
Non, les médias ne protègent pas un Besancenot qui roule sur l'or
Apparu avant la dernière présidentielle, un texte dénigrant Olivier Besancenot fait de nouveau le tour de la Toile.

A l'aube de la création du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), sur des blogs, parmi les commentaires de sites d'informations, dans les boites mail, le texte intitulé « Ce bon petit facteur » s'immisce partout.
Un texte qui s'étonne en préambule du « peu de vagues autour de ce personnage » et regrette que « les médias soient si discrets ». Avant de conclure :
« Tous ces faits sont strictement exacts, je vous incite à en parler autour de vous… Puisque la presse française oublie de faire son travail… »
Son travail, Rue89 a décidé de le faire. Sous chaque paragraphe du texte reproduit en italique, nous publions le résultat de notre enquête.
« Comment Olivier Besancenot a-t-il progressé aussi vite dans la hiérarchie de la LCR, jusqu'à en devenir le porte-parole et candidat à la présidentielle ? Olivier Besancenot a eu pour compagne la propre fille d'Alain Krivine, fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire et encore le réel “patron” de ce parti… Il a rompu il y a trois ans mais est resté proche du beau-papa… Olivier Besancenot est devenu en quelques années le porte-parole de ce parti grâce à l'action efficace du beau-père… Chez les trotskystes, on pratique la solidarité, mais d'abord envers la famille. »
L'entourage d'Olivier Besancenot dément toute relation intime entre le porte-parole de la LCR et la fille d'Alain Krivine, cofondateur du parti d'extrême gauche. Les deux protagonistes ont chacun conjoint et enfant(s) depuis de longues années.
Quant à la désignation d'Olivier Besancenot comme candidat de la LCR aux élections présidentielles de 2002 et 2007, elle a résulté de la procédure officielle du parti. Un vote du bureau politique suivi d'un second vote de la conférence nationale composée de délégués nationaux ont désigné l'homme aux talents politiques et médiatiques avérés.
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« Où Besancenot travaille-t-il réellement ? A cette question, le candidat Besancenot parle de salaire de moins de 1200 euros à La Poste… Bienheureux les croyants… La réalité est un peu différente, Besancenot n'étant à La Poste de Neuilly-sur-Seine que pour les photographes, c'est-à-dire quasiment jamais, il est surtout rémunéré par le parti. A titre d'exemple, il a touché très régulièrement une indemnité d'assistant parlementaire européen lorsqu'Alain Krivine était député européen, dont le montant était très largement supérieur aux 5000 euros mensuels. »
Actuellement, Olivier Besancenot travaille à 80% à La Poste de Neuilly-sur-Seine. Il y est présent quatre jours par semaine : mercredi, jeudi, vendredi et samedi. Au cours de la campagne présidentielle, la LCR avait publié un communiqué faisant état du patrimoine d'Olivier Besancenot : il déclarait alors toucher un salaire de 1000 euros net par mois pour son activité de postier. Il travaille donc à la LCR les lundis et mardis et touche 2/5e du salaire d'un permanent, soit environ 800 euros.
Un an durant, à cheval sur les années 1999 et 2000, Olivier Besancenot s'est mis en congé de La Poste et a effectivement occupé la fonction d'attaché parlementaire d'Alain Krivine au Parlement européen. Alain Krivine lui versait la moitié de l'enveloppe consacrée aux attachés parlementaires (ils étaient deux), soit 2500 euros, mais lui-même reversait la moitié de cette moitié au parti. Lui restait alors environ 1250 euros.
« Quel est son patrimoine ? A cette question, Olivier Besancenot parle avec modestie d'un petit studio dans le XVIIIe, arrondissement populaire de Paris. Le journaliste avisé ira voir sur place… un appartement en réalité de bonne taille et dans le quartier du Sacré-Cœur en plein Montmartre, le quartier le plus cher du XVIIIe, un des quartiers les plus recherchés des bobos (bourgeois bohèmes) parisiens. Bien évidemment, il en est propriétaire… Un salaire à vie de postier n'y suffirait pas… »
Un communiqué de la LCR avait donc détaillé le patrimoine d'Olivier Besancenot début 2007 :
« Il est copropriétaire depuis 2004 d'un appartement de 55 m2 dans le XVIIIe arrondissement de Paris : la valeur de son patrimoine est de 37 000 euros. Pas de valeurs mobilières. Il a acquis une Peugeot 106 en 2001. »
Concernant l'emplacement dudit appartement, acquis à crédit avec sa compagne (il l'a donc remboursé pour l'heure à hauteur de 37 000 euros), il est bien situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris, mais « pas dans le quartier du Sacré-Cœur en plein Montmartre », plus près du populaire quartier de Barbès que des rues plus huppées des Abbesses.
« Comment expliquer ce black out sur Besancenot ? Olivier Besancenot a épousé Stéphanie Chevrier, une des principales éditrices de Paris, appartenant à la direction de Flammarion. Pour Besancenot, elle a plusieurs avantages : c'est l'un des plus hauts salaires de l'édition mais c'est surtout une habituée des médias. Ancienne compagne du chanteur Yves Simon, elle a construit sa carrière sur les relations presse… Dirigeant une armée d'attachées de presse, elle a certains moyens de pression et de rétribution, ce qui incite sans doute les journalistes à plus de modération dans les attaques… »
Stéphanie Chevrier est directrice littéraire chez Flammarion, en charge de la « littérature générale, fiction et non fiction ». Mais « directrice littéraire » ne veut pas dire « membre de la direction », cela signifie qu'elle occupe un poste d'éditeur. « Je n'ai jamais dirigé l'entreprise », a-t-elle confié à Rue89. Quant au salaire allégué, elle ajoute : « Qu'est-ce que j'aimerais que ce soit vrai ! » En réalité, elle a le salaire d'un cadre dans le secteur de l'édition (la convention collective de l'édition indique un salaire minimum d'environ 2500 euros).
A propos des « moyens de pression et de rétribution » dont elle userait, elle rétorque enfin : « Je trouve cela insultant pour moi et surtout pour les journalistes. »
Julien Martin et David Servenay
En partenariat avec Hoaxbuster :
Photo : Olivier Besancenot en meeting à Marseille, le 13 avril 2007 (Jean-Paul Pelissier/Reuters).
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De Milarepa-voyageurdanslespace
retraité | 19H34 | 30/10/2008 |
Tiens, l'ump ou le fn sont de sortis, attention les chats, par ce temps pluvieux, pas bon de mettre le nez dehors…
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 11H26 | 30/10/2008 |
On dirait de l'argument à la p'tite polémicaille écrit par l'extrême droite ! Encore un coup d'Hortefeux ! ..
Une chose m'échappe toute de même, un riverain pourrait m'éclairer : je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi il a choisi d'appeller son parti celui de l'anticapitalisme tout en étant propriétaire terrien et profitant du crédit, levier du capitalisme ?
Le grand écart, vous ne trouvez pas ?
à Blaise11
De zorbec
9945
retraité | 11H44 | 30/10/2008 |
Oui,c'est bien vrai çà !
Il devrait d'après vous habiter sous les tentes des frères Legrand et aller « Aux Resto du Coeur »
Que je saches il n'exploite personne et vit de son travail.
« Calomnier,calomnier,il en restera toujours quelque chose » ! ! !
à zorbec
De Czar.
réac | 12H26 | 30/10/2008 |
Bien sûr que si il exploite. Tu sais combien de petits Bengladais meurent à cause de sa complicité dans le système bancaire ?
Ce type est un bourgeois, donc un salaud.
à Czar.
De Ermite
Consultant IT | 13H55 | 30/10/2008 |
La plupart de vos interventions (pas toutes certes mais la plupart) me laisse partagée, monsieur Czar, entre deux attitudes :
- les sanglots face à la permanence de la bêtise humaine que vous représentez
- le rire aux éclats au regard de l'expression clownesque finalement de cette même bêtise.
Comme je suis d'un naturel charitable, je vous conseille la lecture de « Philosophie de la Misère » de P-J Proudhon.
On a rarement fait mieux depuis pour avoir un réflexion équilibrée sur l'organisation économique de la société, en renvoyant dos-à-dos les conservateurs réactionnaires tels que vous et les marxistes sclérosés (que je vomis de conserve avec vous, mais probablement pour des raisons moins basiques), chantres les uns comme les autres de solutions bâclées et hors du champ de la réalité.
Avec un peu d'honnêteté intellectuelle, vous ressortirez de la plongée de cette œuvre avec des idées plus larges sur les « contradictions économiques » dans lesquelles nous nous trouvons plongés, collectivement et individuellement.
Ça vous évitera à l'avenir les jugements à l'emporte-pièce tel que celui que vous venez de nous infligez.
Je vous arrête tout de suite, j'ai bien compris l'ironie de votre propos et le sens profond de votre intervention, par anti-phrase en ce qui concerne le système bancaire donc.
à Ermite
De Milarepa-voyageurdanslespace
retraité | 18H53 | 30/10/2008 |
C'est un des plus vil réac de la rue ! ! c'est vraiment un pauvre mec, qui a bien le lire doit avoir les photos de Mussolini, adolf et Franco au dessus du lit ; ignoble personnage qui, si il était en âge, pendant la guerre a du dénoncer a tour de bras…
à Milarepa-voyageurdanslespace
De Czar.
réac | 22H28 | 30/10/2008 |
bravo mon con, un point godwin en deux phrases, c'était pas gagné d'avance
à Czar.
De Ermite
Consultant IT | 08H43 | 31/10/2008 |
Effectivement, mon cher Czar, et c'est bien malheureux, les « points Godwin » ne se gagnent qu'en comparant son contradicteur à Hitler.
Il faudrait mettre en place le même type de classement par points pour ceux qui dénigrent à grands coups de « Vous êtes un admirateur de Staline » ou autres tirades anti-staliniennes/anti-trotskystes/anti-tout-ce-que-les-réacs-détestent.
Et dans ce cas, je pense que vous allez concourir pour la médaille d'or, avec de bonnes chances de la décrocher.
Évitez donc ce genre d'arguments, monsieur Czar, vous êtes bien trop mal placé pour vous moquer de ceux qui « dénigrent avec des comparaisons déplacés » et je serai toujours là pour vous les remettre dans les dents !
Ceci dit, oui, l'attaque que vous avez subi est outrancière.
à Czar.
De Courage-Fuyons
Encerclé par l'ennemi. | 11H30 | 31/10/2008 |
Ah, czar et ses points Godwin…. C'est vous ou votre égo qui parle aujourd'hui ?
« mon con », vous me commentiez ,dans un autre sujet, votre supériorité intellectuelle, je la vois bien ici …
à Courage-Fuyons
De Ermite
Consultant IT | 14H02 | 02/11/2008 |
Et si on inventait la « Loi de Czar » ?
Tentative de formalisation : « Tout réactionnaire plongé dans un débat en arrive rapidement et systématiquement à traiter ses contradicteurs de néo-staliniens, sans pour autant apporter le moindre début d'argument valable pour soutenir ses propres interventions, et ce faisant se ridiculise lui-même ».
Que pensez-vous de ce premier jet ? ? ?
à Czar.
De Marc de café_bloque
cabot mais pas chien | 10H47 | 02/11/2008 |
A Czar au sujet des bengladais : à gauche de la gauche, j'oeuvre pourtant en parfaite entente avec l » association admirable d « efficacité , tendance catho, “ le Peuple des Collines ‘ que je t encourage, Czar , à aider financièrement : tu auras au moins fait quelque chose de propre dans ta vie de merde.
à zorbec
De Houvaton nouveau compte
12H55 | 30/10/2008 |
Besancenot est propriétaire foncier et profite du crédit, levier du capitalisme. Comme 1 français sur 2 grosso modo. Ces 15 millions de ménages, environ (soit une trentaine de millions d'individus), ne se revendiquent pas d'une ligue COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE … Besancenot non seulement le proclame mais est même le porte drapeau de ce mouvement soit-disant révolutionnaire.
Je suis donc totalement d'accord avec Blaise11.
Qu'on m'explique où est, dans la réalité quotidienne de ce personnage, le côté à la fois révolutionnaire et lutte contre le capital, contre le financement bancaire à la sauce JP Morgan ou à la sauce Rockfeller système pervers qui repose essentiellement sur le crédit.
Expliquez-moi …
à Houvaton nouveau compte
De zorbec
9945
retraité | 14H07 | 30/10/2008 |
« Expliquez-moi… »
Vous expliquer quoi,il vous suffit de lire le dernier rapport sur les salaires des PDG du CAC40 à comparer au SMIC ! ! !
De Ermite
Consultant IT | 14H08 | 30/10/2008 |
Allez hop, un autre à qui je conseille la lecture de Proudhon.
La propriété de son logement par M. Besancenot et sa famille n'a rien de fondamentalement antinomique avec ses convictions de « communiste révolutionnaire ».
Cela dépend de quel communisme on parle et je n'ai pas cru comprendre M. Besancenot soit un extrémiste de la collectivisation complète (ce que même Marx, et a fortiori Proudhon et d'autres ne professaient pas).
La collectivisation concerne les moyens de production (je m'en veux d'avoir à écrire cette évidence).
La possession du logement qu'il occupe par le citoyen n'est pas remise en cause ; elle est même préférée : car si le citoyen ne possède pas son logement, c'est qu'il doit payer un loyer à un propriétaire et on tombe là dans un schéma d'exploitation capitaliste.
Maintenant, pour en arriver à la légitime possession de son logement, M. Besancenot et sa famille doivent en passer par le système du crédit, qui n'est pas non plus remis en question en soi mais dans le cadre d'une exploitation capitaliste par le jeu des taux de crédit indus.
Je pourrais continuer ainsi longtemps à démonter toutes les idées reçues sur le « communisme » (dans ces différentes variantes dont certaines je le reconnais sans peine ne sont pas acceptables du tout).
Mais il est difficile de se battre contre l'image d'Epinal du « communiste stalinien avec le couteau entre les dents ».
Ça me fait penser à la période maccarthiste où tous les américains étaient censés craindre et haïr les « communistes » sans savoir exactement de quoi il en retournait et en mettant un peu tout et n'importe quoi derrière cette étiquette maudite.
à Ermite
De karlM
18H31 | 30/10/2008 |
Monnaie, banque et finance…Approche proudhonnienne
LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE mondiale née officiellement en août 2007
(en fait, fin 2006) fait replonger dans les préconisations de Proudhon. Les positions de notre auteur sont éparses dans son œuvre. Cependant, on les trouve plus systématisées dans son ouvrage La solution du problème social, dans la troisième édition du Manuel du spéculateur à la Bourse et dans son projet de « Banque du Peuple ».
Chez les libéraux, la monnaie n'est qu'un voile. Cela signifie qu'elle n'a qu'un rôle d'étalon de mesure de la valeur, de moyen de paiement et d'instrument de réserve de valeur. Proudhon observe que la détention de monnaie (le capital financier) est une réserve de puissance, bien au-delà
de la thésaurisation et de la conservation du patrimoine. L'argent est aussi un stock de valeur affectable à différents usages, dont l'investissement. Mais c'est aussi un moyen de corruption des représentants politiques, de spéculation, d'enrichissement sans cause, de domination sur ceux qui en sont dépourvus. Mais la monnaie demeure le meilleur moyen de réalisation des échanges économiques, d'investissement et d'augmentation de la vitesse de circulation de la production.
Chez Proudhon, la monnaie est avant tout une institution collective, une création sociétale ; elle sert à la circulation des biens et marchandises grâce à un équivalent général de mesure de la valeur fondé sur la confiance des acteurs socio-économiques. Cette confiance généralisée est sociale par
construction, par définition une « force collective », une représentation commune. L'organisation même de la circulation monétaire est un processus social dont nul ne saurait avoir le monopole, ni l'État, ni les banques privées, pas même la Banque de France qui, à l'époque, était d'ailleurs privée. La monnaie, dont l'origine et le mode de circulation sont sociaux, doit donc être socialisée, mutualisée, fédérée, ce qui signifie que les conceptions financières de Proudhon sont indissociables de son fédéralisme politico-économique.
Proudhon observe que la détention d'un stock de monnaie ou capital financier offre à ses propriétaires un privilège énorme, celui de la liquidité. Le « capitaliste » se trouve dans une relation de pouvoir asymétrique avec ceux qui n'ont pas d'argent et en ont besoin pour un achat ou un investissement. Il en profite pour fixer ses conditions à l'emprunteur qui n'a pas le choix. L'argent est donc non seulement une réserve de précaution mais encore et surtout un instrument inégalitaire de pouvoir, un moyen de puissance sans contrepartie, un vecteur d'asservissement. L'argent-capital en tant que propriété privée procure un pouvoir sur les autres alors que sa fonction est sociale et doit être mise au service de tous. Du coup, la justice est mise à mal ainsi que la liberté. Le financier, chez notre penseur social, est ainsi non séparable de sa conception d'un régime socio-politique fondé sur la liberté et la justice.
Proudhon observe que, dans les sociétés modernes, ce n'est pas l'argent qui est le principal facteur du dynamisme économique, mais le crédit. Ce dernier permet d'avoir tout de suite ce dont on a besoin et qu'on ne peut pas payer d'un seul coup. Il permet d'acheter commodément des biens
durables ou d'investir en étalant la dépense dans le temps par le biais de l'amortissement de l'emprunt. Le crédit accélère donc la circulation économique et l'échange, de même que l'investissement. Le crédit dans les sociétés capitalistes est rémunéré par le paiement d'un intérêt soi-disant présenté comme la contrepartie d'un risque pris par le banquier ou le prêteur. Le taux d'intérêt dépend certes de la demande et de l'offre de capitaux, mais il dépend aussi des rapports de force, des abandons consentis aux opérateurs privés par la puissance publique et des prédations
bancaires (ou des organismes de crédit) qui, comme tout le monde maintenant, exigent 15 % de rémunération de leur argent. D'ailleurs, il suffit de constater les choses : les crédits à la consommation par carte de crédit en quelque sorte « revolving » (Cetelem, Cofidis, Sofinco, Cofinoga, etc.) atteignent des taux d'intérêt de 16 à plus de 20 % sans que les pouvoirs publics ne s'en émeuvent. L'intérêt est aussi justifié par les libéraux au nom de la préférence pour le présent, c'est-à-dire que consommer maintenant en empruntant reporte les choses dans le temps alors que la valeur actuelle du prêt est plus grande que dans le futur, sans même parler de la dévaluation de la monnaie. Sans doute, mais le temps compte pour tout le monde et il n'y a pas de raison pour que seuls les capitalistes financiers exploitent la préférence pour le présent.
Par ailleurs, cette préférence reste à démontrer puisque très souvent les investissements montrent au contraire une préférence pour le futur, soit parce que l'on espère une rentabilité supérieure, soit parce que l'on veut laisser une trace dans l'histoire, par exemple avec un beau monument, soit
pour épater la galerie par une dépense ostentatoire.
Contre ce système capitaliste fondé sur la rentabilité des capitaux prêtés, Proudhon se révulse. Il observe déjà que ce n'est pas le banquier qui prend les risques réels. En fait, le banquier les « mutualise », les défaillances étant couvertes par tous les autres emprunteurs, à la différence près que cette mutualisation n'est qu'un foisonnement assurantiel des pertes, qu'un calcul financier d'intérêts à base de probabilités et de statistiques, très loin de tout projet moral de solidarité et de réciprocité, de tout projet politique d'équilibration des rapports de pouvoir.
Par ailleurs, le banquier prend d'immenses précautions : gages, hypothèques, nantissements, réception des revenus de l'emprunteur. Où est le risque ? Il est, en fait, chez l'emprunteur qui peut, pour des raisons diverses, se trouver dans l'impossibilité de rembourser. Dès lors, l'intérêt n'est pas la rémunération d'un risque mais un prélèvement indu sur la production future de l'emprunteur. Dès lors, la prise de risque n'est pas un acte individuel du banquier, mais un processus social et
assurantiel de couverture mutuelle. Enfin, ce n'est pas le banquier qui fait confiance à l'emprunteur ; c'est ce dernier qui croit malencontreusement que son banquier prend à cœur son intérêt. Pour ces
raisons, Proudhon pense que le crédit doit être socialisé et « gratuit », c'est-à-dire que le taux d'intérêt disparaît au profit, si j'ose dire, d'agios limités aux frais de gestion.
Ce n'est pas tout. Notre auteur analyse le mécanisme du crédit. C'est un mutiplicateur économique qui accélère la circulation et les échanges. Prenons un exemple. J'ai reçu 10 000 euros (ce qui ne fait que déplacer l'argent), je les mets en dépôt chez un banquier, lequel, par ailleurs,
grâce à la bienveillance des gouvernants au service du capital, ne me verse aucun intérêt. Ledit banquier va pouvoir prêter disons 90 % de ce dépôt (les 10 % manquants sont dus au fait que les banques sont tenues à disposer de « réserves obligatoires » pour faire face aux remboursements de dépôts). Notre dépôt initial de 10 000 euros, en monnaie réelle et certifiée par l'État, ayant donné lieu à un prêt de 9 000 peuvent générer aussi 90 %, soit 8 100 de nouveau prêt à un troisième larron. Et ainsi de suite, ce qui fait qu'une même somme déposée en argent réel produit un volume de crédit imaginé très supérieur à son montant initial. Proudhon, évidemment, ne voit pas de raisons à ce que ce processus multiplicateur, dont l'origine est sociale, soit privatisé par des banques ou confisqué par l'État. La chose est d'importance puisque, aujourd'hui, 80 % de la masse monétaire en
circulation provient de la monnaie de crédit ou monnaie scripturale ; la monnaie gagée sur du réel n'est donc plus qu'à 20 % au maximum. Si l'on tient compte des sommes en circulation avec la masse monétaire internationale de crédits (hypothèques et prêts en tout genre, dont LBO, titrisés, promesses de vente ou d'achat à terme, produits dérivés, etc.), on arrive à la somme fabuleuse de 40 fois le PIB mondial de 50 000 milliards de dollars. Il est clair que cette masse de crédits ne repose sur rien de tangible car la monnaie n'est plus assise sur quoique ce soit de réel et physique depuis 1973, date de l'abandon par les USA de l'étalon de réserve-or et début des monnaies dites flottantes. Par ailleurs, les gouvernements se sont échinés, socialistes en tête, à supprimer toutes les règles pouvant contraindre la finance mondialisée, créant ainsi le risque systémique dû au tout financier conjugué avec la libre circulation financière sur le globe tout entier et avec la rapacité des des fonds de pension capitalisés en titres boursiers. Avec le résultat que l'on constate : quand un fil de l'écheveau a été tiré, toute la pelote se défait.
C'est la raison pour laquelle Proudhon se proposait, en enlevant la finance aux banquiers et aux assureurs, « de faire mourir la propriété à petits feux ». Aux yeux de notre financier libertaire, s'il y avait un seul secteur économique à socialiser, mutualiser et fédérer, ce serait naturellement la finance. Cependant, la réorganisation solidariste de la finance chez Proudhon ne saurait être séparée de la mise en place d'un ensemble de contre-structures régulatrices et coordinatrices de l'activité
économique. Ainsi, dans l'ordre socio-économique, notre auteur préconise des contre-structures opposées au laisser-faire libéral : lois qui « font la police et laissent faire la boutique », docks, moyens de stockage, magasins généraux, expositions générales et foires autogérées, statistiques
et mercuriales comparatives, comptabilité publique et privée, coopératives, assurances mutuelles, loyers ou fermages comme leasing (les payer fait que le locataire devient propriétaire au bout d'un certain nombre d'annuités), banque du peuple assurant le crédit et créant une monnaie fondée sur les biens matériels et leurs encours, éducation populaire, formation permanente, associations culturelles, autonomies locales, etc.
Proudhon voulait socialiser et mutualiser la finance à la fois sur la base de l'intérêt mutuel et sur les valeurs de solidarité et de coopération en créant la Banque du peuple assurant le crédit gratuit et développant une monnaie de circulation, d'échange et de crédit assise sur des gages réels et sur la mise en réseau coopératif des acteurs sociétaux. La solution était simple : apports de personnes devenant ainsi coopérateurs sous forme de souscription de certificats de dépôt ou sous forme de titres représentant des matières et des produits, échanges financiers sous forme de lettres de change transmissibles au sein du réseau de producteurs, commerçants, consommateurs et payables à échéance par la banque au dernier détenteur en monnaie légale. Entre-temps, les lettres de change peuvent être rédigées en monnaie parallèle, sans cours légal ou forcé (appelons-la le proudhon) avec les effets multiplicateurs de crédit décrits plus haut dus à leur circulation et au possibilités d'escomptes ente échangistes. C'est pourquoi, en bout de course, avec cette circulation accélérée de la monnaie de crédit, il n'y a plus qu'à convertir le solde en monnaie légale, solde très inférieur au montant ayant circulé.
Proudhon analyse que la monnaie, en régime capitaliste de son époque, est, en dernière instance, fondée sur une garantie réelle, à savoir le stock physique d'or (ou aussi l'argent, à une époque donnée) de la banque centrale (étalon or). L'or a été pris comme étalon pour des raisons de
commodité : il est imputrescible, durable, stockable, transportable, divisible en pièces circulant facilement. Notre penseur et homme d'action estime que le gage physique de la monnaie circulante peut être une matière autre que le métal précieux. Proudhon a une idée géniale : ce sont les
marchandises, les produits finis ou semi-finis, les matières premières qui peuvent constituer une grosse part des fonds de garantie de la Banque du Peuple par rapport à la monnaie qu'elle émet et aux prêts qu'elle consent. Par cette monnaie gagée sur la production et ses intrants, ce sont les
producteurs et les consommateurs, les prêteurs et les emprunteurs qui se garantissent mutuellement. De plus, la Banque du Peuple, est une sorte de coopérative socialisée et mutualisée cogérée en mains communes entre toutes les parties prenantes, bien au-delà d'un groupe de tecnnocrates ou de
banquiers. Le conseil de surveillance de la Banque du Peuple, composé d'une représentation directe des intéressés, doit faire le maximum pour conserver sa monnaie en étalon et en réserve de valeurs dignes de confiance. Il dépend d'un réseau socialisé de producteurs, de commerçants, d'acheteurs et
d'emprunteurs organisés en coopérative de crédit. Par ailleurs, les garanties physiques de la banque ont encore pour énorme avantage de stabiliser les cours et les prix, puisque les valeurs stockées peuvent être réalisées au moment le plus favorable et en fonction de la demande que ladite banque permet de réguler dans le temps. On peut aller, comme l'a proposé le courant abondanciste (journal La grande relève), jusqu'à payer les salariés avec des bons de circulation directement gagés sur leur
production, ce qui permettrait d'empêcher tout écart entre la demande et la production puisque la première serait mécaniquement calibrée sur la seconde.
Il est clair que la proposition de Proudhon fut raillée par les capitalistes et les gouvernants qui firent toujours tout ce qu'ils purent pour empêcher sa réalisation. Marx, qui n'a rien compris au crédit, misant tout sur le capital productif des sociétés par action, s'en moqua aussi. Et, plus surprenant, les syndicats s'en désintéressèrent. Les syndicats veulent du pouvoir d'achat tout en ignorant le mode même d'extraction de la plus-value dans le capitalisme financier moderne et son caractère pervers. Espérons que la crise leur donnera enfin à réfléchir, comme aussi aux
soi-disant partis de gauche, même le NPA.
Les bonnes idées ne meurent pas et celles de Proudhon furent appréciées par Silvio Gesell et lord Keynes. Les « Sels » (système d'échange local) actuels sont proches des conceptions de Proudhon en matière d'échange et de financement mutuel et solidaire. L'idée demeure valide et plus que
nécessaire aujourd'hui. Notamment, le tiers secteur social a bien besoin de financement pour se développer.
Jacques Langlois, Le Monde libertaire – N° 1529 – du 16 au 22 octobre 2008
à karlM
De LETSGONICE1
() | 22H00 | 30/10/2008 |
Désolé, vraiment trop long donc, illisible…
Pour autant, chapeau à Proudhon !
à LETSGONICE1
De Ermite
Consultant IT | 08H50 | 31/10/2008 |
Ah ! Proudhon !
Difficile à lire mais diablement éclairant.
Un des premiers contradicteurs de Marx… et probablement un des rares a l'avoir contredit « positivement », c'est-à-dire avec de vraies idées constructives.
à Ermite
De newuser
19H01 | 30/10/2008 |
Tiens, complètement hors-sujet, le McCarthysme ça me fait penser à Sarah Pallin qui déclare qu'Obama est socialiste avec un air de dégout proche de celui qu'on a pour les gens qui ont la gale.
Balancer ça pendant la période où le capitalisme fou flingue toute l'économie mondiale par le jeu de quelques centaines, tout au plus quelques milliers, de personnes.
Ca m'a fait comme un frisson dans le dos.
à Ermite
De Houvaton nouveau compte
22H19 | 30/10/2008 |
Ermite,
votre réponse ne répond pas à ma question, c'est un échappatoire à la con.
Besancenot pour accéder à ce bien qui est, ne l'oublions pas, un bien de première necessité, passe par le crédit. Point. Or le crédit a été mis en place pour favoriser une croissance de merde au profit des plus riches. Credit qui rend esclave et emmerde tous ceux qui, comme moi, tablent sur l'appropriation immédiate et sans condition d'un bout de terrain pour y vivre tranquille, sans polluer, en travaillant essentiellement pour soi.
Besancenot, en vivant sur le crédit, est en totale contradiction avec ce que les medias souhaitent si aimablement présenter de lui. Cet article est une caricature qui répond à une autre caricature. 55m2 à Paris estimé à 37000 euros … C'est mignon tout plein. Ce gars est génial pour les journalistes car, grâce à eux, il fédèrere une autre gauche et rentre ainsi parfaitement dans le conard de cadre pour blaireaux de notre démocratie représentative à chier.
Vive la démocratie directe et les referendums d'initiatives citoyennes, RIC dont ne parle jamais Besancenot, et encore moins les journalistes de rue89.
Et vous n'avez pas lu Proudhon. Alors faites pas semblant de le connaître.
à Houvaton nouveau compte
De Ermite
Consultant IT | 09H02 | 31/10/2008 |
Je ne vois pas ce qui peut vous permettre de m'accuser de n'avoir pas lu Proudhon. On appelle ça une attaque gratuite, mon ami.
Je pourrais bien sûr vous répondre que « Mais si, je l'ai lu, ô certes pas tout, je le reconnais ». Et après vous lister ses œuvres que j'ai lues.
Mais à quoi bon ? Puisque vous êtes un si grand médium, capable de tout savoir sur moi sans même me connaître !
Pour reprendre sur Proudhon, dans « Le Système des Contradictions Économiques », il démontre justement que l'appropriation par expropriation que vous préconisez est à la fois une nécessité ET une impossibilité.
Il explique clairement aussi, dans ce livre et ailleurs, que votre doux rêve de vie en autarcie est un doux rêve ou au moins qu'en faisant cela vous vous rejetteriez en dehors de la société, sans pouvoir survivre bien longtemps. LA complexification de la production au sein des sociétés humaines fait que personne ne peut plus vivre en travaillant « essentiellement pour soi ». On travaille TOUS pour l'ensemble de la société à laquelle nous appartenons ; toute la question étant celle de la répartition des résultats globaux de cette production.
Vous auriez l'air bien bête avec votre bout de terrain, sans pouvoir vous y bâtir une demeure, sans adduction d'eau, sans casseroles tiens puisqu'on y est. Bref sans rien que vos mains et un bout de terrain. Parce que, devinez quoi, pour obtenir tout le reste, indispensable à votre existence, il vous faudra bien entrer en relation avec d'autres et à échanger vos productions respectives. Et comme tout ne peut pas nécessairement se payer au comptant, il vous faudra bien recourir à un quelconque système de crédit.
CQFD, mon bon monsieur.
à Ermite
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 10H22 | 31/10/2008 |
Salut Ermite,
Je pense que vous forcez trop le trait sur le « doux rêve » de Houvaton. Je ne pense pas qu'il rejette toute forme de travail pour l'autre, mais plutôt le fait de devoir payer pour un toit, plus simplement. Je ne pense pas qu'il soit un idiot du village, résumé de ce que vous décrivez de lui.
Pour le débat lancé avant, il me semble qu'il ne faut s'attacher qu'au crédit et non à la propriété (j'ai fait l'erreur de lancer cette notion sur la table, la meute forumesque s'est jeté dessus). Le crédit est pour moi le levier le plus important du capitalisme.
Muhammad Yunus, qui a du lire Proudhon en long et en large ainsi que Marx et les autres, universitaire émérite, met en pratique dans les pays du Sud une vulgarisation de tous ces concepts. Son travail est très intéressant, d'une part parce qu'il le met en pratique, et de deux parce qu'il le rend accessible à tout le monde. Il a formidablement bien synthétisé les courants, tout en incluant les plus récents (seconde moitié du XXeme et la décroissance dont il fut un élève) et surtout, il se sert du capitalisme et du phénomène du crédit. Cela marche. Il a juste inversé quelques rouages, remis la capitalisation à sa place d'outil, fit de même pour la socialisation, du coup annihile toute bataille idéologique stérile, a ciblé les angles morts des théories néoclassiques qui oublièrent de donner une place à l'âme humaine, a réorienté l'appareil de production vers des objectifs sociaux, a laissé une large part de contrôle de la monnaie à ses emprunteurs (ça paraît improbable, mais ça marche : 97% de la Grameen Bank est détenu par ses emprunteurs), a changé le management interne aux banques en responsabilisant autant l'employé prêteur que son emprunteur etc. Intéressez-vous à lui, si vous aimez l'économie, il est passionant (surtout parce que c'est un pragmatique).
C'est par cette existence de faits que ma critique envers Besancenot prend son sens. C'est un révolutionnaire, il faut qu'il soit contre le système, je veux bien comprendre, mais ce qu'il propose n'est qu'une ébauche de ce que Muhammad Yunus fait déjà depuis 35 ans. Donc il me fait doucement rire avec le nom qu'il a donné à son parti.
Maiiiiis nous sommes en France, elle-même au sein de la vieille Europe, les sociaux démocrates, les démocrates chrétiens, les rhénans, les communistes, les socialistes et j'en passe, rejettent (ils n'en parlent pas) le nom de Yunus, ils ne veulent pas lui faire de publicité, ils sont encore la tête dans le guidon de leur foutue bataille idéologique destructrice de tout pragmatisme.
Heureusement que la société civile est moins vérolée que leur concitoyens du pouvoir et qu'elle place de plus en plus d'énergie dans les prêts dits solidaires.
Mais imaginons que cette classe politique soit la première à lancer un tel système : « doux rêve », Hermite ? ; -)
à Blaise11
De Ermite
Consultant IT | 12H07 | 31/10/2008 |
Oh ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit…
Je considère Besancenot et son NPA avec un œil au moins aussi critique que celui avec lequel je surveille les autres femmes/hommes politiques et leurs parties respectifs.
Probablement plus critique encore, puisque je les considère comme étant plutôt « du même côté de la barrière que moi » alors que je n'attends fondamentalement rien de l'UMP par exemple.
Disons que « anti-capitaliste » est assez « punchy » dans le style marketing politique… : -)
Maintenant, reste à voir ce qu'il y a vraiment derrière la façade.
Ce qui m'agace un peu (et peut-être ma réaction a-t-elle été un poil trop épidermique et outrée, et je m'en excuse) c'est que :
- il ne faut pas à mon sens s'attaquer systématiquement à certains concepts dont le capitalisme use et surtout abuse. « Crédit » n'est pas fondamentalement égal à « Capitalisme », comme votre intervention fort à propos sur le micro-crédit le démontre. L'opposition au « Capitalisme » passe, entre autres ! , par une réappropriation de cet outil qu'est le crédit en le débarrassant de toutes les extensions parasites que le système capitaliste lui a greffé (suivez donc mon regard vers les « subprimes »). L'exemple, encore une fois, de la Grameen Foundation, est édifiant comme preuve que « c'est possible ».
- nous vivons toutes et tous dans un monde où il faut parfois (trop souvent même) faire avec nos propres contradictions internes et celles qui nous sont imposées par le système dans lequel nous vivons. Y compris monsieur Besancenot et sa compagne. Pour posséder son logement, ce couple a dû en passer par le crédit ; malheureusement pas par le crédit tel qu'on voudrait qu'il existe mais tel qu'il est actuellement organisé. Y avait-il d'autres solutions ? Guère, je pense dans la situation actuelle, sauf à attendre le Grand Soir peut-être ; -) . Peut-on alors se servir de cet « argument » pour démontrer la « faux-culterie absolue et définitive » de Besancenot ? Je trouve que ça serait faire preuve de beaucoup de mauvaise foi.
à Ermite
De Houvaton nouveau compte
12H34 | 31/10/2008 |
« J'aurais l'air bête avec mon petit bout de terrain … »
Ermite, vous êtes légèrement à côté de la plaque. Voici un petit extrait d'une réalité volontairement occultée par les merdias (dont rue89) et que vous ne semblez pas connaître (ce qui ne m'étonnes pas et pour dire à quel point votre discours sur Proudhon est d'une fausseté incroyable) :
http://www.dailymotion.com/related/x1ao3v_volem-rien-foutre-al-pais-ba_e…
Désolé de me mettre sur ce fil, il m'est très difficle d'accéder à cet article depuis le début (la page se « crispe » vers le bas).
à Houvaton nouveau compte
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 14H11 | 31/10/2008 |
Warf !
MAM entourée de ses colonels qui prennent d'assaut l'hotel de ville !
« Pardonnez-moi, je ne comprends rien à la question. »
Elle a oublié de lire la Constitution française… depuis 2004 son préambule institue la décroissance…
M'dame MAM, est-ce bien raisonnable ?
… Qu'ils sont cons ces politiciens !
à Ermite
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 15H23 | 31/10/2008 |
Je n'ai pas critiqué l'utilisation du crédit, comme je n'ai jamais critiqué le fait d'être propriétaire ou vouloir l'être. Je me répète, mais ça a été l'interprétation des riverains. … M'en fiche un peu, chacun fait ce qu'il veut, du moment qu'il emmerde personne et blablabla
J'ai tilté sur une de vos phrases : « “ Crédit ” n'est pas fondamentalement égal à “ Capitalisme ”, comme votre intervention fort à propos sur le micro-crédit le démontre. »
Comment se fait-il que Muhammad Yunus, inventeur de ce micro-crédit, l'inclut désormais dans une politique capitaliste ? « Désormais » car il en a fait un sous-ensemble d'une doctrine plus large dont le social business en est l'élément clé. Et cette doctrine, il la nomme tout simplement « un nouveau capitalisme ». Le pronom indéfini est important.
Mes connaissances sont peut-être limités concernant les critiques de Marx et de Proudhon, mais votre phrase qui suit, me paraît fausse : les subprimes ne sont pas un résultat du capitalisme, mais plutôt de la finance. Soi d'UN capitalisme, celui qui place la recherche du profit comme but ultime de la capitalisation par le biais de toute sorte de mécanismes irréels.
L'exemple de la Grameen bank est effectivement possible car cette capitalisation a été abandonné au profit ( ! ) d'un réinvestissment instantané de tout bénéfice.
Yunus garde tout la mécanique principale ! il a seulement inversé quelques rouages : la Bourse devient la Bourse Sociale, la capitalisation devient un investissement direct, il la « socialise » (finis les dividendes : c'est la seule interdiction édictée par son système), et la décroissance devient un levier faisant appel à l'instinct et à l'imagination de tout individu en proie à la problématique intrinsèque à ce phénomène naturel. Phrase un peu compliqué mais qui vaut son pesant d'or en terme de nouveauté.
Je suis certain que notre petit Olivier qui deviendra grand gagnerait un temps fou en s'associant à des gens de paix comme Yunus. Il faut qu'il se mondialise. Il doit donner une ambition mondiale à sa politique de défense des gens de peu. S'il ne le fait pas maintenant, la mère Royal le fera à sa place. Elle le sait (pour la confidence, sa conseillère numéro 1, Bouchet-Petersen, admire Besancenot pour « ses discours de vraie gauche ») et est en train de former ses troupes pour (cf ses dernières déclarations concernant une institution mondiale de contrôle de la finance. C'est pas encore du lourd, mais ça ne serait tarder…)
à Blaise11
De Ermite
Consultant IT | 13H55 | 02/11/2008 |
Probablement parce que s'il a le malheur de présenter son projet comme autre chose qu'une nouvelle forme de capitalisme, il se fera traiter au mieux d'utopiste et au pire d'agent archéo-stalinien.
Alors il lui est nécessaire de tenter une approche mesurée.
Alors que fondamentalement, elle est « anti-capitaliste ».
Le capitalisme consistant effectivement à la recherche constante du profit et à l'accumulation du capital. Le capitalisme financier n'étant qu'une forme particulièrement extrême du capitalisme tout court.
Sa démarche n'est donc pas « anti-capital » (parce qu'il reconnait le caractère indispensable du capital dans l'activité économique humaine) mais elle est « anti-capitaliste » (la « socialisation des dividendes » étant totalement antithétique avec les fondements conceptuels du capitalisme).
à Houvaton nouveau compte
De Milarepa-voyageurdanslespace
retraité | 19H14 | 30/10/2008 |
Et alors ? il n'aurait pas le droit de vivre comme la majorité des français ? Ou est le problème ? et vous même, et bien d'autres qui êtes contre beaucoup de choses, est ce pour cela que vous avez un mode de vie différent des autres ? O. B. véhicule des idées, se bat avec les plus démunis et reprèsente l'ESPOIR de beaucoup de gens que les autres politiques ont oubliés. Au moins il a le courage, la volonté d'affronter un systême qui ne lui fera pas de cadeaux et répandra sur lui, les plus affreux mensonges et calomnies…..
à Milarepa-voyageurdanslespace
De Houvaton nouveau compte
22H11 | 31/10/2008 |
L'ESPOIR d'acheter une maison à crédit et, pour se faire, vendre 20, 30, 40 ans de sa vie, être assujettis aux banques ? Espoir de merde oui ! En ce moment 60 mille familles US se retrouvent à la rue, tous les mois, à cause de cette connerie d'acheter sa maison à crédit, crédit qui rend con, esclave, pollueur et irresponsable. Tu parles d'un programme … ! ! !
Besancenot, postier en CDI permanent et l'autre pied de le business mediaticopolitique, « communiste révolutionnaire » et prétendant lutter contre la capitalisation bancaire … me fait pas rire.
à zorbec
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 13H21 | 30/10/2008 |
Oh cool, zorbec.
Ne montez pas sur vos grands chevaux.
Et en l'occurrence, c'est vous qui calomniez en prétendant que je calomnie…
Lors de l'attribution de ce nom, j'étais perplexe, je me demandais à quel genre de capitalisme il faisait référence. Je n'apporte pas de jugement sur sa vie privée, mais sur sa stratégie de communication que je trouve bancale.
Il serait intéressant qu'il donne des précisions sur ce qu'il veut faire du crédit (hypothécaire ou pour les entreprises) : apparemment il ne veut pas le supprimer, donc son parti n'est pas anti-capitaliste et se sert du capital comme levier pour plus de social et non pour faire de l'argent. Je l'interprète comme un nouveau capitalisme…
Et qu'il garde son programme, je le trouve intéressant.
à Blaise11
De zorbec
9945
retraité | 13H58 | 30/10/2008 |
Je ne monte pas sur mes grands chevaux n'étant pas capitaliste et les chevaux n'étant pas mon outil de travail ,je n'en possède pas et je m'en passe très bien,heureusement pour eux vu ma corpulence ! Sa stratégie de com. il en fait ce qu'il veut,moi je le juge sur ses actions qui correspondent très souvent avec mon prope jugement,c'est un homme qui vit de son travail comme j'ai pu le faire pendant 40 ans,et le fait d'avoir acheté ma maison payée par notre travail
mon épouse et moi ne fait pas de nous des capitalistes,notre premier achat« capitaliste“ayant été
le lit de notre fille en 1961 alors que nous vivions chez mes beaux parents qui étaient eux-mêmes en location HLM et je vous assure que nous étions à cette date bien loin du crédit hypothécaire n'ayant rien à hypothéquer,par contre comme des millions de gens j'ai utilisé pour tous les achats importants les crédits bancaires,ce qui ne fait toujours pas de moi un ‘salaud’ de capitaliste.Par contre si vous pouvez vous loger,faire vos achats les plus onéreux sans crédit je vous range dans la catégorie des nantis et
votre critique de Besancenot me parait sans fondement.