Pays-Bas : le cannabis exporté rapporterait deux milliards par an

C'est une « avalanche verte » : 80% de la production locale est consommée dans les pays voisins. Explications.

Plantation de cannabis en Californie saisie par la DEA en 2007 (DEA)

Deux milliards d'euros. Trois fois les pertes de la Caisse d'épargne… C'est ce que rapporterait chaque année aux cultivateurs néerlandais l'exportation de cannabis. De quoi donner à réfléchir en ces temps de fins de mois difficiles.

Dans une interview au quotidien NRC Handelsblad (rapportée par l'AFP), le commissaire Max Daniel, chargé de la lutte contre cette culture, estime que 500 tonnes de cannabis sont exportées des Pays-Bas chaque année, soit environ 80% de la production locale. Et le policier de déplorer l'importance de la demande en provenance des pays voisins :

« Aux Pays-Bas, il y a 400 000 consommateurs d'herbe et de haschisch. S'il n'y avait qu'eux, le problème serait tout à fait maîtrisable. »

Ces chiffres confirment ceux que j'avançais dans Libération il y a quatre ans, lors d'une enquête au salon international du chanvre, à Utrecht.

Après avoir parlé à plusieurs spécialistes de la question (producteurs, économistes, militants…), j'arrivais à un chiffre d'affaires global de 5 à 10 milliards d'euros pour toute la filière (coffee shops, produits dérivés, fabricants d'engrais…) soit 1 à 2% du PIB néerlandais d'alors.

Une partie de cette somme est légale et rapporte des taxes à La Haye (les propriétaires de coffee shop paient des impôts, comme les fabricants d'engrais). A titre de comparaison, la valeur totale de la production de fleurs coupées dans le pays, leader mondial, était en 2002 de 3,45 milliards d'euros…

Cultiver au plus près des principaux marchés est devenu plus rentable

Il est intéressant de se pencher sur les raisons de cette « avalanche verte », comme la qualifie Adrian Jansen, économiste néerlandais et probablement le meilleur spécialiste de cette question.

Bien sûr, il y a la forte demande de cannabis en Europe. Il y a aussi la maîtrise technologique : les Néerlandais sont les spécialistes mondiaux de la culture en intérieur toutes plantes confondues et ont obtenu, dans les années 80, l'aide de jeunes Californiens chassés par le reaganisme, pour mettre au point des variétés d'herbe beaucoup plus fortes.

Mais c'est avant tout la prohibition du cannabis qui crée cette manne nouvelle pour l'Occident. Depuis les années 60, le cannabis « fumable » (par opposition à ce que l'on appelle chanvre en France) poussait dans des pays du Sud (Inde, Pakistan, Maroc, Mexique…) et était importé dans les pays du Nord.

Avec la difficulté croissante à passer les frontières, la faute à la guerre contre la drogue puis à la lutte contre le terrorisme, un cannabis beaucoup plus cher à produire mais cultivé au plus près de ses marchés de consommation les plus lucratifs est devenu plus rentable pour les trafiquants.

De plus, les pressions des pays du Nord (notamment à travers l'ONU) sur les pays du Sud ont fini par les convaincre de lutter plus activement contre la production de cannabis, parfois au prix d'affrontements avec des cultivateurs qui se retrouvaient soudainement privés de toutes ressources.

Et il est difficile aujourd'hui d'imaginer que les pays du Sud puissent à leur tour faire pression sur le Nord sur le thème : « Rendez-nous l'argent de l'herbe… »

On estime à 200 000 le nombre de cultivateurs de cannabis en France

En s'appuyant sur les propres chiffres du bureau du « Tzar » antidrogues américain, un chercheur a estimé le chiffre d'affaires de l'herbe aux Etats-Unis en 2003 à 35 milliards de dollars (pour une production approximative de 10 000 tonnes). La Californie, Etat de tradition agricole, fournirait à elle seule le tiers d'une production multipliée par dix en vingt-cinq ans. Tandis que le Tennessee, le Kentucky, Hawaii et Washington suivraient au palmarès.

Il y a cinq ans, le magazine Forbes affirmait affirmait déjà que le cannabis était devenu la culture la plus rentable du Canada. En France, on en est loin, mais on estime que 200 000 personnes cultiveraient du cannabis, majoritairement à petite échelle.

A l'arrivée, en imposant la prohibition au reste du monde, non seulement les pays du Nord n'ont pas réglé leurs problèmes de consommation, mais ils ont rapatrié chez eux une bonne part des bénéfices liés au trafic (même si la production n'est pas le secteur le plus rentable loin s'en faut).

Des produits plus concentrés en THC

Autre problème posé par cette délocalisation du Sud vers le Nord : les produits développés sous nos latitudes sont beaucoup plus concentrés en THC (principale substance active).

Là encore, pour des raisons simples : étant donné que vous prenez le même risque pour 1g de skunk néerlandaise ou pour 1g d'herbe africaine, autant cultiver des produits plus concentrés, plus facile à transporter et vendus beaucoup plus cher au kilo.

Un argument qui sert régulièrement aux politiciens du Nord pour réclamer un renforcement de la prohibition. Le serpent prohibitionniste se mord parfois la queue…

Photo : plantation de cannabis en Californie saisie par la DEA en 2007 (DEA)

10 commentaires sélectionnés

Portrait de Lemmy_Nothor

De Lemmy_Nothor

The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 17H18 | 20/10/2008 | Permalien

Pourquoi la légalisation est un mythe….

Tout les pays d'occidents ont signés des accords interdisant ces produits au début du 20e siècle, chanvre, opium, etc etc….
Se retirer de ces accords couteraient une fortune uniquement en avocats.
Et après……ce pays se retrouverait tout seul, et serai mit sur liste noire par la moitié des signataires de ces mêmes accords……dur prix a payer pour pouvoir se rouler un pétard.
Imaginons le Canada qui declarerait la culture, et la vente du chanvre légale ? Dans l'heure qui suit, la frontière avec les Etats Unis est fermée. Comme 80% de ses exportations vont du coté sud…….le Canada serai serieusement dans la merde.

Donc, il y a la manière Hollandaise……qui ne legalise rien, mais qui tolère. En Espagne ce n'est pas un délit que de se droguer. Quelque que soit le produit….coke, heroine, hash…..la loi n'interdit pas son usage. Tout commerce est interdit.

Ceci dit, ici, en Espagne, ils tolèrent la culture pour fin perso….. : )

Portrait de ballerina

De ballerina

Prof Paris | 17H22 | 20/10/2008 | Permalien

CANNABIS ! ! ! ! !
Bien sur à 50 ans, je pourrais faire partie de celles et ceux pour qui le cannabis est synonyme d'un petit « tarpé » de temps à autre, festif, relaxant et tout et tout…
Et puis la vie en a décidé autrement !
On n'est pas « égaux » face au cannabis, certains d'entre nous, environ 5 à 7% sont très fragiles quand aux effets du THC sur leurs connections neuronales. Du coup « pètent les plombs » et se retrouvent en hôpital psy, au mieux pour des bouffées délirantes sans suite, au pire pour un état schizophrénique avec lequel il devient délicat de vivre et envisager une vie « comme tout le monde ».
C'est le cas de mon fils de 21 ans. Depuis 4 ans nous avons connu toutes les étapes du labyrinthe psychiatrique et croisé un nombre important de jeunes entre 16 et 25 dans son état.
Il a eu des phases de répit et maintenant il est hospitalisé en continu à Ste Anne, rue Cabanis ( ! ! ) depuis début décembre 2007… à 21 ans !
Les personnels des HP peuvent vous le confirmer : le nombre de jeunes qui développent une schizophrénie en raison du cannabis est en augmentation constante.
Donc la problématique cannabis ne me fait pas rire du tout.
Je suis prof et quand je vois mes élèves fumer leur joint devant le lycée et arriver les yeux rouges en cours, je ne trouve plus çà cool. Je n'aime pas imaginer que l'un d'entre eux va peut être se retrouver un jour en HP.
Alors, merci de penser qu'effectivement le cannabis est PLUS dangereux que la cigarette ou l'alcool…
3 Paquets de cigarettes par jour ne rendent pas schizophrène…L'abus d'alcool non plus, même si, à très long terme çà a des effets dévastateurs.
Je ne suis ni pour, ni contre la dépénalisation, je n'arrive plus à avoir d'avis sur le sujet.
1% du PIB des Pays Bas pour esquinter à vie 5% des fumeurs de cannabis des pays avoisinants, çà me dégoute.
Pas cool d'aller rendre visite à son fils de 21 ans à Ste Anne ! Pas cool du tout

Portrait de Sexus Empiricus

De Sexus Empiricus

17H29 | 20/10/2008 | Permalien

Question à ne surtout pas poser : « pourquoi c'est illégal » ? Parce que « ça tue » ? - Mais le commerce des armes ? Mais le commerce des voitures ? Mais le commerce du nucléaire ? Mais…

Si l'import-export du cannabis est interdit par la loi (définition basique de l'illégalité) sous la catégorie pharmaco-judiciaire de « stupéfiant », c'est que depuis le XIXe siècle, notre conscience politique est complètement formatée par l'idée qu'il faut défendre la société. Au nom de cette défense-là, l'Etat et sa Raison décrète autant le Bien que le Mal. Quitte à nous rendre, nous les veuves et les orphelins, un peu plus dépendants de Lui et de ses lois, de sa merci et de ses choix, pile ici, face là.

Arrivent ensuite les raisons justifiantes des bons pères de famille : sur la foi des experts, des savants, de la police et de ses chiens, il ne manquera pas de théologiens pour vous expliquer que c'est Mal, (puisque) c'est de la drogue.

Autrement dit, les THC - entre autres substances fort prisées - relèvent de la bio-politique la plus banale. Dommage qu'on ne puisse pas en disposer à sa guise, avec un permis par exemple (sur le modèle du permis de chasse ou de conduire).

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H35 | 20/10/2008 | Permalien

Sur ce coup-là, vous pouvez remercier Hestia ! (C'est elle qui me l'a fait connaître.) Et c'est parti…

Comment énerver un flic en 30s
envoyé par Enjoy92

Portrait de theodore-perier

De theodore-perier

fonctionnaire | 18H23 | 20/10/2008 | Permalien

Pourquoi ne pas légaliser le cannabis, d'après Lemmy Nothor ça serait danger pour le pays qui le ferait. Ok. De toute façon, le dirigeant qui envisagerait de légaliser la cocaïne dans son pays, par exemple, je donnerai pas cher de sa peau, car les Cartel de Medelin et autres lieux exotiques se verraient ruinés si l'exemple était suivi.

Pourquoi le tabac n'entrait pas dans la liste des produits interdits ? Ca est une bonne question.

Méditons cet extrait d'un article d'ATTAC Québec :

« La Thaïlande a été condamnée en 1990 parce qu'elle interdisait les importations de tabac. Même s'il s'agissait au départ de défendre un monopole d'Etat, les études de l'OMS ont prouvé que ce genre de libéralisation provoquait dans d'autres pays du Tiers-Monde une forte augmentation du nombre de fumeurs (notamment à cause des campagnes publicitaires des multinationales). Mais la Thaïlande a été contrainte d'ouvrir son marché. »

Si j'étais thaïllandais et si je cultivais du chanvre, et si un pays m'interdisait son marché, j'aurais droit de porter plainte auprès de l'OMC ?

Alors vive le cannabis libre !

Pour paraphraser René Fallet, je revendique le droit de rentrer chez moi en bagnole dopé jusqu'aux yeux !

Portrait de noke33

De noke33

20H26 | 20/10/2008 | Permalien

un bien beau et vaste débat. en tant que métis hollandais par ma mère, je tiens à préciser que ce qui est possible en Hollande ne l'est pas en France. Ce sont des gens disciplinés et ordonnés, et à part à Amsterdam dans la main d'un touriste, dans les autres petites villes, vous ne rencontrerez personne fumant dans la rue. Les Coffees y sont mêmes difficiles à trouver tant ils sont discrets. Légaliser en France, bordelliques comme nous sommes ce sera Woodstock à la sortie des lycées et dans les parcs publics : insupportable pour la société……
Par ailleurs en tant que consommateur journalier depuis 20 ans, une conclusion s'impose : c'est un produit à manir avec précautions, effectivement dangereux en tant que terreau de la schyzophrénie, qui rend fainéant et apathique, etc….., mais qui ne m'a pas empêché de toucher 1 diplôme de 3ème cycle à la fac, et de gérer mon entreprise de 10 salariés….
Nous sommes pour ce sujet dans un problème culturel : JC a dit buvez c'est mon sang et non pas fumez c'est mon esprit….Dire que la France coloniale avait une régie des Kifs et des Tabacs jusqu'au 50's…….

Portrait de dieguito

De dieguito

20H41 | 20/10/2008 | Permalien

« le cannabis est plus dangereux que la cigarette ou l'alcool » pourquoi toujours pointer le hashish comme ennemi public n°1 ? je n'affirme pas que ce produit n'est pas sans danger, comme tout autre produit cela depend de la facon dont on le consomme ; aussi chaque organisme réagira différement devant celui-ci et c'est vrai qu'il peut developper de la schizophrénie, chez les jeunes surtout, qui n'ont parfois pas la maturité pour en consommer aves « sagesse ». je n'ai d'ailleurs jamais compris l'intérèt de fumer avant ou pendant les cours. quant à l'alcool je pense que son role est autant sous estimé que protégé par les lobbys de toute sorte qui se cachent derriére l'alibi culturel. l'alcool est à la source de bien des faits divers plus sordides les uns que les autres : violence conjugales, violences sur personnes, violence routiére, inceste, viols .. vous pouvez aussi faire la fermeture des cafés ou vous constaterez la déchéance alcoolique dans toute sa splendeur. donc, ok pour accuser le canabis mais dans ce cas soyez aussi virulente ,sinon plus, avec l'alcool

Portrait de lapinours

De lapinours

bancale | 22H13 | 20/10/2008 | Permalien

interdisons la mort

Portrait de Noun

De Noun

23H21 | 20/10/2008 | Permalien

Le cannabis comme toute les drogues n'a rien de drôle en cela qu'il véhicule son lot de dépendance et d'effets délétères pour la santé.
Ceci dit, le fait d'avoir un fils schizophrène et ayant consommé du cannabis semble vous amener à établir quelques conclusions à mon sens inexactes.
1) Affirmer le lien de causalité entre consommation de cannabis et psychose reste en effet très hypothétique. Si la consommation peut être un facteur déclenchant d'une décompensation, rien n'indique en effet que la maladie ne serait pas apparue sans cela.
D'autre part il est très fréquent de trouver des psychotiques parmis les toxicomanes (quelque soit la substance utilisée) parce qu'en réalité la consommation de drogue est pour eux bien souvent une tentative (inadaptée biensûr) d'auto-médication.
2) Globalement la consommation de drogues en général est plus élevée chez les shizophrènes que dans la population générale. Pourtant les liens faits entre cette pathologie et le cannabis ne le sont pas nécessairement concernant d'autres drogues.
Concernant les nombreux jeunes de 16-25 ans que vous avez croisé en HP, j'attire également votre attention sur le fait que cette âge correspond en effet typiquement à celui d'appartion de la schizophrénie. Cela n'a rien à voir avec le cannabis.
3) Ensuite concernant l'impact des différentes drogues en matière de santé publique. Il est évident qu'alcool et tabac sont responsables d'une mortalité bien plus importante que celle liée au cannabis. Et sans vouloir comparer ce qui ne l'est pas. Les démences alcooliques n'ont rien à envier aux shizophrénies. Les artéritiques, accidentés cardiaques, cirrhotiques et autres cancéreux ont du mal a acréditer une hypothétique suprématie du cannabis en matière de dangerosité…

Portrait de kebra

De kebra

Bisounours killa | 03H10 | 21/10/2008 | Permalien

Nuit d'insomnie et gueule de bois

Le débat est toujours sclérosé en plaques de 100, même si la plupart des arguments sont sur la table depuis 35 ans. D'un coté, les 25 % de victimes de la guerre à la drogue qui hurlent à l'injustice et réclament l'abolition sous une forme ou une autre. Un autre quart, victimes des abuseurs de drogues, exige le statu-quo ou le renforcement de la prohibition. Un quart se positionne en fonction de ses options politiques ou philosophiques et un quart trouve la question dérisoire ou marginale. Seul le pourcentage d'usagers assumés augmente, ainsi que les incitations à l'autoproduction.

Il faudra donc attendre que la consommation intégrée et autoproduite se répandent dans la pyramide des ages et des CSP pour que la solution s'impose enfin. Il est impossible de modifier les conventions de l'ONU sur les drogues, il faut un modèle qui fonctionne dans ce cadre. La consommation/production personnelle, sans commerce ni import/export, n'est pas régie par les conventions. Il est possible de regrouper la production dans des associations locales à but non lucratif, la cour suprême du Pays Basque a jugé ce modèle conforme aux conventions.

Entre production perso et club privé, la disponibilité et la visibilité du cannabis ne serait pas beaucoup plus grande que maintenant. Le contrôle de qualité des produits serait plus facile. Les travailleurs des associations seraient déclarés et soumis à l'impôt. Une taxation pour la sécu serait prélevée et les bénéfices des associations seraient réinjectés dans la prévention, l'éducation à l'usage et les soins des abuseurs. Un système bien plus responsable que pour l'alcool et le tabac.

Ce modèle détaillé existe déjà. Je l'ai présenté à des politiques français et suisses. D'autres l'on fait en Espagne, ENCOD au niveau européen. Des modèles proches existent depuis des années, rien ne bouge. N'en déplaise aux Bisounours de la Rue, sur le cannabis je l'affirme, il y a une collusion totale entre le lobby sécuritaire, les mafias et les politiques.

Du coup, ce débat socio/sanitaire devient ubuesque car faussé à la base. On ne peut pas réduire les risques liés à l'usage des drogues dans une atmosphère de guerre civile. On ne peut pas gagner la guerre à la drogue. Mais les politiciens populistes inféodés aux lobbies adorent les guerres sans fin, les croisades glorifiantes, il n'y a rien à espérer d'eux.

Par contre, la politique des drogues est un excellent test de l'indépendance d'un candidat face aux vampires qui nous pompent. Alors camarades militants, de l'audace, exiger un chapitre entier sur la paix des drogues dans le programme de votre candidat. Bon courage, la route est droite mais la pente est rude… Moi, j'ai déjà donné, je retourne à mes orchidées.

Tous les commentaires

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code