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« Vincent mit l'âne dans le pré », une douceur signée Zucca

Vincent mit l'âne dans le pré et s'en vint dans l'autre (DR).

Si c'était un apéritif, ce serait un  » spritz » , ce petit cocktail vénitien à base de vin blanc que l'on boit d'un trait au comptoir, très à la mode au coeur des années 70 dans les cafés parisiens. Fin distillateur de petites douceurs, Carlotta vient de sortir en DVD une curiosité douce et amère,  » Vincent mit l'âne dans le pré (et s'en vint dans l'autre) » , de Pierre Zucca.

Un temps photographe sur les plateaux de la nouvelle vague, Zucca s'essaya ensuite à la mise en scène. Parmi les résultats inégaux, un ovni précurseur… Sorti en 1975, » Vincent… » met en scène un jeune banlieusard distingué et un peu empoté (Fabrice Luchini, pour l'un de ses premiers films), amoureux fou d'une dessinatrice en devenir, mais prisonnier de la relation fusionnelle qu'il entretient avec son père (Michel Bouquet).

Loin des discours ampoulés parfois professés à longueur de bobines, ce long métrage brille par la capacité des acteurs et du metteur en scène à livrer sans ambages une situation familiale pour ce qu'elle est : imposante, absurde, drôle et pénible à vivre.

Un atout mis en perspective dans le bonus du DVD, quand Luchini revient notamment sur le bonheur de tourner cette histoire, à une époque où son jeu brillait (presque) par sa spontanéité. En résulte un de ces trop rares films où le » maquillage scénaristique » est jugé superflu ; le spectateur pouvant dès lors se muer en témoin privilégié d'un drame familial comique et subtil.

Pour la recette de ce succès méconnu, faites simple là encore : un panorama succinct de Montparnasse à l'aube des années 80, vieillot et un peu triste, des dialogues incisifs, mélancoliques et drôles et pour finir, une Bernadette Lafont au sommet de sa forme… Tels sont les ingrédients de ce film si singulier, qui laissent le spectateur à ses réflexions anthropologiques, comme un avant goût de la vague de renouveau qui allait profondément raviver les couleurs du cinéma français dans les années 90.

Vincent mit l'âne dans le pré (et s'en vint dans l'autre) - de Pierre Zucca - avec Fabrice Luchini et Bernadette Lafont - 1976 - 1h47 - éd. Carlotta films.

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Portrait de Courageux anonyme

De

10H27 | 23/10/2007 | Permalien

Le véritable plaisir de retrouver Bernadette Lafont, mais surtout Luchini avant qu'il ne devienne « MÔsieur Fabrice Luchini ».
Un chef-d'oeuvre : je commande tout de suite le DVD…

http://jeremyhoareau.canalblog.com/

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