« It's a Free World », de Ken Loach : petite mécanique du libéralisme

'It's a free world', de Ken Loach (Diaphana Films).

Un long plan subjuguant de sens et lourd de symbole ouvre le dernier film de Ken Loach, « It's a free world » : plongée rythmée dans une salle de recrutement pour les travailleurs immigrés, quelque part dans le Londres aujourd'hui.

La pièce, mobilier spartiate et tableau noir au mur, a des allures de classe d'école primaire. Retour, donc, aux sources (de l'espérance), à l'âge des désirs, des possibles, des espoirs. Chacun attend son tour. Les langues étrangères se confrontent, les interprètes se succèdent. Petite Babel où une liberté par le travail pourrait émerger.

C'est précisément la fonction d'Angie que de procurer du travail à ces nouveaux-venus sur le territoire britannique et, partant, de leur offrir une liberté. Dans son entreprise, elle réussit formidablement bien, par ses qualités évidentes de communication, d'efficacité et d'adaptabilité. Dans la vie, elle est une jeune mère célibataire, une courageuse, une battante.

Aussi, le jour où elle se fait licencier pour avoir violemment réagi à des attouchements de la part d'un supérieur dégoulinant, Angie ne s'effondre pas, et monte sa propre agence d'intérim, avec l'aide de sa précieuse colocataire et partenaire Rose. Et veut se faire une place à tout prix dans ce « Free World » de brutes et de machos, où chacun tente de s'en sortir, où chacun roule pour soi, suivant son instinct primaire, animal, de survie.

Refléter en miroir le visage de notre bonne et chère société capitaliste

Après les luttes intestines de l'Irlande dans « Le vent se lève » (palme d'or à Cannes), le réalisateur, témoin sans égal du fait politico-social, revient donc à la contemporanéité la plus aigue pour nous interroger sur les conséquences du libéralisme.

Dépeindre les problématiques politico-sociales de notre temps, Loach l'avait déjà fait avec « Bread and Roses » et ses immigrés mexicains aux Etats-Unis, avec les ouvriers du rail dans « The Navigators », enfin avec la communauté pakistanaise de Grande-Bretagne dans « Just a Kiss ».

Il ne fait que ça, d'ailleurs, de refléter en miroir le visage de notre bonne et chère société capitaliste. Elle est belle, la mondialisation, avec son économie libérale qui permet à tant d'immigrés de venir travailler « chez nous » (comme on dit dans certains partis). Elle n'apporte presque que des bienfaits du reste, aux entrepreneurs avares de scrupules et affamés de réussite ; aux travailleurs clandestins, eux, tout bonnement affamés…

Loach, défenseur des injustices et de silences complices

Ken Loach confie, dans une interview à Rue89, sa vision de l'esclavagisme moderne, comment « l'absence de stabilité a vraiment changé la vie des gens » :



Dans « It's a Free World », c'est donc à travers le portrait d'une femme, d'une blonde, d'une nana aussi sexy que carnassière, aussi douce que brutale que le cinéaste anglais témoigne. C'est à travers elle qu'il porte ce regard particulièrement dur et démonstratif sur notre bonne conscience hypocrite. Et choisir cette touche féminine pour dire un monde si masculin diffère de son humanisme coutumier. L'humour si subtil de Loach, pourfendeur d'injustices et de silences complices, en devient ravageur.

A travers l'histoire d'Angie, formidablement interprétée par Kierston Wareing, et à travers son entourage, enfin, le réalisateur constate : l'oppressé est aussi oppresseur, le cynisme ambiant permet à chacun de se déresponsabiliser, de se dédouaner, le système repose sur ce terrible enchaînement de peur et de violence.

It's a free world de Ken Loach - avec Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek - 1h33 - Grande-Bretagne.

 


Cette semaine, on aime aussi…

'L'Année où mes parents sont partis en vacances (Haut et court).L'Année où mes parents sont partis en vacances. Brésil, 1970, année de la grande et mythique Coupe du monde de football. Années noires de la dictature, surtout. Alors que ses parents cherchent justement à la fuir, Mauro, 12 ans, doit aller vivre quelques temps chez son grand-père -tout juste mort lorsque son petit-fils arrive chez lui.

Du coup, c'est un voisin austère et pratiquant qui le recueille d'abord, puis toute la communauté de ce quartier juif de Sao Paulo. Papa, communiste de la première heure en danger, a promis de rentrer bientôt. En attendant, c'est la vie inoffensive et presque décorative d'un petit gars qui est dépeinte, intéressante toutefois pour la reconstitution des lieux et de l'époque.

L'Année où mes parents sont partis en vacances de Cao Hamburger - avec Michel Joelsas - 1h45 - Brésil.

 

'Actrices' (Mars Distributions). Actrices. Marcelline est une quadragénaire célibataire obsédée par sa réussite professionnelle en tant qu'actrice -qui lui a jusqu'ici plutôt souri- et par un désir encore inassouvi d'enfant. Partant, donc, d'un géniteur.

Qui avait apprécié le « Chameau », premier film de Valeria Bruni-Tedeschi, sera ici un peu déçu du voyage - out aussi fantaisiste et profond, mais aussi tout en longues langueurs -à travers les coulisses du métier d'acteur et les névroses tragi-comiques des personnages. Quelques moments où sourire, tout de même.

Actrices de et avec Valéria Bruni-Tedeschi - avec Louis Garrel, Mathieu Amalric - 1h47 (en salles depuis le 26 décembre).

 

'XXY' (Pyramide distribution).XXY. Alex est une très jolie adolescente de 15 ans tourmentée par un lourd secret : elle est hermaphrodite. Réfugiée avec ses parents dans un petit village de pêcheur d'Uruguay, où ils crurent taire (et enterrer ? ) le plus longtemps possible cette identité peu commune, Alex commence bientôt une descente aux enfers.

C'est l'arrivée au village d'un autre ado, d'un type bien, qui va accentuer son trouble. Un sujet casse-geule ici plutôt habilement traité. La réalisatrice use ici de pudeur délicate pour dire la détresse existentielle et le malaise de ces années-là -non sans quelques longueurs toutefois, dans une sorte de faux-rythme.

XXY de Lucia Puenzo, 1h31, avec Ines Efron, Guillermo Angelelli, Ricardo Darin…

28 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de hagalma

De hagalma

16H34 | 02/01/2008 | Permalien

Travailleurs de tous les pays, unissez-vous. Vieux slogan peut-être, que plus personne n'ose utiliser : désuet, dépassé, etc. Mais un jour ça peut redevenir moderne, tout à fait actuel : sécuriser moins le travailleur pour « plusvaluer plus » a certainement des limites. Il semble ne plus y avoir d'autre chose à sauver que l'Entreprise. Mais il peut y avoir aussi la mondialisation de la révolte, non ?

Portrait de pablico

à hagalma Portrait de hagalma De pablico

15H57 | 04/01/2008 | Permalien

avant la mondialisation , et quand il y avait le communisme, le marché était restreint. Le travailleur était aussi le consommateur. Donc il fallait trouver une équilibre (30 glorieuses).
Le mur a sauté, leur salaire étaient bas, le potentiel de consommateur/Travailleur a explosé en nombre et géographiquement, et les transports très peu chers.
Ils exploitent ce filon (mondialisation).
Mais comme tout filon se tarit, On passera à autre chose. Mais le verrons nous ?

Portrait de Aartus

De Aartus

17H16 | 02/01/2008 | Permalien

MARCHE SUR LE CRA DE VINCENNES

Les sans-papiers font une marche sur le centre de rétention de Vincennes pour la libération de tous les sans-papiers et exigent la fermeture des centres de rétention.

Jeudi 3 Janvier 2008 Départ 16h00 à Porte Dorée / Musée de l'Immigration

Portrait de fabrice.foucher

De fabrice.foucher

21H00 | 02/01/2008 | Permalien

Une dénonciation sans faille du commerce d'hommes. Au début, les immigrés ont un nom. A la fin, ce sont des Ukrainiens sans nom. Angie et Rose perdent toute leur humanité dans cette expérience. Quelle image pour son fils ? Quelle discussion terrible avec son père (un des moments forts du film). Ce n'est pas le meilleur Ken Loach, mais comme toujours il fait mouche pour dénoncer ce sur quoi nous fermons les yeux.
Mais comme toujours la même question, que pouvons nous faire de plus que de nous indigner ?

FF

Portrait de Fozzie

De Fozzie

21H21 | 02/01/2008 | Permalien

1er post de l'année, alors bonne année à Rue89 et à ses lecteurs.
Petite anecdote : il y a 3 ans, je suis allé visiter l'Irlande, pays dont la population a été on ne peut plus exploitée par le passé. En regardant les infos à la télé ( RTE ), j'ai appris que les routes irlandaises étaient refaites par des Turcs en grève pour être payés… C'est ça la modernité : une fois riche, l'Irlande reproduit ce dont elle a été victime. Ça ressemble furieusement au film de ce cher Ken LOACH.

Portrait de king selewa

De king selewa

22H18 | 02/01/2008 | Permalien

si le travail de Mr Loach pouvait ne serait-ce qu'ouvrir les yeux sur l'inanité du capitalisme poussé à l'extreme, de sa profonde injustice…la route est longue…mais la paix viendra..
www.myspace.com/kingselewa

Portrait de Vincent.Guillot

De Vincent.Guillot

23H13 | 02/01/2008 | Permalien

XXY, la fin d'un tabou !

Pour nous les intersexes, XXY est le premier document qui parle de nous tel que nous sommes.

Enfin, il est des personnes qui ne nous regardent pas comme des monstres, qui comprennent que nous ne sommes ni des malades, ni des ratés et que l'on peut se vivre au delà de l'homme OU de la femme, que les opérations de normalisation ne sont que des boucheries.

Notre communauté dont la parole n'émerge (enfin) que depuis 1993 réclame la fin des mutilations hormono-chirurgicales car ce que le corps médical n'a toujours pas compris (particulièrement en France), c'est que nous aimons nos organes génitaux, nous voulons les garder intacte mais surtout que l'intersexualité ne peut être pas vue seulement à l'aune de ce que nous avons ou pas entre nos jambes : Être intersexe est un état, pas une malformation et concerne tout l'être.

Et puis, au nom de quoi fabriquer des « petites filles » en coupant les organes du plaisir (pénis supposé trop petit ou clitoris supposé trop grand) à un enfant sur deux mille pour fabriquer un trou qui se refermera si les parents ne le dilatent pas régulièrement au moyen d'une espèce de gode, pratiquant ainsi sur injonction des médecins un viol incestueux qui n'a rien de symbolique.

De plus, dépourvue des ses organes du plaisir, si à l'age de la puberté (qui n'aura pas lieu car elle aura été castré), la personne souhaite garder ce trou qui est sensé représenter un vagin, elle devra encore subir des opérations chirurgicales car celui fait lors de l'enfance ne grandira pas. Dès lors elle devra elle même se dilater ad vitam eternam avec l'artefact du pénis qu'on lui a retiré.

Alex a eu l'opportunité de choisir en toute connaissance de cause et n'a fait qu'un seul choix assumer ce qu'ille est.

Cette possibilité existe dans certains pays tel que le Canada ou la Suisse, de plus en plus en Grande Bretagne et il y a suffisamment de recul pour affirmer que ceulles qui ont été mutilés le regrettent touTES, que ceulles qui ne l'on pas été ont su se construire solidement une identité intersexe. CertainEs choisiront de se masculiniser, d'autre de se féminiser, avec des résultats opératoires stupéfiants lorsqu'ils sont pratiqués une fois que le corps est adulte, mais la majorité choisiront comme Alex d'être se qu'illes sont, des hermaphrodites.

Vincent Guillot
Fondateur du mouvement intersexe en Europe.

http://www.intersexualite.org/
http://oii-france.blogspot.com/

Portrait de Free Rider

De Free Rider

ingénieur télécoms en Ile-de-France | 23H47 | 02/01/2008 | Permalien

Malheureusement, encore une oeuvre ratée du spécialiste du film « social » misérabiliste, qui comme d'habitude tombe à côté de la plaque, et va une fois de plus rassurer les antilibéraux instinctifs sur leurs propres préjugés.

Ken Loach est sans doute sincère (il ne ferait pas ce genre de films depuis 40 ans sinon), mais il a choisi des coupables « faciles » (les patrons, les politiciens dits « libéraux », etc.) sans prendre la peine de dénoncer les vrais coupables, ce qui demande de regarder un peu plus loin que le bout de son nez.

Oui, certains travailleurs immigrés sont exploités dans des conditions sordides dans les pays développés. Oui, c'est révoltant. Mais Monsieur Loach, une fois que vous vous êtes indigné à juste titre sur cette situation, mettez-vous donc à réfléchir ! ! !

D'après vous, pourquoi tant d'immigrés quittent-ils leur pays pour venir travailler chez nous dans des conditions misérables (par rapport à nos standards) ? Parce que les conditions de travail sont encore plus misérables chez eux. Et encore, la plupart du temps, c'est qu'il n'y a tout simplement plus de travail dans des sociétés humaines anéanties par des décennies de dictature collectiviste.

Alors oui, certains patrons chez nous en profitent, et c'est mal. Mais s'ils le peuvent, c'est parce que les dictateurs des pays sous-développés ou en voie de développement (Afrique, Europe de l'Est, Moyen-Orient, Chine…) ont tout fait pour créer des situations de détresse humaine inouïes pendant des décennies, et qu'on continue à les laisser faire. Si parfois certains patrons n'ont pas d'autre choix que de sous-payer ou de licencier, c'est :
- d'une part parce que les dirigeants politiques dans nos pays s'acharnent à punir les épargnants (donc les entreprises) par une fiscalité délirante sous prétexte de lutter contre une misère qui est leur principal fonds de commerce (mais comme par hasard en France, plus la fiscalité augmente, plus le pouvoir d'achat diminue)
- d'autre part parce que ces patrons se retrouvent malgré eux en concurrence avec des pays qui violent allègrement la dignité humaine en réduisant les travailleurs à l'état d'esclaves.

Pour avoir travaillé quotidiennement pendant des années avec des Roumains, des Albanais, des Chinois… beaucoup moins payés que moi à travail égal, je connais bien ce problème car c'est eux-mêmes qui l'expriment dans les termes ci-dessus, avec une étonnante lucidité quand on pense à ce qu'ils ont subi. La différence par rapport à ceux qui préfèrent se complaire dans leur situation de victimes en désignant des coupables chez nous dans l'espoir compréhensible d'en tirer un bénéfice immédiat, c'est que ceux-ci avaient la rage de s'en sortir, et étaient prêts à accepter des années de sacrifice pour redevenir maîtres de leur destin (ce qui était encore possible en France, mais impossible dans leur pays d'origine). C'est aussi parce qu'ils en avaient encore la force morale et surtout parce qu'ils avaient survécu à leur pays natal. Aujourd'hui, plusieurs d'entre eux, dégoûtés de la France qui les rackette à son tour dès qu'ils commencent à gagner de quoi vivre dignement, ont émigré au Canada ou en Australie, et gagnent plus que moi. Comme par hasard, les flux migratoires vont toujours des pays moins libéraux vers les pays plus libéraux, mais c'est sans doute parce que les pauvres sont des imbéciles…

Alors Monsieur Loach, au lieu de passer toute votre vie à vous tromper, ouvrez enfin les yeux et attaquez-vous aux vrais responsables des situations que vous dénoncez : les dictateurs de tous poils qui opriment encore aujourd'hui plus de la moitié de l'humanité.

Si vous le faites, vous vaudrez mieux que nos hommes politiques démagogues, à qui pour l'instant vous servez la soupe sans vous en rendre compte.

Portrait de Un compte supprime

à Free Rider Portrait de Free Rider De Un compte supprime

nc | 04H08 | 03/01/2008 | Permalien

Mauvaise analyse cher « free rider » (en Francais ca fait quoi ? )
Ces Roumains et autres refugies economiques ont sans doute la rage de s'en sortir et croient que le capitalisme de nos democraties y pourvoira. Ils s'apercoivent alors qu'il faut payer des impots et fuient plus loin… belle mentalite. Et quelle valeur d'exemple ont-il. Je me considere mieux informe et politiquement plus pertinent qu'un emmigre roumain eduque en roumanie. Je ne suis pas sur qu'ils aient eu veritablement l'infomation et l'education necessaire a l'analyse politique et economique de la globalisation.

Ceux qui restent, donc, se « complairaient dans leurs situation de victime »… Oui on sait bien que les pauvres se commplaisent dans la pauvrete et qu'il ne tiendrait qu'a eux de devenir riche, si seulement ils avaient « la rage de s'en sortir ». Cinq milliards de riches qui s'ignorent.

Ca me fatigue de lire ce genre de discours a la noix, vraiment. Que faut-il donc pour que vous compreniez enfin que le principe meme du capitalisme, c'est le culte de l'inegalite. Que les dictateurs du tiers monde et d'ailleurs ne sont en place que parce qu'ils sont un des rouages de la mondialisation capitaliste. Bon sang, informez vous au lieu de debiter de telles platitudes, et commencez a reflechir.

« les flux migratoires vont toujours des pays moins libéraux vers les pays plus libéraux » ah oui ! et c'est bizarre, c'est aussi des pays pauvres vers les pays riches. Vous etes ingenieur, etudiez donc la correlation statistiques des propositions…

Allez, bonne chance, et faites bien gaffe de pas vous faire licencier. Un Ingenieur au chomage, c'est un peu comme un Roumain qui n'aurait plus la rage de s'en sortir.

Portrait de jojolapin

à Un compte supprime Portrait de Un compte supprime De jojolapin

12H48 | 03/01/2008 | Permalien

Pis un ingénieur au chomage ça coute cher !
Je sais c'est vache et complètement inutile mais bon, j'l'avais au bord des dents c't'homme là…

Jojolapin

Portrait de Fozzie

à Free Rider Portrait de Free Rider De Fozzie

08H37 | 03/01/2008 | Permalien

Cher Vélocipédiste libre,
Lire de votre part que Ken LOACH sert la soupe à nos politiciens démagogues m'aurait fait hurler de rire si mon bébé ne dormait pas ! Parce que Ken LOACH ne dénonce pas que l'exploitation des travailleurs d'Europe de l'Est, mais l'exploitation des travailleurs tout court… y compris dans ce pays qui doit vous faire rêver comme il fait rêver tous les Français qui ont oublié le sens du mot Fraternité qui orne les murs de nos mairies : le Royaume-Uni. J'ai pas mal d'amis anglais, je précise avant de me faire traiter d'incompétent qui ne sait pas de quoi il parle…

Portrait de Charles Bukowski

à Free Rider Portrait de Free Rider De Charles Bukowski

11H08 | 03/01/2008 | Permalien

Vous dîtes des économies collectivistes qu'elles sont la cause de l'immigration de leurs populations car leur mauvaise gestion auraient eu pour conséquence la disparition des emplois. Tout d'abord, le chômage de masse n'est pas la caractéristique du socialisme et c'est'avant tout l'outil du capitalisme pour s'assurer une main d'œuvre à bas prix. Réflechissez un peu : si la transition d'une économie capitaliste vers une économie socialiste se faisait aussi rapidement qu'elle s'est faites pour ces pays, le résultat ne serait pas beau à voir non plus. Même la jeune URSS a dû avoir recours à la NEP pour préparer sa transition au collectivisme. La misère de ces pays ne vient pas d'une économie socialiste mais d'un passage brutal à une économie de marché dérégulée et délirante.

Vous prétendez que les impôts sont la cause de porte-monnaie vides. Encore une autre malhonnêteté intellectuelle de votre part, les impôts étant l'outil permettant de pouvoir vivre en société et non pas dans une jungle de dominants et de dominés. Si un jour vous êtiez confronté à des problèmes de santé grave et que vous ne pouviez pas vous offrir les prestations médicales d'une clinique – ou même pire, que vous puissiez mais que votre pathologie ne soit pas rentable pour cette clinique – vous risqueriez de regretter le temps où l'hopital fonctionnait… grâce aux impôts que nous payions. Et en allant plus loin dans le raisonnement, pas d'impôts, pas de politique de santé publique, et un virus ne fais pas la différence entre un riche méritant et un pauvre coupable. Sans impôts, éducation à multiples vitesses, un peu à l'instar des forfaits de téléphones mobiles : plus on paye, mieux on est servi. Il en va de même pour la justice (déjà à deux vitesses…), l'entretien de la voirie que vous empruntez comme nous tous et de tout ce qui touche au commun.

Au nom d'une liberté réservée à une caste apparemment plus méritante que les autres, vous attaquez tous les principes de solidarité qui font la différence entre l'être humain social et le prédateur, en les définissant comme la cause de tous les maux. Vous condamnez la dictature, mais la liberté égoïste que vous prônez, celle qui n'en a que faire si elle entame la liberté de l'autre, n'est ni plus ni moins qu'une forme de dictature. J'espère que vous ne tomberez pas un jour sur cet autre se pensant plus méritant que vous. Si vous n'avez pas la chance d'être plus fort que lui, votre individualité risquerait d'en patir. Et il n'y aura plus personne pour prendre votre défense.

Portrait de jojolapin

De jojolapin

01H49 | 03/01/2008 | Permalien

Pauvres patrons… pauvres gouvernants ?
Mais enfin, une des rêgles du capitaliste est bien celle de l'appauvrissement de certains pays !
Les pauvres vont vers les pays plus libéraux soit, que faire d'autres ? Mais où aller ?
Il n'y a pas de conséquence sans cause, ça n'existe pas.
Ex : Le dictateur qui opprime son peuple et qu'on laisse faire car les richesses de ce pays sont soit sans intérêt, soit trop convoitées.
Dictateur… hummm… n'est sans doute pas toujours celui qu'on voit, Mr l'ingénieur.
Le monde à changé et vous simplifiez, Mr l'ingénieur, comme s'il vous était donné de pouvoir le faire.

Signé :
Un ouvrier

Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 04H57 | 03/01/2008 | Permalien

Merci Ken Loach !
Un coup de barre, Marx et çà repart !

Portrait de FO le dire

De FO le dire

Nantes | 10H17 | 03/01/2008 | Permalien

Un film qui nous rappelle peut-être que la lutte des classes est loin d'être un concept moribond. Ce que beaucoup de tenants de la pensée libérale (de plus en plus pensée unique) tentent de nous faire croire.

Mais pourtant …

Syndiquez vous pour défendre vos droits et vos intérêts, voilà le genre de message qu'il faut faudra faire encore et encore passer.

Portrait de tssv29

à FO le dire Portrait de FO le dire De tssv29

technicien service vétérinaire | 15H56 | 03/01/2008 | Permalien

La lutte des classes est plus que jamais d'actualité .
Les libéraux , au travers de leur verbiage anesthésiant , tentent de nous faire croire le contraire .Ne dit on pas un technicien de surface pour balayeur , plus la farce est grosse , plus elle passe .
Les écarts de revenus sont criants ; les écarts de patrimoine sont encore plus énormes et on nous ressort : Nous sommes tous dans le même bateau ; même bateau d'accord mais certains sont à fond de cale voire même carrément dans la quille.Je me demande comment nous sommes arrivé là . Je me demande si l'école soit disant républicaine a bien fait son travail .Les enfants sont au départ plutôt généreux , après dix ans d'études ils plongent dans l'individualisme le plus forcené .J'ai deux ados , ils me disent qu'ils n'entendent jamais parler encours de commerce équitable , de systême de production alternatif , des scops etc…. Chers collègues professeurs , il faudrait peut-être laisser tomber le camping car et vous remettre à militer à l'instar des hussards noirs …..

Portrait de PierreAdrien06

De PierreAdrien06

14H45 | 03/01/2008 | Permalien

Syndiquez vous ! ! ! OUI mais Pardon où ?

Suis pas fonctionnaire moi ! ! !
j'intéresse aucun syndicat…

Une carte à droite ou à gauche ?

Les mêmes… ne veulent ils pas tous notre bonheur ! ! ! Alors à quoi bon…

Je bosse dur et ma fois ça va…
Bien sur je ne fais pas 35H… par mois ! ! ! pardon par semaine ! ! !

Portrait de Charles Bukowski

à PierreAdrien06 Portrait de PierreAdrien06 De Charles Bukowski

20H01 | 03/01/2008 | Permalien

Les syndicats ne sont pas des commerçants. Pas de pub pour apater le chalant, c'est à vous de vous intéresser à eux. Le MEDEF ou la CGPME sont des syndicats qui devraient vous intéresser, ils prennent pas les fonc » mais je sais pas si la majorité des encartés bossent dur.
Mais rien ne vous empêchent de créer un syndicat de ceux qui bossent dur.

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

15H08 | 03/01/2008 | Permalien

Rappelons que Ken Loach est un réalisateur d'extrème gauche.

(Il a soutenu Olivier Besancenot aux dernières élections et a appelé les électeurs de France à voter ainsi « contre les multinationales américaines »)

Le fait que ses fims sont primés au festival de Cannes souligne bien son engagement politique,

festival de Cannes dont les films primés se doivent être engagés dans l'anti américanisme et l'anti occidentalisme. La qualité cinématographique de ces film n'étant pas un critère primordial

Pour 2008, c'est Sean Penn qui sera président du Jury.
Anciennement primé par le festival de Cannes, il se chargera cette année d'en primer d'autres que lui, mais ayant le même profil politique

On restera donc dans le politiquement correct ; en effet, Sean Penn est une personnalité trés engagée contre la politque de son pays , les Etats Unis. (il s'est illustré par la publication d'une lettre ouverte anti-Bush publiée dans le Washington Post)

On reste entre gens de la même famille..

Mickael Moore aura donc à nouveau une chance de décrocher une médaille..
..suffit qu'il ait sorti un reportage minable sur des GI's bien gras bouffant leur sandwitch devant des enfants irakiens affamés, en les repoussant à coups de bottes.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 16H11 | 03/01/2008 | Permalien

Une confrontation Ken Loach-Besancenot sur France-Inter hier soir. A écouter absolument.

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/etpourtantelletourne//index.php…

Portrait de ras-la-patience

De ras-la-patience

17H53 | 03/01/2008 | Permalien

je n'ai peut-être pas vu tous les films de Ken Loach, mais j'en ai vu beaucoup, et à mon avis, pas un seul de raté.
quand on a vu « raining stones » par exemple, peut-on l'oublier ? et, cerise sur le gâteau, ses distributions sont la perfection même.
heureusement qu'un tel réalisateur existe encore…

Portrait de Sekhmet

De Sekhmet

19H05 | 03/01/2008 | Permalien

A Pierrrre,
« Ken Loach est un réalisateur d'extrême gauche » et alors, qu'est-ce qui ne va pas ? Pouvez-vous m'expliquer en quoi son engagement à démontrer l'exploitation et l'oppression est suspect ?
Il faudrait écouter l'interview sur France Inter où il parle aussi de la planète pillée pour les mêmes et s'inquiète de ce qu'il va laisser à ses petits enfants.
Quant à Cannes, repaire de bolcheviks, je l'ignorais.

Portrait de Pierrrrre

à Sekhmet Portrait de Sekhmet De Pierrrrre

21H55 | 04/01/2008 | Permalien

 »….Pouvez-vous m'expliquer en quoi son engagement à démontrer l'exploitation et l'oppression est suspect ? ….

==> je pense que ses positions politiques d'extrème gauche doivent être connues afin de mieux comprendre ses messages.

-----------------

 »….Il faudrait écouter l'interview sur France Inter où il parle aussi de la planète pillée pour les mêmes et s'inquiète de ce qu'il va laisser à ses petits enfants….. »

==> je connais le prétexte écologique afin de remettre en cause les options libérales.
Rappelons tout de même que les plus grandes polutions de la planète ont été générés par des pays marxistes.

-------------

 »…Quant à Cannes, repaire de bolcheviks, je l'ignorais…. »

==>il est de notoriété publique que le Jury du Festival de Canne est noyauté par un engagement troskiste, anti-libéral, et anti occidental avéré.
Pour espérer y décrocher un prix, l'idéal est de faire film et déclarations, au choix :
- anti libéral,
- anti américain,
- pro islamiste,
- anti israélien
- pro palestinien
Le exemples de films aux qualités douteuses, primés à Cannes uniquement à cause de leur engagement « alternatif » sont légion.

Portrait de re-belle

De re-belle

mère au foyer | 00H42 | 04/01/2008 | Permalien

un grand miroir qui reflète bien notre société ! ! ! …

Portrait de Bardamu

De Bardamu

difficile | 11H58 | 04/01/2008 | Permalien

En tant que réalisateur « engagé » recyclant indéfiniment les vieilles lunes marxistes, le pachydermique Loach n'a évidemment aucune importance.

En tant que symptôme, en revanche , il est intéressant : il est représentatif du discours de gauche ambiant, qui est à front renversé par rapport à la tradition intellectuelle de la gauche : il n'est plus question de progrès, de mouvement, mais de sécurité, de stabilité. On ne se méfie plus de l'Etat, qui au travers de ses appareils idéologiques serait toujours peu ou prou oppresseur, mais on le célèbre comme le dernier rempart du citoyen contre le méchant libéralisme…

Bref, la gauche est devenue une force essentiellemnt conservatrice, si ce n'est réactionnaire. Quelle ironie…

Portrait de cecileinfine

De cecileinfine

13H57 | 04/01/2008 | Permalien

j'ai plutôt préféré actrices au chameau ! !

Portrait de quetzal2012

De quetzal2012

enseignant précaire | 00H04 | 07/01/2008 | Permalien

Un film qui vous remue dans ce quil reste d'humain en vous à voir absolument…Merci K.Loach pour ce constat au combien amer que nous sommes, je l'espère nombreux à faire…Un film nécessaire qui donne à penser ! ! !

http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com

Portrait de ju_mrt

De ju_mrt

13H26 | 07/01/2008 | Permalien

Malgré les critiques négatives, ce film (et Ken Loach en général) a au moins le mérite de lancer des discussions sur les conséquences sociales du système et des implications comme il fonctionne actuellement.

Pour ma part, je l'ai trouvé très bon. Très bonne photographie de la société actuelle.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code