09/10/2009 à 15h36

Cannabis : le PS soutient Vaillant en faveur d'une réglementation

Arnaud Aubron | Les Inrocks (et ex-Rue89)


Dans un coffee shop du Sud des Pays-bas, à Bergen op Zoom, le 19 novembre (Jerry Lampen/Reuters)

Ce n’est pas une première, mais c’est courageux de le rappeler dans un débat où il n’y a politiquement rien à gagner et que des coups à prendre. Dans une interview au Parisien, l’ancien ministre socialiste de l’Intérieur Daniel Vaillant se prononce sans ambiguïté pour la légalisation de la consommation de cannabis. Et le PS lui emboîte le pas par la voix de sa responsable des questions de société, Najat Belkacem, interrogée par Rue89 :

« Autant prendre acte de l’échec total du système prohibitionniste et répressif pour ce qui concerne le cannabis, et se mettre au travail pour que notre société propose un autre équilibre entre ce qui est autorisé ou pas. La tolérance zéro pour le cannabis est une façon bien pratique de se décharger de ses responsabilités sur le reste. [...]

Quand un jeune sur deux fume du cannabis, on peut dire que ça ne va pas. Réglementer sa production, sa vente et sa consommation permettrait sans doute de contrôler un peu mieux la situation. »

« Aucun habitant n’est venu se plaindre des consommateurs de cannabis »

Interrogé à propos de la récente campagne du gouvernement contre les drogues, le maire du XVIIIe arrondissement avait dans un premier temps tenu à distinguer le cannabis, dont les jeunes Français sont les plus gros consommateurs européens, de drogues plus dures :

« Dans le vaste problème que pose la drogue, il y a la question du cannabis. Ce produit est interdit, et pourtant sa consommation explose ; aujourd’hui, un jeune sur deux a déjà fumé du cannabis. Cette croissance s’accompagne d’une aggravation des trafics et de la criminalité.

Aujourd’hui, je dis : “Ne faudrait-il pas prendre le pari de légaliser la consommation personnelle de cannabis à travers un contrôle de la production et de l’importation, comme c’est le cas avec l’alcool” ? »

Et d’enfoncer le clou tout en coupant court à tout soupçon d’angélisme :

« Depuis que je suis maire du XVIIIe arrondissement, aucun habitant n’est venu se plaindre des consommateurs de cannabis. Mais du crack, oui. Est-ce que le cannabis est dangereux ? Oui. Est-ce ça touche la santé ? Bien sûr. Le sommeil, les réflexes en prennent un coup, la capacité à travailler, être éveillé, suivre des études, sûrement. Je ne joue pas l’ignorant, mais est-ce bien différent de l’alcool ? »

Concrètement, l’ancien ministre de Lionel Jospin propose que l’approvisionnement à l’étranger soit contrôlé par l’Etat et qu’une fillière de production voie le jour en France, « comme pour l’alcool et le tabac ». Une système qui éviterait « les produits frelatés, les économies souterraines et la vente interdite aux mineurs ».

Un précédent en 2003

Pour Jean-Marc Priez, de l’Association française de réduction des risques :

« Même si la proposition du ministre pose un certain nombre de questions quant à sa mise place, il est bon d’entendre un homme politique dire aujourd’hui ce que tout le monde sait depuis vingt ans : la politique de prohibition est un échec. »

Les déclarations de Daniel Vaillant -qui avait déjà défendu cette proposition dans une tribune à Libération datée de novembre 2003- et de Najat Belkacem sont d’autant plus courageuses que le Parti socialiste était plutôt en recul sur cette question ces dernières années, comme le regrettait en 2006 Eric Labbé, d’Act Up, à propos du projet socialiste pour la présidentielle :

« Beaucoup de militants de la réduction des risques (liés aux drogues) se sont mobilisés pour faire évoluer le PS. Et l’on aboutit à des propositions fades et pleutres. Ils ne nous ont pas écoutés. »

Appelant à un bien commode « grand débat public » sur la question, Ségolène Royal, dans une lettre adressée à l’association antiprohibitionniste Circ, appelait de ses voeux une « action publique de prévention plus efficace pour lutter contre toutes les formes de toxicomanie »... Esquivant largement la question, elle rappelait tout de même :

« Renforcer les interdictions et, surtout, alourdir les peines ne permettra pas de diminuer l’accessibilité et la consommation de drogues. »

Totalement inacceptable pour l’UMP

Ce qui ne semble pas de l’avis de l’UMP. Sans surprise, Eric Ciotti, secrétaire national de l’UMP à la sécurité, a ainsi jugé la proposition de Daniel Vaillant « totalement inacceptable », illustration du « laxisme prôné par le Parti socialiste ». Et d’en profiter pour entonner l’une des rengaines préférées de son parti en la matière :

L’UMP est « fermement opposée à toute tentative de légalisation du cannabis ou des drogues dites douces qui conduisent inexorablement à l’usage de drogues de type cocaïne ou ecstasy ».

Rappelons que plus de 100 000 personnes sont arrêtées chaque année pour simple consommation de cannabis, une infraction que la France est l’un des derniers pays européennes à punir d’une peine de prison. Ce qui ne nous empêche pas d’être l’un des pays où l’on fume le plus...

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  • pmithrandir
    pmithrandir
    http://www.jaiuneidee.net
    • Posté à 16h05 le 09/10/2009
    • Internaute 90097
      http://www.jaiuneidee.net

    J’ai 26 ans, Je ne suis pas fumeur. Bien sur j’ai essayer, aussi bien la cigarette(berk) que le joint. Je n’aime pas le gout de ce dernier, ni ses effets. Si je veux être dans un état second, l’alcool me rend gai et euphorique, ca me va très bien et je sais quand m’arrêter(vomir, quelle loose).
    Les personnes que je connais l’ont toutes fait, quelque soit le milieu dont elles viennent.(ex soixante huitard, lycéens, cultivateur amateur...)

    Les méthodes d’approvisionnement sont simple, Si en quelques jours on ne sait pas ou se procurer quelque chose dans une ville, on est le plus souvent pas vraiment sociable. Autrement, cette marchandise circule tellement au grand jour qu’il faut être stupide pour ne pas le savoir.

    Quand je vois le prix que ca coutait aux potes, comment ne pas pas imaginer que certains s’en mettent pleins les fouilles. Un dealer me disait un jour(bon c’était un collègue d’interim qui m’en a proposer le premier soir) je me fait 3000€ par mois ca aide pour les études les sorties, ... Comment imaginer que en plus de détruire certains par leur dépendance, ca ne détruit pas d’autres personnes par une dépendance toute autre, l’argent. Comment s’arrêter de dealer et aller travailler des heures, quand en 2 minutes tu gagnes autant.

    Légalisons donc cette vente, taxons la pour soigner les dépendants et faire de la prévention(comme pour l’alcool, pas avant de conduire, pas trop, savoir détecter les comportements a risque, genre je me lève le matin et je me fais une douille.)

    La on sera dans un système intelligent qui apprendra au citoyen a réagir, et qui saura lui faire confiance pour la prise de décision finale. Comme pour l’alcool, comme pour la cigarette. Nous ne sommes pas des enfants ni des demeurés. Laissez nous notre libre arbitre.

  • Cogito_ergo_sum
    Cogito_ergo_sum
    Citoyen
    • Posté à 16h10 le 09/10/2009
    • Internaute 92316
      Citoyen

    Il y a dans la prise de position de Daniel Vaillant beaucoup de lucidité et du courage politique.

    L’expérience de la prohibition de l’alcool aux Etats-Unis n’a été que trop édifiante : non seulement elle n’a entraîné aucune diminution de la consommation, mais elle en a fait un jeu : l’attrait du défendu est un puissant incitateur, surtout dans les pays comme le nôtre épris de liberté individuelle. Une évidence psychologique de base qui semble avoir échappé à des générations de législateurs. Et plus grave, la distribution de ces produits interdits tombe alors dans les mains du crime organisé, pour lequel elle est une source juteuse de revenus, et un moyen de se créer une clientèle qu’il sera assez facile de pousser vers des produits plus dangereux encore - mais tellement plus « rentables ».

    Comme l’alcool, comme le tabac, le cannabis est un produit dont la consommation est dangereuse. L’interdire dans certaines circonstances, lorsqu’il met la santé ou la sécurité des autres en jeu ( le tabac dans les lieux publics, l’alcool et le cannabis au volant) sont des mesures sensées, justifiées. L’interdire absolument et en toutes circonstances est, si l’on y regarde de près, une intrusion dans la sphère de la liberté individuelle. Mieux vaut, en effet, encadrer et contrôler sa distribution - la faisant échapper aux circuits parallèles - et asséner des messages de prévention, en sachant que ce sera un combat sans fin, que de chercher à régler le problème par la coercition.

    J’irais même plus loin que Daniel Vaillant : si l’on veut véritablement lutter contre les drogues dures, qui alimentent une économie souterraine criminelle, ne serait-il pas plus sensé d’en distribuer, pour une consommation sur place, aux toxicomanes dépendants dans des centres spécialisés en échange d’un engagement de leur part à suivre une thérapie ?

    Proposition assurément hérétique, mais qui mériterait au moins d’être évaluée. Car une telle approche permettrait de couper les racines des filières criminelles qui vivent de ce trafic, de s’assurer que la consommation a au moins lieu dans des conditions sanitaires minimales, et surtout d’établir une relation avec les toxicomanes, prélude à leur traitement.

    En d’autres termes, la coercition, c’est un peu la ligne Maginot de la lutte contre les addictions. Cela permet de montrer ses muscles, mais c’est tellement facile à contourner !

    Et pour conclure, la vraie question est sans doute ailleurs. Dans la nature de la société actuelle, souvent si désespérante que beaucoup recherchent dans ces palliatifs dangereux moins un paradis artificiel, comme ce pouvait être le cas à l’époque psychédélique, qu’un échappatoire à l’enfer concret.

    Politiques, donnez vous mission de changer la société, et vous guérirez bien des addictions !

  • nosil35
    nosil35
    en mutation
    • Posté à 16h19 le 09/10/2009
    • Internaute 39000
      en mutation

    la drogue ? c’est mal.

    au fait, le prozac c’est de la drogue ? la codéine, c’en est ? le valium, c’est de la drogue ?

    aller, voila ce qu’ils disent sur Wikipedia :

    # une surconsommation de psychotropes 3 fois plus importante qu’en Angleterre ou qu’en Allemagne, en France
    # durant l’année 1997, 12 % des français âgés de plus de 15 ans ont consommé un ou plusieurs psychotropes dont 7,9 % un anxiolytique, 4,7 % un hypnotique, 3,6 % un antidépresseur et 1,5 % un neuroleptique. Cette proportion de consommateurs de psychotropes croît avec l’âge : après 50 ans pour les femmes et après 60 ans pour les hommes, plus d’une personne sur six a consommé un ou plusieurs psychotropes
    # trop de Français, en particulier après 60 ans, sont traités trop longtemps par des psychotropes : 11 % des Français sont des consommateurs réguliers de psychotropes (au moins une fois par semaine et depuis au moins six mois), 29 % des femmes entre 60 et 69 ans, plus de 34 % des femmes âgées de plus de 80 ans)

    En résumé, plus de 10 % des francais prennent des psychotropes légaux, qui bien entendus ne menent pas eux inexorablement à la consommation de cocaine ou d’extasy.

    Mais plus de 10 %, c’est un problème non ?
    Alors le cannabis, la dedans, c’est vrai ca ferait désordre. Un psychotrophe de plus dans la très longue liste légale et la plupart du temps remboursée.

  • ON M RSA2012
    ON M RSA2012
    Touché en plein coeur
    • Posté à 16h41 le 09/10/2009
    • Internaute 85545
      Touché en plein coeur

    C’est pour que les militants votent pour des éléphants roses ?

  • A_déménagé_le_1_septembre
    A_déménagé_le_1_septembre répond à pmithrandir
    iconoclaste
    • Posté à 17h34 le 09/10/2009
    • Internaute 87710
      iconoclaste

    très bon discours, je ne nie pas vos arguments, convaincants.

    toutefois, pour apporter une autre perspective, autoriser aujourd’hui le cannabis, sous le sceau d’une évolution des mentalités et habitudes, peut nous amener à nous poser la question de l’escalade.

    Qu’est-il plus légitime d’autoriser ou d’interdire ? Rappelons la démocratisation intensive de la cocaine depuis une dizaine d’années. Qui sait, peut-être que cela va continuer, et dans une cinquantaine d’années, des députés soulèveront le débat public sur une éventuelle dépénalisation de la coke. et dans 100 ans ?

    Il faut aussi savoir trouver nos limites, pour le bien de notre société. L’alcool et le tabac, ce n’est pas suffisant comme substances modifiant notre perception ? vu les quantités de problèmes liés à leur consommation légale et donc en grand nombre, je trouve que si.

    on pourrait aussi tenter de faire de la prévention avant même d’autoriser quoique se soit, en incitant les jeunes à trouver d’autres formes de « prise de pied » plus... cérébrales. en leur offrant le gout pour l’art, le sport, les relations humaines, le développement d’une vocation...

    Par ailleurs, la notion d’interdiction peut inconsciemment offrir au consommateur une forme de responsabilisation, d’auto-modération, parce qu’il sait que c’est interdit, il y pense, réfléchit au sujet (je parle des plus jeunes), et dans un coin de sa tête, cela peut avoir une influence quelconque au moment où il se rendra compte que 5 à 10 joints par jour, ça commence peut-être à être abusif. « Seulement voilà, c’est tellement le kiff que j’ai un peu de mal à arrêter, ce serait même plutôt le contraire lol, un petit de plus pour la route... »

  • AFRdR
    AFRdR
    Association
    • Posté à 17h41 le 09/10/2009
    • Internaute 92388
      Association

    Merci sincèrement de donner la parole à notre association (AFR). Au cas où ça intéresserait certains lecteurs voici l’intégralité de notre réaction aux propos de Daniel Vaillant :

    Il est bon d’entendre un homme politique dire aujourd’hui ce que tout le monde sait depuis 20 ans, la politique de prohibition est un échec.
    40 ans après la loi de 70 enfin un politique, et non des moins laxiste (ancien ministre de l’Intérieur,) propose d’aménager la loi de 70, notamment sur la notion d’usage privé.
    Même si la proposition du ministre posent un certain nombre de questions quant à sa mise place en tout cas celle-ci officialise l’échec des politiques du tout répressif, notamment depuis 2002.
    Daniel Vaillant revient sur une approche basée sur les produits leur dangerosité et leur qualité, approche que la MILDT avait favorisé depuis 1998, suite au travail scientifique des professeurs ROQUES et PARQUET et malheureusement progressivement abandonnée ces dernières années.
    D’ailleurs inconsciemment ou non la MILDT dans son clip « si les dealeurs disaient la vérité sur le Cannabis » reproche plus à celui-ci la mauvaise qualité des produits de coupe (pneu, hénné, acide de batterie…) que des effets de son produit actif, le THC.
    De cette proposition, qui a peu de chance d’aboutir, nous retiendrons en tous cas que face à l’échec de la politique de lutte contre les drogues basée sur l’interdit et surtout la répression, une autre politique est possible avec de réels bénéfices pour la santé des consommateurs.

    Site : Lien

  • pelleserge
    pelleserge
    papa tranquille.....
    • Posté à 18h29 le 09/10/2009
    • Internaute 52534
      papa tranquille.....

    en légalisant, on prend enfin acte de la consommation de cannabis en France.
    Mais attention, légaliser n’empêchera pas que :
    - conduire après avoir fumé reste dangereux,
    - suivre un cour en ayant fumé relève de l’exploit,
    - trouver la motivation de faire face à ses propres problèmes en fumant est tout simplement illusoire

    bref, la légalisation devra impérativement s’accompagner d’un effort supplémentaire d’éducation et de sensibilisation aux dangers liés à la prise de drogue(s).

  • ralamaiche
    ralamaiche
    dans le poulailler
    • Posté à 19h54 le 09/10/2009
    • Internaute 54328
      dans le poulailler

    Aaaaahh ! Voilà une priorité qu’elle est importante ! Voilà un vrai combat ! Une avancée pour la société !

    La gauche resplendi je trouve. Tiens ! Le pays va déjà mieux j’ai l’impression... non ?

    Remarquez, on vient d’apprendre récemment que nous avions juridiquement le droit d’aller sodomiser du mineur du moment que ce soit bien écrit, alors effectivement, autant légaliser le chichon.

    Moi, personnellement, je suis également POUR légaliser la coke, l’héro et l’extasy aussi.

    Pareil, pendant qu’on y est, j’aimerais assez qu’on légalise le viol collectif et le tabassage de vieille à la sortie des prisu.

    Mais surtout, surtout, il serait grand temps de légaliser la connerie. Parce qu’il y a un sacré paquet de gens qui sont hors-la-loi actuellement.

  • Joe Liqueur
    Joe Liqueur
    Journaliste
    • Posté à 20h18 le 09/10/2009
    • Journaliste 46793
      Journaliste

    Interdire la consommation d’un produit quel qu’il soit, est-ce légal ? Je pose la question.

    Dans son préambule, notre Constitution affirme ceci : « Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946 (…) ».

    Or la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 « reconnaît et déclare », parmi ces droits, la liberté. Laquelle est définie comme suit, dans l’article 4 :

    « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ».

    Quant au préambule de la Constitution de 1946, il « réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 ».

    Quel juriste pourrait sérieusement prétendre qu’en consommant tel ou tel produit, un citoyen nuise à autrui ou dénie aux autres Membres de la société la jouissance de leurs droits naturels ?

    Sur un plan juridique, sur le plan des libertés individuelles, la question n’est pas de savoir si telle ou telle substance est plus dangereuse ou moins dangereuse que telle autre. La question est de savoir si le gouvernement a des droits sur le corps du citoyen ; de savoir si le corps du citoyen appartient au citoyen ou au gouvernement. Et ce n’est certainement pas une question à prendre à la légère. Si on peut aujourd’hui interdire au citoyen la consommation de certaines substances, ne faut-il pas craindre qu’on lui impose demain d’en consommer d’autres ?

    Tout cela pour faire remarquer que fondamentalement, droit à la drogue et droit à la sobriété se confondent. Et que le débat relatif à la prohibition ne devrait surtout pas consister en une comparaison des risques respectifs liés à la consommation des diverses drogues « licites » ou « illicites ».

  • pmithrandir
    pmithrandir répond à A_déménagé_le_1_septembre
    http://www.jaiuneidee.net
    • Posté à 20h44 le 09/10/2009
    • Internaute 90097
      http://www.jaiuneidee.net

    Mis a par sur la décision au regards des éléments que vous citez, a savoir l’interdiction, je suis assez d’accord avec vous.

    Quand je parlais d’autoriser, je ne parlais bien sur pas d’autoriser sans limite, ce qui reviendrait à la décadence.

    Si on regarde la drogue nommée alcool bien coinnue par chez nous, je pense qu’elle subit un énorme déclin depuis des années. Combien de français boivent encore un verre de vin par repas ? Dans mon entourage, on sort les bouteilles pour les repas entre amis, pour les occasions, pour le restaurant, mais pas pour le repas du soir tout seul devant son assiette.

    On nous a juste éduqué pour ca, montré les ravage qu’une consommation abusive pouvait entrainer. En plus, on nous a mis une limite pour la conduite qui nous aide a nous structurer. On sait qu’après 2 verres on ressent les premiers effets affaiblissant des réflexes et du corps.

    Le danger des drogues vient bien sur de leur pouvoir addictif, mais surement aussi au fait que l’on ne reçoit aucune éducation, aucune limite.
    Il y a les gens qui t’apprennent a boire, à te respecter. Il y a ceux qui t’apprennent a te défoncer.

    Les interdictions pure et simple ne pourront que mettre en valeur les second, au grand damne de la population fragile, privée de soutien de la part des pouvoirs publics.

    Pour moi, la prévention et l’éducation seront toujours plus efficace que l’interdiction pure et simple, surtout avec des adultes qui sont responsables de leurs choix, et qui réclame ce droit envers et contre tout.

    Si je reprend votre exemple, vaut il mieux dire a un enfant « c’est interdit d’aller dans le jardin d’a coté » ou « c’est interdit d’aller dans le jardin d’a coté parce que le chien de la voisine pourrait te mordre parce qu’il garde son territoire ».

    La seconde me parait plus structurante.

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