
Drogues : selon les chiffres de l'OMS, réprimer n'est pas jouer

Voilà bien longtemps que je n'avais pas sévi dans ce blog (d'autres tâches accaparant tout mon temps à Rue89). Pourtant, je n'ai pas pu résister à la lecture de cette étude internationale basée sur des données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et dont la principale conclusion est :
« Les pays dotés d'une législation sévère à l'encontre des consommateurs n'enregistrent pas des taux de consommation inférieures à ceux des pays bénéficiant d'une législation plus libérale […] Il semble donc évident qu'une politique répressive quant à la possession et la consommation de drogues n'intervient que partiellement sur les taux de consommation de substances illégales à l'échelle des pays. »
Evidemment, tout cela est bien connu de tous ceux qui s'intéressent de près au sujet des drogues. Mais tout de même, étant donné le nombre de sceptiques, ça va mieux en le disant. Et surtout lorsque c'est une étude scientifique, coordonnée en Australie et établie grâce à des données de l'OMS, qui le dit.
Il apparait ainsi dans ces travaux, rendus publique au début du mois dans le journal en ligne PLoS Medecine et portant sur dix-sept pays, que les Etats-Unis sont, et de loin, les principaux consommateurs de cocaïne et de cannabis au monde, alors qu'ils mènent également l'une des politiques les plus répressives.
Ainsi, 16% des Américains auraient testé la cocaïne dans leur vie, contre 4% des Néo-Zélandais, deuxième de ce classement ! Les résultats sont moins spectaculaires pour le cannabis (42,4% aux Etats-Unis, 41,9% en Nouvelle-Zélande), mais là encore, la très répressive Amérique arrive en tête de cohorte.
A l'inverse, aux Pays-Bas, régulièrement montrés du doigt parce qu'ils mènent depuis plus de trente ans une politique très libérale en la matière, les niveaux d'expérimentation du cannabis et de la cocaïne sont inférieurs aux autres pays de l'étude (19,8% et 1,9%)…
Autant de données qui viennent une fois de plus confirmer ce que les spécialistes appellent le « paradoxe de Marks », du nom d'un audacieux médecin britannique, initiateur d'un programme de délivrance d'héroïne aux toxicomanes de Liverpool, dans les années 80. Selon ce scientifique, rien ne sert de punir, il faut guérir à point :
« La dépendance se structure sur un cycle d'une durée moyenne de dix ans. Puisque les toxicomanes se défont de leur toxicomanie en dépit des docteurs et des policiers et non grâce à eux, la meilleure intervention possible consiste à les maintenir en bonne santé, non délinquants et vivants, jusqu'à ce qu'ils s'en défassent au terme de ce cycle. Ce qui ne veut pas dire que pendant les dix années de maintenance il faille renoncer à persuader les patients de laisser tomber leur usage de drogues. »
Rappelons enfin que la France, non contente d'être l'un des pays les plus répressifs de l'Union européenne en matière de stupéfiants, est également l'un de ceux où l'on fume le plus de pétards. Les chiffres sont sans appel : 22% des jeunes Français auraient consommé du cannabis au cours du dernier mois.
► A télécharger : « La non-pertinence des politiques des drogues », étude (en anglais) menée en 2001 par Peter Cohen (Cedro), sur les consommateurs de cannabis à Amsterdam, San Francisco et Brême.
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De Faboun83
Ingénieur Télécom | 14H08 | 23/07/2008 |
Merci à Rue89 pour cet article, qui en fera réfléchir plus d'un. Il aurait peut être aussi été intéresant de remarquer que lorsque un produit est prohibé, ses effets sur le cerveau, la santé… ne sont que très peu étudiés. Ainsi, l'Etat peut dire ce qu'il veut sur la dangerosité d'un produit et ainsi poursuivre dans son interdiction.
Remplissons les prisons françaises déjà surpeuplées et continuons dans l'hypocrisie la plus totale.
A titre d'exemple :

Argent dépensé par les EU dans la guerre contre la drogue et prix de la cocaine et de l'héroine :
à Faboun83
De Octave65
Révolutionnaire. | 17H28 | 24/07/2008 |
Réaction au billet de Faboun83…
Ah oui c'est un article qui fait réfléchir , et en plus un ingénieur de France Télécom …
Un ingénieur, soi disant , qui remet en cause la dangérosité de la drogue …
Il faut le faire ..
Bravo . je croyais que seuls les internautes de l'Education nationale pour être aussi stupide pour affirmer cela…
Que faire des revendeurs de drogue ? ? ?
les laisser faire …. ? ? ? ? ? ? ?
Moi j'aurais une solution …
mais bon …
Et puis des graphiques en anglais …n'importe quoi
ici on n'est pas chez les british…
cqfe
De el Chiquito
en promenade | 14H13 | 23/07/2008 |
Ces études, comme toutes les autres ont un commanditaire et un objectif. Il serait intéressant de savoir qui les a payé et pourquoi. Pour moi, ce sont des outils, donc manipulables, elles ne tombent pas par hasard.
à el Chiquito
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 14H22 | 23/07/2008 |
Vous avez entièrement raison. Mais c'est justement ce qui fait l'originalité de cette étude (et c'est la raison pour laquelle j'ai repris la plume), basée sur des chiffres de l'OMS. Et je ne pense pas, mais je peux me tromper, que l'OMS ait un agenda antiprohibitionniste.
à Arnaud Aubron
De loux
19H03 | 25/07/2008 |
Erreur de raisonnement : rien n'empêche d'écrire un papier pour prouver que le capitalisme améliore les conditions de vie de la population en se basant sur des chiffres de la LCR (voire de Mélanchon, mais c'est plus dur, son discours n'est jamais argumenté).
Là c'est pareil : ils peuvent prendre des chiffres de l'OMS et les retourner dans tous les sens qu'ils veulent.
De Alcide Nikopol
Passé a l'Est | 14H17 | 23/07/2008 |
Bah ca fait plaisir a l'électorat de droite qu'on emmerde les fumeurs de joints (qui sont bien entendu tous de jeunes gauchissssses)
S'il est normal que les drogues dures soient condamnées, c'est surtout vis-a-vis des fumeurs que le bas blesse et qu'un changement « rapide » de législation est possible (je rentre pas dans le sujet des drogues dures que je ne connais pas si bien : )). C'est l'eternel paradoxe tartiné d'hypocrisie, rien n'a changé depuis des années.
Non tous les fumeurs finiront pas avec des seringues dans les bras
Oui la drogue est un danger (pour la santé, sur la route, etc)
Oui toutes les études sur la dangerosité respective du cannabis et du tabac se contredisent
Oui certains djeunes pensent trouver dans la came un echappatoire au monde/a la société/a leurs problemes
Oui certains djeunes savent apprécier un pétard comme leur papy sait apprécier un bon vin
Oui l'état se sucre sur la vente d'alcool et de tabac, aux dangers reconnus, avec les lobbies qui poussent derriere
Oui on trouve en vente libre tout ce qu'il faut pour fumer/cultiver, meme si l'acte lui meme est criminel
Enfin oui l'illégalité de ces pratiques induit des mises en situation dangereuse (qu'il s'agisse d'aller choper pour ceux qui ne produisent pas, ou le fait que la came source de trafic interesse des groupes mafieux)
Avec tout ca, a quoi s'ajoute une réelle demande de changement de la part des consommateurs, il y a matiere a débat public.
Mais il faut prendre en considération les différences de comportement. Comme tous les buveurs ne sont pas alcooliques, tous les fumeurs ne sont pas des junkies.
Mais, mais, la part d'inconscients fait qu'une dépenalisation (a défaut d'une légalisation) me parait difficilement envisageable en France.
L'alcool tue tous les jours alors que ca fait des années qu'on matraque les messages a destination des crétins qui se croient plus fort que tout le monde (« Meme bourré je garde mes reflexes »). Pas de raison que ce soit différent avec la fumette.
Un changement de la loi dans ce domaine devrait s'accompagner de controles accrus des usagers de la route (tout comme il faudrait encore l'accentuer pour l'alcool)
Mais il est vrai que ca permettrait aux fumeurs responsables et/ou occasionnels, qui ne sont pas des criminels, de souffler un peu et de pas devoir se planquer pour assouvir leur petit plaisir.
à Alcide Nikopol
De skalpa
actif et militant ? | 17H50 | 23/07/2008 |
« les fumeurs de joints (qui sont bien entendu tous de jeunes gauchissssses)… »
Si seulement, c'était vrai…
Il existe un certain nombre de jeunes (ou pas) consommateurs de cannabis qui sont de droite ! ! !
A chacun ses incohérences !
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H14 | 23/07/2008 |
En France, la « drogue » la plus consommée n'est-elle pas l'alcool qui fait énormément de dégâts chez les jeunes. Là aussi, il apparaît que le gouvernement ait fait le choix de la répression et de l'interdiction. Je crains que cette politique ne fasse pas diminuer les nombreuses victimes.
Merci, Arnaud Aubron de nous montrer, chiffres sérieux à l'appui qu'il vaut mieux aider ceux qui sont touchés par la drogue, plutôt que les réprimer et pourquoi pas les mettre en prison alors que le taux de récidive est supérieur à 50% en France… ! !
http://phil195829.overblog.com
De Guy Valte
14H25 | 23/07/2008 |
C'est fascinant, si on met ça à coté de la récente étude qui prouve que face à l'immigration sauvage la répression non moins sauvage mais officielle est totalement inefficace aussi. On commence à avoir de sacrés arguments à opposer aux zélateurs de la force de l'ordre et de la répression.
à Guy Valte
De Un compte supprime
nc | 09H05 | 24/07/2008 |
Je ne crois pas qu'en la matiere les arguments soient vraiment utiles : il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
De pegaze
ingé | 14H37 | 23/07/2008 |
Comme toujours quand on parle de drogue je ne comprends pas pourquoi vous ne parlez pas de l'alcool, qui est pourtant particulièrement dangereux. La répression des drogues a toujours été infiniment plus liée aux volontés politiques de serrer la population ou non qu'à des considérations sanitaires. Ou alors l'alcool serait illégal.
à pegaze
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 14H46 | 23/07/2008 |
L'étude parle effectivement d'alcool, mais sur le point précis qui m'intéresse là, seules le critère de la légalité (ou en l'occurrence de l'illégalité) qui importe. Voilà pourquoi j'ai laissé l'alcool de côté. Sur le fond je suis d'accord avec vous et c'est d'ailleurs une des grandes réussites de Nicole Maestracci à la tête de la Mildt que d'avoir mis sur le même plan lutte contre l'alcool et contre les autres drogues, illicites celles-là.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 14H38 | 23/07/2008 |
« La dépendance se structure sur un cycle d'une durée moyenne de dix ans »
D'expérience personnelle, je confirme cette assertion. Par contre je ne suis pas aussi sur qu'il s'agisse d'un cycle naturel, peut être simplement de lassitude ou d'assagissement.
Parmi un large panel de connaissances s'adonnant à l'absorption de drogues diverses et variées, commençant avant les 20 ans et en finissant passé le cap de la trentaine, une moitié a arrêté, pour diverses raisons, la nicotine et les trois quart le pétard quotidien (mais une grande partie continue de fumer occasionnellement l'un ou l'autre).
Par contre, les accros de la cigarette se rendent compte que la santé commence à payer l'addition, et la plupart réduise la consommation (ou en parle…).
Idem pour le cannabis, la plupart ne fume plus toute la journée à cause des obligations professionnelles ou familiales, ceux pouvant se permettre se luxe ayant soit un travail dont ils se foutent royalement (la défonce, l'ami du patron qui fourgue des boulots de merde), soit pas de travail (le chômeur drogué, c'est un peu un archétype, mais j'avoue que ça existe vraiment).
Quant à la coke, je constate que nul n'a poursuivi dans cette voie très longtemps, même si certains ont du en être extrait avec pas mal d'efforts.
Et l'héro, bien que peu courante, a laissé pratiquement tout le monde s'en aller, quelques malheureux ayant quitté la partie prématurément, les derniers n'en ayant plus pour très longtemps…
Par contre, il y a un point noir : l'alcool. Pas si rares sont ceux qui ont osé passé le cap de la consommation quotidienne, même si la plupart des gens préfère la cuite hebdomadaire.
Mais ceux qui ont franchi le pas ont soit vite arrêté car ils se sont rendus compte du problème, soit ont sombré au fond de la bouteille, avec plus ou moins de tenue (un alcoolo n'est pas forcément un poivrot cirrhotique, enfin pas avant quelques décennies…).
Etrangement, c'est la drogue la mieux admise socialement et judiciairement, la plus facile à acheter et consommer, et certes pas la moins dangereuses, qui fait le plus de ravage dans mon entourage.
Peut être certains y voient un contre-argument à la conclusion de l'OMS, mais je doute que le fin mot de l'histoire soit aussi évident.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H50 | 23/07/2008 |
La France très bien placée pour la consommation de hash , d » alcool , d » anti-depresseurs, d » animaux de compagnie et de blog personnels …
Ca sert à quoi de réprimer les effets pervers de la solitude ?
De olivier p
face à la mer | 15H07 | 23/07/2008 |
ça va toujours mieux, quoique pas de tout, en rappelant que la France maintien une répression inflationniste. Ce n'est pas qu'une absence de tolérance. Cette chasse aux fumeurs de cannabis jeunes et masculins (à plusde 90%) est pratique pour de multiples raisons, et toujours plus dramatique pour les simples usagers (gardes à vues, peines planchers et récidives, tolérance zéro nanogramme au volant donc retrait de permis automatique…) : les derniers chiffres sont revendiqués, cf les extraits ci-dessous. C'est évidement compliqué dans le climat actuel de dire, de pouvoir le dire calmement dans des médias de masse, que ce n'est pas la meilleurs façon de penser et faire avec les drogues que de poursuivre systématiquement des personnes qui se feraient du mal ! Il faut encore rappeler que « Environ 170000 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été
enregistrées au cours des 12 derniers mois, dont 132 500 usages de stupéfiants. (http://www.inhes.interieur.gouv.fr/fichiers/OND_BulletinMensuel_juil08.p…)
“Drogue : premiers résultats du plan parisien, satisfaction d'Alliot-Marie
AFP 21.07.08 | 20h29”
» » » » » » »« Le ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui a fait de la lutte contre la drogue l'une des priorités de son ministère, a salué lundi les résultats du plan de lutte contre le trafic des stupéfiants mis en place, l'automne dernier, pour la première fois dans la capitale. (…) “Il y a des zones où l'action de la police - une action dans le temps combinée avec des sanctions qui ont été prononcées par la justice - nous permettent de dire que la situation est sous contrôle”, s'est réjouie Mme Alliot-Marie. “Mais, a-t-elle ajouté, il y a d'autres zones où il est important de consolider les résultats jusqu'à ce que la situation soit claire”. Enfin, selon le ministre, il y a “d'autres zones où de nouvelles opérations vont être menées”. Pour Mme Alliot-Marie (…) les actions menées par la préfecture de police de Paris, dirigée par Michel Gaudin, correspondent “aux excellents résultats obtenus au plan national”. Depuis le début de l'année, sur l'ensemble du territoire, 39 tonnes de cannabis, soit trois fois plus qu'au premier semestre 2007, et 5,4 tonnes de cocaïne, soit le double qu'au premier semestre 2007, ont été saisies, a relevé le ministre. Pour le premier semestre 2008, au niveau national, 88.000 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été constatées, soit “une augmentation de 15%”, a-t-elle ajouté. Elle a rappelé que la lutte contre la drogue allait s'intensifier en particulier dans le domaine de la sécurité routière avec, dans le courant de cet été, des tests salivaires de dépistage de drogue “pour lutter contre l'une des causes de la mortalité au volant”. Le ministre a également dit réfléchir à la façon de sanctionner davantage, dans la prochaine loi de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI), “les dealers qui font leurs trafics autour des établissements scolaires”. Michèle Alliot-Marie s'est inquiétée en outre de la percée importante des nouvelles formes de drogues de synthèse et de l'utilisation de certains médicaments. “” » » » » »
De Lavrenti
15H13 | 23/07/2008 |
J'ai le souvenir très imprecis d'un documentaire vu il y a quelques années concernant la politique de la drogue mise en place par la ville ou le canton de Zurich.
Les très conservateurs Suisses allemands ont décidé, il y a plusieurs décennies de cela, que ce que les gens pouvaient s'envoyer dans les veines ne concernait qu'eux et que la collectivité n'avait pas à y mettre son nez.
Moyennant quoi, la consommation d'héroïne y a été légalisée.
Cela n'a pas empêché la mise en place des suivis classiques et des centres de désintoxication, simplement il n'y avait pas de répression.
Après des années, les autorités locales ont décidé de réduire la portée de cette mesure en en limitant la zone d'effet à un périmètre très précis pour une raison simple : les seringues usagées et les junkies défoncés dans les caniveaux, ça fait désordre.
Une partie du documentaire était réalisée à partir de films et d'interviews dans cette zone, ça valait milles fois toutes les campagnes de propagande anti-drogue jamais effectuées, il s'agissait littéralement du pays des cadavres qui marchent, très impressionnant.
Plusieurs années après, un nouvel aménagement radical a été apporté, pour une raison très simple : si tous les junkies de suisse n'avaient pas déménagé à Zurich, il y avait tout de même une population de consommateurs d'héroïne importante, ce qui entraînait une petite délinquance considérable.
Les autorités locales ont alors traité le problème à sa racine : puisque les consommateurs d'héroïne ont d'énormes besoins financiers et que cela les pousse nécessairement à la petite délinquance, il faut réduire les prix de vente. Et pour cela, une seule solution, encadrer strictement la vente.
Ont alors été mises en place de petites structures dans lesquels les héroïnomanes s'inscrivent et ou ils peuvent acheter et consommer leur doses, en présence d'une infirmière qui peut aussi les aider à se piquer. Le coût de la dose est équivalent à celui d'un paquet de cigarettes, soit le prix de base de la drogue plus le salaire de l'aide médicale et le loyer du local.
Il n'y a aucune obligation de suivi d'un programme de désintoxication mais il est parfaitement possible d'associer la consommation légale et la désintoxication.
A ce jour, c'est la seule approche du problème de la drogue que j'ai vu et qui m'ait semblé positive.
C'est une approche très pragmatique qui ne s'encombre pas de préjugés ou de contraintes morales. Les problèmes suscités par la drogue sont définis, examinés, analysés et traités de manière cohérente et efficace.
Il faudrait examiner cette situation plus en profondeur mais elle m'a semblé être la seule capable de répondre aux problèmes liés à la drogue, très loin des insupportables discours moralisateurs et laudateurs des uns et des autres, en proposant une solution cohérente : encadrer la commercialisation des drogues et leur consommation pour les plus dangereuses d'entre elles.
à Lavrenti
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 16H08 | 23/07/2008 |
Le problème avec cette experience était les seringues. Depuis l'apparition du SIDA l'utilisation de seringues est un risque en soit. Et aussi les nombreux cas d'hépatites qui font des ravages.
Voir ce que j'ai écrit plus bas sur l'experience de Marks à Liverpool.
à Lavrenti
De elarips
08H07 | 24/07/2008 |
si mes souvenirs sont bon dans le cas zurick l'héro avait été produite par la france !
De Otto67
15H27 | 23/07/2008 |
Incroyable ce texte !
La drogue ne conduirais pas a la déchéance à la pauvreté à la prostitution ou à la mort.
Selon l'article non seulement il est inutile de sévir mais il est inutile aussi de soigner car les toxicomanes se défont de leur toxicomanie en dépit des policiers et des docteurs (au bout de dix ans) et non grace à eux.
Mieux encore ce sont dans les pays qui ont une legislation plus liberale avec les drogues ou il y a le moins de drogués c'est… le paradoxe de Marks
Idem avec le national-socialisme ce sont dans les pays ou la législation est la plus liberale a l'encontre des néo-nazis on l'on trouve le moins de néo-nazis d'ailleurs il est inutile de chercher a soigner ou a guérir car les néo nazis eux memes se défont de leur idéologie apres environ dix ans et ceux malgré les docteurs et la police c'est ce que l'on appel le paradoxe de Mengele
Bonne nuit
à Otto67
De Gringo
| 16H48 | 23/07/2008 |
Extrait de l'article :
« Ce qui ne veut pas dire que pendant les dix années de maintenance il faille renoncer à persuader les patients de laisser tomber leur usage de drogues »
Et joyeuse pâque
à Otto67
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 09H16 | 24/07/2008 |
Si je fais un livre, je vous demanderais de réécrire mes articles ; -) Si c'est sincèrement ce que vous avez compris de cet article, j'en suis désolé, c'est que je n'ai pas dû être assez clair. Par exemple sur le point le plus central « inutile de soigner », je pense que le Dr Marks (et dans Dr Marks il y a Docteur…) explique tout l'inverse. J'esssaierais d'être plus clair à l'avenir. Promis.
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 15H50 | 23/07/2008 |
Merci Arnaud d'invoquer Marks. Je suis très au courant de ce qui s'est passé à Liverpool dan sles années 80, et c'est dommage que vous n'ayez pas developpé plus la dessus en donnant certaines précisions.
Je vais essayer de le faire ici.
En gros la situation des heroinomanes à Liverpool était telle, que en plein jour, les gens se faisaient devalisés, les voitures defoncées, bref c'était devenu le Far West…..la nuit, pas question de mettre les pieds dehors, c'était extremement dangereux.
En moins de six mois, il n'y avait plus un seul vendeur d'hero dans les quartiers chauds de Liverpool, et tous les junkies avaient leurs doses. Les taux de crimes ont baissé de 90% dans le même temps.
Comment ont ils fait ? Primo, tous les junkies durent se procurer une carte les identifiants comme tels, cad, heroinomanes. Cette carte, leur permettait de se procurer de l'heroine pure chez le pharmacien attitré de leur quartier. Ils procedaient de cette manière, le lundi matin, ils se presentaient au pharmacien avec leur cartes, qui identifiait non seulement le fait qu'ils étaient accro, mais aussi la dose qu'ils consommait tout les jours. Ils laissaient au pharmacien un, ou deux paquets de cigarettes. Dans les jours qui suivaient, lorsque la commande arrivait a la pharmacie,le pharmacien injectait les cigarettes avec de l'heroine liquide, une cigarette, une dose, grosso modo. Quand tout éatit bien sec, on rappellait le client, qui passait chercher ses paquets de cigarettes. Il payait integralement l'heroine, mais à son véritable prix, ce qui equivalait en termes d'aujourd'hui a environ 20 euros, pour toute la semaine. Ce 20 euros dans la rue, aurait valu au moins 1000, et jamais n'aurait été aussi pure evidemment. Pourquoi les cigarettes ? Simple, une fois melangée dans une cigarette il est impossible de separer la nicotine de l'heroine, rendant le melange hautement toxique, et même mortel. Le client était donc obligé de fumer sa dope. Dans l'année qui suivit, plus de 70% des clients, s'étaient trouvé du travail, et avait une vie normale, cad, ils ne vivaient plus de vols et de rapines, car a 20 euros par semaine, cela devenait une dépense pas plus importantes que de consommer quelques bières dans un pub. Inutile de dire que les cours de justice ne furent plus embourbées par des centaines de cas de vols, ventes de drogues, meurtres et autres histoires toutes associées au fléau que l'heroine peut provoquer dans une ville. De plus, beaucoup furent enclin a utiliser les services en place pour se desintoxiquer, mais il n'y avait aucune pression dans ce sens, ceux qui voulaient continuer de se droguer étaient parfaitement libre de le faire.
Plus un seul vendeur d'hero a suvecu a cette concurrence …..pourquoi acheter sur le marché noir a 100 fois le prix ? Concurrence deloyale, mais qui porta fruit. Ils plièrent bagage, et ont été vendre leurs produits ailleurs.
Le projet fut arreté pour des raisons faussement morales, et surtout politiques . Il y eu aussi énormément de pression de la part des USA sur le gouvernement Britannique, ce genre d'experience ne semblait pas leur plaire.
Je me souviens même d'un type, un des clients, qui s'était remis a jouer au rugby, après 8 mois de ce programme. Il avait reprit son poids normal ( 95 kg) , mangeait a sa faim tous les jours, travaillait,payait son loyer et ses factures, bref, a part sa consommation d'hero, menait une vie tout a fait normale.
Si vous avez d'autre détails sur cette experience de Marks, envoyez moi les liens.
à Lemmy_Nothor
De Lavrenti
10H41 | 25/07/2008 |
Honteux.
Rendez vous compte, on vend de la drogue à des drogués !
Or, la drogue, c'est MAL !
Donc, vendre de la drogue à des drogués, c'est encore plus MAL !
Et pour quels résultats je vous le demande ?
Disparition du trafic, démarginalisation des drogués, fin de la petite délinquance, possibilité d'un suivi efficace du problème au niveau médical et social etc …
Autant dire rien.
Heureusement que nous avons des responsables politiques courageux qui n'hésitent pas à prendre des postures avantageuses pour dire fermement NON ! à ces mesures irresponsables.
Car ne l'oublions pas, le role d'un responsable politique est de guider les masses aveugles sur le chemin de la morale et du bon gout, pas de gérer la cité pour le bien commun selon le mandat pour lequel il est élu.
à Lemmy_Nothor
De guildoune
impatient | 22H58 | 25/07/2008 |
porteur de vih et vhc Février 1988,(TT début 95),et bien que soulagé ( ! )de cancers hépatique depuis un an,j'en veux à la profession de pharmacien d'avoir à l'époque fait débat sur la dispensation (payante,pas cher)de seringues ad-hoc.(peur de voir les Junk's dans leurs officines ? )Je dois honnetement imputer mon ennui à mon acte volontaire,mais aussi à l'emploi de facto de materiel sale.Honte aux « experts » de n'avoir rien su.
Client « de rue » à Nice en 83,je vis toutes les couleurs de « produit »,et de coupage : en bref tout ce qui est poudreux et amer (et strychnine,pour l'effet).
Comme partout,il y a un « pet » : les policiers ne choppent
que le choppable.
Quant aux raisons politiques=l'opium du peuple,etc…
Merci d'éclairer ma lanterne au de Marks
cordialement.
De Gringo
| 16H34 | 23/07/2008 |
En France, quand vous prenez le volant TROIS jours après fumé un joint et qu'ils vous font un contrôle, il s'avère positif.
Ceci dit, le médecin de l'hopital militaire (c'était la gendarmerie) écrit en bas du rapport : « Ceci correspond à une prise ancienne de cannabis » mot pour mot.
Vous passez néanmoins au tribunal. Comme quelqu'un de conforme à ce qu'il pense, vous expliquez que « non, vous n'aviez pas l'impression d'être un danger public à cet instant »…
Et vous vous entendez répondre par le substitut du procureur, sur un ton péremptoire (encore une fois mot pour mot) : « Monsieur, quand il y en a dans le sang, il y a encore les effets, mais ça, bien sur vous ne pouvez pas le savoir parce que quand on est drogué, on se sent fort ».
Et là, vous vous demandez si vous rêvez, ce que l'on apprend à l'Ecole Nationale de la Magistrature à ce sujet et si un jour les mentalités évolueront. Je précise qu'il n'ont trouvé de cannabis que dans mes veines hein, pas dans la voiture, pas dans les poches, rien.
Mais bon, vous repartez content du tribunal parce qu'en plus de la prison, vous avez gagné un traitement toxicologique d'une durée de 18 mois (qui vous coûte d'ailleurs plus cher que les 3 à 5 joints par mois que vous fumiez à l'époque).
Le seul que cette histoire fasse rire, c'est mon addictologue (médecin, donc). Par contre, ma conseillère d'insertion, ma Juge d'Application des Peines, le procureur sont contents de m'aider à m'en sortir puisque le traitement se passe bien.
à Gringo
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 17H03 | 23/07/2008 |
Il y a en effet un prejudice extreme sur ce qu'on nomme les drogues illégales. Par contre, je ne vois aucune répression sur les drogues légales, qui sont beaucoup plus consommée que les autres. Or ,pour chaque conducteur qui a fumé un pétard, il y en a 15 qui sont sous influence de tranquilisants, anti depressifs, et toute une liste de produits dont je ne veux pas faire la liste ici, mais qui sont consommés par au moins 35% des gens sur la route. Et je ne parle pas des condusteurs professionels, routiers et autres qui carburent a toute une gamme de produit pour se tenir reveiller. Vous savez sans doute que les pilotes de F16 Américains pilotent leurs engins de mort, chargés a bloc de missiles et autres jouets, sous influence de speed. Administré par les medecins Américains eux même. Alors quand je lis vos deboires avec les autorités Françaises, je me dit que non, vous n'êtes pas un danger pour quiconque quand vous roulez dans votre tire, trois jours après avoir fumé un petard.
Mais il s'agit d'un négoce, amende a payer, avocats, et j'en passe, l'Etat se fait du fric.
Pour ce qui est des drogues légales, ce même Etat, ne desire pas déranger les grandes compagnies pharmaceutiques, donc on fait semblant que ce n'est pas un danger et on se concentre sur les produits illégaux.
De brise marine
portier de nuit | 16H32 | 23/07/2008 |
Ce n'est pas vraiment le sujet,mais il y a l'aspect médical du cannabis qui reste confidentiel :
http://www.cannabis-med.org/french/home.htm
De Ermite
Consultant IT | 16H55 | 23/07/2008 |
Comme de nombreuses politiques menées ici comme ailleurs et basées sur la répression d'actes présentées comme intrinsèquement dangereux, une bonne partie de l'affaire se résume à deux piliers de l'exercice du pouvoir :
1) infantilisation des peuples : nous savons ce qui est le mieux pour votre bien ; ne cherchez pas à comprendre puisque de toutes façons vous ne pourriez pas comprendre ; faites-nous confiance et continuez à nous confier les rennes.
2) maintien des peuples dans un état de peur permanente : la Drogue (et pas « les drogues », il faut toujours tout simplifier, cf point 1) est un fléau qu'il faut combattre par une guerre permanente et sans merci ; les drogués sont des dangers publics responsables de toute la petite délinquance ou presque (on remarquera quand même qu'on parle beaucoup moins souvent des vrais bénéficiaires des trafics de stupéfiants dans les médias sauf quand il s'agit de « terroristes islamistes »).
Bref, envers et contre tout, le pouvoir a besoin de continuer à marteler le même message et à mettre en œuvre les mêmes « solutions », même quand les faits contredisent la doxa courante.
Sinon… et bien sinon ça fait une laisse de moins autour du cou des peuples, qui pourraient bien prendre goût à la réflexion indépendante. Horreur !
Ceci dit, il ne s'agit certes pas de ne rien faire.
La consommation incontrôlée de drogues peut faire (et fait) des dégats (individuels et sociaux).
Les solutions alternatives dont il est question dans l'article et les commentaires me semblent des voies intéressantes à continuer à explorer et à développer, en s'appuyant à la fois sur la responsabilité individuelle ET sur les dispositifs collectifs.
De cooboolt
Country people lost | 17H20 | 23/07/2008 |
Il serait utile de ce pencher sur le contrôle du commerce des drogues. De comprendre quelle est la rivalité entre la drogue et les produits pharmaceutiques. De voir quel est le montant du capital économique qui échappe à tout contrôle étatique pour aller alimenter les conflits armés. Et pendant que l'on y est, de simuler l'impacte d'une drogue moins nocif sur la santé si elle était contrôlée par l'État, par rapport à la drogue actuelle à laquelle on ajoute de la coupe pour augmenter sa quantité. Mais ce simple effort n'arrangerait pas tout le monde et surtout ceux qui la laissent passer en faisant mine de lutter contre.
à cooboolt
De guildoune
impatient | 00H54 | 26/07/2008 |
Retour à la déf.« mauvais remède“ou‘la politique épouvantait,comme une drogue dangeureuse(Zola).etc.
j'ai chez moi point de chanvre,mais beaucoup de digitaline,cigue,ammanites phalloides,datura(déjà esayé,à ne pas faire…)Et d'autres stupéfiantes,sans doute.
Voir des Massais ce jour faire leur promo’ au musée des arts premiers…Et le chef de dire : j'en ai plus sur moi que dans vos vitrines !
Rien à voir ?
Et si ! Parlez de dope,de déchéance,du visible,
Pas de ce que vous ne savez.allez voir,essayez ; donc.
Vous ne pouvez imaginer la MASSE de fric en jeu.
Hélas,cette guerre-là ne cessera pas ‘faute de combattants’ ;
Pour moi ne sont rien l'héro,coke,shit (m afghan)rien les amphèts ‘classiques’,et l'héter,l'alcool…
Ne me dérange que les dopes psychotropes,en vogue.
Méfiez-vous de celles-là.
cordialement.