Droit de suite 06/08/2009 à 10h45

Gabegie à tous les étages : l'Etat veut liquider les HLM de Guyane

Frédéric Farine | Journaliste

Un plan de redressement de près de 86 millions d’euros pourrait être débloqué parallèlement à la liquidation de la SA HLM Guyane.


Le siège de la SA HLM Guyane à Cayenne (Frédéric Farine)

« C’est le Canard Enchaîné qui devrait s’emparer de ce dossier ! » : cet administrateur de la SA HLM Guyane, ne décolère pas au sujet de la fin de l’histoire « déjà écrite » selon lui de cette société. Fin septembre, la liquidation administrative de la SA HLM Guyane devrait être prononcée.

Et le plan de redressement de 85,905 millions d’euros, gelé depuis un an, par le refus de l’UESL, la fédération des collecteurs du 1% logement, de verser sa quote-part de 30 millions, pourrait être débloqué pour mieux... liquider la SA et aider trois sociétés d’économie mixte (SEM) à en reprendre le patrimoine et à en éponger les dettes.

Un projet un rien original révélé mercredi 29 juillet par l’hebdomadaire La Semaine Guyanaise et confirmé deux jours plus tard par le préfet Daniel Ferey, à Cayenne : ce jour là, le préfet a annoncé à la presse que Alain Edmund, président du conseil d’administration de la SA HLM avait reçu, la veille, un courrier du secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu soulignant que :

« Suite aux irrégularités constatées par la Mission interministérielle d’inspection du logement social (Miilos), le président de la SA HLM, dans le cadre d’une procédure contradictoire, a un mois et demi pour apporter une solution, à défaut de quoi, la liquidation sera prononcée », déclare Daniel Ferey.

« La presse semble en savoir plus que nous »

Vendredi 31 juillet, ce préfet, arrivé en février et présent sur tous les fronts (un maire raconte avoir été appelé à 6 heures du matin par l’intéressé qui s’inquiétait de l’avancée d’un dossier) a écrit aux locataires de la SA HLM, que Benoist Apparu « envisage la dissolution de cette société. (...) Si aucune mesure n’était prise, c’est votre propre sécurité qui serait en cause, la SA HLM n’étant plus en mesure d’assurer l’entretien des logements que vous occupez ». Dans sa lettre, il ajoute :

« Si la liquidation de la société devait être prononcée, un liquidateur serait nommé pour transférer son patrimoine à un ou plusieurs autres organismes de logement social pour en assurer la gestion et l’entretien. »

Et c’est là que le dossier détonne encore davantage : avec un deal assumé par l’Etat. Tout ou partie des 85,905 millions d’euros, dont 90% apporté par l’UESL (30 millions) et la Caisse de garantie du logement locatif social (42,8 millions dont 17 sous forme de prêt), seraient débloqués « pour solde de tout compte. A condition que les organismes du 1% logement puissent sortir de la SA HLM » explique le préfet.

Actuellement, le collecteur du 1% Aliance est le principal actionnaire de la SA HLM dont il détient plus de 2/3 des actions, le collecteur Solendi en détient environ 7%. « C’est courage fuyons », peste un administrateur. La manne financière et le patrimoine de la SA HLM « devraient être répartis entre trois SEM de logement : la Simko, la Siguy et la Sensamar », selon Daniel Ferey. Sauf que la Simko, par exemple, me confiait le 5 août :

« On n’a pas reçu le moindre courrier sur ce projet, la presse semble en savoir plus que nous. »

Cette reprise à la découpe de la société exsangue sera une formalité selon Daniel Ferey :

« la Siguy et à la Simko ne vont pas y aller à reculons, l’Etat y est majoritaire. Quant à la Sensamar, elle était candidate à la reprise d’un programme de la SA HLM sur Matoury... »

La SA HLM n’a pas été en mesure de présenter ses comptes 2008 au 30 juin 2009. « Elle a obtenu du tribunal de commerce, un report jusqu’au 30 septembre », indique le préfet.

« Une dame avec plus de 55 000 euros d’impayés a fini par être expulsée »

« La liquidation administrative évite la liquidation judicaire qui aurait nécessité de mobiliser la caution de 150 millions d’euros du conseil général et celle du conseil régional. Cela préserve aussi les droits des locataires en évitant la vente du patrimoine », argue encore le préfet.

Des locataires, pour la plupart, pas exempts de tout reproche (lire notre article du 10 juillet). Fin août 2008, près de 1000 locataires sur un parc de 4000 logements avaient des dettes de loyer compris entre 1000 et 10 000 euros :

« Les procédures contentieuses ont coûté 170 000 euros par an à la société. Pendant dix ans, l’Etat n’a pas mobilisé la force publique pour faire exécuter les jugements d’expulsion. Ça s’est su : en Guyane, des proches vivent dans un même immeuble HLM. Beaucoup de gens ne payaient plus.

Il a fallu attendre fin 2007 pour que le précédent préfet fasse exécuter des jugements. En février, une dame a été expulsée. Elle avait plus de 55 000 euros d’impayés », raconte un ancien agent de la SA HLM.

Selon la Miilos, des dossiers d’impayés n’auraient « volontairement pas été instruits ».

Le président de la SA HLM a, jusqu’au 22 septembre, date de sa convocation au secrétariat d’Etat au Logement, pour présenter une solution miracle à Benoist Apparu. Sur RFO radio, mardi 4 août, Alain Edmund ne s’est guère montré enchanté par la tournure des évènements :

« A priori la décision est prise et on me dit de monter à Paris le 22, ça ne m’intéresse pas beaucoup. Ce plan de redressement de 85, 905 millions a été signé en septembre 2008 par le préfet Laflaquière, moi-même, la CGLLS et a été bloqué par l’UESL. (...) Pourquoi aujourd’hui mettre autant d’argent pour une liquidation, pour solde de tout compte et pas pour tenter de redresser, vu les besoins locaux ? »

Reste que le rapport de la Miilos souligne que la SA HLM est loin d’avoir tiré profit de deux précédents plans de redressement et de multiples audits ou expertises. Il épingle aussi « le train de vie » des ses dirigeants » avec « un poste “réception’ multiplié par 3 en trois ans ”. Ou des frais de colloques et séminaires atteignant “ 62 000 euros en 2006, hors frais de déplacement ”.

La Miilos souligne que les coûts de gestion ont “ doublé en quatre ans ” impactés par quelques facéties : “ des véhicules de fonction non justifiés ” ou des notes “ de téléphones portables atteignant 500 et 600 euros mensuels alors que les agents sont en congés ”.

Des accusations graves

Plus grave, dans un courrier adressé le 28 mai dernier au président Edmund, dans lequel il rend son tablier, le directeur général Bruno Chauvier fustige un des services de la SA HLM “ incapable de justifier le compte des subventions à percevoir ” et un autre “ incapable de régulariser des comptes fictifs ” soulevés par la Miilos.

Celle-ci avait aussi épinglé une explosion du coût des travaux d’entretien entre 2005 et 2007 passés “ de 2,7 à 7,1 millions d’euros ” sans réelle amélioration sur le terrain.

Après le passage de la Miilos, un agent de la SA HLM aurait “ engagé de son propre chef en décembre 2008 et en janvier/février 2009, près d’un million d’euros de travaux dont certains très contestables (...) deux fois facturés, surfacturés (...) de toute façon commandés sans mon accord préalable ”, indique encore M. Chauvier avant d’ajouter au président de la SA HLM :

“ Il vous appartiendra de les régulariser ou non. Je tiens à vous informer que j’ai déposé une plainte à ce sujet auprès du procureur. ”

Le parquet de Cayenne a ouvert une enquête.

De son côté, le 29 mai, après avoir tergiversé pendant plusieurs mois, le conseil général a décidé... de ne plus cautionner de programmes de logements pendant 6 mois. “ Ce qui retarde certains projets ”, soupirent certains bailleurs de Guyane. “ Tous les projets dans les tuyaux avant cette date ont été cautionnés ”, affirme Hubert Contout, conseiller général, chargé de l’habitat.

La Guyane aurait besoin de construire 1500 nouveaux logements aidés par an. Sur le premier semestre 2009, selon le préfet, moins de 500 sont sortis de terre.

►Epilogue 13/11/2009 :

Communiqué du Cabinet du Secrétaire d’Etat au Logement et à l’Urbanisme

Paris, le jeudi 11 novembre 2009


L’Etat s’engage pour sauver le logement social en Guyane

L’Etat s’engage à permettre à chaque locataire de la SA HLM de Guyane de conserver son logement HLM, à entreprendre d’importants travaux de rénovation, à proposer à chaque employé qui le souhaite le maintien de son activité et à préserver les finances des collectivités locales. Pour y parvenir, la seule solution était de prononcer la liquidation administrative de la SA HLM de Guyane.

En effet, la société HLM de Guyane connait de graves problèmes depuis plusieurs années. Sa situation financière est aujourd’hui critique, sa gouvernance très affaiblie, son patrimoine en mauvais état et les opérations de construction bloquées.

Benoist Apparu, Secrétaire d’État au logement et à l’Urbanisme, avait mandaté une mission de concertation auprès de principaux responsables Guyanais, pour recueillir les avis et propositions des acteurs qui se sont mobilisés autour de ce dossier. Benoist Apparu salue d’ailleurs la mobilisation des élus guyanais dans cette recherche de solutions et leur a adressé un courrier pour leur détailler cette décision.

Cependant la mission a constaté qu’il n’existait pas de proposition de plan de redressement suffisamment avancé pouvant être mis en œuvre rapidement, alors qu’il y a urgence à agir. Ne rien faire aurait conduit à mettre en péril les collectivités locales avec un risque réel d’un appel en garantie de 170 millions d’euros.

Certains élus ont manifesté la volonté de créer un nouvel opérateur de logement social en Guyane. Un tel opérateur pourrait contribuer à la construction de nouveaux logements sociaux. Il pourrait également, si sa création était rapide et si sa robustesse était suffisante, participer à la reprise d’une partie du patrimoine de la SAHLM.

Dans le même temps l’État a mobilisé les acteurs nationaux du logement social afin de réunir les moyens financiers nécessaires (80 millions d’euros) pour apurer les dettes de la société et financer l’indispensable programme de travaux sur les immeubles.

Cette liquidation administrative permet d’engager un plan de reprise du patrimoine par les principaux opérateurs de logement en Guyane tout en soldant les déficits de la SA d’HLM. A la demande de l’Etat, la Caisse de garantie du logement locatif social (CGLLS) prépare un plan avec pour objectifs :

* la reprise de la gestion locative en vue d’améliorer le service rendu aux locataires ;
* la rénovation du patrimoine, qui connaît depuis des années un déficit d’entretien et de maintenance pouvant mettre en cause la sécurité des occupants ;
* la mise en œuvre des opérations de rénovation urbaine prévues à Cayenne et Matoury, partiellement bloquée par les difficultés de la SA d’HLM pour la première, et totalement bloquée pour la seconde ;
* le respect des engagements financiers de la SA d’HLM, afin de garantir l’avenir du logement social en Guyane.

Benoist Apparu, Secrétaire d’Etat au Logement et à l’Urbanisme et Marie-Luce Penchard, Ministre chargée de l’Outre-Mer ont fait parvenir un courrier d’information à chaque locataire de la SA HLM de Guyane pour leur réaffirmer que le statut HLM de leur logement est maintenu et que d’importants travaux de réhabilitation seront entrepris dans les prochains mois.

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  • huck
    huck
    Riendutoutiste
    • Posté à 15h52 le 06/08/2009
    • Internaute 55856
      Riendutoutiste

    Il est plus facile d’enrager contre une personne qui ne paie pas son loyer en habitant une HLM, que de trouver révoltant un administrateur qui mène grand train sur le denier public, sur-facture, et autres agissements répréhensibles et fort couteux, alors que le salaire de ces gens-là, monsieur, ne les oblige pas à vivre dans une habitation à coût modique. Il faut avouer que taper sur ces salauds de pauvres fait parfois du bien, et ne nuis pas aux nantis.

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à huck
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 17h39 le 06/08/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Voyez donc un peu plus bas (photo) ce que je propose d’offrir aux gestionnaires véreux : Vous verrez : Je ne les ai pas oublié !

  • debruxelles
    debruxelles
    De Bruxelles
    • Posté à 11h27 le 06/08/2009
    • Internaute 73286
      De Bruxelles

    Je ne suis pas une spécialiste en économie, mais je ne suis pas non plus totalement ignarde, mais là, je n’ai quasiment rien compris à cet article... Il semble que vous écrivez pour des gens qui connaissent déjà la situation ou qui sont spécialistes des liquidations et peuvent comprendre tous les aspects très techniques. C’est dommage, le fond de l’article semble intéressant.

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à debruxelles
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 11h44 le 06/08/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Le problème des liquidations est un problème en effet :

      ° La liquidation met en effet tous les comptes à plat et plus personne ne doit plus rien à personne : Faillite déclarée !

      * Sauf que ceux qui se sont toujours montré honnêtes se sentent forcément lésés, voire extrêmement frustrés de se voir traiter à l’égal des salopards qui s’en tirent vraiment à bon compte.

      - Confirmation s’il en était besoin que seule la malhonnêteté paie !

      ° De toute évidence, ce processus « libératoire » est à revoir !
      - Il constitue de fait une sorte de prime aux salopards....

      • desailes
        desailes répond à Yvon le Zébulon
        sans profession
        • Posté à 19h59 le 06/08/2009
        • Internaute 69562
          sans profession

        Merci pour votre vocabulaire choisi !
        Il est vrai que vous n’êtes pas un sociologue et encore moins un humaniste.
        Vous regardez uniquement ce qu’il vous reste dans votre bourse tel un vieil avare...
        Quand vous aurez trois mètres cubes de terre sur le ventre, votre bourse se décomposera, votre avarice, et votre manque d’esprit...Aussi ! ! !

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à desailes
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 09h27 le 07/08/2009
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          La seule bourse dont je dispose se trouve entre mes jambes.

          ° Si j’avais été avare, je serais très très riche aujourd’hui.
          Lorsqu’on ne connait pas quelqu’un, il est préférable de fermer sa grande gueule plutôt que de chercher à lui attribuer des bons et des mauvais points.

          * Moi je déduis de votre post que vous ne savez pas lire, ou que pour le moins, vous ne comprenez pas du tout ce que vous lisez.
          ...............................................................................
          - (vieil avare) ( ?) - vous n’avez pas plus de « flair » qu’une moule !

        1 autres commentaires
    • marabbeh
      marabbeh répond à debruxelles
      au comptoir du café du commerce
      • Posté à 18h23 le 06/08/2009
      • Internaute 20412
        au comptoir du café du commerce

      Madame la française de Bruxelles, puisque vous avez le courage de dire que vous n’avez pas compris grand chose à l’article, je me risquerais aussi à dire la même chose. Trop de chiffres, trop de citations livrées en vrac. Il y a un manque certain de synthèse.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 11h58 le 06/08/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est chouette les HLM, c’est en train devenir les nouveaux casinos dans ma tête, le royaume de la magouille.
    Quand j’entends parler de HLM en haut, genre pour la construction, les mairies qui décident d’en créer et tout ça, je pense aussitôt pot-de-vins, détournement de fonds, matériaux au rabais, magouille électorale, etc.

    Et quand j’entends parler de HLM par le bas, par ceux qui y vivent, ma première réflexion est que le mec connait quelqu’un dans ce milieu, vu que tout ceux que je connais qui ont la chance d’y habiter son pote avec le maire, on de la famille au conseil municipal ou dans l’organisme qui gère le truc, ont le maire pour voisin, sont dans le bon parti politique, etc.

    C’est vraiment chouette de financer un système pareil avec mes impôts, mais ça serait mieux si moi aussi je pouvais en croquer : D

  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 12h07 le 06/08/2009
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    Vous avez bien raison...

    Les locataires qui ne paye pas, il faut les renvoyer ! !

    Peut être ! Mais les renvoyer où ?

    Le gros problème des loyers impayés, ce sont les gens qui n’ont pas d’argent, les gens qui n’ont pas de travail...

    Donc, à lire les posts, ci dessus : ôtons les pauvres et alors les sociètes de location d’appartement retrouveront une existance de rêve !

    On parle du train de vie des dirigeants de ces sociétés de gestion des biens ! ? ?

    Mais il en est de même avec nos dirigeants de sociétés du CAC40 ! Non ? ?

    (Ce au moment où une banque oublie les principes de déontologie que nous aurions voulu -un peu- entendre)

    Peut être faudrait-il analyser la situation des ces gens (les locataires) avant de décréter : il faut privatiser pour que cela soit rentable !
    Car, dans le fond, ceci revient à relancer -sans le dire- la privatisation- en utilisant diabolisant les locataires indélicats !

    • kevangel
      kevangel répond à Madiran
      Chercheur
      • Posté à 12h25 le 06/08/2009
      • Expert 24356
        Chercheur

      Malheureusement ce ne sont pas les plus pauvres qui ne payent pas leurs loyers. Certains font d’énormes efforts pour payer, en faisant des sacrifices. D’autres vivent mieux et donnent priorité aux loisir ou une belle voiture plutôt que le loyer. C’est les gens honnêtes qui en pâtissent finalement, d’autant plus que les propriétaires n’ont plus confiance dans les locataires, de manière injustifiée.
      Pour moi la meilleure solution serait la saisie sur salaire, comme lorsqu’on n’a pas payé ses impôts. Comme ça personne ne se retrouve à le rue et le propriétaire touche son loyer. Mais ça demande un peu de courage.

      • huck
        huck répond à kevangel
        Riendutoutiste
        • Posté à 16h05 le 06/08/2009
        • Internaute 55856
          Riendutoutiste

        Ne généralisons pas. Des gens qui profitent du système, il y en a dans toutes les classes sociales, chez les pauvres comme chez les riches. Le seul truc, c’est qu’il est plus facile pour un citoyen lambda de se révolter contre le chômeur qui fraude, que contre le banquier, le chef d’entreprise ou le politique qui dérobe des sommes beaucoup plus conséquentes. Je crois que ça vient de l’éducation française ou on respecte l’aristocratie, quoi qu’elle fasse, ne supporte pas qu’un moins nanti que soi puisse faire la même chose.

         
        • philipp
          philipp répond à huck
          « La voix de son maître »
          • Posté à 16h37 le 06/08/2009
          • Internaute 48057
            « La voix de son maître »

          Ces affaires sont d’autant plus choquantes qu’elles impliquent des notables qui s’engraissent sur des activités d’intéret général. Le 1% pour le logement social est pourri de chez pourri. Es tu sûr que tes deux post sont sako compatibles ? Pour cette déviance gauchisante , deux top ! !

        • kevangel
          kevangel répond à huck
          Chercheur
          • Posté à 16h38 le 06/08/2009
          • Expert 24356
            Chercheur

          C’est un autre problème, mais vous avez raison. Un Français ne supporte pas que son voisin puisse frauder 100€, mais trouve tout-à-fait normal qu’un homme d’affaires fraude 10 millions d’euros.

        2 autres commentaires
  • madrid
    • Posté à 12h24 le 06/08/2009
    • Internaute 24463

    En gros :
    * Main basse sur les fonds public
    * Train de vie des dirigeants épinglé.
    * Pression constante d’élus sur la commission d’attribution des logements.
    * Des impayés partout, y compris des institutions.
    * Des loyers qui ne sont pas les mêmes pour tout le monde.
    * Un état de désorganisation avancé
    * Des logements parfois vides alors 14 000 foyers env attendent un toit…
    ***
    Sur un parc de 4.000 logements, 3.966 étaient en impayés au 31 août 2008.
    12 cas d’impayés de loyers supérieurs à 40.000 euros, 106 entre 10.000 et 40.000 euros.
    ***
    La SA HLM a contracté d’importants emprunts auprès de la Caisse des Dépôts et cessé de construire depuis près de 4 ans, dans un DOM de 230.000 habitants où près de 14.000 foyers sont en attente de logement.

  • zerisson
    zerisson
    freelance
    • Posté à 12h55 le 06/08/2009
    • Internaute 61152
      freelance

    « Bonne gestion » étatique standard....

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 14h40 le 06/08/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Je suis rentrée de Guyane il y a peu de temps et découvre les articles sur les HLM. Je crois que tout est résumé dans une phrase de l’article précédent :

    Un proche du dossier y décèle « une photographie du mode de fonctionnement de la société guyanaise ».

    Monsieur Farine a d’autant plus de courage de s’attaquer à une certaine société guyanaise qui fait la pluie et le beau temps. Tout le monde connait quelqu’un bien placé qui ... et c’est comme cela que ça marche.

    Donner la gestion des HLM à des SEM et liquider la SA HLM, ne serait pas le début de la privatisation ? Dans pas longtemps l’Etat va se laver les mains de ce qu’il se passe en Guyane sur le plan social, notamment le logement. Il n’y a pas que des magouilleurs, il y a aussi des personnes qui ont besoin de se loger, un nombre croissant de chômeurs (21,8 % de la population active d’après l’INSEE en 2008). La baisse du nombre d’enseignants continue malgré l’explosion démographique ainsi que la baisse du nombre de fonctionnaires dans tous les secteurs de la fonction publique et tout est à l’avenant.

    Seuls, Ariane et le pont avec le Brésil et la route qui doit y conduire intéresse un Etat avide de récolter des sous. C’est la mort programmée de St Georges de l’Oyapock. Les Guyanais ? ça existe ?

  • Manosque
    • Posté à 14h57 le 06/08/2009
    • Internaute 26894

    Erreur grotesque dans le titre ! La SA HLM n’est qu’une des sociétés de logement social du département !
    Il y a 3 autres SEM : la Siguy, la Semsamar et la Simko.
    Ce que l’Etat veut à juste titre liquider c’est la structure pas les logements qui, comme indiqués dans le corps du texte, seront certainement repris par une ou plusieurs des autres.

  • Peureux anonyme
    • Posté à 16h17 le 06/08/2009
    • Internaute 24415

    Ils se votent des voitures de fonction, des téléphones portables de service, ils ne font pas payer les loyers, en se disant que le contribuable français finira bien par régler les factures.

    Ils ont raison, puisque c’est exactement ce qui va se passer.

    Augmentons donc nos impôts et taxes.

  • inuit
    inuit
    grand nord
    • Posté à 17h19 le 06/08/2009
    • Internaute 82484
      grand nord

    C’est complètement délirant une telle complexité de montage financier pour une société HLM tenue par de multiples sociétés, organismes plus ou moins publiques...
    Je pensais naïvement que chaque société HLM était gérée par un seul organisme publique indépendant...
    Si c’était le cas (et il le faudrait, non ? !), ça règlerait une partie des problèmes : désignation des responsabilités, financement, pas de liquidation (prime aux escroc comme bien expliqué plus haut)...Pour les impayés, l’expulsion n’est pas la solution : des démarches simplifiées devraient permettre la régularisation des mauvais payeurs solvables.
    Je déborde du sujet :
    Les HLM sont censés abriter (c’est devenu un abris pour beaucoup d’entre eux vu leur état) les plus démunis donc ne pas être privatisés, ce serait un contre sens.
    Ils sont aujourd’hui mal utilisés car trop de magouilles dans les attributions et de mauvaises utilisations : des gens qui ne devraient pas s’y trouver prennent la place de certains qui en ont besoin.
    C’est leur dispersions et l’intelligence de leur aménagement qui devrait éviter la « ghettoïsation » plus que le mix social dans le HLM.

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à inuit
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 17h36 le 06/08/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Certains de ces mauvais payeurs sont hélas des fonctionnaires sur lesquels il aurait été facile de ponctionner à la base le prix des loyers afin de ne pas mettre l’ensemble de la structure en danger, et pénaliser en finale tout le monde.

      Ceux qui ne payaient pas étaient aussi des profiteurs ayant tiré parti de quelques « bonnes relations » avec les gestionnaires :

      Pour les gestionnaires véreux, je propose le retour en forêt :
      ° Dans CECI....sans loyer...sans salaires...et sans 4 x 4

      ° Il n’y a pas lieu de leur faire d’autres cadeaux au non du Fisc !

      • caro
        caro répond à Yvon le Zébulon
        délinquante avérée
        • Posté à 23h42 le 06/08/2009
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        cabane impossible en Guyane, on ne trouve pas de bois sec dans la forêt amazonienne, trop humide, climat équatorial.

         ; -)

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à caro
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 08h51 le 07/08/2009
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Je sais je sais, mais c’est la seule jolie image que j’avais.

          ...et si ça continue, en Guyane, les logements HLM (un bien drôle d’acronyme voulant dire Habitat à Loyer Modéré) seront, grâce aux merveilleuses combines des gestionnaites, impossibles à réaliser aussi.

        1 autres commentaires
  • desailes
    desailes
    sans profession
    • Posté à 18h59 le 06/08/2009
    • Internaute 69562
      sans profession

    Plusieurs questions, à la hauteur morale, se posent :
    Après les HLM ? ...Sarko liquide qui et quoi ?
    Certainement pas sa brillantissime autosuffisance nombriliste pour réussir sa future réelection...
    Excusez moi, c’était un cauchemard lors de ma sieste capitale.
    Bref un pur et simple malaise sans jogging ! ! !
    Pas de quoi faire appel à une protection hyper rapprochée car MOI, je n’en n’ai pas besoin.
    A quand la suppression des congés pour le nain de jardin ?
    Il doit montrer l’exemple et travailler dur.
    La rentrée s’annonce particuliérement difficile socialement parlant.Par conséquent, ce n’est pas le moment de glander Chou de Chou Bruxelles.

  • Tintin Ad Hock
    Tintin Ad Hock
    Enseignant
    • Posté à 20h48 le 06/08/2009
    • Expert 87173
      Enseignant

    Tout cela fait penser que l’outre-mer, et en particulier, la Guyane sont des sociétés peu ou pas contrôlés (pourquoi ? C’est trop loin pour Paris ?) Le pouvoir parisien ne les considère-t-il pas comme des Français à part entière

    Si l’Etat n’a pas mobilisé la force publique pour expulser les non payeurs, pourquoi la société HLM ne s’est-elle pas retournée contre l’Etat ?

    Bizarre et bazar...

  • laury68
    laury68
    Retraité
    • Posté à 22h27 le 06/08/2009
    • Internaute 50402
      Retraité

    Le logement social prend encore un nouveau coup .Je pense qu’il est
    grand temps de revoir nos « Libertés ? Égalités ? et encore moins Fraternités ? . pauvre “Français”

  • brasfort
    brasfort
    profession libérale
    • Posté à 15h06 le 07/08/2009
    • Internaute 85052
      profession libérale

    Tu lis ces deux reportages sur cette société guyanaise de logements, tu t’interroges. Certains élus de ce DOm voudraient plus d’autonomie avec plus d’argent de l’Etat. La gestion de cette société offre un aperçu de l’immaturité et de l’irresponsabilité à tous les niveaux...