
Le Patriot Act américain vise plus les dealers que les terroristes
Pour « vendre » l'élargissement des pouvoirs de police dans le cadre du Patriot Act, et notamment permettre les perquisitions « coup d'oeil » (« sneak and peek ») pour lesquelles le propriétaire des locaux perquisitionnés n'est pas prévenu, le Président Bush avait affirmé qu'il s'agissait d'une nécessité afin de protéger le peuple américain des attaques terroristes. En pratique, ce n'est pourtant pas dans ce but que ces mesures ont été mises en oeuvre.
Selon un rapport publié en juillet par l'administration la justice, sur les 763 mandats de perquisition « coup d'oeil » délivrés l'année dernière aux Etats-Unis, seuls trois étaient en lien avec une affaire terroriste, soit moins de 0,5% de toutes ces perquisitions « clandestines ». Près des deux-tiers (62%) concernaient en fait des affaires de stupéfiants.
Le rapport contient également des données sur les mandats délivrés auparavant mais prolongés cette année. Au total, le nombre de perquisitions « coup d'oeil » monte ainsi à 1291, dont 843, soit 65%, concernent des affaires de stupéfiants. Seuls cinq de ces mandats concernaient des affaires de terrorisme. Sur les 21 types d'affaires pour lesquels ces mandats ont été délivrés, le terrorisme arrive en 19e position, devançant seulement les complots et la corruption.
Comme l'a noté Rian Grym dans le Huffington Post, le sénateur Russ Feingold, en pointe sur la critique du Patriot Act, a interrogé l'assistant du procureur général des Etats-Unis, David Kris, sur les raisons pour lesquelles des dispositions qui ont été prises afin de lutter contre le terrorisme servaient à combattre la criminalité ordinaire. (Voir la vidéo, en anglais)
« Les pouvoirs conférés dans le cadre de cette mesure de perquisition “coup d'oeil”, dans un cadre criminel, ne visent pas la collecte de renseignements. Ils concernent des affaires criminelles, il est donc logique qu'ils soient utilisés dans des affaires de drogues », a répondu l'assistant du procureur.
« Je rappelle que ces mesures ont été prises dans le cadre du Patriot Act, lui a rétorqué Feingold. Soit un ensemble de mesures prises en catastrophe après les attaques du 11 septembre, attaques de nature terroriste. Tout cela n'avait rien à voir avec de la criminalité ordinaire.
Laissez-loi vous expliquer pourquoi ces chiffres me posent problème : parce que ce n'est pas ce qui a été vendu au peuple américain. Comme il est expliqué sur le site du département de la Justice, cette mesure devait servir à mener des enquêtes sans alerter les terroristes.
Je pense qu'il n'est pas anodin de donner aux agents du gouvernement fédéral la possibilité de pénétrer secrètement dans les foyers américains dans le cadre de simples affaires criminelles. Je pense que certains Américains seront inquiets de savoir que cette possibilité a déjà été utilisée des centaines de fois cette année pour des cas qui ne concernaient pas le terrorisme.
C'est pourquoi je demande que des garde-fous soient mis en place pour que cette mesure ne puisse plus être utilisée que dans les cas qui le nécessitent et non pour le moindre dossier criminel. »
► Traduit de l'américain par Arnaud Aubron
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De JEAP
19H50 | 03/10/2009 |
C'était l'année dernière ( voir la vidéo d'une station locale), une « Opération Coup de Poing »« Sudden Impact » en collaboration avec la police locale, FBI et autres police d » Etat. Aurait pu se nommer :
» Aujourd'hui on ratisse large ».
Cette expérience s'est répétée trois fois dans d'autres régions du pays, puis abandonnée.
http://www.blacklistednews.com/view.asp ? ID=6276
De Tita
oiseau | 22H52 | 03/10/2009 |
Le 11 septembre a bon dos. Le terrorisme n'est pas né ce jour là. Même la grande demoiselle (la cousine de Louis XIV) en parle dans ses mémoires ; même Napoléon échappa aux bombes, et DeGaulle,…
Alors qu'est-ce qu'il y a de nouveau ?
Avant le 11 septembre, tuer une personne (ou plusieurs ou mille) faisait de nous des assassins, des criminels, des gens condamnables par la justice pour un fait : celui de l'assassinat, et ce quelle qu'en était notre motivation (argent, pouvoir, etc.).
Après le 11 septembre, le mot terrorisme implique un mobile particulier (souvent politique) à l'assassinat. On juge alors plus des motivations (le mobile) que des faits (l'assassinat des personnes).
C'est évidemment une pente glissante car si l'assassinat relève du fait et qu'il est donc mesurable, propre à être constaté, etc… comment se mesure une motivation (fut-elle terroriste) ? La pente est même tellement glissante que le pouvoir peut attribuer cette motivation selon son humeur. Et, c'est ainsi que Julien Coupat se retrouve terroriste… et que nous sommes tous des terroristes potentiels pour qui une « justice d'exception » est applicable.
Les lois anti-terroristes (tels que le fameux patriot act II) vise alors plus le contrôle social des déviants que du terrorisme. Le fait que moins de 0,5% de toutes les perquisitions « clandestines » concernent du terrorisme le démontre.
En bref, ces lois anti-terroristes n'ont d'anti-terroristes que l'emballage car on les fait ainsi accepter. Cependant, le contenu, lui, reste très liberticide.
De Alex Engwete
Consultant | 22H02 | 03/10/2009 |
Ce qui prouve que Barack Obama est un grand farceur. Sa plateforme électorale de candidat, fortement soutenue par le Sénateur Feingold, comportait une répudiation du Patriot Act. Et aujourd'hui on assiste au spectacle surréaliste du vice-ministre de la justice d'Obama se pointant au Sénat pour demander la reconduction du Patriot Act !
De Troll-en-folie
Parano chronique | 23H46 | 03/10/2009 |
« Le Patriot Act américain vise plus les dealers que les terroristes »
Étonnant non ! Comme aurait dit Desproges.
Et vous pensez qu'hadopi est fait pour lutter contre le téléchargement « illégal » ?
Et vous pensez que la future loi loppsi 2 sera votée pour lutter contre la pédophilie ?
Pensez vous que Sarkosy est le nouvel Abbé Pierre ?
De mezneth
Aunomatopée antropomorphe | 08H30 | 04/10/2009 |
C'est un peu comme la garde a vue à 96 h en France qui, présentée pour lutter contre le terrorisme, a depuis été bien élargie, notamment à la détention de stupéfiant.
C'est vrai qu » après tout, un vil fumeur de pet ne mérite aucune clémence tant il représente un danger pour la société et pour lui même.
Pas de surprise d'un côté ou de l'autre donc… De toute façon on le sait depuis les croisades que tous les maux de la société, c'est de la faute des arabes !
De Enki 9562
Alchimiste | 09H16 | 05/10/2009 |
Disons que le Patriot Act a plus été conçu pour contrôler la population américaine que pour la protéger, ce qui est un prolongement de l'idéologie qui prévaut au prohibitionisme.
Dans la criminalisation sociale, qui est un outil universel de cette idéologie, la pénalisation des stupéfiants tient une place de choix, mais c'est toute la vie civile et démocratique américaine qui a été impactée par Patriot Act.
Elfer est une jeune femme américaine qui vit près de Three Miles Island, une des plus grosses centrales nucléaires du monde, qui a peut-être bien raté son vol le 11/09. C'est un lutin d'1m55 et pas plus de cinquante kilos toute mouillée, une écolo pacifiste qui parle aux animaux. Elle a été arrétée dans une contre manifestation anti-nazis et jugée pour avoir, d'après la justice de son état, agressé un des policiers à cheval qui protégeait un défilé officiel de croix gammées.
Justice policière et loufoque, ça arrive… ce qu'y change le Patriot Act, c'est qu'on peut être jugé et fiché comme terroriste pour avoir manifesté sans violence.
Nul doute que, par ici, ceux qui pensaient à un Patriot Act à la française tout les soirs en se lavant les dents devant la glace sont quelque peu déçus que l'arnaque se soit dégonflée avant d'atteindre nos rives.
Mais ceux qui, ici, créent le fantasme d'un un terrorisme d'extrème gauche, nos propres délinquants du pouvoir, qui souillent l'état de droit d'être des policiers politiques, qui gardent les sceaux sous lesquels ils devraient être jugés ; ceux là ne nous laissent pas ignorer quelle idéologie est au pouvoir, et ce qu'il faut en attendre.
Et ce soir la patrouille ira faire son chiffre de petits shiteux, histoire que la cité sache que l'Etat ne l'abandonne pas. Si ils sont trop nombreux, si il y a neuneu qui jette un caillou ou un « Allah akbar » , ça fera des terroristes pour le JT, le couvre feu et la suppression des allocs.