Decryptage 03/08/2009 à 12h56

Qui sont vraiment les fils de pub

Cyril Blanc | journaliste

On s’imagine que ceux qui, comme Adrien, travaillent dans la publicité « gagnent beaucoup d’argent, couchent avec des filles magnifiques, roulent dans des grosses bagnoles et passent leur temps à faire des tournages aux Seychelles. Et en plus sniffent de la coke. » Bref, autant de répliques du « héros » de « 99 Francs ». Evidemment, il y a loin de ce cliché à la réalité. Alors qui sont vraiment les « pubeux » ? (Voir la vidéo)


Le haut niveau de diplômes

Dans les agences des années 70-80, on entrait souvent au culot (comme Thierry Ardisson en son temps), profitant de méthodes de sélection audacieuses. Aujourd’hui, les agences tirent parti de leur attrait auprès des jeunes diplômés des meilleures écoles de commerce ou de graphisme et se montrent très, très sélectives.

Didier, directeur associé d’une agence parisienne et ancien d’une école de commerce provinciale, se souvient ainsi d’une époque « où on ne prenait que des HEC ou des Essec, plus quelques élèves de Science Po ».

Les agences profitent également de l’apport massif de jeunes diplômés des écoles de commerce spécialisées, récentes et en plein essor (comme l’Iscom ou Sup de Pub) et de leur équivalent créatif dans les nombreuses écoles de graphisme récemment apparues. Toutes aux coûts de scolarité particulièrement élevés.

La galère des stages

Résultat, il est de plus en plus difficile, pour un jeune diplômé, de se faire une place. Ainsi, pour l’indispensable premier stage qui permet de mettre un pied dans le « milieu », la condition est souvent... d’avoir déjà fait un stage.

Les jeunes diplômés doivent savoir jouer de leur « capital social », notamment lorsqu’il s’agit de trouver ce fameux premier stage, le plus souvent un « stage d’observation ». Les mieux lotis sont alors ceux qui peuvent tirer profit des connaissances de leur entourage, notamment parental. Ceux également qui savent faire preuve d’audace, et qui ont progressivement développé une certaine forme de science du placement.

Chaque « aspirant publicitaire » doit être capable de faire remarquer des compétences autant personnelles que professionnelles et réaliser 3, 4 ou même 5 stages avant d’espérer le moindre contrat de travail.

Principal atout des agences : leur univers

Pour recruter, les agences misent sur l’effet qu’elles font à leurs jeunes stagiaires. Nathalie, 28 ans, chef de groupe dans une grande agence parisienne, dit avoir tout de suite apprécié ce monde où « tout le monde se tutoie, tu mets la musique à fond, c’est jeune, personne n’a au-dessus de 30 ans ».

Un effet qui passe parfois par un aménagement très recherché des locaux, comme ceux, particulièrement remarqués, de BETC Euro RSCG, ou de la petite agence LEG, dont les bureaux sont envahis par les animaux empaillés... Aux annonceurs comme à leurs salariés, les agences veulent apparaître comme une source de dépaysement.

La permanence des conflits entre créatifs et commerciaux

Les « créatifs » (par opposition aux « commerciaux ») se voient accorder une liberté toute particulière, autant vestimentaire que dans leur comportement, dans l’aménagement de leur espace de travail...

La carrière d’un créatif peut être courte, s’il ne réussit pas à se faire remarquer rapidement par des campagnes dont on retiendra en fait plus les qualités esthétiques que l’efficacité commerciale. Mieux vaut alors créer peu mais créer bien, ce qui passe souvent par le refus de traiter chacune des tâches que les commerciaux veulent déléguer. D’où des conflits quasi-permanents.

Les commerciaux sont pris dans une logique d’urgence : il s’agit de répondre aussi rapidement que possible aux exigences des annonceurs. Y compris en compromettant la qualité esthétique des campagnes, dont souvent, ils se soucient peu.

A l’arrivée, les créatifs jouissent en général d’une forme d’ascendant sur les commerciaux, parce que leur activité a quelque chose d’artistique, qui leur confère une aura.

Le manque de reconnaissance

Selon Antoine, web producer dans une grande agence, ces conflits naissent aussi de l’immaturité d’effectifs particulièrement jeunes.

Sans doute parce qu’elles sont particulièrement exigeantes en temps et en énergie, les agences ne conservent guère leurs seniors. Pour Nathan, directeur artistique : « Ces mecs-là disparaissent de la circulation, on sait pas ce qu’ils deviennent. » Il est donc difficile pour les plus jeunes, notamment pour les stagiaires, d’être correctement encadrés, d’avoir un retour sur leur travail et même d’être écoutés. A l’arrivée, l’ascension passe fréquemment par un changement d’employeur.

Cette jeunesse fait enfin mentir le cliché qui veut que la pub serait un métier qui « paie bien ». Lors de leurs premières années, les salariés ne sont généralement pas loin du smic horaire. Commerciaux et créatifs émargent à environ 1800 euros bruts, pour des horaires qui oscillent entre 45 et 60, voire 70 heures, pour les semaines les plus chargées. Leur statut de cadre écarte toute rémunération des heures supplémentaires.

Une motivation à renouveler

« Je vois des jeunes créatifs qui arrivent là et qui sont déjà cramés. Parce qu’ils font presque 70 heures par semaine, par plaisir pour l’instant, après... ils s’épuisent », raconte Adrien.

Le manque de reconnaissance des employeurs pour leurs employés malgré des exigences croissantes, la permanence des conflits et la qualité des créations, que certains estiment en baisse, pourraient donc avoir un coût à long terme pour ces agences : l’épuisement des salariés.

Reste quelques atouts qui expliquent sans doute que l’implication de ces salariés ne baisse pas. L’existence de distinctions (les nombreux prix qui viennent récompenser l’esthétique, l’efficacité ou le « civisme » d’une campagne) et de possibilités de promotions rapides. Très tôt, certains jeunes peuvent ainsi accéder à des responsabilités au sein de leur agence.

L’univers, enfin. L’inhabituelle liberté que ces agences encouragent et qui motive les salariés à faire des « nocturnes », où l’on peut commander des sushis ou rentrer en taxi aux frais de l’agence, ou bien organiser des courses de vélos dans les étages du bureau.

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  • Mandoline
    Mandoline
    demain peut-être...
    • Posté à 13h20 le 03/08/2009
    • Internaute 69328
      demain peut-être...

    L’image, l’image, rien, que l’image ! Fanés avant l’âge, les petits jeunes !

    • sup. à la demande du riverain 24.09.09
      • Posté à 15h47 le 03/08/2009
      • Internaute 30981

      VIVE ADBLOCK PLUS !

    • numerimatch
      numerimatch répond à Mandoline
      journaliste
      • Posté à 10h41 le 05/08/2009
      • Journaliste 87062
        journaliste

      Pas si fanés, pas tous fanés. Une camera, une idée et hop on cartonne avec une vidéo. Bon c’est sûr il faut savoir ce qu’est un buzz et comment s’en servir. Ici, l’ignorance est une faute professionnelle.
      Voilà où ça peut mener de passer son temps à avoir du talent au lieu de râler :
      Lien

  • Louis Lepron
    Louis Lepron
    Journaliste
    • Posté à 14h06 le 03/08/2009
      rédacteur
    • Journaliste 40018
      Journaliste

    Vous parlez de stage et de « capital social ».
    Vous pourriez être plus franc et parler de « pistons », maître mot des stages pour ces écoles.

    Une petite vidéo marrante : Lien .

    • Neophyte
      Neophyte répond à Louis Lepron
      Godelureau Hédoniste
      • Posté à 14h57 le 03/08/2009
      • Internaute 73922
        Godelureau Hédoniste

      Grave erreur que de confondre piston et captial social !
      Le piston c’est se servir de son réseau (souvent papa-maman) en vue d’obtenir un avantage (poste,stage), alors que l’on est pas qualifié, ou moins qualifié que d’autres personnes.
      Le capital social c’est utliser son réseau (famille, amis, mais aussi anciens élèves) de manière à s’attirer une place de choix, pour laquelle le candidat est qualifié.

      • Louis Lepron
        Louis Lepron répond à Neophyte
        Journaliste
        • Posté à 15h07 le 03/08/2009
          rédacteur
        • Journaliste 40018
          Journaliste

        Vous compliquez les choses en disant la même chose.

        Le capital social ou piston permet d’utiliser/servir son réseau (famille, amis, connaissances, proches, chiens, chats, etc), que l’on soit ou non qualifié, pour obtenir un stage/emploi/travail.

        C’est sûr qu’à priori « capital social » est moins péjoratif. Mais c’est juste un euphémisme technique pour qu’on oublie le mot « piston ».

         
        • REMARQUEUR -Compte bloque-
          • Posté à 16h48 le 03/08/2009
          • Internaute 78816
            freelance

          et que l’on oublie la société esquissée par le nabot népotiste qui nous a vendu (avec ses ordures de copains pubards à Rolex ) une pseudo méritocratie en 2007.

        1 autres commentaires
  • LienRag
    • Posté à 13h31 le 03/08/2009
    • Internaute 34767

    Si « l’on ne sait pas » ce que deviennent les jeunes fils de pub quand ils cessent d’être jeunes, peut-être est-ce à vous de vous renseigner pour nous l’apprendre ?

  • Caillera
    Caillera
    Gibier de gibet
    • Posté à 13h39 le 03/08/2009
    • Internaute 83736
      Gibier de gibet

    J’en ai la larme à l’œil...
    Pauvres « pubards », contrariés dans leur plan de carrière au sein des agences vouées au décervelage.
    Vous me révulsez, je vous abomine, je vous exècre et vous voue aux gémonies pour tout ce que vous représentez. Vous me polluez la vue et les conduits auditifs avec vos réclames débiles et souvent sexistes qu’on ne peut pas toujours éviter et qui nous prennent pour des cons, tous autant que nous sommes.
    Le pire, c’est que vous en êtes fiers de vos campagnes destinées à vendre de la merde, et ça, ça m’est insupportable.
    Etouffez-vous avec vos sushis et vautrez-vous en vélo dans les couloirs de vos bureaux, cela sera bien la seule fois où vous m’arracherez un sourire !

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à Caillera
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 13h44 le 03/08/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Remarquez que ni l’auteur de l’article ni nous ne sommes publicitaires. Je dis ça parce que comme vous avez l’air très très énervé, je ne voudrais pas qu’on prenne un scud perdu.

      • Caillera
        Caillera répond à Arnaud Aubron
        Gibier de gibet
        • Posté à 14h27 le 03/08/2009
        • Internaute 83736
          Gibier de gibet

        Ce commentaire n’était évidemment pas destiné à l’auteur de l’article qui est étudiant, ni à Rue 89 ! Je le reconnais sans nuance (il y’ a quelques pubs bien faites dans la masse de médiocrité), et j’en assume le ton, même si je ne suis pas énervé le moins du monde contrairement à ce qu’on pourrait penser. J’avoue sans vergogne que les publicitaires font partie de mes cibles préférées.

    • A déménagé le 21 mars
      A déménagé le 21 mars répond à Caillera
      brinleu
      • Posté à 14h06 le 03/08/2009
      • Internaute 74471
        brinleu

      Tu fais plaisir à lire mec ! Y’a pas longtemps je me faisais reprendre pour en dire autant à l’égard des mêmes gens. « Ton message sent la haine » qu’on me disait. Mais tu m’étonnes ! C’était pour le truc de la pub Sprite avec la bite-bouteille, le Sprite-sperme et la femme-qui-en-veut, un condensé du langage publicitaire et de ses ficelles de communication de mes deux. Si j’avais pas en horreur ce système de notations avec des boules, je cliquerais 30 fois sur ta cinquième. Le monde de la comm sent le caca bobo (et j’en sais quelque chose).

      • Caillera
        Caillera répond à A déménagé le 21 mars
        Gibier de gibet
        • Posté à 14h37 le 03/08/2009
        • Internaute 83736
          Gibier de gibet

        Merci ! Moi même, je n’ai rien à ajouter à ton commentaires dont je partage entièrement le point de vue. J’ai eu l’occasion de faire des travaux d’aménagement dans une grande agence de pub, et j’ai été écoeuré des propos que j’ai eu l’occasion d’entendre et de la mentalité de ces gens.

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à Caillera
          journaleux - blogueur
          • Posté à 14h45 le 03/08/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          Tiens, Caillera, profite
          Lien
          une petite rétrospective. je sais, la pixellisation est dégueu, mais le cœur y est.
          ayant vécu une paire d’années avec une fille de pub, je comprends ton émoi…

          • Caillera
            Caillera répond à FabiendeMénilmontant
            Gibier de gibet
            • Posté à 15h02 le 03/08/2009
            • Internaute 83736
              Gibier de gibet

            Hé hé ! merci Fabien. J’avais vu ces pubs à l’époque des Nuls. On peut d’ailleurs en revoir certaines avec une bien meilleure qualité d’image sur You Tube ou Daily Motion entre autres.
            Les mecs de « Groland » ont fait aussi très fort dans le genre parodique, et ce sont mes préférées.

            • FabiendeMénilmontant
              FabiendeMénilmontant répond à Caillera
              journaleux - blogueur
              • Posté à 15h59 le 03/08/2009
              • Internaute 14145
                journaleux - blogueur

              Je sais qu’on en trouve, de ci de la, certaines, éparses.
              Je suis tombé sur cette page par le plus grand des hasards en recherchant une actrice française dont le nom m’échappait, par son surnom (qui est le nom de sa page myspace), à savoir « poupée Barbès »… et bingo !

        3 autres commentaires
    • kwes
      kwes répond à Caillera
      floue
      • Posté à 14h56 le 04/08/2009
      • Internaute 78700
        floue

      Caillera je pense que tu simplifie.

      L’argent gagné « pour manger » dans la pub sert aussi à certains à la réalisation de projets personnels créatifs et originaux. Et la même personne peut très bien être responsable de la pub qui te pourri ton espace visuel avec un slogan débile et en même temps de la petite vidéo youtube que t’as kiffé avec tes potes en buvant une bière.

      Reproche t’on aux artistes du bon vieux temps d’avoir peint pour l’église catholique ou les riches parce que c’étaient les seuls à pouvoir payer ?

      Bref quand on a pas de mécène ... on fait le taff qui s’eloigne le moins possible de ses compétences, l’idéologie tient mal la distance face à la réalité, et ceux qui se targuent « d’intégrité » ont souvent des revenus parallèles que tout le monde n’a pas.

      Mais je partage ton point de vue sur l’omniprésence et le niveau intellectuel de la majorité du contenu publicitaire.

      • Caillera
        Caillera répond à kwes
        Gibier de gibet
        • Posté à 15h48 le 04/08/2009
        • Internaute 83736
          Gibier de gibet

        Bonjour Kwess.

        Les artistes du temps jadis dont tu parles étaient souvent catholiques eux-mêmes et, que je sache, personne n’oblige les gens à regarder les fresques de la Chapelle Sixtine pour admirer le travail de Michel Ange.
        La pub, ce n’est pas le cas, elle est imposée et nous la subissons tous qu’on le veuille ou pas, et c’est cette omniprésence, ce bourrage de crâne permanent que je ne trouve pas supportable, et ceux qui travaillent à cela en sont évidemment les complices. Donc, pour moi, on ne peut pas comparer un peintre ou un tailleur de pierres à un « créatif » comme on les appelle ( ! ! !) qui phosphore pour vendre des yaourts, des bagnoles, du saucisson ou des assurances.
        Quant à l’intégrité et l’idéologie qui tient mal la distance face à la réalité, je sais qu’il existe des artistes qui refusent toute forme de compromis avec leurs idées et qui arrivent tout de même à mener à bien leurs projets sans faire les putes, si tu me passes l’expression.
        Faire n’importe quoi avec n’importe qui pour soi-disant financer un quelconque projet personnel n’est pour moi pas respectable et ne peut en aucun cas servir de justification.

         
        • kwes
          kwes répond à Caillera
          floue
          • Posté à 16h48 le 04/08/2009
          • Internaute 78700
            floue

          En creusant, dans toute démarche « intègre » tu finira toujours par trouver une « faille » idéologique.

          Cabu finit par faire des pubs ridicules pour pas qu’on casse des velibs, Miss’tik décore des véhicules de location pour pouvoir payer ses amendes. Peut-on le leur reprocher ?

          Le cinéma d’auteur français bénéficie de subventions dont les fonds proviennent directement de la taxation des entrées faites par les blockbusters américains. Donc pas de blockbuster pas de film d’auteur. Et c’est la même chose pour la plupart des systèmes de subvention.

          Il suffit souvent de remonter quelques engrenages et tout le monde est coupable à plus ou moins haut degré, tu à surement déja porté des nike, du célio, acheté un téléphone portable, mangé au mac do a minuit, commandé une pizza etc etc.

          Des gens font ce que tu considère surement comme des taffs plus honorables, manut interim etc pour manger et pouvoir réaliser leurs projets à côté ... ça use ... tu fini plus rinsé que créatif et surtout tu contribue au « systeme » malgré tout.

          Impossible de ne pas y contribuer même si tu ne cautionne pas et je ne pense pas que se voiler la face soit tres sain, c’est même à mon avis un gros problême chez les gens « de gauche » qui les rend prompt à la caricature, et les discrédite rapidement dans une discussion argumentée avec des gens de droite « qui assument ».

          Pour revenir au sujet, pour moi ce qui compte c’est la fin pas les moyens (question de dosage évidemment), mais si un mec fait des pubs de merde pour pouvoir réinvestir l’argent dans un projet qui claque et qu’il est heureux, je préfère ça qu’un artiste maudit dépréssif ; ce qui compte c’est de pouvoir s’épanouïr, et je me fiche pas mal de savoir son niveau de responsabilité dans le pourrissage visuel quotidien que nous subirons quoi qu’il arrive.

          Personne n’est tout blanc et la vie serait bien triste si c’était le cas d’ailleurs.

          • Caillera
            Caillera répond à kwes
            Gibier de gibet
            • Posté à 18h08 le 04/08/2009
            • Internaute 83736
              Gibier de gibet

            Et non Kwes, je fais partie de ces têtes de lard qui refusent de porter des Nike, qui n’ont jamais acheté une seule fringue chez Celio, et qui ne mettent jamais les pieds, et encore moins la bouche chez Mac Do. Bon, les pizzas, ok... : -)
            Et je n’ai pas de portable en plus, sauf celui fourni par ma boîte dans le cadre de mon travail.
            Mais là, tu me parles de consommation et il est clair qu’à moins d’être anachorète ou ermite, on est susceptible d’acheter des produits qui proviennent de sociétés à l’éthique douteuse, même si on fait attention à ça.
            Quant à Cabu, il ne fait pas de la pub pour vendre quelque chose, mais dans le cadre d’une campagne de sensibilisation, ce qui est quand même différent, non ? Et je ne suis pas certain que Miss Tik bosserait pour des loueurs de voitures si elle n’avait pas d’amendes à payer.
            Mais tu as raison quand tu dis que nous sommes tous coupables à des degrés divers dans ce système, mais tout dépend du degré, et pour revenir aux publicitaires, je les trouve bien plus coupables que d’autres.
            C’est bien sûr un avis personnel et tout à fait discutable.

            A propos de ce que tu dis sur les gens de gauche qui se discréditent rapidement d’après toi, qui tombent dans la caricature par rapport aux gens de droite qui assument, là encore c’est un sujet qui pourrait nous entraîner dans une longue discussion, mais bon...

            Quant à ton dernier paragraphe, j’ai un point de vue radicalement différent puisque je préfère les artistes maudits, non pas parce que je leur trouve plus de talents, mais au moins eux ne viennent faire chier personne comme les pubards le font.

            Personne n’est tout blanc, c’est vrai, mais pour ma part, sans être un parangon de vertu et d’éthique, j’essaye autant que faire se peut de vivre en harmonie avec mes idées et ce n’est pas toujours simple.

            • kwes
              kwes répond à Caillera
              floue
              • Posté à 19h20 le 04/08/2009
              • Internaute 78700
                floue

              Je développe un peu sur l’idée de caricature :

              Frédéric Beigbeder, après avoir fait son blé dans la pub, viens cracher dans la soupe en nous présentant une caricature bien foutue qui comblera le militant anti-pub autant que le pubard décompléxé ouvert à l’autodérision.
              Le film propose d’ailleurs deux fins, symbole de l’inexistance de son propos puisqu’il ne fourni aucun véritable point de vue. On pourra donc choisir selon son idéologie personnelle la fin qui nous convient le mieux : le suicide pour l’intello de gauche en quête de sens facile, et la « boucle formelle » qui clos le film avec une petite pirouette « artistique » rigolotte pour ceux qui s’en battent les couilles.
              Résultat global à la sortie des séances : « il est trop bien ce film »
              mission accomplie, je vends des entrées

              Quelques semaines plus tard on voit ce cher monsieur torse nu sur les affiches 4*3 du bon marché, le livre « la société de consommation » à la main.

              Ainsi après avoir mangé à tous les rateliers, le revoila en mode « j’assume mes contradictions », autodérision cynique, et déstabilisante, qui est le secret de l’anéantissement de l’intelligence dans la société liberale capitaliste. Plus rien n’a de sens. (voir à ce propos le spectacle de frank lepage « inculture(s) » dispo sur google qui te plaira j’en suis sur si tu ne l’as pas déja vu)

              Accepter la caricature facile proposée par Beigbeder, ou rejeter l’ensemble de la profession en bloc, c’est pour moi refuser d’analyser son fonctionnement, accepter une lecture simpliste (tu te place dans le camp « contre ») et finalement ne pas en voir les faiblesses.

              Je pense que le rejet en bloc, au nom de mots flous comme « éthique » ou « morale » n’explique rien à celui qui se pose des questions et revient à prêcher des convaincus.
              Les postures caricaturales, ne nécissitant pas d’éffort de réflexion contribuent à mon sens à l’abêtissement général.

              En gros ça convient pour les paroles d’un groupe de punk anarchiste, un peut comme un « mort aux cons » ou un « tous pourris », qui fait toujours du bien mais n’explique rien, c’est une forme d’insulte à l’intelligence.

              D’où ma réaction relativiste :)
              bon et maintenant j’arrête :)

              • Caillera
                Caillera répond à kwes
                Gibier de gibet
                • Posté à 19h53 le 04/08/2009
                • Internaute 83736
                  Gibier de gibet

                Ton point de vue est intéressant, mais comme je n’ai pas lu le livre ni vu le film de Beigbeder (à part la bande-annonce) je suis bien en peine de te donner mon avis. Ce n’est donc pas cela qui a façonné mon opinion sur la pub et les publicitaires. Pour l’anecdote, et ainsi que je le disais dans un post précédent, j’ai eu l’occasion de faire des travaux d’agencement dans une grande boîte de pub, et je dois dire que j’ai été écœuré par les conversations que j’ai pu y entendre et les comportements que j’ai pu y observer, ce qui m’a conforté dans l’opinion que j’avais déjà d’eux.

                J’irai voir le spectacle de Frank Lepage que tu me conseilles.

                A bientôt sur un prochain fil de discussion.

        4 autres commentaires
    • amatxo
      amatxo répond à Caillera
      • Posté à 04h20 le 05/08/2009
      • Internaute 13121

      En colère il y a quelque temps contre une pub de voiture évidemment sexiste,j’ai écrit au comité d’éthique « JDP“(jury de déontologie publicitaire : Lien)un argumentaire ; ce dernier se réunit régulièrement et condamne les publicités inacceptables selon des critères sexistes,éthiques,raciaux etc. J’ai donc obtenu gain de cause : cela prouve que les citoyens peuvent se rebeller contre cette ‘pollution’ visuelle et auditive constante de cet environnement publicitaire.Aux consommateurs de se défendre en refusant de se laisser décerveler ! ! !

      • Caillera
        Caillera répond à amatxo
        Gibier de gibet
        • Posté à 13h42 le 05/08/2009
        • Internaute 83736
          Gibier de gibet

        Bravo pour votre démarche, et merci pour l’information concernant ce comité.
        Comme je l’écrivais un peu plus bas sur ce fil, il ne faut pas hésiter à boycotter les marques qui utilisent de telles pubs. Nous avons ce pouvoir.
        A noter un excellent hors série de Charlie Hebdo sorti à l’époque et qu’on peut encore trouver intitulé « A bas la pub ! » avec des textes très intéressants sur le sujet, entre autres celui de Dominique Quessada, publicitaire et philosophe (et oui !) qui explique pourquoi la publicité est le stade ultime du totalitarisme. Rien que ça... !

    • Dany-de-montreuil
      • Posté à 09h41 le 05/08/2009
      • Internaute 8897

      Bravo et merci pour vos commentaires ! j’ai moi-même bossé dans la pub, il y a longtemps, et j’en ai gardé la conviction que ce sont de fieffés menteurs : à l’époque, pub pour une station balnéaire française tournée en Tunisie, photo d’un potage « minute » réalisée avec une vraie soupe (l’autre avait vraiment l’air d’un dégueulis), photo (encore) d’un poulet rôti « avec » l’huile machin mais enduit de vernis (plus brillant à la photo)...
      Et en tant que femme j’insupporte TOUTES les pubs de bagnoles : images machistes stéréotypées, aucune originalité...
      Et à présent on voudrait nous vendre des aliments industriels « bons pour notre santé » haha ! ! ! Ce qui est bon (y compris pour nos finances) c’est justement de les éviter !
      Quand je regarde la télé (de moins en moins) je coupe le son dès qu’il y a une pub, au moins je n’entends pas leurs débilités (ou je zappe).

      • Caillera
        Caillera répond à Dany-de-montreuil
        Gibier de gibet
        • Posté à 12h20 le 05/08/2009
        • Internaute 83736
          Gibier de gibet

        Bonjour Dany.

        Je comprends parfaitement votre agacement concernant le machisme des pubs sur les voitures (s’il n’ y avait que celles là !), et moi même, en tant qu’ homme, je me sens insulté qu’on puisse croire que je vais jeter mon dévolu sur un modèle ( ou simplement attirer mon attention, ce qui est souvent le but) parce qu’un top model a posé ses fesses dedans ou dessus. Si j’envisage un tel achat (au moins 10 000 euros) ce ne sera certainement pas sur ces critères !
        C’est à nous, en tant que consommateurs et citoyens, de boycotter les marques qui utilisent l’image de la femme d’une telle façon.
        Il faut savoir que le coût de ces publicités que l’on retrouve bien sûr sur la facture du constructeur se situe entre 500 et 8000 euros suivant les modèles, ça n’est pas rien, et c’est bien cher payé pour être pris pour des cons.
        Quant aux trucages dans les spots que vous dénoncez, ils sont évidemment monnaie courante - telle la pincée de lessive dans la bière pour que ça mousse bien - comme d’ailleurs sur les emballages de produits que nous consommons.

    • Pygwenali
      Pygwenali répond à Caillera
      Créatif, manipulateur (...)
      • Posté à 14h58 le 05/08/2009
      • Internaute 87078
        Créatif, manipulateur (...)

      Ah, quelle vision manichéenne de la chose, bien que j’aime le ton, la fougue du langage révolté dans un écrin abscons, me débecte tout autant que ce qui vous révulse dans la pub.

      Il faut prendre conscience de plusieurs choses. En premier lieu, la publicité, même si potentiellement inutile, reste un moyens et non une fin. Un moyens destiné à ’attirer’ une certaine cible, que ce soit pour lui vendre un produit ou pour se vendre (comme rue 89 par exemple, qui ne vend pas de produit, cela ne l’empêche pas de faire sa propre pub, et qui pourrait l’en blâmer).

      Dans une société comme la notre, la pub est un moyens d’engendrer virtuellement du profit, à grosses doses d’hypocrisie probablement, et cela entraine nécessairement des déviances, car tout service qui se monnaie entraine une déviance de celui-ci, en outre les publicités bien lourde, bien fade, bien hypocrite, sus décriées.

      Il est normal de ne pas apprécier la pub, en raison même de ce quel est, un service informel, dont la prédestinée est la manipulation, cependant, il faut faire attention à ne pas tomber dans la vulgarisation, la pub c’est comme tout autre domaine, quel qu’il soit, il y’a du bon comme du mauvais, le bon peut être simplement esthétique, ou impactant un peu à la façons des pubs pour amnistie internationale. Chacun trouve nécessairement matière subjectivement intéressante dans un domaine aussi large que la « publicité ».

      Que ce soit sexiste, vulgaire, inopportun, apporte peu, ce n’est pas contributif comme argument, dans la mesure où la seule raison d’être de la pub est d’impacter une cible, si vous avez trouvé une pub sexiste, alors vous vous en rappellerez, et si c’est le cas, c’est que déjà ça marche, vous participez implicitement au ’process’, en parlez avec des amis, débattez sur le sujet et au final vous aurez des prises de position qui auront pour conséquences que vous même aurez des opposants, prenant cause pour tel ou tel pub, et ainsi de suite...

      Bref, il est inutile d’éructer la publicité, aussi inutile que de se morfondre de l’ingratitude du monde, de l’illogisme politique, et que c’est pas juste, et que c’est dégueulasse... Vous n’y pourrez simplement rien tellement le monde actuel en a besoin, tellement besoin qu’il est impensable de vivre sans (dans une certaine mesure, bien entendus).

      De ce qu’est la pollution visuelle ou sonore, il faut déjà partir du principe que c’est stratégique, c’est rarement le créatif qui se dit derrière son bureau « tiens et si j’allais pourrir la chassons de Bob Dylan qui passe en ce moment même à la radio, par une publicité pour super U qu’elle va bien faire chier son monde tellement ce sera navétique et inepte ». Déjà il faut prendre en compte que l’un des principaux revenu des radios comme des télévisions, est la pub et que sans celles-ci, nombre de programmations seraient impossible, une sorte de contre partie, un cohabitation... Je serais tordus, ce qui est pas loin d’être le cas, je franchirais le raccourcis facile, et dirait que sans la pub, la culture « gratuite » ne serait pas.

      De la qualité, il faut prendre en compte plusieurs aspects, déjà, ce n’est pas une volonté de faire de la merde, mais la plus part du temps, une frustration, le mec derrière, il a pas envie de pondre une pub pour dentifrice, mais faut bien meubler la maison avec le 16 » de chez samsung qu’on vient de voir à la tv, alors faut bien travailler pour l’obtenir. Songez également à toutes ces idées créativement fascinante et fabuleuse sacrifiée sur l’hôtel du ridicule et de la peur des clients, la peur de faire quelque chose d’originale, de ne pas toucher sa cible, ou simplement la non-envie, on est la pour vendre bordel, pas pour se branler, quoi que les deux soient clairement lié.

      Bref, tout est gris, c’est dit, prenez-en bonne note, pensez au petit atelier créatif que vous ne connaissez pas, qui cherche l’esthétisme, l’agence qui va tenter de faire des trucs frais et innovant plus que de la merde en pellicule...et so goes on. Si vous réduisez vos idées à ce que vous entendez, penser être juste sans pour autant en connaitre tout les tenants, alors vous tombez dans le ’stéréotypage’ des plus absurde.

      Pour finir, l’article reste vrai, et condense relativement bien une bonne partie de ce qu’est le métier de la publicité, néanmoins, cela ne reste qu’un aperçus, et non la globalité.

      Amen.

      • Caillera
        Caillera répond à Pygwenali
        Gibier de gibet
        • Posté à 16h28 le 05/08/2009
        • Internaute 83736
          Gibier de gibet

        Soyons sérieux : la pub n’existe pas sans la mise sous contrôle systématique de toute la population consommatrice. Tolérer le règne de la pub, c’est accepter d’être sans cesse espionné. Les instruments du flicage sont de plus en plus sophistiqués : tachytoscope pour contrôler la vision d’une annonce à des vitesses variables, « eye camera » pour enregistrer les mouvements oculaires, folder-test pour mesurer l’efficacité de différentes versions d’une pub, peoplemeter pour mesurer l’audience des spots publicitaires, datamining ou analyse des tickets payés par carte de fidélité (type Pass) ou de crédit (American Express), cookies c’est-à-dire mouchards qui suivent, pas à pas, votre trace sur internet, analyse de vos commandes par correspondance, etc. La Poste organise aussi ce flicage grâce à ses cellules géomarketing (« Dis-moi où et comment tu habites, je te dirai qui tu es ») qui, en croisant des données géographiques, socio-démographiques et comportementales, établissent les profils types de « clients » vendus ensuite « confidentiellement » à la Halle aux Vêtements, Pier Import, Conforama, etc.

        Jusqu’en 1968, la pub pour une marque était d’ailleurs interdite à l’ORTF pour cause d’éthique.
        Or, nous nous trouvons dans une société délivrant, de manière continuelle et de façon unilatérale, le message à l’exact opposé. La publicité nous dicte son idéologie de consommation, directement, ou de manière détournée au travers des médias qu’elle possède (en France, seuls deux journaux grand public, le Canard enchaîné et Charlie Hebdo, n’ont pas de pub). Elle nous répète inlassablement, en envahissant tous les espaces vierges, que rien n’existe en dehors de la consommation, que notre raison d’être et notre seule façon d’exister est de consommer sans cesse plus, frénétiquement. Si la réclame vantait les mérites d’un produit - « Les pantalons Michel sont solides et pas chers “ - la publicité, elle, délivre un message idéologique : ‘ Pour être une personne moderne, bien dans sa peau et la société, vous devez porter un pantalon Green River. La publicité est ainsi progressivement passée du rang d’information commerciale au statut de système de propagande, véhiculant l’idéologie de la croissance, du progrès, de la technoscience, du nouveau. Si nous voulons nous sauver d’une catastrophe écologique globale, la première étape devra être de mettre la publicité hors d’état de nuire .

         
        • Pygwenali
          Pygwenali répond à Caillera
          Créatif, manipulateur (...)
          • Posté à 18h31 le 05/08/2009
          • Internaute 87078
            Créatif, manipulateur (...)

          Évitons de commencer par un syllogisme, c’est relativement foireux en plus d’être fallacieux. La dérive du contrôle n’est pas une déviance de la publicité, mais une déviance sociologique lié en partie à l’économie, et si tu relie au contrôle tout ce qui touche à l’économie, tu n’as pas fini, demain on parle de complot judéo-maçonnique.

          De même attention, la publicité ne dicte pas une idéologie de consommation, il faut, là encore, reprendre les choses avec du recul. La publicité c’est pas seulement ce que tu vois à la Télé, il faut en être conscient, ce n’est que la partie mise en évidence car plus visible.

          déjà :
          -La publicité ne reflète que les envies de la société, et c’est normale, car c’est la société qui regarde la publicité... Si demain une pub dit que tuer des bébé phoque en Antartique c’est bien, crois moi que cela risque de ne pas marcher.

          -La publicité est ouvertement hypocrite. Je me demande bien qui aujourd’hui peu bien accorder crédit à une publicité qui dit que ’c’est super solide’ ou whatever, la pub est là pour la mise en avant et pour impacter, mais la pub n’est pas seulement là pour vendre des biens de consommation, mais également pour ’vendre’ des collectivités, associations, pour la sécurité routière... et même l’écologie.

          Ce que tu dénonces, et que je comprends, c’est la déviance sociale générale, l’imputer à la publicité, c’est absurde au possible, ça ne tiens pas deux minutes, c’est pas logique pour un rond.

          • Caillera
            Caillera répond à Pygwenali
            Gibier de gibet
            • Posté à 20h23 le 05/08/2009
            • Internaute 83736
              Gibier de gibet

            « La publicité ne dicte pas une idéologie de la consommation »

            Ah oui ? Tu es sérieux ou tu te payes ma tête ?
            Comment expliques-tu qu’elle s’immisce dans les écoles, aux USA en particulier ? Kits pédagogiques gratuits, manuels éducatifs servant la soupe à des grandes marques, bons d’achat ou de réduction offerts à la place des bons points et images d’antan, spectacles scolaires sponsorisés par McDo, activités sportives financées par des marques de sport, etc. Faut pas croire que tout ça soit insignifiant, ça vous formate une génération. Le danger publicitaire est d’autant plus fort qu’il favorise le recul des autres activités portant sur des signes, il tue l’imaginaire des gosses. La pub, c’est l’anticulture par excellence ; la culture, plus on la fréquente tôt, plus on devient un citoyen responsable ; la pub, plus on y est soumis jeune, plus on en devient accroc des marques, genre malade de l’achat.
            Mais c’est sans doute par souci pédagogique et par pur altruisme que les marques agissent ainsi... !

            Le dressage du consommateur par la pub se poursuit dans les Hypers : largeur des travées, luminosité variable, etc. Il existe même des vrais-faux magasins type Magali pour Carrefour afin de tester les innovations marketing augmentant les achats impulsifs. Les autres groupes utilisent les mêmes ficelles pour dresser les clients : une armée de sociologues et de psychiatres déterminent ce qui nous pousse à acheter pour pouvoir ensuite instrumentaliser nos réactions.

            Quant aux campagnes de sensibilisation dont tu parles (écologie, prévention routière, etc.) il est bien évident que je ne parle pas de ça, ça n’a rien à voir.

            • Pygwenali
              Pygwenali répond à Caillera
              Créatif, manipulateur (...)
              • Posté à 20h42 le 05/08/2009
              • Internaute 87078
                Créatif, manipulateur (...)

              C’est du marketing oui, c’est salop, sans aucuns doutes, mais ça ne dicte rien, en effet, dans la simple mesure où et j’en retourne à mon exemple => cela ne fait que montrer ce que l’on a envie de voir.

              Ce n’est pas de la pub.

              Un exemple simple ? Tu exclus d’un geste les campagnes de sensibilisation, blam, comme ça, et pourtant c’est bien le même mec qui fait ça, qui fera demain les pubs pour macdo, alors pourquoi cela n’aurait rien à voir ?

              Faire de la publicité, c’est promouvoir quelque chose, quelque soit la chose en question.

              Faire de la pub, ce n’est pas être le mec qui calcule la longueur des rayons faut pas tout mélanger, où on tombe dans la vulgarisation, les raccourcis facile et le fallacieux.

              Diaboliser la pub, c’est diaboliser l’outil dont tous le monde se sert, un flyer c’est une pub, un concept c’est une pub... Un argumentaire c’est une publicité pour une idée, tu vois, on peut tout retourner dans tous les sens pour le faire arriver là où l’on veux. Cela dit, ça ne rends pas la chose plus vrai.

              Je le dis et répète, rien n’est noir ou blanc, y’a du bon comme du mauvais, mais volontairement réduire une chose à sa caricature, c’est navrant, et ça décrédibilise, rends désuet de la même façons ce qui est bon.

              C’est mal d’être formaté ? Tout est formaté, de la taille de ton dentifrice à tes fringues, en passant par les idées, l’éducation formate, l’anti-culture formate... Un axiome sociale c’est formaté.

              Regarde également comme tu balais d’un geste tout ce que la pub apporte, la culture, les châines culturel, tiens, même tracks (émission sur les cultures alternative) sur Arte c’est formaté d’une certaine façons, optimisé pour toucher la cible, un mec à calculé le pics d’audience de ce genre d’émission, tout comme le mec qui a calculé la taille des rayons...

              Alors faut arrêter le délire à un moment hein.

              • Caillera
                Caillera répond à Pygwenali
                Gibier de gibet
                • Posté à 00h38 le 06/08/2009
                • Internaute 83736
                  Gibier de gibet

                « La pub apporte la culture »
                Celle là, elle va me faire la semaine !
                Visiblement, nous n’avons pas la même définition du mot culture !

                Pour information, Arte, chaine culturelle, ne passe précisément pas de publicité. A moins que tu ne considères TF1 comme une chaine culturelle ?

                C’est marrant, mais je viens de m’apercevoir que les quelques laudateurs de la pub sur ce fil se sont précisément inscrits sur Rue 89 le jour ou le lendemain de la parution de l’article. C’est curieux, non ?
                Un hasard, sûrement...

                • Pygwenali
                  Pygwenali répond à Caillera
                  Créatif, manipulateur (...)
                  • Posté à 01h21 le 06/08/2009
                  • Internaute 87078
                    Créatif, manipulateur (...)

                  Je ne pensais pas nécessairement à Arte en fait, c’était pour illustrer le truc du rayon, mais maintenant que nous y sommes, Arte à un budget relativement important consacré à la publicité, pour créer ses fonds propres, étant donné que, oui, Arte n’a pas de pub, et est subventionné, de mémoire à hauteur de 90% par la redevance, et donc le reste en profit propres, produit par ses ventes.

                  Et oui, la publicité apporte à la culture, et vice versa, la publicité en plus d’être une ressources pour certains sites plus ou moins tourné vers la culture... Est elle même une part de culture, de par la diversité créative qui se dégage de ce milieu, oh, pas nécessairement en France, mais qu’importe.

                  Et oui, je me suis réinscrit aujourd’hui, je vois pas en quoi cela décrédibilise de quelque sorte que ce soit mes propos, mais tu vas pouvoir m’éclairer, je suis super intéressé.

                  Edit :
                  Maintenant que je te relis, il est clair que tu ne cherche qu’à viser le débat façons dialectique éristique, cela ne m’intéresse pas, sache le d’emblée, je ne cherche pas à gagner devants la plèbe, ni à imposer mes idées en te décrédibilisant. Et même si je comprends tout à fait le processus de débat, c’est relativement inutile, dans la mesure où mon seul intérêt en plus d’essayer de te comprendre, ce n’est pas d’imposer mon avis, mais de t’offrir des pistes des réflexion, comme ça gratuitement -j’suis comme ça moi, un grand cœur, ça me perdra-, alors si on pouvait éviter l’ironie sarcastique, dans le simple but de gagner... quoi au juste, je me le demande, cela m’ira très bien, je réfute tes argumentaire car je ne les trouves pas logique ou trop tranché, comme déjà dit tu réduis volontairement tes explication à une caricature, qui, de mon point de vue reste relativement absurde, et j’explique pourquoi, mais merci quand même.

        5 autres commentaires
  • umff
    umff
    ...
    • Posté à 13h41 le 03/08/2009
    • Internaute 83477
      ...

    Si Rue89 et Eco89 sont gratuits c’est bien grâce en partie à la publicité.

    • A déménagé le 21 mars
      A déménagé le 21 mars répond à umff
      brinleu
      • Posté à 14h07 le 03/08/2009
      • Internaute 74471
        brinleu

      Ce qui n’a rien à voir avec ce que ça vaut.

    • Frix
      Frix répond à umff
      Ingé_Rezo/System
      • Posté à 14h45 le 03/08/2009
      • Internaute 64877
        Ingé_Rezo/System

      Je me permet juste de revenir sur ce propos :

      « C’est gratuit, grâce à la pub... »

      Je ne suis pas vraiment d’accord avec ça... Certes tu ne paies rien directement, mais pour la plupart de tes achats (produits ou services) il y a une partie pour la pub... c’est très indirecte mais dire que « c’est gratuit car payé par la pub » c’est à mon sens pas tout à fait exact.

      F.

      • umff
        umff répond à Frix
        ...
        • Posté à 14h57 le 03/08/2009
        • Internaute 83477
          ...

        Oui tu paies indirectement c’est sur que rien n’est gratuit.

        Cependant tu n’es pas obligé de consommer comme un forcené et puis si tu compares à Mediapart qui fait payer 9€/ mois si je ne me trompe pas c’est quand même gratuit puisque si tu paies un abonnement cela ne signifie pas qu’ en même temps tu ne consommes pas .

  • funkystefffff
    funkystefffff
    écolo antipathique
    • Posté à 13h45 le 03/08/2009
    • Internaute 55257
      écolo antipathique

    Y a-t-il quelqu’un dans ce monde qui se demande pour qui il travaille et pour quoi il travaille, quelle satisfaction personnelle, quels service rendus ?
    Vendre du temps de cerveau disponible, polluer nos paysages, créer des besoins inutiles, faire et défaire les « modes », endormir les foules, accélérer la course à la consommation et au désastre écologique, éduquer les masses à l’acceptation de leur sort... de beaux métiers ! ! !

    • jma14
      jma14 répond à funkystefffff
      • Posté à 14h31 le 03/08/2009
      • Internaute 31729

      Exactement

      Maintenant que nous sommes rentrés dans une forme de conscience écologique, il va falloir que nous nous demandions, si ce métier, le plus ultime maillon du monde de la consommation, ne va pas devoir réflêchir sur ces fondamentaux et ces croyances.

    • Tartelette
      Tartelette répond à funkystefffff
      Expatriée
      • Posté à 14h32 le 03/08/2009
      • Internaute 83653
        Expatriée

      « pour qui il travaille, pour quoi il travaille », pour tout ceux qui veulent vendre leurs produits ; il ne faut pas oublier que l’activité d’une agence n’existe que s’il y a des annonceurs-clients. Et au vu des sommes qu’ils paient, ces annonceurs doivent certainement en tirer un bénéfice - à comprendre, il y a un public réceptif à ce genre de message... Ce ne sont pas les agences de publicité qui créent les « besoins inutiles », ceci est fait bien en amont, chez le marketing des industriels, avec l’aide des boites d’études de marché. Les pubards sont là pour vendre une image, qui elle, suscite le désir de consommation...
      « quelle satisfaction personnelle », ce n’est qu’une simple question de - gros - ego.
      « quels service rendus », aucun, c’est certain, le boulot consiste à vendre une image...

    • swingmachine
      swingmachine répond à funkystefffff
      Smoking class hero
      • Posté à 18h10 le 03/08/2009
      • Internaute 82571
        Smoking class hero

      Vous aimeriez de l’éthique et vous avez raison. Mais dans la pub, c’est un gros mot.

  • PapaSchultz
    PapaSchultz
    Consultant RSCBG
    • Posté à 13h52 le 03/08/2009
    • Internaute 86931
      Consultant RSCBG

    L’article est plutôt juste, la confrontation créa / commerciaux est bien réelle. Les commerciaux soufrent d’un manque de reconnaissance et les créa sont très fort pour les prendre de haut.

    Sans vouloir généraliser, pas mal d’agences utilisent au moins 50% de stagiaires dans leurs effectifs.

    Et enfin la qualité des rémunération est absolument scandaleuse dans ces métiers. Les agences facturent leurs services à prix d’or est seulement quelques personnes dans l’entreprise en perçoivent les bénéfices.

    • Azza
      Azza répond à PapaSchultz
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 14h28 le 03/08/2009
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Ce genre de conflits entre ceux qui produisent et ceux qui vendent est vieux comme le monde : Createurs/Commerciaux, Programmeurs/Commerciaux, Ingenieurs/Commerciaux, tailleurs-livreurs de Menhir/Commerciaux.

      Sauf que c’est pas toujours le commercial qui est en dessous dans le rapport de force.

      • REMARQUEUR -Compte bloque-
        REMARQUEUR -Compte bloque- répond à Azza
        freelance
        • Posté à 17h04 le 03/08/2009
        • Internaute 78816
          freelance

        EXACT.
        Travaillant en freelance, prestataire irrégulier, dans les cercles sus-mentionnés et pourtant RMiste/RSAiste, je me heurte depuis dix 10 ans à des commerciaux incompétents ( beaucoup de pétasses marchandes : négociantes en orifices ) qui abusent de leur pouvoir corporate pour gratter des primes sur le dos des prestataires ou alors carrément obstruer des projets visant sur le long terme car pas immédiatement rentables (directeurs éditoriaux embourgeoisés sortis d’HEC à la culture téléramesque, incapables de comprendre les banlieusards talentueux). Vous voyez ce à quoi ça renvoie.
        Ouf leur monde s’écroule enfin. Pour moi la crise ne change pas grand chose puisque je ne possède pas grand chose, mais eux font des cacas nerveux. Courchevel et St Barth sont remis aux calendes grecques, leur crédits les asphyxient...HAHAHAHA

    • Tartelette
      Tartelette répond à PapaSchultz
      Expatriée
      • Posté à 14h47 le 03/08/2009
      • Internaute 83653
        Expatriée

      « Et enfin la qualité des rémunération est absolument scandaleuse dans ces métiers. », en France, oui.
      « seulement quelques personnes dans l’entreprise en perçoivent les bénéfices », comme partout, malheureusement...

      • PapaSchultz
        PapaSchultz répond à Tartelette
        Consultant RSCBG
        • Posté à 15h34 le 03/08/2009
        • Internaute 86931
          Consultant RSCBG

        « “ seulement quelques personnes dans l’entreprise en perçoivent les bénéfices ”, comme partout, malheureusement… »

        Vous avez raison mais cela me semble encore plus disproportionné dans ce milieu.

         
        • REMARQUEUR -Compte bloque-
          • Posté à 17h17 le 03/08/2009
          • Internaute 78816
            freelance

          Les budgets sont immoraux, tant c’est abusé. Quand vous en parlez avec de la famille prolétarienne qui trime et y laisse de la santé pour 1500€/mois, elle hallucine de tant de cynisme néolibéral et/ou nouveau bourgeois.

        1 autres commentaires
      • racaillelerouge
        racaillelerouge répond à Tartelette
        Presquaire
        • Posté à 01h43 le 04/08/2009
        • Internaute 86247
          Presquaire

        Comme partout et c’est triste !
        Ni le secteur privé, ni le secteur public ne compensent la dangerosité, la pénibilité, de certains jobs et encore moins la responsabilité juridique inhérentes à certains métiers (dans la santé par ex.).

        Et aux « décideurs » de ces branches de s’étonner de « pénuries »...

        Les diplômés de grandes écoles qui gagnent autant qu’un chauffeur de car, ca donne envie de faire des études.

        Du temps de l’URSS, l’ingénieur gagnait autant que l’ouvrier et vivait dans le même immeuble...
        Comme quoi deux systèmes différents parviennent aux mêmes résultats grâce au cynisme d’une poignée d’hommes...

  • Bacteries
    Bacteries
    Ingénieur informaticien
    • Posté à 14h01 le 03/08/2009
    • Internaute 80139
      Ingénieur informaticien

    Petite question au niveau des heures supplémentaires, en quoi les cadres n’ont plus d’horaire fixe ?
    Je vois souvent cité cela, mais en essayant de me renseigner je trouve des infos indiquant que les cadres (hors cadre dirigeant, un chef de service n’ayant pas ce statut) sont soumis aux horraires comme tous les employés. Et théoriquement les heures supplémentaire devraient leur être payées.

    Savez vous où trouver des infos sur ce sujet ?

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