
Les drogues, ce sont les anciens dealers qui en parlent le mieux
Le Canadien Brian O'Dea a été, dans les années 70, un gros trafiquant de cannabis, puis de cocaïne. Après avoir dirigé une entreprise de transports de 120 personnes, il se retire des affaires en 1986 et ne fera que deux ans de prison. Il est aujourd'hui producteur de films à Toronto.
Alors que le débat sur la dépénalisation bat son plein aux Etats-Unis, il a accepté de rédiger cette tribune pour Rue89. Envoyez-lui vos questions dans les commentaires, nous les lui transmettrons.
« Les révolutions les plus importantes ont pour point commun de détrôner l'arrogance humaine, faisant tomber d'un piédestal après l'autre nos certitudes… » Stephen Jay Gould
Le président Obama a récemment annoncé que son administration mettrait un terme à la « préemption », une pratique qui permettait à l'administration fédérale de passer outre les lois des Etats fédérés sur l'environnement, la santé, la sécurité, etc.
Cela inclut les étranges lois sur les drogues qui ont engendré un conflit entre les fédéraux et divers Etats au sujet de la distribution de marijuana médicale, et qui ont provoqué des raids de la DEA (la police fédérale des stupéfiants, ndlt) sur les dispensaires, en violation de la loi locale et des droits des citoyens qui avaient voté ces lois.
Même la Cour suprême ne veut plus entendre parler d'une remise en cause de la loi californienne, vieille de dix ans, qui autorise l'usage de la marijuana pour des raisons médicales, prenant ainsi le parti de l'Etat. Plus que jamais, nous avons une vraie possibilité de changement, un changement absolument nécessaire pour que l'on ne traite plus les plus faibles d'entre nous par la répression.

La question des drogues n'est pas une question de bien ou de mal
Il y a plus de vingt ans, je fumais, sniffais et prenais du poppers et je buvais chaque jour. J'attendais toujours le moment propice pour arrêter ; ce n'était jamais le bon. Je n'étais, comme on dit, pas bien dans ma peau. Tout ceci aboutit à ce que je me retrouve KO sur la moquette d'un copain : une overdose de cocaïne, dont je faillis ne pas sortir vivant.
C'était à la veille de mon quarantième anniversaire, il y a presque vingt-et-un ans. Tu parles d'une crise de la quarantaine ! Depuis ce jour, j'ai trouvé une autre façon de vivre. Comme l'a dit Nietzsche, l'émancipation naît du mal et de la douleur. En tous cas, pour moi, ce fut le cas.
Une telle « émancipation » ne peut jamais avoir lieu aux conditions de quelqu'un d'autre. La douleur que j'ai ressentie était assez violente pour que ma vie change.
L'usage ou l'excès de drogues passe souvent pour une question de bien et de mal, une question morale, mais c'est faux : c'est une question d'aise ou de malaise.
Je n'ai jamais rencontré qui que ce soit qui ait renoncé à la drogue pour des raisons d'illégalité. En ce moment même, la mère, le père, le frère, la sœur, le fils, la fille, l'oncle, la tante, le cousin, la grand-mère ou le grand père de n'importe qui prend des drogues. Légal, illégal, peu importe. Il n'y a aucune frontière dans nos couches sociales que la drogue n'ait traversée. Elle pénètre tout. L'être humain se défonce depuis qu'il est un être humain. Il est absurde de penser que l'on peut mettre un terme à ce comportement en légiférant.
Du problème « moral » au problème économique
La prohibition de l'alcool nous a été servie au XXe siècle à travers l'outrage moral, « la fausse morale », et ça s'est terminé par un double scotch au saloon du coin. Pas de demi-mesure, là. Nous n'avons pas légalisé la possession d'alcool, ce qui a ensuite poussé les consommateurs à trouver des moyens illégaux de s'en procurer. Puis nous avons légalisé « de haut en bas », en régulant sa distribution, en taxant ses ventes.
C'est presque ce qui arrive aujourd'hui avec la marijuana. Presque. Il semble qu'elle en prenne le chemin, achetée et payée par besoin économique. Cela veut-il dire que ce qui était autrefois une question morale est devenu une question économique ? Oui. Cela signifie-t-il que la morale a un prix ? Ou que ce n'était en fait pas vraiment une question morale à l'origine, ce que notre détresse financière a mis au jour ?
L'alcool responsable de plus de violences que toutes les autres drogues réunies
« Mais quand même pas l'héroïne, les méta-amphétamines ou le crack ? » C'est comme ça que se poursuit la conversation en général, n'est-ce pas ? « Pas les drogues dures. » Je me demande comment on en est arrivé à la classification de « drogue dure ».
Il y a des chances pour que celui qui a pondu cette classification soit aussi celui qui ne veut pas que vous sachiez que 95% des gens emprisonnés pour des violences ont commis ces actes sous l'emprise de la deuxième drogue la plus répandue sur la planète. La drogue qui annonce le hockey, le foot et tous ces événements sportifs pour les jeunes à la télé ; la drogue dont on voit les logos sur les tee-shirts portés par nos enfants ; la drogue dont les entreprises qui la possèdent sponsorisent un « Partenariat pour une amérique sans drogue »… Vous voyez de quoi je parle ? Oui, de l'alcool.
L'alcool est responsable de plus de violence domestique et de carnages routiers que toutes les autres drogues réunies. Mais l'industrie de l'alcool a acheté et payé son acceptabilité culturelle et sa respectabilité, et pense, au fond de son âme sombre, qu'elle n'a rien à voir avec l'herbe et le crack.
Tout ce que je peux dire, c'est que toutes les substances psychotropes que j'ai utilisées sont un raccourci trompeur vers la lumière. Par des années de conditionnement publicitaire, on m'a appris qu'une pilule peut me faire grandir et qu'une autre me rapetisse, et que ces petites pilules bleues… hum, mieux vaut en rester là.
L'héroïne, la cocaïne, les méta-amphétamines, l'alcool taxé et contrôlé par l'Etat, ainsi que le tueur numéro un, le tabac, sont tous des substances auxquelles il est terrible d'être accro. Son ultime et actuel coût est bien trop souvent la vie elle-même. Et, tout au long de ce chemin vers la mort, les prix augmentent. Ce n'est pas une question morale, ni de bien et de mal, et il est temps de cesser de la traiter comme telle. L'industrie de la répression n'a jamais travaillé pour quelqu'un d'autre que le monde de la finance et les politiques (qui, eux-mêmes, sont partie prenante de la finance). Ces gens ont dépensé une fortune nous convaincre -avec succès- de cette illusion, mais il est temps de se réveiller maintenant.
Une seule solution, la légalisation
Il reste une solution, si simple qu'elle en est presque inquiétante, une solution mise en place par d'autres, qui, jusqu'à aujourd'hui, ont montré plus de courage que nous. Si nous sommes aussi valeureux et libres et courageux que nous sommes prompts à le déclarer, alors il est temps de mettre un terme à ce qui n'a jamais fonctionné. On ne peut tout simplement pas continuer de la même façon et espérer obtenir d'autres résultats.
Quand on pense à la légalisation de la drogue, nombre d'entre nous pensent aux Pays-Bas. Et aux critiques formulées quant à son sens général par des juristes avec une hâche, et un siège auquel s'accrocher. Accusations illégitimes que celles-ci. Les Pays-Bas ont pris des demi-mesures seulement, et les demi-mesures ne nous apportent rien. Il nous suffit de jeter un œil, par delà les frontières hollandaises, au Portugal, pays dont la générosité et le courage à l'encontre des plus faibles de ses citoyens devrait nous faire honte et nous mener vers une action juste.
Jusqu'en 2001, le Portugal était plongé dans une crise sanitaire aux proportions alarmantes, une crise due à l'addiction à la drogue. Ensuite, la possession de stupéfiants a été légalisée. Et maintenant, nous y voilà, huit ans après que « la possession personnelle a été décriminalisée, l'usage de drogues parmi les jeunes Portugais a chuté et le taux de nouvelles infections par le virus HIV dues au partage des seringues usagées a été considérablement réduit, tandis que le nombre de personnes cherchant à se désintoxiquer a plus que doublé… » (Time Magazine, 26 avril 2009).
Et devinez quoi ? Les vannes ne se sont pas ouvertes ; la population ne s'est pas transformée en un troupeau de junkies, comme certains législateurs auraient aimé qu'on croie que ça arriverait. Mes amis, nous devons commencer à élire des gens au Sénat, au Congrès et à tous les niveaux du pouvoir partout dans le monde qui ont une plus grande foi en nous qui votons pour eux et les révoquons,. Nous sommes au fond d'un trou profond et nous devons immédiatement arrêter de creuser. Il est temps de s'immiscer dans les privilèges et le pouvoir et de subvertir la façon de penser dominante ; il est temps de rappeler à nos élus que nous attendons d'eux des actes qui produisent de vrais et honnêtes résultats. Il est temps de revoir complètement notre approche de la question de l'usage ou de l'abus de drogues.
Pour finir, cette parole émanant de Washington, de Gil Kerlikowske, pas moins, le nouveau tsar de la drogue de la Maison-Blanche :
« Quelle que que soit la façon dont vous expliquez aux gens qu'il s'agit d'une “guerre à la drogue” ou d'une “guerre contre un produit, ils considèrent que c'est une guerre contre eux. Nous ne sommes pas en guerre contre les gens de ce pays.”
M. Kerlikowske, il n'y a qu'une manière de prouver aux plus petits d'entre nous que leur vie comptent autant que n'importe laquelle de nos vies : c'est de légaliser et réguler toutes les drogues, et de le faire maintenant. Comme l'a dit notre grand président, le temps du changement est arrivé.
Photo : “Kate Moss” (Philippe Sergent/Flickr).
► Traduit de l'anglais par Marie-Sophie Keller.
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De virginie78
Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 12H42 | 25/06/2009 |
Dans mon entourage, j'ai une personne qui m'a expliqué que heureusement que la répression routière existait car il sans elle, il roulerait trop vite tous les jours et mettrait en danger lui même et les autres.
Quand on entent çà, on comprend pourquoi on veut absolument interdire la drogue., mdr
je me demande comment l'humain d'aujourd'hui est éduqué par ses parents et grandit pour avoir tant peur de la liberté et du libre-arbitre.
je trouve cette situation , le refus du libre-arbitre, épouvantable et fait prisonnier tous les autres qui ont une conscience et savent décider par eux même de leur vie !
De Françaisehélas
12H50 | 25/06/2009 |
Oh, très bien, on donne la parole à un dealer ! C'est lui qui en parle le mieux ? Peut-être.
Est-ce pour autant juste ?
Que l'alcool soit la deuxième drogue la plus courue. C'est vrai ? (est-ce vrai ? d'où provient le chiffre ? ) Très bien. Et ensuite ? Le fait qu'une des drogues soit légale justifie t elle que les autres le deviennent ?
C'est nier toutes les vies brisées par ces produits. Il est vrai que ce personnage prêche pour son clocher.
C'est vrai, la consommation de drogue peut avoir beaucoup à voir avec un mal-être. Du moins, on le soupçonne.
Mais il faut prendre en compte dans ce raisonnement la poursuite de la consommation, qui continue, par addiction, même si le mal-être a disparu.
Les alcooliques vous parleront de toute la difficulté de sortir d'une addiction dont on trouve la cause à chaque coin de rue, en consommation libre et légale. La difficulté de sortir de l'alcoolisme fait que certains alcooliques guéris, comme certains fumeurs guéris, disent qu'ils resteront malades toute leur vie, et qu'ils devront vivre avec cette addiction et ce désir permanent de reprendre.
Ce fait vient -il de la tentation permanente du à un accès libre à la drogue ?
Et dans ce cas, a t-on le droit de faire subir cela à des milliers d'individus, en permanence, qui, sortis de cures de désintoxication, devront subir, à chaque coin de rue, la tentation ?
C'est vrai, ce sont les dealers qui parlent le mieux de la légalisation des drogues. Et que pourraient-ils dirent d'autre ? Pourquoi ne pas interroger plutôt un alcoolique sevré, un fumeur sevré, un héroïnomane qui se bat pour en sortir ?
De kevangel
13H00 | 25/06/2009 |
J'ai une petite question de statistique. Quand l'auteur nous dit que l'alcool est responsable de plus de violences que les autres drogues, est-ce qu'il a divisé les chiffres par le nombre de consommateurs ? Parce que sinon ca ne veut rien dire, vu qu'il y a 1000 fois plus de consommateurs d'alcool que de drogues. Sinon je peux aussi dire que les buveurs d'eau commettent plus de meurtres que les drogués, étant donné que tout le monde boit de l'eau !
Par ailleurs, les consommateurs d'alcool sont rarement dépendants (une faible minorité des gens qui boivent de l'alcool sont alcooliques). Je ne suis pas sûr qu'on puisse en dire autant de l'héroïne ou la cocaïne, où le pourcentage de dépendants doit être bien majoriataire.
De Qouyub
Graphiste | 13H13 | 25/06/2009 |
Il est clair qu'après plus d'un siècle de répression, la politique anti-drogue s'est avéré un véritable échec, car elle n'a ni réduit la consommation, ni le trafic et très peu la production au détriment des cultivateurs.
La plupart des associations qui oeuvrent en europe sur le terrain de la prévention et de la réduction des risques liés à la toxicomanie, comme Médecins du Monde, Technoplus, Modus Vivendi, ou encore les rapports des organismes tels que l'OFDT (Observatoire Français des drogues et toxicomanies), l'OEDT (Observatoire Européen des drogues et toxicomanies), montrent tous que c'est une politique de prévention qui devrait êre clairement menée, et non une politique de répression.
Par prévention, la plupart d'entre-elles estiment que c'est une dépénalisation totale de la consommation, tandis que d'autres argumentent la légalisation des drogues.
Si ces associations, qui oeuvrent en permanence sur les terrain, à l'instar des organismes publiques, s'entêtent à prôner cette direction depuis plus de dix ans déjà, et que le gouvernement ne les écoutes pas, c'est qu'il y a un réel problèmes.
Une légalisation semble la meilleure voie, puisqu'elle permettrait :
1. D'aider et de protéger les cultivateurs des pays producteurs. En leur assurant une juste rémunération.
2. De contrôler le traffic, pour éliminer petit à petit le trafic illégal et son lot de morts (5300 morts rien qu'au mexique en 2008, soit plus que la guerre d'Irak depuis 2001).
3. De contrôler la qualité des produits qui subissent en général 4 à 6 coupes avec des produits dangereux pour la santé (verre pilé, sable très fin dans la cocaïne par exemple).
4. De controler la distribution, et éliminer de nouveau le traffic illégal qui la contrôle.
5. D'assurer des messages de prévention, d'aide et d'écoute sur les lieux où elle est distribué. Sensibiliser les gens aux risques, etc…
6. D'en faire diminuer le prix, ce afin d'éviter l'endettement des personnes. (On a vu depuis dix ans que le prix de l'ecstasy était passé de 10€ à 3€, sans y voir de changements de la consommation).
7. Enfin, avec la tva qui serait appliquée, et la diminution des services de police chargé de lutter contre le traffic de stupéfiant (les dépenses publiques, toutes drogues confondues, s'élevaient à 1 159,12 millions d'euros pour l'année 2003, en france : source MILDT). Avec un petit calcul simple, on voit tout de suite la charge en moins pour le contribuable, même si des dépenses serait toujours conservées.
Et il est certain que cette solution si simple, qui permetrait en résumé d'améliorer la santé des citoyens, d'amoindrir très fortement le nombre de morts, d'empêcher l'enrichissement illégal et le lot d'argent sale (qui sert souvent le trafic d'armes et la prostitution), et de soulager les dépenses publiques, n'est pas envisageable pour beaucoup par simple soucis éthique.
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 13H21 | 25/06/2009 |
Les drogues (pharmacopée) sont le médicament qui nous permettent d'accepter un monde de merde, une vie de merde.
Comme les religions, d'où la remarque de Marx sur religion=opium.
La loi de 1905 a décidé de ne pas interdire les religions, de les autoriser toutes en en subventionnant aucune, en retirant le monopole au chrétiens.
Tout en n'interdisant pas les effets, on s'est attaqué aux causes en créant l'Instruction Publique et le Droit Syndical.
Ne pas interdire les drogues, les autoriser toutes en en subventionnant aucune, retirer le monopole à l'alcool.
Tout en n'interdisant pas les effets, on s'attaquerait aux causes en recréant l'Instruction Publique et le Droit Syndical, déconstruits sans cesse depuis 1905 par les callotins infiltrés à tous les niveaux de l'Etat.
On veut le bonheur, le vrai, on en a plein le cul des ersatz chimiques ou post-mortem !
De Sarko...file
Grossiste a l'anpe | 09H59 | 26/06/2009 |
Etudiant au Pays-Bas, je peux temoigner des effets de la legalisation du canabis, qui me parait etre une bonne chose, bien qu'etant non fumeur.
Bref, la bas les jeunes me parraissent moins fumer qu'en France ! ce qui est paradoxal vu que l'acces au canabis est beaucoup plus simple !
La clientele des coffeshops, est essentielement constituee de personnes ayant un job, sans distinction d'age (grand mere y compris) et d'etrangers ( T'est francais ? ah…tu viens pour les coffeshop ! …ben nan justement..)
La fumette parait un peu ringard pour les jeunes la bas et reste occasionnelle, alors qu'en France c'est un peu « la classe » ou « rebel » si tu fumes car c'est interdit !
Le fait que ce soit legalise, avec les coffeshops et tout ca, me laisse a penser que l'etat a plus de controle sur cette drogue, donc permet de mieux reagir en cas de derive.
Il est interressant de voir que certain coffeshops, ne proposent aucun alcools dans leurs bars ! juste des cocktails de fruits, ou sodas…
De Lemmy_Nothor
Pssssssstttt...t'as pas une brique ... | 14H14 | 25/06/2009 |
En passant j'ai une question à poser à Mr Brian O'Dea…..et en écrivant son nom je me rends compte que ce sont les initiales du Drug Enforment Agency….DEA, Dea…O'Dea……
Mais voici ma question…..ce n'est pas vous qui aviez passé une annonce dans le Globe and Mail il y a déjà quelques années, comme quoi vous cherchiez du travail , et comme experience vous aviez inclut tout votre CV de traffiquant ?
J'en profite donc pour faire de même….30 ans de cinéma, si vous cherchez quelqu'un vous me faites signe…. ; -)
Ça serai un plaisir de travailler avec vous .
De olivier p
face à la mer | 15H05 | 25/06/2009 |
Les dealers sont beaucoup à être contre la légalisation, comme nombre de consommateurs. Ben oui, c'est plus logique.
Penser le contraire c'est comme dire que les voleurs sont pour les alarmes contre le vol ! Par contre, il me semble que nombre de voleurs sont pour un emploi convenable, voire un emploi tout simplement.
Certains usagers actuels, beaucoup d'ex (comme pour les fumeurs et les alcooléens), sont contre la légalisation ou une mesure préalable au changement, la décriminalisation. Là aussi, il faut analyser les intérêts et les discours de chacun, il existe des études ethnographiques sur ces questions.
Il me semble que la dépénalisation n'est pas une demi-mesure ou une solution, c'est un préalable. Tout comme l'autoproduction (non pas individuelle mais en association loi 1901). L'un des nombreux problèmes en matière de drogues en France, c'est que non seulement le droit des usagers n'est pas harmonisé de manière cohérentes pour les produits psychoactifs, mais c'est que le débat public n'est pas possible. Par la loi et les dissuasions sociales. Comment peut-on changer ou évaluer une politique dès lors que les usagers actuels (ou passés) n'ont aucun intérêts à prendre la parole, parce que rien ne les protège. Un ex-alcoolique peut prendre la parole, faire l'apologie de l'alcool est plus compliqué avec ce qui reste de la loi évin, mais exprimer un plaisir à boire raisonnablement du bon vin ou un bon whisky est encore plus complexe ! C'est pourquoi, le statut de l'usager n'est pas satisfaisant. Nombre de personnes qui ont expérimenté le cannabis y ont renoncé par elle-mêmes. C'est vrai aussi au cours de la vie, ou l'inverse parce qu'il n'y a pas de règles du fait que les jeunes drogués d'hier sont ceux qui sont les nouveaux retraités ou ont plus de 45 ans ! Mais nombre de leurs parents sont encore vivants ! Il n'est dont pas possible de dire que l'on a pris du plaisir mais que … voilà, c'est fini ; ou au contraire que si c'était dépénalisé, ces personnes reprendraient à fumer !
Il me semble évident que pour construire une alternative à la politique actuelle, le préalable c'est le droit d'en parler sans se retrouver sous le coup de la loi, puisque le fait même de dire que l'on connaît « quelqu'un qui “… tombe sous le coup de la loi française pour complicité de trafic de stupéfiant (usage et détention ou cession, c'est du trafic dans la loi). Ou alors il faut être chercheur scientifique, mais là le problème c'est le niveau zéro (c'est presque une provocation) de la recherche d'un point de vue qualitatif et quantitatif…
c'est bien pourquoi la revendication d'une dépénalisation s'adjoint automatiquement les droits des citoyens et de leur liberté d'expression. Le droit commun suffit amplement pour ce qui concerne les violences sur autrui, la mise en danger, l'ivresse publique ou les excès de mercantilismes…La légalisation n'est pas en soi une stratégie de changement.