Le compositeur Stockhausen, allumé de génie, est mort

Karlheinz Stockhausen en 2005 (edvvc/Flickr).A 79 ans, le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen vient de quitter une terre qui était de toute façon trop petite pour lui : la démesure était sa mesure, l’inouï son quotidien. John Lennon l’adulait, Frank Zappa l’admirait, il figurait sur la pochette légendaire de Sergent Peppers lonely band des Beatles : il était de tous les coups…

Né près de Cologne en 1928, Karlheinz Stockhausen est mort mercredi, mais la nouvelle de sa disparition vient seulement d’être annoncée. Orphelin à 17 ans, -sa mère fut exécutée comme aliénée mentale et son père tué sur le front-, il étudie avec Theodor Adorno, puis Olivier Messiaen, dont la découverte d’une des oeuvres jouera un rôle déterminant dans son appréhension musicale.

A Paris, où il vient vivre dans les années 50, il rencontre Pierre Boulez et Pierre Schaeffer. Aux confluents des avant-gardes musicales qui traversent l’Europe dans les années 60, il échappe à toute catégorie et n’appartient à aucune chapelle : il trace sa route dans un monde de sons inconnus, inouïs au sens propre.

Pour le compositeur Eric Tanguy, Stockhausen était "une sorte d’Himalaya, au même titre que Boulez, Berio, Ligeti ou Dutilleux" :



Compositeur prolixe -il est l’auteur de plus de 360 oeuvres-, père prolifique -il a eu six enfants-, Stockhausen était autant connu dans les milieux de la musique "sérieuse" que dans ceux de la pop. Après Lennon et Zappa, c’est Björk et Radiohead qui se sont convertis au culte stockhaunesien. Cette transversalité, qui transformait ses concerts en happening, il la partageait avec un seul autre compositeur au XXe siècle, Yannis Xenakis.

"Des oeuvres comme ‘Transe’ ne présentent aucune difficulté d’écoute", commente Eric Tanguy, "et peuvent même générer une espèce de sensation d’extase" :



Avec l’opéra "Licht" ("lumière"), il pulvérise le défi de la "Tétralogie" de Wagner (près de seize heures de musique) pour rivaliser avec, qui sait, Dieu lui-même : l’oeuvre se déroule en une semaine, au cours de sept soirées. Parmi les excentricités nées de son imagination, citons aussi le "Quatuor pour hélicoptères". Mais cette démesure, ce côte "no limit" ne doivent pas faire oublier les chefs d’oeuvre qui ont marqué le siècle, tels "Momente" ou les "Klavierstucke".



Kontakte n°12 pour bande électronique, piano et percussion.

Celui qui dérangeait les culs bénits de tous bords, celui qui a scandalisé le monde par ses déclarations sur l’attentat du 11 septembre, qu’il avait comparé à une oeuvre d’art (il s’en est toujours défendu, disant que ses propos avaient été truqués), était en fait le plus adorable des hommes, comme en témoigne Eric Tanguy, qui l’avait rencontré à Caen lors d’un festival de musique contemporaine :




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mmf
07H45 08/12/2007

On peut fermer les yeux… mais pas les oreilles…

Un grand éveilleur s’est endormi…

 
Yann Guégan | Rue89
15H11 08/12/2007

Pour votre information, Nathalie Krafft a dirigé pendant quinze ans le magazine « Le Monde de la musique ». Quant à votre mépris pour Zappa et les Beatles… J’ai bien peur que Nathalie Krafft ne propose ici une conception bien trop ouverte de la musique classique pour un esprit aussi étroit.

 
Nestadio | Investisseur Breton
16H48 10/12/2007

Vous êtes musicien?? si vous n’étiez pas dans le journal au temps de Krafft c’est que vous n’étes pas bon, c’est tout! elle a de l’oreille cette dame!

 
Mael
17H05 10/12/2007

Evidemment un anonyme.!! ce genre de lâche ne se déclare pas! qui c’est?? un type ignorant?? Nathalie Krafft a au contraire très bien tenu son lectorat pendant ces années, car c’est une bonne pro, à une époque ou le lectorat des magazines s’effrite.
En tous cas ce n’est pas au soleil de vos commentaires que Rue 89 va augmenter le sien.

 
Mael
20H01 10/12/2007

Tiens , je viens d’identifier ce type, je crois.
Ce ne serait pas ce distributeur dont le monde admire le physique?? quelle haine! je crois que je vais publier son nom, si c’est permis.

 
Lemmy_Nothor | tecnichien cinema
15H37 09/12/2007

Pour avoir suivi la carrière de Zappa depuis 1963, je puis dire en toute certitude que le monde serait un endroit beaucoup plus triste si Zappa n’y avait pas passé un certain temps…..trop court du reste.

 
asozial | aus Berlin
16H31 08/12/2007

pourquoi les commentaires se résument-ils si souvent à des empoignades stériles ?

respect pour un grand artiste.

puissent ceux qui n’ont pas la chance de connaître son oeuvre - et d’avoir ainsi la possibilité de l’apprécier - prendre cette dernière occasion où les grands médias auront pu parler de lui - ce fût si rare - pour écouter, sans a priori, comme des enfants curieux, et jouir de son travail.

 
capdom
19H08 08/12/2007

grand artiste? arretez d’encenser ce que vous ne connaissez pas simplement par ce que ça fait « genre je m’y connais »: il n’a jamais fait de la musique mais de la provocation. j’aimerais bien vous demander si dans 200 ans beethoven et bach seront toujours aussi joué qu’aujourd’hui et stockhausen un total inconnu enterré dans l’oubli. mais nous ne serons pas là…

 
asozial | aus Berlin
01H37 09/12/2007

qu’est-ce qui est provocant chez Stockhausen ? il se situe dans la continuation de la musique du début du 20ème siècle… ça me rapelle un ami d’âge respectable et grand amateur d’opéra baroque qui me disait à propos de mon goût pour Webern : « ah mais c’est normal, c’est de la musique de jeunes !!! »

et auprès de qui ça fait ‘genre je m’y connais’ ? j’ai acheté mon premier disque de Stockhausen à 5,90 € chez Harmonia Mundi - bonne collection et bonne politique, on peut acheter des disques sans savoir ce que c’est et prendre le risque de ne pas aimer - moi j’ai aimé… j’aime Bach aussi, et Frank Zappa, et Napalm Death…

 
pleione
18H02 08/12/2007

Une oeuvre et une personnalité extraordinaire (le mot aurait pu être inventé pour lui). L’homme rejoint aujourd’hui son mythe pour l’éternité, tel le démiurge qu’il voulut être.
Vidéo de Mikrophonie, un de ses chefs d’oeuvres les plus fous sur www.musicareaction.com, un nouveau blog sur la musique contemporaine.

 
grégoire_ | Compositeur, Paris
22H32 08/12/2007

On jouera Stockhausen encore dans 200 ans ! Seuls les vrais artistes survivent au passage du temps et des modes, et lui en était. Des oeuvres comme Hymnen ou Kontakte n’ont pas pris une ride !
On peut lui reprocher un mode de vie quasiment sectaire ces 30 dernières années, voire un mysticisme kitsch. Ses admirateurs se séparent en deux camps : ceux qui retiennent ainsi toute son oeuvre, et ceux qui le dénient après 1970. Cela dépend de la lecture que l’on veut faire de son oeuvre. Ce qu’on retiendra dans les futures générations de Stockhausen, c’est qu’il aura essaimé le champ de la création musicale dans son entièreté, et ce en quelques années seulement, il a TOUT essayé : forme ouverte, spectralisme, aléatoire, sérialisme intégral, temps cyclique, électronique-live… et j’en passe. C’était un maître, sans aucun doute.
Quant à l’opinion d’Eric Tanguy elle n’engage que lui. Il oublie aussi John Cage, que, au passage, on considère souvent de manière trop caricaturale.

 
Nathalie Krafft | Journaliste
18H05 09/12/2007

D’après mes sources (Larousse, Robert), le sens premier de prolixe est abondant, copieux. Si, aujourd’hui, on a tendance à n’utiliser  cet adjectif qualificatif -et aussi à le définir- que dans son acception péjorative, l’emploi premier reste admis.Vous avez en revanche bien raison de souligner que je m’étends très peu sur son oeuvre, en en citant que quelques oeuvres. Mais ce soir-là, il s’agissait simplement d’annoncer la disparition de ce compositeur majeur en le caractérisant suffisamment pour éveiller la curiosité de ceux qui ne le connaissent pas du tout, sans fâcher trop ceux qui le connaissent ! En ce qui vous concerne, c’est raté !!