
Les Etats-Unis désarmés face à l'opium afghan
La nouvelle stratégie annoncée jeudi n'a que peu de chances d'enrayer la hausse constante de la production depuis 2001.

« C'est un cercle vicieux. La priorité est aujourd'hui la stabilité… Or notre simple présence et le fait de combattre le trafic de drogues nourrissent l'instabilité que nous sommes censés combattre. » C'est ainsi que le directeur de la CIA, le général Michael Hayden, résumait, en novembre devant le Congrès, l'équation de l'opium afghan.
C'est cette équation aux multiples inconnues que la nouvelle stratégie américaine pour l'Afghanistan révélée jeudi entend résoudre. Il faut dire qu'avec une augmentation de la production de plus de 3000% depuis la chute des Talibans en 2001, il était plus que temps de révoir la copie. D'autant que la récolte 2007 est d'ores et déjà annoncée en augmentation de 15%…

L'essentiel de ce plan en cinq points (information des Afghans sur les conséquences de l'économie de l'opium, développement de ressources alternatives, éradication, lutte contre le trafic et réforme de la justice) consiste à augmenter les aides distribuées aux autorités locales qui seront jugées efficaces dans leur lutte contre les trafiquants.
« Nous voulons être sûrs qu'il y aura des récompenses plus importantes en cas de succès et des conséquences plus graves en cas d'échec, a résumé jeudi Tom Scweich, responsable de la lutte antidrogues au Département d'Etat. Une province dont la production d'opium a baissé verra dès l'années suivante le montant des aides s'accroitre pour construire des routes, des écoles… »(voir la vidéo, en anglais).
« En décidant directement quel gouverneur doit ou non être aidé financièrement, les Etats-Unis poursuivent leur politique de la carotte et du bâton et se substituent au gouvernement central afghan », regrette le géographe Pierre-Arnaud Chouvy, chercheur au CNRS et animateur du site Geopium. Car si les talibans sont officiellement désignés comme les seuls responsables du trafic -« La culture du pavot a très fortement augmenté (…). C'est le programme de développement économique des terroristes et des criminels », a ainsi déclaré jeudi le responsable de la lutte antidrogues à la Maison blanche (voir la vidéo ci-dessus)-, en coulisses les Américains accusent Kaboul de ne pas faire tout son possible pour lutter contre le narcotrafic. Le propre frère du Président Karzaï est ainsi accusé d'être l'un des principaux organisateurs du trafic.
Depuis des mois, Washington tente d'imposer un programme de fumigation aérienne des cultures de pavot, que Kaboul refuse obstinément par peur de voir les paysans mécontents grossir les rangs des Talibans. De ce point de vue, le plan révélé jeudi marque un nouvel échec des faucons américans : « Malgré la hausse annoncée de la production d'opium, Washington n'a toujours pas réussi à imposer à Kaboul la fumigation des champs de pavots. Peut-être parce que la menace talibane semble s'être stablisée et que les alliés des Américains sont eux aussi opposés à cette option », analyse Pierre-Arnaud Chouvy.
Signe de ces tensions au sein de la coalition, avec les Canadiens et les Britanniques en particulier, la publication de la nouvelle stratégie a déjà été reportée deux fois. A en croire le Herald Tribune, un officier supérieur britannique serait ainsi allé cette semaine jusqu'à demander aux Américains de retirer leurs forces spéciales du Helmand (de loin la principale région productrice d'opium), en raison du nombre trop élevé de pertes civiles qu'entraînent leurs interventions, alliénant le soutien des populations locales. Un porte-parole de l'armée américaine a démenti.

Cliquez sur la carte pour l'agrandir.
Mais les critiques viennent également de l'intérieur du gouvernement américain et sont de moins en moins voilées. Dans un rapport sur les stratégies antidrogues en Afghanistan paru la semaine dernière, l'inspecteur général du Département d'Etat qualifie les objectifs américains en matière d'éradication « d'irréalistes ».
« En 2006, les Etats-Unis ont dépensé 420 millions de dollars dans divers programmes antidrogues en Afghanistan. Une goutte d'eau comparée aux 38 milliards de dollars que pourrait rapporter, au prix de revente dans la rue, le pavot afghan s'il était entièrement transformé en héroïne. Il n'est donc pas réaliste de penser que ces incitations économiques puissent prendre le relais de l'économie de la drogue. »
« Ce nouveau plan va probablement très mal se passer, tout simplement parce que l'Afghanistan est trop instable, trop pauvre et ses responsables sont trop corrompus », résume Anthony Cordesman du groupe de réflexion américain CSIS. Opinion partagée par Bill Piper, de la Drug policy alliance, le lobby antiprohibitionniste financé par George Soros :
« Les Etats-Unis sont sur le point de transformer l'Afghanistan en un nouvel Irak. L'éradication du pavot par la force conduit les pauvres paysans afghans dans les bras de nos ennemis, renforçant les Talibans et nourrissant la rébellion. La guerre à la drogue mine la guerre à la terreur et pousse l'Afghanistan au bord de la guerre civile. »
Au moins un point positif du délicat dossier afghan, qui aura réussi l'exploit de réconclier antiprohibitionnistes et directeur de la CIA.
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De
15H36 | 12/08/2007 |
très intéressant.
comment les américains peuvent-ils justifier cette affirmation : « les talibans sont officiellement désignés comme les seuls responsables du trafic “ alors que sous la domination ‘talibane’ la culture avait très fortement régressé… d'autres intervenants seraient-ils partie prenante, comme ces responsables gouvernementaux qui traînent des pieds devant certaines solutions ? ou peut-être certains chefs de guerre ?
comment expliquer l'échec de la politique américaine de lutte anti-drogue que ce soit en Afghanistan ou en Colombie ?
De SebOslo
16H24 | 12/08/2007 |
je pense simplement que les américains désignent par talibans tous les « non-civils », sans tenir compte du côté religieux.
Les chefs de guerre sont en effet ceux qui profitent le plus de ce traffic, forcant les populations locales à cultiver le pavot. Je ne pense pas que le paysan gagne plus à cultiver le pavot que des céréales…il ne le fait surement pas par choix personnel.
en ce qui concerne l'échec de la lutte anti-drogue, la colombie et l'afghanistan sont 2 pays très accidentés, avec beaucoup de jungle ou de relief. Il est ainsi facile de produire en cachette dans des regions complètement désolées. Est-ce également un hasard que les régions où la production a le plus augmentée est à la frontière du Pakistan ? (cf carte dans l'article) Hillmand, la région la plus productrice d'opium est désertique (12.7 hab/km2, cf wikipedia)…
à SebOslo
De
16H25 | 13/08/2007 |
Si les chefs de guerre et autres responsables politiques au sein même du pouvoir afghan sont sans aucun doute ceux qui profitent le plus de ce traffic, il n'est reste pas moins que même le petit paysan afghan y trouve aussi substanciellement plus son compte qu'en cultivant des céréales, d'autant plus que le pavot est une plante relativement peu exigeante (en eau ainsi qu'en substrat).
Pour ceux qui voudraient se renseigner plus sur toute la problèmatique d'Afghanistan (opium mais aussi ne nombreux autres sujets) je conseille vivement la série d'émissions radio (14 en tout) de Daniel Mermet difusées entre septembre et novembre 2006. Elle sont toutes disponibles sur les archives de l'émission « Là-bas si j'y suis » : www.la-bas.org
De Arnaud Aubron (auteur)
Rue89 | 16H34 | 12/08/2007 |
A la décharge des Etats-Unis , il faut préciser que la baisse de production enregistrée en 2001 n'était, de l'avis de la plupart des experts, pas durable. Certains soupçonnent même qu'elle n'ait eu pour seule motivation que de faire remonter les prix qui étaient tombés très bas en 2000.
Pour le reste, l'affirmation simpliste talibans=drogues est de plus en plus difficilement tenable et de plus en plus dénoncée par de nombreux responsables, mais admettre officiellement que ce n'est pas le cas, c'est devoir ensuite agir contre beaucoup de ceux qui sont les alliés de Washington face aux Talibans.
La situation ressemble de plus en plus à celle qui prévalait en Asie du Sud Est il y a quarante ans, avec des chargements d'opium qui ont fini par être pris en chrage par la CIA (via Air America) afin payer les Vietnamiens et les Laotiens ralliés (lire Alfred McCoy sur le sujet).
à Arnaud Aubron
De fratus
09H57 | 13/08/2007 |
N'oublions pas non plus que l'extremisme religieux interdit la consommation et la production de drogues…
Merci
De Grégory
13H30 | 13/08/2007 |
C'est bien sûr la première question. Il y a un livre qui s'appelle Blacklist (http://www.parutions.com/pages/1-6-63-4698.html) qui est une compilation d'enquêtes qui ont couté leur carrière aux journalistes qui les menaient, souvent sans que ceux ci le voit venir. La moitié concerne la CIA à un moment ou à un autre, et l'une d'elle implique directement la CIA dans le traffic de drogue, s'appuyant sur le témoignage d'un agent de la DEA (Drug Enforcement Agency) qui au final décrit une action très cynique à la fois au pays et en Amérique du sud : en gros, l'agence ne combat que ses concurrents, se sert de son pouvoir pour faciliter la livraison de sa production au pays (via le mexique, au sol), s'assure que les populations dont ils se fouttent (les pauvres…) aient le nez dedans. Ils passent deux fois à la caisse : argent de la drogue, qui étant par nature non déclairé, aliment toutes les caisses secretes pour mener toute sortes d'opérations illégitimes, et énorme budget « lutte contre la drogue » alloué par le parlement, bien plu s à la CIA qu'à la DEA (pourquoi ? ) et certainement pas entièrement utilisé à ça. Résultat, malgré une dépense massive en lutte contre la drogue, celle ci ne fait que prospérer.
L'agent de la DEA termine en mettant en garde contre l'Afghanistan : selon lui l'intérêt stratégique du pays réside largement (outre le fameux oléoduc) dans sa capacité de production de pavot (leader mondial) ainsi que dans le traffic de bois précieux (l'Afghanistan étant largement pourvu de se coté).
Le fond de l'histoire c'est que drogue/traffic=pouvoir (car c'est beaucoup d'argent sur lequel il n'y a pas de compte à rendre), que celui ci soit convoité par les Farcs, des miliciens de droite ou des puissances étrangères. Au risque de passer pour un parano je note donc que le développement de la production sous controle américain (rappellez vous, la lutte contre la drogue était un des arguments de l'attaque initiale) confirme de beaucoup sa vision. Qu'est ce qui empêche les américains de prendre une photo satellite, repérer tous les champs (pour une fois que ça ne peut pas se cacher ! ) et agir ? Le manque de volonté politique est flagrant… et à mes yeux, tellement constant sur la durée que significatif.
De
17H23 | 12/08/2007 |
Cà les arrangent bien tout çà, les ricains ! ! ! !
Regardez l'Amérique du Sud ! ! ! !
Mwaah ! ah ! ah ! ah !
Un bon afgan roulé sur trois feuilles plus sain que toutes les saloperies qu'ils nous collent dans leur tabac de merde ! ! !
LEGALIZE IT
De Marx Du_Veuzit
18H56 | 12/08/2007 |
rappelons aussi que les consommateurs sont en grande partie dans les pays riches qui vendent des armes à ces braves combattants de la liberté lesquels payent en narcodollars. Je ne sais plus qui disait qu'une guerre qui dure c'est une guerre qui rapporte. Le commerce des armes est en pleine croissance aussi, parallèlement à celui de la drogue. Bien sûr ce sont des évidences mais qui peut nous faire croire que la lutte contre la drogue est une guerre sérieuse ? Si nos enfants ne se droguaient pas nous ne pourrions pas vendre nos armes. Me trompé-je ?
à Marx Du_Veuzit
De
05H11 | 13/08/2007 |
ben non moi je crois pas que tu te trompes,
rien à ajouter sinon que cet article au demeurant fouillé et référencé ne va évidemment pas à l'essentiel,
car c'est bien çà l'essentiel :
l'argent des drogues, c'est celui des armes ; le reste c'est du vent médiatique…
en Inde, les ricains sont en passe de réussir l'élimination de la production de charras (hashish local roulé dans les mains à l'automne) ;
là ils ont mis le paquet en faisant pression sur l'administration Indienne et en injectant des millions pour lutter contre un trafic complètement marginal (la production annuelle ne doit pas dépasser la dizaine de tonnes ; la part à l'export est ridicule pour ne pas dire nulle). un tout petit mini traffic permettant à quelques hyppies & touristes de fumer de la bonne qualité toute l'année et à quelques villages isolés dans la montagne de survivre un peu moins mal dans des conditions ultra-rudes. Peu sinon aucun intermédiaire, aucune organisation mafieuse faisant des paysans des esclaves, aucune connection à quelque groupe armés que ce soit, pas de guerre ni d'achats d'armes avec un roopie des sous générés quoi.
ce traffic est donc extrêment peu organisé et il met directement en contact producteur et consommateur, ou au max un intermédiaire (quand on est pas dans la montagne il va falloir trouver un gars qui y soi allé lui-même, il n'y aucune filière établie).
Un biz tout clean de bons produits bien naturels.
sans armes achetées à quiconque par les modestes participants à cette filière tout à fait pacifistes.
Bon, pourquoi cet acharnement des usa depuis 10 ans envers ces paysans peu organisés ? ce deploiement de moyens incroyables dans cette région perdue des himalayas chez des gens qui n'ont même pas l'électricité ? sinon pour reconduire tous ces consommateurs « égarés » (la très grande majorité des consommateurs de ce charras sont effetivements des occidentaux de passage en inde) vers des producteurs participant à plein au système en place (on vous laisse vendre votre came si vous nous achetez des armes avec)
je vais me faire appeler parano sur le coup, mais pour moi ça ressemble tout-à-fait à un chef de mafia qui va bruler le restau du pauvre pekin qui refuse de payer « l'impot pour sa protection ».
(micke)
à Marx Du_Veuzit
De
15H52 | 10/10/2007 |
j'ai peur de mal comprendre : moi americain laisse mon fils se droguer avec de l'heroine colombienne/birmane/afghan pour me donner le pretexte de vendre des armes au gouvernement concernes ?
ca marche pas. les usa ne vendent pas d'arme destinees a la lutte anti-drogue ni aux colombiens, ni aux talibans ni aux generaux birmans.
desole c'est faux. moi aussi j'aime tapper sur les ricains, mais j'aime encore plus comprendre veritablement les mechanismes et la on nage en plein delire.
De lucky_luke
informaticien | 17H58 | 12/08/2007 |
Un fiasco total et durable du haut de la filière (lutte contre la production) alors qu'à d'autre moments les Etats-Unis ont appuyé directement ou indirectement les « bons » narco-trafiquants antisoviétiques), jusqu'au bas de la filère (politique de répression et de prohibiton) qui ne fait qu'accentuer les dégâts de la drogue chez les toxicomanes ! ! !
Bravo l'oncle Sam
De
18H46 | 12/08/2007 |
Le prix de l'héroine a beaucoup baissé ces dernieres années le produit devient de plus en plus accessible.
Malgré tout je pense que nous pouvons gagné la guerre contre le trafic de drogue
De
08H34 | 13/08/2007 |
Es-tu serieux ? gagner la guerre contre le traffic ? ca se saurai si c'etait possible et surtout cela serai deja arrivé, cela fait des milliers d'années que tel ou tel produit se retrouve interdit par les autorités et que, parallelement , fleuri son commerce illegal ! alors arretons l'utopie ! cela reviendrais a supprimer toute la faune et la flore de notre planete pour qu'il n'y ai plus de drogues et ainsi donc plus de « traffic » Bon courage ! ! ! mdrrrrrr
De
11H11 | 13/08/2007 |
Oui je suis sérieux.
L'union européenne est en mesure de neutraliser la mafia turque.
De Grégory
13H32 | 13/08/2007 |
Il faudrait détailler. Et pas qu'un peu…
De décaféiné
15H31 | 13/08/2007 |
Ah bon ?
il suffit de neutraliser la mafia turque ?
Est-ce vraiment si simple ?
De
18H53 | 12/08/2007 |
Après avoir menti pour lancer leurs guerres, échoué (je ne parle pas des Halliburton/Carlyle/Blackwater/Pétroliers…) en Afghanistan ,en Irak, ou ils ont « perdu la trace » de 380 tonnes d'explosifs,190000 armes, des dizaines de millions de dollars, de 300000 barils de pétrole (par jour), après avoir eu raison sur à peu près rien dans cette pitoyable aventure, comment donner ne serait-ce qu'un début de commencement de crédit à une quelconque affirmation d'un membre de cette administration ? …
De
19H22 | 12/08/2007 |
la religion est l'opium du peuple
l'opium est la religion du peuple
le peuple est l'opium des religieux
bon courage
De domnuldid
20H16 | 12/08/2007 |
Pourquoi ne pas racheter, au niveau de l'OTAN, l'ensemble de la production locale de l'opium à la source là où il est le moins cher ? les aides seront ainsi dirigées vers les paysans et tout le cirque de passeurs et de revendeurs sera mis au chômage…
Ça coûtera nettement moins cher que de fournir des armes à des fous furieux…
en plus l'Etat Afghan pourra ensuite taxer normalement ses administrés et ceux qui ne payeront pas leurs impôts iront en prison. Ce système contre les bandits a déjà fait ses preuves…
Après l'OTAN pourrait organiser de grands feux de joie : ) bref moins d'armes et plus de contrôle…
à domnuldid
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 00H33 | 13/08/2007 |
Le plus fin serait de faire produire par Monsanto des plants d'opium OGM qui seraient neutres au point de vue des alcaloïdes. Au moment de la plantation quelques avions sèmeraient ces petites graines et en quatre ou cinq ans le problème serait règlé.
à Servais-Jean
De
11H36 | 13/08/2007 |
Désolé, mais votre propos est digne d'un irrésponsable et profond nombrilisme occidental.
Dans quelles poches croyez-vous que finissent les bénéfices de cette énorme production d'opium ?
Connaissez-vous les dangers causés par une culture OGM en plein champ ?
Souhaitez vous sacraliser définitivement les agissements malsains des lobbies de l'industrie agro-alimentaire ?
Nous devrions lâcher la manette et prendre le temps de regarder les dégâts politiques, économiques, sociaux et écologiques que notre pensée unique et écervelée à causé à notre planète.
Renseignez-vous, devenez adulte, et sans rancune.
à domnuldid
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 09H01 | 13/08/2007 |
Cette idée est défendue par des gens de plus en plus nombreux. Elle a d'abord été promue par le think tank antiprohibitionniste Conseil de Senlis, basé à Paris, puis par certains politiciens britanniques puis américains. Elle est basée sur le fait qu'une grande partie de la population mondiale n'a pas accès à la morphine et que le marché existerait donc.
Mais la plupart des spécialistes français de l'Afghanistan ne croient pas à cette idée étant donné le prix très bas de l'opium légal produit en Inde notamment. Les montagnes afghanes et leurs faibles moyens de communication auraient du mal à rivaliser. De plus, ceux qui n'ont pas accès à la morphine ont d'abord des problèmes de moyens. Enfin, toute la question est de savoir comment éviter que cet opium légal afghan ne retombe dans le marché noir, qui paie évidemment beaucoup mieux.
à Arnaud Aubron
De Grégory
13H36 | 13/08/2007 |
En outre il y aurait une certaine contradiction (voir un manque de réalisme politique) a voir les principaux pays vendeurs d'arme se mettre d'accord dans le but de vendre moins d'arme…
Non et puis franchement je pense que comme incitation à produire de l'opium, en Afhanistan comme ailleurs, y a pas mieux…
De
21H58 | 12/08/2007 |
C'est un système qui arrange tout le monde… Je me souviens d'un reportage TV ou on voyait un champ de pavot juste en face d'un camp américain sans que cela ne dérange personne.
En afghanistan ils ont pas de pétrole mais de l'opium…
De
09H40 | 13/08/2007 |
çà rappelle un peu le SDECE en Indochine..
les loyautés çà se monnaie.
De fratus
10H03 | 13/08/2007 |
Personnellement, je pense aussi que le meilleur moyen serait de légaliser la consommation et la production de ces drogues. Au moins les producteurs, petits, seraient écartés et cela ne favoriserait plus certaines personnes à jouer contre les états en se créant des forces militaires etc. Pourquoi les chefs de guerre afghans sont ils aussi puissants en dehors du seul aspect clanique ?
Si les états, notamment occidentaux, produisaient et géraient leurs productions de drogue au moins, ils ne donneraient pas envie à certains d'essayer de prendre le pouvoir.
Lutter contre l'envie de consommer des drogues est aussi illusoire que d'empecher les gens d'avoir des relations sexuelles. A partir du moment où l'on donne de la liberté, les gens peuvent en faire ce qu'ils veulent.
Il ne faut pas interdir, il faut encadrer.
De Nutmeg
10H16 | 13/08/2007 |
C'est quand même bien foutu comme système.
Auto-entretenu, probablement rentable… Bon, c'est vrai, l'Afghanistan est ravagée, les Afghans aussi…
De
11H34 | 13/08/2007 |
Je pense pour ma part que le gouvernement US au travers de la CIA et des chefs de guerre controle la production et voir même facilite l'exportation de cette drogue.Le fait de vouloir faire des routes neuves serait plutot pour mieux acheminer la drogue vers les centres de stockage et d'expedition. il est quand même curieux que la production de drogue est fait un bond enorme depuis l'arrivé des ricains.et de toutes façons il est presque impossible que des centaine de tonnes de marchandises arrivent dans les pays occidentaux sans l'accord des autorités des pays respectifs. On veut nous faire croire a une lutte contre le traffic, mais c'est du flan. Ce traffic les arrange bien, comment l'afghanistan financerait les armes que ces pays occidentaux leur procurent et n'avait on pas dit que la drogue etait acheminer par les même filières que les armes.
De
11H41 | 13/08/2007 |
ok, mais quel est l'objectif final ?
En effet, si la CIA est impliquée et les chefs de guerre aussi, comment expliquer la montée en puissance des talibans ?
en l'attente de te lire…
De Grégory
13H43 | 13/08/2007 |
Il faut juste se demander quels peuvent être les objectifs des gens aux manettes. Si l'objectif est de générer beaucoup d'argent dont l'usage, outre l'enrichissement personnel, permet d'exercer un pouvoir sans compte rendu… si l'objectif est bien celui là (cf mon post ci-dessus) plutot que d'amener la démocratie aux Afghan ou combattre les vilains barbus, alors tout celà est très logique.
Bien sur, vous pouvez croire que la première ambition de l'administration Bush (ou des occidentaux en général) est de faire tomber les talibans. Ca n'a pas vraiment de logique historique ni géopolitique, c'est juste le motif exposé par défaut. Pour ma part je n'y crois guère, tant l'histoire nous apprend que toutes les organisations de sécurités ont une tendance à instrumentaliser les traffics. Ca ne date pas d'hier…