Via Montréal 07/05/2007 à 02h44

Montréal pleure sa favorite Ségolène Royal

Clément Moulet | Journaliste


(Montréal) « On vient d’élire Berlusconi ! “ Dimanche 6 mai, l’ambiance à l’Union Française de Montréal hésite entre morosité et colère, quelques minutes après que les résultats du scrutin présidentiel sont tombés en direct sur les écrans géants disposés dans les deux salles ouvertes par l’association, pour contenir l’afflux massif de Français expatriés. Si la réunion se tient officiellement sous le signe de la neutralité politique, les militants du Parti socialiste et de l’UDF y sont venus en masse. La section UMP de Montréal tient dans le même temps une réunion au restaurant La Rambla, propriété de la directrice de campagne locale de Nicolas Sarkozy, Khadija Doukali Tahiri, proche du Mont-Royal.

Là-bas, sous un soleil estival, les sympathisants et militants UMP attablés finissent leurs tapas en sifflant les images de la rue Solferino, de Dominique Strauss-Kahn, de Ségolène Royal... projetées sur un écran suspendu. Les chahuteurs sont timidement désapprouvés. Dans l’autre camp, peu avant 14 heures, heure à laquelle les résultats doivent être dévoilés, les sympathisants de Ségolène Royal veulent encore y croire. Réconfortés par le score de leur candidate à Montréal (55,1% contre 44,9% à Nicolas Sarkozy), ils n’accordent aucun crédit aux estimations pessimistes qui circulent. Vingt minutes avant que les résultats ne tombent, l’ambiance est plutôt détendue. À l’extérieur du bâtiment, avenue Viger, les rares supporters de Nicolas Sarkozy sont gentiment bousculés. Un étudiant grenoblois en échange scolaire lance à une jeune fille affublée d’un t-shirt à l’effigie du candidat de droite, ‘joli vêtement’, avant de préciser à voix basse ‘je n’en voudrais que pour m’en servir de caleçon’.

Confiance affichée à l’UMP

Au repaire de l’UMP, pas de place pour le doute. François Lubrina, délégué UMP à Montréal, très sûr de lui, affirme bien avant que les résultats ne soient connus : ‘ Aujourd’hui de toute façon, il n’y a personne à l’Union Française pour soutenir la candidate socialiste… Ils savent comme nous que Nicolas Sarkozy a gagné ’. En fond sonore, les supporters entonnent à plusieurs reprises la Marseillaise. Entendu au sein d’un petit groupe de jeunes : ‘ On va voir la réaction des racailles maintenant… ’ Une sympathisante apparemment compatissante, la cinquantaine, déclare à l’endroit de Ségolène Royal : ‘ Elle me fait de la peine quand même, ils vont l’envoyer à l’île de Ré avec Jospin ’.

A l’Union française, la bonne humeur laisse rapidement place à la tension au fur et à mesure que le compte-à-rebours s’écoule. Si les apparitions des personnalités du PS déclenchent des salves d’applaudissement dans les salles, les visages commencent à se fermer. Le sentiment est à la résignation au fur et à mesure que David Pujadas explique, sans dévoiler le résultat, que l’écart est important. Le message est compris. À 14 heures pile, l’apparition du visage de Nicolas Sarkozy projeté sur un grand mur blanc, voit s’envoler tous les espoirs des sympathisants de Ségolène Royal. Étonnamment, la foule amassée reste relativement silencieuse. Sous le choc. Seule trois jeunes électrices tout entières converties à Nicolas Sarkozy crèvent le calme ambiant en scandant de sonores ‘ Sarkozy président !’.

Côté UMP, l’ambiance est tout autre. Après confirmation de la victoire de leur candidat, les jeunes et les moins jeunes, debout sur les tables, les bras en l’air, brandissent la pancarte rouge et bleue de l’UMP et des affiches Sarkozy, sur un air de ‘ We are the champions ’. Certains ont écrit ‘ I love Sarkozy ’ sur leurs joues. La plupart porte des t-shirts mentionnant : ‘ les Français du Québec avec Nicolas Sarkozy ’. Une ambiance de finale de coupe du monde règne aux abords du restaurant. Un homme s’époumone : ‘ Aux poubelles de l’histoire le socialisme !’.

‘ Finalement on va regretter Chirac ’


Lors de son discours, le nouveau président est écouté religieusement. ‘ Dehors sales fachos !’, lance un passant. Même cette provocation ne soulève aucune réaction. Mais l’effervescence retombe assez rapidement. Khadija Doukali Tahiri confie, un sourire radieux aux lèvres : ‘ Après la diabolisation, c’est un grand soulagement. La campagne a été très dure à Montréal, qui est un fief de gauche. Et les militants de l’UDF et du PS ont été d’une incorrection remarquable. ’

Avenue Viger, une fois le choc du résultat digéré, les langues commencent à se délier. ‘ Je suis écœurée par la médiocrité de la France ’, confie une femme à son mari. ‘ Je vais savourer ’, lance un jeune Français de passage à Montréal, ‘ il me restera deux jours de présidence de Chirac quand je rentrerai en France. Finalement, on va le regretter ’. Dans le même temps, les jeunes supportrices de Nicolas Sarkozy, dont c’est le premier vote, exultent. ‘ C’est un beau souffle d’avenir qu’ont choisi les Français ’, s’enthousiasment-elles en chœur, s’attirant les regards réprobateurs de l’assemblée.


L’amertume du Québec socialiste

Dans un coin, le président du comité de soutien de François Bayrou à Montréal, Christoffer Lemonnier, qui avait publiquement indiqué qu’il voterait pour Ségolène Royal au second tour est dépité. ‘ C’est vraiment décevant ’, déclare-t-il, ‘ on avait cet espoir, mais on savait que ce serait difficile ’. ‘ Ce qui est dur à accepter, c’est que Sarkozy fera de la politique pour les 31% qui ont voté pour lui au premier tour et laissera 70% de Français sur le carreau ’.

Littéralement sonné, Malik Dussaud, le secrétaire de la section socialiste de Montréal, ne revient toujours pas de la claque que sa candidate a subie. ‘ C’est un échec !’ lance-t-il écœuré, assis sur les marches de l’Union Française. ‘ Ségolène Royal n’a pas été comprise. Il aurait fallu assumer jusqu’au bout et faire alliance avec le centre droit, mais au sein du parti, beaucoup de militants y étaient opposés.’ Trois anciens combattants de la guerre d’Algérie viennent saluer le journaliste de La Presse venu couvrir le résultat de la présidentielle française. Le sourire aux lèvres, ils ne laissent aucun doute sur leur choix électoral. Amer, Malik Dussaud les observe et lâche : ‘ la voilà la France d’après voulue par Nicolas Sarkozy. C’est avec ce genre de personnes que tout devient possible ?’

Clément Moulet
et
Marjorie Marcillac

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  • Anonyme

    Sarko , deuxième chef de notre Nation ( après Napoléon) dont aucune goutte de sang n’irrigue les veines mais dont le coeur est bien bleu france ...sans être atteint de pathologie....Royal ? C’est une pizza....elle est à la politique ce que cette spécialité est à la gastronomie ..

  • Toosie89
    • Posté à 11h41 le 08/05/2007
    • Internaute 1548

    La démocratie veut qu’on accepte les résultats d’un vote...
    Facho ou pas ? ? On verra.

    • Anonyme répond à Toosie89

      Excellente réponse ! Pour ceux qui prédisent des jours sombres avec Sarkozy moi je les invitent à ouvrir un cabinet de voyance....

      Accepteriez-vous qu’on dise que vous êtes un incapable avant même d’avoir fait vos preuves ? ? ?
      Regardez-vous avant de juger ?

  • Anonyme

    Pour la première fois, je m’étais enfin décidé à voter et à m’impliquer dans une élection présidentielle. Mme Ségolène Royale avait su m’intéresser réellement à ce qui se passe en France. Moi qui vit au Québec, je voulais m’exprimer par mon vote et j’ai souhaité ardemmant qu’un vent nouveau soit insufflé aux françaises et français de partout.

    Malheureusement, le choix qui vient d’être fait ne fera que diviser d’avantage tous les français. Des jours bien sombres s’annocent. Il devient impératif que Mme Royale fasse le ménage dans la bergerie du PS car des loups y vivent et sont sûrement heureux de ces résultats. Je souhaite que Mme Royale demeure à la tête du parti et qu’elle sache mieux s’entourer. Et je lui dis « À la prochaine “

    Patrick Languirand

  • Anonyme

    ce n’est pas Montréal qui pleure, mais l’Union Française. C’est bien différent. Ah oui, il est vrai que Rue89 est un support socialo communiste.

    • Anonyme

      Comme ça fleure bon le discours lepéniste ça...

  • Anonyme

    En réponse au dernier Courageux anonyme. L’Union française en tant que telle n’a pas pleuré. Au contraire, elle avait ouvert ses portes aux électeurs de toutes tendances politique. Le peu de supporters de Nicolas Sarkozy s’explique par le fait même que dans le même temps, comme nous l’expliquons dans l’article, l’UMP de Montréal tenait réunion dans un restaurant sur le Plateau pour, et je cite là Khadija Doukali Tahiri, « éviter tout débordement ».

    Clément Moulet

  • Anonyme

    Mais de quoi se mêlent-ils ces québecois ?

  • Anonyme

    C’est la VRAIE France qui a gagné.
    Celle qui a fermé sa gueule depuis mai 68, qui a dû avalé les communistes assassins au pouvoir, les Rainbow-Warriors, la Déséducation « Nationale », le gauchisme institutionnel, les Racailles violeurs-tueurs-pauvres défavorisés devenus rois de la « culture », les « Diam’s » et autre Debouzze...
    Le RÉEL vous vous l’êtes pris, enfin, en pleine face.
    La France de l’Alliance Atlantique, antinazie, antirouge, voilà notre nation, OUI : ALLIÉE à l’Amérique, et pas aux tueurs fanatiques enturbannés.

    5 ans, minimum.
    rendez vous en 2012, on va rigoler.
    En attendant, votre seule « arme », c’est la menace, et maintenant l’agression au couteau suivi d’incendie criminel.
    Une réminiscence du Reichstag ?

    Bonnes vacances -

  • Anonyme

    la favorite de monréal peut toujour aller gouverner a montréal.il fallait faire des travaux énormes pour redrésser la situation calamiteuse de la france, pour cela il faut un chef d’entreprise qui se sort les doigts et ne fait pas que promettre.c’est sur le temps des travaux ne sera agréable pour personne mais il faudra en passer par là.
    pendant les travaux sa rale de tout côtés , quand le chantier est livré tout le monde est content et ferme sa gueulle.
    laisson faire les gens qui veullent faire enfin quelque chose
    pour sortir de ce bourbier.patience
    didier b