Les drogues, ce sont les anciens dealers qui en parlent le mieux

Brian O'Dea (DR)Le Canadien Brian O'Dea a été, dans les années 70, un gros trafiquant de cannabis, puis de cocaïne. Après avoir dirigé une entreprise de transports de 120 personnes, il se retire des affaires en 1986 et ne fera que deux ans de prison. Il est aujourd'hui producteur de films à Toronto.

Alors que le débat sur la dépénalisation bat son plein aux Etats-Unis, il a accepté de rédiger cette tribune pour Rue89. Envoyez-lui vos questions dans les commentaires, nous les lui transmettrons.

« Les révolutions les plus importantes ont pour point commun de détrôner l'arrogance humaine, faisant tomber d'un piédestal après l'autre nos certitudes… » Stephen Jay Gould

Le président Obama a récemment annoncé que son administration mettrait un terme à la « préemption », une pratique qui permettait à l'administration fédérale de passer outre les lois des Etats fédérés sur l'environnement, la santé, la sécurité, etc.

Cela inclut les étranges lois sur les drogues qui ont engendré un conflit entre les fédéraux et divers Etats au sujet de la distribution de marijuana médicale, et qui ont provoqué des raids de la DEA (la police fédérale des stupéfiants, ndlt) sur les dispensaires, en violation de la loi locale et des droits des citoyens qui avaient voté ces lois.

Même la Cour suprême ne veut plus entendre parler d'une remise en cause de la loi californienne, vieille de dix ans, qui autorise l'usage de la marijuana pour des raisons médicales, prenant ainsi le parti de l'Etat. Plus que jamais, nous avons une vraie possibilité de changement, un changement absolument nécessaire pour que l'on ne traite plus les plus faibles d'entre nous par la répression.

"Kate Moss" (Philippe Sergent/Flickr).

La question des drogues n'est pas une question de bien ou de mal

Il y a plus de vingt ans, je fumais, sniffais et prenais du poppers et je buvais chaque jour. J'attendais toujours le moment propice pour arrêter ; ce n'était jamais le bon. Je n'étais, comme on dit, pas bien dans ma peau. Tout ceci aboutit à ce que je me retrouve KO sur la moquette d'un copain : une overdose de cocaïne, dont je faillis ne pas sortir vivant.

C'était à la veille de mon quarantième anniversaire, il y a presque vingt-et-un ans. Tu parles d'une crise de la quarantaine ! Depuis ce jour, j'ai trouvé une autre façon de vivre. Comme l'a dit Nietzsche, l'émancipation naît du mal et de la douleur. En tous cas, pour moi, ce fut le cas.

Une telle « émancipation » ne peut jamais avoir lieu aux conditions de quelqu'un d'autre. La douleur que j'ai ressentie était assez violente pour que ma vie change.

L'usage ou l'excès de drogues passe souvent pour une question de bien et de mal, une question morale, mais c'est faux : c'est une question d'aise ou de malaise.

Je n'ai jamais rencontré qui que ce soit qui ait renoncé à la drogue pour des raisons d'illégalité. En ce moment même, la mère, le père, le frère, la sœur, le fils, la fille, l'oncle, la tante, le cousin, la grand-mère ou le grand père de n'importe qui prend des drogues. Légal, illégal, peu importe. Il n'y a aucune frontière dans nos couches sociales que la drogue n'ait traversée. Elle pénètre tout. L'être humain se défonce depuis qu'il est un être humain. Il est absurde de penser que l'on peut mettre un terme à ce comportement en légiférant.

Du problème « moral » au problème économique

Jaquette de "High" de Brian O'Dea (DR).La prohibition de l'alcool nous a été servie au XXe siècle à travers l'outrage moral, « la fausse morale », et ça s'est terminé par un double scotch au saloon du coin. Pas de demi-mesure, là. Nous n'avons pas légalisé la possession d'alcool, ce qui a ensuite poussé les consommateurs à trouver des moyens illégaux de s'en procurer. Puis nous avons légalisé « de haut en bas », en régulant sa distribution, en taxant ses ventes.

C'est presque ce qui arrive aujourd'hui avec la marijuana. Presque. Il semble qu'elle en prenne le chemin, achetée et payée par besoin économique. Cela veut-il dire que ce qui était autrefois une question morale est devenu une question économique ? Oui. Cela signifie-t-il que la morale a un prix ? Ou que ce n'était en fait pas vraiment une question morale à l'origine, ce que notre détresse financière a mis au jour ?

L'alcool responsable de plus de violences que toutes les autres drogues réunies

« Mais quand même pas l'héroïne, les méta-amphétamines ou le crack ? » C'est comme ça que se poursuit la conversation en général, n'est-ce pas ? « Pas les drogues dures. » Je me demande comment on en est arrivé à la classification de « drogue dure ».

Il y a des chances pour que celui qui a pondu cette classification soit aussi celui qui ne veut pas que vous sachiez que 95% des gens emprisonnés pour des violences ont commis ces actes sous l'emprise de la deuxième drogue la plus répandue sur la planète. La drogue qui annonce le hockey, le foot et tous ces événements sportifs pour les jeunes à la télé ; la drogue dont on voit les logos sur les tee-shirts portés par nos enfants ; la drogue dont les entreprises qui la possèdent sponsorisent un « Partenariat pour une amérique sans drogue »… Vous voyez de quoi je parle ? Oui, de l'alcool.

L'alcool est responsable de plus de violence domestique et de carnages routiers que toutes les autres drogues réunies. Mais l'industrie de l'alcool a acheté et payé son acceptabilité culturelle et sa respectabilité, et pense, au fond de son âme sombre, qu'elle n'a rien à voir avec l'herbe et le crack.

Tout ce que je peux dire, c'est que toutes les substances psychotropes que j'ai utilisées sont un raccourci trompeur vers la lumière. Par des années de conditionnement publicitaire, on m'a appris qu'une pilule peut me faire grandir et qu'une autre me rapetisse, et que ces petites pilules bleues… hum, mieux vaut en rester là.

L'héroïne, la cocaïne, les méta-amphétamines, l'alcool taxé et contrôlé par l'Etat, ainsi que le tueur numéro un, le tabac, sont tous des substances auxquelles il est terrible d'être accro. Son ultime et actuel coût est bien trop souvent la vie elle-même. Et, tout au long de ce chemin vers la mort, les prix augmentent. Ce n'est pas une question morale, ni de bien et de mal, et il est temps de cesser de la traiter comme telle. L'industrie de la répression n'a jamais travaillé pour quelqu'un d'autre que le monde de la finance et les politiques (qui, eux-mêmes, sont partie prenante de la finance). Ces gens ont dépensé une fortune nous convaincre -avec succès- de cette illusion, mais il est temps de se réveiller maintenant.

Une seule solution, la légalisation

Il reste une solution, si simple qu'elle en est presque inquiétante, une solution mise en place par d'autres, qui, jusqu'à aujourd'hui, ont montré plus de courage que nous. Si nous sommes aussi valeureux et libres et courageux que nous sommes prompts à le déclarer, alors il est temps de mettre un terme à ce qui n'a jamais fonctionné. On ne peut tout simplement pas continuer de la même façon et espérer obtenir d'autres résultats.

Quand on pense à la légalisation de la drogue, nombre d'entre nous pensent aux Pays-Bas. Et aux critiques formulées quant à son sens général par des juristes avec une hâche, et un siège auquel s'accrocher. Accusations illégitimes que celles-ci. Les Pays-Bas ont pris des demi-mesures seulement, et les demi-mesures ne nous apportent rien. Il nous suffit de jeter un œil, par delà les frontières hollandaises, au Portugal, pays dont la générosité et le courage à l'encontre des plus faibles de ses citoyens devrait nous faire honte et nous mener vers une action juste.

Jusqu'en 2001, le Portugal était plongé dans une crise sanitaire aux proportions alarmantes, une crise due à l'addiction à la drogue. Ensuite, la possession de stupéfiants a été légalisée. Et maintenant, nous y voilà, huit ans après que « la possession personnelle a été décriminalisée, l'usage de drogues parmi les jeunes Portugais a chuté et le taux de nouvelles infections par le virus HIV dues au partage des seringues usagées a été considérablement réduit, tandis que le nombre de personnes cherchant à se désintoxiquer a plus que doublé… » (Time Magazine, 26 avril 2009).

Et devinez quoi ? Les vannes ne se sont pas ouvertes ; la population ne s'est pas transformée en un troupeau de junkies, comme certains législateurs auraient aimé qu'on croie que ça arriverait. Mes amis, nous devons commencer à élire des gens au Sénat, au Congrès et à tous les niveaux du pouvoir partout dans le monde qui ont une plus grande foi en nous qui votons pour eux et les révoquons,. Nous sommes au fond d'un trou profond et nous devons immédiatement arrêter de creuser. Il est temps de s'immiscer dans les privilèges et le pouvoir et de subvertir la façon de penser dominante ; il est temps de rappeler à nos élus que nous attendons d'eux des actes qui produisent de vrais et honnêtes résultats. Il est temps de revoir complètement notre approche de la question de l'usage ou de l'abus de drogues.

Pour finir, cette parole émanant de Washington, de Gil Kerlikowske, pas moins, le nouveau tsar de la drogue de la Maison-Blanche :

« Quelle que que soit la façon dont vous expliquez aux gens qu'il s'agit d'une “guerre à la drogue” ou d'une “guerre contre un produit, ils considèrent que c'est une guerre contre eux. Nous ne sommes pas en guerre contre les gens de ce pays.”

M. Kerlikowske, il n'y a qu'une manière de prouver aux plus petits d'entre nous que leur vie comptent autant que n'importe laquelle de nos vies : c'est de légaliser et réguler toutes les drogues, et de le faire maintenant. Comme l'a dit notre grand président, le temps du changement est arrivé.

Photo : “Kate Moss” (Philippe Sergent/Flickr).

Traduit de l'anglais par Marie-Sophie Keller.

118 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de ysengrimus

De ysengrimus

12H28 | 25/06/2009 | Permalien

Superbe. Vraiment fort utile. Sauf que, comme dans LE PARRAIN, ils en parlent avec recul, ce qui est aussi une coche de retard historique. Il faut aussi prendre le témoignage des consommateurs directs contemporains…

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/06/crystal-meth-le-temoignage-vr…

pour le poul du temps…
Paul Laurendeau

Portrait de flixp

à ysengrimus Portrait de ysengrimus De flixp

13H16 | 25/06/2009 | Permalien

« prendre le témoignage des consommateurs directs contemporains »

oui en effet.

LAS VEGAS PARANO - ADRENOCHROME
envoyé par jo37.

Portrait de poupouille

De poupouille

... | 12H31 | 25/06/2009 | Permalien

wahou, en voilà un témoignage intelligent, respect monsieur.

Portrait de MathGon

à poupouille Portrait de poupouille De MathGon

Apprenti Futur Chercheur en génétiq... | 12H52 | 25/06/2009 | Permalien

Respect aussi pour le choix de la photo de FlickR portant pour titre « Kate Moss »

www.mathgon.com/wp/

Portrait de virginie78

De virginie78

Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 12H42 | 25/06/2009 | Permalien

Dans mon entourage, j'ai une personne qui m'a expliqué que heureusement que la répression routière existait car il sans elle, il roulerait trop vite tous les jours et mettrait en danger lui même et les autres.
Quand on entent çà, on comprend pourquoi on veut absolument interdire la drogue., mdr

je me demande comment l'humain d'aujourd'hui est éduqué par ses parents et grandit pour avoir tant peur de la liberté et du libre-arbitre.

je trouve cette situation , le refus du libre-arbitre, épouvantable et fait prisonnier tous les autres qui ont une conscience et savent décider par eux même de leur vie !

Portrait de shillom

à virginie78 Portrait de virginie78 De shillom

13H49 | 25/06/2009 | Permalien

Une grosse nuance par rapport à la sécurité routière : la drogue ne nuit qu'à la santé de celui qui en prend, pas à celle des autres, alors qu'un accident provoqué sur une route implique rarement le seul conducteur du véhicule responsable… Sans même aller jusqu'à dire que des accidents ont lieu sans vitesse excessive, et sont quasi toujours involontaires alors que la prise de drogue est volontaire.

Portrait de Sacha25

à shillom Portrait de shillom De Sacha25

12H37 | 26/06/2009 | Permalien

C'est oublier un peu facilement les victimes d'actes commis par des individus sous emprise de drogues (médicaments, drogues …..)

Portrait de shillom

à Sacha25 Portrait de Sacha25 De shillom

14H34 | 26/06/2009 | Permalien

Moui et on peut aussi reprocher aux parents de drogués d'avoir eu des enfants ! Voire aux obstétriciens de ne pas avoir lu sur le visae du nouveau né sa future tendance à l'insurrection pacifiste.

Pour moi, les actes d'agression n'ont rien à voir avec l'emprise de la drogue, mais plutôt avec l'emprise de la connerie. Ce qui est dommage vu que la connerie, on peut pas faire grand chose contre, et ça dure 24/24 ; comme disait l'autre, quand on est con on est con, vieux con caduc ou con débutant : )

Portrait de cyberprimate

à virginie78 Portrait de virginie78 De cyberprimate

Crêmier | 15H20 | 25/06/2009 | Permalien

Virginie, votre argument est aussi celui utilisé par tous ceux aux USA et ailleurs qui veulent légaliser les armes à feu…

Portrait de effervescence

à virginie78 Portrait de virginie78 De effervescence

étudiante | 12H55 | 26/06/2009 | Permalien

Pour illustrer ton commentaire, il suffit de comparer la France et l'Allemagne.
87,9 tués sur la route par million d'habitants en France.
64,8 pour l'Allemagne, alors qu'aucune limitation de vitesse n'est instaurée sur l'autoroute.
Paradoxal n'est-ce pas ?
Les Allemands seraient-ils des pilotes ou seraient-ils mieux éduqués ?

Tout ça pour dire que je ne crois pas du tout à l'interdiction, mais à l'éducation.
Mais apparamment, ce n'est pas l'option choisie par notre gouvernement qui réduit sans cesse le nombre de postes dans l'éducation nationale …

Portrait de Françaisehélas

De Françaisehélas

12H50 | 25/06/2009 | Permalien

Oh, très bien, on donne la parole à un dealer ! C'est lui qui en parle le mieux ? Peut-être.
Est-ce pour autant juste ?

Que l'alcool soit la deuxième drogue la plus courue. C'est vrai ? (est-ce vrai ? d'où provient le chiffre ? ) Très bien. Et ensuite ? Le fait qu'une des drogues soit légale justifie t elle que les autres le deviennent ?
C'est nier toutes les vies brisées par ces produits. Il est vrai que ce personnage prêche pour son clocher.

C'est vrai, la consommation de drogue peut avoir beaucoup à voir avec un mal-être. Du moins, on le soupçonne.
Mais il faut prendre en compte dans ce raisonnement la poursuite de la consommation, qui continue, par addiction, même si le mal-être a disparu.
Les alcooliques vous parleront de toute la difficulté de sortir d'une addiction dont on trouve la cause à chaque coin de rue, en consommation libre et légale. La difficulté de sortir de l'alcoolisme fait que certains alcooliques guéris, comme certains fumeurs guéris, disent qu'ils resteront malades toute leur vie, et qu'ils devront vivre avec cette addiction et ce désir permanent de reprendre.
Ce fait vient -il de la tentation permanente du à un accès libre à la drogue ?
Et dans ce cas, a t-on le droit de faire subir cela à des milliers d'individus, en permanence, qui, sortis de cures de désintoxication, devront subir, à chaque coin de rue, la tentation ?

C'est vrai, ce sont les dealers qui parlent le mieux de la légalisation des drogues. Et que pourraient-ils dirent d'autre ? Pourquoi ne pas interroger plutôt un alcoolique sevré, un fumeur sevré, un héroïnomane qui se bat pour en sortir ?

Portrait de poupouille

à Françaisehélas Portrait de Françaisehélas De poupouille

... | 13H09 | 25/06/2009 | Permalien

Mais vous n'avez pas lu l'article…. « La douleur que j'ai ressentie était assez violente pour que ma vie change. »
Et puis vous ne dites que des conneries.

Portrait de whitenigga

à Françaisehélas Portrait de Françaisehélas De whitenigga

feignant | 13H16 | 25/06/2009 | Permalien

pour un toxico (qu'elle que soit l'addiction), la tentation a la sortie d'une cure est de toute facon partout. Bien entendu, la tentation pour les drogues légales, mais également illégales.
Un consommateur de drogues prohibées a des réseaux, des connaissances, sait où aller et a quelle heure pour trouver son bonheur…on peut tabler que dans le cadre d'une légalisation, la tentation serait plus forte, mais en l'état actuel des choses, dire que le sevrage est facilité par l'illégalité de ces produits n'est pas tout a fait juste.
Je pense qu'il s'agit surtout en fin de compte d'éducation. Envoyer des flics parler de drogues au parents et élèves dans les collèges et lycées n'est pas la solution (surtout qu'on peut y voir des interventions pour le moins….grotesques).
Par contre faire intervenir un ancien toxicomane ou des travailleurs sociaux me paraitrai plus juste…

Portrait de Autist Reading

De Autist Reading

Plombier/Electricien | 13H21 | 25/06/2009 | Permalien

Les drogues (pharmacopée) sont le médicament qui nous permettent d'accepter un monde de merde, une vie de merde.

Comme les religions, d'où la remarque de Marx sur religion=opium.

La loi de 1905 a décidé de ne pas interdire les religions, de les autoriser toutes en en subventionnant aucune, en retirant le monopole au chrétiens.
Tout en n'interdisant pas les effets, on s'est attaqué aux causes en créant l'Instruction Publique et le Droit Syndical.

Ne pas interdire les drogues, les autoriser toutes en en subventionnant aucune, retirer le monopole à l'alcool.
Tout en n'interdisant pas les effets, on s'attaquerait aux causes en recréant l'Instruction Publique et le Droit Syndical, déconstruits sans cesse depuis 1905 par les callotins infiltrés à tous les niveaux de l'Etat.

On veut le bonheur, le vrai, on en a plein le cul des ersatz chimiques ou post-mortem !

Portrait de shillom

à Autist Reading Portrait de Autist Reading De shillom

14H21 | 25/06/2009 | Permalien

Absolument, si le monde était exempt de toute la pourriture qui nous pousse à nous opposer, nous n'aurions pas besoin de drogues pour nous sentir mieux. Nous voir absorber tout ça arrange bien nos dirigeants hypocrites. Et pour les puritains qui pensent que la drogue c'est mal, il y a les antidépresseurs et les calmants, dont les français sont friands, ainsi que plus belle la vie et cie.

Que ceux qui pensent que l'Etat lutte réellement contre les trafics de drogue osent dire le contraire !

Portrait de Sacha25

à Autist Reading Portrait de Autist Reading De Sacha25

13H08 | 26/06/2009 | Permalien

Les drogues permettent d'accéder à un « paradis artificiel ».

Et là, on a tout dit

C'est tout un système de vie qui est en jeu, dans lequel les substances chimiques ne sont qu'un élément. Et il convient de « s'attaquer » à tout l'environnement et notamment psychologique.

C'est ce que tentent de faire les religions avec les dégâts que l'on peut observer du fait qu'elles tentent d'imposer un choix unique, celui qui a « réussi » à l'inventeur de la religion et qui doit de ce fait, pense-t-il, réussir à tous. C'est ce qu'on appelle le charisme

Il y d'autres façons d'accepter ce monde de merde, c'est ne pas le créer, ne pas se le laisser imposer

Portrait de nestor38

à Françaisehélas Portrait de Françaisehélas De nestor38

inséré ? | 13H25 | 25/06/2009 | Permalien

Comment ça il prêche pour son clocher ? à aucun moment il dit que ces substances sont bénéfiques, il dit juste que le fait qu'elles soient illégales n'empêche personne de se droguer.
Je rajouterais que la prohibition est de plus dangereuse, elle isole le consommateur, le rend dépendant de son dealer, le pousse à prendre des produits encore plus nocifs que la drogue elle-même (coupée avec tout ce qui passe), le pousse à trouver de l'argent par tous les moyens (prostitution, vol, deale, etc.), bref fait en sorte que la personne toxico ait encore plus de difficultés à s'en sortir, alors que la légalisation peut permettre de mettre en parallèle un réseau d'aide qui permettrait à une personne voulant décrocher de trouver des paliers, des interlocuteurs et ce d'autant plus facilement qu'il n'est plus vu comme délinquant…

L'idée aussi est que la légalisation permet de réduire le trafic (en cassant les prix, la rareté et les circuits illégaux de distribution).

De plus il y a un problème autre : de quel droit considérons-nous qu'une personne n'a pas le droit de se détruire ? Selon quel principe : celui de la joie et de la santé obligatoire ? Bien sûr, il faut proposer, offrir des aides à des personnes en souffrance, mais offrir son aide n'est pas penser et juger ce qui est bon à la place de la personne (et là j'écris pour ceux qui en situation de toxicomanie, parce qu'on peut avoir un usage récréatif de toutes les drogues.)
Lire sur ce sujet Bergeret, un psychanalyste à qui on confiait des personnes en injonction thérapeutique qui au cours de la première prise de contact disait au « patient » qu'il avait le choix de se droguer ou non, de suivre une thérapie ou non, etc.

Portrait de Arnaud Aubron

à Françaisehélas Portrait de Françaisehélas De Arnaud Aubron

Rue89 | 14H11 | 25/06/2009 | Permalien

« Pourquoi ne pas interroger plutôt un alcoolique sevré, un fumeur sevré, un héroïnomane qui se bat pour en sortir ? “

L'un n'empêche pas l'autre, vous avez raison. Si un riverain a envie de témoigner, je serais ravi de passer une tribune. Sinon j'essaierai de mon côté. Merci du conseil.

Portrait de Françaisehélas

à Arnaud Aubron Portrait de Arnaud Aubron De Françaisehélas

14H18 | 25/06/2009 | Permalien

Pour l'héroïnomane, je n'en connais pas.
Par contre, vous pourriez essayer d'entrer en contact avec un des utilisateurs du forum Atoute. Ce sont eux, qui m'ont éclairés en particulier sur la problématique de l'alcool. Certains témoignages sont très intérressants.
(Maintenant, attention, leur charte est stricte… il faut obligatoirement contacter un modérateur pour demander un témoignage d'un forumeur… )

Portrait de olivier p

De olivier p

face à la mer | 15H05 | 25/06/2009 | Permalien

Les dealers sont beaucoup à être contre la légalisation, comme nombre de consommateurs. Ben oui, c'est plus logique.
Penser le contraire c'est comme dire que les voleurs sont pour les alarmes contre le vol ! Par contre, il me semble que nombre de voleurs sont pour un emploi convenable, voire un emploi tout simplement.
Certains usagers actuels, beaucoup d'ex (comme pour les fumeurs et les alcooléens), sont contre la légalisation ou une mesure préalable au changement, la décriminalisation. Là aussi, il faut analyser les intérêts et les discours de chacun, il existe des études ethnographiques sur ces questions.

Il me semble que la dépénalisation n'est pas une demi-mesure ou une solution, c'est un préalable. Tout comme l'autoproduction (non pas individuelle mais en association loi 1901). L'un des nombreux problèmes en matière de drogues en France, c'est que non seulement le droit des usagers n'est pas harmonisé de manière cohérentes pour les produits psychoactifs, mais c'est que le débat public n'est pas possible. Par la loi et les dissuasions sociales. Comment peut-on changer ou évaluer une politique dès lors que les usagers actuels (ou passés) n'ont aucun intérêts à prendre la parole, parce que rien ne les protège. Un ex-alcoolique peut prendre la parole, faire l'apologie de l'alcool est plus compliqué avec ce qui reste de la loi évin, mais exprimer un plaisir à boire raisonnablement du bon vin ou un bon whisky est encore plus complexe ! C'est pourquoi, le statut de l'usager n'est pas satisfaisant. Nombre de personnes qui ont expérimenté le cannabis y ont renoncé par elle-mêmes. C'est vrai aussi au cours de la vie, ou l'inverse parce qu'il n'y a pas de règles du fait que les jeunes drogués d'hier sont ceux qui sont les nouveaux retraités ou ont plus de 45 ans ! Mais nombre de leurs parents sont encore vivants ! Il n'est dont pas possible de dire que l'on a pris du plaisir mais que … voilà, c'est fini ; ou au contraire que si c'était dépénalisé, ces personnes reprendraient à fumer !

Il me semble évident que pour construire une alternative à la politique actuelle, le préalable c'est le droit d'en parler sans se retrouver sous le coup de la loi, puisque le fait même de dire que l'on connaît « quelqu'un qui “… tombe sous le coup de la loi française pour complicité de trafic de stupéfiant (usage et détention ou cession, c'est du trafic dans la loi). Ou alors il faut être chercheur scientifique, mais là le problème c'est le niveau zéro (c'est presque une provocation) de la recherche d'un point de vue qualitatif et quantitatif…

c'est bien pourquoi la revendication d'une dépénalisation s'adjoint automatiquement les droits des citoyens et de leur liberté d'expression. Le droit commun suffit amplement pour ce qui concerne les violences sur autrui, la mise en danger, l'ivresse publique ou les excès de mercantilismes…La légalisation n'est pas en soi une stratégie de changement.

Portrait de pierrejcallard

à Françaisehélas Portrait de Françaisehélas De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 15H53 | 25/06/2009 | Permalien

@ francaise helas :

Il est TELLEMENT évident que la légalisation est la seule solution que je me lasse d'en parler.

http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/144-la-breche/

Heureusement, ce sera sans doute choses faite dans deux ans. Pas parce qu'on aura compris, mais parce qu'on aura plus peur de ne pas le faire que de le faire. What fools these mortals be !

http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/14/mexique-drogue-et-corrup…

Pierre JC Allard

Portrait de Françaisehélas

à pierrejcallard Portrait de pierrejcallard De Françaisehélas

16H01 | 25/06/2009 | Permalien

hé bien, monsieur, si c'était si évident, on n'en parlerait plus… ; -)

Portrait de pierrejcallard

à Françaisehélas Portrait de Françaisehélas De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 16H30 | 25/06/2009 | Permalien

Ne voyez-vous pas dans la société beaucoup d'autre évidences qu'on feint de ne pas voir ? Voyez la misère dans un monde en crise de surproduction.

http://nouvellesociete.org/A28.html

PJCA

Portrait de polinotte

à Françaisehélas Portrait de Françaisehélas De polinotte

Etudiante | 12H39 | 26/06/2009 | Permalien

Perso je trouve dégueulasse qu'on puisse trouver des MacDo, des supermarchés, des épiceries et des boulangeries à chaque coin de rue….je trouve ça vraiment difficile car je sors de 5 années de boulimie-anorexie…nan mais ho ! ! ! ! ! !
Ca vous arrive de faire confiance à l'être humain des fois ou bien ! ! ! ? ? ? ? Vous n'êtes pas leur mère, ni leur père…si vous voulez les aider, allez-y, en les aidant à réfléchir sur leur situation, sur ce que la drogue/l'alcool/le tabac leur apporte, et ce qu'elle leur ôte….mais pas la peine d'oeuvrer pour la destruction de tous les marchands de tabac, et des rayons vins dans les supermarchés ni de leur dicter ce qu'ils doivent faire ! ! ! L'Histoire ne vous a pas assez montré que ça aurait l'effet inverse de celui escompté ? ? ! !
Vous infantilisez complètement les gens qui tombent là-dedans, et vous êtes très méprisant par ailleurs…
Faut sortir de cette morale à deux balles, ça ne va plus là…L'être humain a besoin/envie de défonce parfois, il faut l'admettre…c'est comme les putes, pourquoi on s'échine à les cacher et à les persécuter….quand admettra-t-on que l'être humain

Portrait de penabranca

De penabranca

survivor | 12H51 | 25/06/2009 | Permalien

La masse d'argent que génère la prohibition fausse le débat sur la nocivité sanitaire et social de l'usage de drogues.
J'ai bien peur que cela dure encore longtemps car les pipelines à fric sont les plus difficiles à fermer.

Portrait de Françaisehélas

à penabranca Portrait de penabranca De Françaisehélas

14H30 | 25/06/2009 | Permalien

Je dirais qu'il nous manque une vraie étude approfondie de l'évolution de la consommation, et des répercussions de la libéralisation, dans les pays qui sont passés à la libéralisation.

De la façon dont elle est menée actuelllement, il est évident, et tout le monde peut le voir, que la répréssion ne sert pas à grand chose. Par contre, la libéralisation ne servirait peut-être pas à grand chose non plus ?

Détruire les liens entre finance, politique, et réseau de drogues, serait peut-être plus efficace que la libéralisation ? C'est une question ouverte, je n'ai pas ici d'argument pour ou contre.

Portrait de penabranca

à Françaisehélas Portrait de Françaisehélas De penabranca

survivor | 15H16 | 25/06/2009 | Permalien

Il n'y a pas à ma connaissance de pays qui soit passé à la libéralisation. Les Pays-Bas souvent cités ne pratique qu'une tolérance dépénalisée mais pas à proprement parlé de libéralisation.
Je me souviens d'une étude menée aux pays bas pour évaluer les effets du cannabis sur les conducteurs automobile. Ils bloquaient une autoroute la nuit et faisaient rouler des personnes sous l'emprise du pétard. Il me semble bien que les conclusions étaient plutôt positives, à savoir une concentration accrue, moins de vitesse, et en aucun cas une baisse significative des réflexes. On peut comprendre que de tels résultats ne soient pas claironnés par les défenseurs du tout pinard.

La libéralisation ne résout pas la problématique du particulier qui, pour des raisons éminements personnelles, à recours à une drogue, par contre elle permet un dialogue « carte sur table » avec lui pour tenter de l'aider. Ce n'est pas le cas quand la société transforme un toxicoman en criminel.

Pour ce qui est de détruire les liens entre l'argent des prohibitions et ceux que vous citez, je n'y crois pas plus qu'à la suppression des paradis fiscaux pour moraliser le capitalisme…lol
Vous demandez aux pyromans de faire les pompiers.

Portrait de Françaisehélas

à penabranca Portrait de penabranca De Françaisehélas

15H33 | 25/06/2009 | Permalien

Il fut un temps, dans ma grande naïveté, où j'y ai cru. Mon pseudo était Heidi (Heidi, la vie à la campâ-â-gneuh)

Portrait de cardiolipine

à penabranca Portrait de penabranca De cardiolipine

Étudiant en médecine | 17H24 | 25/06/2009 | Permalien

Fantastique les conclusions positives : c'est absolument tout le contraire de ce qu'on voit en Fac de Médecine ! (Et je suis plus enclin à me laisser convaincre par un PU-PH que persuader par un riverain aussi sympathique soit-il.)

Portrait de Lemmy_Nothor

à cardiolipine Portrait de cardiolipine De Lemmy_Nothor

The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 18H36 | 25/06/2009 | Permalien

Pour votre information, les compagnies d'assurances en Hollande ont déjà fait de nombreuses études sur le comportement routier des utilisateurs de cannabis…..avec des résultats fort positifs.

Et moi même j'ai bien du rouler un bon million de kilomètres en fumant des pétards….et sans aucun incidents….de même que la nuit je vois mieux…

We knew it gave people the munchies and made them giggle. Now researchers claim to have found a new property in cannabis - it helps us see in the dark.
Scientists made their discovery after becoming intrigued by Moroccan fishermen who not only failed to lose their sense of direction after smoking generous amounts of local kif, a mixture of cannabis and tobacco, but seemed to navigate better on dark nights.
« They attribute their ability to see to the consumption of kif that they spend entire hours smoking before getting into their barques, » one of the research team, drawn from the US, Spain and Morocco, reported.
Jamaican fishermen have reportedly shown a similar reaction, suggesting that there may be something medically useful in cannabis apart from the pain-deadening properties already spotted by doctors treating cancer patients.
Equipped with a machine for measuring night vision, the researchers headed for the Rif valley, the centre of Morocco's flourishing cannabis trade. « High-grade sifted cannabis was mixed with tobacco in a 2 : 1 ratio and smoked as kif by subjects employing a traditional sebsi pipe, » the team write in the latest Journal of Ethnopharmacology.
Three « kif-experienced » Moroccan volunteers were then invited to make « numerous inhalations ».
The volunteers demonstrated « consistent improvements » in tests, leading the researchers to suggest that further studies should be conducted.
The researchers admit that the results have turned the ancient wisdom of Persian and Arab scientists, who suggested that cannabis made vision fuzzier, on its head.

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