11/03/2009 à 01h40

La guerre à la drogue a échoué : c'est l'Europe qui le dit


Un rapport de la Commission constate l'échec total de dix ans de stratégies répressives. L'ONU en débat ce mercredi à Vienne.


Arrestation à Paris le 6 février (Audrey Cerdan/Rue89)

« Un monde sans drogues c'est possible. » Vertueux slogan derrière lequel se rangèrent, en juin 1998, au siège de l'ONU, les chefs d'Etat du monde entier, promettant rien moins que d'éradiquer en dix ans pavot, coca et cannabis de la surface du globe.

C'est pour évaluer, et éventuellement adapter, cette énième « guerre à la drogue » que se réunit ce mercredi à Vienne, après une année de réflexion, la Commission des stupéfiants de l'ONU, sorte de Parlement mondial de la lutte contre les drogues.

« La majorité des dommages observés proviennent des politiques menées, plutôt que des drogues elles-mêmes »

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Autant dire qu'à la veille de cette importante réunion, la publication, mardi, par la Commission de Bruxelles, de son « Rapport sur les marchés mondiaux des drogues illicites (1998-2007) » fait plutôt désordre. L'économiste américain Peter Reuter, du think tank Rand, qui a mené les travaux, y conclue en effet :

« Aucun élément ne permet de dire que le problème des drogues a reculé sur la période 1998-2007. [...] La situation s'est plutôt améliorée dans les pays riches, mais a empiré dans les pays en transition. »

Truisme pour qui connaît un peu la question, mais dans un rapport officiel de ce niveau (même s'il n'engage que ses auteurs : des experts internationaux réputés plutôt connus pour leurs sympathies antiprohibitionnistes), c'est un sérieux pas en avant. D'autant que le réquisitoire est aussi argumenté qu'implacable :

« Le nombre d'usagers d'héroïne et de cocaïne a augmenté. Le nombre d'usagers de cannabis a probablement reculé. [...] Les prix au détail des drogues ont baissé dans les pays occidentaux, y compris dans les pays qui ont durci leur
législation contre les dealers, comme la Grande-Bretagne ou les
Etats-Unis. [...] Aucun élément ne permet de dire que les drogues sont
plus difficiles à se procurer. [...] Il n'y a aucune preuve que le contrôle des zones de production puisse réduire l'offre ou enrayer le trafic de drogues illicites. »

Petit coup de griffe au passage à l'imagerie des incorruptibles traquant les Al Capone des temps modernes :

« Les marchés des drogues illégales sont concurrentiels et ne sont pas
dominés par des cartels ou de gros dealers. Les liens avec le
terrorisme ou des insurrections armées sont importants, mais seulement
dans quelques endroits, comme en Colombie ou en Afghanistan. »

Avant d'enfoncer le clou au cas où un prohibitionniste aurait survécu à la charge :

« La prohibition des drogues a provoqué des dégâts involontaires importants, dont beaucoup étaient prévisibles. »

Bref, la guerre à la drogue est non seulement inutile et coûteuse, mais en plus, elle favorise la corruption, la grande criminalité et la prise de risques sanitaires par les usagers. Devant la presse, le Pr Reuter a ainsi résumé sa pensée : « La majorité des
dommages observés proviennent des politiques menées, plutôt que des
drogues elles-mêmes. »

Une conjonction de signes positifs

Reste à savoir ce que feront les Etats membres de ce brûlot, qui, ironie du sort, a été commandé par le vice-président de la Commission, Jacques Barrot, représentant l'un des Etats européens les plus répressifs. A en croire la coalition européenne d'ONG antiprohibitionniste Encod :

« L'évaluation était disponible en décembre 2008, mais pour des raisons obscures n'a pas été diffusée et [n'a été] publique qu'à l'ouverture de la session de
la Commission des stupéfiants. Autant dire qu'il y a peu de chances que cette évaluation ait une influence sur les résultats. »

Et comme l'a souligné mardi Carel Edwards, directeur des politiques antidrogues à Bruxelles :

« Une chose est sûre : le monde n'est pas prêt
à se diriger vers une libéralisation. Ni les Nations
unies, ni les Etats-Unis, ni l'Union européenne. »

Attention toutefois, de ce point de vue les choses changent. Lentement mais elles changent. D'abord, comme l'ont souligné les auteurs du rapport, les politiques de réduction de la demande (qui consistent à soigner et à prévenir) s'imposent partout dans le monde. Même les politiques de réduction des risques (produits de substitution, échanges de seringues...) progressent elles-aussi, y compris dans les pays qui étaient le plus hostiles, comme... la France, les Etats-Unis, l'Iran ou la Chine.

Mais c'est surtout le changement de climat politique à Washington qui est vécu comme LA grande nouvelle par les antiprohibitionnistes du monde entier. Encod demande ainsi un « moratoire sur la politique des drogues ». Et ce essentiellement afin que l'équipe Obama ait le temps de mettre au point une nouvelle stratégie. Washington a en effet jusque-là veillé à ce qu'aucun pays ne dévie de la stricte orthodoxie prohibitionniste.

Barack Obama, qui a lui-même consommé herbe et cocaïne, semble vouloir défendre une politique basée sur la santé publique. Il a déjà promis que les raids fédéraux contre les dispensaires de marijuana cesseraient en Californie. Reste à savoir jusqu'où iront ses envoyés à Vienne, où l'on prend chaque année le pouls de la planète en matière de lutte antidrogues.

Un assouplissement américain trouverait en tous cas un écho favorable chez ses voisins du Sud. Le Bolivien Evo Morales, ancien leader des planteurs de coca, compte ainsi demander la déclassification de la feuille de coca (pas de la cocaïne) afin d'en accroître le commerce.

Tandis que trois anciens présidents latino-américains (le Brésilien Cardoso, le Colombien Gaviria et le Mexicain Zedillo) signaient, fin février, dans le Wall Street Journal un article intitulé : « La guerre à la drogue est un échec. »

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  • Tokani
    • Posté à 02h06 le 11/03/2009

    Voila un rapport qui n'étonne pas outre mesure....
    La Prohibition n'est pas efficace contre le trafic voir....le génére....
    Ce qui est interdit devient rare donc cher donc donne des bénéfices secondaires qui dépasserons toujours le risque encouru....
    Curieux quand même la capacité d'aveuglement des divers états et des opinions publiques , car des precédents pas si anciens existent....La grande prohibition des années 30 a crée les mêmes effets pervers, un peu plus loin de nous les guerres de l'opium...
    On aura toujours un noyau de quelque % de la population qui sombrera dans une Toxicomanie cette derniere étant presque une caracteristique d'homo-sapiens...
    Seule une politique de dissuasion refléchie et de prévention bien pensée peut être utile....
    Oui il faut légaliser pour « tuer » le trafic et l'économie parallèle et pour faire une vraie prévention et pour mieux soigner...

  • sans papier2009
    sans papier2009
    sans papiers
    • Posté à 03h19 le 11/03/2009
    • Internaute
      sans papiers

    Il est difficile de trouver un consensus entre toutes ses politiques répressives et les petits producteurs qui ne voient pas d'alternative à la culture de pavot et de cannabis.
    Quand les pays riches soutiennent leurs agricultures avec une pluie de subventions entraînant ainsi une entorse à la liberté de commerce international, les agriculteurs des pays pauvres se retournent vers des cultures à forte valeur ajoutée, d'où l'augmentation de la production. D'abord parce que ces cultures s'adaptent parfaitement à des conditions pédoclimatiques difficiles et ne demandent pas beaucoup d'intrants, ce qui allège les dépenses des agriculteurs, ensuite, dans la plupart des pays où on cultive ces cultures, les agriculteurs ne comptent que sur leurs fonds propres pour financer toute la campagne agricole de début jusqu'à la fin.
    Enfin, la bataille de lutte contre la drogue est loin d'être terminée, les pays riches, qui constituent un grand débauché continueront d'appliquer des mesures curatives contre les petits dealers, sans pour autant régler le problème, et les producteurs des pays de Sud continueront de cultiver leurs champs pour faire vivre leurs familles, et le grand gagnant entre ces deux sont des trafiquants qui commercialisent le produit fini.

    Bref, on traitrait mieux la question de lutte contre la drogue quand on aura réglé le différent de coton, de blé, de maïs...

    Et ça ne sera pas pour demain ! ! ! !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 07h36 le 11/03/2009
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)
  • helios33
    • Posté à 09h07 le 11/03/2009

    A Singapour la politique répressive contre la drogue a marché.
    Il faut simplement se donner les moyens de la mener.

  • Sacha25
    • Posté à 10h25 le 11/03/2009
    • Internaute

    La drogue touche au plaisir.
    Vivre sans plaisir est mortel.
    On ne supprime pas un plaisir (fut-il artificiel), on le remplace

    La drogue (alcool, tabac, drogues, jeux, croyances ...) fera éternellement partie de l'univers humain. Tout le problème sera de choisir celles qui seront « valorisantes », s'il y en a.

    C'est exclusivement un problème d'éducation (de civilisation). La répression ne peut être qu'une aide de seconde zone

  • Azrael
    • Posté à 11h00 le 11/03/2009

    Le Rapport Le Dain,de 1973, commandé par le gouvernement canadien, quoique plus particulièrement occupé du cannabis, arrivait aux mêmes conclusions.

    Il y a eu également à la même époque aux USA un « rapport Nixon » qui allait dans le même sens...

    Mais la répression fait vivre au moins autant de personnes que le
    « trafic »...alors, comme le disait ce vieux Nietzsche « Qui vit de combattre un ennemi a tout intérêt à ce qu'il reste en vie. »

  • Pierre-Arnaud Chouvy
    • Posté à 12h25 le 11/03/2009
    • Internaute
      CNRS

    Voir aussi le « leader » de The Economist, intitulé cette semaine : « How to stop the drug wars. Prohibition has failed ; legalisation is the least solution » : Lien

  • Mangenella
    Mangenella répond à Benjamain
    • Posté à 14h19 le 11/03/2009

    Pour ma part j'ai touché presque à tout, de manière plus ou moins raisonnable, sans jamais toutefois passer le rubicon et être dépendant ou toxicomane au sens rude du terme (puisque un usage quotidien suffit à être qualifié de toxicomane selon les critères « psychiatriques »).

    La prohibition fait indirectement l'apologie de la drogue, elle installe une opposition entre société de contrôle/société qui serait libre. D'ailleurs je ne supporte pas les apologistes qui ont une posture puérile et immature en opposant la drogue à l'absence de drogue, qui refléterait la société de contrôle alors que la drogue serait dans le champs de la liberté, de la lucidité, c'est une erreur grave que de poser les psychotropes comme une nécessité absolue, elles sont utiles et oisives, point.

    La drogue a des conséquences, notamment psychiques, et tout être vulnérable à un moment de sa vie peut en être victime, avec plus ou moins d'intensité. certains feraient mieux de se soigner que de combler leur souffrance à coup de psychotropes qui ont, comme les anxio, les antidépresseurs etc de nombreux effets secondaires sur le court, moyen ou long terme.

    Il n'y a pas que deux lectures, les drogués et les autres mais différentes échelles très subtiles qui vont du plaisir simple, au besoin, à la dépendance donc au pathologique.

    Un fumeur de beuh censé connait ces effets secondaires (paranoïa, repli sur soi, risque d'insomnie, fatigue psychique et même physique, ennui qui s'installe après l'arrêt etc).

    C'est donc un besoin d'éducation, soit connaître les risques, les zones de danger, les effets secondaires etc.

    Je n'ai pas grand chose à dire à ceux qui voient la drogue de l'autre comme le signe d'une souffrance (aucune vérité ne peut affirmer que l'absence de drogue est le modèle parfait), quant à ceux qui se persuadent chaque jour que la drogue « réveillerait l'être qui est en vous », qu'ils aillent analyser ceux qui en sont très dépendants et ils verront l'état dramatique dans lequel ils survivent.

    Ce qui veut dire que l'information doit être efficace et généreuse, objective et toujours disponible, jusque dans les salles de classes.

  • Farid Ghehiouèche
    • Posté à 14h50 le 11/03/2009

    On peut suivre les déclarations des chefs de délégations des Etats membres, en cliquant

    Lien

    On peut aussi agir en adressant un message au directeur de l'UNODC, Antonio Maria Costa et au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon via ce site, en cliquant au bas de la page sur « click here to email »
    Lien

    Une initiative salutaire du point de vue des usagers de drogues mais considérée comme frauduleuse par Antonio Maria Costa : Lien

  • SSerge
    SSerge
    Retraité, ex-consutant formateur (...)
    • Posté à 15h27 le 11/03/2009
    • Internaute
      Retraité, ex-consutant formateur (...)

    Certes, la prohibition ne semble pas une solution sur le plan comportemental, mais la libéralisation non plus dans le contexte.

    Très cyniquement, le virage idélogique actuel du système vers la libéralisation peut être plus prosaïquement à relier à des options économiques :

    - C'est un marché juteux, qui permettrait sans doute de créer rapidement des puissances industrielles. Ainsi pour l'alcool et ses groupes mondialisés (Ricard, Seagram, etc.). Les ravages de l'alcool n'en ont pas baissé pour autant, mais ce sera légal.

    - La masse financière considérable d'argent sale et gris en circulation provenant du trafic pourrait être rapidement intégrée au système financier mondial (en tout cas plus facilement que maintenant, et en toute légalité)

    - Economie considérable également d'argent public, qui converge avec la baisse générale des engagements sociaux des Etats , argent qui pourrait être redirigé lui aussi vers la sphère financière et spéculative (doctrine libérable oblige). Peut-être même sous couvert de secours au secteur bancaire...

    - Accessoirement, diminution de la nuisance médiatique attachée aux paradis fiscaux ; ceux-ci perdant de leur importance primordiale dans le blanchiement de l'argent mafieux, ils pourront se concentrer avec moins d'opprobre sur le créneau de l'évasion fiscale.

    - Disparition d'un type de délit extremement visible et gênant pour des Etats mettant en avant des politiques sécuritaires et des politiques étrangères interventionnistes (mais inefficaces). Le problème sera transféré aux statistiques de santé.

    - Possibilité accrue de noyer le poisson de la finalité de nos sociétés dans le discours sur la liberté individuelle et d'esquiver les question de l'influence de l'économie libérale sur l'essor de la pauvreté, l'indifférence des élites à la misère sous une compassion de vitrine, voire l'utilité qu'elles ont ont d'une population abêtie, apathique, ou autophage.

    Malheureusement, il est à craindre que le virage à venir du système sur l'alternative prohibition/libéralisation n'ait rien à voir avec l'intérêt des sociétés.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    Le marché autant que possible, (...)
    • Posté à 09h55 le 12/03/2009
    • Internaute
      Le marché autant que possible, (...)

     ».....La guerre à la drogue a échoué ..... »

    ► La raison est à trouver dans un laxisme par rapport aux consommateurs.

    Je ne fume même pas du tabac, et c'est fou le nombre de manipulation de petits carrés de couleur merde séchée que je peux voir réchauffés au briquet autour de moi.
    Des gens sympas au demeurant et qui rigolent quand je leur dis que pour moi ils fument de la merde.... Quoi que, j'ai la prétention de croire que j'en ai convaincu certains.

    Les flics laissent faire dans la mesure où une arrestation leur amènerait plein d'enquiquinement de constat à rédiger pour un résultat nul et un ricanement du contrevenant , croisé le lendemain au même endroit avec le même joint à la bouche.

    Je pense que la solution passe par :

    - arrestation du fumeur, dealer

    - comparution immédiate

    - prison systématique (1 jour, 1 semaine, 1 mois, 6 mois, 2 ans, 6 ans...)
    (cellule correcte, individuelle, sans en sortir,
    aucun contact physique avec personne, parloir par vidéo, pas de promenade,
    une visite d'un psy par jour + plateaux repas ; comportement des matons respectueux, voir sympathiques, mais exigeant le même respect en retour)

    -enquète poussée sur la situation économique du dealer, et confiscation de ses biens et avoirs.

    - amnistie et libération immédiate si dénonciation du réseau fournisseur et complices (même pour de gros trafiquants)

    - aide à la reconversion, protection éventuelle (jusqu'à déménagement et changement d'identité) si menaces.

    - reconduite à la frontière à la sortie de prison des consommateurs et dealers étrangers

    - droit donné à la police de piéger consommateurs et dealers par scénarios sous controle judiciaire.

    - test systématique par les labos de présence de drogue dans le sang (anonyme pour raisons de statistiques)

    - commandos internationaux pour arrestation des grands pourvoyeurs de drogue, avec tribunaux internationaux.

    - voir tribunaux, code et prisons internationaux pour dealers.

    - recherche bio pour s'inventer un mildiou ou autre saloperie qui s'attaquerait au Pavot ou autre plantation de cannabis.

  • PonG
    PonG répond à Arnaud Aubron
    rationaliste fondamentaliste à (...)
    • Posté à 23h36 le 14/03/2009
    • Internaute
      rationaliste fondamentaliste à (...)

    Tout à fait d'accord.
    Et pour compléter il n'est pas inutile de rappeler que le mot même ne définit rien de précis. Ce qui est considéré comme une drogue ici, ne l'est pas là-bas. Ce qui l'est aujourd'hui, ne l'était pas hier et ne le sera peut-être plus demain. La prescription est avant tout sociale. Les critères objectifs (chimiques ou pharmacologiques) ne se superposent pas du tout aux normes sociales.
    On sait par exemple comme la coca est vertueuse pour un bolivien alors qu'elle est un fléau pour un américain. On sait comment l'alcool (qui chez nous sait qu'il s'agit pharmacologiquement parlant d'un stupéfiant, c'est à dire d'un psychotrope ? ) est proscrit dans bien des cultures alors qu'il est socialement parfaitement admis (et même valorisé, via le vin) dans notre pays. On sait comme le statut de l'opium a évolué selon les lieux et les époques.
    On sait encore que selon des critères strictement pharmacologiques, le café et le Coca-Cola sont des drogues à part entière, sans discussion possible.

    Le mot n'a d'ailleurs pris son sens péjoratif que dans la seconde moitié du 20e siècle.

    Il y a derrière ces classifications et surtout ces interdits des usages et des pratiques, bref une culture bien plus que des considérations de santé publique. Il n'y a donc véritablement ni drogue dures ni drogues douces (même si certaines sont globalement plus dangereuse que d'autres), il y a seulement des drogues légales et des drogues illégales. Et c'est très arbitraire. L'un des grands avantages des premières sur les secondes, c'est que le groupe social ne se contente pas de les autoriser. Il leur associe également tout un ensemble d'informations et de préscriptions quant à leur « bonne » consommation (quantité, fréquence, risques, etc....). Les autres sont reléguées dans une obscurité (obscurantisme ? ) qui ne les rend que plus dangereuses.

    Et au chapitre des drogués heureux, qui sait que seuls 30% des héroïnomanes sont dépendants à l'héroïne, contre 95% des fumeurs de tabac qui le sont à la nicotine (même si la 1ère dépendance est plus grave que la seconde) ? Ceux-là consommeront leur produit toute leur vie et mourront d'autre chose, comme un buveur de vin raisonnable.

    Je ne fais aucune promotion (je ne suis pas consommateur) mais je constate simplement avec vous que sur ce sujet, il est bien difficile de raisonner sans passion et factuellement.