Les « Conti » montent à Paris et rentrent bredouille
Mercredi 25 mars, 7h10. Rendez-vous tenu. Sur la voie de chemin de fer, un cheminot salue les salariés à son passage. On pourrait croire à la fête. Tous ensemble.
7h54, les cars sont pleins. On cherche une place pour un élu. Un salarié commente :
« Ce qui est bien c'est qu'il y a aussi les cadres. On dit souvent “les ouvriers”, mais il y a aussi les cadres. On est tous dans la même galère. »
« Il y a toute l'usine », ajoute mon voisin. Le haut-parleur du car se met à brailler :
« Vous êtes dans le bus 14. Vous partez dans le bus 14, vous rentrez dans le bus 14… Faudrait nommer un chef de car… Allez, et tous ensemble ! tous ensemble » !
8h02. « Allez c'est parti ! » A la radio, François Bayrou déclare que « le capitalisme sera moral quand les poules auront des dents. »
Le fond de votre démarche et de la mobilisation, c'est d'obtenir l'application des accords conclus qui garantissent les salaires et les emplois jusqu'en 2012 ? « Oui ». Et d'obtenir une intervention de l'Etat ? « Oui ».
9h25, à hauteur de Saint-Denis la Plaine, la police nous prend en charge.« Vous allez être escortés ! », crie un motard de la police au chauffeur. Le convoi se resserre et se forme progressivement.
Plus loin, des fourgons de CRS, en convoi aussi, nous dépassent. Comme une piqûre de rappel au réel. L'ambiance est sage. A la radio : « 3M »… Les visages se ferment.
Un véhicule de la télévision s'incruste entre deux cars. Dans Paris intra-muros, on commente les mines des passants qui regardent ces cars bondés s'enfoncer au coeur de la ville.
« Regarde la tête… Faites pas la gueule, c'est nous qui sommes virés ! »
(Voir le diaporama)
Cliquez ici pour voir le diaporama en plein écran et les légendes
Gare du Nord. 10h00 tapantes.
Discours sur les revendications, avant de prendre la route de l'Elysée.
Et ensuite on met le feu ! Sûr, il manque le rugissement et le mouvement de la vague.
Ce matin, une personne qui avait « eu » des informations par la télé, reprochait qu'il n'y ait pas eu beaucoup de drapeaux aux couleurs des organisations syndicales, qu'on ne voyait que les autocollants Continental. C'est un point de vue… ou une mise en image volontaire.
C'est vrai que des autocollants, il y en a eu sur le passage des salariés en colère. Des milliers probablement.
Beaucoup de sourires ont salué le cortège. Des poings levés aussi. Des passants effarés et d'autres amusés.
Quand aux vitrines des commerçants, la plupart se sont laissés recouvrir. La population de ce petit village qu'est le VIIIe arrondissement de Paris n'avait probablement pas reçu l'info que des campagnards allaient débarquer en masse sur leurs boulevards.
« Ah ! … Paris ! »
Ben, cousin, ils se sont offert une bien belle balade.
C'est place Saint-Augustin que l'ambiance s'est tendue. Mais sans aucun incident regrettable. Aucun. Dans le cas contraire, les télés se seraient régalées.
Soubie ne fait que des promesses, ils contre-attaquent
« Nous sommes à vos côtés », a assuré le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie. Les salariés n'en ont pas moins caché leur déception :
« Le comportement de Continental n'a pas été digne. Ce comportement n'est pas celui que l'on peut attendre d'une entreprise responsable. Nous veillerons à ce que Continental assume toutes ses responsabilités », a promis Raymond Soubie, à l'issue de deux heures d'entretien avec les délégués syndicaux de Clairoix à l'hôtel de Marigny, annexe du palais présidentiel.
Ils ne s'arrêteront pas là les Conti. Ce jeudi, contre-attaque sous forme d'un premier courrier signé de l'intersyndicale. Il est demandé à l'Etat de les soutenir dans la démarche judiciaire. Ils comptent faire annuler devant le tribunal la procédure de fermeture.
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De Seccotine
11H50 | 27/03/2009 |
L'auteur ne se présente pas comme journaliste, mais comme un militant engagé auprès des Conti. Il s'agit d'un témoignage, et moi, je trouve que les témoignages c'est complémentaire des analyses
De Sophie Verney-Caillat
Rue89 | 14H40 | 27/03/2009 |
Bonjour Norton07. Peut-être avez-vous l'impression qu'on en fait beaucoup sur Continental, mais c'est parce que nous avons décidé de suivre ce conflit sur le long terme et créé un blog alimenté par un riverain qui vit sur place. Ce n'est pas les Continental « au détriment des autres », mais il se trouve qu'il y a des éléments symboliques dans leur lutte :
- le secteur automobile
- une direction lointaine et qui semble répondre uniquement à des choix financiers
- une région sinistrée et où Continental était le principal employeur
De Bête à part (auteur)
parmi nous autres. | 23H16 | 27/03/2009 |
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Je vous donne raison.
Vous êtes peut-être sur un départ de feu.
Maintenant que le conflit devient affrontement, que la mise en pression a été ignorée et toisée, « tout devient possible », comme clamait l'affiche.
Ici, autour de Clairoix, les commentaires vont bon train.
Le lancement du « mouvement » est salué, mais les avis divergent quant à la suite.
On dit une volonté de mener le combat sur les seules décisions du Comité de lutte, très controversé…
Ce n'est pourtant pas ce que j'ai entendu à l'A.G. de jeudi matin. Les syndicats et le Comité de lutte étaient ensembles, avec tous les salarié-es.
Monsieur Szpirko n'est pas sur place pour regarder les trains passer. Même si le salut des locos est chaque fois un p'tit plaisir.
Sans doute ça n'a rien à voir, mais je regrette n'avoir vu Olivier sur la place Saint-Augustin mercredi dernier… Et présume le débat pour cette décision.
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De Bête à part (auteur)
parmi nous autres. | 14H17 | 30/03/2009 |
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Retour place Saint-Augustin,
pour le plaisir. : cheesy :
Si des salariés ont porté de lourds pneus tout au long de la balade, c'est pas pour faire un tas comme on fait un paté sur la plage. Pas non plus parce qu'ils avaient piqué l'idée des tas de chaussures orphelines en protestation du commerce et de l'usage des mines anti-personnelles.
Après l'hôtel de ville de Compiègne, le 12 mars, la fumée noire allait lécher d'autres façades…
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Alors la colère des « Conti » s'est engouffrée dans un boulevard, portée par le vent.
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Comme c'est beau !
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Mais on n'est pas là pour s'amuser.
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Discret comme on peut l'être dans une foule happée par le spectacle, efficace et rapide, on vient chercher la délégation. Un petit groupe se forme…
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et s'évanouit derrière un mur gris.
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Derrière le mur c'est habité.
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Des journalistes sont passés. Tout va bien et se déroule…
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Prudent je demande à ces pères de famille au labeur si je peux me permettre quelques clichés…
- Pas d'problème.
- Vas-y. Fais lui un sourire !
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Ah ! La rumeur s'élève à droite ! … Qu'est-ce donc ?
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On discute…
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Sourire et détente… Fini.
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- Mê ! Mê ! …
- Grrrrrrrrr.
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J'ai compris : « On ne discute plus. »
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Qu'est-ce qu'il y a ?
- La Fédé nous passe dessus… me répond un militant de la CFTC.
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Retour dans la place.
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On shoote à mort.
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- Putain Cousin ! Trop fort les anciens ! !
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Les « Conti » sortent leurs sandwiches, investissent la place et la terrasse d'une brasserie et commenteront plus tard les tarifs. La boulangerie fait sonner sa tirelire.
Le bruit retombe et l'épaisse fumée noire des trois foyers fait comme elle le sent.
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C'est le moment des prises de paroles.
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De Bête à part (auteur)
parmi nous autres. | 09H14 | 29/03/2009 |
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On repose le micro.
Temps d'observation.



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Pour les spécialistes, qui reconnaitront les séries…
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A Clairoix l'usine produit environ 980 séries différentes.
Un salarié, 45 ans et vingt ans de maison, m'explique que cette pléthore de séries impose une baisse de la production.
- Je change jusqu'à 4 fois dans la matinée les réglages de ma machine. Depuis des années je travaille sur la même machine. Quand on doit produire une grande série, ça sort en production… On a pété des records à Clairoix ! … Mais 980 séries ! Alors que Sarreguemines en sort 80. Mais quand on sera fermé, c'est eux qui vont se ramasser les séries… Et ça fera pareil !









Régler ma machine ça prend 20 minutes… une demi-heure… Puis il y a les bourrages…
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Les passants extraordinaires…
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Deux heures s'écoulent…
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Et soudain ça bouge.
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On fait reculer le nuage de caméras qui produisent des interférences.







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J'ai atteint la limite de stockage d'images-qui-bougent dans mon appareil.
Je prends mon stylo. Vite fait.
- Il ne faut pas casser !
pour le moment.
On part pour un marathon. Il faut tenir le plus longtemps possible.
Durer - durer - durer !
Nous avons été écoutés mais pas entendus.
Nous avons l'impression que le degré de notre détermination n'a pas été perçu.
Aujourd'hui, nous allons remonter dans les cars.
Demain ! Tous à l'A.G.
Pas en équipe ! Tous ensembles !
A 8h00… ? 10h00 ! … Ok. 10h00.
- « Nous reprenons dès aujourd'hui en main notre avenir ! ! »
Et c'est une vague humaine et bruyante qui remonte le boulevard jusqu'aux 18 cars qui attentent.
A 14h40, je suis assis. Un peu sur le cul.
Pô pô pô. Quelle journée.
C'est comment dehors ? …




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C'est pas eux.
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Ces deux-là sont tombés dans un rêve…
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En convois…
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- On a fait le nécessaire, commente un bientôt retraité.
Rentrés…




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Encore un cri !
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De Bête à part (auteur)
parmi nous autres. | 13H47 | 30/03/2009 |
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26 mars 2009 - Clairoix
La veille, place Saint-Augustin à Paris, les salarié(e)s se sont donnés rendez-vous à 10h00 devant l'usine.
Arrivé à 9h30, je pensais capter des chuchotements, des silences, et ce sont les bruits agressifs d'un tracteur et des souffleurs thermiques qui dominent.






















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Les premiers braves.
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Stigmates
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Les combattant(e)s acculés
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Le Comité de Lutte quitte les locaux syndicaux…
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L'Assemblée générale de ce « lendemain » :
http://www.megavideo.com/ ? v=OFZ8K40L
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Sur le site ContiBlog :
« Et ça continue ! !
Ce vendredi 27 mars, à Clairoix, un huissier de justice cherchait désespérément les invités au Comité Central d'Entreprise du début de semaine prochaine afin de leur remettre en mains propres les convocations aux réunions prévues initialement à Reims puis délocalisées à Nice pour des raisons de sécurité. Bien sûr les intéressés ne sont pas dupes et n'ont pas accepté lesdits documents. Les personnes non présentes à Clairoix aujourd'hui avaient dans leur boite aux lettres personnelles, un “ avis de passage ” leur signifiant l'acte “ signification de documents ” à la demande de SNC CONTINENTAL France. Document déposé en l'étude d'un huissier local.
La direction de Continental utilise des méthodes particulières qui laissent présager un avenir peu serein ressemblant plus à une guerre des nerfs qu'à une négociation “ gagnant gagnant ” ; comme ils disaient quand ils voulaient obtenir quelque chose des salariés.
Cette nouvelle épreuve a pour effet d'augmenter la mobilisation des élus aux CCE qui ne comptent pas en rester là dans cette procédure puisqu'ils ont dès aujourd'hui fait le nécessaire auprès du Tribunal de Grande Instance pour annuler ou suspendre par voie de référé la procédure engagée par Continental et ce pour remettre les choses en l'état et, faute d'accord volontaire de Continental pour laisser à la médiation légale, le temps de se mettre en place.
Que se passera-t-il donc la semaine prochaine ? »
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Quinze jours de Lutte. Quinze premiers jours. Et les nuits d'insomnies.
Et puis il y a moi, dans tout ça. Un lambda.
Jeudi 12 mars, avec Ma Chérie, nous étions allés au cinéma, dans le centre ville de Compiègne. Avec mon appareil photo. Non pas que je mitraille les films de salle, mais je sentais qu'autour de Compiègne il pouvait se passer quelque chose. L'annonce brutale, la veille, de la fermeture de l'usine, inacceptable, pouvait allumer le feu. Légitime.
Nous avons vu Welcome, que je promote volontiers. Il s'agit du sort des Hommes…
Sur le trottoir, en sortant, j'ai rallumé mon téléphone portable et découvrais un message d'un Ami et Camarade.
- Les salariés de Conti montent à pied de l'usine pour rencontrer Marini ! …
Alors, sans hésiter et sans présumer, nous avons traversé la ville et avons gonflé le rang de nos deux petites personnes. Citoyenne et citoyen, révoltés et réfléchis. Révoltés que des puissants dominent ainsi le Monde et ceux qui l'habitent, solidaires et conscients du drame humain qui surgissait soudain dans nos vies.
Inacceptable que des princes, des richissimes dominants du haut des tours, puissent ainsi agir.
Ce jour-là, j'ai fait des images grises. Et j'ai filmé la déclaration des délégués syndicaux alors qu'ils avaient été reçus par le sénateur-maire de Compiègne, ami du Président Sarkozy dit-on. Nous sommes rentrés à la maison. Nous avons caressé le chien d'abord et les chats. J'ai allumé la cheminée, puis l'ordinateur. Pour le diner, nous avons décidé de grignoter ce-qu'il-y-a…
Je suis éducateur spécialisé et je suis ouvrier.
Ma force de travail est cérébrale, elle touche à l'attitude, à la voix et aux regards. Mes savoir-faire sont dans l'être-là et cette aptitude à formuler les mots pour le dire. Je n'ai pas l'esprit technique et n'ai pas de force dans les bras.
Avant d'être cet homme, j'ai travaillé à l'usine et sur les chantiers. J'ai fait le saisonnier et l'intérimaire. J'ai fait le stagiaire, en T.U.C. et en S.I.V.P. et j'ai souhaité m'échapper. Produire est aliénant dès que l'homme est variable d'ajustement.
Ainsi fait, j'ai regardé mes images. J'ai vu l'humain, dans l'Histoire de la condition ouvrière. J'ai vu s'abattre le pire. Là où je suis.
- Mais qu'est-ce qu'on peut y faire ? …

Un possible.
C'est déjà ça.
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Mille cent vingt personnes c'est pas rien.
Mille cent vingt personnes c'est pas des images du p'tit écran.
Qui passent et s'oublient.
Mille cent vingt personnes c'est des amoureux, des potes et des voisins. C'est des enfants et des grands-pères. C'est des cyclistes sur route de campagne et des ados sous les abris-bus. C'est un rigolo qui boit trop, c'est un fidèle du petit disquaire et de la boulangerie. C'est un chasseur de brame et une femme dans son jardin. C'est un gamin de quartier, c'est un frère, un époux, un fils. C'est une mère, une amie, une ex de lycée.
Mille cent vingt personnes ce n'est pas que des crédits-maisons, puisqu'il y en a.
Mille cent vingt personnes c'est cinq mille heurtées de plein fouet.
C'est soixante millions qui acceptent l'inacceptable, résignées…
Ou pas.
Mille cent vingt personnes. Un échantillon ou des vies ?

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- « Nous reprenons dès aujourd'hui en main notre avenir ! ! »
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Dans mon taf, dans mon jargon, on dit que pour tenir debout et avoir le désir de vivre, « un des petits fondamentaux c'est l'image de soi ».
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Tiendez bon ! !
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cliché du 19 mars 2009 :
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Dans la tourmente j'ai pensé à « Reprise, un voyage au coeur de la classe ouvrière », le film d'Hervé Le Roux, qui d'un petit rien - quelques images sonores qui bougent - raconte pour la Mémoire ce qu'était l'usine Wonder alors que surgissait la révolte.
Plus tard j'ai pensé à « Mémoire d'un saccage » de Fernando Solanas. Et, toutes proportions gardées, que Philippe et l'homme qui tend la perche, au coeur du conflit naissant, avec micro et caméra à l'épaule, allaient probablement réaliser un puissant document.
Ni eux ni moi avions songé que nous serions là.
Une projection de mes clichés, à l'usine, pour ces mille cent vingt personnes et leurs amis et camarades… ça m'irait bien.
Aussi, je les ferai tourner sur dvd.
Hier soir, nous avons regardé « The Happiness of the Katakuris », un film de Takashi Miike.
Excellent.
Nous, dans le travail social, les attaques sur le bassin de l'emploi sont plus sournoises. Réelles et sournoises. Elles touchent aux effectifs, elles touchent aux qualifications, elles brutalisent notre Convention collective nationale, elles abordent l'éducation spécialisée et le soin en terme de coût au détriment des besoins, elles hiérarchisent la pluridisciplinarité des professionnels… Nos enfants, nos fous, nos malades coûtent trop cher. La personne handicapée est un prix de journée qu'il faut réduire.
Juste pour dire…
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