03/02/2009 à 21h45

De l’extrême droite à l’extrême gauche : pourquoi ils y croient



Rubrique : diffusion

De la gauche de la gauche française jusqu’à l’extrême droite américaine, le conspirationnisme franchit avec une grande facilité les barrières idéologiques ou géographiques.

Un exemple ? La thèse de la présence d’explosif dans les tours jumelles. Selon Stéphane Malterre, le réalisateur du documentaire « Rumeurs intox : les nouvelles guerres de l’info », cette théorie a été inventée par Eric Hufschmid, un blogueur antisémite américain.

L’information a ensuite été relayée dans un livre, puis reprise par l’hebdo favori de l’extrême droite américaine, American Free Press. Cette publication est l’une des sources du documentaire Loose Change, de l’aveu même de son réalisateur, Dylan Avery.

Le film a été vu 100 millions de fois sur le Net, et a été repris par les Français de Reopen911.info, un site conspirationniste animé par le blogueur AtMOH, alias Alix Dreux-Boucard, par ailleurs militant au sein de l’association Jeudi Noir, et admirateur de François Bayrou.

« La pensée du complot est une pensée de l’impuissance »

Le point commun des conspirationnistes, c’est une défiance profonde vis-à-vis du pouvoir, qu’il soit médiatique ou politique. « Toutes les théories du complot visent à répondre à la même question : qui agit réellement derrière les événements ? », avance Antoine Vitkine, journaliste et auteur des « Nouveaux imposteurs ». « La pensée du complot est une pensée de l’impuissance, de la logique des dépossédés, du bouc émissaire », note-t-il encore. Les conspirationnistes ont souvent en commun la conviction que la démocratie ne fonctionne pas, que les politiciens sont corrompus, que « le pouvoir nous échappe ».

Le 11 Septembre apporte tous les germes de ce processus de conspiration : l’impact médiatique et l’utilisation d’Internet, la relation entre les Etats-Unis et le reste du monde, les erreurs de communication du gouvernement américain, le fondement d’un nouvel ordre mondial à la suite des attentats...

Meyssan, de la défense des libertés au conspirationnisme

Et si, historiquement, le conspirationnisme est un passe temps d’extrême droite, il conquiert avec le 11 septembre une partie de l’extrême gauche. La thèse de « l’effroyable imposture », après le 11 septembre, a ainsi démarré dans un cercle de réflexion français, le Réseau Voltaire. Son animateur Thierry Meyssan , l’auteur de « L’Effroyable Imposture », est alors un militant de la cause des gays et un défenseur des libertés publiques.

Mais chacun cherche son propre comploteur : le militant d’extrême droite accusera les juifs, l’islamiste les Israéliens, le militant d’extrême gauche les Américains... « Les tireurs de ficelles changent, les principes demeurent », résume Antone Vitkine

Simon Tenenbaum

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  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 15h19 le 04/02/2009
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    Ces theories alternatives ont clairement fait le jeu des extremistes, y compris du fondamentaliste qui occupait la Maison Blanche le 9/11 :
    Lien

    enfin « occupait », facon de parler (cf my pet goat)

  • Philou017
    Philou017
    Informaticien
    • Posté à 20h06 le 04/02/2009
    • Internaute 23880
      Informaticien

    « “La pensée du complot est une pensée de l’impuissance, de la logique des dépossédés, du bouc émissaire”, note-t-il encore. “

    On peut tout expliquer par la psychologie. Je pourrais élaborer des raisonnements très argumentés sur l’attitude de Déni des anti-complot (mais pro-complot sauce Bush).

    Le déni : Mécanisme de défense qui consiste à nier une perception traumatisante de la réalité extérieure. (Larousse, dictionnaire de psychanalyse d’E. Roudinesco)

    Effectivement, l’acceptation de la possibilité d’un complot intérieur aux USA est traumatisante. Elle remet en cause notre perception du monde, de certaines valeurs, de repères, de limites qu’on considère acceptables. Les anti-complot sont-ils dans le déni ? On peut le penser. La mauvaise foi, les procédés déloyaux, les arguments tendancieux, les accusations personnelles, les insinuations sont autant d’arguments qu’on entend chez les ‘dénieurs’.
    Comme ici ? Je vous laisse juge.

    ‘Les conspirationnistes ont souvent en commun la conviction que la démocratie ne fonctionne pas, que les politiciens sont corrompus, que le pouvoir nous échappe’.”

    Il me semble qu’il n’y a pas que les complotistes qui pensent ce genre de chose. Généralisation tres abusive, tendancieuse, faussée.

    Argumentation habituelle chez les dénieurs : mille fois répétée, jamais prouvée.

  • Rédaction 11 Septembre
    Rédaction 11 Septembre
    Auteur(e) de l'article CFJ
    • Posté à 00h51 le 05/02/2009
    • Internaute 67527
      CFJ

    Face à vos commentaires, je me permets de préciser quelques points sur l’objectif de mon article.

    D’abord je ne porte aucun jugement de valeur, dans mon article, sur les défenseurs d’une thèse autre que la thèse officielle, au sujet des attentats du 11-Septembre.

    Cet article n’a pas pour but de savoir si les conspirationnistes ont tort ou raison. L’objectif est de montrer comment se sont répandues ces rumeurs et par qui. Libre ensuite à chacun de voir la vérité où il l’entend.

    Je n’accuse personne d’antisémitisme dans ma contribution. Ce n’est absolument pas, et je l’affirme haut et fort, parce que des thèses conspirationnistes ont été « inventées » par des personnes d’extrême droite, que toute les personnes qui les relaient le sont.

    Il me paraît toutefois intéressant de noter que la diffusion de la théorie du complot répond à des modèles communs. Appartenance à des groupes extrêmes, défiance envers le pouvoir politique ou médiatique en place, tendance à la victimisation.

    En critiquant, par principe et avec virulence, mon article, ne pensez-vous pas, chers lecteurs, répondre à quelqu’un de ces principes ?

    Personnellement, je le crois. Et cette pensée ne se veut absolument pas offensante. Par vos commentaires, j’aurais même tendance à vous remercier d’apporter autant d’eau à mon modeste moulin.

    Un dernier point, que George Bush se soit servit ensuite des attentats pour justifier une politique, à chacun le loisir de le penser. Ce n’est pas, encore une fois, l’objet de mon article. Le seul objectif de ce dossier sur le 11-Septembre est de se pencher sur certains détails des attentats, qui ont été remis en cause, et qu’il est nécessaire d’infirmer ou de confirmer.

    ST