
Cocaïne : la fragile ligne de défense de Richard Gasquet
« Je n'ai jamais, jamais, jamais pris de cocaïne de ma vie. » Après trois semaines de silence, Richard Gasquet passe à l'offensive médiatique pour contrer les accusations de dopage à la cocaïne portées contre lui suite à son contrôle positif à Miami. Et porte plainte contre X pour « administration de substance nuisible ».
Vedette ou pas, chacun a droit à la présomption d'innocence. Et reconnaissons qu'à défaut d'être convaincant dans ses arguments, l'ex-numéro français avait l'air tout ce qu'il y a de plus sincère ce matin au micro d'Europe 1
et dans les colonnes de l'Equipe
. Sa ligne de défense consiste à dire, comme une autre gloire du sport hexagonal
avant lui, qu'il aurait été dopé « à l'insu de son plein gré » :
« Je me demande comment est-ce possible. Je ne sais pas comment c'est
arrivé dans mon corps. C'est pour ça que j'ai décidé de porter plainte
pour administration de substance nuisible. Je suis prêt à aller
jusqu'au bout car c'est ma vie qui est en jeu. » (Voir la vidéo)
Reste quand même quelques points délicats. « Je ne suis pas un fêtard », affirme le Biterrois. Rappelons le contexte. Dans la nuit du 27 au 28 mars, le tennisman est à Miami. Il vient de déclarer forfait pour le tournoi de Key Biscayne et se retourne donc vers l'autre événement qui se déroule alors dans la ville : la Winter Music Conference (à laquelle j'ai également participée
), le Festival de Cannes de la techno.
Il passe donc la soirée dans une boîte avec son encadrement et le DJ Bob Sinclar, autre non-« fêtard » célèbre. Il n'aurait consommé que deux vodkas-pomme. Mais serait tout de même resté jusqu'à 4 heures du matin (de l'avantage d'une bonne condition physique). Le lendemain, le tennisman est contrôlé. Il est positif à la cocaïne.
Il l'assure pourtant, il n'a « pas vu de cocaïne à sa table », sinon, « nous serions partis immédiatement ». A ce point, le joueur dérape sérieusement : difficile de croire qu'une vedette de 23 ans quitte la pièce si quelqu'un prend de la cocaïne en sa présence. D'autant plus s'il fréquente une soirée techno. D'autant plus à Miami, où la coke tourne aussi naturellement que les pétards.
Gasquet confirme d'ailleurs qu'une personne présente ce soir-là lui
aurait confié que de la cocaïne circulait bien dans cette soirée. Diantre ! Difficile à croire.
Contrôlé positif pour « un dixième de rail » de cocaïne seulement ?
Le joueur a donc décidé de porter plainte : « J'attends beaucoup de l'enquête policière car je veux comprendre. Je veux le savoir. » Nouveau hic. En déposant en France cette médiatique plainte, le tennisman peut-il sincèrement penser que l'on va retouver qui a mis « un dixième de gramme de cocaïne » dans son verre en boîte de nuit il y a un mois ?
C'est un autre point de sa défense : le résultat des tests correspondrait à 150
nanogrammes, soit « un dixième de rail ». Comment le
sait-il ? Il faudrait pour cela savoir comment le produit était
coupé (il n'est pas rare que la cocaïne vendue dans la rue contienne
moins de 20% de substance active) et à quel moment et sous quelle
forme il a été consommé.
Avec cette quantité « on ne resssent pas
l'effet », poursuit-il. Ce qui est de toute façon à peu près vrai de toute personne
consommant pour la première fois de la cocaïne. Enfin, qui aurait intérêt à mettre à son insu « un dixième de rail de cocaïne » dans le verre de quelq'un d'autre ?
Le joueur a-t-il exceptionnellement dérapé ? Sa conclusion est en tous cas sans appel : « Je n'ai jamais pris de cette merde… » Le 29 juin, il devra convaincre le tribunal de l'International Tennis Federation
. Déjà suspendu, il risque deux ans supplémentaires.
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De miles.v
Matheux | 12H23 | 05/06/2009 |
Je n'arrive pas à comprendre la ligne de défense de Richard Gasquet. Pourquoi ne pas argumenter sur le fait qu'il était hors compétition ? il n'a pas disputé de rencontre les trois semaines précédant le contrôle et venait de déclarer forfait pour le tournoi de Miami (avant le contrôle). Même si le règlement ATP dit que l'on est considéré en compétition si l'on déclare forait après le premier match du tournoi, cela me semble franchement plus facile à plaider que l'absorption à l'insu de son plein gré.
De Cyril.
en partance... | 12H49 | 05/06/2009 |
Moi, je crois qu'il est sincère. C'est une impression basée sur ce qu'il dit, comment il le dit. Je suis pas policier et j'ai pas les éléments de l'enquête. Donc je ne peux pas l'affirmer…
Quant à l'AUTEUR DE L'ARTICLE, il m'a l'air d'être beaucoup plus proche de ce monde de la drogue que Gasquet, ce qui doit s'expliquer par les « investigations » qu'il doit mener pour « Drogues News »… (Je me pose quand même la question de savoir d'où il sait que la première prise de cocaïne n'a pas d'effet… Il était pas spécialiste des « politiques des stupéfiants » ? )
Et comment ose-ti-il dire que Gasquet ne pourrait pas partir s'il voyait de la cocaïne à sa table. J'ai un an de plus que lui, je n'ai jamais pris de cocaïne ou autre chose, je ne suis pas une « star », j'ai eu une éducation assez saine à ce niveau-là, et chaque fois que j'ai pu voir des personnes prendre ce type de drogues, je suis parti… Je ne sais pas si ce qu'il dit est vrai, mais c'est plausible !
Et OUI, on peut rester plusieurs heures avec deux boissons et una bouteille d'eau, Monsieur… Ce n'est pas parce que ce n'est pas une de vos capacités que vous devez tomber sur Gasquet et insinuer qu'il ment… (D'ailleurs, vous savez à quelle heure il est arrivé dans cette discothèque ? ? , peut-être bien tard…. donc ça plombe pas mal votre argument infaillible ! )
De plus, il a répété « qu'on lui a dit » que ça correspondait à un dixième d'un « rail »… Pourquoi répéter en boucle que c'est un spécialiste de la prise de cocaïne, si pour cela, vous transformez ce qu'il dit et le sortez de son contexte.
Et encore un point. Vous croyez que 3 membres de sa structure d'entraînement (ses entrâineurs) le laisseraient prendre de la cocaïne et mettre en jeu sa carrière ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Je ne sais pas si vous étiez « raide » quand vous avez écrit cet article, et pardonnez-moi la véhémence de mes propos antérieurs, mais cet article, c'est de l'anti-journalisme et ça me fout la gerbe….
(Alleez-y, chassez-moi maintenant…)
De -Candide-
Jardinateur | 10H52 | 06/06/2009 |
L'iTF s'aligne sur les règles anti-dopage du monde sportif en général à savoir :
Les contrôles peuvent avoir lieu pendant toute la saison d'un sportif qu'il soit ou non en compétition.
La liste des produits interdits est très diverse :
- il y a des produits dopants faiblement detectable (dans la durée) mais dont les effets « bénéfiques » se prolongent dans le temps
=> pour ceux-là on comprend bien que l'on puisse contrôler un sportif entre deux compétitions
- on a des produits détectable longtemps mais dont l'effet est bref.
Un peu comme le flic qui vous arrête pour conduite « sous l'emprise de stupéfiant », alors que le monde scientifique sait très bien que les traces de haschich peuvent rester 15 jours dans l'organisme tandis que son effet ne dépassent pas quelques heures.
- on a des produits qui n'ont aucun effet dopant mais qui ont été interdit car susceptibles de masquer d'autre produits.
parmi ceux-là, un grand nombre pourraient être aujourd'hui ré-autorisé car les techniques de détection de produits dopant ont évolué.
Richard Gasquet se trouve dans le cas N°2
L'effet euphorisant de la cocaïne dure une heure au max tandis que les traces restent beaucoup plus longtemps.
Quelque soit l'appréciation que l'on peut avoir sur ce jeune sportif, Quelque soit nos a priori sur le milieu du tennis etc on devrait rester intègre.
Richard Gasquet a été contrôlé positif pour un produit interdit par la lutte anti-dopage. De manière évidente on ne peut pas parler de dopage même si cela ne le dégage pas de ses responsabilité et de donner des explications.
Le taux de cocaïne initialement annoncé par erreur dans les médias était 1000 fois supérieur à la réalité.
Ainsi, beaucoup se sont fait les choux gras d'un nouveau scandale
Finalement les taux relevés sont extrêmements inférieurs à ce que fournirait un rail de coke.
Gasquet a fournit la preuve (par prélèvement capilaire) qu'il ne pouvait être un utilisateur régulier.
Si l'alcool était interdit et que l'on relevait chez Gasquet un taux de 0.003 g d'alcool. Tout le monde comprendrait qu'il a peut-etre bu un coca dans un verre mal rincé contenant auparavant un whisky.
Mais ici le contexte est différent :
Les gens sont binaires. On est soit un champion d'exception soit un affreux tricheur.
Par ailleurs, le fait que Gasquet soit plein au as et excelle dans un sport « de riche » ne va pas l'aider non plus.
Et même s'il sort « blanchi » de cette histoire (désolé, j'ai pas pu m'empêcher), les gens continueront à dire que c'est par magouille.
En annexe, du sujet.
Une équipe de recherche espagnole a réussi à faire un Detecteur de cocaïne tellement sensible qu'il se déclenche tout seul à l'air libre dans des villes comme Madrid ou Barcelone,
Avec des pointes les week-end : -)
Certes on parle là de picogramme (10 puissance -12) et il faudrait respirer l'air de Madrid pendant 1000 an pour avoir l'équivalent d'un rail de coke.
(voir http://www.google.fr/search ? q=cocaine+air+espagne)
De The last Puppet
Etudiant | 15H24 | 05/06/2009 |
Merci juste pour le titre de l'article !
De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 21H22 | 05/06/2009 |
Mouais… Bon, d'un côté il est plausible que Gasquet dise la vérité, vu les doses en question. D'un autre, même si il a pris de la coke, et alors ? Je ne crois pas qu'il l'ait fait dans un but dopant, plutôt dans un but festif… (bon, faut dire que mon attitude par rapport aux drogues « fortes » c'est que c'est une connerie d'en prendre mais que si des gens en prennent c'est leur problème et qu'on les laisse tranquilles, boudiou).
La lutte anti-dopage à d'autres chantiers beaucoup plus importants auxquels s'attaquer que les tennismans jetsetteurs, non ? De l'athlétisme au foot sans parler de la grosse blague du cyclisme…
De Laure Heinich-Luijer
Avocate | 09H23 | 06/06/2009 |
Cher Arnaud,
Je crois qu'il est totalement injuste, parce que quelqu'un se défend bien, de déduire de lui qu'il est coupable…
Gasquet a certainement un bon avocat (ce n'est pas moi) qui lui a expliqué les modes et conséquences de l'administration de la cocaïne. C'est quand même la moindre des choses, quand on s'exprime en conférence de presse, puis quand on doit se défendre devant un Tribunal, de savoir de quoi on parle.
Votre article (faut-il se vouvoyer sur les commentaires ? ! ! ) reproche a quelqu'un qu'on accuse de connaitre son dossier. Comment peut-il se défendre sinon ?