
Crise financière : un sondage qui réunit carpes et lapins
C'est un petit sondage de l'opinion des Français sur la crise financière tout simple, avec juste trois questions. La première dit (à peu près) : la crise, c'est inquiétant ? Ouiiii ! répondent en chœur les Français (81%). La deuxième : Z'avez peur pour votre propre peau ? Ouiiii, se plaignent-ils encore (73%).
Et voilà, là s'arrête l'essentiel des commentaires des journaux qui ont repris l'info (le chapô du JDD.fr, la brève du Nouvelobs.com), comme de l'Ifop qui a effectué le sondage.
Et la troisième question alors ? Aha. Tout un poème, la troisième. C'est là où le stéthoscope du Dr Panel commence à frétiller. Ça lui arrive souvent devant les questions longues, pleines de justifications déjà toutes prémâchées pour les répondants.
La voici :
« Vous savez que le gouvernement américain est intervenu dans la crise financière aux Etats-Unis en nationalisant une banque d'investissement et une compagnie d'assurance. Vous, personnellement, pensez vous que l'intervention des Etats dans la sphère financière est une bonne chose ou une mauvaise chose ? »
Réponses suggérées :
- Une bonne chose, parce que les Etats doivent reprendre la main sur un système que plus personne ne maîtrise. 66%
- Une mauvaise chose, parce qu'il faut laisser le marché et les acteurs privés s'autoréguler sans intervention publique. 31%
- (Ne se prononcent pas). 3%
Voilà pourtant une claire majorité, pourquoi les journaux ne titrent-ils pas : « Deux Français sur trois en appellent à l'intervention de l'Etat ! » ?
« Ahah ! on fait moins le malin ! »
Décortiquons un peu le vocabulaire de cette question. Comme d'habitude, on a d'abord le « Vous savez que… » par lequel l'institut et son client imposent à l'interviewé leur propre lecture du contexte de l'actualité. Si l'interviewé n'était pas au courant, on biaise. S'il savait, mais appréhendait les choses différemment, on biaise aussi.
Ça fait déjà beaucoup de biais. Et ça fait trois fois que nous le signalons dans ces colonnes, l'Ifop et le JDD ne suivent visiblement pas le parcours de soins du Docteur Panel.
Ensuite, le gouvernement intervient « en nationalisant », précise l'institut. Le mot « nationaliser », dans une logique pérenne, évoque une option politique marquée du sceau de la gauche antilibérale. Or en l'espèce, il s'agit du sauvetage conjoncturel d'entreprises au bord de la faillite, par le gouvernement libéral d'un pays libéral.
L'emploi de ce mot est ici techniquement juste, mais politiquement un peu trompeur. Il permet à la gauche étatiste de se gargariser d'avoir gagné des points (« aha ! on fait moins le malin, hein ! » jubile-t-elle) sur la droite libérale, qui, tendant la sébille d'une main humble pour sauver ses stock-options, fait mine de faire amende honorable.
Enfin, les Etats doivent, propose l'institut, « reprendre la main sur un système que plus personne ne maîtrise ». Ce « re- » et cette référence à la perte de maîtrise justifient une intervention purement conjoncturelle, qui ne remet pas en cause pour autant le dogme libéral.
Les commerçants, bras-dessus bras-dessous avec les gauchistes
C'est ainsi qu'une question formulée comme au café du Commerce, crée dans un sondage un consensus artificiel qui met dans un même sac les tenants d'une régulation de l'Etat à titre permanent, et ceux qui aimeraient que les contribuables se cotisent juste quand ça se gâte.
Le plus drôle, c'est que ce malentendu se reflète dans le tri des réponses des différentes populations : en caricaturant un peu (c'est à dire en analysant l'écart par rapport à la moyenne de 66% plutôt que le pourcentage en soi), les artisans et commerçants -souvent d'authentiques libéraux anti-impôts- vont bras-dessus bras-dessous avec pas mal de « gauchistes » et quelques ouvriers, enjoindre aux banquiers de se dépatouiller tous seuls …
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Sondés favorables à l'intervention des Etats dans la crise financière
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| Se sentant proches… | ||||
| De l'extrême gauche ou du PC | 57% | |||
| Du PS | 67% | |||
| Des Verts | 65% | |||
| Du Modem | 75% | |||
| De l'UMP | 66% | |||
| Catégorie socioprofessionnelle | ||||
| Artisan ou commerçant | 47% | |||
| Ouvrier | 61% | |||
| Profession libérale ou cadre supérieur | 72% | |||
| Profession intermédiaire | 73% | |||
… tandis que les gens qui ne sont pas si mécontents du système tel qu'il est (les cadres sup, les modérés de tout poil, jusqu'à l'UMP et le PS qui se rejoignent dans une émouvante unité) sont plus prêts à mettre la main à la poche, accompagnant leur indulgence d'un froncement de sourcil : « Bon, pour cette fois je paie, mais la prochaine fois demande à papa avant d'investir n'importe où. »
Voilà donc une question mal posée, sur un sujet pourtant bien intéressant, qui se retrouve glissée sous le tapis parce qu'elle met les commentateurs un peu mal à l'aise.
L'actualité traitée vite fait - mal fait par une ou deux questions très réductrices
Pour être sûr de retrouver notre bon vieux clivage gauche-droite, le Docteur Panel propose la formulation suivante : « Dans une crise comme celle-ci, l'Etat ferait-il mieux de :
- Laisser crever les banques qui sombrent, et nationaliser celles qui font encore des bénéfices pour aller les distribuer (sous forme de tentes Quechua) sur le canal Saint-Martin aux gens qui auront perdu leurs sous dans les premières
- Réquisitionner les subventions de l'assistanat social et de ces feignants de la culture pour sauver les z'entreprises-qui-créent-des-richesses-qui-au-final-profitent-à-tous
- Gesticuler et parler très fort sans trop décider quoi que ce soit, en attendant de sentir où tourne le vent ? »
Plus sérieusement, ce sondage pose, outre le problème de la rigueur de la formulation des questions, celui du manichéisme des sujets d'actualité traités vite fait-mal fait par une ou deux questions très réductrices, alors que l'intervention ou non de l'Etat, en temps stable ou en temps de crise, et ses nombreuses modalités envisageables, relèvent d'un débat compliqué, qui mérite d'étudier l'opinion dans toute sa nuance.
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De el Chiquito
en promenade | 13H28 | 01/10/2008 |
Bravo Dr Panel, vous commencez a me reconcilier avec les sondages.
à el Chiquito
De zoblugubre
13H51 | 01/10/2008 |
L'expression « privatisation des fonds publics » est en fait plus adéquate que celle de « nationalisation ».
http://lmsi.net/spip.php ? article805
à el Chiquito
De NicolasTesla
| 23H31 | 01/10/2008 |
« Les vrais mafieux lisent le Financial Time ou le Wall Street Journal »
Voilà ce qu'écrivait Denis Robert dans « une affaire personnelle » sorti en avril dernier…
Parmi les sociétés qui ont réalisé le plus de bénéfices en une trentaine d'années, on trouve d'abord des banques. La magazine Forbes a établi en 2007 le Hit Parade des sociétés mondiales cotées en Bourse. Les critères du palmarès étaient les bénéfices. On mesure ici la rentabilité et non le chiffre d'affaires qui n'indique que la masse. Les banques américaines se partagent les premières places du classement, avec en tête Citygroup, qui était déjà premier l'an dernier. Il arrive devant Bank of America, qui a gagné une place. La banque britannique HSBC se place en troisième position. Ces banques sont toutes clientes de la multinationale qui me fait des procès et ont eu un représentant à son conseil d'administration. Les banques américaines occupent six des sept premières places. BNP Paribas est le premier groupe français et se place en quatorzième position, loin devant les pétroliers comme Total ou l'assureur Axa.
Les banques sont le fleuron du capitalisme. Elles sont aussi les sociétés les plus incontrôlables. L'un ne va pas sans l'autre. Toutes ces banques arrivées en tête du hit parade de Forbes ont ouvert des milliers de comptes dans tous les paradis fiscaux de la planète. D'un côté, on vente leur sérieux et leur stratégie. D'un autre, on les laisse défiscaliser à tout va. Les journaux n'évoquent jamais ce double jeu. Les journaux ne parlent jamais de leur pouvoir, mais se lamentent sur leur sort en cas de faillite ou de krach. Les banques sont de très gros annonceurs. La plupart des médias appartiennent ou sont gérés par des pools bancaires. Les banques sont à l'origine et à la conclusion de tout ce qui fait la vie économique et financière de nos sociétés. Elles sont intouchables. Elles sont la façade légale et la porte d'entrée du crime organisé dans nos sociétés. Je me suis intéressé à elles parce que j'ai compris qu'elles étaient une des clés du système de contrôle et d'appauvrissement de nos sociétés.
La banque, l'argent ne lui coûte rien.
Elle le fabrique et le revend. Le cash c'est pour la galerie ou les distributeurs automatiques. 99 % des masses monétaires qui circulent par le monde sont virtuelles. Cette fausse monnaie est investie en actions et en obligations. Puis, pour une part considérable, cachée dans des paradis lointains. Seules les banques savent y aller. Elles peuvent y libérer leurs rapacités. La seule différence entre une banque et une autre réside en sa communication. L'image qu'elle donne au monde. En vitrine, elles minaudent. Dans l'arrière-cuisine, elles sortent les griffes et les couteaux.
Les banquiers se sont partagé la planète. Mais à force de tirer sur les bénéfices, le marché se réduit. Alors les banques se bouffent entre elles. C'est leur côté mante religieuse. Les batailles sont terribles en coulisse. BNP a croqué Paribas. Citygroup a dévoré la banque d'investissement de Shroders. Deutsche Bank et Dresdner Bank ont muté. HSBC a englouti le Crédit commercial de France. L'espagnole Banco Bilbao a digéré la Banca Nazionale del Lavoro italienne. La hollandaise ABN Amro s'est farcie la Banque populaire de Vénitie. Fortis a mangé la Banque générale de Luxembourg. Après avoir roté un bon coup, elles continuent leur business qui consiste souvent à piller les États. Et donc à faire les poches des habitants de ces États.
Les banques vendent aux gogos leur capacité à faire gagner de l'argent. Elles sont la cheville essentielle du piège qui s'est refermé sur nous. Derrière la vitrine et l'apparence de sérieux, elles participent au dynamitage de nos démocraties. Elles nous attirent et nous entubent à coup de publicités hypnotisantes. Envoyez-vous en l'air avec un pass auto à 3 %, réalisez votre rêve de Home sweet home avec un crédit immobilier à 4 %, allongez-vous sur un matelas vacances à 5 %.
Pourtant à la seconde où un citoyen remet à son banquier ce qui lui appartient, ces dépôts deviennent, par une loi mécanique, un emprunt pour la banque. Qu'est-ce qu'il vient de déposer sinon le fruit de son travail ou de son héritage ? Qu'est-ce que la banque vient d'encaisser sinon de l'argent qui ne lui appartient pas ? Le premier succès des banques et le fait qu'elles soient les entreprises les plus florissantes de la planète repose sur ce hiatus. En créant le monopole de la circulation de l'argent, puis en inventant sa dématérialisation, elles font passer pour un service à leurs clients ce qui est un devoir très rémunérateur pour elles.
Les banquiers se servent de nos économies pour spéculer sur les marchés et inventer, avec la complicité des traders et autres dealers, de nouveaux produits de plus en plus pointus. Des fonds alternatifs qui donnent la possibilité de vendre du temps et du vent. Vous achetez des titres que vous ne payez qu'à 1 % de leur valeur. Vous les revendez dans la foulée en faisant une grosse marge. Et vous empochez le bénéfice. Si le marché plonge, ce n'est pas grave. La banque éponge avec l'argent de ses clients. Quand vous êtes à la tête d'une banque, vous êtes souvent à la fois acheteur et vendeur. Ce casino géant est toujours gagnant pour vous banquier, puisque vous spéculez avec l'argent des autres.
Les banques sont de belles putes maquillées avec distinction.
Leurs propriétaires sont des types souriants qui vous regardent les mains dans les poches de leur joli costume gris. Ils sourient tous de la même manière, le bridge éclatant. Ils vous fixent de leur regard clair. Ils sont debout devant leur banque, comme les tenanciers des bordels d'Amsterdam ou d'ailleurs. Vous passez en matant la vitrine. Vous entrez, choisissez votre pute, grimpez un escalier, suivez un couloir. Puis vous vous dirigez vers une suite de chambres qui sont communes à toutes les filles. Les chambres sont l'outil de travail collectif. Elles sont gérées par une hôtelière qui paie le personnel pour changer les draps, donner les clés, surveiller le bon déroulement des opérations. L'argent encaissé est reversé à l'hôtelière qui le refile au propriétaire en se gardant une commission. Le système fonctionne.
Chaque banque a un nom différent, une vitrine distincte, mais, à l'étage du dessus, les employés qui bossent pour les banquiers se retrouvent derrière les mêmes écrans et se partagent le même marché. En bas, le banquier peut continuer à vous montrer ses dents en faisant son baratin. En haut, les employés turbinent pour le collectif. Les organismes de compensation financière sont l'outil de travail commun à toutes les banques de la planète. On les appelle aussi des chambres. Elles paient des informaticiens, des chargés de clientèle, des programmeurs pour veiller au bon déroulement des transactions. Que vous achetiez à crédit une voiture, une maison ou une semaine de détente en Sicile, la banque vend un produit qu'elle a trouvé chez un grossiste commun. Libres à elles de le vendre plus ou moins cher, de vous l'envelopper de rose ou pas. C'est un travail d'image et de communication. Un travail de gagneuse. Les banques vous aguichent puis vous baisent.
Merci agoravox et denis robert (encore)
à NicolasTesla
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 22H46 | 02/10/2008 |
@ Nicolas Tesla : Bonne idée de tout retrouver au même endroit : -))
Pour ces raisons, tous les sondages pourraient viser a ne mesurer qu'une seule variable : la confiance
http://les7duquebec.wordpress.com/2008/09/22/une-crise-de-confiance/
Pierre JC Allard
De mongarsrikou
13H31 | 01/10/2008 |
tout ça a un sens ! Avec des sondages rédigés de la sorte, ce n'est pas « pour ou contre le capitalisme », mais « un peu d'état ou pas du tout dans le cocktail libéral ». Il ne faut surtout pas dire du mal du malade, même s'il pue la charogne…
à mongarsrikou
De violeta
psy | 16H16 | 01/10/2008 |
Normal, ce malade est un vieu grigou qui a passé toute sa vie à courir le monde, à « faire des affaires » excitantes et redoutables dans les villes des ex-colonisés. Seules les suaves blondes colorées d'un hôtel de passage ont pu profiter un soir de sa fortune accumulée. Il a laissé femme enfants et la tantine se débrouiller tout seuls pour assurer leurs vies, il a craché sur ses anciens amis qui l'ont connu « tout petit » et peu sublime.
Revenu parfois dans son pays il a dédaigné le sourire d'un frère, ri à la lapidation administrative d'« un gueux », moqué la pauvreté comme une tare incompréhensible tout en l'appelant de ses voeux pour garantir ses privilèges. Le monde devait, selon lui, continuer de s'affronter dans des guerres inévitables pour qu'il puisse dans l'immense profit qu'elle lui permettait d'assouvir se rassasier des paradis terrestres (il s'improvisait parfois marchand d'armes).
Un Jour, une mauvaise affaire le plongea dans une dépression qui lui assena un « coup de vieux ».
Pris d'un remord de circonstance et craignant ne plus pouvoir retrouver ses anciens circuits, il tenta un retour spectaculaire vers son ancienne épouse qui l'accueillit sans sourciller, railla pourtant les anciens amis venus lui réclamer un regard. Et alors même qu'il se sentait défaillant, il remarqua qu'aucun des pauvres hères ne s'en était rendu compte.
Il se secoua. Dans l'amour que chacun lui vouait secrètement il reçu un soutien financier conséquent pour l'aider à redémarrer. Ils étaient tous Aveuglés par l'envie d'être à sa place, il réalisa qu'aucun obstacle ne s'élèverait jamais plus devant ses ambitions d'en finir tout à fait avec sa condition humaine.
C'est pourquoi, pourtant affaibli, il redevint un Monstre…. avec l'aide de tous.
Personne n'a jamais su s'il avait vraiment disparu sur cette route obscure qu'il avait prise sans se retourner. Parfois le soir on entend dans la brume des cris d'agonie et des bruits de batailles enragées qui parviennent de contrées lointaines…
Bientôt ils seront là.
à violeta
De pablico
20H46 | 01/10/2008 |
Quand on a une crise de foie, ou d'autre chose c'est qu'on est un peu responsable de cet état de fait..
Mais se manger une crise économique, alors que le simple citoyen n'en est pas responsable, c'est très très injuste, ce n'est pas non plus une catastrophe naturelle qui nous tombe dessus.
Ce genre de crise peut-être comparé à une guerre, où l'on se fait agresser, sans qu'on ait déclaré la guerre, ni cherché aucune noise à l'agresseur.
alors on nous explique cela, en faisant une bonne communication, en faisant très attention à la dialectique employée pour ne pas affoler.
Mais le nombre de faillites, de chomeurs, de salaires en berne, de pouvoir d'achat, de déconfitures de toutes sorte lui ne ment pas.
Les chiffres (mêmes truqués), les résultats, les conséquences sont têtus.
écope, écope, l'essentiel c'est d'avoir l'air de faire quelque chose vu dans courrier international
De Franz LORBACH
Hétérosexuel urbain, curieux et con... | 13H33 | 01/10/2008 |
Qui a commandé ce sondage à l » IFOP ?
à Franz LORBACH
De Docteur Panel
(auteur)
Sondologue | 15H24 | 01/10/2008 |
Le Journal du Dimanche.
à Docteur Panel
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 21H18 | 01/10/2008 |
Dr Panel
Pourquoi n'existe-il pas de sondages permanents en continu sur Internet, posant une foule de questions d'intérêt public, dont celle la satisafaction envers le gouvernement ?
Cela permettrait a tout le monde de suivre au jour le jour l'évolution de l'opinion publique, plutôt que de cacher soigneusement ces renseignements au profit des initiés, n'en révelant que des bribes au moment et sous la forme que ceux-ci jugent opportune.
Un peu de démocratie…
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/613.html
à pierrejcallard
De Docteur Panel
(auteur)
Sondologue | 21H52 | 01/10/2008 |
Ces sondages existent déjà sur une base mensuelle, faits par au moins 5 ou 6 instituts, je trouve que ça fait déjà beaucoup… Et que ces résultats ne sont pas vraiment cachés, et même largement médiatisés - trop à mon goût !
Vous devriez mettre quelques-uns de ces instituts dans vos favoris sur Internet, vous aurez votre information de façon plus détaillée que dans la presse.
Mais c'est plus la profondeur de l'information qui manque, que sa fréquence, me semble-t-il.
L'idée du sondage en continu sur Internet pose des problèmes de représentativité : Le sondage n'est valide que s'il est basé sur un échantillon représentatif, or si on publie les réponses des répondants au fur et à mesure, comme sur les petits sondages « maison » que font certains sites, ce serait compliqué d'assurer cette représentativité. Il faudrait éliminer au fur et à mesure des réponses de personnes sur-représentées, ou bien redresser les données en continu.
A cela s'ajoute le problème de la valeur représentative d'Internet, qui est le sujet d'une grosse polémique dans le monde des sondages. L'institut Opinionway est au coeur de cette polémique, puisque il réalise ses sondages sur ce mode bien que seulement 2/3 des foyers environ soient équipés.
à Docteur Panel
De Mercenaire
Zenator | 22H19 | 08/10/2008 |
Grosse polémique dans ce monde ? De la part de qui ? Tous les instituts utilisent internet comme mode d'interrogation, si je ne me trompe pas ? Peut-être est-elle alimentée par les mêms qui nous expliquaient il y a 20 ans que les sondages par téléphone ne valent rien.
Avec plus de 30 millions d'utilisateurs d'internet, on doit bien pouvoir faire un échantillon de 1000 personnes qui ressemble à la population, non ?
De marsman
esprit critique | 13H36 | 01/10/2008 |
Excellent article… bravo. Le problème c'est que le recours aux biais pour orienter le débat est tellement courant…
De dt_ytsejam_dt
Frouze en Suisse. | 13H41 | 01/10/2008 |
Très bon article…Tellement Vrai…
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H28 | 01/10/2008 |
J'ai toujours pensé qu'il fallait regarder la formulation d'un sondage avant de regarder sa réponse. Le Dr Panel vient de nous en faire une brillante démonstration et le pire, c'est qu'à l'IFOP, à la SOFRES, ils gagnent de bons salaires vu ce qu'ils font payer aux « demandeurs ». Au fait, ce sont les instituts de sondage ou ceux qui les sollicitent qui rédigent les questions… ? !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De Docteur Panel
(auteur)
Sondologue | 15H31 | 01/10/2008 |
Ce peut être l'institut qui propose la formulation, et le client qui donne son accord, ou le client qui la propose, et l'institut qui la prend telle quelle ou qui l'amende. Au bout du compte, les deux se mettent d'accord et sont solidairement responsables des questions posées.
A partir de là, quand le sondage est de qualité tout va bien, mais quand ils ont du mal à assumer, le client s'abrite derrière l'expert (« c'est son boulot, c'est lui qui sait poser les bonnes questions »), et l'institut derrière sa subordination au client (« le client est roi, si je ne fais pas comme il veut il confiera le sondage à un concurrent qui, lui, ne fera pas tant de manières »).
De Humain
14H50 | 01/10/2008 |
Il est particulièrement notoire d'observer que le recours à l'Etat est compris toléré ou accepté par la majorité des sondés.
Par ailleurs si les sondages étaient « prévisionnels » :
-1- Balladur aurait été élu président en 95
-2- Jospin aurait été au second tour en 2002
-3- Kerry aurait été élu à la place de Bush
-4- etc…
Mais le gros problème est qu'un sondage est un sondage, pas une prévision.
à Humain
De Astre-noir
16H49 | 01/10/2008 |
Le seul véritable plantage d'un sondage pré-électoral concerne les élections législatives de 1997 (post-dissolution) : Pas un seul institut n'avait prévu la victoire de la gauche.
Pour le reste :
Balladur était donné gagnant en 1994, alors que Chirac était au fond du trou…En revanche, dès le début de l'année 1995, Balladur a commencé à dégringoler, Chirac a commencé à remonter, et les deux courbes ont dû se croiser vers février ou mars, et ensuite, Chirac est toujours resté devant Balladur. La surprise a été la 1ère place de Jospin au 1er tour, qu'aucun institut non plus n'avait prévu…Mais la 1ère place au 1er tour, ce n'est qu'anecdotique.
Concernant l'élection de 2002 : les derniers sondages donnaient Jospin et Le Pen très près l'un de l'autre, ce qui avait commencé à inquiéter certains observateurs avisés, comme Glavany, directeur de campagne de Jospin (voir le documentaire « Comme un coup de tonnerre ») qui se disaient que Le Pen pourrait bien passer devant.
Pour les élections américaines de 2004 : Kerry a été en tête des sondages jusqu'à la convention républicaine (début septembre). Après, Bush est repassé devant, pour y rester.
Et en plus, vous êtes complètement hors sujet, puisque le problème soulevé par le Docteur Panel était :
« Comment la rédaction de la question peut influencer la réponse ? » et non pas « Les sondages sont-ils prévisionnels ? »
De spidermoon
célibataire endurci | 15H15 | 01/10/2008 |
Un sondage c'est comme un bikini, cela donne des idées mais cache l'important : -)
Et dans le sondage sauce Rue 89, on pourrait ajouter
4 - Arrêter les banquiers et préteur irresponsables et les rouler dans le goudron et les plumes
De spouny_boy
Lynchez moi j'aime ça !! Mais gaf a... | 15H18 | 01/10/2008 |
Bizarre en effet que la 3ieme question ai été occulté par les média, surtout que c'est la seul qui demande un avis sur quelque chose a faire, les 2 autres sont juste sensationnelles ( » Oui j'ai peur on va tous perdre et tous mourrir au mon dieu sauvez nous ! « ).
Mais ce que ce sondage met en lumiere c'est la preuve qu'un majorité de personne ne croi plus en le modèle capitaliste dur, et je pense que c'est pour cela que le plan de sauvetage a été refusé au USA car les républicain y on vu une intervention trop poussé de l'état dans l'économie. Et surement que les Démocrate qui on voté contre veulent laisser les banques patauger dans leur merde parce qu'elle on voulu joué avec le feu et se sont brulée => “Tant mieux pour elles, elles l'ont cherché” doivent t'il se dire.
Mais quide des épargnant qui on tout perdu ? c'est facile de sauvé les banque mais ceux dans ces banque qui on tous perdu ben ils sont dans la panade et personne en parle ou presque.
PS Notre gouvernement nous a assuré que 1 euro sur un compte était 1 euro qu'on garderai (en gros on ne perdrai rien) mais si ça fais comme au Zimbabwe où l'inflation a fait baisser la valeur de l'agent a rien du tous donc c'est cool d'avoir des sou mais si on peu plus rien acheter on est mal.
à spouny_boy
De Rvicier
Con-Trôleur | 17H37 | 01/10/2008 |
Mille excuses :
écrire « capitalisme dur » est un pléonasme.
De Gringo
| 15H34 | 01/10/2008 |
Perso, ce qui m'inquiète dans cette dernière question, c'est effectivement le « Vous savez… »
1. Je pense que pas mal de personnes soit ne savent pas, soit savent de loin ce qu'est le plan Paulson. On communique très bien sur le chiffre de 700 milliards, mais je crois que peu de gens s'intéressent à savoir à quoi sont utilisés ces 700 milliards (aide à l'entreprise, aux ménages endettés, rachat, nationalisation… ? )
2. On touche là à des questions assez précises d'économie (macro et micro économie) qui réclamnet un minimum de connaissances sur le sujet je crois. Ca me fait penser à l'article de Rue89 qui a donné l'idée d'éco89 (c'est d'actualité) à savoir que font les banques centrales quand elles « injectent » du pognon… Perso, j'ai toujours pas bien compris.
En bref, je suis surpris de lire que seuls 3% des sondés « ne se prononcent pas ».
Et je me demande, par suite, si l'opinion publique n'est pas dangereuse quand elle se prononce sur des sujets spécialisés et pointus comme celui-là, sans le matriser.
à Gringo
De spouny_boy
Lynchez moi j'aime ça !! Mais gaf a... | 15H41 | 01/10/2008 |
« Et je me demande, par suite, si l'opinion publique n'est pas dangereuse quand elle se prononce sur des sujets spécialisés et pointus comme celui-là, sans le matriser. »
+1
J'ajouterai même que la masse n'a pas toujours raison (ya qu'a voir le top 10 des ventes culturelles pour se rendre compte de la sous culture généralisé, vive Johnny ! ! XD )
à spouny_boy
De Gringo
| 15H47 | 01/10/2008 |
Pour moi, c'est un peu comme si l'architecte, l'entrepreneur et le bureau d'études se tenaient devant le chantier et demandaient aux passants dans la rue :
Vue la taille du bâtiment,
1. Pensez-vous que les poteaux sont suffisamment gros ?
2. Avez-vous peur que les poutres soient trop longues ?
3. Estimez vous que le système de fondations est adéquat ?
A la rigueur, on peut demander, mais de là à en tenir compte… (Même en répartissant les réponses par locataires de HLM, d'appartement, de maisons individuelles et les propriétaires).
On peut prendre leur avis sur « est ce que vous trouvez que le bâtiment a de la gueule ? », je crois que c'est intéressant, mais à la rigueur ça ne regarde que l'archi…
à Gringo
De Dany-de-montreuil
19H31 | 01/10/2008 |
Gringo, peut-être avez vous divagué, mais j'ai beaucoup aimé la façon dont vous divagâtes !
à Gringo
De Docteur Panel
(auteur)
Sondologue | 15H59 | 01/10/2008 |
Cher Gringo, j'ai envie de répondre à deux points pour défendre l'essence de ce métier :
1. L'opinion n'est pas intrinsèquement dangereuse, ce n'est tout de même pas elle qui décide. Ce qui est potentiellement dangereux, c'est la façon dont les décideurs s'en prévalent, après l'avoir sollicitée à mauvais escient ou de façon manipulatoire.
2. Quelque pointus que soient les sujets, les quidams n'ont pas à se prononcer sur la solidité des poteaux, mais en revanche leur opinion sur le versant politique de la question que pose cette crise, c'est à dire le rôle qu'ils sont prêts à donner à l'état, au secteur privé, etc., est valable même s'ils ne comprennent pas le plan Paulson. Dire que c'est un débat d'expert, c'est confisquer le débat politique et le remettre dans les mains de quelques individus qui n'ont aucun mandat ni représentativité de quoi que ce soit à part leur propre profession.
Ca c'est mon point de vue de sondologue…
à Docteur Panel
De Gringo
| 16H10 | 01/10/2008 |
Soit, j'en prends bonne note.
Pour préciser un peu mon point de vue (c'est vrai que j'ai divagué).
Je sais bien que l'opinion n'est pas décideuse (« à la rigueur, on peut demander, mais de là à en tenir compte »). En fait, je suis surtout surpris que seuls 3% ne se prononcent pas.
Et j'ai l'impression que ce genre de sondage ne vise qu'à convaincre les non-sondés de ce qu'il est bon de penser (vous vous rendez compte, tous les bords politiques sont inquiets et souhaitent une intervention de l'état), mais je ne vois pas l'intérêt d'un tel sondage pour les décideurs, justement. Une côte de popularité, oui, certains sujets moins pointus ou plus personnels (prévisions avant élection etc.) etc. je comprends l'intérêt pour les politiques.
Mais dans le cas présent, là, je sèche.
à Gringo
De Docteur Panel
(auteur)
Sondologue | 16H34 | 01/10/2008 |
Apparemment, comme vous les commentateurs sèchent aussi, c'est pour ça qu'ils ne parlent pas beaucoup de cette 3è question ambigüe !
Je vous rejoins dans l'idée que connaître ces résultats, en l'occurrence, ne peut guère éclairer les décisions de politiques. ..
à Gringo
De Humain
16H59 | 01/10/2008 |
Les milliards « injectés » ne sont pas de l'argent… C'est grosso modo une autorisation de prêt…
De Berti
chercheur | 15H52 | 01/10/2008 |
Sans chercher dans les détails, c'est biaisé à la racine de la question même : qu'entend t-on par intervention ? Voilà une chose qui n'est pas débattue.
Je m'explique : je suis contre une intervention des Etats s'ils interviiennent pour renflouer les activité spéculatives et recycler les titres pourris. En revanche, je suis pour une intervention des Etats, si c'est pour mettre les banques et les assureurs en redressement judiciaire, c'est à dire qu'en renfloue les banques mais pour sauvegarder leur participation à l'activité économique réelle et on met tous les actifs titrisé à la poubelle.
Sauver le système bancaire c'est bien, mais ne pas le remettre sous la tutelle des économies nationales c'est fou.
A ce sujet, je conseille de suivre l'intervention de Lyndon LaRouche ce soir à 19h en direct de Washington et traduit en français, sur www.larouchepac.com