
Un tiers de fumeurs de pétards en plus : que fait la police ?
A en croire la police, il y aurait eu, entre 2007 et 2008, 33,6% de personnes fumant du cannabis en plus en France. C'est en tous cas ce que titre l'AFP, immédiatement reprise par mes petits camarades de la presse, après la plus grosse saisie de cannabis de l'année en France : deux tonnes dans une voiture sur l'A6. Mais à y regarder de plus près, les choses sont un peu plus compliquées. Decryptage.
D'abord la précision du chiffre. Alors que personne n'a d'estimation sérieuse du nombre réel d'amateurs de cannabis en France (et pour cause, cette activité étant illicite, peu de gens vont s'en vanter auprès de l'Insee), comment la police aurait-elle pu arriver à une telle précision ?
C'est qu'en réalité, cette augmentation de 33,6% n'est pas celle des usagers, mais des consommateurs interpellés par la police et la gendarmerie. Ainsi, 133 000 personnes ont été arrêtées pour consommation de cannabis en France en 2008, soit 33,6% de plus qu'en 2007.
Ceci démontrerait, à en croire la police, une « augmentation très sensible du nombre d'usagers en France ». Autre analyse possible : cette augmentation pourrait refléter une activité accrue des services de police et de gendarmerie, qui, pressés par leur hiérarchie de « faire du chiffre », peuvent être amenés à se rabattre sur les fumeurs de pétards qui présentent un avantage non négligeable : un fumeur arrêté est une affaire immédiatement résolue, à la différence d'une agression ou d'un vol.
L'explication de cette hypothétique hausse
Sans parler de chiffres, imaginons maintenant que cette hausse spectaculaire des interpellations reflète effectivement une hausse de la consommation, et ce alors que la France était déjà l'un des pays européens où l'on consomme le plus de cannabis. Qu'en déduire ?
Rappelons d'abord que nous sommes l'un des cinq pays européens à encore considérer la simple consommation de cannabis comme un délit passible de prison.
Depuis 2002 et l'arrivée d'un certain Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, Paris s'est relancé dans la « guerre à la drogue », l'ancien ministre multipliant les déclarations à l'emporte-pièce du type « il n'y a pas de drogues douces ». Au total, la répression coûte à l'Etat 500 millions par an, soit 0,025 du PIB.
Tout cela pour quel résultat ? Selon la dernière étude disponible de l'Office français des drogues et toxicomanies (OFDT), en 2005, près de 4 millions de nos compatriotes avaient expérimenté cette drogue et plus d'un demi-million en consommaient même tous les jours. Des chiffres qui auraient donc explosé depuis, à en croire la police.
Ces chiffres font de la France le canard boiteux de la politique européenne, loin derrière les si libéraux Pays-Bas, où les jeunes en particulier fument beaucoup moins de cannabis que les jeunes Français. Mais tout va très bien, Madame la marquise, la police française veille et la répression porte ses fruits…
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De umff
... | 23H13 | 01/08/2009 |
un ami à moi qui était en 1er S et qui allait passé son bac de français, seulement 1 mois avant était en maison de santé. Ces parents affolés l » y avait conduit après une belle tentative de suicide du à une forte dépression en même temps ils ont découvert qu'il fumait des bédos. Avant sa tentative il en était quand même à 17 par jours. 2 le matin avant d'aller en cours - j » était de la fête - un petit à 10h pour faire passé le petit pain et bien sur 2 après le repas de midi j'étais encore au rendez vous. A la pause de 16h rien n'aurais pu lui faire rater le petit dernier de la journée de classe. Ensuite il rentrait chez lui et s'enfiler les pètes jusqu » a 2 heures du mat'. Donc, il se retrouve en maison de soins évidemment ne passe pas son bac et continu sa longue plongée dans la dépression, il se lève a 12h fume clope sur clope et joue à la belote toute la journée, une vrai épave j'aillais lui rendre visite 1 fois par semaine puis au bout de pas très longtemps j'apprends par sa mère qu'il c'est jeté par la fenêtre et c'est tué. C'était en juillet 97. Vivement la dépénalisation des drogues douces ça résoudra le problème des facs.
De Perdu_68
Ouvrier dépressif | 23H34 | 01/08/2009 |
Amusant j'ai totalement arrêté après avoir été un trop (très ? ) gros fumeur de joints, environ 80 grammes par mois rien que ça.
Depuis que j'ai arrêté je me suis mis au sport. Du coup je suis dépendant à l'endorphine (c'est ça non ? ! corrigez moi) et comme un con je me mets à sortir faire un footing en plein milieu de la nuit quand j'arrive pas à trouver le sommeil quand avant je fumais un joint et ça allais tout seul.
Je ne peux qu'être d'accord avec votre citation : « La guerre à la drogue ne peut pas être gagnée parce que c'est une guerre contre la nature humaine. »
Cela dit la drogue que je produis moi même (endorphine si j'ai juste) présente l'avantage d'être gratuite ce qui est bien pratique quand on a pas trop de sous…mais c'est moins fun quand même.
En revanche entendre ces beaux monsieurs, dont notre président faire la guerre aux drogues alors qu'il doit au moins être aussi dépendant que moi à une drogue juste différente parce qu'elle n'est pas en vente, c'est d'une hypocrisie ! !
(Désolé je ne prends pas le temps de me relire, je tombe de sommeil, je rentre de ma session de shootage sportif)
De Zib
Universitaire | 02H51 | 02/08/2009 |
Savoir s'il y plus de fumeurs de cannabis en France parce que de plus en plus de personnes fument du cannabis ou s'il y a plus de fumeurs de cannabis en France parce que les contrôles sont plus fréquents, je ne saurais trancher. Je crois que la consommation se banalise ET que les contrôles étant plus fréquents pour différentes raisons, le chiffre s'est trouvé soudainement augmenté. N'oublions pas à ce sujet ce que disait un commissaire à ses policiers à l'issue d'une saisie de 3 kg de cocaïne : « je préfère que vous interpelliez 3000 personnes pour possession d'un gramme de cocaïne plutôt que d'interpeller une personne pour possession de 3 kg de cocaïne » (je cite de mémoire, mais l'exemple est révélateur de ce qu'on a appelé « la culture du résultat »). Quant au débat sur la dépénalisation, il est extrêmement complexe, donc je n'écrirai rien à ce sujet sauf si mes voisins souhaitent prendre conaissance de mes réflexions sur ce point : ) Quelques éléments d'information, néanmoins, afin de compléter et de prolonger l'article et surtout de faire réfléchir.
En France on a pris l'habitude de distinguer depuis longtemps entre les drogues dites « douces » et les drogues dites « dures », bien que le débat sur le sujet soit loin d'être clos. Les anglophones, eux, plus pragmatiques, parlent indifféremment de « drugs » à propos de n'importe quelle substance aux effets psychoactifs notoires qu'il s'agisse d'aspirine, de paracétamol, de tranquilisants ou de somnifères ou bien de cocaïne ou d'héroïne. L'agence de lutte contre « la drogue », la célèbre FDA, est ainsi, selon cette conception anglo-saxonne des « drugs » en tant que substances psychoactives, un organisme chargé de surveiller aussi bien la mise sur le marché, la diffusion et la consommation de presque tous les médicaments, que de lutter contre ce que nous, nous appelons « les drogues » ou « la drogue ». Les Américains considèrant donc qu'une substance ayant des effets psychoactifs n'est qu'une substance, donc seulement « bonne » ou « mauvaise » selon l'utilisation qui en est faite et en fonction du dosage, il était ainsi courant, au début du siècle dernier, en Amérique, que les médecins prescrivent de l'héroïne, oui vous avez bien lu, de l'héroïne, comme antalgique.
Mais depuis cette époque où l'opium et ses dérivés - dont la fameuse teinture d'opium - étaient fabriqués par les pharmaciens eux-mêmes, dans leur officine, étaient faciles d'accès moyennant une simple prescription et sans coûter grand-chose, toutes sortes d'antalgiques ont vu le jour, élaborés en laboratoires à coups de millions, à partir de molécules aux effets antalgiques connus depuis parfois près de 3000 ans. A quoi bon, en effet, continuer d'autoriser la prescription de teinture d'opium pour soigner les maux de dos récalcitrant d'une vieille dame, lorsqu'on peut créer en laboratoire une molécule quasiment identique, la modifier subtilement pour obtenir différents médicaments avec des dosages différents et vendre le tout en réalisant de considérables bénéfices ? Dans cette logique, lorsque certaines études ont démontré que le principe actif du cannabis fumé - le tétrahydrocannabinol ou THC, était capable de réduire voire de prévenir les nausées de certains cancéreux en phase terminale soignés par chimiothérapie, tout en leur redonnant de l'appétit, pensez-vous que pour autant les autorités aient accepté de produire et de fournir du THC à cette catégorie de personnes, ce qui les aurait soulagées tout en coûtant beaucoup moins cher à la collectivité ? Pas du tout, car les pouvoirs en place font l'objet de pressions de la part de l'industrie pharmaceutique, bien peu pressée d'abandonner son monopole dans le traitement des différentes douleurs au profit de traitements à l'aide de susbtances dont les effets thérapeutiques sont reconnus depuis longtemps.
Toujours sur le plan historique, c'est en gros il y a près d'un siècle que les substances psychoactives ont commencé d'être rangées en deux catégories principales : d'un côté les substances stimulant l'activité intellectuelle et de l'autre celles qui la ralentissent – une autre catégorie regroupant les hallucinogènes « purs » tels que le LSD, élaboré à partir de l'ergot de seigle, autre exemple d'« invention » par les chimistes d'une substance déjà existante dans la nature. Plus que la distinction entre drogues dites « douces » et drogues dites « dures », distinction qui, on l'a vu, n'est pas majoritairement reconnue aux USA, c'est la distinction entre stimulants et tranquillisants au sens large qui a prévalu, la diabolisation des premiers étant encore plus forte que celle des seconds, dont l'usage bien qu'interdit est néanmoins toléré à contrecoeur. Comment l'expliquer ? Comment expliquer aussi qu'il soit plus facile, et spécialement en France, de se faire prescrire des tranquillisants ou des antidépresseurs plutôt que, par exemple, des amphétamines ou toute autre substance apparentée à un stimulant autre que la caféine ? Certains ont voulu voir là le dessein machiavélique d'autorités préférant gouverner des citoyens à l'activité intellectuelle ralentie et déjà plus ou moins endormis par leur télévision, plutôt que des citoyens informés, instruits et vigilants. Mais ce n'est bien entendu qu'une hypothèse.
De raskol
à vélo | 04H47 | 02/08/2009 |
Idem, le chiffre de 2 tonnes dans une voiture me semble énorme. ça devait déborder de shit dedans et pas moyen d'ouvrir une fenêtre sans perdre des plaquettes… et je parle même pas des pauvres suspensions de la caisse.
Quant à « l'augmentation spectaculaire » des saisies, pas besoin d'être un devin pour voir comment ça marche : les braves et courageux gardiens de la paix se sont mis depuis quelques temps déjà, en plus des fouilles de plus en plus nombreuses des véhicules, à contrôler de façon très soutenue tous les « djeuns » qui ont au choix : les cheveux un peu trop longs, un moyen de transport fort suspect (le scooter), une casquette, etc. bref tous ceux qui n'ont pas le profil-type des charmantes têtes blondes qu'on croise dans le XVIè à Paris (je précise que Jean Sarkozy n'a pas de casquette).
Même si ce nouveau type de contrôle au faciès est tout aussi illégal que celui dont sont victimes les noirs, les arabes et les chinois des quartiers populaires, il faut croire que c'est pas près de s'arrêter, vu comme ça doit bien payer (Les petits gars qui ont un « look de fumeur de joint » sont effectivement souvent des fumeurs et s'ils n'ont rien sur eux c'est soit qu'ils sont prudents soit que c'est la dèche.)
Il n'y a pas si longtemps, les flics ne contrôlaient pas les lycéens ni ne leur faisaient subir de ridicules fouilles publiques jusqu'entre les doigts de pieds, c'est d'ailleurs sans doute pour ça que je suis toujours passé entre les gouttes( et je ne suis pas devenu un dangereux polytoxicomane pour autant).
Cette manie de de la fouille ciblée à commencé en région parisienne et s'est épanouie progressivement en province dans toute les villes ou il y a de la police nationale, sans que personne ne s'en offusque.
C'est pratique, rapide, ça fait du chiffre , ne fait pas baisser la consommation, bref ça ne sert qu'à une chose : radicaliser puis partiellement marginaliser un peu plus une partie de la population pour qu'elle puisse servir de repoussoir lors des élections, à la façon de ce qui est fait avec le « immigré=danger ».
De toute façon, je ne pense pas que le but des politiques répressives actuelles soit de faire chuter la consommation de drogue puisque le constat de leur échec et de leur inutilité est flagrant pour un aveugle comme pour les services du gouvernement.
Dans les années 80 et 90, l'héroïne a pratiquement disparu des rues après que le discours de l'Etat a arrêté de présenter les héroïnomanes comme des rebelles hors-la-loi, pour se mettre a les décrire comme des personnes en difficulté qui avaient besoin d'aide pour se désintoxiquer : du coup l'héroïne n'était plus aussi « sexy » et les nouveaux adeptes se sont fait rares.
Aujourd'hui la rabla fleurit à nouveau à chaque coin de rue, très bon marché, avec plein de gentils nouveaux utilisateurs qui pour certains ne savent même pas que c'est de l'héro qu'ils sniffent…Génial, avec en plus des discours aussi cons que « il n'y a pas de drogues douces » qui laissent entendre que toutes les drogues se valent…
On est bien loin du temps ou Jospin réfléchissait à inscrire la dépénalisation du cannabis à son programme, et proposait d'adoucir les lois. Sarkozy n'y a aucun intérêt, au contraire, il a tout à gagner à une crispation, vu que c'est son fond de commerce et qu'avec le vieillissement de la population, ça marchera de mieux en mieux.
De Enki 9562
Alchimiste | 06H23 | 02/08/2009 |
+ 33,6%.Le chiffre est délirant. Il ne faut pas être bachelier pour comprendre que c'est évidemment le nombre d'interpellations de personnes fumant du cannabis qui a augmenté, puisque c'est lui qui fait le chiffre, et pas le nombre de fumeurs. C'est donc l'intensification du ciblage que ce chiffre indique.
J'interrogeais récemment un fonctionnaire de police de ma parenté sur quelques sujets sur lesquels on les entend peu témoigner : Sans papiers,taser, flashball/LDB, etc..
» Faire du chiffre, ça a toujours été, mais c'est vrai qu'on a plus la pression depuis Sarkozy, surtout l'encadrement, c'est des managers maintenant. »
» On pourrait s'occuper d'autre chose si l'on ne faisait pas la chasse au shit, mais le fait est que même une crotte de nez au fond d'une poche, c'est un fait élucidé, au même titre qu'un homicide, mais en plus facile. On a à peine 10% d'élucidation. Du shit, on en chope comme on veut. »
Il dit toujours « crotte de nez » pour ce qu'on appelle « boulette », je lui fait la remarque et je dis « Peut-être que ce que vous appellez boulette, c'est ce qu'on appelle bavure », ça le fait rire.
De Irfan
09H12 | 02/08/2009 |
Ce n'est pas vraiment « un con qui n'a rien de plus intéressant à faire », mais juste un policier qui obéit aux ordres de sa hiérarchie, qui pour le coup ne sont pas scandaleux, alors il ferait mieux de garder son potentiel de désobéissance pour les quotas de reconduite à la frontière.
Mon petit frère (16 ans) a été interpelé et a passé 18h de GAV il y a 3-4 mois pour une très petite quantité (pas plus de 5 joints), et je crois vraiment que ça lui a fait du bien, malgré une ambiance familiale délétère par la suite. Il nous l'avait caché, notamment parce qu'il avait peur de ma réaction (j'aime assez peu les drogues, pas la peine de s'affaiblir pour se faire encore enculer par la droite ou les patrons, donc je préfère la drogue sport par exemple, ça renforce…), et pour une fois l'intervention des flics a été utile, d'autant qu'ils ont semble-t-il été très polis et pédagogues.
Un pote, 22 ans lui, a été arrêté, et déféré en comparution immédiate je crois. Il avait une quantité un peu plus importante, mais s'est bien expliqué, a joué le jeu du tribunal, qui ne lui a donné pour toute peine que de suivre des séances de psychothérapie (et inscription à un casier, ce qui est plus chiant). Hé bien ce jeune homme qui était un peu perdu a trouvé que la justice de son pays fonctionnait très bien, et que ce serait une bonne idée d'essayer d'en faire partie, finalement. Maintenant, il s'est remotivé.
Comme quoi, parfois, les flics et juges peuvent faire leur boulot, mais bel et bien être gentils, et avoir un impact positif ; -).
Bon, on aimerait qu'ils arrêtent plus de gens dans les beaux quartiers, munis de drogues plus dangereuses…
De Mr_Quiconque
12H33 | 02/08/2009 |
Sans casque ni bouclier - part2
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Sans casque, ni bouclier : témoignage d'un ex-officier de police
Regarde à vue - Dimanche 23 avril 2006
http://videobaseproject.net/video81.html
De aladine
sans emploie | 14H44 | 02/08/2009 |
ayant moi meme trois fumeurs dans mes enfants,il ne fallait pas faire l'hypocrite,mes gamin grands pensaient que c'était banalisé,puisque arrettés par les gendarmes ceux ci leurs disaient ,(un petit chichon) ! ! dépènaliser ferais moins de racquette,de trafic,de carotte,et combien de délits serais évités cessons notre hypocrisie ! ! moi je vous dit 60% des gamins fument,mais comme toujours les parents répondent ho ! ! non pas mon fils ! ! ! je suis mère,je me suis battue,mais quand vous entendez un ministre dire ,un petit joint c'est rien ! ! ou un gendarme dire a vos fils mineurs chez vous la loi vous autorise ,que faites vous,rien,vous n'etes plus rien,parcontre soyons honnette le chit cause des dégats,d'instabilité de caractère et quand ils sont en manques ,ils sont prés a tous,dépènaliser serait a mes yeux le plus franc,le moins hypocrite,et pourtant que de souffrance pour une mère,