17/11/2009 à 17h33

Les scientifiques bougent sur le cannabis... et trébuchent parfois



Un policier mexicain dans une plantation de cannabis de l'Etat de Baja California le 13 mars (Jorge Duenes/Reuters)

Alors que le front afghan (grand producteur de hasch) s'enlise, les choses bougent vite sur le front cannabique américain (grand producteur d'herbe). Après la proposition de loi californienne pour légaliser et taxer le commerce, l'annonce par Washington que les patients et dispensaires des Etats ayant légalisé le cannabis médical ne seraient plus poursuivis, l'American medical association (AMA) s'est prononcée la semaine dernière pour une déclassification du cannabis :

« Notre association demande que le classement de la marijuana au premier tableau fédéral des substances contrôlées soit réexaminé afin de mener des recherches cliniques et de permettre éventuellement le développement de médicaments à base de cannabis. »

Le premier tableau rassemble les substances addictives, considérées comme dangereuses et qui n'ont pas d'utilisation médicale reconnue, comme l'héroïne, le LSD ou le PCP. Cocaïne et amphétamine, elles, ne figurent qu'au tableau II (en raison de leur potentiel médical). Bien sûr, la plus puissante association américaine de médecins (250 000 membres) précise immédiatement :

« Cela ne doit pas être considéré comme un soutien à un quelconque programme fédéral de cannabis médical ou à une légalisation de la marijuana, ou encore comme une reconnaisse scientifique du fait que la marijuana remplit les critères pour devenir un médicament. »

Reste que cette position est une très nette avancée par rapport aux précédentes déclarations de l'AMA, opposée à cette déclassification depuis 1997, alors que les demandes se faisaient de plus en plus nombreuses de la part des chercheurs.

Rappelant son opposition à la légalisation, le Tzar antidrogues (responsable de la politique des stupéfiants à la Maison blanche) a déclaré au LA Times : « C'est encore une drogue figurant au premier tableau et nous la traiterons comme telle. »

Un conseiller du gouvernement remercié en Grande-Bretagne

On comprend la prudence des médecins américains dans leur avancée après la mésaventure arrivée au début de ce mois à un de leurs collègues britanniques. Président du Conseil consultatif sur l'abus de drogues (ACMD) au ministère de l'Intérieur britannique, le docteur David Nutt a été congédié pour avoir osé déclarer que le LSD, le cannabis ou l'ecstasy étaient moins nocifs que le tabac ou l'alcool...

Pharmacologue et psychiatre, David Nutt s'exprimait dans un rapport du très sérieux King's college de Londres. Il y regrettait que le ministère de l'Intérieur « torde et dévalue » la parole scientifique, notamment en ayant décidé l'année dernière, contre l'avis des experts, de repasser le cannabis du tableau C au tableau B des stupéfiants (la déclassification avait été décidée en 2004 par le gouvernement Blair, procédant à une dépénalisation de fait).

Pour le ministre de l'Intérieur Alan Johnson :

« David Nutt ne peut à la fois être notre conseiller et faire campagne contre notre politique face au cannabis. C'est une question de principe. »

Reste que cinq des 31 membres de l'ACMD, craignant pour leur indépendance, ont démissionné par solidarité. Pas sûr que cela console le docteur Nutt, mais l'essentiel des panels d'experts ayant tenté de classer les drogues (légales ou non) selon leur dangerosité sont arrivés à des conclusions équivalentes.

Ce fut le cas pour l'OMS en 1971. Pour le rapport sur « La dangerosité des drogues » du professeur Roques en 1998. Mais aussi plus récemment dans une étude publiée dans The Lancet en 2007. L'héroïne y arrivait en tête des produits les plus dangereux, tabac et alcool étaient dans la première moitié, tandis que le cannabis se classait 11e et l'ecstasy 18e.


(Pour voir le tableau en grand format, cliquez ici)

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h12 le 17/11/2009
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Je ne vois pas la salsepareille dans le classement ..

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h27 le 17/11/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Classifier les drogues c'est pas très évident, surtout si on se contente d'une seule dimension.
    Parce qu'il faut voir ce qui est dangereux dans une drogue : la dépendance, l'accoutumance, les conséquences neurologiques, ou bien sur le reste de l'organisme, ou encore le comportement du drogué.

    Forcément l'héro tend à décrocher la timbale dans toutes les catégories : D

    Mais le tabac c'est vicieux. Forte dépendance, grand risque pour les poumons, mais un fumeur de clopes ne devient pas fou (sauf en manque : D) et ça n'influe quasiment pas sur son comportement en société.
    Inversement, le LSD ne provoque qu'une faible dépendance et dégrade peu le corps, mais un mec sous acide devient ingérable et à force il peut se cramer vraiment la cervelle.

    Et quand je vois le classement de l'article, je me pose des questions sur les solvants qui sont moins nocifs que la kéta, celui-ci étant un médicament tandis que le premier étant un truc ne servant vraiment pas à être introduit dans l'organisme.

    Si je devais me créer ma propre échelle, je mettrais comme premier critère la dangerosité immédiate, c'est à dire la potentialité de faire une overdose.
    Ensuite y'aurait la capacité à contrôler le trip : quasiment total pour la coke ou la nicotine, moins pour le shit, encore moins pour l'alcool et que dalle pour les hallucinogènes.
    Ou peut être noterai-je avant la dépendance physique, car gouter une fois et finir accro c'est vraiment un sale piège.
    On pourrait aussi noter la puissance de la gueule de bois, comme critère positif : l'alcool ou le LSD c'est parfait, car après un gros trip on a pas envie de recommencer de suite. Par contre le shit, le lendemain matin un pet et ça repart. Et je parle même pas de la coke ou de la clope...

    Enfin ça serait quand même indigne de ma part de faire une échelle de dangerosité. Tant qu'à faire, il faudrait que j'invente une échelle de plaisir : D

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 18h40 le 17/11/2009
    • Internaute
      oiseau

    Galilée aussi eu du mal à gérer ses conclusions scientifiques vis–à-vis de l'idéologique inquisition.

    En gardant en mémoire le souvenir de Galilée que peut-on penser de la déclaration du ministre de l'Intérieur Alan Johnson : « David Nutt ne peut à la fois être notre conseiller et faire campagne contre notre politique face au cannabis. C'est une question de principe. » ?

    En effet, c'est une question de principe !

    Est-ce qu'un conseillé doit nécessairement abonder dans le sens de l'idéologie gouvernementale tel un flagorneur ou bien est-ce qu'il est là pour donner des conseils qui ne sont pas nécessairement en emphase avec l'idéologie ?
    Le principe d'Alan Johnson semble suivre cette deuxième option : un conseiller est là pour argumenter la position gouvernementale, pas pour la discuter et encore moins pour dire des vérités scientifiques à l'encontre des « vérités » gouvernementales.

    L'inquisition est donc toujours là...

  • Dr_Driller
    Dr_Driller
    info
    • Posté à 10h38 le 18/11/2009
    • Internaute
      info

    le tableau de classification c vraiment n'importe quoi ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    ecstasy moins dangereux que Ketamine ? ? ? ? mais n'importe quoi la Kétamine est la drogue la mieux accepté par le corps alors que l'ecstasy fait des ravages ds le cerveau et mets très longtemps à être évacué par le foi.

    soit on prends en compte que les dommages physique et non psychologique, dans ce cas on mets LSD en dernier et Kétamine juste avant.

    Si on prends en compte la dangerosité psycho, alors on mets le LSD dans les premiers..

    je suis aussi très étonné de voir la cocaine placé juste derrière l'Héroine, normalement c'est l'alcool qui vient juste derrière l'héroine, et la cocaine me semble mieux évacués par le corps que les amphétamines..

    Je remets très sérieusement en doute ce tableau, j'ai déjà vu des études bcp plus précise par le passé.