Fac : les frais de scolarité dévoilés... mais loin de la réalité
Le ministère de l’Enseignement supérieur a fixé, ce samedi dans le Journal officiel, les frais de scolarité pour l’année universitaire 2009-2010 : 171 euros en licence, 231 en master et 350 en doctorat. Mais pour le syndicat étudiant Unef, ces frais sont en réalité illégalement gonflés dans nombre d’universités.
Dans un rapport publié courant juillet, l’Union nationale des étudiants de France dénonce « les pratiques illégales des universités en matière de droits d’inscription » :
« 29 universités sont aujourd’hui dans l’illégalité en matière de droits d’inscription et s’exposent à des recours contentieux, [même si] la proportion d’établissements ayant des pratiques illégales à fortement diminuée à la suite des actions intentées par l’Unef (64 universités recensées il y a deux ans). »
« Frais de dossier, prestations pédagogiques douteuses... »
Selon l’Unef, il existe une « volonté politique de faire payer aux étudiants le coût de leurs études et de les faire contribuer au développement de l’université ». Et de lister les différentes pratiques illégales recensées :
« Au-delà des “traditionnels” frais de dossiers (30% des frais illégaux recensés), les établissements concernés ne reculent devant rien pour dissimuler leurs pratiques ou contourner la réglementation : obligation de s’inscrire dans un “diplôme d’université” aux droits d’inscription libres en plus de l’inscription au sein du diplôme national aux droits réglementés, prestations pédagogiques douteuses... »
En pointe sur les pratiques illégales en matière de droits d’inscription, sept universités occupent le haut du « classement 2009 des 29 universités hors-la-loi », établi par le syndicat étudiant :
- Grenoble 2 (de 18,93 à 4558,93 euros)
- Chambéry (de 0 à 4000 euros)
- Aix-Marseille 3 (de 0 à 3700 euros)
- Cergy (de 0 à 3100 euros)
- Aix-Marseille 1 (de 0 à 1520 euros)
- Lyon 3 (de 39 à 800 euros)
- Strasbourg (de 0 à 800 euros)
Un classement qui a fait l’objet dans Le Monde d’une « forte contestation sur le caractère illégal des droits demandés et sur leur montant même », de la part de Lionel Collet. Le président de la Conférence des présidents d’université (CPU) explique aussitôt que les universités ne peuvent pas non plus fonctionner avec les seuls frais de scolarité officiels :
« Nos formations coûtent plus que ce que nous recevons. Nous ne pouvons encourager les droits illégaux, mais nous ne pouvons accepter que nos formations soient habilitées sans que l’on soit sûr qu’elles sont financées. »
« Instructions aux recteurs d’attaquer en justice »
« Valérie Pécresse doit aller au-delà des rappels à la loi incantatoires et mettre un terme définitivement à ces pratiques », exige l’Unef. Appel entendu par la ministre de l’Enseignement supérieur qui a promis, la semaine dernière au micro de France Info, davantage de vigilance :
« Depuis deux ans, je suis très vigilante, à la demande des associations étudiantes, à vérifier que les universités n’imposent pas à leurs étudiants des frais supplémentaires. Je vais vérifier la liste que m’a fourni l’Unef et au cas par cas je vais donner des instructions aux recteurs d’attaquer en justice si jamais il y avait des frais illégaux. » (Voir la vidéo)
Si la ministre ne joint pas le geste à la parole, l’Unef assure qu’elle portera elle-même « les cas litigieux devant les tribunaux administratifs, afin que cesse des pratiques illégales qui durent depuis trop longtemps ». D’autant « qu’aucune université ne l’a jamais emporté dans ce genre de dossier ».
A la suite de recours contentieux déjà engagés par l’Unef en octobre 2008, l’université de la Réunion a en effet été condamnée par le tribunal administratif à rembourser l’ensemble des étudiants qui se sont acquittés de droits spécifiques (entre 50 et 900 euros selon les filières), comme l’université de Bordeaux 4, qui a également été obligée par la justice en juin dernier à mettre fin aux frais illégaux.
- 15450 visites
- 79 réactions
















20








Et les étudiants qui font des filières prépa-école d’ingé ? On en parle pas sous prétexte que ce sont des filières « élitistes », et que de toutes façons à la sortie on aurait un meilleur destin que les étudiants sortant de fac, et pour les mêmes raisons les étudiants qui y sont ont tendance à fermer leur gueule. Alors qu’il y a à gueuler.
Par exemple, dans mon école d’ingé (publique), ce sont 1200€ de frais d’inscription. Aïe le portefeuille au début de l’année. Plus 200€ obligatoires pour l’inscription à la sécu (pas la mutuelle, hein, la sécu). D’ailleurs, ça, je ne comprends toujours pas : comment se fait-il que l’on doive payer juste pour avoir le droit à une couverture santé basique, en France, quand on a pas de revenus ?
Et les frais de concours à la sortie de la prépa : j’avais payé dans les 500€ d’inscription à peu près (sans compter les frais liés aux oraux : pour les provinciaux, déplacement et hotel sur Paris pendant 2 semaines).
Le truc, c’est qu’il n’y a presque aucune représentation syndicale en école d’ingé. En prépa c’est pire : l’UNEF ne veut pas en entendre parler sous prétexte que ça se passe dans des lycées et donc sous la responsabilité des syndicats lycéens (qui ne veulent pas en entendre parler non plus). Du coup, on a des situations ubuesques, du genre des prépas qui ne délivrent pas de carte étudiante, et qui te forcent à t’inscrire à une fac à côté, et donc à y payer les frais d’inscription, même si on y mettra jamais les pieds, juste pour avoir une carte et le statut d’étudiant (et aussi pour avoir droit à une équivalence en cas de foirage aux concours). La blague.




Partager