te gri ro ro gri ti gloda sisi dul ? La réponse à Strasbourg…

… En fait de réponse, ne cherchez pas, il n'y en a pas. Mais c'est ainsi que l'on s'exprime parfois dans « Opus Null », un spectacle monté à Strasbourg à partir de textes du poète-sculpteur-peintre Jean-Hans Arp, dadaïste de la première heure. Et le pire, c'est que l'on comprend…

Photo Pascale Lacour

Mon premier, Jean-Hans Arp, franco-allemand-alsacien né à Strasbourg en 1886, mort à Bâle en 1966. En 1915, il se réfugie à Zurich pour échapper à la mobilisation allemande. Là, il crée avec une bande de trublions comme Jean-Hans ArpTristan Tzara, Marcel Janco, Hugo Ball ou Sophie Taeuber (qu'il épousera), le Cabaret Voltaire d'où naîtra le mouvement Dada. Un pied de nez à la boucherie de la Grande Guerre.

Ses sculptures, poèmes et peintures, subvertis par un humour extrême que n'appréciera pas du tout André Breton, sont parcourus par une extravagance dévastatrice. L'avant-garde grise n'a pas encore frappé.

Mon deuxième, la compagnie strasbourgeoise Voix Point Comme, composée d'une dizaine d'artistes « hétéroclites » (et par là-mêmes, « arpiens ») : autour de Christian Rätz, scénographe et metteur en scène, Antje Schur (danseuse et chorégraphe), Marie-Noële Vidal (artiste lyrique), Régine Westenhoeffer (comédienne, danseuse), Jean Lorrain (comédien, chanteur), Xavier Fassion (percussionniste, danseur), Sébastien Dubourg (pianiste, chanteur).

Mon tout, « Opus Null », un spectacle-collage créé à partir des poèmes de Jean Arp. Mais comment les artistes sont-ils parvenus à les « traduire » sur une scène, sachant que l'absence vertigineuse de sens apparent est la marque de fabrique de ces textes ? Tout simplement, ai-je envie d'écrire.

Les scènes sans queue ni tête (mais avec éléphant, langouste et puce) s'enchaînent les unes aux autres avec le plus grand naturel, comme si une logique « supérieure » les commandait. Celle de la poésie, sans doute. Leur admirable loufoquerie, qui les apparente à du grand Rabelais, emporte tout.

photo Michel LecureurComme des points de suspension dans le texte, les mélodies de Poulenc ou de Chausson, les pas de danse ou les pages jouées au piano, créent un cadre dans lequel les poèmes de Jean Arp peuvent « s'ouvrir », à la manière d'un vin puissant versé dans une carafe. Tandis que, sans jamais « surjouer », les artistes, chacun excellent dans son domaine, manient le dix millième degré avec une drôlerie rare.

On en redemande !

►Palais de Fêtes de Strasbourg, du 18 au 20 et du 24 au 27 septembre

1 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de pikasso02

De pikasso02

21H39 | 01/10/2009 | Permalien

Les textes de Jean Arp passent très bien au théâtre, mais sont incompréhensibles à l'écoute. La gestuelle donne le sens que les mots n'ont pas. Le théâtre devient du cinéma muet bruyant.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code