
L'Amérique latine tentée par la dépénalisation des drogues

Voilà qui pourrait donner des sueurs froides au prochain locataire de la Maison-Blanche. En quinze jours, ce ne sont pas moins de trois dirigeants latino-américains qui se sont prononcés pour une forme ou une autre de dépénalisation de la consommation de drogues. Et pas seulement de cannabis.
Contre toute attente, c'est le Mexicain Felipe Calderon qui a ouvert le bal le 1er octobre. Lancé, avec le soutien des Etats-Unis, dans une guerre sanglante contre les cartels de la cocaïne, Calderon a proposé de dépénaliser l'usage de tous les stupéfiants (herbe, cocaïne, héroïne et méthamphétamine).
Concrètement, toute personne qui serait trouvée en possession de petites quantités de drogues (0,5 g de cocaïne ou 2 g de marijuana) et accepterait un traitement en conséquence, ne serait pas inquiétée par les autorités. En cas de refus, les récalcitrants se verraient infliger de simples amendes. Certes, on est encore loin de la dose en vente libre en pharmacie, mais considérant d'où l'on vient, le pas est énorme. Il est pourtant passé totalement inaperçu.
Sa justification est pourtant simple : les bureaux du procureur général sont tellement débordés par leur lutte contre les grands cartels qu'ils n'ont plus le temps de s'occuper de simples consommateurs dont le nombre explose. Selon une récente étude du gouvernement, le pays compterait aujourd'hui 300 000 accros aux différentes drogues.
Une mesure similaire avait été proposée au Congrès mexicain il y a deux ans, mais était finalement restée lettre morte, entre autre en raison des pressions de Washington.
Une porte de sortie expérimentée en Colombie dans les années 90
Ce n'est pas la première fois que, face à l'ampleur des violences liées au trafic de stupéfiants, un pays se laisse tenter par la dépénalisation de la consommation afin de se concentrer sur les gros poissons. Au milieu des années 90, la Colombie des cartels de Medellin et Cali avait ainsi décidé de dépénaliser la possession de petites quantités de drogues (1g de cocaïne par exemple). Expérience qui tourna court, là encore en partie face aux pressions de Washington.
Mais cette fois, l'initiative semble prendre de l'ampleur. Quelques jours après la déclaration de Calderon, à Mexico toujours, le secrétaire général de l'OEA (l'Organisation des Etats américains), le Chilien José Miguel Insulza, a semblé rebondir sur la proposition devant un parterre de ministres américains en charge de la sécurité, dans un langage toutefois plus diplomatique :
« Quand une politique (la répression, ndlr) n'a finalement pas eu de résultats en vingt-cinq ou trente ans, il faut la réviser, l'ajuster. Je ne sais pas dans quelle direction, mais il faut en trouver une. »
Le président du Honduras, Manuel Zelaya, est quant à lui allé beaucoup plus loin lundi, devant les responsables de la lutte antidrogues de trente-deux pays d'Amérique latine réunis à Tegucigalpa :
« Les trafics d'armes, de drogues et de personnes (…) sont des fléaux internationaux aux trames économiques très fortes, et nous empêchent de leur apporter les ripostes efficaces dont nous disposerions dans une situation normale de légalité. »
Et d'expliquer ensuite que les consommateurs doivent être considérés « comme des malades » :
« Plutôt que de poursuivre et de tuer les trafiquants, nous pourrions alors investir les ressources que nous y consacrons à l'éducation et la formation. »
La région la plus violente du monde
Si l'on ajoute à ce panorama que la Bolivie a élu fin 2005 Evo Morales, un Indien ayamara, ancien responsable du syndicat des cocaleros, les planteurs de coca ; que les présidents équatorien et vénézuélien s'opposent de plus en plus frontalement à la « guerre totale » à la drogue que Washington entend mener en Amérique latine, il semble bien que le vent est en train de tourner dans le sous-continent.
La violence endémique qui y sévit, notamment en lien avec le narcotrafic, n'est peut-être pas pour rien dans cette succession de prises de position. L'Amérique latine détiendrait en effet le record mondial du pourcentage d'homicides : environ 100 000 meurtres par an, soit cinq fois plus en moyenne que sur le reste de la planète.
Reste un obstacle juridique de taille sur le chemin de cette dépénalisation : les conventions de l'ONU interdisent toute expérience de ce type. Et un obstacle politique peut-être plus important encore : pas sûr que Washington regarde ses voisins dépénaliser sans rien dire, alors que les Etats-Unis dépensent chaque année des milliards de dollars pour les « aider » à lutter contre un trafic qui alimente avant tout leur marché intérieur. A moins que l'élection d'un candidat qui a goûté de la cocaïne ne change la donne à la Maison-Blanche.
Photo : dans une rue de Tijuana, en mai 2008 (Reuters).
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De JahRastafari
12H12 | 15/10/2008 |
« que les présidents équatorien et vénézuélien s'opposent de plus en plus frontalement à la “ guerre totale ” à la drogue que Washington entend mener en Amérique latine »
Ce n'est pas tant à la « guerre contre la drogue » que le Venezuela et autres consorts de « l'axe du mal (sic) » s'en prennent mais à la guerre contre les mouvements sociaux et autres mouvements insurrectionnels (FARC, ELN, Zapatistes etc…) menée par l'oncle Sam.
Répétons le encore pour que ce soit clair dans les esprits, la fameuse lutte contre le traffic de drogue menée par l'oncle Sam aux Etats-Unis n'est qu'un prétexte cachant leurs véritables objectifs : contrôle des ressources naturelles ; armées sur place en support logistique pour opération plus ou moins massives (coups d'état cf Chili , quasiment tous les pays d'Amérique centrale etc…) ; et de façon générale, surveillance des territoires amis ou ennemis.
A titre d'exemple recent, c'est de la base de la Manta (Equateur) qu'a été lancé l'offensive aboutissant à la mort des Farc (dont Raul Reyes) endormis.
De Albedo
12H28 | 15/10/2008 |
La photo est sympa mais franchement limite pour les non-anglophones qui pourraient imaginer qu'il y a déjà des magasins de « drogue » alors que ça veut, grosso modo, dire « médicament ».
à Albedo
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 12H39 | 15/10/2008 |
Exact, mais avouez que c'était tentant ; -)
De déluge
menuisier | 12H39 | 15/10/2008 |
Il serait temps de mettre fin purement et simplement à la prohibition.
Aucune politique, même massive ne peut venir à bout de la consommation de drogue.
La prohibition fait d'un comportement individuel un crime : Au final ce sont les organisations criminelles qui gagnent.
Il parait que le premier joint en France se fume à 12/13 ans. Si ça ce n'est pas la démonstration de l'inanité de la politique répressive, je ne sais pas ce que c'est.
à déluge
De elarips
17H24 | 15/10/2008 |
@déluge
« Il parait que le premier joint en France se fume à 12/13 ans »
et l'alcool a partir de 8/9 ans !
De nahera
12H41 | 15/10/2008 |
Question sûrement naïve mais : la solution à tout ça n'est-elle pas tout simplement, non pas dans la dépénalisation, mais carrément dans la légalisation, voire même dans la « nationalisation » des drogues. Les drogues en vente libre dans des « bureaux de drogues », au même titre que des bureaux de tabacs.
Le principe étant que de toute façon, ceux qui veulent le faire y arrivent toujours ! ! Avec un commerce légal, les drogues distribuées seraient contrôlées, l'accès et l'aide éventuelle aux drogués seraient facilités puisqu'ils n'auraient plus à se cacher, toute la criminalité liée aux trafics n'aurait plus qu'à se reconvertir (dans la finance, ça marche bien et c'est moins dangereux, l'état finance quand ça va mal ! ! )…etc…
Bref je n'y vois que des objections purement morales, mais je ne vois sans doute pas tout ? ? ?
à nahera
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 12H56 | 15/10/2008 |
Il est sûr que d'un point de vue pragmatique, la légalisation avec contrôle de la fillière parait plus cohérent que la dépénalisation. Cette dernière pose effectivement le genre de problèmes que l'on a aux Pays-Bas où les coffees peuvent vendre du hasch, mais pas se fournir… Le Circ propose, avec ses cannabistrots un modèle de type légalisation.
Reste deux problèmes : celui que vous soulevez, qui est moral. Difficile d'envisager quel homme politique prendrait la responsabilité de délivrer de l'acide ou de l'héroïne à ses concitoyens (même si on distribue d'autres opiacés comme la méthadone, mais dans un but médical), même en en contrôlant la qualité.
Ensuite, de nouvelles drogues verraient le jour : jusqu'où faudrait-il aller ? Distribuer de l'Ice ? L'interdit fait partie intégrante de « l'expérience drogues » pour la plupart des consommateurs. On peut se demander si certains ne se tourneraient pas vers des drogues de plus en plus dangereuses. Et recréeraient ainsi un marché noir.
Enfin, légalement, l'ONU interdit depuis 1961 toute expérience allant dans ce sens. Et les Etats-Unis (avec d'autres comme la Suède, le Japon et dans une moindre mesure la France) veillent à ce que cet interdit soit respecté. Il faut pourtant se souvenir qu'au XIXe siècle, ce sont les mêmes puissances occidentales qui faisaient la guerre à la Chine pour le libre commerce de l'opium.
à Arnaud Aubron
De nahera
14H27 | 15/10/2008 |
C'est sûr que le problème de la limite existe, ainsi que la transgression….Mais je ne suis pas sûre que ce serait pire que maintenant.
Mais je viens de penser à une autre face de la légalisation : légaliser pas seulement la consommation mais aussi la vente.
Ce serait assez drôle de voir tous ces caïds qui se prennent pour des durs parce qu'ils sont poursuivis par la police, transformés en petits épiciers avec balance et caisse enregistreuse ! ! Leur ego en prendrait un coup, non ? (et le « respect » qu'ils suscitent aussi ! ! )
à Arnaud Aubron
De Ludik69
toxico de l'info | 15H23 | 15/10/2008 |
« Ensuite, de nouvelles drogues verraient le jour : jusqu'où faudrait-il aller ? “
C'est deja le cas avec les drogues chimiques. Du fait que certaines drogues soit illegal (MDMA, LSD ..etc), de nombreux amateurs (jeunes et moins jeunes) essayent de trouver des drogues equivalentes en terme d'effet.. mais legales. Le problème d'une drogue, n'importe quel drogue même les somnifères a mami, c'est que le seul moyen de savoir le niveau de toxicité est de la tester a grande echelle. On a forcement plus de recul par exemple sur le LSD (les hippies ont servis de cobaye^^) que sur des produits synthetiques hallucinogene comme le 2CI http://en.wikipedia.org/wiki/2C-I
Bien que celui-ci est aujourd'hui illegal dans la majorité des pays, il y a encore un paquet de molécules non rencensé comme drogue.. Et certaines bien plus nocive que celle dites ‘traditionnelles’. Bref, je pense qu'il y aura toujours de nouvelles drogues, mais que l'illégalité a plutot tendance a chercher des produits inconnu, baisser la qualité..
à Ludik69
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H29 | 15/10/2008 |
Comme exemple de médoc qui peuvent être pris pour se défoncer la tête : la kétamine. Un bon anesthésique pour les vaches ou même les humains, qui fut à la mode durant un temps (peut être l'est-ce encore). Mais personnellement, j'ai trouvé ça un peu nulle comme came, y'a quand même bien mieux.
à Keldan
De Ludik69
toxico de l'info | 16H47 | 15/10/2008 |
C'est toujours a la mode ^^ Le gros problème de la ketamine c'est le dosage.. Entre l'euphorie et la depression respiratoire il n'y a qu'un pas si tu n'as pas de balance et que tu prends ça comme de la cocaïne !
Perso j'ai essayé une fois il y a bien longtemps, j'avais particulièrement bien rigolé ! C'etait a un bal des pompiers en plus.. j'avais envie de m'enrouler a tous les gens qui passaient, difficile de passer inaperçu sous ketamine^^
à Arnaud Aubron
De hobo
employée | 13H20 | 16/10/2008 |
Un « scoop » : de nombreux pays (Allemagne, Hollande, Belgique, Espagne, Angleterre,
Canada, Suisse) disposent de programmes de délivrance de diacétylmorphine (nom scientifique de l'héroïne), l'utilisation sous couvert d'expérience scientifique étant la seule exception prévue par les conventions internationales . Cette forme de prise en charge s'adresse à des héroïnomanes de très longue date ne voulant ou ne pouvant décrocher. Certains pays comme la Suisse ont pérennisés la démarche en changeant leur cadre législatif (ce pays a d'ailleurs au départ été fournis en héroïne par un grand groupe français). J'ai visite un centre de délivrance en Suisse en compagnie de médecin français qui ont compris le bien fondé d'un tel système. Ils avaient d'ailleurs la fâcheuse tendance à confondre personnel soignant et patients, ce qui est significatif. Il est vrai que pour la plupart ils (les patients) se sont tournés vers des drogues bien plus dangereuse : retour à un emploi et à un domicile stable, retour vers des liens familiaux, nette amélioration de l'état de santé général et baisse importante de consommation de produits illégaux (private joke).
Il est très étonnant qu'en France personne ne se soit intéressé à ces expériences : des personnes consommant sous contrôle médical de l'héroïne « pure » et menant une vie normale. Ils sembleraient que le « drogué » inspirent bien plus les médias quand il crève sordidement (sida, prison,squatts ect…). Dans notre pays, l'on s'indigne d'abord et l'on réfléchit après et malgré des résultats en matière de politique des drogues (surtout pour les plus jeunes) très mauvais, l'on veut donner des leçons à nos voisins. Pour terminer, ce sujet est sérieux, il y est question de vie et de mort. Avant de réagir uniquement de façon émotive à ce sujet, renseignez vous,lisez, et ce pour le bien du débat. S'il vous faut de plus amples renseignements (sans rancune) sur la prescription de stupéfiant médicalement assistée, n'hésitez pas.
à nahera
De Lairderien
13H01 | 15/10/2008 |
MDR, vous m'avez devancé !
La prohibition des drogues est aussi idiote que la prohibition de l'alcool aux USA dans les années 1920.
Par contre, la vente libre via les débits de tabacs (c'est déja de la drogue en vente libre qu'est le tabac) permettrait de garantir un maximum de qualité des produits et couperait l'herbe (c'est le cas de le dire) sous le pied des traficants.
Cela n'éliminerait pas les trafics, mais en réduirait l'interet et permettrait aux forces de polices de se concentrer sur les traficants.
De plus l'attrait pour les jeunes de l'interdit, qui motive certainement également puissamment cette consommation, serait amoindri par l'effet de la banalisation.
Sauf erreur de ma part, la vente libre au Pays bas n'entraine pas chez eux plus de problèmes que dans les autres pays.
De delavergne
journaliste | 12H57 | 15/10/2008 |
Obama s'est déjà tapé un rail ? ? ?
De Pépé61
Enterré vivant | 12H59 | 15/10/2008 |
La cote de la schnouff va baisser s'ils continuent ces inconscients ! Si on en trouve un de ces jours à Rungis, elle ne sera plus au même prix que maintenant. Va falloir placer le pognon ailleurs, une fois de plus, quelle époque …
De quetzal2012
enseignant précaire | 12H59 | 15/10/2008 |
La « guerre totale » contre le narco-trafic est en lien direct avec la politique d'ingérence de Etats-Unis, elle en est l'alibi(voir les ravages du « plan Columbia »)
Il est à noter l'absence criante d'études américaines sur la structure du marché des narcotiques aux Etats-Unis. Il est vrai qu'externaliser la guerre sainte contre la drogue évite le douloureux travail de s'interroger sur les conditions économiques et sociales qui prévalent dans les villes et les ghettos américains.
La guerre à la drogue semble avoir remplacé la « doctrine de la contre-insurrection » appliquée par Washington durant les années 80.
Un processus fortifié depuis 1989 avec l'installation de forces armées qui pourraient se révéler bien utiles pour déstabiliser politiquement et économiquement le pays
Arnaud Aubron : Morales ne s'est jamais prononcé en faveur d'une quelconque légalisation, et ce malgré son ex-statut de représentant syndical des « cocaleros »…, n'oublions pas que les indemnisations des paysans promises par la DEA n'ont jamais été effectué et que lorqu'il est question de la culture de la coca, on doit garder à l'esprit qu'il ne faut pas moins de 16 produits chimiques pour en faire de la cocaine…
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
à quetzal2012
De Arnaud Aubron
(auteur)
Rue89 | 13H05 | 15/10/2008 |
Désolé si j'ai laissé entendre que Morales s'était prononcé en ce sens. Je ne l'ai rajouté dans ce panorama, aux côtés de ses confrères vénézuélien et équatorien qui ne l'ont pas fait non plus, que pour souligner qu'il y a actuellement en Amérique latine une opposition à la ligne dure prônée par les Etats-Unis. Car si Morales n'a pas parlé de dépénalisation, il s'opose à la politique américaine d'ingérence au nom de la guerre à la drogue. Il a par exemple déjà relevé la production légale de coca destinée à la consommation traditionnelle.
à Arnaud Aubron
De quetzal2012
enseignant précaire | 14H00 | 15/10/2008 |
merci d'avoir rectifié le tir !
De SiDi
Kitten ! | 17H23 | 15/10/2008 |
Salut,
Au sujet de ces pays, un excellent article du Diplo, paru il y a quelque mois, évoquait le sujet.
Il est en ligne ici : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/LEVY/15877
Entre autres, on nous y rappelle que la cocaïne, ce n'est pas uniquement la feuille de coca (qui a effectivement ses vertus), mais aussi une grosse quantité de produits chimiques… produits principalement dans les « pays riches », et importés par les narcotrafiquants.
Filtrer l'importation de ces produits et ficher leur exportation depuis l'UE ou les USA aurait sans doute de bien meilleurs résultat que de brûler les champs de coca…
De marre.du.pipe.hole
13H10 | 15/10/2008 |
Hé oui , ils sont forts ces politiciens . En France , depuis que sarko à instauré la culture du résultat et la (trés petite)prime qui va avec, il est plus facile d'attraper un consommateur afin d'être bien noter . De même ,lorsque on annonce à la télé « qu'il va faloir attraper tous ceux qui roulent en grosse voiture , alors qu'ils touchent le RMI “ ,il ne faut pas s'étonner que le lendemain des 106 et autres clio reviennent en force dans la cité . Pareil pour les putes , maintenant on les emmerde elles ainsi que leurs clients , c'est tellement plus facile que d'aller se frotter à leurs mac . Nos prisons sont pleines ! ! et bien tans pis , si tu te fait attraper avec 2g de cannabis , la 1ère fois avertissement mais la 2ème fois c'est une peine plancher de 4 ans ! ! ! !
De l´axe du bien
13H19 | 15/10/2008 |
« les Etats-Unis dépensent chaque année des milliards de dollars pour les “ aider ” à lutter contre un trafic »
J´ai souvent lu que la CIA gérait son propre trafic pour financer ses activités. merci de m´éclairer.
d´autre part, petit hors sujet, je ne peux m´empêcher de penser, comme d´autres, que les drogues servent aussi a endiguer les révoltes en sapant la volonté des gens.
De Arnaud Aubron (auteur)
Rue89 | 13H25 | 15/10/2008 |
Sur la CIA c'est exact (lire à ce sujet LE livre de référence : Alfred McCoy, « La politique de l'héroïne »). Mais les différentes agences gouvernementales n'ont pas toutes le même agenda. Un peu comme le ministère de l'Economie et celui de l'environnement par exemple.
De unagi
Fatalitas | 13H28 | 15/10/2008 |
L'horloge de la guerre à la drogue américaine
Cette horloge rappelle qu'aux Etats-Unis, la guerre à la drogue n'est pas un vain mot. En 2005 toujours, la police a appréhendé 786 545 personnes pour des affaires liées à du cannabis. Ce qui représente une arrestation toutes les deux minutes. Nouveau « record » selon le FBI. En 2003, le budget fédéral alloué à cette cause était de 600 dollars par seconde.
Il a augmenté depuis. Quant au nombre des contamination au HIV qui auraient pu être évitées, il souligne le refus constant de Washington de lever son veto au financement de programmes d'échange de seringues. Introduits en France dès 1987.
http://www.drugsense.org/html/
l'horloge à partir de l'heure courante présente
les coûts pour l'état fédéral, les états et sont liés au nombre d'arrestations liées à la drogue et pour finir le nombre d'arrestations liées au cannabis uniquement.
« Sur l'insistance des USA se tient à Shanghai, en 1909, la première conférence internationale pour une prohibition générale de l'opium pour tout usage non médical.
Au nom de la morale ? Soyons sérieux ! Nous avons vu le rôle de la morale américaine dans la guerre du Nord libéral contre le Sud esclavagiste. Guerre qui visait moins à libérer les Noirs de l'esclavage qu'à récupérer une main d'œuvre bon marché pour l'industrie nordiste. Nous avons vu le rôle de la morale dans l'anéantissement du peuple indien. Pour préserver le peuple américain des drogues ? Peu plausible, les Américains s'adonnant plus volontiers aux alcools forts.
Alors, pourquoi les Américains insistent-ils tellement pour une interdiction mondiale de l'opium alors qu'ils se contenteront d'une déclaration d'intention sans qu'aucun organisme de contrôle soit mis en place ? En fait, les USA, grâce à leurs bases coloniales dans le Pacifique, se sont assurés la maîtrise de cette zone jusque-là contrôlée par la Grande-Bretagne. Et la nouvelle croisade anti-opium va leur permettre de saper l'emprise commerciale anglaise en Asie, en arraisonnant légalement les navires anglais transportant l'opium.
La deuxième conférence, à La Haye, en 1912, toujours à leur demande, étend l'interdiction à la cocaïne et au cannabis. Seront ainsi retirés des pharmacies et des drugstores la quasi-totalité des gadgets opiacés et cocaïnés dont les industries pharmaceutiques européennes tirent d'immenses profits.
Enfin, toujours convoquée à la demande des USA, la conférence de Genève, en 1925, prévoit, avec l'interdiction de toutes les drogues pour un usage non médical, un contrôle sévère du comité central permanent de la Société des Nations. À partir de là, le commerce des drogues, qui était un commerce lucratif, considéré comme immoral mais légal, devient alors un délit passible de lourdes peines. Et les sanctions prévues dopent les prix, pénalisant ainsi les laboratoires européens. Et cette prohibition générale des drogues dynamise un trafic contrebandier international, multiplie les réseaux clandestins incontrôlables, sauf par les mafias américaines nées de la prohibition de l'alcool (de 1919 à 1931) qui, sous l'impulsion de Lucky Luciano, s'emparent du marché et utilisent les mêmes filières mises en place pour la contrebande des alcools.
Une conclusion s'impose : les prohibitions n'ont rien eu d'idéologique. Tous les discours au nom de la morale et de la protection des peuples n'ont servi qu'à couvrir des buts économiques, géopolitiques ou de conquête. »
http://membres.lycos.fr/wotraceafg/delanne.htm
http://www.monde-diplomatique.fr/1994/04/DE_BRIE/371
« Engagée dans les années 60-70, la guerre à la drogue, c'est-à-dire la politique de prohibition de la production, du commerce et de l'usage de stupéfiants classés illicites s'est appuyée sur un arsenal répressif impressionnant, renforcé d'année en année. Pour faire appliquer conventions internationales, accords régionaux et législations nationales nombreuses et contraignantes, souvent attentatoires aux libertés, on a multiplié à tous les échelons les bureaucraties spécialisées. Polices, armées, douanes, justice, administrations pénitentiaires, fiscales, financières, équipes médicales et services de santé, comités et commissions d'évaluation et de coordination ont perfectionné et diversifié leurs moyens d'action, gonflé leurs effectifs et leurs budgets.
A travers le monde, des centaines de milliers d'agents participent au combat et des dizaines de milliards de dollars sont dépensés annuellement. Le tout dans un climat entretenu de guerre à outrance, aux épisodes renouvelés de plus en plus violents, où l'opinion publique est en permanence mobilisée par la mise en scène médiatique d'ennemis diabolisés, des seigneurs de la guerre des hauts plateaux du Triangle d'or aux triades chinoises de Hongkong, des chimistes de la french connection aux banquiers arabes et pakistanais de la BCCI, du général Noriega à Pablo Escobar, des sicaires de Bogota aux gangs de Los Angeles.
Bilan incontesté des combats : au cours de la même période, la production, le trafic et la consommation de drogues illicites n'ont cessé de se développer (2). Tout d'abord les zones de cultures, les lieux de fabrication, les circuits de transit des principales drogues : cannabis, héroïne, cocaïne, autrefois localisés, se sont étendus géographiquement et couvrent aujourd'hui presque toute la planète. Ainsi, la production d'opium, le trafic de morphine base et d'héroïne débordent les zones du Triangle d'or et du Croissant d'or et leurs circuits d'acheminement traditionnels, pour s'étendre à l'Asie centrale et à la Chine, à l'Europe de l'Est et à la Russie et même à l'Afrique.
De même, la culture de la coca, la production et le trafic de la cocaïne concernent aujourd'hui plus d'une quinzaine de pays d'Amérique latine et centrale contre trois ou quatre il y a une dizaine d'années. Quant au cannabis, il est cultivé partout et, pour les variétés aux teneurs les plus élevées, aux Pays-Bas comme aux Etats-Unis, où il est devenu, en valeur, une des premières productions agricoles. De véritables boulevards de la drogue tracent leurs circuits mouvants à travers les cinq continents.
Ainsi, la guerre à la drogue tue bien davantage que la drogue elle-même. A un coût prohibitif, elle engloutit des moyens humains et financiers qui font défaut dans la lutte contre les causes sociales du développement de la toxicomanieFerventes prohibitionnistes, les mafias n'ont pas de meilleurs complices, involontaires, que les douanes et polices. Leur action ajuste à la hausse le prix des drogues et augmente le nombre de drogués revendeurs.Par-dessus tout, entre prohibition et drogue, la complicité tourne souvent à la duplicité. Tout d'abord, les narco-dollars, c'est-à-dire les énormes profits tirés du trafic, blanchis par les réseaux bancaires avant d'être recyclés, sont devenus l'un des principaux régulateurs de l'économie mondiale. Ainsi, les créanciers du tiers-monde : pays membres du G7, des clubs de Paris et de Londres, Fonds monétaire international et Banque mondiale acceptent volontiers que l'argent blanchi de la drogue assure le service de la dette ou finance les plans d'ajustement structurel. Et la France s'assurera de meilleures garanties de paiement en vendant ses Mirage à la Colombie ou au Pakistan — ce qu'elle fait. »
à unagi
De greenworld
13H36 | 15/10/2008 |
Pour lire le post ci dessus qui est intéressant mais long : )
http://www.deezer.com/#music/result/all/legalize%20it
De bondurant
13H30 | 15/10/2008 |
La prohibition est une aberration qui s'en prend à la liberté individuelle et repose sur des présupposés moraux. Elle banalise le non respect de la loi, ce qui est grave et fait peser une insécurité quotidienne sur des millions de citoyens qui consomment du cannabis. Elle rend vulnérable des millions de citoyens face à un état de plus en plus policier et répressif. Toujours sur ses gardes face à la police qui représente une grave menace, car se faire prendre est devenu très dangereux pour sa sécurité.
Une société sans drogue n'existe pas : c'est un constat fait par les anthropologues et qui se vérifie lorsque l'on se penche sur notre culture liée au vin et à l'alcool ( « ceci est mon sang » ).Le pourcentage de fumeurs aux pays bas est beaucoup plus faible que chez nous ( on est parmi les plus gros consommateurs)mais on les pousse à faire comme nous. Voilà une politique sanitaire basée sur la raison. Je n'aborde pas le cas des antidépresseurs.
Je suis persuadé que légaliser la vente dans des débits strictement contrôlés ferait baisser la consommation à moyen et long terme. Car la transgression liée à ce produit disparaitrait. De plus, la plupart des fumeurs achètent par habitude, lorsque le produit se présente car ils ne savent pas si ils pourront se fournir lorsque ils le désireront. Assurer l'offre constante permettrait d'acheter seulement lorsque l'on désire consommer.
Ensuite, alors que l'on nous rabat les oreilles avec des contraintes budgétaires, taxer fortement ce produit permettrait de financer nos systèmes de santé plutôt que de laisser cette manne aux organisations criminelles.
Mais avec un gouvernement populiste, qui fonde sa politique sur l'idéologie et non sur la raison et les sciences sociales, cette époque reste lointaine et je continue à avoir peur de la police. Ce qui en définitive, est peut-être l'effet recherché.
Je passe sur l'étude réalisée par un comité d'experts scientifiques sous le gouvernement Jospin et qui avait classé le cannabis comme moins dangereux que l'alcool et le tabac. Oubliée cette aberration scientifique. La science aux oubliettes.
Tout ceci est STUPEFIANT.
De bondurant
13H49 | 15/10/2008 |
Et que dire du Maroc, pays que j'affectionne particulièrement. Dans les montagnes du Rif dans le Nord dans une région de 200km est-ouest sur 50 km N-S, les champs de cannabis bordent les routes. Les marocains qui ne consomment pas d'alcool sont en majorité fumeurs. Ils produisent un haschisch de terroir tiré de la plante et qui est relativement doux.
Produire du blé sur ces pentes de basses montagnes qui culminent à un peu plus de 2000 mètres, c'est réduire des centaines de milliers de paysans à la disette ou au moins à la pauvreté.
Le vin chez nous est valorisé, à juste titre, comme un produit de fête et de terroir. Pourquoi ne pas faire la même chose au Maroc avec le cannabis ? Pourquoi ne pas mettre en place des accords avec le Maroc pour une importation contrôlée ? Je postule pour le job-lol.
Plus sérieusement cela permettrait à ces paysans de tirer un revenu convenable de leurs terres, de développer cette région et pourquoi pas de limiter l'immigration. Mais le développement du sud n'intéresse pas notre gouvernement malgré les promesses de campagne qui n'engagent que lui.
à bondurant
De Sir_galaad
Un clavier AZERTY en vaut deux ... | 14H11 | 15/10/2008 |
Un bon retour au comptoir du kif, le rêve ! ! ! !
De Thorgal46
Informaticien dans le Lot | 13H57 | 15/10/2008 |
Comme j'ai l'impression d'être entouré de spécialistes, je voudrais en profiter pour poser une question :
Selon vous, peut on physiologiquement et psychologiquement consommer de la cocaïne de façon « festive et conviviale » sans devenir accro ou dépendant ?
Comme le disait un Riverain plus haut :
Je bois de l'eau toute la semaine, mais le week end, en soirée avec des gens que j'aime bien, je ne culpabilise pas si je me prends une petite cuite…
Le même fonctionnement est il envisageable avec d'autres drogues que l'alcool ?
à Thorgal46
De bondurant
14H20 | 15/10/2008 |
Oui, c'est possible avec toutes les drogues mais plus vous jouez avec les drogues dures, plus le risque d'addiction est rapide et les effets médicaux dangereux.
à Thorgal46
De greenworld
15H05 | 15/10/2008 |
Clairement pour le cannabis, aucun soucis il n'y a pas de dépendance. J'ai été un fumeur régulier (tous les jours) pendant environ 10 ans. Aujourd'hui, j'ai même arrêté la cigarette (dur dur pour la clope),le reste c'est vraiment occasionnel (10 fois dans l'année). Après c'est une évidence que fumer des joints tous les jours, ça éveille pas forcément. Sinon fumer quelques joints le week-end, aucun problème pour aller bosser le lundi.
Pour les drogues psy genre LSD, psylo, acides en tous genre, MDMA, ect…Il n'y a aucune dépendance mais ce sont des drogues puissantes (même si le LSD et les amphets n'ont pas grand chose à voir)et peu de gens en consomment chaque week-end sauf ceux qui ont décidé de s'envoyer dans le mur. C'est comme pour tout, il y a des gens qui boivent à vomir chaque week-end, d'autres mangent des pilules à se casser la tête. Niveau effet physique, peu ou pas grand chose. Après au niveau psychologique, c'est clair que manger un buvard d'acide tous les weekends, pour ma part, je pense que c'est de la folie. Les prises bien puissantes, c'est 2-3 jours pour atterrir complètement : D Si le LSD était en vente libre, je pense que sur 10 personnes peu portées sur les drogues qui testeraient, 1-2 recommenceraient de temps en temps, les 8 autres considérant que ce premier voyage leur aurait suffit : p
Mon avis sur la cocaïne est que c'est une drogue qui se rapproche de l'alcool fort et que prendre 10 rails (voir 20 bien souvent) de coke tous les week ends pendant 6 mois, ça va être dur de décrocher. Un rail de temps en temps pourquoi pas,la prise unique qui rendrait accro, c'est une légende. L'effet physique est modéré (relatif).
Les problèmes relatifs aux drogues sont surtout liés à l'environnement. Un personne avec un boulot et une famille ou bien un étudiant ne pourra jamais faire des prises régulières (tous les week ends) de LSD. C'est tout simplement impossible de sortir boire un verre, de conduire ou d'avoir une activité sociale avec des gens cleans.
La cocaïne, c'est plus compliqué car on peut faire tout comme d'habitude (socialiser, travailler, se déplacer), c'est vraiment facile et de là vient le problème. On peut abuser rapidement. Je pense que c'est la drogue la plus invisible socialement parlant. Beaucoup moins visible que le cannabis ou que l'alcool même. Peu ou pas d'effets physiques néfastes. Perso, c'est cette drogue là qui va envoyer (et qui envoie déjà) le plus de gens dans le décor. Plein de jeunes, refroidis par les acides par exemple (un bonne frousse et c'est fini : D) usent et abusent de la cocaïne. Nombreux sont ceux qui traitent de fous les consommateurs occasionnels de LSD et qui ne voient pas encore le danger de leur consommation de cocaïne…
Bref, c'est comme tout modération est le maitre mot.