Lancement réussi pour le Parti de Gauche de Mélenchon

Comme vous pouvez l'imaginer, je me suis rendue, samedi 29 novembre, au gymnase de l'Ile des Vannes à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour le lancement du Parti de Gauche (PG), nouveau parti créé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez. Pour rien au monde je n'aurais raté l'événement.

C'était un moment idéal pour sentir ce mouvement, apprécier le processus en marche. A mon avis l'essai a été réussi. Réussi si l'on se fie à l'ambiance. Détendue, festive malgré une salle immense, impossible à chauffer et difficile à sonoriser. Réussi si l'on prend comme critère le nombre de personnes –plus de 2500- présentes dans ce lieu difficile d'accès.

Je sais que beaucoup d'entre vous ont entendu, pendant le week-end, radios et télés citer le chiffre d'un millier de participants. La faute à l'AFP qui, peut-être par inhabitude, peut-être par précipitation, a donné cette évaluation. Un confrère de l'AP, l'agence de presse américaine, fait lui état de « quelque 2000 militants ». Les organisateurs quant à eux avancent le chiffre de 3040 et argumentent : 1440 places sur les gradins (déduction faite des places laissées vacantes car mal situées), 900 places au centre, 500 personnes debout ou assises par terre dans les travées, et 200 militants éparpillés dans les stands, mobilisés pour le service d'ordre, etc.

Si vous voulez vous faire votre idée, regardez les photos du meeting. Elles ne sont pas parfaites car réalisées avec un modeste appareil et il aurait fallu un super grand angulaire pour embrasser toute cette nef, mais tout de même.

Lancement du Parti de Gauche le 29 novembre au gymnase de l’Ile des Vannes à Saint-Ouen (C. Chombeau).

Quelques vues d'ensemble, prises en première moitié de meeting (on distingue qu'il fait encore jour dehors), sont visibles sur le site de la photothèque du mouvement social. Un site à mettre dans vos favoris. Il est alimenté par des photographes amateurs et professionnels qui mettent leurs photos à la disposition des associations ou des publications militantes. Mais je vous en parlerai plus longuement une autre fois.

Lancement du Parti de Gauche le 29 novembre au gymnase de l’Ile des Vannes à Saint-Ouen (C. Chombeau).

Réussi enfin, ce lancement du Parti de gauche, si l'on se fie aux applaudissements lors des discours. Et, en premier celui de Jean-Luc Mélenchon qui présentait le parti, esquissait son projet et donnait sa stratégie. « Une carte d'identité sommaire », a-t-il souligné, une base pour le projet définitif qui sera adopté lors d'un congrès fondateur, les 7 et 8 février. En voici un résumé :

  • Le parti : Parti de gauche est un parti « creuset » où socialistes, communistes, écologistes et républicains « mêlent » l'histoire de leurs formations politiques « pour faire du neuf ». La révolution qu'il propose est une « révolution par les élections » car sa vocation est de « gouverner le pays ». Non pas seul, mais au sein d'une « nouvelle majorité politique » construite à partir d'un « front de gauche ».
  • Le projet : « Parti de gauche ne proclame pas une nouvelle doctrine globale ». « Il cherche des solutions en lien avec les mouvements de la société ». « Son projet, c'est la République sociale, en France et dans l'Union européenne ».

Arrivé au pouvoir il engagerait quatre chantiers :

  • « l'inversion du partage des richesses entre le capital et le travail » ;
  • l'instauration d'« une planification écologique pour engager la transition entre le modèle de consommation et d'échange actuel et le modèle de développement écologique » ;
  • « la refondation républicaine et laïque des institutions et de la société » avec « le passage à la sixième république parlementaire » ;
  • l'abandon du « modèle de construction libérale de l'Europe » et du Traité de Lisbonne.

Sa stratégie : mettre le social libéralisme en quarantaine

Quant à sa stratégie, le Parti de gauche souhaite « changer de majorité à gauche », en mettant « en quarantaine le social libéralisme ». Il propose de créer « un front de gauche » pour les prochaines élections européennes et de transformer celles-ci en « référendum politique sur le Traité de Lisbonne ». Pour « prouver que la majorité de Français » s'oppose à « l'Europe libérale » et souhaite une « Europe sociale, démocratique et pacifique ».

Un essai donc réussi qu'il reste toutefois à transformer. Sympathisants ne veut pas dire adhérents. Sur le chemin du retour, je repensais à toutes les têtes connues aperçues au cours de l'après-midi (Pierre Joxe (PS), Clémentine Autain, Martine Billard (Verts), Pierre Khalfa (Solidaires), Francis Pargny (PC), Jean-François Kahn…) et des moins connues venues par sympathie, amitié ou curiosité.

Mais aussi aux militants minoritaires dans leurs formations ou orphelins de parti, aux syndicalistes ou responsables associatifs. Hésitants en début de meeting, beaucoup faisaient la queue devant les tables d'adhésion à l'issue de celui-ci. Il faudra sans doute attendre encore quelques semaines pour avoir une idée du nombre de ceux qui auront franchi le pas.

Photos : lancement du Parti de Gauche le 29 novembre au gymnase de l'Ile des Vannes à Saint-Ouen (C. Chombeau).

Addendum le 01/12/2008 à 15h22 après la mise en ligne de la vidéo de Public Sénat.

10 commentaires sélectionnés

Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 12H22 | 01/12/2008 | Permalien

Lancement réussi.
Et comment !
Belle fête de Gauche ce samedi à St Ouen.
Tout d'abord , ok avec Christiane pour remettre les chiffres dans l'ordre.
Tous les journeaux se sont en effet empressés de copié collé le texte de l'AFP, avec le chiffre de 1000 participants.
Même JF Kahn,présent, et pas franchement adepte de la pensée Mélanchonienne évaluait sur site le nombre à 25000 personnes.
Il est vrai que les détacteurs (du PS ! ) avait ricané en disant que le PdG comptait …2 membres .(Dolez et Mélanchon)
Jean Luc a ironisé en s'inspirant de Brel « On est plus de deux mille et ils ne voient que …2 ! »

Un parti rassemblant le peuple de Gauche est né, c'est un évèment important à l'heure où le PS n'est plus socialiste, au moment où le NPA hésite sur sa stratégie, et où le Non à l'Europe antilibérale a besoin de faire entendre sa voix.
Le chemin va être long , mais passionnant
Oscar Lafontaine, est le plus jeune d'entre nous !
Il a raison en disant qu'il est temps de renoncer aux compromis « pourris ».

Alors les amis du NPA, on le fait ce front commun ?

Portrait de déluge

De déluge

menuisier | 12H58 | 01/12/2008 | Permalien

Enfin une bonne nouvelle !

Un vrai parti de gauche qui veut gouverner, ça changera des postures du NPA et des compromissions du PS.

Il faudra certainement faire des alliances, des accords de gouvernement, MAIS en affichant ses valeurs, en sâchant enfin pour quoi on vote.

En retrouvant quelque chose qui ressemble à la fierté.

Définitivement, le PS ne verra plus mon bulletin de vote.

Portrait de Dan51

De Dan51

13H16 | 01/12/2008 | Permalien

Etrange, cet « aveuglement » des journalistes pour Oskar Lafontaine, ami politique affiché de Mélanchon.

Die Linke en Allemagne comme exemple.Quelle manipulation !

Lafontaine ! ! !

Un bourgeois démagogue au possible. Comme on dit dans le pays, « il prêche l'eau et boit le vin. » Il n'y a que les gens peu informés qui peuvent croire ses discours. Ceux qui ne le connaissent pas.

Lui l'Espoir de l'Europe ? Je vis près de chez lui - en Sarre - et le connais un peu mieux que les médias ne le présentent. Nous avons des amis communs…

Voici sa maison de prolétaire :

http://img112.imageshack.us/img112/7375/lafontainevillato0.jpg

lui qui n'a gagné son argent qu'en faisant de la politique sur le dos des contribuables…

Qui peut penser que Lafontaine et Cie relèvent les défis du monde actuel, eux les idéologues démagogues qui démissionnent dès qu'ils doivent mettre leur théories en pratique… car ils n'ont que les théories d'hier à proposer pour arriver au pouvoir qu'ils ne peuvent obtenir autrement.

J'espère que les gens de gauche sincères, humanistes et les yeux ouverts sur les REALITES ne suivront pas cet « enchanteur » du type Besancenot…

qui parlent fort, protestent mais ne proposent rien de solide… et surtout de viable. Bien sûr, on peut faire tomber les têtes comme en 1789… pour produire ensuite un « empereur » Napoléon pire que les rois précédents juste quelques années plus tard.

Oskar Lafontaine, l'ami politique de Mélanchon est resté 6 mois ministre des finances…

il a jeté l'éponge, comme Jospin après sa défaite, parce qu'il voyait bien qu'il lui serait impossible de maintenir ses théories archaïques et peu sincères à l'épreuve de la réalité quotidienne d'un pays…

Il revient maintenant, parce qu'il ne sait pas faire autre chose, il est son seul idéal, un type exécrable. Seuls ceux qui ne le connaissent pas peuvent se laisser berner… comme Mélanchon… ceux qui se rattrapent à une paille pour ne pas couler…
Mais l'effet est le même.

Portrait de Cataphractaire

De Cataphractaire

Asen | 13H29 | 01/12/2008 | Permalien

Personnellement je suis pour la création d'un parti de gauche.
Mais Mélanchon je ne peut pas l'apprécier. Il a cette tendance centralisatrice troisième République qui m'horripile. Il refuse aux langues régionales un statut (d'après mes souvenirs) dans le pays. C'est la droite catho qui en a fait son terrain de jeu pendant des années en Bretagne. Ce sont des discours qu'il a fait (il y a quelques années) sur l'unité que la langue française accorde au pays. Accepter d'autres langues, c'est accepter que le pays est constitué de petites patries. Personnellement je pense que la nation européenne peut être constituée de plusieurs « patries » unies dans leurs idées. Avec la notion qu'instituait Saint Just : « la nation est une communauté d'idées, le reste n'est que poussière ».
Et j'en vient à la suite de mon propos. Mélanchon fait un ènième parti français. Il aurait pu faire une démarche de parti européen de gauche. Qui ici aurait eu une cohérence pour s'inscrire dans un chemin liant tous les tenants d'une gauche européenne forte.
Comment espérer avoir un poids politique si c'est pour diviser encore et encore. Non pas une union des partis de gauches radicaux (au sens propre) mais un parti de l'union des forces contre la mainmise libérale.
Pour en finir avec les députés nationaux déléguées à l'Europe pour unfin de vrais députés européens.
Mais voilà, on veut faire sa place dans le microcosme français. Pas de vision internationaliste…
D'un autre côté, je n'ai pas écouté les discours, alors mea culpa si je me trompe.

Portrait de Simonette

De Simonette

Enseignant dans l'Hérault | 13H36 | 01/12/2008 | Permalien

« Le PS n'aura plus mon bulletin de vote », attendez avant de promettre des lendemains sans socio-démocrates car le PDG pourrait bien avoir pour vocation (ce que je ne souhaite pas) de fixer les électeurs socialistes en partance vers le NPA. J'espère que le PDG sera un parti radical qui s'engagera dans les luttes et fera feu de toutes les lois pour protéger les citoyens surtout les plus pauvres.
Si on commençait par attaquer les pollueurs et les empoisonneurs qui bombardent notre environnement de pesticides ? Un vrai combat pour les générations futures, on continuerait par les pollueurs de cerveaux (économistes et journalistes de la grande presse). Si Mélenchon veut que l'on adhère à son initiative hardie qu'il nous donne quelques raisons de croire que ce parti-là ne ressemblera pas aux autres.

Portrait de karayan

De karayan

Vilaine Gauchiste | 13H49 | 01/12/2008 | Permalien

Merci Christiane pour votre article très précis et juste.

Je rappelle aux riverains que cela ne sert à rien d'écrire PDG puisque ce parti s'appelle PG. PDG n'est pas le vrai sigle ! Alors il faut dire PG.

Biensûr on remarquera que mise à part Christiane, tous les journalistes disent PDG comme si c'était voulu…

Portrait de L'amie

De L'amie

de passage | 14H41 | 01/12/2008 | Permalien

Pour ma part , tant que Mr Mélenchon continuera à sortir de telles conneries sur le Tibet et sur la position du Dalai Lama face au gouvernement chinois je ne peux que me méfier de l'honnêteté de cet homme ou douter de sa capacité intellectuelle . Cela reveint pour moi à faire confiance à un homme qui nie un génocide.Excusez moi mais ça ne passe !

Portrait de dijou

De dijou

Esclave d'une SSII | 15H17 | 01/12/2008 | Permalien

Je crains hélas que des militants ne se casse le tronc une fois de plus que pour , au final, entretenir des rentes de situation. J'espère me tromper
J'irais voir ce soir le site du PG mais ce qui m'intéresse dans le fonctionnement et les règles à venir :
- La position du PG sur le mandat électif, cumul, non cumul , révocation possible , l'exercice du pouvoir en général, l'éthique de ce parti sur cet exercice en particulier. Marre d'engraisser de futurs caciques ou les rentes à vie de maires/députés/sénateurs et la politique clientéliste qui à mon avis tue la démocratie locale et la démocratie tout court aussi.
- Ses positions sur une révision de la constitution pour redonner du pouvoir à l'assemblée et inverser complètement la tendance à l'hyper présidentialisation (atchoum)… La dessus des propositions interessantes ont été faites en son temps par le NPS (cf 6eme republique) et même Bayrou (mouarf)
- Ensuite bien évidemment le cortège des propositions dans les domaines du social de l'économie (quel modèle, encore la croissance ? ) etc..
vaste programme

Portrait de birdie

De birdie

envoye special | 16H39 | 01/12/2008 | Permalien

le PDG est une bande de bouffons et de branquignols dont l'objectif est de faire gagner Sarko car c'est bien plus facile d'etre un eternel opposant systematique que d'etre aux reponsabilites d'un pays .

Chevenement a fait perdre Jospin au 1er tour de la presidentielle , Melenchon et le PDG vont faire perdre le prochain candidat du PS .

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 19H26 | 01/12/2008 | Permalien

Mélenchon a lancé une initiative sympathique, mais j'ai bien peur qu'il ne participe à la balkanisation de la gauche, phénomène qu'il reconnaît d'ailleurs dans son interview sur Radio Orient.

Mélenchon a l'immodestie de croire qu'il existe une majorité (potentielle ou « naturelle ») de gauche en France. Je voudrais bien qu'il ait raison, mais n'en crois rien au fond. On n'est plus à l'époque du Front Populaire (d'ailleurs une émanation du parlementarisme, qui n'existe plus à l'heure actuelle en France) ! Peut-être espère-t-il que la crise fera son oeuvre en radicalisant les gens qui se situent eux-mêmes au centre ?

Mais alors pourquoi se définit-il comme un inconditionnel de la laïcité à l'ancienne ? Peut-être n'a-t-il pas le problème de Pupponi (maire de Sarcelles) dans l'Essonne, mais ça m'étonnerait bien. Se montrer absolument intransigeant sur la question des heures d'ouverture des piscines aux femmes musulmanes ne me paraît guère faire avancer le schmilblick. Y a-t-il incompatibilité entre avoir une foi et être de gauche ? Quand on aura des piscines privées réservées aux musulmans ou aux juifs parce que le public n'aura pas su faire de place à leurs femmes, en serons-nous plus avancés ? Et la gauche au sens large le sera-t-elle davantage ?

A chaque ère nouvelle correspondent des problématiques nouvelles, et donc des solutions non moins nouvelles. Vouloir à tout prix préserver une virginité ancestrale « de gauche » ne me paraît pas à la hauteur des enjeux.

Tous les commentaires

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code