
Pays-Bas : le cannabis exporté rapporterait deux milliards par an
C'est une « avalanche verte » : 80% de la production locale est consommée dans les pays voisins. Explications.

Deux milliards d'euros. Trois fois les pertes de la Caisse d'épargne… C'est ce que rapporterait chaque année aux cultivateurs néerlandais l'exportation de cannabis. De quoi donner à réfléchir en ces temps de fins de mois difficiles.
Dans une interview au quotidien NRC Handelsblad (rapportée par l'AFP), le commissaire Max Daniel, chargé de la lutte contre cette culture, estime que 500 tonnes de cannabis sont exportées des Pays-Bas chaque année, soit environ 80% de la production locale. Et le policier de déplorer l'importance de la demande en provenance des pays voisins :
« Aux Pays-Bas, il y a 400 000 consommateurs d'herbe et de haschisch. S'il n'y avait qu'eux, le problème serait tout à fait maîtrisable. »
Ces chiffres confirment ceux que j'avançais dans Libération il y a quatre ans, lors d'une enquête au salon international du chanvre, à Utrecht.
Après avoir parlé à plusieurs spécialistes de la question (producteurs, économistes, militants…), j'arrivais à un chiffre d'affaires global de 5 à 10 milliards d'euros pour toute la filière (coffee shops, produits dérivés, fabricants d'engrais…) soit 1 à 2% du PIB néerlandais d'alors.
Une partie de cette somme est légale et rapporte des taxes à La Haye (les propriétaires de coffee shop paient des impôts, comme les fabricants d'engrais). A titre de comparaison, la valeur totale de la production de fleurs coupées dans le pays, leader mondial, était en 2002 de 3,45 milliards d'euros…
Cultiver au plus près des principaux marchés est devenu plus rentable
Il est intéressant de se pencher sur les raisons de cette « avalanche verte », comme la qualifie Adrian Jansen, économiste néerlandais et probablement le meilleur spécialiste de cette question.
Bien sûr, il y a la forte demande de cannabis en Europe. Il y a aussi la maîtrise technologique : les Néerlandais sont les spécialistes mondiaux de la culture en intérieur toutes plantes confondues et ont obtenu, dans les années 80, l'aide de jeunes Californiens chassés par le reaganisme, pour mettre au point des variétés d'herbe beaucoup plus fortes.
Mais c'est avant tout la prohibition du cannabis qui crée cette manne nouvelle pour l'Occident. Depuis les années 60, le cannabis « fumable » (par opposition à ce que l'on appelle chanvre en France) poussait dans des pays du Sud (Inde, Pakistan, Maroc, Mexique…) et était importé dans les pays du Nord.
Avec la difficulté croissante à passer les frontières, la faute à la guerre contre la drogue puis à la lutte contre le terrorisme, un cannabis beaucoup plus cher à produire mais cultivé au plus près de ses marchés de consommation les plus lucratifs est devenu plus rentable pour les trafiquants.
De plus, les pressions des pays du Nord (notamment à travers l'ONU) sur les pays du Sud ont fini par les convaincre de lutter plus activement contre la production de cannabis, parfois au prix d'affrontements avec des cultivateurs qui se retrouvaient soudainement privés de toutes ressources.
Et il est difficile aujourd'hui d'imaginer que les pays du Sud puissent à leur tour faire pression sur le Nord sur le thème : « Rendez-nous l'argent de l'herbe… »
On estime à 200 000 le nombre de cultivateurs de cannabis en France
En s'appuyant sur les propres chiffres du bureau du « Tzar » antidrogues américain, un chercheur a estimé le chiffre d'affaires de l'herbe aux Etats-Unis en 2003 à 35 milliards de dollars (pour une production approximative de 10 000 tonnes). La Californie, Etat de tradition agricole, fournirait à elle seule le tiers d'une production multipliée par dix en vingt-cinq ans. Tandis que le Tennessee, le Kentucky, Hawaii et Washington suivraient au palmarès.
Il y a cinq ans, le magazine Forbes affirmait affirmait déjà que le cannabis était devenu la culture la plus rentable du Canada. En France, on en est loin, mais on estime que 200 000 personnes cultiveraient du cannabis, majoritairement à petite échelle.
A l'arrivée, en imposant la prohibition au reste du monde, non seulement les pays du Nord n'ont pas réglé leurs problèmes de consommation, mais ils ont rapatrié chez eux une bonne part des bénéfices liés au trafic (même si la production n'est pas le secteur le plus rentable loin s'en faut).
Des produits plus concentrés en THC
Autre problème posé par cette délocalisation du Sud vers le Nord : les produits développés sous nos latitudes sont beaucoup plus concentrés en THC (principale substance active).
Là encore, pour des raisons simples : étant donné que vous prenez le même risque pour 1g de skunk néerlandaise ou pour 1g d'herbe africaine, autant cultiver des produits plus concentrés, plus facile à transporter et vendus beaucoup plus cher au kilo.
Un argument qui sert régulièrement aux politiciens du Nord pour réclamer un renforcement de la prohibition. Le serpent prohibitionniste se mord parfois la queue…
Photo : plantation de cannabis en Californie saisie par la DEA en 2007 (DEA)
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De federicoloco
tequila, sexo, marihuana. | 22H54 | 20/10/2008 |
La dépénalisation de toutes les drogues avec un suivi de chaque usager est la seule solution. L'accompagnement économique des producteurs (du sud, bien sûr), la récupération par les états des territoires des narcos (construction d'écoles, hôpitaux,..) est la réponse aux groupes armés qui règnent en maîtres dans certaines régions ou quartiers. L'Europe est le nouveau marché à prendre pour les narcos latinos. Je ne vous souhaite pas le même scénario catastrophe que nous vivons au Mexique, mais attendez-vous au pire.
De mechante langue
23H42 | 20/10/2008 |
Il est de l'interet de l'état de dépénaliser le shit
-pour percevoir l'argent de la drogue
-et pour abrutir les citoyens
à mechante langue
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 03H28 | 21/10/2008 |
sauf que les hollandais s'abrutissent moins que les autres cqfd….
à dulconte
De mechante langue
10H11 | 21/10/2008 |
Implicitement vous venez d'admettre que la drogue sert a abrutir les citoyens
à mechante langue
De Partine_De_Taté
Zikos Sans DoMiSi Fixe | 10H27 | 21/10/2008 |
Implicitement vous venez de démontrer que le citoyen peut être abruti sans prendre de drogues.
; )
à Partine_De_Taté
De mechante langue
11H10 | 21/10/2008 |
Eh non !
Plus serieusement parlons des pratiques réelles .
On assiste a une nouvelle pratique qui se généralise massivement : l'association de drogue d'alcool et de médicaments pour se défoncer le plus rapidement possible.
On ne peut pas balayer d'un revers de main ce genre de probléme .
Voyez que je ne suis pas abruti !
à mechante langue
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 12H51 | 21/10/2008 |
Je ne fais que vous répétez et de toutes façon je suis d'accord, toutes les drogues servent à abrutir(je reviens plus bas sur l'usage du mot), le cannabis, la cocaïne, l'alcool, le petzol etc.
D'ailleurs si vous regardez bien toute société possède sa drogue, ce produit qui permet de sortir légalement de l'ordre de la société.
Ce produit sert-il à abrutir, asservir ou simplement à permettre au individu de sortir du cadre de la société pour en accepter les imperfections, c'est à voir. Vous remarquerez que ces produits font d'ailleurs presque toujours partie du cérémonial religieux, la coca pour les Incas, le vin devenu sang du christ pour nous, le Petzol pour les Aztèques, le Cannabis pour les Indous, il y a de nombreux autres exemples. Est-ce que j'en arriverai à dire que les religions servent à abrutir les hommes ? Non bien sur… Quoi que.
L'alcool à une place particulière simplement parce que l'Occident est la culture dominante. Il est clairement moins dangereux de boire un maté de coca qu'un litre de vin….
à dulconte
De mechante langue
13H10 | 21/10/2008 |
Vous remarquez justement que l'usage des drogues dépend complétement du contexte culturel qui l'encadre .
Sans ce contexte cet usage devient ravageur .
On a tous l'exemple de la consomation de l'alcool dans les trois ameriques qui ravage les populations ,detruit les cultures ,asservit les individus .
Il en est de meme de l'alcool : sa consommation est un usage culturel en occident fortement emprunt de symbolisme .
Chez les tres jeunes , dans une société occidentale qui n'a plus guére de references culturelles, l'usage des drogues comme celui de l'alcool n'a desormais qu'un seul but : atteindre le plus rapidement possible un stade d'ivresse abrutissant .
à mechante langue
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H32 | 21/10/2008 |
« l'usage des drogues comme celui de l'alcool n'a desormais qu'un seul but : atteindre le plus rapidement possible un stade d'ivresse abrutissant. »
N'importe quoi ça se voit que vous n'avez jamais fumé mechante langue, vous devriez essayer, au moins vous sauriez de quoi vous parlez.
à Les Chats
De mechante langue
16H28 | 21/10/2008 |
Je parle des nouvelles pratiques d'usage de la drogue et de l'alcool , et c'est bien la recherche de la défonce . Je ne sais pas ou vous sortez et qui vous fréquentez mais c'est ce que je vois autour de moi .
à Les Chats
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 18H17 | 21/10/2008 |
Il n'a pas forcément tort mais le problème, ml, est que vous utilisez cette formule : « n'a désormais qu'un seul »
Car si je me réfère à mon propre cas, je me suis sévèrement bourré la gueule pendant 1 an pour ne pas avoir mal dans le dos, et depuis j'ai remplacé par la fumette.
Et sinon votre formule exclut ceux qui en font un usage pour se détendre, soit, il me semble, une large partie des consommateurs…
à mechante langue
De Esther13
secrétaire à Marseille | 11H39 | 22/10/2008 |
hé non, pour abrutir le citoyen français, il y a l'alcool et Tf1
De Expatrie volontaire
Chef d'entreprise | 00H07 | 21/10/2008 |
Oui tout a fait d'accord avec ballerina il est vrai que certaines personnes sont plus sensibles que d'autres a certains produits. J'ai connu une charmante demoiselle qui apres avoir tire sur un bedo s'est retrouvee le lendemain en HP. Elle avait peur de la couleur bleue et croyait voire Jesus a tous les coins de rue.
Mais cependant, il est clair (a mon humble avis) qu'au lieu de s'attaquer a des petits consomateurs de cannabis la marechaussee devrait plutot s'attaquer aux revendeurs de drogues dites dures (hero, coke, X, acides etc etc…) qui sont quand meme plus dangereuses que le teuteu. (je les ai toutes testees a plus avec plus ou moins d'assiduite je sais de quoi je parle)
Aujourd'hui a 38 ans, je fume depuis l'age de 16 ans, j'ai eu des phases de consommation tres… poussees dans ma jeunesse (oulalalala ca fait vieux con quand je dis ca), mais maintenant, je suis chef d'entreprise, je fume toujours mais le soir uniquement pour me detendre apres une dure journee de taf. Je ne bois pas un seul verre d'alcool, je ne prends pas d'antidepresseurs (France championne du monde) et je suis marie, pere de famille et parfaitement integre dans la societe.
Plutot que d'aller acheter des produits coupes a je ne sais pas quoi dans la rue, le genre de produit qui lorsqu'on allume son bedo il fume tout blanc ou tout noir et degage une odeur… BEURK… j'ai une petite surface de la taille d'un placard dans lequel j'ai 6 pieds de beuh de sortes differentes et un peu comme un amateur de vin je selectionne ce que je veux fumer cela depend de l'humeur du moment. J'achete mes graines, mon engrais et tout ce dont j'ai besoin en Hollande, (les amateurs connaissent les bonnes adresses) trois mois plus tard je recolte mes tetes et voila.
Maintenant on peut meme se faire livrer ses graines et son materiel de culture a la maison, sous colis N'anonyme, livraison en 48h).
à Expatrie volontaire
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H35 | 21/10/2008 |
« je fume toujours mais le soir uniquement pour me detendre apres une dure journee de taf. »
J'en connais beaucoup dans votre cas, des gens responsables contrairement à ce que certains voudraient faire croire.
à Les Chats
De Esther13
secrétaire à Marseille | 11H40 | 22/10/2008 |
+1
De Expatrie volontaire
Chef d'entreprise | 00H11 | 21/10/2008 |
J'ai oublie de preciser que lorsque mon fils sera en age de me parler de drogues et de tout les autres sujets qui concernent les ados, je lui dirais que le jour ou il voudra essayer le cannabis, je prefererais lui donner une tete de ma production perso, pour deux raisons :
La premiere au moins je saurais ce qu'il fume (pour avoir commence a fumer a une epoque ou on ne trouvait pas de teuch comme maintenant a tous les coins de rues je me suis parfois retrouve a fumer de la pure daube…
Deuxieme raison, j'espere que ca le rendra tellement malade (je parle pas de crises d'angoisses et autres reactions qui peuvent l'envoyer en HP) je parle de gerbe, mal de crane etc etc.
Par contre si il veut gouter aux autres drogues j'en parlerais avec lui pour lui expliquer les dangers et je ferais bien sur tout pour le dissuader
à Expatrie volontaire
De Esther13
secrétaire à Marseille | 11H44 | 22/10/2008 |
sauf qu'en général, les parents sont les derniers à le savoir, j'en parle en connaissance de cause, même dans une famille de fumeur (papa rasta) et très tolérante, j'ai par hasard appris que mon fils fumait depuis quelques mois. Et franchement, je n'avais rien dit moi non plus à mes parents qui pourtant sont tout aussi tolérants que moi.
De kebra
Bisounours killa | 03H10 | 21/10/2008 |
Nuit d'insomnie et gueule de bois
Le débat est toujours sclérosé en plaques de 100, même si la plupart des arguments sont sur la table depuis 35 ans. D'un coté, les 25 % de victimes de la guerre à la drogue qui hurlent à l'injustice et réclament l'abolition sous une forme ou une autre. Un autre quart, victimes des abuseurs de drogues, exige le statu-quo ou le renforcement de la prohibition. Un quart se positionne en fonction de ses options politiques ou philosophiques et un quart trouve la question dérisoire ou marginale. Seul le pourcentage d'usagers assumés augmente, ainsi que les incitations à l'autoproduction.
Il faudra donc attendre que la consommation intégrée et autoproduite se répandent dans la pyramide des ages et des CSP pour que la solution s'impose enfin. Il est impossible de modifier les conventions de l'ONU sur les drogues, il faut un modèle qui fonctionne dans ce cadre. La consommation/production personnelle, sans commerce ni import/export, n'est pas régie par les conventions. Il est possible de regrouper la production dans des associations locales à but non lucratif, la cour suprême du Pays Basque a jugé ce modèle conforme aux conventions.
Entre production perso et club privé, la disponibilité et la visibilité du cannabis ne serait pas beaucoup plus grande que maintenant. Le contrôle de qualité des produits serait plus facile. Les travailleurs des associations seraient déclarés et soumis à l'impôt. Une taxation pour la sécu serait prélevée et les bénéfices des associations seraient réinjectés dans la prévention, l'éducation à l'usage et les soins des abuseurs. Un système bien plus responsable que pour l'alcool et le tabac.
Ce modèle détaillé existe déjà. Je l'ai présenté à des politiques français et suisses. D'autres l'on fait en Espagne, ENCOD au niveau européen. Des modèles proches existent depuis des années, rien ne bouge. N'en déplaise aux Bisounours de la Rue, sur le cannabis je l'affirme, il y a une collusion totale entre le lobby sécuritaire, les mafias et les politiques.
Du coup, ce débat socio/sanitaire devient ubuesque car faussé à la base. On ne peut pas réduire les risques liés à l'usage des drogues dans une atmosphère de guerre civile. On ne peut pas gagner la guerre à la drogue. Mais les politiciens populistes inféodés aux lobbies adorent les guerres sans fin, les croisades glorifiantes, il n'y a rien à espérer d'eux.
Par contre, la politique des drogues est un excellent test de l'indépendance d'un candidat face aux vampires qui nous pompent. Alors camarades militants, de l'audace, exiger un chapitre entier sur la paix des drogues dans le programme de votre candidat. Bon courage, la route est droite mais la pente est rude… Moi, j'ai déjà donné, je retourne à mes orchidées.
à kebra
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 08H57 | 21/10/2008 |
Petite question d'un bisnounours galeux que j'ai déjà posté au dessus à savoir à quoi servent les quelques (au moins) millions d'€ du shit marocain que génère la prohibition en France ? OK, il entretient une partie du pouvoir militaro-mafieux au Maroc, mais partant de l'exemple sud-américain pour la coke où sous couvert de lutte les barbouzes US recyclent le pognon du trafic pour financer des contre-révolutions, que finance la France avec ce juteux business ? ? On me dit de demander à Pasqua, je ne doute pas qu'il ait une bonne partie des réponses mais je n'ai aucun espoir qu'il me les fournisse. Une piste peut-être ?
à ToRDReLoRDRE
De Partine_De_Taté
Zikos Sans DoMiSi Fixe | 10H32 | 21/10/2008 |
Et dans le même esprit :
Comment est-ce possible qu'autant de tonnes de drogues en tout genre arrivent sur le marché……des tonnes c'est quand même pas discret ? ? ?
A se demander des fois si les autorités n'ont pas d'intérêts là dedans.
Et pendant ce temps là, le petit fumeur de shit est envoyé en prison….
à Partine_De_Taté
De kebra
Bisounours killa | 14H23 | 21/10/2008 |
La nécessaire fluidité des échanges mondialisés favorise grandement l'import/export de dopes. Les gros cartels ont depuis longtemps noyauté l'économie réelle pour masquer leurs affaires illégales.
Par exemples, une fabrique réputée de limonade colombienne exportait une solution de coke vers les boutiques exotiques d'Europe. Un commissaire des Stups d'A'dam était actionnaire. Une fabrique de marbre noir de Medellin avait incrusté des veines de coke dans les plaques et exportait vers la plus grosse société marbrière de Carrare en Italie, tenue par les puissants locaux. Ali Bourrequat accuse devant la justice américaine et colombienne la société Pernod Ricard de blanchir l'argent de la coke de l'Union Corse. J'en passe des tonnes…
La corruption est généralisée depuis les douanes marocaines jusqu'aux nourrices des cités françaises. D'après Mémé Blanc, un flic à l'ancienne, un grand prince, un stup ne peux pas rester blanc plus de deux ans, la pression est trop forte. D'après moi, le délai est plus long pour les intègres et les cités infiltrent des ripoux à la base. A l'échelon politique, on trouve des implications à bas niveau mais l'élite reste préservée des affaires. Selon moi, elle agit plus sur des logiques politiciennes, des équilibres macro-économiques et des leviers sociaux. Pourtant, l'enjeu économique est tel qu'il est impossible de réfuter une implication importante de leaders français dans le bizz.
Un petit sound d'illustration : http://www.youtube.com/watch ? v=FqPc7wsFzhw
à kebra
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H42 | 21/10/2008 |
« Une fabrique de marbre noir de Medellin avait incrusté des veines de coke dans les plaques »
Incroyable et la peau de zèbre c'est pour quand ? ; -)
à Les Chats
De kebra
Bisounours killa | 17H31 | 21/10/2008 |
Avec toute la coke qui transite par les ports de l'Afrique de l'Ouest et l'ingéniosité des passeurs locaux, je pense que tu viens d'éventer une combine possible…
C'est BB qui va pas être contente.
à ToRDReLoRDRE
De kebra
Bisounours killa | 13H49 | 21/10/2008 |
Pour choper la gale, le Bisounours doit sortir de son nid douillet Minidou et roder dans les poubelles de l'histoire comme tout bon rat qui se respecte. Et que trouve-t-il ?
Que le makhzen marocain génère des milliards d'euros, la France n'est pas le seul pays importateur. Le hasch est le deuxième bizz du pays après l'exportation de bras. Que les villes du Nord du Maroc connaissent un boom immobilier et économique fondé sur des prêts garantis par l'argent du kif. Que de grandes entreprises françaises se gavent de contrats dont le paiement serait très aléatoire sans le shit. Que les services spéciaux français publics et privés ont autant de besoins financiers occultes que leurs confrères américains. Que le trafic de cannabis sert de perfusion sociale sur toute sa route de Ketama à Montfermeil, c'est à la fois une soupape de sécurité et un levier de contrôle social.
Monsieur Charles serait un parfait explicateur mais je doute aussi qu'il passe à confesse. Question de génération, le vieux mafieux n'est pas vantard à l'excès. On peut aussi visionner Kif Kif, Cannabis en France, Cannabis TV et Chanvre en Suisse, pour une plongée à l'intérieur du Cannabusiness. On peut trouver des explications dans les articles du site Chanvre-Info, du CIRC, d'ENCOD et bien d'autres.
Mais le livre noir du cannabis marocain reste à écrire. Quand je constate les tirages des livres de Denis Robert, les emmerdes qui les accompagnent pour un piètre résultat, je ne suis plus volontaire pour l'écrire. Que les Bisounours continuent à planer d'aise sur la cage virtuelle dressée par les lobbies et les mafias, il est déjà trop tard pour les solutions douces qu'ils affectionnent tant. La bataille pour extirper cette gangrène de nos sociétés sera féroce ou ne sera pas. Je crains de ne jamais voir le Spartacus qui nous conduira vers la paix des drogues. La société française est bien trop lâche et conformiste pour générer une telle révolution. Bonne nuit les petits…
à kebra
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 15H14 | 21/10/2008 |
Merci Kebra le auch de auch pour tes lumières (et cet humour juste et mordant que j'apprécie, si) mais malgré le bisnounoursisme que tu me prêtes j'ai rôdé, en chien de talus, pour en arriver à la même conclusion que toi rien de sérieux n'a été fait comme travail d'enquête sur les tenants et aboutissants du hasch marocain même si des brèves intéressantes apparaissent de ci de là (il y a eu plus de boulots de cet acabit fait sur la coke), d'ou mes questions insistantes et pseudo candide qui s'adressent pas qu'à toi mais aussi à ceux dont c'est le métier d'enquêter (je R vise U pErsonne 8 là 9).
Je croie perso qu'a trop attendre le messie (le spartacus) on devient soi-même un bisnounours, aigri certes…
à ToRDReLoRDRE
De kebra
Bisounours killa | 17H09 | 21/10/2008 |
Salut à toi,
Merci de m'accorder humour et mordant, c'est la moindre pour un zonard des étoiles qui tient son rang au zinc.
Pour essayer de devenir un Bisounours pas trop aigri, j'ai ingurgité moult mixtures légales ou non, lu bien des livres, écouté bien des sages… en vain. Alors attendre un Spartacus messianique ou s'isoler en Alceste, ce n'est pas kif kif ! Je maintiens un faible espoir dans une réaction miraculeuse de l'humanité.
Très faible, je suis athée. Donc, j'ai choisi de ne plus trop m'impliquer dans la réflexion et l'action militante. Je me recentre sur la recherche technologique et l'écriture de fiction d'anticipation. Je rôde encore épisodiquement sur la Rue par goût irrépressible de l'analyse sociale et de la polémique. J'aime encore bien taquiner le Bisounours. Je précise que je ne t'ai jamais considéré comme un spécimen de cette espèce pourtant très répandue.
Un clebs de bordure et un rat de la zone ne sont pas Dorothée Club friendly !
à ToRDReLoRDRE
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 17H29 | 21/10/2008 |
Ahhh !
Je savais bien qu'ils allaient le reconnaître !
bravo pour vos bisoux mes ours ; -)
à kebra
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H44 | 21/10/2008 |
« Il est possible de regrouper la production dans des associations locales à but non lucratif, la cour suprême du Pays Basque a jugé ce modèle conforme aux conventions. »
Très intéressant, je ne savais pas. Pour la France aussi kebra ?
à Les Chats
De kebra
Bisounours killa | 17H22 | 21/10/2008 |
Salut à toi,
Les Conventions ONU sont les mêmes pour presque tous les pays de l'UE. Le Cannabis n'est donc jamais un produit totalement licite, il n'est pourtant jamais réprimé de la même manière, ni avec la même intensité. Il existe une palette très large d'application de ces conventions.
La France est un des derniers pays qui criminalise la consommation de cannabis. Encore plus la détention et la production même pour usage personnel. Ce n'est pas le cas de l'Espagne et encore moins de la province autonome Basque. La consommation privée n'est pas pénalisée et l'autoproduction est tolérée.
Sur cette base, des clubs collectivisent le « droit » à l'autoproduction pour garantir des produits de qualité à des adhérents qui n'ont pas la possibilité (ou la volonté) de cultiver. C'est un modèle non marchand d'intégration d'un marché noir dans l'économie officielle. Une vraie avancée sociale et sanitaire qui reste très confidentielle malgré les efforts d'une poignée de militants européens.
Pour en savoir plus, tape Cannabis Social Club sur Google.
De nemo3637
Déchoukeur | 03H26 | 21/10/2008 |
Le peuple se drogue. L'Etat se renforce.
Hier l'alcool, aujourd'hui la télé ou un pétard, c'est la même chose conduisant à la même passivité.
Après la mort de Franco la légalisation des drogues en Espagne - je résume - a permis d'annihiler tout un élan social nouveau.
Ce n'est pas la même chose de fumer son kif traditionnel avec ses vieux copains dans le sud de l'Algérie que d'avoir 20 ans et d'éprouver le besoin de « s'évader », « de chercher des nouvelles sensations ». Dans le premier cas on se trouve dans un milieu stable où le fumeur accompli presque un rite lié à sa culture. Dans l'autre, la recherche d'un « ailleurs » correspond souvent à un malaise social, à un « vide » qu'il faut combler. J'ai connu des connaisseurs en drogue. Ils les connaissaient tellement bien qu'ils donnaient alors des cours - à Montréal - sur les drogues que venaient suivre des policiers. Aucun d'eux n'a « sombré dans la drogue ». Leur vie était en effet tellement bien remplie qu'ils n'avaient pas le temps ni même l'envie d'en prendre…
Un bouquin (rare) de cette époque, qui m'avait amusé : le vin de coca de Mariani - la coca était en effet légale en France jusqu'en 1914…