
Quatre congrès et trois mois décisifs pour la gauche de la gauche
Alors que sévit une grave crise économique, sociale et écologique, quatre partis de gauche (PS, Verts, PC, LCR/NPA) vont tenir congrès ces trois prochains mois. Pas certain qu'ils saisissent l'occasion pour bousculer le paysage politique français afin de reprendre la main à la droite.
Mais, quoi qu'il en soit, cette période devrait apporter son lot de clarifications. Et se révéler décisive pour leurs minorités de gauche qui vérifient avec la crise économique, sociale et écologique actuelle le fondement de leurs thèses antilibérales.
A les entendre, faute de pouvoir peser dans ces formations, certains de leurs représentants pourraient être tentés de construire une autre gauche ailleurs, sans toutefois être d'accord sur la forme qu'elle prendrait.
Hasard du calendrier, il revient au Parti socialiste, de lancer le compte à rebours. Jeudi 6 novembre au soir, ses militants vont, en effet, voter pour la motion de leur choix. De ce vote découlera la majorité qui se formera lors du congrès de Reims les 14-15 et 16 novembre.
Mais, dès la nuit du 6 au 7, les partisans de la motion C, « Un monde d'avance, reconstruire la gauche » présentée par Benoît Hamon et rassemblant toutes les sensibilités les plus à gauche -Henri Emmanuelli, Gérard Filoche, Pierre Larrouturou, Marie-Noëlle Lienemann, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez- seront fixés sur leur sort.
A la gauche du PS, Mélenchon agite le chiffon rouge
Sauf miracle, leur motion ne devrait pas arriver en première position. Que feront-ils alors ? Se résoudront-ils à regarder les trains qui passent dans un parti ancré définitivement dans une social-démocratie qu'ils dénoncent ?
Certains seront tentés de constituer une majorité avec une autre motion, quitte à renoncer à une partie de leur projet. D'autres s'arc-bouteront sur ce qui leur semble fondamental : un projet européen qui ne saurait s'accommoder des arrangements du Parti socialiste européen (PSE) avec le libéralisme ; des alliances, à gauche et rien qu'à gauche. Mais jusqu'à quel point ?
« Ce que je peux vous dire, c'est qu'en toute hypothèse, Marc Dolez et moi nous agirons conformément à nos principes, et comme d'habitude rien ne nous fera peur », s'était exclamé le sénateur Jean-Luc Mélenchon en évoquant ce cas de conscience, lors d'un débat organisé à la fête de l'Humanité par l'hebdomadaire Politis.
Ce n'est pas la première fois que le président du mouvement Pour la République sociale (PRS) agite le chiffon rouge. Tout de suite après la présidentielle de 2007, PRS avait adopté un texte prônant « la constitution d'une force politique nouvelle » en prenant pour modèle le parti allemand d'Oskar Lafontaine, Die Linke.
Reste que depuis quelques jours, ce texte titré « Comment construire la gauche d'après » figure, sur le site de PRS, tout de suite après la déclaration de principe.
Les Verts partagés entre ouverture au centre et virage à gauche
Les Verts voteront le 16 novembre pour leurs motions et éliront en même temps leurs délégués au congrès qui aura lieu les 5 et 6 décembre à Lille.
La tendance partisane du « non » au TCE et d'un ancrage plus à gauche du parti, se retrouve sur la motion A, intitulée Altermondialisme, décroissance et écologie populaire (Adep) qui, et c'est le moins qu'elle puisse faire, prône des « alliances clairement opposées au sarkozysme ».
On se demande combien de temps ses représentantes Marine Billard, députée et responsable d'Ecologie solidaire, et Francine Bavay, vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France et animatrice d'Alter Ekolo, pourront faire le grand écart.
Signataires de l'Appel de Politis pour la construction d'une nouvelle force de gauche, elles n'en ont pas moins approuvé en septembre le texte organisant un large rassemblement des écologistes pour les élections européennes.
Celui-ci réunit des gens tels que José Bové mais aussi Daniel Cohn-Bendit qui n'ayant pu convaincre la centriste Corinne Lepage, présidente de Cap 21, de les rejoindre, s'est tourné, cette fois avec succès, vers Antoine Waechter l'aile droite du mouvement écologiste.
« Tout le monde ne peut pas avancer à la même vitesse », a prévenu Martine Billard lors de la rencontre nationale des signataires de l'Appel de Politis, le 11 octobre à Gennevilliers. Elle a conclu son intervention en précisant qu'au modèle allemand avec Die Linke, elle « préfère l'exemple de la Grèce » et la coalition Synaspismos-Syriza.
Le PCF veut unir les forces politiques et sociales de gauche
Ce sera ensuite au tour du Parti communiste de se retrouver, du 11 au 14 décembre, en congrès. Les Communistes unitaires ont rédigé pour l'occasion un texte de contribution au débat, qu'ils n'ont cependant pas voulu soumettre au vote, « Continuer l'engagement communiste, fonder une nouvelle force politique » dans lequel ils demandent de faire « le choix d'une transformation radicale du parti, qui implique une rupture avec la forme du PCF actuel ».
« L'enjeu », écrivent-ils, « est d'ouvrir un processus fondateur d'une organisation politique nouvelle associant le plus grand nombre possible de citoyens et de forces. » Rien d'anormal pour des signataires comme Pierre Zarka, membre du Conseil national du PCF, les députés Patrick Braouzec et François Asensi, ou Gilles Alfonsi. Ceux-ci soutiennent l'Appel de Politis et ont approuvé la déclaration de principe adoptée le 11 octobre.
La résolution adoptée par le PCF le 24 octobre dans laquelle figure « un Appel aux forces politiques et sociales » à travailler « ensemble » pour « créer [une] dynamique politique de gauche » pourrait bien calmer pour un temps leur ardeur vindicative.
La Ligue communiste révolutionnaire et le Nouveau parti anticapitaliste, fermeront le ban le dernier week-end de janvier. Christian Picquet, du courant Unir, fait partie de ceux qui mèneront la bataille pour que le NPA s'associe avec les autres forces antilibérales lors des européennes.
Jusqu'ici intransigeant, le NPA ne pourra éternellement camper sur cette position si un nouveau paysage se dessine à l'issue des congrès qui auront précédé le sien.
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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 11H38 | 06/11/2008 |
( soupir)
De Lairderien
11H58 | 06/11/2008 |
C'est bien beau ces tentations de mettre la barre plus à gauche que la Gauche, mais une fois de plus cela relève de l'utopie.
Cela ne fera que contribuer à la division de ceux qui, plus largement que le mot Gauche, veulent sincèrement mettre en avant l'Homme et le bien être collectif, au lieu de la réussite individuelle et de la recherche effrenée du pouvoir et de l'adoration du dieu Argent.
Face aux pouvoirs de droite toujours unis sur l'essentiel, qui controlent et façonnent l'opinion à travers les médias,les élites religieuses, la division de la Gauche, restera une aubaine et leur permettra de continuer à dominer le peuple, au seul profit d'une infime minorité, servie par des élites inconscientes de leur statut de valets, vivants des miettes de cette oligarchie apatride dépourvue de la moindre morale.
à Lairderien
De Tophee
en haut a gauche | 12H45 | 06/11/2008 |
« Cela ne fera que contribuer à la division de ceux qui, plus largement que le mot Gauche, veulent sincèrement mettre en avant l'Homme et le bien être collectif »
Si c'est du PS que vous parlez, vous vous trompez. Ce parti a été récupéré par une bande d'arriviste prêts a toutes les compromissions pour arriver au pouvoir. Il n'y as pas longtemps, il nous chantaient des louange sur le capitalisme libéral, aujourd'hui, ils font semblant de retourner leur vestes.
Face au pouvoir de la droite toujours unie sur l'égoïsme et la loi du plus fort comme mode d'organisation de la societe, il nous faut une vrae gauche qui soit capable de faire entendre ses idees et ses valeurs. Pas celle du camp adverse. Pour cela, il n'y as que les partits dit « d'extreme » gauche.
à Tophee
De sup. à la demande du riverain 24.09.09
13H39 | 06/11/2008 |
le terme extreme gauche ne semble plus d'actualité. Tout s'est déporté vers la droite, donc le PS est un parti centriste ou social démocrate et l'extreme gauche est la gauche. Mais vu le nombre de zigotos, c'est pas gagné. ON est loin de die Linke là….
à sup. à la demande du riverain 24.09.09
De Tophee
en haut a gauche | 16H12 | 06/11/2008 |
C'est pour cela que j'ai mis le terme entre guillemets.
à Tophee
De Lairderien
14H57 | 06/11/2008 |
Et voila, vous êtes l'illustration de ce que je dit : pas assez à gauche, na, na, na ! ! ! !
Allo les sarkoboys, vous fatiguez pas a dénigrer vos adversaires, inutile ils s'en chargent eux même ! ! !
Vous pouvez tranquillement faire ce que vous voulez, vous êtes en place pour longtemps ! ! !
Bon sang, de bois, comment faire comprendre que le mieux est l'ennemi du bien ?
Allez, continuer à chercher la VRAIE gauche, bien pure et propre sur elle, celle des lendemains qui chantent ! ! !
Et moi je serais mort et retourné en poussière, bien avant de voir les pourris gavés de leurs richesses se balancer (métaphoriquement) à la lanterne de la carmagnole.
Et merde ! ! !
à Lairderien
De Lugi
18H03 | 06/11/2008 |
Ok. Moi je fais partis de ceux qui ont du mal avec la philosophie « le mieux est l'ennemi du bien ».
Vous essayez de me vendre le PS parcequ'il est bien ou parcequ'il est mieux que Sarko ?
C'est vrai que si la droite à ouvert le bal en fondant l'UMP, on n'est pas obligé d'accepter le bipartisme pour autant.
Les dirigeants PS se sont rendus coupables de s'asseoir sur les aspirations de la base de la gauche avec le chantage suivant :
« -Nous ou la chienlit. »
Ca et par une stratégie d'étouffement des autres forces de la gauche plurielle qui à commencé dès le 2ème gouvernement Jospin.
Maintenant, où nous à conduit ce chantage à l'heure actuelle c'est que le PS à mis la barre à droite par pur électoralisme lors de la campagne de 2002 et maintenu le cap en 2007 en dénigrant ses idées de gauche.
Je veux pas être méchant. Mais avec pas grand monde pour les défendre ces idées de gauche c'était certain qu'elles n'auraient pas le vent en poupe pendant les présidentielle de 2007, ou voir faisait franchement mauvais genre. Par contraste, les idées de droite dure avaient l'air vraiment sexy. Résultat : plutôt que de glisser sur l'électorat du centre voir de droite, le PS a fait glissé l'électorat vers la droite. En gros, le PS a liquidé la gauche pour se suicider au second tour.
L'opposition est centriste - c'est là où se trouvait le PS avant la crise économique -, mais sans les votes du centre. De là, la droite a pu se lâcher pour de bon, et aurait eu tort de se priver le PS lui avait donner tout les moyens en crédibilisant le slogan « travailler plus pour gagner plus » au cours de la campagne.
On paye le prix fort aujourd'hui de l'uniformisation de la politique avec un PS hégémonique qui à mis la barre dans la droite ligne de l'UMP avec un UMP qui se recale toujours plus loin à droite que là où est le PS.
Et aujourd'hui, vous nous proposez de remettre ça ?
La gauche a le temps pour se refaire avant 2012, et a un premier tir d'essais avec les européennes.
Le bipartisme est de la folie furieuse dans le contexte actuel, et je ne l'approuverais jamais.
à Lugi
De Tophee
en haut a gauche | 18H35 | 06/11/2008 |
Bravo ! J'etait en train de réfléchir a ma réponse, mais après la votre je n'ai plus rien a ajouter.
Le bi-partisme, je le vois tous les jour u Royaume-Unis ou je réside, conduit a deux camps qui défendent des thèses exactement similaire. La différence se faisant sur les individus plus que sur les idées.
à Lairderien
De pail
15H49 | 06/11/2008 |
Quand je vois le nombre de sympathisants PS qui ont voté Bayrou, j'imagine ce que veut dire « plus largement que le mot Gauche »…
A force de marteler que tout ce qui remet en cause le capitalisme est une utopie, on obtient une gauche paralysée, face à une droite « décomplexée » qui arrive à faire passer ses cadeaux aux plus riches comme indispensables au bien de tous.
De Phil2922
Retraite invalidité | 15H54 | 06/11/2008 |
La gauche doit être plus unie, c'est la clef pour battre Sarko en 2012… !
http://phil195829.overblog.com
De compte supprimé16
révolté | 20H46 | 06/11/2008 |
L'arrivée de la gauche au pouvoir (je ne parle pas de la sociale-démocratie type « coca zéro » du début de ce siècle) passe obligatoirement par la constitution d'une force politique unie à la gauche du PS.
Les groupuscules qui vivotent dans cet espace politique à (très petit) coup de résultats électoraux éphémères ou sous respirateur artificiel portent une énorme responsabilité, celle d'arréter :
-de cultiver des différences par stratégie de distinction ;
-de jouer de spécificités frisant le sectarisme ;
-de brandir des mots non seulement creux mais rédhibitoires et exploités avec bonheur par leurs opposants comme révolution, extrème, anti-capitaliste… ;
-de ne penser stratégie que dans le cadre immédiat d'une échéance électorale ;
-de tenter de manipuler toute initiative d'unité à leur (minuscule) profit alors que leur capacité de rassemblement est inexistante et chimérique (hier le PC, aujourd'hui la LCR, demain les Alternatifs) ;
-…
pour enfin passer à un niveau de maturité permettant de constituer une force politique large, solide, capable de peser dans des compétitions électorales, puis dans les assemblées, pour la mise en place de transformations sociales, économiques, écologiques et POLITIQUES visant à améliorer la situation du plus grand nombre.
à compte supprimé16
De admirateur
21H18 | 06/11/2008 |
Il y a eu une époque ou « la gauche » était majoritaire dans ce pays ; elle s'est empressée de prendre le virage de la rigueur, cad faire la politique de la droite.
Il y a même eu une majorité de « gauche » au Parlement européen l'espace d'une législature européenne, elle s'est empressée de partager la présidence avec la droite européenne ; à cette gauche européenne nous devons maastricht.
Cette gauche a assez duré, c'est elle qui porte la responsabilité de la division en s'étant ralliée aux programmes multiples de la droite
c'est parce qu'elle a tourné le dos à son camp qu'il devient nécessaire de reconstruire un authentique parti portant les revendications et les espoirs de ceux qui ne sont pas la droite.
Quelle forme et quelles échéances ? ? ? ? l'histoire tranchera
De kiki21120
sans emploi | 05H50 | 07/11/2008 |
J'espére qu'au congré de dissolution de la lcr, rien ne sera à regretter. l'appel de Politis est encore une énième fois un conglomérat de noms, ne tenant pas compte que le paysage politique doit être composé de plusieurs partis, pas de personnalités. La droite a besoin de chef, pas la vrai gauche.
Abat le culte de la personnalité ! !
à kiki21120
De compte supprimé16
révolté | 14H23 | 07/11/2008 |
Je suis d'accord. Au moins, à la LCR et plus encore au NPA, il n'y en aura qu'un de nom !