
Piotr Anderszewski : le pianiste errant
Tout arrêter est la vraie tentation du pianiste Piotr Anderszewski. Mais pour le moment, avec la sortie d'un disque, un concert et un film, c'est plutôt à l'exhibition de ses talents multiples que ces mois de mai et juin nous invitent.
Piotr Anderszewski ne veut pas être ce qu'il est : un pianiste ovationné sur les scènes du monde entier. « J'ai cessé d'être pianiste à l'âge de 16 ans » dit-il, les mains sur le clavier. Avec lui, le paradoxe est toujours à portée de mots et de pensée.
S'il paraît cultiver sa différence avec un art consommé, s'il affirme être un illusionniste comme tous les artistes, sa sincérité est tout autant réelle que son goût du bluff.
Un « rail movie » façon Europe centrale
Mais ne lui en déplaise : il est pianiste, il est célèbre et il se trouve sous les feux d'une actualité qui ne doit rien au hasard. Le 13 mai, il propose au Théâtre des Champs Elysées à Paris un récital dont le programme est le même que celui d'un disque, « At Carnegie Hall » (Virgin Classics), publié au même moment.

Un mois plus tard, le 15 juin, Arte diffuse « Voyageur intranquille », un documentaire sur une tournée en Europe de l'Est qu'il a faite en train, piano, cuisine et copains à bord. Un « rail movie » façon Europe centrale.
Le réalisateur en est Bruno Monsaingeon, l'homme de films inoubliables avec Glenn Gould, Sviatoslav Richter et Yehudi Menuhin. C'est la seconde fois qu'il s'intéresse au cas. Une chance, Piotr Anderszewski ne craint pas les caméras.
« Le temps d'une tournée, le train est devenu ma maison. Je suis extrêmement paresseux. Le fait qu'un wagon me porte et que je n'y mette aucun effort, cela me comble ». (Voir la vidéo)
Le premier film, il y a neuf ans, montrait le pianiste jouant et commentant les « Variations Diabelli » de Beethoven. Dans celui-ci, nous le suivons dans le train qui le mène dans ses pays d'origine, la Hongrie (sa mère) et la Pologne (son père) selon un itinéraire décidé par son calendrier de concerts. Nous nous arrêtons donc à Poznan, Zakopane, Varsovie, Budapest…
Percer l'énigme Anderszewski
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Le documentaire permet d'appréhender l'énigme Anderszewski quasiment dès sa naissance. Nous le découvrons bébé sur une vidéo familiale jouant avec sa soeur Dorota. Nous le voyons faisant le marché à Budapest avec sa grand-mère. Nous le retrouvons jouant, cette fois-ci de la musique, avec Dorota qui est devenue violoniste. Nous nous promenons avec lui dans Varsovie, nous réveillonnons avec ses amis dans le train…
L'ensemble serait purement anecdotique si lui-même ne livrait ses réflexions, singulières et toujours passionnantes, sur la musique et les compositeurs. En quelques phrases, quelques mots, il nous fait pénétrer dans les univers musicaux de Mozart, Brahms, Szymanowski, Chopin, Schumann ou Beethoven avec limpidité.
Le trac au cœur du sujet
Sur le métier du pianiste qu'il n'est pas, sur son activité de musicien qu'il accepte d'être, il livre sans fard le cœur du cœur du sujet : le trac. Il décrit aussi, pour un interprète, l'impossible ambition de la perfection et la frustration permanente qui en résulte.
« La vraie, l'ultime tentation, serait d'arrêter tout, se coucher, entendre son cœur battre et attendre tranquillement que ça s'arrête. » (Voir la vidéo)
Mais Piotr Anderszewski continue. Malgré tout, malgré lui. Tant mieux.
► A ne pas manquer
Disque : At Carnegie Hall, 2 CD Virgin Classics. Bach, Partita n°2 en Ut mineur. Schumann, Carnaval de Vienne. Janacek, Dans les brumes. Beethoven, Sonate n°31
Concert : 13 mai, Théâtre des Champs Elysées, Paris. Métro Alma Marceau.
Arte : 14 juin 19h, récital filmé à Varsovie. 15 juin, 22h25, « Voyageur intranquille », par Bruno Monsaingeon (coproduction Arte et Idéale Audience)
DVD : « Voyageur intranquille » (sortie le 18 juin, Medici Arts) ; « Piotr Anderszewski : Variations Diabelli de Beethoven » (Virgin Classics)
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De zénon denon 84
Bonne | 17H02 | 12/05/2009 |
Son Bach me parle !
Son jeu de mains me dit qq chose .
Mes oreilles sont heureuses .
Quant à mon coeur ,lui ,il est paisible .Oh combien _____
Le reste ,tout le reste n'est rien.
Quand ce garçon frappe noires et blanches touches
Tout peu s'arreter _tout s'arrete _ d'ailleurs,(dans la tête) !
Vive la musique .
De Al nasr al tair
17H18 | 12/05/2009 |
Monsaingeon est aussi l'auteur d'un film sur le très contreversé Gilles Apap.
Et , qu'est ce qu'il devient Gilles Apap ? Allez hop ! Je pars à la chasse à l'Apap sur le net…( euh ! Gillles pas Benoît )
à Al nasr al tair
De Al nasr al tair
14H32 | 14/05/2009 |
Intéressant ce garçon mais force est de constater que la musique dite classique n'attire pas les foules même à travers des exemples non conventionnels…
A part ça Gilles Apap semble continuer son bonhomme de chemin à l'écart des autoroutes…
A quand un article sur Nemanja Radulovic
Devrait plaire aux filles…et peut être même aux garçons… : -)