04/12/2009 à 11h05

Changements de tête à la DGSE : André le Mer s'en va

David Servenay | Ex-Rue89

Remaniement en cours à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Le numéro 2 de la « boîte », comme la surnomme les espions français, André le Mer, va quitter la centrale du boulevard Mortier pour aller tranquillement poser ses valises à la Cour des comptes.

Le décret, adopté ce mercredi en Conseil des ministres, a été publié jeudi au Journal officiel. Signé par le président de la République et le Premier ministre, il indique sobrement :

« M. André LE MER, administrateur civil hors classe, est nommé conseiller maître à la Cour des comptes (3e tour). »

Dans le jargon administratif, le « troisième tour » signifie que le directeur du Renseignement se voit offrir un joli poste de fin de carrière pour services rendus à la Nation. Ex-commissaire de la Marine, énarque de la promotion Denis Diderot (sortie en 1986 avec Hervé Gaymard, Augustin de Romanet ou Christian Charpy), André le Mer aura fait l’essentiel de sa carrière dans la Défense.

Succédant à Alain Juillet (l’homme de l’intelligence économique), après les règnes de Jean-Pierre Pochon et de Michel Laccarière (deux policiers), il était alors vu comme l’homme de la continuité. Il s’est notamment illustré en pilotant la réforme de la DGSE sous l’impulsion de Pierre Brochand (directeur de 2002 à 2008), mais aussi en s’impliquant personnellement dans la gestion de plusieurs crises, en particulier celle des otages en Irak.

« Evolution de carrière » ou reprise en main ?

D’aucuns verront dans ce départ une glissade en douceur vers la sortie, « évolution naturelle de carrière », car le nombre restreint de postes de directeurs dans les services secrets limite la progression des hauts fonctionnaires. En clair, arrivé à un certain niveau, un énarque ne peut plus progresser à la DGSE qui s’est très longtemps refusée à voir partir ces pointures vers d’autres horizons.

D’autres décèleront dans cette « mobilité » la lente et certaine reprise en main de la « boîte » par son nouveau patron, Erard Corbin de Mangoux, un an après son arrivée en poste. Reste à promouvoir le successeur d’André le Mer. Et la lutte sera féroce entre les spécialistes de la maison, les énarques intéressés par les questions de renseignement ou... les policiers versés dans l’anti-terrorisme.

Le poste de directeur du Renseignement est traditionnellement considéré comme celui du véritable numéro 2 de la DGSE, juste avant celui de directeur des Opérations. Selon plusieurs sources, le nom de Patrick Calvar, l’un des adjoints du patron de la DCRI, Bernard Squarcini, est cité depuis plusieurs semaines pour prendre le poste. Contrôleur général de la police, « pur produit de la DST », Calvar est un spécialiste de l’anti-terrorisme et du monde musulman.

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  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 12h11 le 04/12/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Calvar c’est l’homme qui reprend Le Mer (tatatin).

  • kebra
    kebra
    Bisounours killa
    • Posté à 14h20 le 04/12/2009
    • Internaute 8550
      Bisounours killa

    Bernard Squarcini place des pions sarkozystes dans l’ensemble du renseignement. La société policière envahie tout, c’est son but.

    J’espère qu’Alain Bauer et Xavier Raufer sont étrangers à ces nominations sinon nous perdons encore un peu plus d’indépendance gaulliste pour devenir un Etat américain.

    Il faudra faire tomber des têtes et refondre la police et la justice après les ravages sarkozyens. Travail délicat dans une France sécuritaire en petite déviance totalitaire...

  • Claude Lebrun
    • Posté à 22h25 le 04/12/2009
    • Internaute 17829

    Chapeau en passant à l’ancien directeur général, Pierre Brochand, frère du député maire de Cannes, Bernard Brochand, et lui-même Cannois d’origine.

    Pierre Brochand, aussi talentueux dans la diplomatie qu’efficace dans le management, a d’abord fait une carrière brillante au Quai d’Orsay (quatre fois chef de poste dont trois ambassades « majeures ») avant de passer dans l’ombre, nommé par Chirac à la tête de la DGSE. Il réussit à opérer une indispensable réforme de la « boîte », menée pour l’essentiel en douceur, et en évitant les écueils de la politisation du service alors que d’aucuns n’hésitaient pas à tenter de l’impliquer dans des « affaires » comme celle du compte en banque de Chirac au Japon ou « Clearstream ».

    En six ans, Pierre Brochand a transformé la DGSE en un outil de pointe parfaitement adapté au traitement des menaces extérieures auxquelles la France doit faire face.

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 19h00 le 04/12/2009
    • Internaute 47198
      en invalidité

    « “Ex-commissaire de la Marine, énarque de la promotion Denis Diderot (sortie en 1986 avec Hervé Gaymard, Augustin de Romanet ou Christian Charpy), André le Mer aura fait l’essentiel de sa carrière dans la Défense.” »

    Maintenant je comprends pourquoi il y a un machin qui rouille à l’arsenal de Toulon...après avoir perdu ses hélices, grippé son arbre de transmission, et à qui ils ont du greffer une longueur de pont…sans parler du reste…tout devient limpide…des énârques…des énârques ( ânes à deux pattes sorties de l’école nationale des bourricots)