tribune 06/08/2009 à 18h20

« Scandale » des bonus : pourquoi la BNP a raison

Pascal-Emmanuel Gobry | Etudiant à HEC

BNP Paribas s’apprêterait à verser un milliard d’euros de bonus à ses traders : cette « révélation » de Libération agite le web. L’histoire est loin d’être aussi simple. Dans leur empressement à taper sur les banquiers, les médias ont oublié quelques faits. Non seulement la BNP ne va pas forcément verser un milliard de bonus, mais son attitude va précisément dans le sens d’une « moralisation » de la finance.

Un bonus, en tant que tel, n’est qu’une forme de rémunération variable liée à la performance, comme les commissions de n’importe quel commercial. En soi, que quelqu’un qui rapporte plus d’argent à son entreprise touche une gratification supplémentaire, ça ne choque personne.

Ce qui choque, nous dit-on, ce ne sont pas les bonus eux-mêmes, mais leur montant et la manière dont ils sont attribués. Et c’est là que le bât blesse.

Rendre les traders moins myopes

On nous rappelle depuis le début de la crise que les bonus encouragent le court-termisme et la prise de risque inconsidérée. Les traders touchent un gros bonus à la fin de l’année en cas de bons résultats, mais ne perdent pas grand-chose en cas de grosses pertes, ou si leurs stratégies se révèlent juteuses à court-terme mais destructrices à long terme.

On nous déclare encore que le meilleur moyen de les faire travailler pour le long terme est de bloquer leurs bonus pendant plusieurs années, et de n’en verser la majorité qu’après une longue période, histoire de les rendre moins myopes.

Très bien. Le seul problème, c’est que c’est précisément ce que la BNP fait avec cette provision.

Comme l’admet -avec une naïveté délicieuse- l’article de Libé, il ne s’agit pas d’un milliard versé, mais d’un milliard provisionné. Les provisions, nous dit Wikipédia (et le programme de comptabilité de première année de BTS), sont « des charges probables (et pas seulement éventuellse) qu’il convient de rattacher à l’exercice comptable au cours duquel elles sont apparues afin de dégager un résultat aussi fidèle que possible ».

Faire une provision, ça ne veut pas dire qu’on verse de l’argent, ça veut dire qu’il est probable qu’on devra le verser à l’avenir. Oui, me direz-vous, mais ça ne change rien à l’affaire. Qu’elle le verse aujourd’hui ou demain, la BNP a quand même l’intention de verser un milliard à ses traders.

Principe de prudence

Peut-être, sauf qu’une des règles de la comptabilité d’entreprise est le principe de prudence. On n’enregistre un produit (de l’argent qui va rentrer) que lorsqu’il est certain, alors qu’on enregistre une provision (de l’argent qui doit peut être sortir) dès qu’elle est probable. On se prépare au pire pour espérer le meilleur.

Ce que la BNP dit avec cette provision, c’est en somme : « On ne sait pas encore comment on va rémunérer nos traders parce qu’on n’a pas encore évalué complètement leur performance, mais dans le “pire” des cas il faudra qu’on leur verse tant. »

Autrement dit, ils font exactement ce que tous les moralisateurs de la finance demandent aux banques depuis le début de la crise financière.

D’ailleurs, le refus de passer des provisions importantes était l’une des causes de l’effondrement d’Enron en 2001. Depuis, presque tous les pays développés ont adopté des lois très dures sur les provisions, comme la France avec la loi sur les nouvelles régulations économiques.

Les entreprises cotées ne rigolent plus du tout avec ça. Si la BNP n’avait pas passé cette provision, ses dirigeants et les auditeurs qui contrôlent l’entreprise auraient commis un délit passible de prison.

La « manip » que la presse n’a pas vue

Réfléchissez-y. Vous dirigez une grosse banque. Vous voulez rémunérer vos traders à long terme, mais au semestre passé ils ont effectué de bonnes performances. Vous savez que, s’ils continuent sur la même lancée, vous devrez leur verser tant de variable.

Vous faites quoi ? Vous passez une provision et vous attendez de voir la suite. C’est de la bonne gestion et de toute manière, la loi vous y oblige. En revanche, vous prenez deux Eferalgan quand vous lisez la presse le lendemain.

Le plus rigolo dans cette affaire, c’est que dans ces comptes publiés par la BNP, il y a une vraie « manip », complètement obscurcie par l’obnubilation sur les bonus : le « goodwill » négatif de 815 millions d’euros lié à l’acquisition de Fortis.

Le « goodwill », ou écart d’acquisition, c’est, pour faire vite, la différence entre la valeur théorique d’une entité acquise et le prix qu’on a payé. Il peut exister pour des raisons parfaitement légitimes (par exemple, les actifs d’une société valent davantage sur le marché que leur valeur amortie au bilan), mais aussi pour des raisons moins légitimes (typiquement, les valorisations de la bulle Internet).

Le « goodwill » impacte directement le résultat comptable, même s’il ne correspond qu’à un résultat « théorique ». En l’occurence, la BNP a inscrit un « goodwill » négatif sur son acquisition de Fortis. Autrement dit, elle déclare que Fortis vaut en fait 815 millions de plus que ce qu’elle a payé.

Il faut un vrai journalisme financier

Ces 815 millions se retrouvent au résultat, alors qu’ils ne correspondent à aucune rentrée d’argent. Au passage, cela permet de faire passer, comme par hasard maintenant, plein de « goodwills » positifs sur d’autres acquisitions moins judicieuses, sans plomber le résultat.

Rien d’illégal ou même d’immoral, mais un petit tour de passe-passe comptable qui permet de faire passer aux oubliettes quelques erreurs passées et de gonfler un peu le résultat.

Bref, le genre d’histoire qui aurait mérité d’être mise en lumière par un vrai journalisme financier, avec de vraies compétences en gestion et une volonté de chercher un peu plus loin les faits intéressants. Mais il est tellement plus facile de taper sur de prétendus bonus.

(Pour info : un de mes anciens profs travaille chez BNP Paribas, j’ai aussi mon Livret A chez eux et ma conseillère est très gentille. En revanche, je déteste leurs pubs avec Eric et Ramzy.)


Le retour des bonus chez les traders (Chimulus)

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  • aurelparis
    aurelparis répond à cMoi69
    cadre
    • Posté à 15h49 le 07/08/2009
    • Internaute 87274
      cadre

    Vous rigolez j’espère ? 20 K€ pour des gens faisant gagner des millions ? l’idée d’un plafond n’est pas mal ..mais alors faudra accepter une augmentation du salaire fixe...et ainsi fragiliser la banque du fait d’une hausse du seuil de rentabilité.

  • The_Reaper
    • Posté à 21h38 le 06/08/2009
    • Internaute 33315

    Article intéressant qui montre que la réalité est bien plus complexe que le manichéisme ambiant qu’on nous annonce régulièrement dans la presse. En tout cas, j’ai appris des choses, et je remercie l’auteur de cet article pour ces infos.

    D’ailleurs, je suis assez d’accord pour une vraie presse financière (et même économique en général), mais de deux choses l’une :

    - éviter la presse orientée (comme les Echos ou la Tribune) qui fait de la propagande financiariste plutôt que de l’information.

    - il faudrait aussi que les Français aient un peu plus de bases en éco et finance pour pouvoir interpréter les textes. Car même les gens qui ont fait des études sont parfois larguées, alors le « Français moyen »...

    • L08
      L08 répond à The_Reaper
      auteur
      • Posté à 22h10 le 06/08/2009
      • Internaute 50884
        auteur

      A propos de presse...un article « coup de poing » made in US (Rolling Stone) sur Goldman Sachs, ici traduit en VF (ça vaut le coup de prendre le temps pour la lecture ; l’article est long, 2 parties sur 3 en ligne pour l’instant).

      Bien qu’au fait de certaines choses, j’ai du mal à trouver le qualificatif après lecture...soufflant peut-être :

      Lien

  • Gwenfromtahiti
    Gwenfromtahiti
    dans la finance bien sûr
    • Posté à 21h41 le 06/08/2009
    • Internaute 87196
      dans la finance bien sûr

    Il a raison le jeune HEC, compte tenu des règles comptables toujours en cours, la BNP doit provisionner ce milliard.
    Ça ne sert à rien de taper sur les banques. Elles ne font que s’engouffrer dans une brèche grande comme la ligne droite de Longchamp. Il ne faut pas oublier que les entreprises ne sont par essence pas des révolutionnaires. Tant que l’on ne les oblige pas à changer leur mode de gestion, elles ne changeront pas d’un iota leur stratégie. La solution qui s’impose est donc : légiférer. Le problème c’est qu’il faut légiférer au niveau mondial et ça c’est pas facile facile.

    • Pascal-Emmanuel Gobry
      Pascal-Emmanuel Gobry répond à Gwenfromtahiti
      Auteur(e) de l'article Etudiant à HEC
      • Posté à 00h29 le 07/08/2009
      • Internaute 87183
        Etudiant à HEC

      D’accord à 100%. C’est exactement ça.

      • Slovan
        Slovan répond à Pascal-Emmanuel Gobry
        Baroudeur
        • Posté à 13h48 le 07/08/2009
        • Internaute 63535
          Baroudeur

        « Le problème c’est qu’il faut légiférer au niveau mondial et ça c’est pas facile facile. »

        Il faut arrêter avec ce faux dogme, qui est toujours un prétexte pour ne rien faire ! Les traders les plus vénaux qui iront à l’étranger ne seront pas forcément les meilleurs. Et toutes les places financières étrangères ne pourront pas non plus accueillir tous les traders moins payés.
        Vous n’en savez rien qu’il y aura une fuite des cerveaux telle qu’elle déstabilisera les banques françaises.

    • leo s
      leo s répond à Gwenfromtahiti
      (...)
      • Posté à 12h19 le 08/08/2009
      • Internaute 73621
        (...)

      « Le problème c’est qu’il faut légiférer au niveau mondial et ça c’est pas facile facile. »

      ah bon

      pourtant le G20 de Londre fut à ce sujet une magnifique réussite dixit NicoS

  • rue_de_la_paix
    rue_de_la_paix
    c'est plus compliqué que ça
    • Posté à 22h08 le 06/08/2009
    • Internaute 61977
      c'est plus compliqué que ça

    Les nouvelles normes comptables IAS et IFRS ont mis en péril le principe de prudence au profit de la juste valeur. Ce sont les financiers des banques d’affaires qui ont poussé à ce changement et pas les experts comptables.
    Mais le gros défaut de la juste valeur, c’est sa volatilité. Elle permet de gonfler la valeur d’une entreprise en période de bulle spéculative mais sous-valorise de manière extrême en période de crise d’où la tentative de ces mêmes lobbys de vouloir valoriser aux normes anciennes quand cela devient avantageux par rapport aux nouvelles normes. C’est une tentative de bidouille des règles comptables. On ne peut pas changer les règles du jeu en cours de partie. Quand on choisit une règle comptable, on s’y tient, sinon c’est de la triche.

    Pour la provision de la BNP, ce qui m’interpelle, c’est le montant. Si un milliard d’euros de bonus sont prévu, cela veut dire que les gains de la banque dans la spéculation sont encore plus élevés. D’où vient cette argent ? Le monde économique « réel » est en crise alors que le monde financier semble se remettre en selle, donc d’où vient la valeur ajoutée ? De produits dérivés ? Qui reposent sur quelles valeurs réelles ?

    • aurelparis
      aurelparis répond à rue_de_la_paix
      cadre
      • Posté à 15h52 le 07/08/2009
      • Internaute 87274
        cadre

      Enfin du bon sens ! ! oui ! ! le pb initial c’est ce principe de juste valeur...et de perte de bon sens que nous imposent les normes IAS ...et notamment IAS 39...
      Le souci, c’est que le comité qui préside ces normes veut aller en core plus loin dans l’application de la jsute valeur...

  • gribouillemoqueur
    • Posté à 22h08 le 06/08/2009
    • Internaute 36141

    Je crois d’abord qu’il est maladroit de nous faire un cours de comptabilité genre cours magistrale pour aborder une question pareille. Et la technique comptable n’aide absolument pas à justifier la pratique.

    Le boulot d’un trader consiste à acheter et à vendre des titres en essayant de faire un bénéfice entre les deux opérations, ceci parfois en quelques secondes. C’est le genre de truc complètement stupide qui ne demande pas des capacités intellectuelles et encore moins une compréhension de l’économie extraordinaire (une légende dit que les premiers traders étaient des vendeurs de pizzas et le fameux nick leeson n’avait qu’un diplôme d’études secondaires, c’est dire les 2CV qu’on fait passer pour une ferrari !).
    La question de la rémunération reste à définir. On ne fera pas croire qu’il existe des traders extraordinaires qui ne pourraient pas être remplacés par d’autres sortant de n’importe quelle école de commerce. Je remarque qu’on nous sort le même argument pour les dirigeants des grandes entreprises alors que leur impact sur les résultats est marginal.
    Beaucoup de jeunes diplômés seraient prêts à bosser pour une bouchée de pain pour faire partie des heureux élus. La loi du marché dit que si vous avez beaucoup de postulants pour un poste, la boite peut fixer la rémunération comme elle le souhaite, qu’importe le résultat qu’il réalise.

    Enfin, si j’en crois les études économiques, un système financier intermédié à la grand papa ou un système désintermédié (place prépondérante des marchés financiers) n’affecte pas la croissance économique. Seul le degré de développement du système financier compte. (Levine 2002, Ndikumana 2005)
    Dans un système intermédié, la banque n’a pas besoin de vendre ses crédits sous forme de produits sophistiqués sur un marché. Et Sans marchés, pas de traders. Et donc aucune utilité économique à continuer avec des traders et à dépenser des milliards pour les rémunérer.

    CQFD

  • zx600
    • Posté à 22h11 le 06/08/2009
    • Internaute 14825

    « Don’t hate the player, hate the game » (CJ, GTA San Andreas)

    On attend toujours que les règles de rémunération changent, ce que nous avait promis notre bon Maître à Tous, avec force moulinets. Il n’a encore brassé que du vent et rien n’a changé.

    Dans ces conditions, on ne peut pas en vouloir à BNPP de revenir aux bonnes vieilles habitudes...

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 22h13 le 06/08/2009
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
  • zompti
    zompti
    futur « départ volontaire »
    • Posté à 22h38 le 06/08/2009
    • Internaute 71360
      futur « départ volontaire »

    L’auteur de cet article n’a visiblement pas lu celui de Libération, parce qu’un tel niveau de désinformation, c’est quand même rare : il est encarté à l’UMP ou quoi ?

    Libé ne parle pas d’un milliard de bonus dans son article, mais d’UN MILLIARD DE PLUS QU’EN 2008 ». Ce n’est pas du tout la même chose ! Ce que confirme d’ailleur in fine la BNP.

    « BNP Paribas s’apprête à distribuer à ses traders un milliard d’euros de plus en 2009 qu’en 2008 (le montant total des bonus distribués n’est en revanche pas indiqué) »

    Libé précise bien que c’ette somme est provisionnée (et non versée) en vue de rémunérations l’an prochain sur l’exercice 2009 :

    « elle a fortement augmenté ses provisions pour payer à ses traders des rémunérations variables faramineuses au début de l’année prochaine. »

    Puisque HEC nous explique que c’est pour « moraliser », que BNP rembourse d’abord le contribuable avant de distribuer un milliard en bonus (au minimum) aux traders responsables de la gabegie actuelle.

    Quand aux leçons de moralisation de la part de quelqu’un qui défend la spéculation qui nous a mené à la crise financière (puis économique) actuelle, elles sont « délicieusement naïves » , pour rester poli…

    • Pascal-Emmanuel Gobry
      Pascal-Emmanuel Gobry répond à zompti
      Auteur(e) de l'article Etudiant à HEC
      • Posté à 00h35 le 07/08/2009
      • Internaute 87183
        Etudiant à HEC

      Juste pour clarifier.

      Je ne dis pas que la BNP moralise quoi que ce soit, je dis que SI elle moralisait, elle ne se serait pas comportée différemment. Et que donc la réaction épidermique de Libé ne se justifie pas. C’est tout.

      De même que je ne « défends » pas la « spéculation ». J’aime pas la spéculation. Sémal.

      • Veum
        Veum répond à Pascal-Emmanuel Gobry
        doctorant
        • Posté à 07h41 le 07/08/2009
        • Internaute 23064
          doctorant

        Et moi j’aime pas HEC, et croyez moi si j’en ai l’occasion je la fait fermer, et les écoles de commerce avec.

         
        • Gmbrox
          Gmbrox répond à Veum
          ...
          • Posté à 10h32 le 07/08/2009
          • Internaute 84714
            ...

          Pour quelle raison ? Dis m’en plus ?

          Que t’on fait les écoles de commerce ? Tu en as fait une ? Tu parles en connaissance de cause ? Ou tu parles juste dans le vent ?

        • coinpomme
          coinpomme répond à Veum
          dieu est une e-pothèse
          • Posté à 15h52 le 08/08/2009
          • Internaute 21711
            dieu est une e-pothèse

          ...

          pour entrer dans une école de commerce la grande majorité des étudiants font appel à un prêt bancaire... la première banque a « offrir ces prêts se trouve être la ... BNP ! ! !

          CQFD

          ...

        2 autres commentaires
      • Cirdec
        Cirdec répond à Pascal-Emmanuel Gobry
        Cadre qui commence à comprendre (...)
        • Posté à 16h23 le 07/08/2009
        • Internaute 8798
          Cadre qui commence à comprendre (...)

        « Je ne dis pas que la BNP moralise quoi que ce soit, je dis que SI elle moralisait, elle ne se serait pas comportée différemment »

        Moi je dirais plutot que si la BNP voulait se foutre de la gueule du monde, elle ne se serait pas comportée différemment.

  • Warp
    • Posté à 22h41 le 06/08/2009
    • Internaute 26414

    dans ma boîte quand quelqu’un fait bien son boulot il a son salaire et quand il le fait mal il a la porte... alors pourquoi tous ces bonus en plus ?

  • Frédéric Vincent
    Frédéric Vincent
    Doctorant en astrophysique (UC (...)
    • Posté à 22h41 le 06/08/2009
    • Internaute 87195
      Doctorant en astrophysique (UC (...)

    Etre étudiant à HEC ne protège pas de l’ignorance et de la mauvaise foi.

    L’auteur de cette tribune semble oublier que la BNP a bénéficié d’un prêt de l’Etat (5.1 milliards d’euros). Les contribuables français ont donc apporté à travers leurs impôts un soutien non négligeable au groupe BNP.

    Il ne faut pas oublier que certaines entreprises font faillite car les banques refusent de leur prêter de l’argent. Le montant des bonus (1 milliard d’euros) est indécent, surtout que les profits ont été générés par de la spéculation.

    La spéculation est un rique « casino », complètement artificiel, rien à voir avec le risque que prend l’entrepreneur. La spéculation ne crée pas de richesses. Donc il est bien normal qu’il y ait des réactions d’indignation et des controverses.

    Le cas de la BNP est semblable à Goldman Sachs (GS), qui avait aussi bénéficié d’un prêt du gouvernement, et qui a annoncé une large distribution de bonus après avoir fait quelques profits. Les américains, qui ne sont pas spécialement anticapitalistes, étaient furieux dans leur ensemble (sauf ceux de GS, évidemment). Même le Wall Street Journal, pas franchement communiste, a aussi pris position contre GS.
    ( Lien )

    Dans les deux cas, les banques recoivent de l’argent du contribuable mais ne font pas leur travail qui est de prêter aux particuliers et aux entreprises. Au lieu de ça, elles vont spéculer sur des marchés financiers complètement déconnectés de la réalité.

    Il faut vraiment avoir perdu contact avec le réel pour oser soutenir que la BNP puisse avoir raison.

    • Kipple
      Kipple répond à Frédéric Vincent
      Exilé
      • Posté à 11h15 le 07/08/2009
      • Internaute 49880
        Exilé

      Goldman Sachs a remboursé l’intégralité de sa dette envers le contribuable américain. Donc fait ce qu’elle veut.

      • Slovan
        Slovan répond à Kipple
        Baroudeur
        • Posté à 13h54 le 07/08/2009
        • Internaute 63535
          Baroudeur

        Sauf que les comportements spéculatifs de banques comme celle-ci ont mis des millions de gens dans la précarité, car la crise financière est devenue économique.

        Doit-on vous rappeler que le chômage continue d’augmenter aux Etats-Unis, à coup de centaines de milliers ?
        Donc non, ce n’est pas normal que même ayant remboursé, ces banques puissent désormais faire ce qu’elles veulent.

  • jac le rat
    jac le rat
    aventurier
    • Posté à 22h48 le 06/08/2009
    • Internaute 29819
      aventurier

    A Pascal-Emmanuel Gobry | Etudiant à HEC et à HULK

    D’accord avec Hulk, plus haut.

    Allez expliquer tout celà à des gens épuisés.

    Vous ne raisonnez que
    selon votre croyance en votre système
    et votre jeunesse toute-puissante peut=être... ?

    Un peu « plus » de philosophie « morale » et « humaniste » exprimée serait
    une bonne chose ?

    ANALYSER la GLOBALITE des choses dans une société
    et ne pas justifier un système moyenâgeux fondé une fois de plus sur
    le seul profit

    Un rêve d’une racaille de gauche ?
    Un cauchemar pour goinfrés ?

    Choix d’idéologie masquant ses propres ambitions et cupidités ?
    Choix existentiel ?

    Article-argument de petit comptable ?
    Etudiant sur son chemin ?

  • Carracala
    Carracala
    mérimé
    • Posté à 22h55 le 06/08/2009
    • Internaute 87199
      mérimé

    Votre article part certainement d’une très bonne intention. Sans aucun doute, un vrai journalisme financier fait malheureusement aujourd’hui cruellement défaut. Cette absence a très certainement une répercutions directe sur le peu de substance de l’effort de régulation qui a été entrepris suite à la crise.

    Néanmoins, il est dommageable que vous ne vous appliquiez pas les mêmes standards que vous exigez de la presse.

    Par exemple, sous entendre comme vous le faite que quand la BNP provisionne les primes de ses traders cela implique que le versement de ces primes est bloqué pour plusieurs années montre une incompréhension des principes comptables (pour ne pas dire d’une « candide naïveté »)
    La seule information que vous pouvez tirer de cette provision c’est que la BNP anticipe un montant de prime à verser au titre de l’exercice en cours s’élevant à 1 milliard d’€. Quant à la date de versement (si la prime est toujours justifiée) elle dépend du contrat de travail des employés, tout comme son mode de calcul.
    La BNP ne fait que respecter les normes comptables en vigueur en France, il ne s’agit la en aucun d’une décision à portée politique.
    Quant à la « manip » que vous mettez en lumière, elle est , comme vous le précisez, tout à fait légale et même transparente.Quant bien même, l’analyse des résultats comptables d’une entreprise se fait toujours à l’aide d’un beau tableau de flux de trésorerie.

    On en viendrait à douter de votre assiduité aux cours de compta dispensés par la vénérable institution auquel vous appartenez.

    Cdlt,

    • Pascal-Emmanuel Gobry
      Pascal-Emmanuel Gobry répond à Carracala
      Auteur(e) de l'article Etudiant à HEC
      • Posté à 00h39 le 07/08/2009
      • Internaute 87183
        Etudiant à HEC

      Je ne dis pas que le versement est bloqué pour plusieurs années, je dis que ça ne veut pas dire qu’il ne l’est pas.

      De même je ne dis pas que c’est une action à portée politique.

      Je ne dis pas qu’ils sont forcément gentils, je dis que s’ils étaient gentils ils ne se seraient pas comportés autrement, et que donc ça ne sert à rien de partir en vrille comme l’a fait Libé.

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 23h30 le 06/08/2009
    • Internaute 73621
      (...)

    Pourquoi la société générale a raison :

    Jean-Pierre Mustier, ancien patron de la banque de financement et d’investissement de la Société générale (SG CIB), dans laquelle travaillait Jérôme Kerviel, fait l’objet d’une enquête pour délit d’initié. La banque a également annoncé, jeudi 6 août, que M. Mustier quitterait le poste qu’il occupe actuellement « compte tenu de la procédure en cours » ouverte par l’Autorité des marchés financiers (AMF).

  • durdecifer
    durdecifer
    Graphiste, dessinateur
    • Posté à 23h40 le 06/08/2009
    • Internaute 86475
      Graphiste, dessinateur

    c’est quand même une banque qui à emprunté de l’argent à l’état, la priorité serait en premier lieu, avant de penser à comment penser a donner du surplus, de rembourser. C’est quand même l’argent du contribuable... ! ! !

  • nicogé
    nicogé
    walz
    • Posté à 23h45 le 06/08/2009
    • Internaute 4892
      walz

    moi aussi, bien travaillé cette année, levé tôt, couché tard.

    j’ai atteint, je crois, mes objectifs.

    combien je gagne par moi déjà ?

    à oui, même pas 1600€...

    cool.

    mais moi, je n’ai fait que cinq années d’étude post bac comptant trois ;
    ...
    mais je vais quand même avoir droit à la retraite plus tard pour m’apprendre à profiter du système.

    cool.

    mais que/qui suis-je par rapport à ces gens qui font tant pour nous ?

    bien @ vous,

    nicogé « je veux gagner des millions » le colporteur

    Lien

  • Menfeser
    Menfeser
    Etudiant
    • Posté à 23h55 le 06/08/2009
    • Internaute 535
      Etudiant

    Cet article est un parfait cours de comptabilité illustrée de faits d’actualité. Très bien. Le soucis c’est qu’il manque « délicieusement » l’essentiel : le problème, ce n’est pas que les types à la tête de la BNP font leur métier selon les règles.

    Le vrai problème, c’est que lesdites règles ne font rien contre les rémunérations extravagantes des traders. Je m’explique. Individuellement, chaque établissement financier est tenu de verser les primes mirobolantes, pour s’assurer que le bon trader ne préfère pas aller voir ailleurs, motivé qu’il est par les comissions de tout commercial, comme c’est bien légitime.

    Collectivement, tout le monde aurait intérêt à ce que les traders soient moins payés : les banquiers feraient un bénéfice plus gros, les usagers des banques profiteraient d’une banque plus solide de ce fait. Qu’on ne me dise pas que les traders, moins motivés par un million que par trois, se décourageraient de bien travailler ! Les rémunérations d’aujourd’hui sont une illustration caricaturale du problème principal/agent (comme souligné dans un autre commentaire, ses revenus personnels sont proportionnel à ses gains pour la boite, mais il ne perd rien s’il dilapide le capital qu’il gère si magnanimement). Notre ami d’HEC connait cela mieux que moi (pure rhétorique hein), lui que le monde financier passionne. (Il a de ce fait déjà lu l’excellente explication qu’on peut trouver ici : Lien )

    Des banques qui individuellement sont incitées a payer trop, une collectivité qui a tout intérêt à ce que les rémunérations soient adaptées. La solution est du niveau d’un L1 d’économie : il faut des nouvelles règles imposées par la collectivité, qui encadre la rémunération.

    Et ça, mon estimé pascal Emmanuel, c’est ce qu’un homme de haut rang pourrait proposer dans un débat public. En faisant usage de son capital cul’. Sans s’arrêter avec fausse naïveté sur le respect de la procédure, mais en réfléchissant au bien fondé de la rocédure. Et sans cracher sur les journalistes.

    • Pascal-Emmanuel Gobry
      Pascal-Emmanuel Gobry répond à Menfeser
      Auteur(e) de l'article Etudiant à HEC
      • Posté à 00h44 le 07/08/2009
      • Internaute 87183
        Etudiant à HEC

      On est d’accord sur le problème d’action collective de la rémunération des traders. Mais mon article ne porte pas sur les grandes réformes que je veux faire au système financier international. Il porte sur un seul cas d’espèce qui a été mal analysé par un journal.

      Je ne pense pas qu’Eco89 aurait publié mes élucubrations sur le système financier, et ils auraient eu raison, parce que je ne suis pas forcément la personne la plus compétente du monde à ce sujet.

      Contrairement à ce que semblent penser beaucoup de commentateurs, je ne considère pas que ma qualité d’étudiant en grande école me confère la science infuse. ;)

      • leo s
        leo s répond à Pascal-Emmanuel Gobry
        (...)
        • Posté à 09h47 le 07/08/2009
        • Internaute 73621
          (...)

        « je ne considère pas que ma qualité d’étudiant en grande école me confère la science infuse. “

        belle formule qui confirme que constitutivement
        ‘le savoir est troué’

        un début de rédemption ?

      • FO le dire
        FO le dire répond à Pascal-Emmanuel Gobry
        Nantes
        • Posté à 18h19 le 07/08/2009
        • Internaute 24404
          Nantes

        « Contrairement à ce que semblent penser beaucoup de commentateurs, je ne considère pas que ma qualité d’étudiant en grande école me confère la science infuse. ;) »

        On a bien du mal à vous croire quand on lit des vérités assenées « tant que ... tant que ».

  • Justeunavis
    Justeunavis
    pas facile
    • Posté à 23h58 le 06/08/2009
    • Internaute 65803
      pas facile

    Je n’ai pas eu le temps de lire tous les commentaires et excusez moi mais je tenais quand même a réagir sur cet article et expliquer pourquoi selon moi

    LA BNP A TORT

    Si j’ai bien suivit les choses le système dans lequel se sont installés les banquiers nous a conduit directement à une crise, une crise mondiale.

    Et les banques, responsables de cette crise, sauvées par l’argent publique, veulent accorder des primes à des gens qui en sont responsables ?

    Et comment expliquer aujourd’hui à ceux dont les entreprises ferment leurs portes, ceux qui vont se retrouver sans emploi, sans salaire, sans la certitude de trouverun emploi demain que ceux qui sont quelque part responsable de leur malheur vont gagner ... disons beaucoup beaucoup d’argent ?

    C’est immoral !

  • galou10
    galou10
    esclave
    • Posté à 00h10 le 07/08/2009
    • Internaute 87206
      esclave

    La question de savoir si la BNP a eu raison ou non de provisionner 1mds d’euro pour ses traders n’a pas de réponse telle que oui ou non.

    D’un point de vue économique

    Il faut savoir comment a été calculer la provision. A t elle été calculé sur le revenu potentiel du trader ou sur le cout de capitaux propre de l’établissement bancaire ? car lorsque des positions sont prises par les traders, des provisions techniques pour couvrir ses positions sont enregistrées par la banque et ce mécanisme de provision est obligatoire. Ces provisions techniques génèrent un cout qu’il serait trop long à détailler ici.
    Pour simplifier, c’est comme si un vendeur recevait des commissions sur ses ventes brutes même si le client est un mauvais payeur ou qu’il annulait la vente.
    pour plus d’information, je vous invite à aller visiter le blog Lien

    D’un point de vue comptable
    Comme l’indique l’auteur, l’un des principes de bases en comptabilité est le principe de prudence. L’entreprise doit prendre en compte dans sa comptabilité tout événement pouvant avoir un impact significatif sur les comptes selon certains critères de probabilité.
    Il est donc normal que la banque ait enregistrée une provision car il est sur qu’elle aura à verser un bonus à ses traders bien qu’elle n’ait pas évalué le montant (d’où le point 1 de mon commentaire).

    Ensuite sur le goodwill
    un goodwill, ou en français un écart d’acquisition actif, peut se résumer à : j’ai payé plus cher cette entreprise que ce qu’il y a dans les comptes annuels mais c’est parce que (par exemple) l’immeuble du siège social qui se trouve sur l’avenue des champs Élysée a été complètement amorti dans les comptes annuels alors que si je le revendais j’aurais X millions d’euro. En gros c’est « si je revends demain, je me ferais des couilles en or ».

    un goodwill négatif ou en français un écart d’acquisition passif peut se résumer à : j’ai payé moins cher l’entreprise que ce qu’il y a dans les comptes annuels de la dite société car certains couts n’ont pas été enregistrés (exemple impacte des subprimes) ou des actifs ont été surévalués (en l’occurence pour la Fortis, l’acquisition d’ABN AMRO a été sur évalué).

    La comptabilisation de l’acquision d’une société par une autre n’a qu’un impact bilantaire : la trésorerie - qui diminue pour payer la société-, les investissement - qui augmentent par l’entrée de la société - et le goodwill - qui augmente l’actif ou qui augmente le passif s’il est négatif.
    En aucun cas, ce goodwill ne peut avoir un impact sur le résultat de la société acheteuse lors de l’acquisition.
    Par contre, à la suite de l’acquisition, si l’acheteuse se rend compte que (pour reprendre l’exemple du dessus) le bâtiment sur les champs Elysées ne vaut plus X millions mais seulement X milliers (car il est sur le point de s’effondrer à cause de la construction du RER Z qui a engendré des effondrements de terrains), l’acheteuse peut décider de passer tout ou partie du goodwill en pertes et profits en le dépréciant.

    Donc en gros pour résumer l’article est léger et l’auteur ne semble pas connaître les régles comptables sous IFRS qui régissent tous les établissements cotés en Europe qu’ils soient bancaires ou industriels.
    Mais comme il l’a indiqué il serait intéressant qu’un journaliste financier expert dans la lecture des comptes sous IFRS se penche sur BNP Paribas.
    Si vous ne vous êtes pas endormis avant d’arriver à cette derniere phrase : bonne nuit, je vais me coucher.

  • philipp
    philipp
    « La voix de son maître »
    • Posté à 00h17 le 07/08/2009
    • Internaute 48057
      « La voix de son maître »

    « Mais il est tellement plus facile de taper sur de prétendus bonus. », Ah ce « prétendus » quelle merveille de mauvaise foi .Sans les aides de l’Etat donc du contribuable , BNP, SG, Caisse d’épargne , Dexia et compagnie auraient déposé leur bilan , nos dépots volatilisés et les traders à l’ ANPE. La responsabilité des banques à l’egard du patrimoine des Français est telle qu’elles sont assurés d’une garantie de l’Etat, à bon compte .Avec bretelles et ceinture , elles s’autorisent des rentabilités sur fonds propres dépassant allègrement les 15% avec une inflation à 2%..Pure folie ! A quand la prochaine crise bancaire I

    • philipp
      philipp répond à philipp
      « La voix de son maître »
      • Posté à 00h33 le 07/08/2009
      • Internaute 48057
        « La voix de son maître »

      Si le patronat bancaire s’était concerté pour casser les bonus , qui leur aurait reproché cette affaire d’entente . Et les traders mécontents auraient toujours pu se recaser chez Lehman Brothers ! !

  • yan
    yan
    loin
    • Posté à 00h17 le 07/08/2009
    • Internaute 9191
      loin

    Provisionner 1 milliard... ok mais pour combien de personnes ? ? ?
    N’est ce pas la 1ere question à se poser ?

    • Spool
      Spool répond à yan
      ici
      • Posté à 00h46 le 07/08/2009
      • Internaute 52054
        ici

      17000 suggérait ptit homme (1er commentaire)
      ça ferait du 60000 euros par personne en moyenne si le milliard est utilisé, l’équivalent d’un doublement de salaire annuel je suppose

  • N.Ivanov
    N.Ivanov
    flamme de chambre
    • Posté à 01h17 le 07/08/2009
    • Internaute 31200
      flamme de chambre

    « Bref, le genre d’histoire qui aurait mérité d’être mise en lumière par un vrai journalisme financier, avec de vraies compétences en gestion et une volonté de chercher un peu plus loin les faits intéressants. Mais il est tellement plus facile de taper sur de prétendus bonus. »

    Tout a déjà été dit, mais pardonnez moi de rire un peu.
    Vous nous expliquez en somme, je crois avoir compris l’article, que c’est pas sûr, en vrai, si les résultats sont pas aussi bons, les bonus seront moindres. Puis, quelque chose comme, mais cela a également été relevé,
    si ils ne sont pas assez payés, ils vont ailleurs.

    Génial.

    Moi ce que je sais, c’est que les bourreaux au moyen-âge, étaient grassement rémunérés, mais considérés comme des parias.
    Je vous laisse apprécier à votre guise l’analogie dans l’ensemble de ces termes.

    « (Pour info : un de mes anciens profs travaille chez BNP Paribas, j’ai aussi mon Livret A chez eux et ma conseillère est très gentille. En revanche, je déteste leurs pubs avec Eric et Ramzy.) »

    Je vous trouverais presque drôle, si votre propos n’était pas aussi consternant, mais vous êtes peut-être « né d’hier ».

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 03h02 le 07/08/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Article lu en 2 fois. J’ai été obligé de me lever pour aller chercher une bassine, on sait jamais...
    Pour résumer cet article, quand les traders gagnent de l’argent, ils le gardent et se le partagent. Quand ils perdent cet argent, confié par les populations qui ont déjà de gros soucis en fin de mois, mais qui « tiennent le coup » et essaient de payer leurs traites dans les temps, c’est à elles de payer leurs conneries
    Je suis très content qu’ils gagnent de nouveau de l’argent mais, sur mon compte, il n’y a pas 1 euro de plus. Sans parler du livret A rémunéré à 1.25%...
    Par contre, je n’ai jamais reçu autant d’offres de crédit foireuses sur ma boite mail que depuis le début de cete crise financière.
    Ce qui me laisse penser que cette crise n’a apporté aucun enseignement à ceux qui l’ont provoquée.

  • Macbeth
    Macbeth
    Employé
    • Posté à 06h01 le 07/08/2009
    • Internaute 42646
      Employé

    Tout cela est intéressant, sauf que : il y a bien « scandale » parce que si l’on peut parfaitement comprendre la nécessité de « provisionner » pour une entreprise et en l’occurrence une banque, il n’en reste pas moins que le montant annoncé est complètement déconnecté des réalités ! En promettant à l’avance la possibilité de fortes primes à ses traders, la BNP et les autres banques relancent la machine à produire des subprimes et des crises économiques majeures ! Ce que les G8 et G20 n’ont pas su résoudre, forcer les banques à se moraliser et leur faire payer très cher le fait de ne pas le faire, le monde risque de le payer à leur place.
    PS : si vous pensez que votre conseillère est « très gentille », c’est certainement que vous avez le bon profil... (Etudiant prometteur, ou bon salaire, bon job, etc...). Mais de toute façon, elle le sera beaucoup moins si vous échouez. Votre dernière réflexion est donc assez inutile et pas très « pro ».

  • Maximilien
    Maximilien
    Conseiller politique
    • Posté à 07h18 le 07/08/2009
    • Internaute 49737
      Conseiller politique

    « Ce qui choque, nous dit-on, ce ne sont pas les bonus eux-mêmes, mais leur montant et la manière dont ils sont attribués ».
    Faux. Ce qui choque bien des personnes ce sont les bonus eux-mêmes dont l’existence est à l’origine de la spéculation intensive et catastrophique dont M. Kierviel a si bien fait la démonstration.

    « On ne sait pas encore comment on va rémunérer nos traders parce qu’on n’a pas encore évalué complètement leur performance, [...] »
    Faux. Leur performance a très bien été évaluée : le talent des traders est à l’origine de l’effondrement de l’économie, de la faillite d’établissements bancaires, de la ruine de familles modestes qui ont vu leurs épargnes de toutes une vie disparaître avec les pertes des fonds de pension.

    Faut-il en plus donner aux traders quelques milliards supplémentaires pour les remercier ?

  • Veum
    Veum
    doctorant
    • Posté à 07h36 le 07/08/2009
    • Internaute 23064
      doctorant

    Fermons la bourse, fermons HEC, on ne s’en portera que bien mieux...

  • TSA7516
    TSA7516
    artisan
    • Posté à 08h06 le 07/08/2009
    • Internaute 51360
      artisan

    Je ne comprends pas le sens de la majorité de vos commentaires, chers riverains. Comment peut-on douter des bonnes intentions de la BNP ? N’a-t-elle pas soutenu financièrement le projet « 6 milliards d’autres » de Yann Arthus Bertrand ?

  • tchavolo
    • Posté à 08h28 le 07/08/2009
    • Internaute 21713

    M. Gobry. Vous vous en prenez au journalisme financier sur la base d’arguments techniques (même si ça ne vole pas très haut) que ne maîtriserait pas le journaliste, qui admet avec une « naïveté délicieuse » ou, peut-être un professionnalisme certain, qu’il ne s’agit que de provision. Tout aveuglé par la certitude qu’étant donné que vous êtes à HEC vous comprenez tout mieux que les autres (c’est le drame du management français...), vous ne réalisez pas que le simple fait de prévoir payer un montant de bonus qui correspond à 1/5e de l’aide perçue par l’Etat est scandaleux. Quant aux 815 millions de « goodwill », il serait honnête de dire où vous avez pêché l’information plutôt que de prétendre l’avoir découverte vous-mêmes (Lien).

  • BasicDA
    BasicDA
    loin
    • Posté à 08h48 le 07/08/2009
    • Internaute 84831
      loin

    Article neanmoins intéressant mais quand on me parle de prime « au merite » je me permets de rire,
    Prenons un exemple concret.
    Une methode de « je ne perd pas » classique au casino.

    Je joue a un jeu avec 50% de chance de doubler la mise
    Je joue 1 si je perds je joue deux puis quatre jusqu a ce que je gagne.

    Supposons maintenant que j’emprunte 600 Millions a la banque et je joue par un million ; je peux faire au maximum 10 paris.

    mes chances de perdre sont de 1/2^10 soit moins de 0.2% ça parait un risque convenable.

    je joue donc et ramene un million à ma banque (le gain est constant) c est digne d’un exceptionnel trader non ? j’ai gagne en 20 min 1 million pour ma banque.
    La question est où est le piege ? car en effet il y en a un : j ai 99.8 % de chance de gagner 1 million mais 0.2% de chance de perdre.....512 millions.

    la loi des grand nombres nous dira qu’en continuant ainsi gagner le double pour 50% de chance mon gain moyen en multipliant les tentative sera de .... 0
    MAis comme il y a bien sur reinvestissement des gains gagnés car c’est bien du court terme et répetition de nombreuses fois... ben il y a le moment ou il y a le crash on perd 512 millions et tout les precedent gains qui auraient pu « éponger le deficit » ont deja ete reinvestis redistribués aux actionnaires etc...

    Cette methode vous parait elle digne du plus grand sortant d HEC ?
    Elle est simpliste au possible et pourtant je fais gagner 1 million a ma banque au risque minime(ET en un temps minime) de plus le montant gagné ne depend aucunement de moi et des mes « capacités » mais de mon budget de départ.

    Les traders ayant une formation meilleure et peut etre ne jouant pas au casino (où on n’a aucune chance de gagner meme a la longue.)

    Mais le resultat est le meme ils parient gros et sur un risque non nul on multiplie par le nombre de traders et .... quand on perd meme probleme que précedemment ; les précédents « gains » ont été redistribués depuis belle lurette....
    resultat : On demande à l’etat.

    DOnc je suis très chatouilleux sur les prétendus « mérites » de ces gens là.
    Ils ont surtout les moyens.

    • BasicDA
      BasicDA répond à BasicDA
      loin
      • Posté à 08h54 le 07/08/2009
      • Internaute 84831
        loin

      petite précision sur la méthode en doublant la mise je gagne a chaque fois tout ce que j ai perdu avant + 1 million :

      etape 1 mise 1 dette 0 gain 2 total +1
      etape 2 mise 2 dette 1 gain 4 total +1
      etape 3 mise 4 dette 3 gain 8 total +1

      etc

  • Lulubellule
    Lulubellule
    Apprentie tradeuse (pas taper (...)
    • Posté à 09h14 le 07/08/2009
    • Internaute 5087
      Apprentie tradeuse (pas taper (...)

    J’ai un peu de mal à comprendre pourquoi tout le monde est si choqué. Oui les bonus restent astronomiques.

    Mais, une provision de 1 milliards d’euros, pour 17 000 collaborateurs, cela donne des bonus moyens maxis (puisque c’est seulement une provision, merci pour ces rappels de compta), ce qui comparé à 2007 (750 000€ par an et par personne en moyenne en France, selon Challenges) représente un pas énorme (si mes calculs sont bon, la baisse est de 92% ! ! !)

    Alors oui les bonus restent énormes, mais il faut cesser de penser en chiffres. La question qui se posent est plutôt : la rémunération des traders est-elle raisonnable au vu de leur valeur ajoutée/investissement/heures de travail.

    • Justeunavis
      Justeunavis répond à Lulubellule
      pas facile
      • Posté à 10h28 le 07/08/2009
      • Internaute 65803
        pas facile

      Et si BNP reversait ces primes aux entreprises qu’elle a mis dans m**** ?
      et quand je dis entreprises j’entends aussi les agriculteurs, pêcheurs, ceux ayant perdu leurs emplois et tous ceux qui payent dans la misère cette crise provoquée par ces odieux traders qui, finalement, n’ont qu’un soucis : leur nombril !

      • Lulubellule
        Lulubellule répond à Justeunavis
        Apprentie tradeuse (pas taper (...)
        • Posté à 10h39 le 07/08/2009
        • Internaute 5087
          Apprentie tradeuse (pas taper (...)

        Pourquoi pas ?

        Cependant, avant de vous faire le pourfendeur des banques et des traders, évitez de diffuser des clichés sur les origines de la crise.

        Les traders ne sont pas responsables de la crise. Ils sont responsables, enfin plus précisément le système financier et bancaire actuel est responsable, d’avoir retardé la crise (et donc peut-être du fait qu’elle nous a frappé aussi fort)

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