturant) à : « es-tu d'accord pour faire quelque chose pour ces malheureux, ou les laisseras-tu crever de froid sans rien faire ? » Résultat : 73% de bonnes âmes, contre 25% de salauds assumés…

L'effet pernicieux du présupposé linguistique

Enfin, toujours dans le domaine de l'influence des mots sur les pensées et les actions, voyons maintenant l'effet pernicieux du présupposé linguistique. Précisons qu'en l'espèce le présupposé vient de la proposition de Boutin, que le sondage ne fait que relayer.

Ce qui est discutable, ce n'est pas sa conformité déontologique, c'est le fait qu'il serve la soupe de la ministre au lieu de mettre ses choix à l'épreuve de l'opinion.

Le présupposé linguistique, c'est ce qu'on ne dit pas, mais qui est sous-entendu dans la question. Par exemple, si un type qui veut vous vendre un service vous dit au téléphone « préférez-vous me recevoir lundi à 15 heures ou mardi à 17 heures », il présuppose que vous voulez bien le recevoir. Du coup, vous acceptez le rendez-vous bien plus facilement que s'il vous dit « puis-je venir vous voir pour vous présenter mes services ? ».

Ici la formulation de la question vient relayer le présupposé de Christine Boutin qui sous-tend son projet. En effet, proposer d'obliger les SDF à s'abriter, revient à dire qu'ils meurent avant tout parce qu'ils ne veulent pas s'abriter, et non parce qu'ils ne le peuvent pas.

Bien sûr quelques-uns ont-ils sans doute refusé des propositions d'hébergement, et peut-être même pour de mauvaises raisons, et certains en sont morts. Mais en faire le cœur du débat, c'est renvoyer la balle dans le camp des SDF eux-mêmes. Quel soulagement de la conscience ! S'ils meurent, c'est de leur faute, mais comme nous sommes tellement humains, nous voulons les sauver malgré eux.

Voilà comment, à l'aide du présupposé linguistique, le sondeur aide la ministre à vendre sa loi cache-misère, et à clore un débat important, tant il est vrai que rien ne cloue le bec avec autant de force qu'un chiffre. Heureusement qu'il reste des gens qui débattent et qui réfléchissent.

Photo : un sans-abri à Paris en 2007 (Benoit Tessier/Reuters).

119 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De flixp

13H27 | 10/12/2008 | Permalien

Si je puis me permettre. Il y a aussi un truc curieux dans l'énoncé.
« 73% des Français sont favorables à l'hébergement obligatoire des SDF par temps de grand froid »

Obligatoire… mais pour qui ? ? ? D'autant que le mot utilisé auparavant par la sous-ministre était « de force »

Au passage, merci pour vos articles sérieux et bien construits qui nous rappellent que nous avons une capacité analytique dans notre monde tout bizarre.

Portrait de Docteur Panel

à flixp Portrait de flixp De Docteur Panel (auteur)

Sondologue | 16H56 | 10/12/2008 | Permalien

Le « obligatoire » est effectivement ultra-ambigu ! dans le contexte de la proposition de Boutin on sait bien que l'obligation est un « de force » qui concerne les SDF, mais les sondés n'ont pas forcément tous entendu parler de ce projet, Peut-être cette obligation renvoie-t-elle plutôt pour certains aux promesses du candidat Sarkozy en 2007 sur le logement des SDF.

Portrait de -Candide-

à Docteur Panel Portrait de Docteur Panel De -Candide-

Jardinateur | 20H06 | 10/12/2008 | Permalien

Je n'ai pas particulièrement besoin d'un « docteur » anonyme pour m'expliquer que les termes choisis peuvent influencer sur les résultats d'un sondage. Je le savais déjà ! Et j'imagine que je suis loin d'être le seul.
Du reste, « obligatoire » est tout autant ambigu que « de force ».

Vous avez écrit :
« Ce sont plutôt les jeunes, pauvres, de droite qui sont les plus prompts à flanquer les SDF dans les foyers, à coup de Boutin s'il le faut. »

Le commentaire du sondage sur LH2 indique effectivement que
« Les jeunes de 18-24 ans se montrent particulièrement favorables à cette idée (81% dont 42% “tout à fait favorables').”
Qu'est-ce qui vous permet de dire que ces jeunes sont prompt à “flanquer” … “à coup de Boutin”. ?
Et par ailleurs, en quoi ces mêmes jeunes seraient t-ils opposés à des solutions plus durable avec de vrai relogements pour les SDFs ?
Doit-on être à ce point manichéen pour croire que l'un empêche l'autre.

Ce qui est sûr en lisant votre analyse détaillée, c'est que question “présupposé linguistique”, vous nous faîtes un bon cours par l'exemple …

Portrait de viva zebda

à Docteur Panel Portrait de Docteur Panel De viva zebda

rameur | 20H32 | 10/12/2008 | Permalien

J'imagine que ce sondage a été commandé par un « client »,et qui a élaboré lui même le cahier des charge
alors deux questions
qui est ce client ?
quel est son objectif ?

je craint que certains s'en serviront pour tenter de créer des centres de rétentions à liberté conditionnelle

j'ai apprécié votre article

A quant un sondage par et pour ceux qui n'ont pas de logement

Portrait de Docteur Panel

à viva zebda Portrait de viva zebda De Docteur Panel (auteur)

Sondologue | 22H20 | 10/12/2008 | Permalien

Le client c'est le Nouvel Obs. Ce type de question fait partie des questions d'actualité qui se greffent sur les baromètres (généralement de popularité de l'exécutif) à la demande du client ou sur proposition de l'institut.

Je crois qu'ils ne poursuivent aucun autre objectif que de coller à l'actualité (et ils y collent effectivement, comme un chewing gum, sans grand recul).

Je ne crois pas du tout qu'il y ait volonté de manipulation, ni de la part de l'un ni de la part de l'autre. Simplement une habitude qui s'installe tranquillement, par défaut et par paresse, de ne pas réfléchir aux questions intéressantes à poser, mais plutôt de faire chambre d'écho à la commmunication du pouvoir en prenant une phrase ou une promesse d'un ministre telle quelle, et en la faisant noter sur une échelle en deux points : oui /non, pour/contre, ou d'accord/pas d'accord. Cela en devient une distribution de bons et de mauvais points, une notation un peu puérile comme dans les jeux télévisés.

Ca ne va pas toujours dans le sens d'approuver le pouvoir en place. Parfois cela aboutit aussi à le censurer. Mais dans les deux cas la simplification est délétère, me semble-t-il.

Portrait de citrouille

à Docteur Panel Portrait de Docteur Panel De citrouille 33365

gerboulade permanente | 13H56 | 11/12/2008 | Permalien

« Elle est simple, elle n'a pas de biais identifiable »
Sauf qu'il y a deux questions dans la question et qu'il n'y a qu'une réponse.
S'il n'y avait pas « obligatoire » et seulement hébergement, les réponses ne seraient pas les mêmes. Quand au froid, il ne change pas grand-chose, les SDF meurent tourte l'année.
C'est un hébergement toute l'nnée qu'il faut.

http://www.mortsdelarue.org

Portrait de poltergheist atomique

à flixp Portrait de flixp De poltergheist atomique

opposant chronique a tendances rapp... | 23H14 | 10/12/2008 | Permalien

Bon article, qui met en evidence un procédé usé et usité par ce gouvernement, et par les acteurs de l opinion qui lui sont favorable…
en matiere de sondage comme de proposition au niveau politique, tout est de ce tonneau…

que le procédé soit strictement linguistique ou pas, il s'agit toujours de defausser la société de ses responsabilité,de dejouer toute accusation d'echec, et de justifier toutes les déresponsabilisations a venir…

« la cessation de l allocation apres deUX refus d'emploi ACCEPTABLE »
sous entend que les chomeurs ne VEULENT pas trouver un emploi, eux qui pretendent ne pas POUVOIR en avoir un…

« TRAVAILLER plus pour gagner plus »
sous entend qu'il n'ya pas d'injustice salariale et queceux qui ne PEUVENT pas s'en sortir en fait ne le VEULENT pas…

 » Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal OCCUPES (N.Sarkozy vs M.Onfray)
et bien sur ce n » est pas non plus parceque la société ne leur en a pas donné les moyens, et n a pas cherché a déceler ce drame. la société n y est pour rien, ne va rien faire de plus, il n y a rien a y faire…

« la franchise medicale pour RESPONSABILISER les francais » sous entend la encore que les malades se laissent aller, et qu encore une fois, la société n'est pour rien dans la defaillance de ses systemes de securité sociale…

tout ca me fait penser a la caricature de tout ca…
la marionette,aux Guignols de l'info…
« et qu'est ce qu'on veut, hein ? ! vous aimeriez qu'vot'grand mere soit devorée par le pitbull d'un dealer ? »

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 13H32 | 10/12/2008 | Permalien

Ah, les sons d'âge….

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de Le requin rouge

De Le requin rouge

13H40 | 10/12/2008 | Permalien

Avant d'être favorable, il faudrait au moins y avoir passé une nuit complète pour être juge.
Ce que déplorent les SDF dans les centres d'urgence sociale, c'est justement qu'ils y sont mal traités, la promiscuité est invivable, et ne peuvent emmener leur chien, souvent dernier lien affectif restant.

Portrait de pablico

à Le requin rouge Portrait de Le requin rouge De pablico

14H55 | 10/12/2008 | Permalien

le problème est pris à l'envers, sans faire appel à la connaissance de la psychologie humaine.

donnez leur 15 euro par nuit passée complète et une prime pour assiduité sur un mois, et il n'y aura plus personne dans le froid…

on fera des économies en travailleurs sociaux, et camions maraudeurs (essence, chauffeurs etc etc..)
Avec l'argent gagné on pourra leur construire des logements.

ce qui fait se poser les questions suivantes :

les gens du social sont-ils si nuls ? (on ne peut le croire c'est trop basic)

veut-on que les sdf « crèvent' ?

les sdf génèrent-ils de l'argent indirectement ? (scandale caché ? )

Fait-on perdurer les sdf, pour la compassion et que les “nantis” (les pauvres abrités) soient content de leur sort et la ferme ?

Portrait de jean.pierre

à pablico Portrait de pablico De jean.pierre

16H09 | 10/12/2008 | Permalien

 » » »« donnez leur 15 euro par nuit passée complète et une prime pour assiduité sur un mois, et il n'y aura plus personne dans le froid… » » »

faut pas déc….. non plus !

Portrait de pablico

à jean.pierre Portrait de jean.pierre De pablico

16H58 | 10/12/2008 | Permalien

et alors on leur en donne plus en frais générés, et en plus ils meurent de froid..
ils ne sont pas des millions.. et ils se regrouperont tout seul, et n'auront ni faim ni froid…

Portrait de hgo04

à pablico Portrait de pablico De hgo04

Citoyen Lambda | 07H34 | 11/12/2008 | Permalien

Bonne idée.. donnez moi une prime pour vivre chez moi… je suis preneur..

Portrait de Network 23

à pablico Portrait de pablico De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 22H41 | 10/12/2008 | Permalien

Votre proposition, cher Pablico, est tout autant irrecevable que celle de Boutin.

Votre syllogisme à vous semble être, excusez-moi d'avance si je me trompe :

A : les êtres humains sont des êtres rationnels ;
B : les sans-domicile fixes sont des êtres humains ;
C : les sans-domicile fixes sont donc rationnels ;

A' : un être rationnel n'accepterait pas de rester à la rue par temps de grand froid, alors qu'il peut être « hébergé » dans un « centre » - et en plus payé pour ! ;
B' : un sans-domicile fixe est un être rationnel ;
C' : un sans-domicile fixe n'accepterait pas de rester à la rue par temps de grand froid, alors qu'il peut être « hébergé » dans un « centre » - et en plus payé pour !

Vous oubliez peut-être deux trucs :

1) ce n'est pas le passage de A et B à C qui est faux, mais peut-être tout simplement A, et a fortiori C. Les hommes ordinaires ont des réactions loin d'être rationnelles, et un homme dans une situation hors de l'ordinaire d'autant moins.

2) même en admettant qu'on puisse régler le cours du monde en réduisant l'homme à une pure bête d'intérêt rationnel, qui ne vise qu'à faire le plus grand profit, il pourrait s'avérer qu'il soit beaucoup plus rationnel de rester à la rue par temps de grand froid que d'être « hébergé » dans un « centre », même si on est payé pour.

Allez, un p'tit quizz : « préférez-vous qu'on interne les sans-domicile fixe dans des centres ou qu'on les héberge de force dans des centres ? »

2e p'tit quizz : « préférez-vous qu'on interne les sans-domicile fixe dans des centres, en violation de leurs libertés individuelles, ou qu'on les héberge de force, en violation de leurs libertés individuelles ? »

La France n'a en fait peut-être pas tant changée depuis l'époque de l'Hôtel-Dieu et du « grand Renfermement »…

Portrait de pablico

à Network 23 Portrait de Network 23 De pablico

23H35 | 10/12/2008 | Permalien

mon raisonnement repose sur la connaissance de l'humain. (depuis le temps)
Payez le, il aura l'impression de faire une bonne affaire, et n'importe qui ayant quelque peu de jugeote, ira, le tout c'est de trouver le bon prix qui va le faire bouger.
Il n'y aura aucun internement puisque il sera attiré par le gain, il le fera de bon cœur.
et le fait d'être payé, il aura le sentiment que c'est lui qui choisi, et non qu'on l'oblige.

Qui n'a pas fait un travail payé, alors que cela l'emmerdait ?
Qui ne s'est jamais fait avoir par la bonne affaire ?
Qui n'a jamais fait des trucs, parce qu'il pensait faire une bonne affaire ?
qui n'a pas acheté, n'importe quoi, parce qu'il y avait une prime, ou une grosse réduction ?

avant d'être sdf, c'était des gens comme vous et moi, et ils sont toujours des gens comme vous et moi. des humains. Leur mode de fonctionnement reste le même, même si il a été écorné par le rejet.

on n'attire pas les mouches avec du vinaigre.
c'est ce qu'on fait avec les sdf.
On ne doit pas les inviter, ils faut qu'ils s'invitent…c'est cela leur respect.

Portrait de Network 23

à pablico Portrait de pablico De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 15H46 | 11/12/2008 | Permalien

Apparemment pas grand monde n'a perçu l'ironie latente dans le fait de dire « les SDFs sont des êtres humains », comme si cela n'allait pas de soi.

En fait, il est clair que si on propose des interner, de force, ou même de les convaincre, par l'appât du gain, d'accepter d'être « raisonnable », c'est qu'on doute un peu de leur caractère d'être raisonnable.

Et, tout comme pour les fous, les enfants et autres personnes sous tutelle, on se permet de limiter leurs droits fondamentaux et leurs libertés individuelles, au nom de leur bien.

L'enfer est pavé de bonnes intentions…

Portrait de jean.pierre

à Le requin rouge Portrait de Le requin rouge De jean.pierre

16H05 | 10/12/2008 | Permalien

oui le requin et j » y ajouterais le fait d'etre remis à la rue de bonne heure, heure ou il fait le plus froid ! pas cool de sortir d'un local souvent surchauffé dans le froid du matin

Portrait de Pseudo

De Pseudo

Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 13H51 | 10/12/2008 | Permalien

La question qui se pose est plutôt : êtes-vous pour que le gouvernement ait l'obligation de trouver un logement (et non une place en centre d'hébergement) aux SDF ?

Et dans ce cas, il me semble que la réponse est oui. Il y a, que je sache, un droit opposable au logement : plutôt que d'obliger les SDF, le gouvernement devrait d'abord faire face à ses obigations.

Portrait de Atlantis

De Atlantis

Etudiant apolitique | 14H02 | 10/12/2008 | Permalien

Triste tout cela…
Je serais favorable à la mesure si les centres d'hébergement étaient plus humains. J'ai appris d'un camarade ex- clochard que ce « était souvent que des endroits où le deal, les violences et les abus sexuels sont plus que répandus. De toute manière, quand un SDF vous dit qu'il préféré passer la nuit dehors, on s'imagine ce que peuvent être ces centres d'accueil.
J'aimerais croire que le gouvernement actuel va faire une tentative de relogement dans les nombreux apparts inoccupés de Paris, mais honnêtement, je n'y crois guère.
Rappelons nous enfin la promesse du candidat sarkozy “O SDF”.

Portrait de poltergheist atomique

à Atlantis Portrait de Atlantis De poltergheist atomique

opposant chronique a tendances rapp... | 23H21 | 10/12/2008 | Permalien

Je crois que le truc exact c'etait« zero sdf en 2009 ! »
houlaaaa ! va faloir se remuer le popotin Christine !
je comprend que tu stresse !

Portrait de Chlore

De Chlore

14H03 | 10/12/2008 | Permalien

 »…Mais alors, pourquoi un tel fossé entre les avis des associations qui se préoccupent des SDF, et l'opinion publique ? … »

Les avis des associations ne valent pas plus (voire moins) qu'un sondage de l'opinion publique : ce ne sont que les avis des associations et de leurs membres.

Donc que la population ne soit pas accord avec une ou des associations (en général pas forcement sur le sujet de l'article) n'a vraiment rien d'étonnant au contraire

Chlore

Portrait de shillom

à Chlore Portrait de Chlore De shillom

19H36 | 10/12/2008 | Permalien

Le problème, c'est que les associations sont informées sur ces sujets, alors que la population regarde le 20h et croit l'être…

Portrait de didja

à shillom Portrait de shillom De didja

out of nowhere | 20H48 | 11/12/2008 | Permalien

Exactement, l'avis d'associations qui connaissent le « problème » des SDF (enfin, je ne pense pas que les SDF soient un problème, le problème c'est l'existence de leurs problèmes ! ) est bien plus légitime que celui des sondés… Mais comme le gouvernement choisi telle ou telle opinion en fonction de ce qu'il veut en faire…

Portrait de minguinhirigue

à Chlore Portrait de Chlore De minguinhirigue

Architecte | 23H42 | 11/12/2008 | Permalien

Je trouve ce résultat bien alarmant : quand une majorité des spécialistes de l'accueil de personnes désocialisées insistent pour dire qu'elles ont un libre arbitre à respecter, le grand public a écouté sarko à la TEULEU ou suivit les positions d'après-guerre qui considéraient le vagabondage comme un délit, alors forcément, les avis diverges ! ?

Mais la politique, c'est l'opinion… On suit la volonté du peuple… quand elle nous arrange…

Et quelle volonté ! ? Comment contacte-t-on les SDF, les RMIstes et autres exclus qui ont un accès limité au téléphone ?
Ha, comme c'est drôle, les gens les plus concernés ne peuvent pas être interrogé, laissez moi rire !

Y en a-t-il vraiment qui imagine que les SDF se plaisent à rester sans abris quand il fait -5°C dehors ?
Mais quand les foyers sont pires que la rues ! Où va t'on ?

Portrait de jyeden

De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 14H20 | 10/12/2008 | Permalien

bravo docteur Panel
une tres bonne analyse
les questions posées devraient etre plus « decortiquées » ainsi
une sorte d'arret sur image

dans les années 70 (au moment de l'execution de buffet et bontemps)un sondage sur la peine de mort était (je cite de mémoire)
-l'application de la peine de mort en France avec la possibilité de grace presidentielle vous parait elle satisfaisante ?
- vous etes contre la peine de mort

vous noterez le caractère positif des terms « grace » et « satisfaisant »
les journaux de droite avaient traduit : 64% des Français sont pour la peine de mort….
( je crois en avoir déjà parlé)

Vous aviez évoqué la possibilité d'erreur dans les sondages du à ce qu'une fraction importante de la population ne dispose pas de téléphone fixe
est ce que cela a influé sur les sondages avant l'election présidentielle ou est ce que cela a été neutre ?
on doit en parler dans le petit monde des sondages et des sondeurs non ?

Portrait de Docteur Panel

De Docteur Panel (auteur)

Sondologue | 17H19 | 10/12/2008 | Permalien

Le fait qu'il n'y ait plus un mode de communication unique, universel et le même pour tout le monde, dégrade de plus en plus la représentativité des sondages. Mais pour savoir dans quelle mesure cette moindre qualité intrinsèque des sondages influe sur les résultats, il faudrait qu'on dispose d'un étalon, une sorte d'échantillon parfait, à l'aune duquel on pourrait mesurer la valeur des autres. On sait ce que c'est que l'or pur, on sait donc combien de qualité on perd en faisant du 18 carat plutôt que du pur. Rien de tel dans les sondages. Donc on ne peut pas savoir si, et de combien, les résultats ont été distordus par la non-qualité.

Tout ce qu'on remarque c'est que les sondages sont de plus en plus différents les uns des autres, à questions identiques, donc c'est un indice de non qualité (je lisais hier un 46% de popularité du président en décembre chez un institut, et 37% chez un autre… il y en a bien un des deux, ou les deux, qui se trompent ! )

« On doit en parler dans le petit monde des sondages », dites-vous… Voilà un « présupposé » bien naturel. Sauf que figurez-vous qu'on n'en parle pas tant que ça ! C'est un sujet plutôt tabou. Le truc dont tout le monde sait bien que c'est grave, docteur, mais tant qu'on n'a pas le médicament on dit que c'est psychosomatique et que ça passera tout seul.

Comme les instituts n'ont pas de solution facile et peu coûteuse pour récuperer de la valeur représentative, ils font semblant que le problème est anecdotique, et concentrent leurs efforts sur essayer de convaincre leurs clients que internet c'est représentatif (parce que c'est pas cher) que le téléphone aussi parce qu'il y a les quotas (ça ne prouve rien mais ça fait sérieux).

Et les clients sont eux-mêmes pas toujours suffisamment regardants sur la représentativité parce que trop de sondages servent juste à appuyer des idées et des convictions déjà forgées. Seuls ceux qui s'en servent pour apprendre vraiment des choses qu'ils ne savent pas sont exigeants. (Et ça existe quand même, heureusement ! )

Portrait de jyeden

à Docteur Panel Portrait de Docteur Panel De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 18H13 | 10/12/2008 | Permalien

merci
je pensais que les gens du métiers en parlaient entre eux
un petit peu du moins…
pas à leurs clients bien sur ! ! !

vos deux derniers paragraphes sont hyperbiens
ça pourrait s'appliquer à la pub
qu'importe si c'est une pub de merde du moment que le client achete le produit
et comme en fin de compte c'est le chiffre des ventes qui doit dire si une pub est efficace on ne saura jamais si c'est la pub qui est efficace ou si le produit est bon, ou s'il répond à une attente
trop drole tout ça
et moins drole le cout de tout ça puisque qu'en final c'est bien le consommateur (lecteur du journal) qui paye

Portrait de anton voyl

à Docteur Panel Portrait de Docteur Panel De anton voyl

gestionnaire administratif | 12H59 | 11/12/2008 | Permalien

Et remarquez toute l'hypocrisie de notre chère ministre du logement qui oublie de poser la question dans son entier : « Etes vous favorable à l'hébergement obligatoire des SDF en cas de grand froid et au gazage de ces derniers quand la température permet au consommateur de sortir, comme ce fut le cas à Argenteuil ? »

Et oui, c'était l'année passée… Les forces de l'ordre avaient chassé les clodos à coup de gaz puant ! ! Il est pas plus pertinent ce référondage maintenant ? ?

Portrait de doutagogo

De doutagogo

14H58 | 10/12/2008 | Permalien

Bonjour
« 73 % de bonnes âmes » : oui, car dans l'esprit de ces sondés, laisser les sans abri dans le grand froid serait équivalent à « non assistance à personne en danger ». J'ai été momentanément choquée par ce 73 %, mais en y réfléchissant c'est une bonne intention (enfin, j'espère ! ), même si elle est individuelle et provisoire. Les associations,elles, sont là pour le travail et la réflexion de fond : comment réinsérer les sans abris et leur assurer un vrai logement durable ?
Amicalement
Agnès
http://doutagogo.com

Portrait de Lugi

à doutagogo Portrait de doutagogo De Lugi

15H00 | 10/12/2008 | Permalien

C'était quoi l'énoncé de la question du sondage ?

Car bon en fait c'est pas que la réponse au sondage peut être interprétée différemment selon la question, mais en fait si.

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