
Le Crédit Suisse épinglé pour ses placements imbitables
Les banquiers du Crédit Suisse ont-ils cru avoir trouvé la martingale pour fourguer à leurs riches clients des placements toujours plus prometteurs en temps de crise ?
Une épargnante française mécontente des pertes subies a saisi la Fédération bancaire française pour obtenir une médiation dans son litige contre la banque, estimant que l'information qui lui avait été délivrée était loin de correspondre aux standards en la matière. Il faut le voir pour le croire : la notice d'explication du placement en question est tout bonnement incompréhensible !
Le titre du placement vendu depuis 2008 par le Crédit Suisse, notamment dans son établissement de l'avenue Kléber, à Paris, est déjà tout un programme : le « Callable Yield Note Multi Indice à un an Euro 11,5% ». On est pas dans l'agence à guichets du coin, mais tout de même…
Un extrait de la note de présentation de deux pages éditée par la banque suscite à l'évidence l'incompréhension, à moins d'être un expert :
« Si aucun des 4 sous-jacents n'a atteint ou dépassé sa barrière (observation continue) pendant la durée de vie du Note, ce dernier sera remboursé à 100% par coupure à l'échéance, même si un ou plusieurs des sous-jacents clôturaient en dessous de leur niveau initial à la date du fixing final ».
Les éventuels courageux ou spécialistes pourront décrypter les « avantages » et les « inconvénients » du placement sur le fac-similé ci-joint. Une notule qui devrait à priori pouvoir être lue par tout client potentiel…
Un avocat, Me Richard, réunit donc actuellement les dossiers de plusieurs clients ayant subi des pertes. Pour lui, la crise n'est pas la seule responsable du trou de ses clients, au contraire. Le produit proposé par la banque, il le juge « totalement incompréhensible ».
Un avis que le médiateur de la Fédération bancaire française, saisi par l'une de ses clientes, n'est pas loin de partager. Le médiateur a analysé le produit, pointant en termes choisis - on est quand même dans une fédération bancaire… - le manque d'information délivré selon lui aux souscripteurs et le caractère inapproprié d'avoir conseillé le produit à la cliente.
« Compte tenu de la relative complexité du produit considéré » (…) et « dans le doute sur les explications spécifiques qui ont pu être données à une cliente peu familière de cette technique », écrit-il dans une « Proposition de règlement amiable entre Madame C. Grunwald et le Crédit Suisse ».
Il rejette néanmoins le défaut de conseil reproché à la banque par la plaignante et suggère le remboursement d'environ la moitié des pertes, ce qui ne semble pas suffire à satisfaire cette dernière.
Plusieurs dossiers sont actuellement ouverts contre la banque qui, sollicitée par Rue89, n'a pas donné suite à notre demande d'explications.
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De Laclairette
informaticienne | 11H39 | 26/06/2009 |
« Le Crédit Suisse épinglé pour ses placements imbitables »
euh… c'est quoi ce titre ?
à Laclairette
De WeWillWin
Indécise | 11H45 | 26/06/2009 |
Ben oui, il est pas épinglé pour l'instant. Alors c'est quoi ce titre ?
à WeWillWin
De Arnaud Aubron
Rue89 | 12H10 | 26/06/2009 |
Bah tout dépend ce que vous entendez par « épinglé », qui n'a pas vraiment de définition légale. Si la FBF demande de rembourser la moitié des pertes parce qu'il y a des problèmes reconnus dans le produit proposé, pour moi il a bien été « épinglé ». Mais ça se discute j'en conviens.
à Arnaud Aubron
De noftal
12H25 | 26/06/2009 |
Le choix du mot « imbitable », particulièrement familier pour ne pas dire plus, me paraît aussi hautement discutable.
à noftal
De Bee
13H58 | 26/06/2009 |
Je suis bien d'accord…
Je ne suis pas particulièrement prude ou maniaque mais tout de même, peut-on utiliser un peu la richesse écrite de la langue française plutôt que de recourir à des familiarités déjà particulièrement vulgaires lorsque dites oralement ?
Surtout pour le choix d'un titre balancé en énorme sur la page de garde de rue89.
Vous auriez pu utiliser par exemple au choix :
abscons
obscur
impénétrable
nébuleux
sibyllin
hermétique
incompréhensible
inintelligible
énigmatique
abstrait
à Bee
De palmer
passant | 14H41 | 26/06/2009 |
Imbitables c'est sympa. oui y a plein d'équivalents mais ces termes galvaudés sont usés comme les gloussements de michel djaxonne ; certains sont même par trop imbitables alors qu'imbitable est inimitable ; tellement que certains dicos ne connaissent pas encore.
Puis c'est quand même plus sympa de passer sa journée avec la découverte d'un mot qu'avec des pleurnicheries imbitables pour un marchand de disques qui meurt comme un humain ordinaire.
à noftal
De macjack
bûcheron | 10H23 | 27/06/2009 |
C'est indubitable !
à macjack
De sefero49
Soldat mugissant | 16H24 | 27/06/2009 |
Oui…
et est il bien utile de « débiter » des synonymes pour s'en convaincre ? ? ?
à noftal
De pseudoo
citoyen lambda | 09H27 | 29/06/2009 |
Cela vient du verbe biter, qui veut dire comprendre. Cela n'a rien à voir avec une bite !
Avec avec ces pères la pudeur, tous ces tartuffes, on va bientôt supprimer tous les mots obscènes comme le mot concupiscent ou pire encore, le mot suspect.
à pseudoo
De noftal
13H49 | 29/06/2009 |
Merci pour ces étymologies mais je n'ai jamais envisagé que ces 2 mots puissent avoir une racine commune. Il n'empêche que le mot « imbitable » reste extrêmement familier, ce qui est d'autant plus choquant dans un titre placé en une d'un journal.
à Laclairette
De AE35
10H02 | 27/06/2009 |
Je suis bien d'accord avec vous.
1 / « Epinglé » ? Pas de condamnation pour le moment ni de rappel à l'ordre de la part des autorités compétentes en la matière (AMF et Commission Bancaire). Faudrait donc que l'on m'explique l'épinglette en question.
2 / « Imbitable » ? Connaît pas ! j'imagine que ce fait d'avoir une constitution physique dans laquelle on ne peut y introduire une « bite » [désolé] ? Accolé au terme « placement »… non je ne vois pas le sens ni le signifiant.
Bref, la qualité des articles de Rue89 baisse en ce moment… : -(
De Lurker
Neant | 11H41 | 26/06/2009 |
« Une épargnante française mécontente des pertes subies » « la notice d'explication du placement en question est tout bonnement incompréhensible ! »
Donc si je comprends bien, encore une fois on a affaire a une personne qui, ayant perdu de l'argent placé (c'est le risque) en signant un contrat qu'elle n'a pas lu et / ou pas compris, vient pleurer.
Quand donc les gens arreteront de signer des choses dont ils ne comprennent pas un mot ? (j'ai la réponse, quand ces personnes seront moins vénales) (c'est pas demain la veille).
à Lurker
De Ellington
16H33 | 26/06/2009 |
Soit elle ne l'a pas lue, elle ne doit pas se plaindre,
Soit elle l'a lue, n'a rien compris et signé quand même et alors elle est vraiment très c…
De WeWillWin
Indécise | 13H20 | 26/06/2009 |
Faut-il plaindre les gens qui placent leur argent en rêvant à des revenus faciles ?
De JP_JP
11H47 | 26/06/2009 |
Malgré la crise, je n'ai pas perdu 1 euro sur mes placements en actions, obligations, …
vous savez pourquoi ? je n'en ai pas !
Une action achetée = 1 emploi supprimé.
moralité
bien fait
De jide
jide.romandie.com | 12H13 | 26/06/2009 |
Ho !
Un Gros Requin a bouffé les éconocroques d'un plus petit que lui !
Et le petit poisson n'est pas content ?
Et si l'argent promis avait été gagné, qui (l')aurait perdu ?
Comme ces boursicoteurs qui voulait être remboursé de leur pertes par l'Etat après le crack d'octobre dernier…
Tous les même : ce sont les plus malins quand ça gagne (tu parles, palper de blé sans rien glander) mais des que ça vire au vinaigre, on joue les chochottes effarouchées.
http://jide.romandie.com
De Hatamoto
13H22 | 26/06/2009 |
Une directive européenne, la Mifid, impose aux banques et consorts de fournir des informations claires à leurs clients, et ce en fonction du degré de connaissance des marchés financiers du client. Cette directive est en application depuis 2007.
Elle impose même qu'un produit financier trop complexe ne puisse être vendu à quelqu'un n'ayant pas les bases pour le comprendre.
Si le Crédit Suisse à vendu son produit en 2008, alors ils peuvent être épinglés.
Mr Léger, je suis surpris que vous n'ayez pas mentioné cette réglementation, qui va clairement être au coeur des débats sur ce litige.
Même si le siège en suisse du Crédit Suisse n'a pas à respecter cette réglementation, une filliale en France devra la respecter, prouver qu'ils ont :
- Classifié leur cliente (ils ont du lui faire remplir un formulaire détaillé de sa connaissance et sa compréhension des marchés), ou par défaut attribué le plus bas niveau (tel que le veut la réglementation).
- Classifié le produit vendu en fonction de sa complexité.
à Hatamoto
De Liger
liger.amsud.net | 13H28 | 26/06/2009 |
C'est très intéressant, ce que vous dites là.
Dans le même esprit, est-ce à dire que l'Etat français, à travers le PMU et la Française des Jeux, devrait faire remplir un questionnaire aux parieurs pour s'assurer qu'ils ont bien compris que leur espérance de gain n'est que de 60% leur mise ?
à Liger
De Hatamoto
13H36 | 26/06/2009 |
Le truc c'est que le PMU c'est un « jeu de hazard ».
La banque c'est sensé être « sérieux » … et pas un « jeu de hazard ».
Vous avez déjà vu une banque vendre un produit financier et vous dire que c'est super génial, et comme le loto ?
à Hatamoto
De Jaydi
Sûr de ne pas être certain | 14H53 | 26/06/2009 |
L'emploi du mot hazard est-il volontaire ?
Parce que dans ce cas là, je dirais que confier son argent à une banque dans de tels investissements relève aussi du hazard.
à Jaydi
De Ellington
16H35 | 26/06/2009 |
En français, il faut écrire « hasard ».
Le mot anglais « hazard » signifie « danger ».
Amusant lapsus ?
à Hatamoto
De Hatamoto
13H32 | 26/06/2009 |
Je vais faire une réponse globale à ceux qui minimisent l'action de la banque, ou qui disent en gros « fallait pas jouer ».
Quand un escroc escroque une vielle en abusant de sa confiance, tout le monde reconnaitra que la vielle est une victime et que l'escroc est coupable.
En quoi ce cas est différent ? la cliente de la banque à confiance en son banquier, le banquier abuse de sa confiance et lui soutire son argent.
Parceque la banque sur ce genre d'opération c'est comme le casino : elle touche sa com, qu'elle gagne ou qu'elle perde.
à Hatamoto
De chourave
15H26 | 26/06/2009 |
D'accord sauf qu'il y a fort a parier que la banque et ses conseillers n'en savaient guère plus et que c'est en tout honneteté qu'ils ont fourgués ce qui s'est avéré une mauvaise affaire.
Il y a aussi fort à parier que ceux qui ont monté ce placement croyait eux aussi que c'était une bonne affaire d'après les données qu'ils avaient entre leurs mains.
Donc dans ce genre d'affaire, même si tout le monde est honnete les consequences ne sont pas pour autant maitrisées. Il empeche que les risques encourus par les intermédiaires sont nuls mais pas ceux du client final.
Ceci illustre parfaitement un comportement sytémique.
à Hatamoto
De AE35
10H26 | 27/06/2009 |
Non pas tout à fait. La comparaison n'est pas bonne pour deux raisons.
1 / Certain produit, principalement en matière de placement financier, sont rémunérés pour l'établissement de crédit sur un pourcentage pris sur les performances. Pas de performance positive >> Pas de revenus pour la banque.
2 / Si la cliente n'était pas en perte sur le produit, mais en gain, question : se serait-elle plainte également de ne pas avoir compris la documentation ?
Cependant vous avez parfaitement raison avec la Directive MIF.
Reste à connaitre le statut de l'agence Crédit Suisse à Paris (France).
Deux possibilités :
1 / Filiale française d'un EC Suisse avec numéro d'agrément >> Alors la directive MIF s'applique à ce cas d'espèce.
2 / Bureau de représentation sans numéro d'agrément >> Alors la directive MIF ne s'applique pas et le bureau parisien du Crédit Suisse ne répond pas de ses actes ni devant l'AMF ni devant la Commission Bancaire mais uniquement devant la législation suisse.
Après vérification sur leur site, il s'agit bien d'un Établissement de Crédit, donc avec agrément du CECEI. LA Directive MIF s'applique donc dans le cas d'espèce cité par l'article.
Donc, et selon mon analyse :
- soit le produit a été vendu sans que la cliente n'ait signé le questionnaire MIF, et dans ce cas la responsabilité de l'Etablissement de Crédit peut être engagée
- soit le produit a été vendu en contradiction avec le questionnaire MIF rempli par la cliente, et dans ce cas la responsabilité de l'EC est également engagée
- soit - et il ne faut pas l'oublier - la client à « menti » en remplissant son questionnaire MIF et dit qu'elle acceptait une prise de risque et/ ou qu'elle acceptait une part de prise de risque dans sa gestion de produit financier. Et dans ce cas la responsabilité de la cliente serait totale.
On ne peut pas dire que l'on accepte du risque que s'il n'existe pas, et le refuser lorsqu'il s'avère !
à Hatamoto
De les_canards
09H46 | 27/06/2009 |
Crédit Suisse fait exclusivement de la banque privée. On peut supposer que Madame avait donc un joli petit capital de départ, probablement un conseiller fiscal attitré, et n'était pas censée être novice en la matière. Or pour quelqu'un qui s'y connaît ne serait-ce qu'un peu, le passage cité n'a rien d'incompréhensible…
De fredinlondon
OM | 12H57 | 26/06/2009 |
Ce type de produit n'est pas particulierement compliqué, en depit de son nom est un peu barbare, pour peu qu'il soit expliqué convenablement.
C'est par contre une autre question de savoir si il est approprié de vendre ce type de produit qui s'adresse a des investisseurs experimentés à un particulier.
Credit Suisse, de meme que les autres banques d'investissement, ne sont pas des enfants de coeur mais sont des professionnels, ce qui signifie qu'ils font tres attention en general a bien expliquer ce qu'ils vendent (dans le but essentiellement de couvrir leurs arrieres certes : )) afin que ce type de situation ne se produise pas.
Dans ce type de situation, il est fort probable que
1. la cliente aie compris intellectuellement le fonctionnement du produit - mais pas realisé le risque qui y etait lié
2. elle ne soit pas entierement de bonne foi et cherche juste à refaire ses pertes
3. credit suisse paye ce qu'elle demande quelle que soit la somme afin d'eviter une publicité negative beaucoup plus couteuse.
Je suis d'accord avec les commentaires precedents : quand est ce que les gens feront preuve de bon sens et arreteront d'acheter des choses qu'ils ne comprennent pas juste car ils revent d'avoir plus de rendement ? C'est ce type de « reve » qui fait prosperer les banques et la francaise des jeux.
à fredinlondon
De chourave
15H35 | 26/06/2009 |
Pourriez vous m'expliquer en quoi un type de produit est plus ou moins adapté à un client.
Quand on parle d'une voiture ou d'un logement je vois, en ce qui concerne un placement j'ai beaucoup de mal.
Est-ce que les institut financiers ne font pas plutot de l'obscurantisme pour reporter sur des clients une responsabilité qui est la leur un peu comme « Windows » vous signals que vous n'avez pas d'antivirus pour pallier aux failles de leur système qu'ils ne veulent pas assumer.
à chourave
De les_canards
09H48 | 27/06/2009 |
Exemple (bête) de produit plus ou moins adapté : un investissement « quitte ou double » (soit +15% soit -10%) peut être adapté à quelqu'un qui n'y investit qu'une petite part de ses actifs et a par ailleurs une situation financière solide. Pas au « père de famille » qui place l'argent mis de côté pour faire face aux études de ses enfants !
à fredinlondon
De Rat Debile
trader pas plus malin que les autre... | 04H55 | 29/06/2009 |
Tous ces produits dits « structurés » sont des grands classiques dans les banques d'investissement, ceux sont ce que l « on appelle les produits exotiques. Actuellement, Credit Suisse n'est pas le seul qui soit sous le coup d'attaques de clients, sur la complexité des produits.
Pour avoir structuré ce genre de produits, l'idée est que le client prenne un risque, afin que la banque le rémunère plus qu'au taux monétaire. Ce qui se passe dans la réalité, c'est que vous avez un client qui cherche les plus gros coupons possibles, en prenant un risque qu'il ne voit pas ou minimise. Typiquement, vous lui dites que son capital est entièrement protégé tant que le CAC40 ne baisse pas de 30 % en un an, sinon il perd beaucoup (ça n'arrive jamais ça, cool , je fonce ! )
Là l'équipe d'ingénieur de la banque calcule vraiment le risque (en proba) et propose de gros intérêt pour compenser en moyenne ce risque , tout en empochant une marge au passage.
Ensuite, la banque gère les risques de ce produit pour pouvoir payer les coupons au client.
Le problème vient de la cupidité a la fois du client qui refuse de voir les risques, mais aussi des vendeurs des banques , qui la plupart du temps ne sont pas meilleurs que des VRP tupperware et devraient vendre des tapis car au moins ils comprennent ce que c'est, pas comme les produits qu'ils vendent.
Enfin bon, on parle de produits qui n'ont plus le vent en poupe, car autant les clients on perdus de l'argent, mais les banques aussi, car les risques pris par les banques sont beaucoup plus gros que ceux déduits des modèles d'évaluation de risques, et vu le comportement des marchés entre octobre et décembre beaucoup de banques ont renoncés a vendre ce genre de produits suite à de nombreuses pertes en gestion.
De gavroche dit gazouz
ex-fumeur averti | 13H03 | 26/06/2009 |
impossible de telecharger le document ,que fait rue89