28/10/2009 à 17h41

Dépénalisation du cannabis : l'Amérique avance, Libé recule



Etude sur du cannabis thérapeutique en Israël le 27 août (Amir Cohen/Reuters)

C'est une petite annonce qui a suscité de nombreuses vocations. Le journal alternatif Denver Westword recrute un critique cannabique :

« Est-ce que votre santé nécessite la prise de cannabis ? Avez-vous des facilités à écrire ? Si c'est le cas, Westword a besoin de vous pour rejoindre les rangs de nos critiques des dispensaires de marijuana. »

Ne vous précipitez pas, plus de 100 candidatures ont été reçues et les inscriptions sont fermées. Le boulot était tentant : visiter une fois par semaine l'un des dispensaires de cannabis thérapeutique du Colorado et en faire un compte-rendu. Mais attention, il fallait impérativement être armé d'une ordonnance en bonne et due forme.

Comme treize autres états américains, le Colorado autorise certains malades à se soigner en recourant au cannabis, en particulier les malades du sida, les cancéreux en chimiothérapie, les personnes atteintes de glaucomes, de sclérose en plaques, de la maladie de Parkinson...

En Californie, la loi l'autorise depuis 1996. Résultat, en 2007, on comptait près de 200 dispensaires rien qu'à Los Angeles. Autant dire que tous les clients ne sont pas vraiment des malades et que l'ensemble du système s'apparente de plus en plus à une vaste dépénalisation de fait de la consommation.

Qui semble recevoir l'approbation tacite de l'administration Obama. Alors qu'une proposition de loi a été présentée à l'Assemblée de Californie pour légaliser et taxer le commerce de marijuana, l'Etat fédéral Obama a demandé lundi à ses procureurs de ne plus poursuivre les patients et dispensaires dans les Etats ayant légalisé cette pratique, mettant un terme à des années de bras de fer. Pour les partisans de la dépénalisation, la Cannafornie, l'un des principaux producteurs mondiaux de marijuana, fait désormais figure de nirvana.

Laurent Joffrin s'abreuve chez Sarkozy

Une évolution qui semble avoir échappé à Laurent Joffrin, de Libération, où j'ai signé quelques articles sur la question, y compris sous ses ordres. Dans le journal qui a publié en 1976 l'appel du 18 joint pour la légalisation du cannabis, le directeur de la rédaction signait ce lundi un édito pour le moins surprenant :

« Solution simple et, pour ainsi dire, de facilité : on légalise. [...] Encore faut-il évaluer les conséquences probables d'une politique aussi libérale. Les pays qui sont allés dans cette direction, Espagne ou Pays-Bas, ne sont guère enthousiastes. Ils tendent même à revenir en arrière. »

Je vous passe les autres arguments amenant à la conclusion qu'il ne faut surtout rien changer à l'idyllique prohibition actuelle, qui fait de la France l'un des seuls pays européens où le fait de fumer un joint reste passable de prison mais également le deuxième consommateur de cannabis en Europe. Preuve que tout fonctionne.

On peut s'étonner qu'au moment où même le PS avance sur cette question, un édito de Libé puise son argumentaire dans les propositions de campagne de Sarkozy de 2007 :

« Partout où la drogue a été légalisée, demandez donc aux Pays-Bas et en Espagne, ce fut une catastrophe. »

Ensuite, il est utile de rappeler que personne aux Pays-Bas ne remet en cause la politique de séparation des marchés (des drogues douces et dures) puisqu'elle semble porter ses fruits : les Pays-Bas sont l'un des pays européens où l'on fume le moins de cannabis. (source OEDT)



Consomation de cannabis en Europe (OEDT)

(Cliquer sur l'image pour voir le graphique en plein écran)

Et si les autorités songent effectivement à modifier la loi, c'est parce que les jeunes Allemands, Belges ou Français envahissent les coffee shops néerlandais tous les week-ends.

Sous la pression de leurs voisins, notamment français, les autorités envisagent donc de réserver les coffees aux seuls Néerlandais. La même proposition de loi envisage de les autoriser à conserver de plus importantes quantités de cannabis. On est donc très loin du rétropédalage décrit par Joffrin et Sarkozy.

Quant à l'Espagne, à moins qu'une information m'ait échappé, aucun changement de la politique actuelle de grande tolérance ne semble envisagé. Et pourquoi avoir choisi ces deux seuls pays alors que le Portugal, par exemple, va plus lois et est le seul pays à avoir dépénalisé par la loi. Que cet été, le Mexique et l'Argentine ont, à des degrés divers, dépénalisé. Que le Danemark réfléchit à l'ouverture de coffee shops. Ou enfin que l'Union européenne, dans un rapport officiel rendu public en mars 2009, rappelait :

« La prohibition des drogues a provoqué des dégâts involontaires importants, dont beaucoup étaient prévisibles. »

Bref, si il y a une tendance actuelle et des enseignements à tirer des expériences étrangères, ils ne vont pas vraiment dans le sens de la prohibition. Mais pour s'en rendre compte, comme l'écrit fort justement Laurent Joffrin, il aurait fallu sortir du « débat simpliste » et « éviter le yin et le yang des poncifs libertaires ou sécuritaires ».

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  • Pierre Serisier
    • Posté à 18h11 le 28/10/2009

    Pas facile de rouler un joint dans un édito de Libération. Ils devraient penser à passer au papier gommé.

  • Yx.Oc.
    Yx.Oc.
    Editeur masqué
    • Posté à 18h26 le 28/10/2009
    • Internaute
      Editeur masqué

    Accuser Joffrin de Sarkozysme est un argument pathétique proche de la malhonnêteté intellectuelle. On dirait du concours de gros sexe « moi je suis plus à gauche que toi ! ».
    Qu'il soit réservé sur la question (car son article émettait des RESERVES, et non un refus) ne fait pas de sa position un calque de celle de l'UMP (qui est elle-même un peu plus complexe que les « flower power » ne veulent bien le croire).
    Ne pas tirer un bilan des expériences néerlandaises, belges, espagnoles ou californiennes pour affiner une réflexion sur le cannabis serait une hérésie (et cela n'implique pas que je pense qu'il n'y ait que du négatif à en tirer ! ).
    Enfin, le plus grave problème dans l'histoire du cannabis, de la coca et de toute forme de drogue, et ce bien avant la santé ou le confort de jeunes cons dans les villes du nord, c'est bien les conséquences sociales de la production dans les campagnes du sud ! Là où on appelle la plante mariGuana, où on la cultive à portée de fusil et où on s'étrangle d'entendre des irresponsables dire que consommer, ça n'est « pas si grave ». VOTRE consommation, c'est LEUR problème...
    Le cannabis est un problème sérieux à l'échelle planétaire et mérite des solutions sérieuses et réfléchies, bien éloignées du tout répressif de l'UMP ou du tout « peace&love » des soixantehuitards égoïstes !

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 19h03 le 28/10/2009
    • Internaute
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    L » Appel du 18 joint
    Texte publié dans Libération, le 18 juin 1976
    « Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple “joint” de cannabis (sous ses différentes formes : marijuana, haschich, kif, huile) peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre.

    Des dizaines de documents officiels (notamment les rapports La Guardia aux Etats-Unis, Wootton en Grande-Bretagne, le Dain au Canada) ont démontré que le cannabis n'engendre aucune dépendance physique, contrairement aux drogues dites “dures”, telles que l'héroïne, mais aussi au tabac ou à l'alcool, et n'a aucun
    effet nocif comparable (“Pas même une bronchite, sauf chez les grands fumeurs”, a écrit aux Etats-Unis le directeur de l'Institut national contre l'abus des drogues).

    Le contenu de ces documents n'a jamais été porté à la connaissance du public français, on a préféré laisser la grande presse mener des campagnes d'intoxication fondées sur des mensonges ineptes.

    Dans de nombreux pays déjà : Etats-Unis (Californie, Oregon, Alaska), Pays-Bas, Canada... la législation sur le cannabis a été considérablement adoucie.

    En France, on continue d'entretenir la confusion entre drogues dures et drogues douces, gros trafiquants, petits intermédiaires et simples usagers. Cela permet de maintenir et de renforcer une répression de plus en plus lourde : depuis 1969, la police peut perquisitionner chez n'importe qui, sans mandat, à toute heure du jour ou de la nuit, sous prétexte de drogue.

    Cela permet des arrestations massives de jeunes et des quadrillages policiers. Cela sert à justifier la détention de centaines de personnes, petits revendeurs ou fumeurs de cannabis, quand tout le monde sait que des gros bonnets de l'héroïne sont en liberté. Ces emprisonnements, bien sûr, sont sélectifs et frappent en priorité la jeunesse, surtout la jeunesse ouvrière et les immigrés, particulièrement dans les régions.

    Or, des milliers et des milliers de personnes fument du cannabis aujourd'hui en France, dans les journaux, les lycées, les facultés, les bureaux, les usines, les ministères, les casernes, les concerts, les congrès politiques, chez elles, dans la rue. Tout le monde le sait. C'est pour lever ce silence hypocrite que nous déclarons publiquement avoir déjà fumé du cannabis en diverses occasions et avoir, éventuellement, l'intention de récidiver. Nous considérons comme inadmissible toute forme de répression individuelle, soumise à l'arbitraire policier, et entendons soutenir activement tous ceux qui en seraient victimes. Nous demandons que soient
    prises les mesures suivantes :

    - Dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantités de consommation courante.
    - Ouverture de centres d'information sur les substances psychotropes, en ordre alphabétique : alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, LSD, médicaments, tabac, etc.

    Nous n'avons que faire de la légalisation de la marijuana, ni de sa commercialisation. Si des trusts à joints s'en emparent, c'est une question de société. Ce texte n'est pas un appel à la consommation. Il vise seulement à mettre fin à une situation absurde. »

    Souvenirs , souvenirs ......

  • N.MARECHAL
    • Posté à 19h34 le 28/10/2009

    Jadis on était d'honnête commerçant avec un bordel dans le centre... une loi nous a cassé un marché pourtant bien porteur.

    Dans la profession avec Auguste et Polo les p'tits bras, on a réinvesti dans le marché du cannabis. Pas de surprise : c'est interdit ... (une belle affaire qu'on a forgé avec la sueur et le brouillard des dessous des comptoirs) et voila que maintenant on voudrait autoriser la vente du cannabis... si c'est pas un sortilège pour la famille ca ! ! !

    Mais qu'est ce qu'on a fait au bon dieu ...

    Bon quand il y a du rififi dans les affaires il faut bien se recycler dans l'honorable. Il faut vendre du Ricard, je ne vois que ça ! ! ! et si jamais Pasqua a des soucis ce serait vraiment de l'acharnement sur les petits commerçants comme nous.

  • moravagine
    moravagine répond à Mrjbforall
    Observateur désabusé
    • Posté à 20h58 le 28/10/2009
    • Internaute
      Observateur désabusé

    Ce que tu viens d'écrire est un euphémisme ! En 76, tu pouvais te faire jeter d'un rade parce que tu lisais Libé et qu'on n'acceptait pas les gauchos dans notre beau pays tolérant, aujourd'hui avec Libé, tu peux causer avec le nano président et parler sur tous les médias...

    Si Libé n'est plus lu, c'est peut-être qu'il n'a plus aucun intérêt, qu'il ressemble beaucoup au Monde, et que sans les aides publiques, ce journal rejoindrait le cimetière des illusions.

    Pour ma part, ayant assisté au procès lors de l'appel du 18 juin, avec l'inénarrable Bodard en témoin de moralité, je regrette ce journal qui était pertinent et impertinent... bien loin de ce qu'il est devenu !

    Ce Jean-Pierre GENE qui avait été à l'initiative de cet appel mériterait d'être sanctifié !

  • Paihel
    Paihel
    Etudiant
    • Posté à 21h12 le 28/10/2009
    • Internaute
      Etudiant

    De mon point de vue, la dépénalisation totale du cannabis serait une erreur. Pas parce que je trouve que fumer un joint c'est grave, mais parce que le joint sert de « tampon » contre les drogues dures.
    Ainsi des personnes souhaitant braver l'interdit vont fumer un joint, mais si le joint est dépénalisé, est-ce qu'ils n'iront pas vers des drogues plus addictives et plus nocives (coke, héro ...)

    Je suis donc pour un assouplissement des sanctions envers les possesseurs de cannabis, et les auto-producteurs (peines d'amendes, TIG), mais je pense que la dépénalisation totale serait une mauvaise chose.

  • kebra
    kebra répond à Yx.Oc.
    • Posté à 23h34 le 28/10/2009

    J'accuse Laurent Joffrin de sarkozysme alimentaire, il est prêt à toutes les danses du ventre pour sauver ce qui ne peut plus l'être, même à se renier sur le cannabis, sujet pas si mineur et très sensible aux manips, c'est gerbant.

    Il avait pondu un édito vidéo pro-légalisation dans sa période Obs et il utilise aujourd'hui un mensonge éhonté de notre monarque pour discréditer un changement de politique sur le cannabis. C'est une girouette sans fond politique valable, parfaite dans notre société décérébrée où un Libé tendence Géné n'a plus sa place faute de lecteurs éveillés.

    Quand à votre post... quelle carricature d'une situation dépassée, très seventies votre vision du bizz, genre 40 ans de retard. Entre autre, le cannabis est maintenant largement produit au Nord, il y entraîne aussi des violences sur les cultures et pour le contrôle du deal, en pleine explosion en France depuis dix ans. J'ai défendu des champs en Suisse, c'était violent, la dernière attaque provenait d'un groupe paramilitaire armé de 25 assaillants, les mafs qui gèrent la production au nord-est de l'Europe et surtout aux States/Canada/Suède font aussi pas mal de cadavres.

    La gangrène du shitstème est partout, elle est dramatique au Sud. la guerre des bocas de fumo de Rio, une seule ville, fait plus de morts que l'Afpak, la Palestine ou l'Irak. Sans parler du Mexique, de l'épuration récente en Thaïlande ou dans le Sud des Philipinnes et j'en passe des plus vieilles comme le Rwanda. Mais c'est une vision simpliste, genre tiers-mondisme insupportable et injustifié, que de porter la faute de la prohibition sur les jeunes cons soixantehuitards égoistes du Nord, cette catégorie phantasmatique ressemble une invention diabolique de notre monarque bipolaire ou pire à du Vince Lefevbre.

    La consommation de drogues concerne bien plus de catégories de la population, presque toutes, la prohibition est un système trop meurtrier et destructeur pour se résumer à votre argumentaire éculé, rance et improductif. Votre amour de Joffrin ne vous rend pas expert en matière de beuze, alors lisez un peu plus sur ce sujet avant de lancer des torches, d'avance merci.

  • olivier p
    olivier p répond à Arnaud Aubron
    face à la mer
    • Posté à 23h37 le 28/10/2009
    • Internaute
      face à la mer

    Je trouve la critique assez soft ! Mais pour le moins juste et pertinente, d'autant plus dans le contexte actuel.

    Un exemple rapide qu'Arnaud Aubron n'a pas donné : quand il est donné la parole aux « dealers », et bien ils finissent par dire qu'ils seront toujours plus concurrentiels que l'État :

    sauf qu'il est payé combien le gramme au producteur marocain, par exemple ? ou pour faire plus simple... le kilo, selon les chiffres de l'ONUDC,

    et bien le kg est à 125 euros (1400 dirham) en 2005 ! ! !

    je répète : 125 euros/kg ! ! ! l et il est à combien le gramme de cette même résine dans les rues et autres endroits de françe ? ? ?

    (source rapidement cherchée : page 242 du volume 2 de l'ONUDC 2005)

    nb : on pourrait faire la même chose pour le pavot ou pour la feuille de coca, mais là il y a une transformation plus onéreuse ; du coup l'idée de concurrence imbattable me semble quelque peu étrange.

  • lolarastaquouère
    • Posté à 03h17 le 29/10/2009

    Je me souviens que vers 1984, 85, voire 86, Libération ne rechignait pas du tout à vendre un espace publicitaire à Riz la croix vu le nombre de publication à l'époque. Pub simpliste, donc géniale (efficace)...En trois vignettes, style BD, on ne voyait que la (puis les) feuille à rouler stylisant un personnage et le texte disait à peu près ceci : Une feuille qui colle, deux qui s'y collent et trois qui décollent (évidemment à ce stade, le dessin représentait le montage d'un collage de trois feuilles pour joint...vous me suivez n'est-ce pas ? ). je fais appel à vous, lecteurs collectionneurs : montrez nous, à travers, entre autre, ces vignettes, comment dans ces années là on était loin, très loin devant sur des réels sujets de société. je suis fondamentalement convaincue que le système actuel marche sur la tête, est contre productif, pervers, car si l'état gérait la vente et la production en France où bien à l'étranger comme il l'a déjà fait quand c'était le temps des colonies avec le cannabis mais aussi l'opium, on aurait moins de personnes incarcérées, un produit contrôlé, un prix fixe, etc etc ...mais c'est bien entendu un acte (ou non-acte) politique puisqu'il sert une idéologie en marche de guerre à savoir le capitalisme qui ne peut être efficace qu'à la condition qu'il y ait des gagnants, des élus, des méritants et pour cela, il faut obligatoirement des loosers et les loosers des loosers sont les consommateurs et les vendeurs (appelés trafiquants)...bien sûr à un moindre degré il y a les chômeurs, les handicapés, malades etc...j'ai honte de ce qu'est devenu ce pays depuis 20 ans quant à Libé, c'est la même chose un « con s'en suce »

  • Alexandre J.
    • Posté à 10h53 le 29/10/2009

    La position de Libé est sidérante, merci Arbaud de cet article.

    En complément des commentaires, ci-joint un extrait du Tribunal de Lahaye aux Pays-Bas, tenu il y a environ un an, et qui est arrivé aux conclusions inverses de l'article, à savoir que la fermeture des coffeeshop serait un mauvais choix politique, conséquences graves sur les consommateurs alors exposés aux dealers, aux drogues fortes, aux drogues frelatées plus dangereuses.

    Extrait :
    LA HAYE, 3 décembre 2008 - Le Tribunal du Cannabis de La Haye s'est terminé hier avec la conclusion finale qu'une interdiction du cannabis présente effectivement davantage d'inconvénients que d'avantages. Les représentants du Parti Chrétien-Démocrate (CDA) n'a pas convaincu du contraire le juge indépendant . Au nom des organisateurs, Joep Oomen, porte-parole, a lancé un appel aux parlementaires néerlandais pour qu'ils sollicitent du gouvernement de la Hollande l'abolition de cette interdiction le plus vite possible.

    Une quantité de 200.000 EURO avait été offerte au parti politique qui serait capable de convaincre devant une Cour indépendante des effets positifs d'une interdiction du cannabis.

    Les organisateurs avaient eu des difficultés à trouver des personnes disposées à défendre l'interdiction. Oomen : « Il n'y a pas de médecins en Hollande disposés à maintenir publiquement que le cannabis est un plus grand danger pour la santé publique et que l'interdiction a un certain effet positif. »

    De tous les partis politiques, seulement le CDA était disposé à accepter le défi. Tant le maire Leonard Geluk de Rotterdam que la parlementaire Cisca Joldersma ont proposé de limiter le nombre de coffeeshops.

    L'expert en argumentation et philosophe légal Hendrik Kaptein, président de la cour créée pour cela, a cassé la défense des Chrétien-Démocrates. Devant une audition de scientifiques, d'anciens policiers, de propriétaires de coffeeshops et d'activistes cannabiques Kaptein a qualifié ses arguments de « fallacieux “et ‘sans valeur aucune’.

    La cour ne pouvait trouver d'argument contre l'approche pour la légalisation du marché du cannabis proposé par Hans van Duijn, ancien président de l'Association de Policiers de Hollande et membre de LEAP. En accord avec Van Duijn, le CDA, étant donné la continuation de l'interdiction du cannabis, est responsable pour 50% de la criminalité en Hollande, et pour que chaque année, soit gaspillés 1.500 million d'EURO à une guerre contre les drogues insensée. Joldersma n'a fait aucun effort pour contredire ces arguments.

    Bientôt, sera publié un DVD sur les procédures du Tribunal, qui ont été enregistrées en direct sur Internet. La déclaration finale offerte aux parlementaires néerlandais peut se lire dans Lien.

    Source : Lien