
Pays-Bas : le cannabis exporté rapporterait deux milliards par an
C'est une « avalanche verte » : 80% de la production locale est consommée dans les pays voisins. Explications.

Deux milliards d'euros. Trois fois les pertes de la Caisse d'épargne… C'est ce que rapporterait chaque année aux cultivateurs néerlandais l'exportation de cannabis. De quoi donner à réfléchir en ces temps de fins de mois difficiles.
Dans une interview au quotidien NRC Handelsblad (rapportée par l'AFP), le commissaire Max Daniel, chargé de la lutte contre cette culture, estime que 500 tonnes de cannabis sont exportées des Pays-Bas chaque année, soit environ 80% de la production locale. Et le policier de déplorer l'importance de la demande en provenance des pays voisins :
« Aux Pays-Bas, il y a 400 000 consommateurs d'herbe et de haschisch. S'il n'y avait qu'eux, le problème serait tout à fait maîtrisable. »
Ces chiffres confirment ceux que j'avançais dans Libération il y a quatre ans, lors d'une enquête au salon international du chanvre, à Utrecht.
Après avoir parlé à plusieurs spécialistes de la question (producteurs, économistes, militants…), j'arrivais à un chiffre d'affaires global de 5 à 10 milliards d'euros pour toute la filière (coffee shops, produits dérivés, fabricants d'engrais…) soit 1 à 2% du PIB néerlandais d'alors.
Une partie de cette somme est légale et rapporte des taxes à La Haye (les propriétaires de coffee shop paient des impôts, comme les fabricants d'engrais). A titre de comparaison, la valeur totale de la production de fleurs coupées dans le pays, leader mondial, était en 2002 de 3,45 milliards d'euros…
Cultiver au plus près des principaux marchés est devenu plus rentable
Il est intéressant de se pencher sur les raisons de cette « avalanche verte », comme la qualifie Adrian Jansen, économiste néerlandais et probablement le meilleur spécialiste de cette question.
Bien sûr, il y a la forte demande de cannabis en Europe. Il y a aussi la maîtrise technologique : les Néerlandais sont les spécialistes mondiaux de la culture en intérieur toutes plantes confondues et ont obtenu, dans les années 80, l'aide de jeunes Californiens chassés par le reaganisme, pour mettre au point des variétés d'herbe beaucoup plus fortes.
Mais c'est avant tout la prohibition du cannabis qui crée cette manne nouvelle pour l'Occident. Depuis les années 60, le cannabis « fumable » (par opposition à ce que l'on appelle chanvre en France) poussait dans des pays du Sud (Inde, Pakistan, Maroc, Mexique…) et était importé dans les pays du Nord.
Avec la difficulté croissante à passer les frontières, la faute à la guerre contre la drogue puis à la lutte contre le terrorisme, un cannabis beaucoup plus cher à produire mais cultivé au plus près de ses marchés de consommation les plus lucratifs est devenu plus rentable pour les trafiquants.
De plus, les pressions des pays du Nord (notamment à travers l'ONU) sur les pays du Sud ont fini par les convaincre de lutter plus activement contre la production de cannabis, parfois au prix d'affrontements avec des cultivateurs qui se retrouvaient soudainement privés de toutes ressources.
Et il est difficile aujourd'hui d'imaginer que les pays du Sud puissent à leur tour faire pression sur le Nord sur le thème : « Rendez-nous l'argent de l'herbe… »
On estime à 200 000 le nombre de cultivateurs de cannabis en France
En s'appuyant sur les propres chiffres du bureau du « Tzar » antidrogues américain, un chercheur a estimé le chiffre d'affaires de l'herbe aux Etats-Unis en 2003 à 35 milliards de dollars (pour une production approximative de 10 000 tonnes). La Californie, Etat de tradition agricole, fournirait à elle seule le tiers d'une production multipliée par dix en vingt-cinq ans. Tandis que le Tennessee, le Kentucky, Hawaii et Washington suivraient au palmarès.
Il y a cinq ans, le magazine Forbes affirmait affirmait déjà que le cannabis était devenu la culture la plus rentable du Canada. En France, on en est loin, mais on estime que 200 000 personnes cultiveraient du cannabis, majoritairement à petite échelle.
A l'arrivée, en imposant la prohibition au reste du monde, non seulement les pays du Nord n'ont pas réglé leurs problèmes de consommation, mais ils ont rapatrié chez eux une bonne part des bénéfices liés au trafic (même si la production n'est pas le secteur le plus rentable loin s'en faut).
Des produits plus concentrés en THC
Autre problème posé par cette délocalisation du Sud vers le Nord : les produits développés sous nos latitudes sont beaucoup plus concentrés en THC (principale substance active).
Là encore, pour des raisons simples : étant donné que vous prenez le même risque pour 1g de skunk néerlandaise ou pour 1g d'herbe africaine, autant cultiver des produits plus concentrés, plus facile à transporter et vendus beaucoup plus cher au kilo.
Un argument qui sert régulièrement aux politiciens du Nord pour réclamer un renforcement de la prohibition. Le serpent prohibitionniste se mord parfois la queue…
Photo : plantation de cannabis en Californie saisie par la DEA en 2007 (DEA)
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De Sexus Empiricus
17H29 | 20/10/2008 |
Question à ne surtout pas poser : « pourquoi c'est illégal » ? Parce que « ça tue » ? - Mais le commerce des armes ? Mais le commerce des voitures ? Mais le commerce du nucléaire ? Mais…
Si l'import-export du cannabis est interdit par la loi (définition basique de l'illégalité) sous la catégorie pharmaco-judiciaire de « stupéfiant », c'est que depuis le XIXe siècle, notre conscience politique est complètement formatée par l'idée qu'il faut défendre la société. Au nom de cette défense-là, l'Etat et sa Raison décrète autant le Bien que le Mal. Quitte à nous rendre, nous les veuves et les orphelins, un peu plus dépendants de Lui et de ses lois, de sa merci et de ses choix, pile ici, face là.
Arrivent ensuite les raisons justifiantes des bons pères de famille : sur la foi des experts, des savants, de la police et de ses chiens, il ne manquera pas de théologiens pour vous expliquer que c'est Mal, (puisque) c'est de la drogue.
Autrement dit, les THC - entre autres substances fort prisées - relèvent de la bio-politique la plus banale. Dommage qu'on ne puisse pas en disposer à sa guise, avec un permis par exemple (sur le modèle du permis de chasse ou de conduire).
à siko
De Bad Time For Human Kind
Chieur Public | 18H01 | 20/10/2008 |
« Jamais compris pourquoi c'était illégal ? »
Pour maintenir la valeur ajoutée du produit, ce qui au final arrange beaucoup de monde et d'états !
à siko
De VoisinDuQuartier
oui, mais quelle civilisation ? | 03H27 | 21/10/2008 |
Parce que la drogue tue ! !
J'en ai plus que ras le cul de beaux articles (celui-ci est excellent au demeurant), alors que même l'auteur doit savoir que le trafic se passe presque en bas de chez lui, à « petite » échelle !
Aux voisins de se battre contre (c'est un message perso à l'auteur) !
Bien sûr, l'alcool tue aussi, mais au moins, les médecins etc. peuvent aider, juste parce que c'est légal.
Effectivement, la question se pose : pourquoi ne pas légaliser, pour un meilleur contrôle, tant sanitaire que fiscal d'ailleurs ! ?
à VoisinDuQuartier
De jojo1er
14H00 | 21/10/2008 |
« Parce que la drogue tue ! ! »
Je croyais que l'on parlait de cannabis, non ?
Jojo1er, …et le ridicule il fait quoi ?
De Ouinouin
aime bien donner son avis | 16H09 | 20/10/2008 |
Le titre de l'article ne tient pas ses promesses.
Quelle part des 2 milliards est illégale ? Comment s'organise l'exportation illégale ? Qui composent les réseaux de trafiquants ? Vers quels pays va cette exportation ?
J'attendais les réponses à toutes ces questions à voir le titre, pas la production de cannabis aux Etats-Unis.
Quand on voit ce chiffre énorme, on se demande comment autant de cannabis peut-être exporté étant donnés la prohibition généralisée dans les autres pays et les moyens qu'ont les Pays-Bas pour lutter contre le trafic.
Vivement un article expliquant tout cela.
à Ouinouin
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 16H24 | 20/10/2008 |
Ah oui mais là tout de suite vous êtes exigeant ; -) Ceci étant dit vous n'avez pas tort, il serait un jour intéressant de se pencher sur le crime organisé néerlandais, beaucoup plus puissant que ce que l'on croit généralement.
Pour commencer à vous répondre, les deux milliards sont illégaux : les Pays-Bas tolèrent la culture personnelle, mais la culture pour l'exportation est totalement illégale.
Quant aux pays de destination de ces exportations, ce sont essentiellement les pays voisins (Belgique, France, Allemagne, Royaume-Uni).
à Arnaud Aubron
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 16H52 | 20/10/2008 |
Salut Arnaud…..
Le plus cocasse c'est que les coffee shops doivent acheter et du hash, et de l'herbe…..et que ces deux operations sont toujours illégalles. On ferme les yeux, enfin, un seul…..
à Arnaud Aubron
De Ouinouin
aime bien donner son avis | 17H05 | 20/10/2008 |
Savoir que la totalité de l'exportation est illégale est déjà une info supplémentaire intéressante.
En effet, j'ignorais que le trafic issu des Pays-Bas prenait une telle ampleur. Quoiqu'en fait, quand on voit qu'il est de plus en plus facile de trouver de la beu (pas moi hein, mais je connais quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît…), je me dis que c'est peut-être pas si étonnant.
Une enquête sur ce trafic serait vraiment intéressante, ça changerait du Maroc ou de l'Afghanistan.
Merci pour votre réponse : -)
à Ouinouin
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 17H14 | 20/10/2008 |
Ceci étant dit, c'est pas pour me faire de la pub, mais l'article que j'ai mis en lien (mon enquête de Libé au Salon du chanvre d'Utrecht), répond partiellement à vos questions sur les acteurs du cannabis aux Pays-Bas.
à Arnaud Aubron
De Ouinouin
aime bien donner son avis | 00H31 | 23/10/2008 |
Incroyable !
Je viens de rédiger un mémoire sur le « journalisme commercial ». En gros j'essaie de démontrer que les sites d'information participent plus ou moins malgré eux au commerce sur Internet et même hors web à travers ces fameux liens entre autres.
Et vous apportez de l'eau à mon moulin avec votre article qui ne m'a pas renvoyé vers Libé, mais vers un site qui explique tout sur la culture de cannabis et qui vante certains produits.
C'est con, je l'ai rendu hier, alors que je présentais plus rue89 comme un modèle différent. Comme quoi, on le fait même sans s'en rendre compte…
Ceci étant merci pour l'article
De Karma-jazz
A l'aise | 16H11 | 20/10/2008 |
Article très interressant sur ce que beaucoup qualifie de drogue pendant qu'il fume une clope et en boive un p'tit whisky…
Ah lala, que l'on me donne un vrai bon argument contre cette « drogue » qui n'a jamais eu dans l'histoire de la médecine de cas de mort par overdose ; qui est l'une des premières plantes cultivées par l'homme et dont la diabolisation n'est du qu'aux lobbies qui ont eu peur pour leurs intérêts face aux nombreuses vertus du canna ; particulièrement celui de l'alcool qui a eu peur à la fin de la prohibition de voir les gens continuer la fumette au lieu de boire et l'Eglise car c'est diabolique.
Mais l'état à raison, laissons l'argent revenir aux bandits, terroristes, qui l'on veut mais sauf là ou l'on en a besoin.
P.S. : peut-être que si certain prenait le temps de connaitre et d'essayer il diraient et feraient moins de co**eries.
à Karma-jazz
De Eowyn
16H27 | 20/10/2008 |
Je connais des gens qui sont morts du cannabis. Le problème qu'il pose n'est pas l'overdose, mais la dépendance qui fragilise le sujet, et la perte du sens de la réalité qu'on a quand on en fume (la personne que je connaissais s'est jetée par la fenêtre pensant qu'elle pouvait voler).
Dire que le cannabis n'est pas dangereux est absurde, et à mon sens décrédibilise ses défenseurs. il est au moins, comme vous le dites, aussi dangereux que l'alcool et la cigarettes sont aussi dangereux. Il ne l'est certainement pas moins, et sans doute plus.
Ah, et j'aime aussi beaucoup l'argumentaire « j'ai essayé, donc je sais que c'est pas dangereux et moi je ne dis pas de conneries ». Vous savez, des gens ont essayé, et en ont subi les conséquences, et savent que ça peut être destructeur… nous ne sommes pas égaux devant la drogue : c'est peut-être bénin pour vous, c'est fatal pour d'autres.
Je ne suis pas consommatrice de cannabis, donc disqualifiée, à vos yeux, pour en parler, mais j'en vois les effets, comme tout « jeune » ayant un minimum de vie sociale. C'est pour ça que, dans ma grande bêtise, je ne suis pas pour une dépénalisation.
à Eowyn
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 16H45 | 20/10/2008 |
Y'en a toujours un qui sort la même histoire. Celle du type qui saute par la fenêtre pensant voler.
Calmos mademoiselle, suffit de bien verrouiller les fenêtres avant son pétard……ou alors de toujours fumer au rez de chaussée……
à Lemmy_Nothor
De sup. à la demande du riverain 24.09.09
17H12 | 20/10/2008 |
Combien de morts a cause l'alcool et du tabac ? et sans parler de mort, combien de drames liés à l'alcool, et combien liés au cannabis ?
Sortez les stats…
Quoiqu'il en soit, la prohibition n'a jamais rien résolu. L'éducation, le savoir, les livres…
à Lemmy_Nothor
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 19H04 | 20/10/2008 |
En fait, il s'agit d'un problème lié à l'illégalité du produit :
il n'y a donc aucun contrôle de qualité du produit mis sur le marché et certains acteurs de la chaine de production et de commercialisation ne s'en privent pas de « ralonger » la marchandise en servant de n'importe quel produit qui leur tombe sous la main.
à Eowyn
De Gringo
| 17H12 | 20/10/2008 |
L'histoire de quelqu'un sautant par la fenêtre en pensant pouvoir voler ne relève, à mon avis, pas d'une simple consommation de cannabis.
Il me semble que celà s'apparente plutôt à une consommation (certes, peut-être combinée avec d'autres produits) de substances hallucinogènes (champignons, buvards…). Mais le cannabis ne fait pas partie des produits à effet hallucinogène.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Classification_des_psychotropes
à Gringo
De sup. à la demande du riverain 24.09.09
17H16 | 20/10/2008 |
Certaines beuhs hollandaises sont tres fortes, et utilisées par un novice qui s'enfile un pétard tout seul, ça peut créer des effets proches de ceux d'une drogue hallucinogène.
Mais c'est un drame de l'absence d'éducation, de savoir !
Pas de la substance. La substance existe, apprenons à s'en servir !
à sup. à la demande du riverain 24.09.09
De jojo1er
14H18 | 21/10/2008 |
La consommation d'une forte dose de THC ne donne pas la sensation de légèreté (plutôt vers le LSD…), ne dit-on pas « la gravité a frappé » pour parler d'un consommateur qui pratique la méditation allongé après avoir bien consommé ?
Jojo1er, …
à Eowyn
De greenworld
17H13 | 20/10/2008 |
Désolé de réagir à votre message mais je ne peux pas laisser passer ça.
La perte du sens de la réalité avec le cannabis est faible. Si une personne s'est jetée par la fenêtre, ce n'est surement pas à cause de l'ivresse cannabique. Ça ne procure aucune hallucination et très peu de distorsion de la réalité. Jamais un fumeur n'aura la sensation de voler. Perte d'équilibre près d'un balcon d'accord mais sauter délibérément en pensant voler surement pas.
L'exemple que vous donnez est le cliché sur les drogues. J'avoue que ça me laisse dubitatif.
Vous avez raison sur l'effet des drogues, nous ne sommes pas tous égaux. En revanche, vous affirmez que le cannabis est sans doute plus dangereux que l'alcool ou que le tabac. Sur quelles bases vous appuyez vous ? Sur le nombre de morts par accident de la route, par cancer, par le processus de déchéance engendrée par la drogue, par overdose ?
Vous n'êtes pas pour une dépénalisation. Vous êtes donc satisfaite de la situation actuelle : pas de prévention (difficile voir impossible de parler des drogues), un commerce mondial gigantesque incontrôlé et incontrôlable et des milliards de dollars (de la poche du contribuable)investis depuis des dizaines d'années dans la « guerre contre la drogue » avec les résultat qu'on connait…
Si l'on suit cette logique, à quand l'interdiction de l'alcool ? C'est un produit « stupéfiant », provocant une dépendance rapide et qui tue des millions de personnes en France (cancer, accidents de la route, accidents et violences causés par les états d'ébriété,…).
De même, nous ne sommes pas tous égaux devant l'alcool, certains ayant l'alcool triste, d'autres joyeux : D
Sur ce…
à greenworld
De Eowyn
20H20 | 20/10/2008 |
Vous dites « la perte de réalité avec le cannabis est faible ». je ne suis pas d'accord, encore une fois, je pense que ça dépend des personnes.
pour l'exemple de la personne qui s'est jetée par la fenêtre, il est véridique. je ne sais s'il est un cliché, mais il n'en reste pas moins qu'une personne a perdu la vie. Pour répondre à une question posée un peu plus haut, il n'était effectivement pas consommateur régulier.
Il ne s'agit d'ailleurs pas de la « sensation » de voler mais de la perte de la notion de danger liée à l'existence du vide.
Sur les stat, vous avez raison sur un point : on ne peut pas quantifier, ni dans un sens, ni dans l'autre (comment savoir si tel cancer est lié au tabac ou à un autre facteur ? Idem pour l'overdose, par exemple).Les seuls à pouvoir approcher de la réponse sont les médecins qui reçoivent au jour le jour les différents malades. je ne suis pas médecin, donc je ne m'aventurerai pas sur ce point.
je ne suis pas pour la dépénalisation, mais je vous accorde le danger qu'il y a à ne pas contrôler le trafic de drogue : le canabis aurai deux fois moins d'adpete s'il était légal, car il n'y aurait pas la sensation de transfresser un interdit. Le pb est que ceux qui, justement, ne recherchent dans la drogue que la transgression iront chercher ailleurs, vers des drogues plus dur : c'est pour cela que je suis contre la dépénalisation (et à mon avis c'est une des raisons pour laquelle la drogue n'est pas encore légalisée).
une solution intermédiaire serait : la dépénalisation sans légalisation (la vente n'est pas autorisée, mais vendre et consommer n'est pas une infraction pénale).
Et pour finir, sur l'alcool, je suis assez d'accord avec vous, ça pose un vrai problème de santé (que certaines politiques législatives ont tenté de résoudre, notamment pour l'alcoolisme des plus jeunes).
à Eowyn
De Partine_De_Taté
Zikos Sans DoMiSi Fixe | 01H21 | 21/10/2008 |
Bonsoir Eowyn,
Juste 2-3 trucs tendancieux qui m'interpellent si vous permettez :
« Il ne s'agit d'ailleurs pas de la “ sensation ” de voler mais de la perte de la notion de danger liée à l'existence du vide. »
Ces symptômes ne sont pas implicitement liés à la fumette, c'est complètement fou ce que vous dites….je n'ai jamais entendu parler d'un cas comme celui-là sérieusement.
Oui Ça peut causer un sentiment de parano quand on consomme mal, par exmple si vous voulez……….d'ailleurs en parlant de parano….c'est vraiment cliché de chez cliché faÇon old school…et j'ai du mal à vous croire du coup.
Bon et là il s'agit juste d'un cas, expliquez nous SVP les autres dont vous parlez ?
Non mais c'est vrai, vous avez vraiment pas de chance ; connaître « des » gens qui sont morts à cause de shit ou d'herbe, ca releve, d'après moi, du guiness des records quand même.
Et en ce qui concerne votre solution intermédiaire, Ça a un nom : hypocrisie.
Mais faites nous donc part de vos expériences, pour savoir si je peux ou non aller sur le balcon, passer sur un pont, préparer une tortilla….ce serait urbain.
Vous interpretez les évenements ?
à Partine_De_Taté
De Eowyn
11H18 | 21/10/2008 |
Je n'en connais qu'un seul. Les autres, je n'aurai pas prétention à en parler, ne les connaissant pas personnellement. Mais allez dans un hôpital et vous en verrez. Allez dans une prison, dans un tribunal, et vous verrez des gens menacés par la drogue, et certains qui en sont morts (à l'hôpital, en prison, en ce moment, c'est plus le suicide).
Je n'aime pas quand vous répondez à une réflexion par l'ironie, parce que c'est une manière de ne pas argumenter de votre part. Je préfèrerai un vrai débat.
Sur la dépénalisation, vous parlez d'hypocrisie, je parle de compromis. De même, si vous voulez, que pour l'avortement, il a fallu faire une loi temporaire très restrictive, avant de pouvoir ensuite le rendre plus aisé d'accès et définitif, de même, on peut aller pas petits pas vers cette légalisation à laquelle vous tenez tant. ça s'appelle avancer en douceur, et c'est une technique législative qui fait ses preuves en permettant aux mentalités de s'adapter.
Et pour finir, vous avez l'air d'un consommateur habitué, allez où vous voulez. J'ai connu (et là j'ai des preuves^^) des gens à qui le shit faisait perdre le sens de la réalité et du danger, sans qu'il y ait effectivement mort d'homme, ou blessures. Ce n « est pas parce que ça ne vous fait pas cet effet là à VOUS, ni aux autres consommateurs réguliers, que ça ne peut pas le faire à un consommateur occasionnel ou débutant. Encore une fois, nous sommes tous inégaux devant la drogue.
à Eowyn
De Partine_De_Taté
Zikos Sans DoMiSi Fixe | 12H00 | 21/10/2008 |
Bonjour Eowyn,
Franchement, vous justifiez mon ton ironique quand dans un premier temps vous dites connaître des gens qui en sont morts et finallement vous avouez n'en connaître qu'un……… je me disais bien quand même.
Je lis pas mal les journaux et n'ai jamais entendu de cas de gens morts à cause du H…. je pense que les médias en auraient fait leurs choux gras, non ?
Drôle de façon de commencer un débat.
En ce qui concerne votre solution, vous allez dans le bon sens, ok, mais Ça reste hypocrite et justifie votre 4ème paragraphe.
Car tant qu'il n'y auras pas d'informations, d'accompagnements, de contrôle de qualité et de sensibilisations autres que celles du style « moi je connais des gens qui en sont morts », il y aura toujours quelqun pour faire des excés…..et encore, regardez les ravages de l'alcool malgrés toutes les campagnes.
La cohérence serait soit de tout interdire, soit le contraire.
Et quand on sait pas boire, on boit pas et puis c'est tout.
Bien à vous.
à Partine_De_Taté
De Eowyn
15H33 | 21/10/2008 |
Si vous me relisez bien j'ai toujours dit que c'est UNE personne que je connaissais qui était morte de cela. Les autres je les ai cotoyés par mes divers boulots / stages, mais je ne les « connaissais » pas personnellement.
Cela ne m'a pas empêche de voir l'état dans lequel ils étaient. Mais je n'en tire pas des csq, parce que je ne connais pas leurs antécédents.
L'argument « s'il y en avait on en parlerait… », je n'en suis pas sure. Il me semble que le discours des médias (télé et grands quotidiens) sont, à part quelques tribunes ponctuelles, plutôt enclins à montrer les méfaits du H (vous savez dans les rubriques « grands sujets d'actualité, le dossier de la rédaction et autres).
Je comprends votre approche “légalisons et contrôlons a posteriori (oups, désolée, terme de juriste)”. Mais je me demande comment faire un contrôle efficace : vous le dites, avec l'alcool, ça ne fonctionne pas trop (c'est du aussi à un effet d'entrainement et à la mode - passagère à mon avis - des soirées où on est saoul dès minuit. Surtout dans les soirées grandes écoles et médecines).
Vous préconisez un système du type : campagnes de presse informant que le H peut être dangereux et réveiller des maladies mentales, et que tout excès est mauvais ? A mon sens, ceux qui font déjà des excès en feront encore, ça ne changera pas grand chose.
La seule chose qui elle changera, je vous l'accorde, c'est le contrôle de la qualité (primordial quand on voit ce qui circule parfois).
bien à vous de même
à Partine_De_Taté
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 10H27 | 22/10/2008 |
A de nombreuses reprises, les pouvoirs publics ont voulu attribuer des décès au cannabis. L'ancien responsable des stups a essayé de me le faire avouer une fois dans son bureau il y a cinq ans, à partir d'un cas anglais assez semblable à ce que décrit Eowyn. Je lui ai répondu : « Soyons sérieux, vous ne croyez pas vous même à ce que vous dites. » Et il l'a admis. A ce jour, aucun décès n'a jamais été médicalement attribué au cannabis. Seuls des cas indirects comme des accidents de voiture ou comme celui que décrit Eowyn. Mais à partir de là, c'est la porte ouverte à toutes les interprétations.
à Eowyn
De jojo1er
14H31 | 21/10/2008 |
Il n'y a pas de perte de notion de danger avec le cannabis, ce n'est pas un désinhibant. L'effet serait plutôt inverse tendance paranoïa.
Votre théorie ne révèle qu'une adaptation maladroite des effets de l'alcool au cannabis.
Il y a par contre un rôle déclencheur qui a parfois été mentionné dans les schizophrénies, mais toutes les études tendent à prouver que le cannabis ne ferait que favoriser un déclenchement précoce chez des personnes qui seraient de toute façon devenues schizophrènes à moyen terme. Je ne dis pas ça pour minimiser les effets du cannabis mais parce que par pure honnêteté je reconnais que le cannabis peut engendrer des problèmes sanitaires.
Cependant ce n'est pas en répandant des théories fumeuses et des contre vérités que l'on pourra permettre de réduire les dégâts occasionnés par les drogues, dont une des moins dangereuses est le cannabis. Si vous voulez des informations fiables sur la dangerosité des drogues je vous invite à consulter la classification qu'en a fait l'OMS ainsi que le rapport Roques.
Jojo1er, …assez parlé sans savoir.
à Eowyn
De DBL8
Retraité | 18H48 | 20/10/2008 |
« Le problème qu'il pose n'est pas l'overdose, mais la dépendance qui fragilise le sujet… »
Mouai… mais consommer des médocs en masse n'est pas répréhensible car cela rapporte des taxes, là est toute la différence ! Car cela rend tout-aussi dépendant et est dangereux.
à DBL8
De Eowyn
20H22 | 20/10/2008 |
Exact !
Cela dit les différents gouvernements commencent à se rendre compte du danger (nous sommes le pays le plus consommateur de médoc au monde, en proportion, je crois).
Mais ce n'est pas parce qu'on permet d'autres comportements dangereux (alcool, médoc ou cigarettes à haute dose) qu'on doit en accepter un autre.
à Eowyn
De greenworld
21H49 | 20/10/2008 |
Franchement, désolé d'être aussi direct mais vous accumulez tous les poncifs concernant la drogue : la personne qui croit voler, l'escalade de la transgression vers des drogues plus « dures » (d'ailleurs, drogues dures ça ne veut rien dire)et justification de la législation discriminante vis à vis de certaines substances (pourquoi la vinification est autorisée mais pas la cueillette des psylos ou la culture du chanvre ? ).
Bref, votre ami pensait voler dans votre premier message, au final complètement défoncé il a perdu l'équilibre et est tombé, ce qui n'est pas vraiment la même chose…(sauf une mort malheureuse le concernant bien sur).
à greenworld
De Eowyn
22H04 | 20/10/2008 |
Ce n'était pas mon ami, dieu merci (sinon je pense que je ne pourrais même pas parler du sujet). Une connaissance.
Drogues dures ça ne veut rien dire ? Je vous conseille d'aller à la rencontre d'accros à l'héroïne ou à la coke ou au LSD pour aller voir la différence avec du simple shit, vous verrez. Une drogue dure, c'est une drogue qui a des effets bien plus forts (en terme d'accoutumance ou en terme de dégats faits au corps humain).
Le chanvre me parait bien plus dangereux que le vin.
Certaines drogues sont beaucoup plus nocives que d'autres. Je suis désolée, mais c'est ainsi, dire le contraire pour justifier la légalisation ou la dépénalisation ne me parait pas une bonne stratégie de défense.
Enfin, à moi d'être directe, mais ce que vous appelez poncifs, pour les disqualifier, parce que ça arrange votre propros, me semble à moi une réalité. Comme toujours, la vérité est sans doute à mi chemin entre votre position (tout se vaut, un verre de vin c'est comme un peu d'héroïne, après tout) et la mienne (toutes les drogues devraient être, sinon interdites, du moins très réglementées).