
Cannabis thérapeutique : le retard français
A une semaine de la Marche mondiale du cannabis (célébrée comme chaque année dans 250 villes du monde, dont Paris, Marseille ou Colmar), et alors que le dossier du cannabis thérapeutique avance aux Etats-Unis et en Allemagne, Drogues news a proposé à l'Association internationale pour le cannabis médical de faire le point sur un débat largement ignoré en France.

Le 7 février 2009, la première patiente allemande a pu se procurer du cannabis médical en pharmacie, sur ordonnance, et sur autorisation spéciale de l'Institut fédéral des produits de santé (BfArM), équivalent allemand de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
Sept autres patients, atteints de douleurs chroniques, de sclérose en plaques, du syndrome de tourette ou d'autres maladies graves, bénéficient également d'une telle autorisation et d'un accès à leur médicament en pharmacie. Le Dr Harald Hans Körner, procureur de Francfort et commentateur réputé de la loi sur les stupéfiants, a dore et déjà indiqué qu'il était nécessaire de simplifier la procédure de demande d'autorisation pour les patients.
Ce bouleversement de la médecine outre Rhin a été rendu possible grâce à un débat national actif depuis le début des années 90. L'Association internationale pour le cannabis médical (IACM), basée en Allemagne, et créée en 2000 par un groupe de médecins, de scientifiques et d'experts, a largement contribué au lancement de ce débat passionné.
Elle a notamment permis le partage des données scientifiques issues de la recherche fondamentale et clinique, et à faciliter le dialogue entre professionnels de la santé et patients. De fil en aiguille, la conscience médicale et collective a changé et aujourd'hui les patients allemands commencent à bénéficier de traitements actuellement inaccessible en France.
L'Allemagne n'est pas un cas unique, bien au contraire. Elle suit en effet la tendance, marquée dans les pays occidentaux, de dépénaliser l'usage médical du cannabis.
L'usage thérapeutique du cannabis en Amérique du Nord
Les années 2000 ont vu s'intensifier les recherches sur le cannabis, les cannabinoïdes et le système humain endocannabinoïdes. Leur nombre a plus que doublé dans les dix dernières années.
Une partie grandissante de la communauté médicale internationale accepte que le cannabis est un agent thérapeutique efficace pour le traitement d'une myriade de pathologies :
- nausées/vomissements
- douleurs
- glaucome
- épilepsie
- dépendances
- asthme
- hyperactivité
- maladie d'Alzheimer…
Dans certains pays comme les Etats-Unis, les gouvernements financent même la recherche fondamentale et clinique. Les Etats-Unis font en effet figure de pionniers.
Aujourd'hui, 13 Etats tolèrent le cannabis médical. En 1996, un referendum de l'Etat de Californie approuvait l'utilisation médicale du cannabis et de ses dérivés. Ensuite s'en est suivi une cascade d'affaires juridiques dans différents Etats, opposant juges d'Etat et fuges fédéraux, ce qui conduisit progressivement à l'assouplissement des lois dans les autres Etats :
- 1998, Oregon, Washington, Alaska
- 1999, Maine
- 2000, Colorado, Hawaï, Nevada, Maryland
- 2004, Vermont, Montana
- 2006, Rhodes Island
- 2008, Michigan
Cette tendance devrait se poursuivre, notamment en raison de l'accession aux responsabilités de l'administration Obama. En mars 2008, Obama avait déclaré à un journaliste :
« Je ne veux pas avoir un département de justice qui persécute et arrête des usagers de marijuana médicale. »
Cette nouvelle a été accueillie par un grand soulagement par les organisations de défense des malades.
A coté de son voisin pionnier, le Canada a naturellement suivi le mouvement. Au début des années 2000, un procès a opposé le gouvernement fédéral et un distributeur de cannabis à usage thérapeuthique. L'acquittement de l'accusé, par la cour fédérale de justice, a permis la création officielle du premier Centre compassion de Montréal. Celui-ci distribue maintenant depuis plusieurs années des variétés médicales de cannabis, du haschisch, ainsi que des produits préparés comme des biscuits, des gélules. (Voir la vidéo)
Reconnaissance de l'usage thérapeutique du cannabis en Europe
En Europe, la situation est complexe, puisque chaque pays dispose de ses propres lois régissant les stupéfiants, et donc le cannabis. Bien que les propriétés thérapeutiques soient de plus en plus établies, l'ONU n'a pas encore infléchi sa position quand au classement du cannabis comme stupéfiant ne présentant pas de propriété thérapeutique.
De ce fait, tous les pays européens, hormis les Pays Bas et l'Espagne, ont adopté une politique prohibitionniste interdisant non seulement l'usage, mais également l'importation et la culture du cannabis.
Aux Pays bas, bien que l'usage et la culture soient dépénalisés, le commerce reste réglementé. La politique hollandaise en matière de santé publique s'est orientée, depuis le début des années 2000, vers une volonté de distribuer du cannabis médical en pharmacie, sous l'autorité du ministère de la Santé (BMC).
Une gamme de produits a été développée par la société Bedrocan. Ces produits répondent à des normes pharmaceutiques strictes, notamment en termes de contrôle de bactéries, métaux lourds et pesticides.
Trois qualités sont disponibles depuis 2003, avec des teneurs en principes actifs THC et CBD titrées, connues et reproductibles. Elles sont distribuées sur ordonnance à tous les patients, sans distinction de nationalité (principe de non discrimination des malades). Les Pays Bas disposent en effet d'un droit d'exportation dans le cadre des accords européens.
La création des médicaments standardisés BedrocanBV (Bedrocan®, Bediol® et Bedrobinol®) permet dorénavant aux médecins européens de pouvoir prescrire à leurs patients. Ainsi, de nombreux pays ont compris l'opportunité de réglementer de nouveaux médicaments.
La Finlande a été le premier pays à importer les produits BedrocanBV, suivie de l'Italie et de l'Allemagne. Le Royaume Unis importe également à des fins de recherche. Une demande de mise sur le marché européen est également en cours pour permettre la libre circulation en Europe.
Quelles solutions pour les malades français ?
Dans ce contexte de changement qui s'accélère, la France semble être laissée sur place. D'une part la littérature scientifique et les publications françaises relatives au sujet du cannabis médical et des cannabinoïdes sont pratiquement inexistantes.
D'autre part, il est surprenant de constater l'absence de participation des scientifiques français aux congrès sur les cannabinoïdes. De toute évidence, la prohibition en France a parfaitement bien fonctionné. La France semble aujourd'hui éviter le débat national sur le cannabis médical. Mais pourquoi ?
Probablement à cause de la peur et du conditionnement collectif des dernières décennies. Les maladies, quelles qu'elles soient, ne connaissent pas de frontière, et les malades français disposent des mêmes droits de se soigner que les malades américains, canadiens, hollandais, espagnols ou allemands. En 2009, est-il encore concevable d'interdire aveuglément l'accès contrôlé au cannabis pour des malades souffrants qui en ont besoin ?
D'un point de vue légal, l'unique solution pour un patient est de demander une ATU (Autorisation temporaire d'utilisation) nominative au Directeur de l'Afssaps pour l'usage d'un médicament ne disposant pas d'autorisation de mise sur le marché.
Les démarches administratives, ainsi que l'issue incertaine des demandes, ont découragé les patients et les médecins : le nombre de ces demandes est en baisse constante depuis plusieurs années. Cela signifie t-il que les malades sont moins nombreux à avoir besoin de ces médicaments ?
En réalité, les patients ont dû rechercher d'autres solutions pour palier la prohibition. Certains, soutenus par leur médecin français ou étranger, ont pu disposer de prescriptions et ainsi ramener du cannabis médical hollandais à leurs risques et périls.
Les autres, pour des raisons également économiques, se sont tournés vers l'autoproduction, réaction humaine bien naturelle si l'on considère la liberté de se soigner comme un droit fondamental et inaliénable. On estime aujourd'hui à 200 000 le nombre de cultivateurs en France.
Alors que l'accès au cannabis médical évolue rapidement dans les pays occidentaux, la France n'a pas encore abordé un débat national pourtant nécessaire. Pourtant, les malades français disposent des mêmes droits fondamentaux que leurs concitoyens européens. Avec les changements rapides qui se produisent notamment en Allemagne, les patients français pourraient bien profiter bientôt d'un accès facilité outre Rhin.
Photo : Source : BedrocanBV (http://www.bedrocan.nl)
► A Paris, la Marche mondiale du cannabis sera stagnante, à Bastille à 15 heures le samedi 9 mai (Le site de la Marche mondiale du cannabis France)
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De RBWL
Cineaste | 11H42 | 02/05/2009 |
Au Canada, on utilise le Sativex, qui est duTHC sous forme sublinguale, depuis plusieurs années. Cette molécule, extraite du cannabis et aussi à l'étude en Angleterre an phase 3.
Comment voulez vous qu'avec la bande d'attardés qui nous gouverne, sous les lambris et les dogmes de l'ancien régime, comment voulez vous que cette France là, puisse ouvrir ses yeux sur les vertus du cannabis et de bien qu'autres molécules, qui, comme le GHB ou la Ketamine, parce qu'elles ont été détournées à des fins récréatives, sont aujourd'hui diabolisées, alors qu'elles aussi offrent des perspectives dans le domaine du sommeil et de la dépression.
N'espérez pas une ATU pour du cannabis en France. L'Afssaps va vous rire au nez et soupçonner le médecin de pratique douteuse. C'est ça la France Louis-Philipparde dans laquelle nous vivons.
à RBWL
De ysengrimus
11H50 | 02/05/2009 |
Au Canada, on utilise aussi… directement le cannabis…
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/11/15/le-cannabis-est-encombrant-sa…
Paul Laurendeau
à RBWL
De metatronik
kinortatem | 13H19 | 02/05/2009 |
Ne pas négliger le bon sens de Bolloré et ses King Size, non plus que l'influence quelquefois capiteuse de la douce Carlita..
à metatronik
De Reveil
14H11 | 02/05/2009 |
Ah c'est pour ça que Bolloré a reçu la légion d'honneur ? Je me demandais justement …
De Reveil
15H11 | 02/05/2009 |
Hein ?
De palmer
passant | 16H08 | 02/05/2009 |
Le trouble obsessionnel compulsif ou TOC est fréquent chez les patients souffrant de troubles bipolaires.
Cette association est plus souvent observée avec le trouble bipolaire de type II, elle concerne plus souvent des hommes et semble liée à un risque suicidaire plus élevé.
« Petre Moran » devrait aller se coucher s'il veut éviter l'internement d'office ce soir.
à palmer
De Alexandre J.
(auteur)
Membre IACM | 22H02 | 03/05/2009 |
On retrouve aussi beaucoup de TOC chez les hyperactifs (TDA/H) : -)
ici un site traitant de l'Hyperactivité et des cannabinoides : http://mcfodadhd.free.fr
à RBWL
De h-r
15H21 | 02/05/2009 |
Je ne suis plus certaine que ce soit au Canada, mais en effet il existe des médicaments à base de THC de synthèse, dont les effets secondaires se sont avérés dissuasifs pour des patients qui ne subissaient pas de réactions désagréables en consommant de la marijuana.
La cannabis thérapeutique n'est pas une blague :
j'ai pu constater de nombreux effets positifs chez des amis, malheureusement atteints de pathologies graves, SIDA et SEP, chez lesquels la consommation d'herbe accompagnait favorablement des traitement médicamenteux lourds.
La consommation de marijuana les a aidé dans des comportements fondamentaux : manger, bouger, dormir ; sans compter le soulagement de douleurs musculaires et abdominales.
Certains syndromes nerveux peuvent être soignés (non guéris) par la marijuana de manière bien plus efficace et moins nocive qu'avec des traitements de benzodiazépine et autres molécules inhibitrices (ne mettez pas un joint entre les mains d'un schizophrène, il pourrait en souffrir).
Il est regrettable que ce débat, pourtant soulevé depuis des années, se heurte à des positions figées, une certaine lâcheté politique, des peurs compréhensibles dans un contexte de désinformation et de vide structurel des mesures d'accompagnement, et peut-être également face à la cupidité des lobbies pharmaceutiques.
à RBWL
De palmer
passant | 15H40 | 02/05/2009 |
Un québécois atteint de sclérose en plaques à qui son médecin traitant prescrit du sativex en traitement continu ne peut se rendre en France car dans cette contrée la morale et donc la législation peinent à sortir du moyen-âge.
Confirmé par SATIVEX® Canada
Voir aussi Bedrocan (Hollande)
à palmer
De Alexandre J.
(auteur)
Membre IACM | 22H09 | 03/05/2009 |
La France est l'un des seul pays occidentaux à ne pas reconnaitre les résultats cliniques, pourtant sérieux, du Sativex.
Le Sativex (spray sublingual) est fabriqué à partir d'extraits (teinture) de plante entière, et non de cannabinoides de synthèse (tel Marinol/dronabinol) et présente un taux équivalent de THC (psychoactif) et CBD cannabidiol (non psychoactif). Des études montrent que le CBD permet de réduire considérablement les effets psychoactifs non souhaités du THC.
Les produits Bedrocan (http://www.bedrocan.nl) quand à eux sont des végétaux vendus bruts qu'il faut ensuite administrer, soit par ingestion, soit par vaporisation. La consommation habituelle en « joint » est possible mais non recommandée pour les raisons connues.
à Alexandre J.
De Iv
Roboticien utopiste | 10H54 | 04/05/2009 |
En France, si on dit publiquement que le cannabis n'est pas néfaste et qu'on en fait la promotion, on encourt des peines lourdes, même si on est médecin. Je pense que le coeur du problème est là.
à RBWL
De screugneugneux
râleur-NRV | 12H39 | 04/05/2009 |
sans être très bon en histoire, il me semble que vers l'époque dont vous parlez, il y avait « le club des haschischins » dont faisaient partie nombre des intellectuels de la société française.
A la base, c'est même pas une réaction de « réacs' », mais on a déjà discuté ici des causes réels de l'interdiction.
De Pierrrrre
11H28 | 02/05/2009 |
»…Cannabis thérapeutique … »
► Ouais, mais faut faire gaffe qu'il n'y ai pas d'OGM… il y aurait des risques de dépendance.
A quand, les vertus de la cocaïne, de l'héroine et de la merde de crapeau ?
à Pierrrrre
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 11H37 | 02/05/2009 |
J'ai pas essayé la merde de crapaud…..le reste oui.
La coke ne me réussit pas très bien, ça coupe l'appetit, et ça empêche de dormir. Mais la morphine par contre, la c'est une toute autre histoire….
à Lemmy_Nothor
De Pierrrrre
11H58 | 02/05/2009 |
»….La coke ne me réussit pas très bien, ça coupe l'appetit, et ça empêche de dormir. Mais la morphine par contre…. »
► Faites comme moi, mettez vous à l'orange pressée,
ou plus simplement au verre d'eau Véolia, c'est excellent (même s'il y a des tarés pour vous expliquer qu'elle est polluée.. la pipe à la bouche.)
à Pierrrrre
De Nadalegrigou
12H45 | 02/05/2009 |
Un p'tit joint te réconciliera peut-être avec l'orthographe…
à Nadalegrigou
De Pierrrrre
13H27 | 02/05/2009 |
»….Un p'tit joint te réconciliera peut-être avec l'orthographe… »
► Joignez moi donc une indication… pas trop fumeuse, s'il vous plait,
parce que s'il m'arrive effectivement de faire des fautes, là, je ne vois rien.
à Pierrrrre
De brissarthois
(santé) | 15H21 | 02/05/2009 |
Alors, Pierrrrre, dites-nous donc à quoi vous êtes dépendant !
la télé, les prostitués, l'apéritif, Internet, … ?
à brissarthois
De Pierrrrre
17H57 | 02/05/2009 |
»…dites nous donc à quoi vous êtes dépendant ! … »
► à internet, au chocolat noir, aux calembours et à l'eau fraiche du robinet.
à Pierrrrre
De DKP
Etudiant | 12H14 | 03/05/2009 |
»…dites nous donc à quoi vous êtes dépendant ! … »
► à internet, au chocolat noir, aux calembours et à l'eau fraiche du robinet.
VDM
à Pierrrrre
De Maxfrerot
19H42 | 03/05/2009 |
Ah ouais c'est ça ; il y en a qui se font vraiment chier…
à Pierrrrre
De screugneugneux
râleur-NRV | 12H47 | 04/05/2009 |
a la connerie aussi, il semble qu'il vous en faille une grande dose quotidienne……..
à Pierrrrre
De brissarthois
(santé) | 20H37 | 04/05/2009 |
Menteur.
à brissarthois
De InitiativeDharman
Merde in France. | 17H22 | 03/05/2009 |
Pierrrrre est dépendant de son nombril…Il tourne en rond, aigri et amer.
à Pierrrrre
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 13H26 | 02/05/2009 |
Mon dentiste m'a fortement deconseillé le jus d'orange….mauvais pour l'email des dents, dit'il.
à Pierrrrre
De Madiran
(Business Analyst) | 13H43 | 02/05/2009 |
Le verre d'eau Veolia n'est pas le moins cher…
Ni pour vous, ni pour la planète.
à Madiran
De Pierrrrre
18H01 | 02/05/2009 |
»….Le verre d'eau Veolia n'est pas le moins cher… »
► Il me coûte 0, 000.4 euros
à Pierrrrre
De fingo
Etudiant | 15H07 | 03/05/2009 |
Veolia (=vivendi) sont des voleurs, vive l'eau de source non privatisé ! !
à Lemmy_Nothor
De dodu
Ménagère surdiplomée | 15H28 | 02/05/2009 |
Réponse de Pie5r : « Faites comme moi, mettez vous à l'orange pressée,
ou plus simplement au verre d'eau Véolia, c'est excellent (même s'il y a des tarés pour vous expliquer qu'elle est polluée.. la pipe à la bouche.) »
Tu parles , lui il carbure au vin de messe et se shoote à l'encens c'est pour ça qu'il est si aigri .
à Pierrrrre
De SuperAlAmAs
homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 12H09 | 02/05/2009 |
TG et Vite : )
Toujours à tout mélanger c'lui là…
http://www.youtube.com/watch ? v=s_kGz6AxWP0
En plus soyez solidaire parce que vous en avez besoin d'une de bonne thérapie : )