"Comme des voleurs": quand deux Suisses filent à la polonaise

Drôle d'ovni que le dernier film de Lionel Baier, « Comme des voleurs (à l'est) ». Lionel, suisse pure souche, la trentaine, mène une existence calme et tranquille avec Serge. Il entretient avec ses parents et sa soeur des rapports heureux. En somme, la vie va et suit paisiblement son cours jusqu'à ce qu'il apprenne par hasard que sa famille est originaire de Pologne.
Alors, comme un voleur, Lionel plaque boulot, compagnon et famille pour partir sur les traces d'un arrière-grand-père méconnu. Il entraîne sa soeur aimée -la seule qui sache si bien le déchiffrer, le deviner- dans un voyage d'initiation et de réconciliation avec lui-même (son anorexie, ses angoisses, ses névroses...).
Alors, comme des voleurs, ils quittent leur Suisse natale, leurs attaches, pour en chercher ailleurs, plus avant, dans l'ancien bloc de l'Est, où leur identité se verra malmenée. A la manière pourtant du Candide de Voltaire, ici, on se redresse toujours et on continue d'avancer, on se fie aux signes du hasard. Ici, on reste ouvert, émerveillé.
La progression de cette suisso-quête de soi avance de façon un peu brouillon par endroits -exaltation parfois démesurée du personnage devant les perspectives de vie nouvelles qui se présentent, méandres nébuleux où s'emmêlent la réalité et le fantasme, à vouloir en trop dire peut-être, on s'étire légèrement...
Mais les acteurs touchent, et persuadent : trogne ingénue du réalisateur dans le rôle-titre, fraîcheur de la jeune polonaise Alicja Bachleda-Curus -dont il croit s'éprendre- et spontanéité de celle, enfin, qui incarne avec justesse et naturel sa frangine préférée (Natacha Koutchoumov).
Ces derniers, associés à l'originalité de traitement d'un propos pourtant vieux comme le monde (la quête d'identité) et à de plaisants dialogues, rendent le récit très charmant.
► « Comme des voleurs (à l'est) » de Lionel Baier, avec Lionel Baier, Natacha Koutchoumov... - Suisse - 1h42. - bande-annonce.
Cette semaine, on aime aussi...
I'm not there. Autre ovni « kaléidoscopal » et décalé que cette tentative impressionniste de Todd Haynes de peindre la vie du mythe Bob Dylan. Pour ce voyage à travers les âges du musicien, six acteurs exceptionnels. Un gamin, Woodie, vagabonde dans l'Amérique et pousse la chansonnette, une musicienne dandy, Jude, déchire les oreilles de ses fans en passant du folk tranquille aux cris stridents des guitares rock ; un jeune type, Arthur, se prend pour Rimbaud tandis que Jack incarne la figure de proue contestataire des American sixties...
Pas besoin de maîtriser Dylan et sa légende pour apprécier, même les non-fans pourront en prendre de la graine : rockstar ou pas, l'homme est un animal aux multiples facettes.
► I'm not there de Todd Haynes, avec Christian Bale, Cate Blanchett, Marcus Carl Franklin, Richard Gere... - Etats-Unis - 2h15 - bande-annonce.
Rue Santa Fe. Ancienne résistante victime du régime de Pinochet, femme puis veuve du chef du Movimiento de la izquierda revolucionaria (MIR), un mouvement d'extrême gauche opposé au dictateur, Carmen Castillo est devenue cinéaste. C'est une mémoire encore à vif qu'elle dévoile dans « Rue Santa Fe ».
Celle, d'abord, d'une femme partie sur les traces de Miguel Enriquez, l'homme de sa vie, mort sous les balles des militaires de Pinochet il y a plus de trente ans dans leur maison clandestine de la rue Santa Fe, à Santiago.
Celle ensuite, de l'histoire politique d'un pays, le sien, le Chili, dont elle fut expulsée. Réfugiée en France au début des années 70 et demeurée hostile à cette maison, à cette rue, à ce pays jusqu'en 2002, Carmen Castillo livre ici une somme impressionnante, un documentaire exceptionnel... que j'évoquerai plus largement sur Rue89 demain, avec un entretien de la réalisatrice.
► Rue Santa Fe, documentaire de Carmen Castillo - Chili, France, Belgique - 2h40 - bande-annonce.
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Le lien sur la bande annonce du film « Comme des voleurs » n’est pas bon.
Le bon lien est celui-ci, sur le site officiel :
http://www.commedesvoleurs.com/media/video/CDV_FILM_ANNONCE.mp4
Sur Allociné, aucune bande annonce n’est disponible.
Cooool! ca a l’air bien comme film, je viens de checker: ca a des bonnes critiques sur IMDB.
Merci!
PS: evitez le terme « nevroses », c’est has-been, ca veut rien dire.
Le terme « névrose » n’a aucune réalité neuro-psychologique, et n’est qu’un fourre-tout dépassé pour les amateurs de pseudo-sciences telles que la psychanalyse.
Je reconnaît cependant qu’il est largement utilisé (comme l’astrologie), j’aime beaucoup Woody Allen par exemple, mais soyez au courant que même lui a tourné le dos a ces charlataneries divago-divanesques.
Quand au terme « jeuniste », c’est quoi? Le refus d’appeler une voiture un carrosse?
« Névrose » est un terme du 18eme siècle. Vous roulez encore en charrette?
Renseignez-vous un peu.
Ça fait plaisir de trouver des gens informés de temps en temps! Karl Popper est en effet une lecture intéressante, entre autres. Et j’admets qu’en effet le terme névrose est encore utilisé par de trop nombreux cliniciens et psychiatres. Il n’en reste pas moins que c’est une interprétation limitante, a mon sens bien pire que certaines idioties du DSM.
Concernant les modèles de représentations dont l’on dispose, celui auquel le terme névrose est le plus souvent assimilé est la psychanalyse, cette dernière étant ce qu’elle est, je serais content le jour ou son vocabulaire aura cessé de polluer notre langage.
Pourquoi? Car tout terme englobe des idées, des expériences, des opinions qui ne sont pas forcément utiles, les mots peuvent donc englober des présuppositions, et il vaut mieux utiliser celles qui nous rendent libres de tels carcans limitatifs.
Mes critères de scientificité sont en effet, cartésiens, suffisamment néanmoins pour savoir douter et garder un questionnement pour éviter les œillères.
Merci donc pour votre réponse.
Awwwwwwwww, Mama…
Can this really be the end?
To be stuck inside of Mobile
With the Memphis blues again……….
Film génial. casting impeccable……
I’m in the basement mixing up the medecine…….