
Obama veut que la justice traite le crack comme la cocaïne
Le gouvernement Obama souhaite que les peines de prison appliquées au crack soient alignées sur celles de la cocaine. Il répond là à une vieille revendication de la communauté noire, qui estime que la drogue des pauvres est sanctionnée par des peines bien plus lourdes que la drogue des riches.
Aux Etats-Unis, la justice fédérale promet la même peine plancher (cinq ans de prison) à celui qui vend cinq grammes de crack qu'à celui qui vend 500 grammes de cocaïne. Or cinq grammes de crack se vendent environ 150 dollars tandis que la valeur d d'un demi kilo de cocaine serait de l'ordre de 14 000 dollars, à en croire les déclarations de John Timoney
, chef de la police de Miami, lors d'auditions organisées sur le sujet le 29 avril par le comité judiciaire du Sénat :
« Si j'arrête un type avec cinq grammes de crack, je me dis que c'est un petit vendeur de coin de la rue ou que c'est pour sa consommation personnelle alors que si j'arrête quelqu'un avec 500 grammes de cocaine, je me dis que c'est un sérieux trafiquant. L'idée que ces deux types méritent la même sanction est scandaleuse. »
La diabolisation du crack
L'énorme disparité des peines de prison entre les deux drogues remonte à une loi de 1986 (Federal Anti-Drug Abuse Act). Asa Hutchison
, ancien patron de l'agence anti-drogue américaine (Drug Enforcement Agency) a expliqué que cet écart avait été justifié à l'époque par l'idée à l'époque que le crack était infiniment plus addictif que la cocaïne
.
« J'ai voté pour cette loi, le crack (à l'époque) était considéé comme un fléau », a reconnu le sénateur démcocrate Richard Durbin. « A la réflexion aujourd'hui, on se dit que c'était une mauvaise décision. »
Depuis les années 1980, des groupes de défense des droits civiques, des associations noires, des associations d'avocats demandent que l'on revienne sur ces lois. Elles se sont regroupées en une coalition, crackthedisparity
.
La Maison-Blanche pour un assouplissement
Par la voix de Lanny Breuer, responsable des affaires criminelles au ministère de la justice américain, la Maison-Blanche de Barack Obama les a appuyés pour la première fois. « Le gouvernement estime que l'objectif du Congrès devrait être d'éliminer complètement les écarts de peine de prison entre le crack et la cocaïne », a déclaré Lanny Breuer devant ce même comité.
La différence de peines est indéfendable selon lui, vu la similitude chimique des deux drogues et l'incidence des peines minimales obligatoires sur la communauté noire.
Les Noirs qui constituent 12,3% de la population américaine représentent 81,8% des condamnations liées au crack.
Pour aligner les peines plancher des deux drogues, le gouvernement Obama souhaite que celles appliquées au crack soient allégées, contrairement aux voeux des grandes associations de la police (Association of Chiefs of Police
et le Fraternal Order of Police
) qui recommandent que l'alignement se fasse via un durcissement des condamnations pour possession ou trafic de cocaïne.
Quid des détenus actuels en cas de réforme ?
Au ministère de la justice, Larry Breuer dit n'avoir entendu « aucun argument convaincant » qui justifierait d'élever les peines sanctionnant la possession ou distribution de cocaïne.
Tandis que le ministère de la justice du gouvernement Obama réfléchit à un nouveau système de peines de prison pour drogue, reste une question : la nouvelle loi sera-t-elle rétroactive ? Aux Etats-Unis, où plus de la moitié (52%) des détenus des prisons fédérales sont derrière les barreaux pour des crimes liés à la drogue, cela créerait un sacré remue-ménage pour le système judiciaire et le système carcéral.
Photo : une galette de crack (Marco Gomes
/Flickr).
► Mis à jour le 11 mai à 13h
avec de plus longs extraits du témoignage de John Timoney.
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De hycare
11H04 | 11/05/2009 |
Le traitement des drogues et des ses dépendances ne se règle donc que par la suppression de la « liberté » avec l'enfermement ?
Bien que l'on sache que les drogues circulent en prison ?
Quid des traitements ?
La drogue (je n'y inclus pas le cannabis) est une dépendance physiologique au même titre que l'alcool et aussi nocive à plus ou moins long terme.
Il s'agit donc plus de mettre en place des soins et de la prévention que des mesures coercitives.
De Le requin rouge
12H42 | 11/05/2009 |
si je calcule bien d'après les prix indiqués dans cet article, la cocaine est moins chère que le crack (140 euros les 5g).
Drogue de riche ? ?
De Guillemette Faure (auteur)
Eco89 | 14H30 | 11/05/2009 |
C'est un prix de grossiste vs un prix au détail.
L'intégralité du témoignage de John Timoney est là :
http://judiciary.senate.gov/hearings/testimony.cfm ? id=3798&wit_id=7840
De pakit
étudiant | 14H54 | 11/05/2009 |
si, le crack est plus addictif mais pas infiniment plus. C'est juste à cause du mode de conso. ta coke tu la sniffe, ton crack tu le fumes, donc ça monte plus vite au cerveau, les effets sont plus forts et dure moins longtemps et donc la chute vient très vite et est plus forte. Et donc beaucoup plus envie d'en reprendre. Et si t'as plus de coke ou de crack, tu vas prendre des produits pour adoucir la chute : héroine, benzodiazépines, alcool.
Mais si tu te piques pour prendre la coke, les effets sont plus fort que le crack. C'est tout simple. Du plus fort au moins fort : piquer, fumer, sniffer, avaler
Je voudrais pas trop m'avancer, mais peut-être qu'en France il vaut mieux prendre du crack que de la coke. Chez nous, quasiment toutes les cokes sont coupées aux amphétamines. Quand le mec (ou la meuf) base sa cocaine pour la transformer en crack (en France, à part aux Antilles, Paris, Lille, Lyon et Marseille il n'y a pas de crack à vendre, il faut le fabriquer soi même avec de la coke) l'amoniac ou le bicarbonate élimine les amphétamines… c'est à voir, c'est une hypothèse, mais c'est peut-être moins dangereux.
Aussi, de plus en plus de jeunes basent leur cocaine, mais ignorent qu'ils fabriquent du crack. Il y a aujourd'hui peut-être plus de consomateur de crack que de C.
De noil haj
journaliste | 18H04 | 11/05/2009 |
cette intitiative est un très bon début ! essayons déjà de réduire les grossieretés judiciaires et son racisme latent., puis il faudra s'atteler au probleme de la drogue en général. Les USA ont un gros probleme vis à vis drogue et prisons, quand les derniers chiffres indiquent qu'un américain sur trois a soit déjà fait un séjour en prison ou a été en probation. Mais heureusement qu'il y a un président qui a vu les conséquences du crack en personne, thank God ! Et Swarznegger a dit il y a trois jours qu'il etait « temps de commencer à debattre sur l'utlilisation récréationelle de l'herbe. Un début, bien sûr en Californie. Entre temps, le Canada pense faire passer ce que les Americains commencent tout juste à regretter, les peines obligatoires et minimales pour la drogue, meme un pied d'herbe. La honte !