26/06/2007 à 21h47

« Marché des drogues sous contrôle » : la fable de l'ONU

Arnaud Aubron | Les Inrocks (et ex-Rue89)

« On peut dire que la situation des drogues dans le monde est maîtrisée parce qu’il s’agissait jusque-là d’un train fou, d’une situation hors de contrôle, alors que nous atteignons une certaine stabilité. Concernant la production, le trafic ou l’abus et que l’on parle de cocaïne, d’héroïne, de cannabis ou d’amphétamine, la situation se stabilise. » Evidemment, à entendre ces propos (en anglais dans la vidéo) du directeur exécutif de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Antonio Maria Costa, hier, à l’occasion de la journée mondiale contre la drogue et de la sortie du rapport mondial sur les drogues, on pourrait souligner que 200 millions de consommateurs pour un problème maîtrisé, c’est tout de même pas mal.

On pourrait ensuite objecter que le directeur de l’ONUDC se contredit lui-même en avouant que la situation était jusque-là hors de contrôle, ce sur quoi s’accordent tous les spécialistes sérieux de la question, mais qu’il s’appliquait lui-même méthodiquement à le nier contre toute évidence depuis des années.

Qu’avec une production de pavot en hausse de 50% en Afghanistan en 2006, il est quand même limite honteux de parler de « stabilisation du marché de l’héroïne ».

Que prétendre que 42% de la cocaïne produite dans le monde est saisie par la police, quand on n’a en fait qu’une idée très vague de ce qui est produit et sniffé, est assez louche. Et que le rapport annuel du département d’Etat américain, publié il y a quelques jours, faisait lui état d’une hausse de la production de cocaïne dans les Andes. Que l’Europe n’a jamais autant consommé de cocaïne...

On pourrait aussi s’interroger sur le fait que le marché du cannabis, numériquement le plus important, est donné comme le meilleur exemple de stabilisation alors qu’il n’est absolument pas quantifiable en termes de production globale. Que si l’on a une idée de ce que le Maroc est capable de fournir en une année, aucune statistique n’existe concernant les pays du Nord, comme les Pays-Bas ou les Etats-Unis, potentiels plus gros producteurs mondiaux.

On pourrait légitimement douter du fait que la consommation de cannabis puisse être stable dans le monde alors que, au dire même de l’ONU, plus de 20 pays rapportent une « hausse importante » de la consommation contre cinq rapportant « une baisse importante ».

Que le cannabis « dix fois plus fort » et « qui rend malade toute la vie », s’il est un thème à la mode, ressort encore aujourd’hui plus à l’incantation politique prohibitionniste qu’à la science.

On pourrait également objecter que, loin de se contracter ou « d’être sous contrôle », le marché mondial des drogues se transforme, s’adapte, raccourcit les filières, se fait plus discret. Ou utilise d’autres chemins, comme l’Afrique, nouvelle terre de conquête pour le trafic comme pour la consommation locale.

On pourrait, après tout cela, dire qu’un film comme celui qui accompagne pour la première fois la sortie du rapport (voir ci-dessus, en anglais), qu’une telle œuvre de propagande, images d’arrestations et d’éradication à la clé, fleure bon la Guerre froide ou l’entre-deux-guerres.

Bref on pourrait se dire que tout cela n’est pas très sérieux de la part d’un organe de l’ONU. Mais non, tout bien réfléchi, on ne le dira pas et on invitera plutôt, pour ne pas avoir totalement perdu son temps et apprendre tout de même des choses sur le sujet, à lire l’excellente tribune du chercheur Pierre-Arnaud Chouvy, publiée hier sur Rue89.

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  • Arnaud Aubron
    Arnaud Aubron
    Auteur(e) de l'article Les Inrocks (et ex-Rue89)
    • Posté à 10h39 le 27/06/2007
    • Internaute 77
      Les Inrocks (et ex-Rue89)

    50% d’augmentation depuis l’année dernière seulement... Depuis la chute des talibans, la hausse est d’environ 3000% (de 200 à plus de 6000 tonnes d’opium). Ce qui n’empêche pas l’ONU de rendre les talibans quasi-seuls responsables de la hausse de la production actuelle en Afghanistan...

    • manu2005
      manu2005 répond à Arnaud Aubron
      Afghanistan,Lybie, la france (...)
      • Posté à 14h25 le 28/06/2007
      • Internaute 1805
        Afghanistan,Lybie, la france (...)
        J’y ai pensé plus tard. Merci de le présiser, car le chiffre est quand même assez parlant
    • olivier p
      olivier p répond à Arnaud Aubron
      face à la mer
      • Posté à 13h17 le 27/06/2007
      • Internaute 625
        face à la mer

      Ce qui est aussi remarquable, ce sont les évolutions des prix de gros et au détail, du paysan au consommateur, en passant par les produits synthétiques précurseurs, mais aussi ce que certains ont appelé la gestion de la rareté.

      Il est assez difficile d’en parler de manière synthétique si on se place d’un point de vue ne serait-ce qu’historique et par produit, l’onudc les présente, en français, depuis 1990 dans son rapport de 2006, tome 2. Ces statistiques « officielles » sont une autre fable. Il y a eu des hausses et des baisses tendancielles et territoriales assez spectaculaires, parfois paradoxales (contradictoires) au regard des objectifs politiques.

      Les productions de plantes à drogues et de drogues synthétiques semblent parfois ressembler à ce qu’il a de pire dans des économies à la fois hyper plannifiées (loin de moi l’idée de « complot ») et hyper capitalistes, sauf que là, les conséquences sont « barbares », « sauvages », pour le moins hyper violentes (exploitations des plus pauvres, corruptions, prisons, transgressions démocratiques, peines de morts exécutées, maladies-infections, stigmatisations et répressions de boucs-émissaires, outils et armes de guerres)....

      Au regard des différents niveaux où se créent le plus de plus-values (du commerce en gros au détail, il existe des paliers), on peut vraiment s’interroger sur le fait de savoir si la fable de l’impact d’une « normalisation » dans les « banlieues françaises » ne devrait pas être davantage commenter. Michel kokorref, sociologue, ou Pierre Kopp, économiste, ont travaillés sur ces réalités économiques. Certains éléments sont remis à une place plus juste. Au regard des budgets consacrés à certains autres choix politiques, il semble possible de dire que l’argent en cash qui circule sur ces territoire français, ce à quoi il répond et qui constitue la « matière vivante » de cette économie, n’est pas si exorbitant. Les coûts sociaux le sont. On peut même anticiper « facilement » une inflation structurelle vus le référentiel sécuritaire, certaines carences sanitaires, les évolutions des usages, actuels. On pourrait même se demander si l’impact le plus important d’une sortie, progressive, de la prohibition actuelle ne serait pas plus, ou autant, ou différement, problématique dans les « quartiers » ... riches ?

      Nombre de politiques font l’autruche sur la politique des drogues du fait de peurs, celle de l’explosion des « quartiers » et celle de l’impact d’une nouvelle interprétation des conventions internationales, avec celle du passage d’un interdit absolu à relatif pour les usagers (ni plus ni moins de droits et d’obligations pour les usagers d’alcools et de cannabis par exemple, les mêmes droits et obligations de pouvoir en parler et vivre avec), m’ont toujours semblé structurantes.

      Pendant ce temps-là, il s’est développé en france une politique dite des addictions avec ou sans produit, une politique de réduction des risques liés aux usages de drogues (les seringues, les produits de substitution à l’héroïne, les pailles, les testing...)... certains aspects sont précaires, d’autres sont expérimentés ou pérennisés depuis les années sida, d’autres se font en fonction de volontarismes locaux et d’autres progrès ne se font pas faute d’une clarification politique, de choix budgétaires, de plus de pluralisme, de conflits sans recherche de convergences...

      Plutôt que de schizophrénie politique (sans cannabis), certains parlent de duplicité... jusqu’à quand ?

  • Anonyme

    Ben quoi, c’est juste un (nouveau) bon exemple de la réthorique « efficace » dont on commence à avoir l’habitude, ne serait-ce qu’en France. La vérité n’a aucune importance, il suffit d’affirmer n’importe quoi de manière péremptoire pour que cela devienne vrai.
    Notre « cher » président ne vient-il pas de déclarer que « le droit du travail n’avait jamais été aussi favorable aux employés qu’aujourd’hui » ? C’est n’importe quoi mais ça marque.
    De même que cet article : le type de l’ONUDC balance deux énormités en trois secondes, on avale. Pour dire la vérité, il vous faut pas loin de trois feuillets. Qu’est-ce qui a le plus d’impact ? C’est là tout le drame...

    Otto Naumme

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron
      Auteur(e) de l'article Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 10h41 le 27/06/2007
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Bah forcément là, vous me brisez un peu le moral.

      • Anonyme répond à Arnaud Aubron

        Désolé, j’voulais pas... Et faut continuer à faire ce travail d’intelligence et d’information. OK, il est pas efficace à courte vue mais toutes ces petites pierres qui contribuent à l’intelligence finiront par faire quelque chose de positif, faut essayer de s’en convaincre.
        « Les gens » (notion fumeuse s’il en est) ne sont pas les idiots qu’on cherche à faire croire. La preuve, c’est que vous ou moi, on est des « gens », entre autres. Et « les gens », si on titille en permanence leur intelligence, ça marche. Du moins c’est ce que je crois. S’agit pas d’imposer quoi que ce soit, ni de se battre contre un « système » qui lui mise sur le débranchage des cerveaux. S’agit simplement de raconter sans relâche les vérités et les intelligences.
        Pas simple, pas facile, pas gratifiant, mais nécessaire...
        Bon, ben moi qui voulait vous remonter le moral, v’là t’y pas qu’je suis en train de briser le mien... ; -)

        Otto Naumme

         
        • manu2005
          manu2005
          Afghanistan,Lybie, la france (...)
          • Posté à 11h28 le 27/06/2007
          • Internaute 1805
            Afghanistan,Lybie, la france (...)
            On pourrait certes douter parfois, mais il nous faut constater :
            Nous sommes sortis des cavernes.
            Nous sommes sortis du servage.
            Nous nous sommes un peu approchés de la démocratie.
            Donc, ça marche. Continuons.
        1 autres commentaires
  • dijou
    dijou
    Esclave d'une SSII
    • Posté à 11h26 le 27/06/2007
    • Internaute 803
      Esclave d'une SSII

    Il s’agit surtout pour ce monsieur et son organisme de conserver la pluie de dollars qui accompagne les programmes « d’éradication » et de donner bonne conscience à une organisation des nations qui apparemment est tout sauf unie...

    • Anonyme répond à dijou

      Bonjour.
      Oui ça rappelle certains hommes politiques français qui savent faire chuter les chiffres du chômage avant des élections présidentielles. Ha c’est facile de jouer avec les stats quand, lors des diffusion, on en explique pas les critères.
      « 42% de la cocaïne produite dans le monde est saisie par la police ». Comment peut on être à un tel poste tout en étant aussi naïf, au point de se convaincre soi-même que l’on connaît toutes les zones de production. Les producteurs se cachent ils si mal ? Ben action alors ! !
      A moins, qu’encore une fois, on nous fasse gober des chiffres et leur interprétation approximative (et inexpliquée) comme une information sur et irréfutable.
      Stouve.

  • Patty
    • Posté à 11h30 le 27/06/2007
    • Internaute 3413

    Il y a beaucoup d’hypocrisie, là comme ailleurs : il y a 20 ans que l’Iran demande de l’aide pour sécuriser sa frontière avec ses chers voisins mais, finalement, ça arrange la « communauté internationale » que ce pays soit touché et de plus en plus par la toxicomanie. Rapellez-vous comme la CIA a financé les paramilitaires d’extrème droite avec l’argent de la coke dans les années 80 ! ! ! Le trafic de drogue est un outil comme un autre pour eux ; dites vous que si la santé des gens avait une quelconque importance, on arrêterait d’arroser la planète avec des armes et on partagerait la nourriture qui pourrit dans nos hangars.

  • Anonyme

    « Les forces d’occupation en Afghanistan appuient le trafic de drogue. L’alternative au pavot légal est un leurre, »
    par Michel Chossudovsky

    Lien

  • Anonyme

    Les « drogues » sont des produits si simples à produire...

    C’est la production qui va devenir hors contrôle, les consomateurs ayant maintenant les moyens techniques de produire un meilleur produit que celui proposé par les mafias, et pour un coût moindre ou pas très eloigné...

    c’est déjà le cas pour la beuh, et les pieds de coca poussent eux aussi très facilement en intérieur...

  • Anonyme

    Vous avez pas bien compris le sens de la formule « sous controle »...
    Depuis le debut de l’annee 2006, les britaniques ont envoyes des renforts de troupes en Afghanistan officiellement pour combattre le terrorisme mais dans les faits, ces soldats protegent les champs de pavot que les paysans exploitent. L’information avait ete (tres peu) diffusee fin 2005, donc OUI, la situation est « sous controle »... des gouvernements occidentaux qui ferment les yeux.

    • demba
      demba
      rebelle
      • Posté à 13h52 le 30/06/2007
      • Internaute 11554
        rebelle

      Ouaouuu, peux-tu préciser un peu ?

  • Raph66
    • Posté à 14h33 le 29/06/2007
    • Internaute 10731

    ... en lisant l’article de Libé du 8 juin 1998, annonçant la session extraordinaire de l’ONU.
    Suivi d’une interview d’Ethan Nadelmann. Ce qui est navrant, c’est d’avoir raison avant tout le monde...
    Avec ce rapide retour dans le passé, on se dit que décidément, tous les moyens consacrés à la répression auraient pu être plus utiles pour autre chose. Non seulement aucun objectif n’a été atteint, mais surtout les effets collatéraux de cette politique autiste et déphasée avec la réalité se ressentent avec une acuité croissante au Mexique, en Colombie, dans les favelas brésiliennes, en Haïti, etc.
    Jugera-t-on un jour l’ONU pour ses crimes ?

    L’ONU PLANCHE SUR UN MONDE SANS DROGUES
    Au menu : diminuer l’offre et la demande d’ici à
    2008...
    Le 8 juin 1998

    New York de notre correspondant

    « Un monde sans drogues. Nous pouvons le faire ! » Une
    trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement — dont
    Jacques Chirac — sont attendus à New York à partir
    d’aujourd’hui et durant une semaine pour une session
    extraordinaire de l’ONU destinée à marquer le
    dixième anniversaire de la « convention
    internationale contre le trafic illicite de
    stupéfiants et de substances psychotropes ». Avec
    environ 190 millions d’utilisateurs recensés au
    niveau mondial (un chiffre en augmentation

    d’une déclaration commune visant à établir de
    nouveaux programmes destinés à réduire la
    consommation d’ici à 2003 et à diminuer « fortement à
    la fois l’offre et la demande » de drogues d’ici à
    2008. D’après les chiffres des Nations unies, entre
    3,3 % et 4,1 % de la population mondiale consomment
    chaque année des drogues illicites. L’héroïne (8

    « dangereuse », même si la cocaïne (13 millions de

    mondial, on recense 140 millions de fumeurs de
    cannabis. Pour la première fois, la réduction de la
    « demande » devrait figurer en bonne place dans les
    discussions. Une revendication constante des pays
    « producteurs », qui estiment que rien ne sera
    possible sans réduction de la consommation dans les
    pays développés. Les chefs d’Etat devraient
    également évoquer le sujet controversé de la
    légalisation, pour y réaffirmer principalement leur
    opposition. Autres dossiers : les programmes
    internationaux de réduction des cultures illicites,
    le bilan des politiques de blanchiment de l’argent
    de la drogue, la croissance du marché des
    amphétamines et la coopération judiciaire
    internationale. Le Programme de l’ONU pour le

    400 milliards de dollars le chiffre d’affaires
    annuel du marché des drogues illicites, soit le
    double de celui de l’industrie pharmaceutique.

    L. L.
    ––––––––––––––––––––––––––-

    « La politique menée au niveau mondial est
    contre-productive »
    Pour Ethan Nadelmann, les programmes de lutte contre
    la drogue manquent de réalisme.

    New York de notre correspondant

    Ethan Nadelmann est le président du Lindesmith
    Center à New York, une organisation financée par le
    milliardaire George Soros pour promouvoir des
    politiques « alternatives » en matière de drogues
    illicites. Tout en prenant garde de ne pas prôner
    ouvertement la légalisation totale du marché de la
    drogue, il insiste sur les échecs de la politique
    actuelle de « prohibition » menée au niveau mondial.

    Au moment où les Nations unies engagent les Etats à
    mobiliser leurs forces, vous estimez que la « guerre
    contre la drogue » est déjà perdue...

    A l’exception de propos vides sur la « réduction de
    la demande », l’accent sera en réalité mis une
    nouvelle fois sur les mérites des approches
    répressives. Or les politiques défendues au niveau
    mondial ces dix dernières années ont échoué.
    Pourtant, aucune critique sérieuse des pratiques et
    stratégies retenues n’est engagée. Affirmer
    aujourd’hui, comme le fait le Pnucid, qu’un monde
    sans drogues est possible est la preuve de cette
    absence totale de réalisme et de pragmatisme. Ce que
    font les Nations unies, c’est reproduire au niveau
    mondial la politique menée sans succès par
    Washington : en 1988, le Congrès américain a passé
    une résolution déclarant que les Etats-Unis seraient

    1995. Le budget de lutte contre la drogue aux
    Etats-Unis est passé depuis de 1 milliard de dollars
    par an, en 1980, à 17 milliards cette année — dont
    les deux tiers consacrés à la répression —, et ce
    résultat n’a pas été atteint. Au contraire.

    Vous insistez sur l’inefficacité économique des
    politiques actuelles.

    La politique menée jusqu’à présent au niveau mondial
    est contre-productive : la production de drogue
    augmente, les prix baissent et la consommation est
    en hausse. Plus généralement, les politiques
    publiques menées au niveau international n’ont été
    soumises à aucune analyse coûts-bénéfices. D’après
    les études menées aux Etats-Unis, si l’objectif est
    de réduire la dépendance à l’égard de la drogue, 1
    dollar investi en traitement équivaut à 7 dollars en
    répression. Or c’est exactement le contraire qui se
    passe. Autre exemple : d’un point de vue purement
    économique, nous savons maintenant que les
    programmes d’échanges de seringues pour les
    utilisateurs de drogues sont rentables. Non
    seulement ils sauvent des vies humaines, mais ils
    réduisent les dépenses gouvernementales liées au
    traitement des maladies et au coût de la dépendance.

    Faut-il donc ne rien faire face à la mafia de la
    drogue, aux cartels colombiens ou aux réseaux
    internationaux de trafic ?

    Nous n’avons, dans l’état actuel des choses, pas de
    solution : les autorités policières doivent, bien
    sûr, poursuivre les trafiquants internationaux les
    plus dangereux, les plus violents, les plus
    menaçants pour la société. A l’autre extrémité, la
    même analyse s’applique dans la rue : aussi longtemps
    que les drogues sont illégales, la police doit
    mettre l’accent sur les dealers les plus dangereux
    et les plus menaçants pour leur communauté. La
    police devrait réguler le marché de la drogue, avec
    une approche similaire à celle qui est retenue, en
    pratique, aux Etats-Unis pour la prostitution : viser
    en priorité les comportements abusifs, dégradants et
    dangereux. Les prostituées sont tenues à l’écart des
    écoles, et il est important de lutter contre la
    violence des proxénètes à leur égard. Mais si la
    prostitution a lieu de manière tranquille derrière
    des portes fermées, nous fermons les yeux et nous
    tolérons une activité qui a toujours existé même si
    elle est en principe interdite. Une approche
    similaire pourrait fonctionner avec le marché de la
    drogue. Il n’est pas bon de traiter des adultes
    comme on traite des enfants.

    Recueilli par LUC LAMPRIERE

    ©Libération

  • demba
    demba
    rebelle
    • Posté à 14h25 le 30/06/2007
    • Internaute 11554
      rebelle

    Je voudrais faire quelques remarques à ce sujet :

    - rappellez-vous la guerre qu’a faite l’Angleterre à la Chine au...XIX siècle pour forcer l’introduction de l’opium, dont la Chine ne voulait à aucun prix

    - l’argent de la drogue représente un facteur énorme dans l’économie mondiale. Une libéralisation de la drogue pourrait déclencher une importante crise ! Donc, évidemment que le marché est sous contrôle...

    - si c’est vrai que 45% de la production est saisie par la police, où vont-ils ? Certainement pas à la poubelle...

    - si mes renseignements sont exacts, les Talibans avaient presque réussi à supprimer la culture du pavot avant l’invasion de l’Afghanistan